Titre : Plus Jamais !

Pairing : RoyEd / Rating : T pour langage (Ed. Toujours vulgaire, mais on l'aime quad même.)

Résumé : "Ras le cul de tous ces connards infidèles !" Edward signa depuis ce jour pour le célibat et ce de manière définitive. Merci à son ex, Jean, retrouvé au pieu en charmante compagnie. Ou comment Roy va galérer pour le faire changer d'avis ! RoyEd Modern UA-OOC/Jean bashing


Chapitre 8 (POV Roy)

« Ed – Edward.

- …

- Écoutes, je sais. Je sais, ok ? C'était naze, se pointer chez toi comme ça.

- …

- T'es un grand garçon, et j'ai vraiment, vraiment dépasser les limites cette fois-ci.

- …

- Enfin non, tu as raison, me pointer chez toi ce n'était pas le pire. Mais te suivre ? Ahah, qu'est-ce qui m'a pris sérieux ?

- …

- Alors que bon, je sais que –

- Roy.

- Hum ?

- C'est sérieusement comme ça que tu comptes t'y prendre ? »

Roy soupira.

Il avait l'air stupide, debout devant son miroir de salle de bain, Maes assis sur le rebord de la baignoire, à débiter de piètres excuses. Parce que la vérité, c'est qu'Ed ne va même pas le laisser l'approcher à moins de dix mètres de lui, et encore moins le laisser lui dire quoi que ce soit, n'est-ce pas ?

« Je t'ai dit que j'étais nul pour m'excuser ...

- Non, Roy. Il y a être nul, et être nul comme toi, et je peux t'assurer qu'on est à des degrés diamétralement différents là.

- Merci.

- Je t'en prie, fallait que je te le dise. Mais à présent, fini les conneries, il est temps d'employer les grands moyens ! » S'exclama Maes tout en se levant de manière dramatique.

« Ce qui signifie ? Car je ne veux pas être méchant, mais jusqu'à présent, on ne peut pas dire que tu aies été très utile. »

Maes marqua un temps d'arrêt, une flopée d'anges passa, et il finit par se rassoir en soupirant.

« J'avoue que je sèche.

- Sérieux ?

- Ouaip. Jamais vu quelqu'un d'aussi compliqué, et tenace, et petit d'ailleurs pendant qu'on y est.

- Et Gracia ?

- Pas pareil. C'est une femme, et ça aime se faire attendre. Et puis, elle est folle de moi depuis le début mais préférait tâter le terrain, tu vois ? Avec Ed tu t'attaques à un poisson d'une tout autre catégorie, Roy.

- En gros, tu ne peux plus rien faire pour moi.

- C'est ça, désolé. »

Ce fut au tour de Roy de soupirer.

« Nan, ça va. Je crois savoir ce qu'il me reste à faire.

- Te mettre à genoux et supplier ?

- Je crois que je n'ai pas le choix. »

Maes acquiesça le plus sérieusement du monde.

« Je suis de tout cœur avec toi !

- Merci, mon chou. »


Dire que Roy était à deux doigts de se faire dessus était un euphémisme. Il était toujours surpris des émotions que le petit blond étaient capables de faire naitre chez lui.

Mais c'est tout de même vaillamment qu'il attendit la fin de service d'Ed pour se rapprocher de son espace vital. Il se posta un peu en retrait du bâtiment, une main dans une poche, l'autre jouant sur son téléphone portable, et attendit.

Ed sortit donc du café l'air relativement détendu quoi qu'un peu fatigué. Air qui changea quais instantanément à la vue de son stalker personnel. Il ne fit pourtant pas un geste pour s'avancer ou partir et se contenta de le fixer là, tel un animal sauvage prêt à bondir sur sa proie.

« He – Hey Ed, comment va ? »

Pas sa meilleure entrée en matière, mais Edward tiqua si l'on tenait compte de l'un de ses sourcils qui venait de se lever si haut qu'il partit directement se planquer sous une mèche de cheveu. Roy commença à sentir ses entrailles protester vivement au stresse qu'il était volontairement en train de s'infliger.

