Titre : Plus Jamais !

Pairing : RoyEd / Rating : T pour langage (Ed. Ce qu'il est vulgaire ce petit.)

Résumé : "Ras le cul de tous ces connards infidèles !" Edward signa depuis ce jour pour le célibat et ce de manière définitive. Merci à son ex, Jean, retrouvé au pieu en charmante compagnie. Ou comment Roy va galérer pour le faire changer d'avis ! RoyEd Modern UA-OOC/Jean bashing


Chapitre 5 (Pov Ed)

En trois mois, la situation d'Edward s'était un poil améliorée. Son studio s'était aménagé d'une vieille penderie dans laquelle il pouvait ranger toutes ses affaires, un petit frigidaire et comble du bonheur selon Ed, un bureau. Il n'était plus obligé de s'étaler à même le sol ou sur son matelas, mais avais enfin son petit endroit où il pouvait travailler tranquillement.

Son maigre salaire était déjà englouti par le remboursement des dettes de Jean et les frais de son école mais en étant suffisamment responsable, il savait qu'il retrouverait bientôt la vie qu'il avait lorsqu'il était à Est City. C'est la seule chose qui le faisait tenir.

Il était justement en train de travailler sur ses cours tout en buvant un thé lorsque son téléphone sonna, annonçant l'arrivée d'un texto.

Jean avait déjà tenté de l'appeler plus d'une fois. C'était d'ailleurs limite du harcèlement à ce niveau, mais Edward n'avait jamais répondu. Alors Jean lui envoyait des sms auxquels il ne répondait pas non plus, mais qu'il prenait toutefois de garder, au cas où.

Il ne fut pas surpris en voyant l'énième « Aller Ed, arrête de faire ta tête de mule, répond s'il te plait. J'aimerai qu'on parle ! ». Edward renifla de dédain et retourna à ses cours. Pour qui il se prenait, ce connard ? Il croyait réellement qu'Ed allait lui répondre ? Le refoutre dans son pied peut-être ? Son cerveau devait être plus atteint que prévu.

Ces deux derniers jours, il avait tellement pris de plaisir à travailler qu'il était à jour et avait donc, pour la première fois depuis longtemps, un peu de temps libre.

Il appela son frère de nouveau et fut satisfait de n'avoir pour une fois pas eu besoin de lui mentir. Sa situation n'était pas spécialement plus enviable que lorsqu'il est arrivé à Central mais Ed était heureux qu'elle évolue dans le bon sens. Il fut toutefois obligé une fois de plus de trouver une raison pour ne pas qu'Al vienne le voir et s'obligea à lui promettre de venir a Risembool prochainement.

Faisant la liste de ses priorités, il fit ce qu'il n'avait pas fait depuis longtemps, à savoir du lèche-vitrine. La perspective de pouvoir s'acheter quelque chose de neuf, même une broutille, le ravissait. Il passa donc de ce fait, un très bon après-midi.

Edward arriva en retard le lendemain au travail, une première. Il remercia mentalement son idiot de professeur qui l'avait retenu après les cours, et la migraine qu'il se coltinait depuis le matin même l'ayant obligé à passer par l'infirmière du bahut avant de partir. Sa patronne Izumi ne lui fit aucun commentaire, mais Rose parut très agacée d'avoir eu le double de travail par sa faute, même si ce n'était que pendant une pauvre demi-heure. Il appréciait toutefois Rose, et elle pouvait être d'une compagnie très agréable si elle n'avait pas ces putains de foutues tendances bipolaires. Les femmes, sans déconner.

Une quelconque divinité devait l'avoir dans le pif ce jour-là, car jamais Ed eut à affronter un début de service aussi chaotique. Est-ce le temps maussade qui rendait tout le petit monde qui venait se réchauffer ici incroyablement chiant ? Les étudiants se comportaient comme des ministres, un crétin le bouscula faisant tomber son plateau et les deux commandes qu'il y avait dessus, entraînant une vague d'applaudissement gênante et ridicule ; et Edward essaya de ne pas penser à la montagne de vaisselle qui l'attendait au lavage. La situation était assez déprimante pour ça. Le pire pourtant arriva ensuite.

Alors qu'il était activement en train de laver une table alors que des clients attendaient de pouvoir s'assoir, il sentit une présence dans son dos, et surtout une main sur ses fesses. Courroucé, il tourna la tête et jeta un œil noir au connard qui lui souriait de toute ses dents.

« Enlève ta main.

