Titre : Plus Jamais !
Pairing : RoyEd / Rating : T pour langage (Ed. Ce qu'il est vulgaire ce petit.)
Résumé : "Ras le cul de tous ces connards infidèles !" Edward signa depuis ce jour pour le célibat et ce de manière définitive. Merci à son ex, Jean, retrouvé au pieu en charmante compagnie. Ou comment Roy va galérer pour le faire changer d'avis ! RoyEd Modern UA-OOC/Jean bashing
Chapitre 7 (Pov Ed)
« Je – vais – buter – ce – connard ! »
Chaque mot était ponctué d'un coup de poing dans le punching-ball artisanal qui trônait dans la grange des Rockbell, sous les yeux scrutateurs d'Alphonse et Winry qui, même habitués à la chose, étaient surpris. Ils étaient tous deux-là, une tasse de thé en main assis sur une botte de foin à regarder Ed s'exciter sur le pauvre sac depuis une dizaine de minutes déjà.
« Euh, frangin ? Est-ce que tu parles de Jean ? » Parce que oui, Alphonse s'était bien douté que si Ed avait quitté Est City pour Central, ce n'était pas uniquement car les universités y étaient les meilleures, comme ce dernier avait en premier lieu chercher à lui faire croire. Et il ne s'était pas "juste" séparé de son ex. Il avait bien compris que les choses avec Jean avaient mal tournées. Parce qu'Edward ne prenait de décision radicale que lorsqu'il est vraiment mis au pied du mur. Déménager et changer d'école en faisait partie. Et d'un côté, il s'en réjouissait. Jean n'était qu'un nid à problèmes, et Ed n'avait pas besoin de ça.
Edward se tourna vers eux, le visage rouge et la respiration saccadée. Il ressemblait à un taureau qui s'apprêtait à charger mais Al et Winry ne clignèrent pas des yeux. On ne vivait pas aussi longtemps avec Ed sans savoir quand il était véritablement dangereux. Et là, il était juste vénère.
« Quoi, Jean ? Nan, cet enfoiré là je vais juste me contenter de l'empoisonner ou un truc du genre. Mort rapide et sans bavure, tu vois ? Je pense pouvoir choper tous les ingrédients qu'il faut pour ça à l'université. Ce déchet de la société ne manquera à personne de toute façon. »
Winry acquiesça lentement et Alphonse eut un micro sourire.
« Nan, je parle de l'AUTRE connard ! Lui je vais le kidnapper, l'enfermer dans le bunker secret de Mamie Pinako, l'attacher à une putain de chaise et le torturer jusqu'à ce qu'il me supplie de l'achever ! Ce que je ne ferai pas, bien sûr ; je le laisserai couiner comme un porc jusqu'à ce qu'il crève de douleur. »
Là, Winry déglutit difficilement et une goutte de sueur coula le long de la tempe d'Alphonse. Parce qu'Ed parlait beaucoup, mais parfois il passait à l'acte, aussi.
« De qui il parles ? » Demanda Winry en se tournant vers son petit-ami alors que Ed retourna jouer des poings.
« Aucune idée. Tu connais Ed, susceptible, irascible, colérique, tout ça.
- Hey !
- Je ne serais étonné qu'il se soit créé une animosité rien qu'en disant bonjour à quelqu'un. Mais que ce soit la faute de l'autre personne, bien sûr.
- C'est déjà arrivé avec Madame Anson, la voisine du champ d'à côté, tu te souviens ?
- Oh oui ! Tu te souviens, Ed ? Tu l'as regardé de travers et elle t'a balancé une chaussure à la figure. »
Alphonse soupira dramatiquement, l'air rêveur. « Même aujourd'hui, ça reste l'un de mes meilleurs souvenirs. »
Edward renifla rageusement. « Faux frère. Anson est cinglée. Et vous, vous m'faites chier. Et Mustang va crever parce que c'est un putain de connard. »
Edward donna un dernier coup au pauvre sac avant faire volte-face et de quitter la grange. Alphonse et Winry se jetèrent un regard interrogatif avant d'hausser les épaules.
Il prit le chemin de terre et parti marcher un peu pour se changer les idées.
Son niveau de stress avait atteint un niveau record les jours précédents et malheureusement il sentait que ça n'allait pas s'arranger de sitôt.
