Titre : Plus Jamais !
Pairing : RoyEd / Rating : T pour langage (Ed. Ce qu'il est vulgaire ce petit.)
Résumé : "Ras le cul de tous ces connards infidèles !" Edward signa depuis ce jour pour le célibat et ce de manière définitive. Merci à son ex, Jean, retrouvé au pieu en charmante compagnie. Ou comment Roy va galérer pour le faire changer d'avis ! RoyEd Modern UA-OOC/Jean bashing
Note : Je devais poster ce chapitre il y a déjà fort longtemps mais ... Le nouveau Fire Emblem sur Switch est à blâmer.
Chapitre 6 (Pov Roy)
Roy était malheureux. Trois jours à bosser comme un dingue, à ignorer ses meilleurs amis (enfin, surtout Maes) et pire que tout, à ne pas pouvoir voir sa tête blonde favorite.
Il grogna de mécontentement alors que sa journée de cours prenait trop de temps à se terminer. Sa seule consolation, c'était qu'il devait normalement voir Edward le soir même. D'ailleurs ...
« Il t'a bien dit qu'il venait ce soir au groupe de révision ?
- Qui ?
- Edward ! Qui d'autre ?!
- Il m'a dit qu'il essayerait, mais il ne l'a pas confirmé si c'est le sens de ta question. Mais tu le saurais, si tu avais son numéro.
- Riza ...
- Tu sais, celui que tu essayes d'avoir depuis plus de trois mois déjà.
- Riza !
- Il est vraiment très coriace n'empêche, je n'aurai pas cru, et je crois que c'est pour ça que je l'aime bien.
- Rappelle-moi pourquoi on est amis déjà ?
- Parce que sans moi, on n'aurait même pas cette conversation.
- Je te déteste tellement.
- Mais oui, mais oui. Ne t'énerve pas, je vais lui renvoyer un texto.
- Merci.
- Au pire, va le voir au café ?
- Qu'est-ce que tu crois ? Pas le temps.
- Oh. C'est donc pour ça qu'on est grognon ? »
Roy claqua sa langue d'agacement et rejoignit sa salle de classe. Qu'est-ce qu'ils avaient tous à être emmerdant ? Maes c'était une chose, mais Riza en prime ? Bon sang …
Son humeur ne s'améliora pas lorsque Riza lui fit part à la fin des cours qu'Edward n'avait pas répondu à son message. Il ne fut donc pas surpris outre mesure de ne pas voir Ed à l'endroit où ils avaient normalement rendez-vous. D'accord, ils étaient encore loin d'être des amis, mais Roy avait cru que cette fois-ci les choses auraient pu avancer dans le bon sens. Déçu, il fut bien moins attentif que d'habitude.
Il était un poil énervé, contre sa propre volonté, envers Edward lorsqu'il arriva au café le lendemain. Il se doutait bien qu'Ed devait certainement avoir une très bonne raison pour ne pas être venu et une autre d'avoir omis de prévenir, mais quand même.
Ce fut une Rose furibonde qui lui sauta dessus avant même qu'il ne s'assoit.
« Hey, vous êtes un habitué vous, non ? Je vous sers quoi ? »
Roy jeta un coup d'œil dans la salle pleine à craquer et aucune trace du blond. Il remarqua même la patronne tenant la caisse, ce qui était assez rare pour être souligné.
« Vous êtes toute seule ? Où est Ed ? »
Rose leva les yeux au ciel.
« M'sieur Elric est malade. On voit que ce n'est pas lui qui doit se coltiner le service toute seule ! Alors, vous prenez quoi ?
- Euh, double cappuccino, sans sucre. Vous dites qu'il est malade ?
- Depuis deux jours, pas eu de nouvelles aujourd'hui. Désolée d'écourter mais je n'ai pas de temps pour la causette, je vous apporte votre commande. »
Une vague d'inquiétude envahit Roy. Ed malade, vraiment ? Avant de se fustiger mentalement. Bien sûr que Ed pouvait tomber malade, il était un être humain comme un autre. Mais alors pourquoi une alerte version feu de détresse n'arrêtait pas de clignoter dans sa tête ? Edward était un adulte parfaitement responsable, il savait quoi faire dans ce genre de situation, surtout qu'il était autonome depuis certainement très longtemps.
Roy lâcha pourtant soudainement la touillette avec laquelle il était en train de jouer alors que son cerveau tournait à toute allure. Et si c'était plus grave ? Ed n'avait-il pas dit que sa mère était décédée de maladie ? Et s'il n'était pas capable de s'occuper de lui-même, qui le faisait à sa place ? Edward avait déjà parlé d'un frère, mais vivait-il avec lui ? Le brun se leva de son siège d'un bond. Il devait voir Edward, tout de suite.