- Pourquoi ? Elle se plait plutôt bien où elle se trouve. »

Edward était parfaitement conscient qu'il se retrouverait grandement dans la merde s'il tuait un mec, là tout de suite. Mais quand même, l'idée paraissait hautement attractive. Pourquoi diable ne tombait-il que sur des buffles qui prenait les choses pour argent comptant sans tenir compte de son avis ? Est-ce qu'il était écrit « avide de sexe » sur son front ou un autre truc du genre ?!

Le blond remercia silencieusement le brouhaha général qui l'entourait, Rose n'avait pas besoin d'entendre et surtout de rapporter à Izumi ce qu'il s'apprêtait à dire.

« Écoutes garçon, il y a approximativement mille deux cent cinquante-trois façons ici pour moi de te faire souffrir de manière particulièrement cruelle et sanglante, et je ne vais surement pas hésiter à m'en servir, alors je te suggère vivement de virer ta mimine de là, et vite. »

Le mec devait être du même moule que Mustang, puisque son sourit ne se fit que plus carnassier. Bordel, elle était loin l'époque couche-culotte où le regard de tueur d'Edward faisait que ses petits camarades se pissaient littéralement dessus. Il blâmait sa taille. Avec quelques centimètres en plus, il était fort probable que le mec serait déjà en train de chialer comme une merde. Dans d'autres circonstances, Ed aurait certainement prit plaisir à le faire tourner en bourrique avant de lui asséner le coup de grâce, seulement il n'avait clairement pas le temps pour ça et il devait s'en débarrasser au plus vite.

Aux grands mots donc, les grands remèdes. Edward empoigna une fourchette et la planta d'un coup sec et rapide le bras derrière lui en veillant toutefois à ne pas y mettre trop de force. Manquerait plus qu'il finisse réellement au trou pour tentative de meurtre. Il lui planta cependant assez pour que la douleur soit là et de la douleur, l'autre connard en ressentit. Il ne cria pourtant pas, Edward pouvait lui concéder ce point, mais il se crispa vivement, alors le message était visiblement bien passé.

Un hochement de tête plus tard et la fourchette quittait sa chair. Il ne s'attarda pas, tourna les talons et quitta le café sans un mot. Pourquoi est-ce que ce genre de connerie n'arrivait qu'à lui ?! Edward soupira et reprit son service.

A l'heure habituelle où Mustang se pointait généralement (oui, Ed avait remarqué qu'il arrivait presque toujours à la même heure), ce fut Maes Hugues qui s'installa, seul, à la place préférée de l'autre idiot.

« Salut Edward !

- Bonjour, c'est plutôt rare que tu sois seul.

- Ouais, mon petit Roy me snobe.

- Ah ? Pourquoi ça ?

- Je crois qu'il en a marre que j'le fasse tourner en bourrique. Très honnêtement, je ne lui veux pas trop.

- Est-ce qu'il ne serait pas plutôt trop occupé avec sa copine ? » Si Maes remarqua le ton acerbe du blond, il ne fit aucune remarque. Il se contenta de le regarder avec confusion

« Sa copine ? Quelle copine ? » Ce fut au tour d'Edward d'être confus.

« Riza ? » Ce à quoi Maes explosa de rire.

« Le jour où ces deux-là sortiront ensemble, je ferais du lap-dance en tutu.

- Mais, la dernière fois où ils sont venus ici …

- Voyons Ed, d'après ce que Roy m'a dit, tu n'as pas cru une seule seconde à cette histoire.

- C'est vrai, mais … »

Au fond de lui, est-ce qu'Edward ne trouvait ça pas plus facile que Mustang soit effectivement le connard qu'il était sûr qu'il était ? Car il était certain que si ça n'était pas le cas, il se serait probablement déjà fait embobiner par le brun.

Maes soupira.

« Je ne devrais probablement pas te le dire, et il risque de me détester pour ça, mais il faut que tu saches que Roy n'a pas vraiment évolué dans un environnement très sain.

- Quoi, difficile de vivre parmi les riches ? » Edward ne put s'empêcher de faire preuve de sarcasmes et Maes lui fit un sourire triste.

« Pas si tu es un gosse en constante manque d'affection et que tes parents n'ont tout simplement pas le temps, ni l'envie d'après ce que je sais, de s'occuper de toi. Et que les seuls câlins que tu n'aies jamais reçus sont ceux de ta gouvernante et de ton chien. »

Ed leva la main et eut un air contrit. « Navré, je n'ai presque officiellement plus de parents depuis mes cinq ans. Cela dit, je pense pouvoir comprendre. Al et moi n'avons jamais manqué d'affection là où nous étions.