Il ne put d'ailleurs éviter le mouvement de recul qu'il eut au brusque pas qu'Ed venait de prendre en sa direction. C'est que c'était petit, mais menaçant quand même.

« Roy, tu tombes à pic, j'ai quelques petites choses à mettre au clair avec toi. » Dit Edward avant de venir se prostrer à un pas du brun.

Oh. Cool. Le ton était certes assez froid, mais peut-être était-ce là le premier chapitre d'un enterrement de hache de guerre en bonne et due forme ?

Edward mit également ses mains dans ses poches dans une posture volontairement décontractée, et Roy sentit son pouls s'accélérer alors qu'Ed avait très légèrement basculé sa tête sur le côté, d'une manière beaucoup trop mignonne pour sa santé mentale.

« Primo, l'adresse de mon appart' tu te l'enlève bien du crâne, avant que je prenne le parti de le faire moi-même, ce qui risque d'entraîner de relatifs dommages collatéraux. Secundo, je n'ai pas besoin de vous avertir de ce que je ferais de vos mains, à toi et à Maes, si d'aventures elle s'amusaient à se promener de nouveau sur mon téléphone portable. Je ne sais pas ce que vous êtes allés farfouiller, et franchement je m'en cogne. Mais ça ne se reproduira pas. Tertio, je te laisserai expliquer à Riza pourquoi j'ai préféré continuer à étudier tout seul finalement. J'espère que tout est clair pour toi ? Parce que si ce n'est pas le cas je me ferait un pla - »

Si Roy avait vraiment écouté une seule des paroles qu'Edward venait de prononcer, il aurait suivi à la lettre ce qu'il avait prévu de faire à la base : se mettre à genoux pour s'excuser et accessoirement prier un Dieu auquel il ne croyait pas qu'Ed lui fasse au moins un petit câlin de remerciement pour s'être occupé de lui ; ou un truc du genre.

Mais Roy n'avait pas vraiment écouté. Toute son attention était focalisée sur la bouche du blond, de ses lèvres charnues qui était un véritable appel au baiser. Un appel difficile à ignorer. Roy était quand même un peu surpris de ressentir ça, maintenant alors qu'il avait déjà eu maintes fois le loisir de mater Ed sous toutes ses coutures. Et pourtant dieu sait qu'il n'avait jamais ne serait-ce qu'envisager de poser ses mains sur les petites fesses d'Edward, même si ce n'était pas l'envie qui manquait. Pourquoi diable ses lèvres semblaient-elles aujourd'hui beaucoup plus désirables qu'hier ? Ces lèvres rosées qui harmonisaient sans contexte la peau halée d'Edward, Roy pourrait passer des heures à les contempler, avait envie de les posséder entièrement et considérait sérieusement de cacher le blond du reste du monde pour qu'il soit le seul à avoir ce plaisir. Merde, est-ce que Maes avait raison ? Est-ce que Roy se mentait à lui-même ? Parce qu'on ne faisait normalement pas une fixette sur les lèvres d'un ami, n'est-ce pas ?

En cet instant, Roy pouvait-il faire quelque chose de plus stupide que d'embrasser Edward et de caresser tendrement ses lèvres de sa langue ?

Non. Et c'est ce qu'il fit.

L'échange dura plus longtemps qu'il ne l'aurait cru, et il se sentit flotter sur un petit nuage. Son cœur explosa ensuite dans sa poitrine quand il sentit Edward répondre à l'échange. Toutefois le retour sur la terre ferme fut violent. Tout comme le pied d'Edward qui écrasa le sien sans ménagement, le faisant sursauter et quitter à contrecœur la bouche divine du blond.

Ed rouge de colère, c'était déjà quelque chose. Mais Ed rouge d'embarras était la vision la plus bandante sur laquelle Roy eut le plaisir de mettre les yeux. Et il dut se fait violence pour ne pas réitérer l'expérience. Et ce n'étaient pas les passants qui s'arrêtèrent à leur niveau pour les observer qui aurait changé quoi que ce soit.

