Titre : Plus Jamais !
Pairing : RoyEd / Rating : T pour langage (Ed. Toujours vulgaire, mais on l'aime quand même.)
Résumé : "Ras le cul de tous ces connards infidèles !" Edward signa depuis ce jour pour le célibat et ce de manière définitive. Merci à son ex, Jean, retrouvé au pieu en charmante compagnie. Ou comment Roy va galérer pour le faire changer d'avis ! RoyEd Modern UA-OOC/Jean bashing
Chapitre 10 (Pov Ed)
Crétin.
Crétin, crétin, crétin.
Edward était en train de se frapper le front contre le carrelage froid des toilettes de la bibliothèque. La cause ? Roy, évidemment. Qui d'autre ?
Crétin.
Qui d'autre que son stalker personnel pouvait réussir l'exploit de l'embarrasser en public sans la moindre gêne ? Alphonse aurait tellement honte de son pauvre grand frère. Tenir le crétin en laisse avait-il dit, hein ? Cette bonne blague.
Pour définir avec exactitude pourquoi Roy était un crétin aujourd'hui, il fallait revenir deux bonnes heures en arrière.
Il devait se l'avouer, il n'était pas très chaud pour la sortie révision de groupe. Primo car Roy serait là, ce qui était un désastre en soi pour ses hormones. Secundo car Maes serait là, et même s'il l'appréciait pas mal, lorsque Tic et Tac étaient réunis c'était difficile de rester concentrer. Et tertio car il y allait avoir d'autres gens, et bien malgré lui Ed avait acquis une phobie sociale plutôt exacerbée ces derniers mois et il ne savait pas comment il allait gérer ça.
C'est donc un peu à reculons qu'il se rendit à la bibliothèque à l'heure indiquée par Riza dans son dernier texto. Il y mit d'ailleurs tellement de mauvaise volonté qu'il finit par arriver un peu en retard, ce qui en résultat que seuls Roy et Maes l'attendaient à l'entrée, signe que les autres étaient déjà installés. Ça n'arrangea rien à son malaise, n'aimant pas non plus spécialement attirer l'attention.
Il arriva tout de même à sourire intérieurement à l'air de pure joie qu'afficha Roy en le voyant arriver et au regard navré que Maes lança à son meilleur ami face à son comportement. Ed avait beau ne pas comprendre pourquoi Roy s'intéressait à lui et continuer à croire qu'il ne faisait que ça pour s'amuser, il commençait à trouver le brun plus sympathique que prévu, et se demanda un instant si Maes n'avait pas eu raison de le mettre en garde sur la capacité de Roy à le mettre dans ses filets. Pas qu'il avait l'intention de se laisser faire cependant.
Il se rapprocha d'eux tout en se raccrochant involontairement à sa besace lorsque Roy lui sauta presque littéralement dessus.
« Salut ! J'ai cru que tu ne viendrais jamais.
- J'aurais bien prévenu Riza mais mon téléphone est tombé en panne de batterie.
- T'inquiètes, ils n'ont pas encore commencé. Viens, on a notre coin à nous. » dit-il en sortant son téléphone portable qui avait sonné au même moment.
Ed les suivit et sentis ses entrailles se contractées. Il maudissait intérieurement Jean de l'avoir rendu aussi misanthrope. Il n'était pas comme ça avant, même lorsque son connard de père les avait abandonnés sa mère, son frère et lui, Ed avait réussi à rester le même gosse socialement attachant. Avec ses autres ex il s'était contenté de passer à autre chose. Mais à cause de ce connard de Jean, il ne faisait presque plus confiance à personne, et s'était forgé une carapace épaisse autour de lui. C'était presque un miracle qu'il ne se soit pas encore fait virer de son job de serveur au vu de sa façon de parler aux clients, ce que Rose ne manque pas de lui faire remarquer à chaque occasion. Cette idiote ne se rendait pas compte de l'effort qu'Ed devait fournir pour ne pas faire une crise de panique en plein milieu de son service quand la fréquentation du café montait en flèche. Mais pour une raison qu'il ignorait, Izumi Curtis appréciait son caractère d'ours mal léché. Et au final, ça l'arrangeait bien.