Il avait été malade comme un rat crevé durant trois jours pleins (le traitement de Maes bien que léger avait fait ses miracles, même s'il était encore loin d'être complètement guéri), Roy avait osé commettre l'innommable et il comptait faire en sorte que ce dernier s'en souvienne jusqu'à la fin de sa vie, et Izumi lui avait gentiment demandé de faire des heures sup' la semaine d'après pour rattraper son absence involontaire.
Tout ça l'avait amené où il était aujourd'hui : à Risembool. Pour un week-end famille et repos. Officiellement, il avait succombé à une énième demande de son frère. Officieusement …
Edward serra les poings, s'arrêta en plein milieu de la route et prit une large inspiration.
Il était heureux qu'Alphonse soit tellement content de le voir qu'il ne se pose aucune question particulière. Répondre à la question de ses venues uniquement en fin de mois était facile, Ed ne pouvait se déplacer que lorsqu'il recevait sa paye, ce qu'Alphonse pouvait parfaitement comprendre. Mais lui expliquer pourquoi il était obligé de faire une escale à Est City quand il rentrait à Central le dimanche soir c'était une autre paire de manche.
C'était de sa faute, après tout. Il avait laissé trainer ses billets de train, une fois, et s'en était sorti avec une pirouette. Mais il n'était pas question qu'Alphonse sache que cet arrêt était loin d'être volontaire.
Le simple fait de penser à ça le rendait amer. Il avait beau ne plus fréquenter Jean, ce connard continuait à faire de sa vie un enfer. Parce que le gros découvert que sa consommation excessive avait engendré auprès de sa banque n'était pas le pire qu'il ait pu lui faire. Non, la reconnaissance de dette qu'il avait signé à sa place auprès d'un mec dangereux afin de continuer ses conneries, ça c'était la goutte d'eau.
A partir de là, quel choix avait-il que de rappliquer la queue entre les jambes quand il recevait un texto lui dictant de le faire ? Il était heureux que le mec en question soit une petite frappe et pas un gros balourd dangereux. Il ne donnerait pas cher de sa peau si c'était le cas. Heureusement cette dette-là était celle qu'il avait pris soin de rembourser au plus vite. Il ne restait que quelques échéances et il espérait que ça se passerait le mieux possible. Sa pire angoisse était pourtant le fait de revoir Jean, durant l'un de ses passages a Est City. Il ne le craignait pas, ça non, mais rien que le fait de penser à lui lui retournait l'estomac. Il avait autant envie de l'étriper que de se frapper lui-même pour avoir été aussi stupide.
Il reprit sa route en secouant la tête. Il ne fera pas deux fois la même erreur. Plus jamais.
Alors qu'il était allongé dans le jardin de leur ancienne maison désormais à l'abandon, Alphonse vint le rejoindre discrètement et s'allongea à ses côtés.
« Ça me manque.
- Quoi donc ?
- Avant. Quand on s'allongeait dans l'herbe à regarder les nuages pendant que maman nous préparait un gâteau.
- C'est vrai que c'était bien. Jusqu'à ce que Winry nous dérange pour qu'on aille s'amuser.
- Je ne me souviens pas t'avoir jamais entendu te plaindre pour ça !
- T'es dingue ? Pas envie de me faire frapper dessus. Mais au moins il y a des choses qui ne changent pas.
- Tu n'avais pas de secret pour moi, à l'époque. C'est une chose qui n'aurait pas dû changer non plus. Même quand maman n'était plus là, on partageait tout. Et depuis que tu as quitté la maison, j'ai l'impression de ne plus te connaître, tu sais ? »
Edward grimaça au reproche à peine déguisé. Dire qu'il n'était plus avec Jean, n'avait plus aucun contact avec lui et pourtant il était toujours source de problème pour eux. Edward n'osa pas tourner la tête alors qu'il savait son petit frère le regarder avec insistance.
« On est plus des gosses, Al.
- Qu'est-ce que à avoir avec le fait de me faire confiance et de parler quand ça ne va pas ?
- Je te fais confiance, mais on a tous nos soucis et tu ne me dis pas tout non plus, n'est-ce pas ?
- Non c'est vrai, mais Ed - On s'inquiète, ok ? On est là, Mamie Pinako, Winry et moi, et toi tu es à Central tout seul. »
Alphonse le coupa avant qu'Ed ait le temps d'ouvrir la bouche.
