Bonjour ! Je vous retrouve pour une deuxième fiction j'espère qu'elle vous plaira :) On commence avec un chapitre plutôt léger corrigé par Lessawatberg .
Sinon évidemment Harry Potter ne m'appartient pas.
En espérant avoir votre avis, bonne lecture.
Chapitre 1 La cage aux pivoines
Les glycines, l'été, les clameurs de la foule, la chaleur moite et suave qui vous enveloppe. Les murmures qui serpentent à seize heure en échos imaginaires et fantasmagoriques comme s'ils craignaient de réveiller le temps qui, trop alangui à suspendu sa course. Et encore la chaleur moite, grisante et le parfum délicat des glycines.
Harry avait laissé grand ouvert la porte vitrée de sa chambre privée (les avantages du rang) et allongé les bras en croix sur son lit, seulement vêtu d'un kimono vert bouteille brodé de pivoine dorée, il savourait ses moments de paresse empruntés à l'imaginaire de l'orient des romantiques. Les rideaux de voiles blancs de sa fenêtre se soulevaient paresseusement au gré de la brise chaude de juillet.
Paris connaissait cette année-là une canicule qui ne semblait jamais vouloir en finir.
Le soleil rasait l'horizon chauffant la pièce et l'heure était maintenant dorée. Les murmures de l'extérieur se transformaient en clameur. Les bars et restaurants de Montmartre proposaient leurs absinthes et la foule friante , pour ne rien rater du sacro-saint moment de l'apéritif se tassaient sur les terrasses avec exaltation en déplaçant les chaises et tables dans un ballet exigüe et illogique pour bientôt transformer la devanture des bars en un fabuleux labyrinthe.
Harry écoutait leur musique. Dans quelques heures la nuit tombera.
Et les chats seront de sortie.
Il inspira profondément le lourd parfum de fleurs qui imprégnait sa chambre.
On toqua à la porte.
-" Entrez!"Clamat-t-il d'une voix enfantine .
Une tête rousse passa dans l'entrebâillement de la porte :
-"Salut Harry, je cherche Parvati, tu l'as vue ?"
-"Non je n'ai pas bougé d'ici." Répondit-il en s'étirant sur son lit de façon langoureuse.
-"Tant pis." Le rouquin entra tout de même dans la pièce.
Le soleil était passé derrière les appartements voisins et la chambre jouissait d'une ambiance ombragée.
-"Merde Harry c'est quoi toute ces fleurs ?!"S'exclama le garçon .
La pièce où ils se trouvaient était grande sans être spacieuse, mais était très lumineuse. Elle se trouvait au dernier étage du petit immeuble qu'occupait depuis dix ans maintenant la maison close la plus courue de Paris.
Le mur du fond était occupé par un grand lit, une coiffeuse style art nouveau trônait sur le mur d'en face avec d'un côté une commode, de l'autre, une armoire et un miroir de plain-pied à dorure.
Et la pièce était entièrement remplie de bouquets de fleurs, des centaines de lys, de roses, de lilas et de pivoines éclosaient dans tous les coins comme dans un jardin surréaliste .
Harry roula sur lui-même dans un petit rire cristallin :
-"Ha ha ha ! Elles te plaisent ? C'est un client qui me les a fait amener ce matin."
Il s'assit sur son lit de façons féline :
-" Tu en veux pour ta chambre Ron ? Tu peux en prendre si tu veux."
Ron sourit en regardant son ami, son drôle de caractère enjoué l'amusait toujours:
-"C'est gentil mais non, tu as l'air beaucoup trop épanoui dans ta serre printanière, je n'ai pas le cœur à t'en enlever."
Harry rit à nouveau en se laissant retomber dans ses oreillers .
Ron s'avança vers lui. Il portait une chemise de lin blanche légère et un pantalon de toile taupe.
Il s'allongea au côté de son ami. Qui immédiatement se jeta sur lui pour chahuter.
-"Non Harry laisse-moi !" Il riait en essayant de se protéger des mains baladeuses du jeune homme aux cheveux noirs.
Harry s'était mis à califourchon sur lui et Ron avait réussi à immobiliser ses mains près de sa tête.
Ils se regardèrent en haletant les joues rougies et de grands sourires ornant leurs visages
-" Désolé mon chou mais il fait trop chaud pour tes conneries." Le rouquin bascula d'un coup sur le côté faisant voler le corps svelte de son ami.