Ce n'était pas de cette façon qu'il souhaitait mettre les pieds chez le blond pour la première fois mais c'était un cas d'urgence. Et il ne regrettait plus du tout de l'avoir suivi quelques semaines plus tôt.
Il quitta le café sous le regard interloqué de Rose qui se tenait là stupidement avec son cappuccino à la main.
Roy était plus qu'essoufflé lorsqu'il arriva en bas de son immeuble. De son très vieil immeuble, dont la porte d'entrée ne fermait même pas à clef. Il ne savait pas à quel étage Edward habitait et se fia à la disposition des boites aux lettres ; puis se il précipita dans l'escalier.
Grimpant las marches deux par deux, il trouva le nom du blond sur la première porte sur sa gauche au second étage. Il n'attendit pas d'avoir repris son souffle pour frapper à la porte. Après une minute d'attente, il n'obtient aucune réponse, et ne décela aucun bruit à l'intérieur.
Il réessaya avec plus de force et enfin un bruit se fit entendre ensuite, suivit d'un juron étouffé. Roy souffla de soulagement avant que la porte ne s'ouvre sur un œil fatigué.
Le cœur se Roy battait à toute allure alors qu'Ed le dévisageait, l'air interloqué, puis furibond.
« Mustang ? Putain de merde, qu'est-ce que tu fous là ? S'écria-t-il la voix rauque.
- Je – Rose m'a dit que tu étais malade, et tu n'as jamais répondu au message de Riza, alors –
- Alors quoi ?! Bordel Mustang, comment tu sais que j'habite ici ? Et depuis quand ?
- Eh bien – » Roy déplora son manque de répartie habituelle, pas qu'elle lui aurait permis de s'en sortir face à la colère évidente d'Edward, mais peut-être la chose n'aurait-elle pas parue aussi dingue pour le blond.
« Laisse tomber, je m'en cogne, je - je vais très bien alors rentre chez toi putain.
- Non, Ed tu n'as pas l'air bien du to –
- Mais ta gueule, mêle-toi de - »
Le flot de juron s'arrêta alors qu'Edward s'agrippa la gorge doulouresement et bascula à l'avant en gémissant. Une guinte de toux sèche le prit aussi.
« Ed !
- J'ai mal au crane, bon sang, baisse d'un ton … »
Roy eut à peine le temps de mettre un coup de pied dans la porte pour l'ouvrir et attrapa le blond avant qu'il ne tombe.
Le brun marqua un temps d'arrêt en voyant l'état de l'appartement mais ne s'y attarda pas. Après tout, avec tout ce qu'il avait appris du blond depuis ces dernières semaines, il n'était pas surpris.
Il le sera contre lui et le ramena dans ce qui semblait être son lit. Ed avait beaucoup de fièvre et Roy se sentit un peu démuni.
Son inquiétude se calma un peu avisant rapidement des symptômes caractéristiques. Ed devait avoir attrapé une bonne angine, ou quelque chose dans ce gout-là. Rien d'étonnant si l'on tenait compte de la température aussi basse à l'intérieur qu'à l'extérieur, et au temps moyennement clément ces derniers temps. Balayant la pièce du regard, il trouva le téléphone du blond à même le sol en charge à l'autre bout de la pièce. Le téléphone devait être éteint et Edward n'avait probablement pas eu la force de se lever pour aller le chercher.
Alors que Roy allait se lever pour le récupérer, Edward à moitié endormi lui agrippa inconsciemment la manche en baragouinant quelque chose d'incompréhensible.
Roy le regarda trembler de froid, même enveloppé dans le petit plaid. Il jura tout bas et bougea tout doucement le blond pour s'assoir sur le matelas à son tour. Il le bougea ensuite de telle sorte qu'Ed soit allongé entre ses jambes et ce dernier ne tarda pas à utiliser l'une de ses cuisses comme oreiller avec un soupire d'aise.
Une vague de chaleur l'envahit. Chaleur qui n'avait pourtant rien de sexuel, à sa plus grande surprise. Un léger sourire apparut sur son visage, Ed ressemblait à un chaton qui profitait honteusement de sa chaleur corporelle, et Roy n'était certainement pas celui qui allait le lui refuser.
Pendant qu'il lui caressait les cheveux d'une main, il sorti son téléphone de l'autre avant d'appeler son meilleur ami.