Maes dû probablement sentir son trouble car il commença à présenter ses amis, sans se rendre compte toutefois que cela rendit Ed encore plus mal. En plus de lui et Roy, il y avait bien entendu Riza, avec qui il continuait d'avoir une correspondance texto plus que satisfaisante. Savoir que la chose enrageait Roy était un bonus non négligeable. Et puis il y avait les amis : Kain, Fato et Heymans. Trois joyeux lurons qu'Ed allait adorer, selon Maes. A ce stade n'Ed n'était plus sûr de rien. La seule certitude qu'il avait, c'était que Roy était décidément trop calme, le nez plongé dans son téléphone portable et les sourcils froncés. Méconnaissable.
La bibliothèque était plus grande que celle de quartier d'Ed avait l'habitude de fréquenter. Seul, il n'y serait très probablement perdu. Ils arrivèrent à ce qu'il semblait être l'aile médicale, et de nombreuses tables éparpillées ci et là étaient déjà occupées. Rien d'étonnant si l'on tenait compte de la population étudiante de Central.
Roy et Maes s'arrêtèrent ensuite devant une table, et les quatre occupants se levèrent derechef pour les accueillir.
« Les gars, je vous présente Ed. » Lança joyeusement Maes et trois mains se tendirent vers Edward qui les serra une à une avant de faire la bise à Riza qui lui fit un sourire rassurant. Puis le petit brun à lunette, Kain vraisemblablement, lui fit un clin d'œil malicieux.
« Roy nous a beaucoup parlé de toi. » Ce à quoi le dit-Roy lui jeta un regard noir. Voilà quelque chose qui lui ressemblait plus et Ed se mit à ricaner avant de s'assoir.
« En bien, j'espère ?
- En bien ? » Heymans (?) S'étonna faussement, un large sourire sur les lèvres. « Difficile d'en être autrement puisque –
- Heymans ! Prévint Roy.
- Roy ici présent –
- Breda, je te jure que – » C'était presque mignon de voir Roy paniquer.
« A un petit faible pour les blonds. » Roy grogna lamentablement.
Ed s'était attendu à tout, mais finalement il était en terrain familier.
« J'ai cru comprendre, en effet. » Ricana-t 'il à son tour alors que Roy essayait de tuer son camarade du regard.
« Intellectuellement s'entend, même Riza est d'accord pour dire que tu touches ta bille dans ton domaine, Edward. » Continua Breda d'un ton entendu et Maes prit part à son hilarité.
« Mais en tout bon futur médecin qui se respecte, Roy a plus d'une fois eu l'occasion de nous faire un inventaire plutôt élogieux de toutes tes intéressantes caractéristiques physiques et ta parfaite anatomie.
- Oh, putain. » Murmura Ed, rougissant d'embarras ; et s'exclama désespérément Roy qui se cacha dans son livre de cours. Plusieurs personnes se retournèrent vers eux leur en demandant de baisser un peu d'un ton.
D'accord, Ed avait vécu beaucoup d'évènement gênant dans sa vie, mais là, il venait probablement de franchir un cap. Parce que bon, que Roy se soit entiché de lui, sérieusement ou non, pourquoi pas. Mais qu'il en ait parlé à ses amis en prime, et en de tels propos ? Si Roy ne paraissait pas lui-même assez embarrassé, il n'aurait pas hésité à lui claquer la tronche avec un bouquin, seule arme disponible à portée de main.
Alors qu'il était tout bonnement incapable de répliquer quoi que ce soit (que voulez-vous diable répondre à cela ?), Roy releva la tête et lui fit un sourire en coin relativement incertain. Ed avait beau le trouver sexy, ça commençait sérieusement à l'agacer, ce foutu sourire.
« Heymans exagère, bien sûr. Il adore me charrier ! »
Ed ne savait pas ce qui était le pire. Que Roy le prenne visiblement pour un idiot ou qu'il ait eut le toupet de le mater ? D'ailleurs, pourquoi était-il surpris ?
Riza mit cependant fin à cet échange d'un fin et salutaire : « Messieurs, n'étions-nous pas là pour travailler ? »
Ce qu'ils firent. Pendant approximativement quarante-deux minutes.
Le temps que chacun se penche sur ses cours, que quelques conversations chuchotées naissent et qu'Ed commence finalement à se sentir bien, malgré les six personnes outrepassant bien largement son espace vital.