- Roy a essayé de compenser, à sa manière. Il ne te cachera pas d'être sortis avec une tonne de personnes, minimum, mais d'un œil extérieur, je peux affirmer sans détours qu'il te porte un intérêt tout particulier et sans artifices. »

Pourquoi la conversation avait dévié sur ce sujet ? Maes était trop bavard pour son propre bien !

« Pourquoi est-ce que tu me dis ça ?

- Il te plaît aussi, non ? »

La question laissa Edward pensif. Il ne pouvait nier l'attrait physique évident de Mustang, ni que sa personnalité de play-boy n'était pas si détestable, quand il se contrôlait. En vérité, dans un autre moment de sa vie, peut-être qu'il aurait déjà succombé à son charme. Mais la plaie béante laissée par Jean saignait encore aujourd'hui et Ed n'était définitivement pas prêt à faire de nouveau confiance à quelqu'un.

« Peut-être, oui, mais ça ne changera rien. » Edward savait que Maes ne ferait rien de cette information, même si lui et Mustang ressemblaient à deux adolescentes qui se racontent leurs secrets.

« Écoutes Ed, je ne sais pas ce qui s'est passé dans ta vie mais je me doute bien que c'est loin d'avoir été rose et que tu as dû en baver. Mais si jamais un jour tu penses que tu peux donner sa chance à Roy, sache qu'il est quelqu'un de foncièrement droit et qu'il ne fera jamais rien qui puisses trahir ta confiance.

- ... Il t'a fait les yeux doux pour que tu me dises ça ?

- Ahah pas du tout ! Il avait juste l'air un peu à l'ouest en cours aujourd'hui, plus que d'habitude s'entend, et je suis toujours prêt à aider mon prochain ! » L'air moqueur de Maes était bienveillant et Ed admira leur amitié. « Tu sais, aucune de ses relations n'a jamais fonctionné car ces personnes n'étaient pas ce dont il avait besoin. Avec toi, je suis certain que ça peut fonctionner. »

A ça, Edward fronça les sourcils. « Arrête voir, tu ne me connais même pas. Et les récits édulcorés de Roy sur nos échanges ne doivent certainement pas s'en rapprocher d'un iota.

- Tu sais, je trouve ça assez bien en réalité qu'il se trouve enfin quelqu'un comme toi, capable de lui tenir tête. Peut-être que Roy va enfin se mettre à faire ce qu'il faut et se dévoiler entièrement pour t'avoir, et je peux t'assurer que s'il te sort le grand jeu, tu n'auras nulle part où te cacher ! Pensez quand même à m'envoyer une invitation pour votre mariage, hein ? »

Quand Maes voulait y mettre les formes, il était plus que capable de le rendre parfaitement mal à l'aise. Rouge jusqu'aux oreilles, Ed ne put que balbutier : « Je ... euh ... y réfléchir, tout ça, ok ? Je t'apporte ton café ! » Et prit littéralement la poudre d'escampette en manquant le regard affectueux que Maes lui lança dans son dos.

Pourquoi Ed avait l'impression d'avoir eu l'autorisation de sa future belle-mère d'épouser son petit garçon adoré ? L'image mentale le détendit et le fait rire avant de déclencher une quinte de toux.

Bon sang sa migraine semblait être revenue au grand galop et des frissons lui traversaient maintenant tout le corps. Le temps s'était vraiment détérioré ces derniers jours et le pauvre petit plaid dans lequel il se roulait en boule la nuit ne suffisaient plus à le réchauffer correctement. L'ordre de ses priorités venait de changer, il fallait qu'il s'achète une couette de toute urgence.

Ed rapporta sa boisson à Maes et fit incapable de le regarder dans les yeux. Maes ne fit aucun commentaire mais son sourire parlait pour lui. Ed continua son service en évitant de penser mais il est évident que les informations qu'il avait obtenu de Maes au sujet de Mustang occupaient toutes ses pensées.

Une pluie torrentielle tombait dans les rues de Central lorsqu'il sortit du café. Sans parapluie, et aucun transport en commun dans les parages, Edward courra se mettre à l'abri sous le porche le plus proche.

Il attendit quelques minutes que ça se calme, malheureusement sans succès, puis il décida que puisqu'il était déjà bien mouillé, autant rentrer directement chez lui à pied.

Lorsqu'il pénétra dans son appartement, il était bien évidemment trempé, frigorifié et épuisé. S'en suivit une immédiate douche chaude sous laquelle il faillit s'endormir.

Éternuant vivement en sortant de la cabine, Edward se traîna jusqu'à son lit dans lequel il s'endormit comme une masse, rêvant sans le vouloir d'une silhouette brune qu'il ne connaissait que trop bien.