Edward toujours le rouge aux joues leva les yeux au ciel avant de les enfouir dans ses mains.

« Bon sang, mais qu'est-ce qui ne tourne pas rond chez toi ?! »

Même s'il ne savait que la question était purement rhétorique, il répondit mécaniquement.

« Eh bien, Maes pense que je souffre de manque affectif, ou comme il se plait à l'appeler, du syndrome de l'ours en peluche. Et on travaille dur là-dessus depuis qu'on est gosse.

- Tu parles de Maes comme si c'était ta psy ou ta mère. Putain, c'est flippant. »

Un peu que c'était flippant. Roy ouvrit les yeux en grand, horrifié par cette simple idée.

« Seigneur, ne dis jamais ça à Maes, qu'est-ce qu'il ferait d'un gosse comme moi, le pauvre. Depuis qu'il est tombé amoureux de Gracia, et bien avant qu'ils sortent ensemble, il avait déjà décrété qu'ils auraient un enfant. Il veut une fille, elle s'appellera Elyssia et elle sera le portrait craché de sa mère. Avec des couettes. Mais vu comme Gracie est jolie, je suis sûre que –

- Roy, tu t'éparpilles. »

Edward releva la tête et ses joues étaient toujours aussi rouge. Roy se demanda distraitement si la couleur serait permanente. Parce qu'il aimait bien Ed au naturel, aussi. Et parce que si c'était possible, il préférerait être le seul à profiter du spectacle. Le blond soupira ensuite et se mit à faire les cent pas devant lui.

« Je ne sais pas ce qui me retient de te coller une baigne ! Je t'engueule et toi tu m'embrasse. Merde, il te manque sérieusement une case ! Est-ce qu'il faut qu'on baise pour que tu me foutes la paix ?! »

Ed commençait à partir dans les aigus. Ses mouvements étaient rapides, désordonnés ; ses épaules étaient tendues et il transpirait une globale anxiété. Roy se désolait de l'état dans lequel il le mettait, ce n'était pas ce qu'il souhaitait. Loin de là. Puis il se mit à réfléchir et comprit.

Jean. Il y avait Jean, toujours présent, quelque part. Il y avait ce mec, probablement un ex, qui le harcelait, et voilà que Roy lui donnait l'occasion de croire qu'il pourrait se comporter comme un Jean, lui aussi. Sauf que si Roy pouvait être le suivant sur la liste des relations du blonds, il veillerait bien à être le dernier. Et peut-être que si Edward arrivait à le comprendre, il pourrait de nouveau gouter à ses lèvres ?

La dernière phrase d'Edward eut toutefois le don de remuer quelque chose au fond de Roy. Encore une fois, et plus depuis qu'il en avait appris plus sur le blond, il comprenait qu'il y avait plein de sous-entendu dans ses paroles.

« Tu peux me frapper, si tu veux. Mais je ne m'excuserai pas pour t'avoir embrassé. Et je ne m'excuserai pas non plus pour t'avoir suivi et d'avoir fouiné dans ton téléphone. Ni d'avoir empiété ton espace et d'avoir vu des choses que tu préférais probablement que personne ne sache. »

Edward s'arrêta en plein élan et le regarda comme s'il lui avait poussé une seconde tête, et qu'elle était bleue. Le blond devait penser que Roy était plus perspicace qu'il ne le laissait entrevoir. Ed cligna simplement des yeux et attendit que le brun continue. Roy prit ça pour un signe encourageant.

« Ed, quoi que tu aies pu penser de moi depuis qu'on se connait, quoi que tu puisses encore penser aujourd'hui, quoi que mon comportement ait pu te laisser imaginer ; j'aimerai que tu saches que si un jour tu devais finir dans mon lit, ça serait pour faire l'amour, pas pour baiser. »

Edward se relâcha instantanément. Il soupira et se passa une main dans ses cheveux.

« Ne soit pas si dramatique. J'ai déjà baisé, et tu l'as déjà fait aussi. »

Nul besoin de le nier. Cependant Roy voulait que les choses soient parfaitement claires.