Tel que lui avait dit Roy lors de sa rencontre fortuite à la biblio –
Edward releva soudainement la tête de son cahier et se tourna vers Roy.
« Hey Mustang, dis-moi un truc.
- Oui ? » Roy était visiblement surpris.
« La dernière fois à la bibliothèque, c'était un fruit du hasard de t'y trouver aussi ? Vu qu'apparemment tu ne viens étudier qu'ici en temps normal. » Demanda-t-il en fronçant les sourcils.
Sa question eut des réactions très étonnantes. Riza resta concentrée sur son livre ; Kain, Fato et Heymans échangèrent des regards lubriques, et Roy blanchit instantanément pendant que Maes se tourna vers ce dernier, lentement, et de manière menaçante.
« Oui, au fait Roy, c'était un hasard de te trouver là ? »
Riza soupira et semblait se demander s'ils allaient finir par pouvoir travailler tranquillement à un moment ou un autre. Roy reprit contenance et joua avec son stylo en regardant tout d'abord Maes à qui il fit les gros yeux puis Ed avec qui il prit son air stupidement sexy.
« Hasard pure souche ! Je cherchais un livre en particulier que quelqu'un avait déjà emprunté ici. »
Ed acquiesça distraitement de la tête, ça paraissait possible en effet. Il reprit plus tranquillement ses cours et manqua de ce fait l'échange muet entre Roy et Maes qui promettait d'être bien bruyant, plus tard.
Tel que lui avait donc dit Roy lors de cette fameuse rencontre fortuite à la bibliothèque, leurs bahuts respectifs en étaient à peu près au même cours niveau programme, ils purent donc échanger tous ensembles sur la chose et plus les minutes passèrent, plus Ed apprécia leur compagnie. Après tout, quand le blond avait précisé qu'il n'était entouré que d'idiots dans ses cours, il ne mentait pas. Alors échanger avec des esprits compétents était un changement plus qu'agréable.
Le moment de calme dura pendant encore une bonne heure avant qu'Ed ne s'aperçoive que Roy ne travaillait qu'à moitié.
Parce que l'autre moitié consistait à l'épier sans vergogne, accoudé à sa table en mordillant stupidement son stylo. Avec un sourire tellement niais sur le visage que ça frisait le ridicule. Bon sang, quand il pensait que Roy ne pouvait pas plus le surprendre (dans le mauvais sens du terme), il faisait un truc comme ça …
Ce que Maes constata à son tour quelques secondes plus tard. Bien sûr, la chose l'amusa. Après tout, qu'est-ce qui n'amusait pas ce cher Maes ? Il mit un coup de coude à son meilleur ami qui manqua de peu de se ramasser le menton sur la table.
« Roy, ce n'est pas en bavant devant Ed que tu vas passer tes partiels. »
Le reste de la tablée releva la tête et Roy semblait prêt à tuer son meilleur ami de toujours, peu importe le moyen employé. Maes soutient toutefois ton regard avec un air aussi exaspéré qu'amusé. Edward haussa un sourcil, qu'est-ce que - ?
« Et au passage si tu cherches son pied, sache qu'il est à peine à ma gauche. »
Une armée d'anges habillés en tutu rose passa avant que Riza ne se frotte les yeux en signe de lassitude évidente et qu'Heymans, Fato et Kain n'éclatent de rire.
Ed compta jusqu'à dix dans sa tête, le temps de prendre une rapide décision, et se leva de sa chaise.
A cause du boucan déclenché, ils étaient bon pour se faire jeter de la bibliothèque alors Ed se décida pour la fuite pure et simple. Il attrapa ses livres au vol et remercia intérieurement sa petite taille, lui permettant d'échapper à la maitresse des lieux qui arrivait, menaçante, en leur direction. Tant pis pour les camarades de fortune, ils l'avaient bien cherché.
Les premiers sanitaires furent les siens, et il se retrouva donc le front contre le carrelage froid des toilettes à maudire Roy pour les sept prochaines générations. Minimum.
Puis après un instant de flottement, Ed éclata de rire.
Bon sang, ce crétin allait le rendre dingue. Qu'avait-il fait au bond dieu pour mériter ça après toutes les merdes qu'il avait déjà eu sur le dos ?