« Maes, je vais t'envoyer une adresse par texto, j'aimerai que tu te pointe avec de quoi soigner une bonne angine, ou au moins du paracétamol et du sirop pour la toux et apporte de quoi manger léger aussi pendant que tu y es.
- Edward ?
- Magne-toi, s'il te plait. »
Il lui envoya l'adresse comme promis et attendit. Une fois parfaitement immobile, il se gifla mentalement. Comment avait-il pu être aussi stupide ? L'attitude d'Edward suffisait à elle seule à comprendre pourquoi son appartement était dans cet état. Il était évident que l'attitude de profonde réserve du blond n'était pas seulement dû à une seule méfiance de sa part, il souhaitait probablement plus que tout préserver son style de vie, si on pouvait le nommer ainsi, et les problèmes qui lui avait probablement conduit à vivre de cette façon. Car Ed était contraint de vivre de la sorte, il ne pouvait tout simplement pas en être autrement.
Roy soupira de dépit. Il savait qu'il venait de ruiner définitivement toutes ses chances d'obtenir son amitié. Edward allait littéralement le tuer pour s'être ainsi immiscé dans sa vie privée mais pouvait-il vraiment fermer les yeux sur ce qu'il savait ? Quelles étaient les chances qu'Ed se réveille de sa léthargie et se contente de le remercier de s'être occupé de lui ? Roy n'avait jamais cru en sa bonne étoile, et ce n'était pas maintenant qu'il allait se mettre à prier un Dieu pour lequel il ne croyait pas non plus.
Il ne sut combien de temps s'était écoulé quand quelqu'un frappa à la porte et que cette dernière s'ouvrit derechef sur Maes qui se figea sur place. Qu'est-ce qui était le plus surprenant ? La position de Roy et Ed sur le matelas ou l'appartement du blond qui était aussi vide que ses chances d'être rapidement pardonné pour son intrusion.
Maes s'approcha d'eux a pas de loup. « Je dois dire que je ne m'attendais pas à ça.
- On est deux. Tu as ce que je t'ai demandé ? »
Maes acquiesça d'un signe de tête alors qu'il posait sa main sur le front du blond.
« J'espère qu'il n'est pas comme ça depuis trop longtemps.
- Difficile à dire, mais il n'a pas été bossé depuis deux jours alors …
- Pas moyen de savoir s'il a déjà pris quelque chose ?
- Non, mais je pense qu'il n'y a pas trop de doutes à avoir là-dessus.
- En effet. Tiens, aide-moi à lui faire ingérer tout ça. »
Faire boire Edward ne fut pas une mince affaire, mais c'est avec soulagement que Roy laissa de nouveau le blond se mettre à l'aise entre ses jambes. Au moins avec les antibiotiques, la fièvre avait de bonnes chances de diminuer dans les prochaines heures.
Pendant que Roy lui caressait distraitement les cheveux, Maes récupéra le téléphone du blond sur le sol. L'appareil était une telle antiquité qu'il s'y reprit à deux fois pour le mettre en marche.
« Hum, étonnant.
- Qu'est-ce que tu fais ?
- Tu sais qu'Edward et son frère s'envoient des messages très souvent ? Je me disais que ça serait bien de le prévenir pour Ed. Mais je ne m'attendais pas à pouvoir honnêtement le faire. Je veux dire, qui ne protège pas son téléphone avec un mot de passe ?
- Il ne doit probablement rien stocker de bien important, sans compter que les applications n'existaient même pas à la naissance de ce truc.
- Roy …
- Quoi ?
- Est-ce qu'il t'a déjà parlé d'un mec qui s'appelle Jean ?
- Son frère ?
- Nan, son frère s'appelle Alphonse visiblement. Tu ne vois vraiment pas qui -
- Tu fais chier avec tes questions à la con Maes, ne me demande pas ce genre de connerie alors qu'il y a peine vingt secondes je ne connaissais pas le nom de son propre frère ! »
Dans d'autres circonstances, Maes aurait pu s'amuser du fait qu'ils étaient en train de s'engueuler à voix basse, mais ce qu'il venait de trouver dans le téléphone du blond était hautement perturbant.
Passons le peu de contacts présent dans son carnet d'adresse, Maes savait déjà qu'Edward avait un cercle de connaissances très restreint. Non, ce fut les douze appels manqués et la vingtaine de textos qui alarmèrent Maes.