« Bien sûr, mais je peux t'assurer que ce n'est pas ce que je veux. Enfin, je ne vais pas te mentir, peut-être que j'ai bien envie qu'on sorte ensemble un jour, oui, mais je ne le ferais pas pour juste te foutre dans mon lit. »

Edward le regarda fixement, et Roy se sentit mit à nu. Et il espérait qu'il avait l'air aussi sincère que les paroles qu'il venait de prononcer. Alors il utilisa sa dernière carte.

« Mais avant ça, et en prenant conscience que ça n'arrivera peut-être jamais, j'aimerai vraiment qu'on devienne ami, Edward. Et c'est la raison pour laquelle je me suis pointé chez toi, parce que j'étais inquiet, et je m'en serais voulu de n'avoir rien fait pour t'aider alors que je pouvais le faire. »

Roy était à deux doigt de se mettre à genoux quand Ed soupira, ses rougeurs disparues.

« Merci, pour ça. Ça me fout les nerfs que t'ai osé le faire, parce que merde c'était complétement barge, mais c'était sympa. Ne le refait pas. »

En une phrase du blond, Roy souriait comme un idiot. Maes avait raison, comment avait-il fait pour ne pas s'en rendre compte avant ? Il lui tendit sa main.

« Ami, alors ? »

Edward considéra tout de même la chose de manière sérieuse. Roy osait à peine imaginer ce qui lui était arrivé s'il en était au point d'être sur ses gardes concernant une simple amitié. Il se décida tout de même plus rapidement que Roy l'aurait cru, et lui la lui serra rapidement, avant de recroiser les bras.

« Ouais, ami. »

Le soulagement de Roy était si grand qu'il était à deux doigt de lui sauter dessus de nouveau. Mais Ed du le voir cette fois-ci car il lui fit un regard réprobateur. Semblant reprendre maîtrise de lui-même, Roy lui fit un sourire en coin moqueur, tout en écartant les bras en une large invitation à l'étreinte.

« J'ai le droit à un petit câlin quand même ? En remerciement pour service rendu. Maes ne veut plus m'en faire depuis qu'il sort avec Gracia. Paraît qu'elle est jalouse.

- Sérieux ? Bordel, je croyais que ton besoin de câlin c'était une connerie. » Ed leva les yeux au ciel mais ne fit pas un geste.

« Alors ? S'impatienta Roy.

- Ça se négocie ? Passe au café demain, je t'offrirai un cappuccino. Pareil pour Maes.

- Vendu. » Il n'aura pas mieux et c'était déjà beaucoup.

« Euh, juste pour être sûr, ce n'est pas un rencard ? » Demanda tout de même Roy.

Edward lui jeta avec un regard de tueur.

« D'accord, d'accord. Je peux te poser une question ?

- Elle sera plus débile que celle que tu viens de débiter ?

- Peut-être ?

- Accouches.

- Ce type là qui t'envoie des textos, Jean, c'est qui ? »

Roy savait qu'il avait dit une connerie quand « Ed-rouge-de-colère » fit de nouveau son apparition devant lui.

« Putain de merde, c'est ça que tu es allé fouiller dans mes messages ?

- Pour ma défense c'est Maes qui a commencé. Il voulait envoyer un message à ton frère et il est tombé, involontairement hein, sur tes appels manqués et les sms de ce type et –

- Ca va, fermes là, j'ai pigé. Et ça ne te regarde pas. Et je ne veux plus entendre parler de ça. »

D'un vague geste de la main, et sans aucune autre forme de procès, Ed commença à partir en direction de son appart'. Roy comprenait que la conversation était terminée, et il se sentait étrangement incertain. Il lui cria au loin.

« Euh, c'est toujours ok pour le café ?

- Oui ! » Répondit Ed sans se retourner.

« On a révision de groupe samedi, tu seras là ?

- Peut-être.

- C'est toujours pas un rencard ?

- NON ! »

Roy continuait de sourire comme un idiot.