Puis Ed arrêta de rire. Après mure réflexion, Roy après toutes ses merdes, ce n'était pas si mal. Il était plutôt divertissant, cinglé certes, mais n'avait pas l'air bien méchant. Et il avait un côté très sérieux, capable bien malgré lui de le rendre toute chose. Il avait été interloqué d'entendre son petit discours quelques jours plus tôt, agréablement surpris même car il ne le pensait pas être capable de faire preuve d'autant de sérieux. Et puis bien sûr il y eut le reste.
Edward sentit ses joues chauffées au simple souvenir du baiser échangé peu après ça. Il avait été de nouveau pris par surprise, et ce n'est que par pur réflexe que son pied avait écrasé le sien.
Parce que le baisé avait été plus que bon, et qu'il ne serait pas contre l'idée de réitéré l'expérience, si l'occasion se présentait.
Toutefois, de là à se laisser aller à éventuellement plus ? Ed n'était pas certain d'en être capable, pas dans l'immédiat en tout cas. Il tenait à rester sur ses gardes. Avec Jean, ça avait aussi été tout rose, avant que tout ne se casse la gueule. La chute avait été grande, il s'était fait très mal. Qui sait s'il arriverait à se relever après Roy, si de nouveau il se trompait ?
Ed soupira. Pourquoi devait-il penser à ça, maintenant, dans les toilettes d'une putain de bibliothèque ? Tout ça à cause de ce crétin !
Il récupéra son sac et sorti aussi discrètement que possible. Les autres devaient s'être fait la malle depuis longtemps et ce n'était pas plus mal, Ed n'était plus spécialement enclin à travailler après tout ça.
Sortant du bâtiment, il tomba sur la vision d'un Roy qui faisait les cent pas, son téléphone en main tandis que Maes adossé à un mur jouait sans doute sur le sien. Une fois encore Roy lui sauta dessus dès qu'il le vit mais cette fois-ci avec une distance de sécurité. Avait-il peur qu'Ed utilise ses poings ?
« Euh, désolé ? Dit-il, penaud.
- C'est une question ? Où est ton assurance habituelle ? Répliqua Edward, un tantinet las.
- Elle s'est fait la malle, avec ma dignité. »
Malgré lui, Ed se mit à rire. Merde, le crétin l'amusait trop. Il fixa des yeux ceux interrogateurs de Roy et tendit la main.
« Ton téléphone.
- Huh ? Répondit intelligemment Roy.
- Fil-moi ton téléphone. »
Roy le lui tendit machinalement et Edward rentra son numéro dans ses contacts. Puis il se rapprocha de lui, sous l'œil intense de Maes.
« Par pitié, un peu de décence sur les messages si tu décides d'en envoyer, et pas à des heures pas possibles. »
Roy cligna stupidement des yeux. Puis le déclic se fit car son visage s'illumina. Crétin.
« Et j'espère que la prochaine cession sera plus productive parce que sinon je n'y refoutrais pas les pieds.
- C'est noté !
- Et un peu de tenue bon sang, qu'est-ce que tes amis vont penser ?!
- Les amis ont l'habitude, Ed ! » Lança Maes, très amusé par l'échange.
Edward lui fit un signe de tête avant de soupirer et reconcentra son attention sur le benêt en face de lui. Il ne savait pas où tout ça allait le mener, mais il se savait maître de la situation pour le moment, et c'est tout ce qui comptait.
Alors d'une main, il empoigna doucement le menton en face de lui et le fit se baisser avant de lui faire un bisou sur la joue.
Puis il se retira et de surpris, le visage de Roy se métamorphosa en celui sérieux d'il y a quelques jours. Ce visage auquel Ed pouvait peut-être arriver à faire confiance.
Au fond de lui, peut-être était-ce ce qu'il espérait. Que Jean n'avait peut-être pas réussi à détruire à tout jamais sa capacité à refaire confiance.
Roy n'esquissa pas un geste, se contentant de le fixer, laissant un plein libre arbitre à Ed, et celui-ci finit par baisser les yeux, ayant soudainement l'envie irréprochable de l'embrasser.
Alors il se détourna, les salua tous deux d'un geste de la main, et repartit tranquillement chez lui, l'esprit étrangement serein.
Jusqu'à ce que son téléphone sonne et qu'il y lise le texto fraichement reçu.
« Toujours pas de rencard? »
Rah. Foutu crétin.