« Et je sais que tu es capable de te débrouiller, mais savoir que tu mens, ça nous inquiète encore plus, tu vois ? Alors même si on ne peut pas t'aider, peut-être que ça te ferait du bien d'en parler ? »
Edward soupira. Il fut un temps où il pouvait parler à Alphonse, il avait déjà parlé de ses anciennes relations, et ils avaient tous deux plaisantés sur certaines des choses qui lui étaient tombées dessus. Mais Ed avait toujours passé sous silence les détails assez glauques de certaines d'entre-elle. Il n'osait imaginer qu'elle serait sa réaction, s'il était courant du quart de ce qui s'était passé. Et Winry, qui était mine de rien très protectrice envers eux deux ?
Edward eut un sourire à cette pensée. Qui a tué Edward ? La mécanicienne dans la grange avec la clé anglaise. Voilà ce qui servirait de Une dans le journal local si Winry venait avoir vent des mésaventures d'Edward, et des décisions plus que stupide qu'il avait pu prendre. Ce dernier soupira longuement ensuite.
« Il se pourrait que … tu ait eu raison au sujet de Jean. Genre, depuis le début.
- Dire que j'ai vécu assez longtemps pour t'entendre dire même à demi-mot que tu puisses avoir eu tort.
- Alphonse. » Grogna lamentablement Edward.
« Ouais, je sais. Ça fait mal, hein ? Ne t'en fais pas va, ça passera. »
Edward grogna de nouveau et Alphonse ricana avant de se tourner sur le côté et posa sa main sur l'épaule de son frère. Son air était maintenant tout sauf enjoué.
« Il t'a fait du mal ? »
La question était trop vague pour donner une réponse précise.
« Plus ou moins. Rien d'insurmontable. »
Un regard sur son petit frère et Edward sut instantanément où s'orientaient ses pensées.
« Inutile d'aller te salir les mains, il n'en vaut pas la peine.
- Oh je n'irai pas jusqu'à le tuer, mais je peux peut-être lui refaire le portrait ? »
Edward sourit mais ne répondit pas. Alphonse comprit que ça avait été sérieux et que d'une manière ou d'une autre, ça affectait encore son frère. A sa surprise, c'est Edward qui continua de parler.
« Pourtant, ça avait été bien au début. Vraiment. Rien à voir avec Ling par exemple, ou ça avait merdé depuis le début. Avec Jean, on a eu de bons moments quand même.
- Et puis ça a dérapé.
- Hum, et comme un con je ne me suis aperçu de rien.
- Ne dis pas ça, ce n'est pas de ta faute.
- Bien sur que si. Tu étais là, tu as essayé de m'avertir et je n'ai rien voulu écouter.
- Eh bien, tout le monde sait que tu es un véritable bourricot et que tu n'écoutes rien. J'aurai quand même préféré que ça prenne une meilleure tournure ou qu'au moins ça s'arrête d'une meilleure manière pour toi.
- Tu sais bien qu'on ne fait pas ce qu'on veut dans la vie. On est bien placé pour le savoir.
- Oui … »
Edward se sentit léger après cette discussion mais malgré tout toujours coupable. Il espérait secrètement que jamais Alphonse ne sache pour le harcèlement par texto (pour lequel il avait dieu merci toujours un certain contrôle) ou les dettes qu'il était obligé de rembourser. Quelques mois, il ne restait que quelques mois et tout redeviendra parfaitement normal.
« Qui est Mustang, au fait ? » Edward déglutit bruyamment.
« Oh, euh, un mec de l'université. Un vrai con, riche, arrogant, genre je suis beau gosse et la planète entière doit le savoir, tu vois ?
- Beau gosse ? » Alphonse semblait très amusé et Edward leva les yeux au ciel.
« Bref, rien à voir avec Jean si c'est ce qui t'inquiètes. Celui-ci j'le tiens en laisse.
- M'okay. »
Alphonse se rallongea et joua avec une touffe d'herbe.
« Tu as de la chance, tu sais ? Dit soudainement Edward
- Hum ?
- Avec Winry, ce que vous avez. J'suis content pour toi Al. »
Alphonse sourit largement. Il était heureux et ça se voyait.
« Oui, c'est cool, merci frangin. »
Edward lui lança ensuite un regard malicieux.
« J'espère quand même que vous vous protégez.
- Que - ? ED !
- Quoi ? On a plus de parent, alors en tant que grand frère c'est à moi de m'assurer que –
- Oh pitié, tais-toi ! »
Cette fois-ci Alphonse lui tourna le dos, rouge comme une tomate et Edward éclata de rire.