Il se répugnait à lire ne serait-ce qu'un seul de ces messages, mais peut-être quelqu'un de son entourage s'inquiétait-il pour lui. Sans compter l'école, avait-il pu les prévenir ? C'est avec cette inquiétude en tête qu'il consulta finalement le premier d'entre-deux. Et ce qu'il lut le choqua au plus haut point.
Ce « Jean » n'était qu'un harceleur, ni plus ni moins. Lui et Ed devait avoir subi une rupture assez difficile si Maes comprenait bien ce qu'il lisait. Ses propos étaient d'ailleurs assez extrêmes pour que ça en devienne franchement inquiétant. Maes remarqua également bien vite qu'Edward ne répondait jamais mais ce n'était visiblement pas ce qui arrêtait son ex qui continuait inlassablement à obtenir son attention. Un rapide coup d'œil dans ses conversations avec son frère lui apprirent également qu'Ed lui mentait honteusement, preuve s'il en est que son frère ne devait pas être très présent physiquement dans sa vie.
Toutes ces informations renforcèrent vivement la sympathie qu'il avait pour le petit blond. D'ailleurs, un coup d'œil vers lui le fit sourire. Pour quelqu'un qui avait toujours reçu très peu d'attention dans sa prime jeunesse, Roy prenait soin d'Ed avec une adorable dévotion. L'idée de ne rien lui dire au sujet des messages lui traversa l'esprit, mais il décida que c'était probablement la meilleure chose à faire dans l'immédiat. Qui sait, peut-être que quelque chose de positif pourra en sortir ?
« Roy ?
- Hum ?
- Tu ne vas pas aimer ce que je vais te dire mais – Tu sais quoi ? Il vaut mieux que tu vois ça par toi-même. »
Maes lui mit le téléphone sous le nez et les quelques derniers textos de Jean auxquels Roy vit immédiatement rouge, et ce pour plusieurs raisons.
« Qu'est-ce que c'est que ce bordel ?! »
Edward remua dans son sommeil en fronçant les sourcils et Roy jura à voix basse.
« Appelle-moi ce connard, je vais lui dicter ma façon de penser !
- Bon sang Roy, calme-toi !
- Non ! De quel droit il se permet de –
- Dixit le mec qui se pointe chez moi sans en être invité ? S'pèce de psychopathe. »
Cette fois-ci la colère de Roy termina de réveiller Edward qui ouvrit difficilement les yeux. Maes et Roy se figèrent instantanément, prêt à recevoir les foudres du blond mais ils furent de nouveau surpris lorsque Edward se contenta de leur lancer un regard noir tout en changeant de position entre les jambes de Roy tout en prenant soin à ne pas les quitter. L'anxiété revient tout de même grandement au grand galop alors qu'Ed se rendormit en marmonnant quelque chose qui ressemblait vaguement à « P'tain, dire que je pensais avoir rêvé. J'vais vous faire la peau. »
La volonté de Roy ne vacilla qu'à moitié. S'il pouvait tuer Jean avant de mourir à son tour, il serait presque satisfait.
Il se fustigea ensuite mentalement et eut l'impression d'être un véritable mufle. Il était un mufle, en fait. Rien que la façon de l'avoir abordé la première fois était discutable. Les autres moments où il l'avait ouvertement dragué aussi. Pas étonnant qu'il l'ait envoyé bouler s'il avait déjà sur le dos un mec sorti du même moule. Quoi que Roy avait quand même une morale un peu moins dérangée que ce fameux Jean.
Roy soupira longuement. Il se tourna vers Maes qui le dévisageait durement.
« File-moi un bout de papier et un crayon. » Il s'exécuta sans poser de question.
Roy rentra son numéro de téléphone dans le portable du blond et hésita avant de s'envoyer un sms pour (enfin !) obtenir son numéro et se ravisa finalement. Il ne voulait pas l'obtenir par un moyen détourné mais préférait qu'Edward le lui donne de sa propre volonté. Alors il se contenta d'écrire un petit mot sur le morceau de papier.
Même si c'est pour me dire d'aller me faire foutre, appelle-moi. Au moindre besoin, tu laisses ta fierté de côté et tu composes ce foutu numéro. Et prend le reste des médocs que Maes a apporté.
- Roy
Il le plia en deux et donna le tout à Maes.
« Tiens, pose ça sur son bureau. »
Son meilleur ami ouvrit la feuille par curiosité puis lança un regard amusé à Roy.
« Tu as tellement grandi, je suis fier de toi.
- Ta gueule, Maes. »
Ils passèrent encore quelques minutes près du blond puis prirent la poudre d'escampette.