Le jeune homme retomba sur le drap dans un chuintement étouffé.
Ron sortit de sa poche une boîte contenant des feuilles et du tabac à rouler. Il se roula une clope d'un geste d'habitué, la porta à ses lèvres et l'alluma avec une de ses allumettes qui se frotte n'importe où (leur fabrication fut par la suite arrêtée suite à de très nombreux accidents).
Il recracha un épais nuage de fumée au-dessus de leurs têtes et Harry passa sa main dedans comme s'il s'était s'agi d'eau.
Le rouquin tendit sa cigarette à son ami pour qu'il puisse lui aussi tirer quelques bouffées (Il en tira deux et lui rendit).
-"Sérieux qui est encore tombé fou de toi ?"
-"Dean Thomas ."
-" Dean Thomas ?! L'héritier des bijouteries Thomas ?! Et bien on ne se refuse rien."
-"Qu'est-ce que j'y peut moi ?"
Dit-il en s'étendant de côté face à son ami, et il éclata à nouveau de son adorable rire étrange.
Il contempla les traits détendus de Ron. Avec ses cheveux de feux et son visage masculin il était définitivement très beau. Une beauté très différente de Harry qui lui était tout en souplesse avec ses yeux émeraude,ses cheveux de jais et son corps félin.
On entendit des bruits de pas précipités résonner sur le parquet du couloir.
Harry leva distraitement un sourcil et Ron s'étira en étouffant un bâillement. Aprés trois coups rapides la porte s'entrouvrit. Une tête toute aussi rousse que celle du garçon allongé sur le lit apparut :
-"Coucou ! Whhaaa toutes ses fleurs ! " C'était Ginny Weasley.
Elle portait une petite robe rose fané couverte de broderies comme il était de mode en ce moment et ses pieds était chaussés de ravissants petits souliers assortis.
Sa longue chevelure se balançait dans l'entrebâillement de la porte dans un mouvement lent et régulier qui aurait fait le bonheur d'un chaton.
-"Elles te plaisent ?"Dit Harry en se levant si soudainement que Ron en sursauta.
-"Tiens prend celle-là !"
Il attrapa un vase rempli de roses orange claires et de lilas pour les donner à la jeune fille .
-"Whaaa merci Harry ! Elles sont superbes ! Les clients commencent à faire la queue dehors, on fait étalage au balcon, vous venez ?" Ginny pliait un peu sous le poids de l'épais bouquet.
-"Oui bonne idée !" S'enthousiasma le garçon de sa voix lumineuse.
-"On arrive, vas-y Ginny." Dit Ron depuis le lit.
-"Ok." Et elle quitta la pièce vacillante comme une funambule, croulant sous les roses et les lilas.
Harry se lança joyeusement dans sa penderie.
-"Qu'est-ce que je met ?"
Dit t-il la moitié de son corps ayant déjà disparu, avalé par l'armoire .
-"Je te trouve très bien comme tu es." Dit distraitement le roux qui s'était assis en tailleur pour se rouler une nouvelle cigarette .
Harry s'immobilisa, l'armoire recracha son corps sans l'avoir digéré, et il s'observa rapidement en baissant la tête.
-"Bien sûr , tu as raison." Et il lui adressa un de ses sourires singuliers et radieux qu'il donnait parfois et qui semblait dire : « il n'y a que toi qui m'importe. »
Les clameurs de la rue se faisaient plus présentes, des éclats de rires dansèrent jusqu'à eux et le jeune homme enjamba la porte vitrée .
Toutes les chambres de la maison avaient des portes vitrées comme la sienne, et elle donnaient toutes sur un balcon commun qui longeait toute la devanture du bâtiment.
Le balcon était long et étroit et il surplombait un quartier bourgeois mais animé, comme l'était tout Montmartre à cette époque.
Il était vingt heures et l'on aurait pensé que le soleil ne disparaîtrait jamais. Harry jeta un œil dans la rue, en effet une petite file commençait à attendre l'ouverture de la maison. Les clients sifflaient et interpellaient les garçons et filles aguichants qui, rassemblés sur le balcon offraient une publicité de leurs charmes. D'un bar montait un air de jazz et les chalands qui se détendaient sur les terrasses riaient en observant le spectacle routinier des prostitués. L'atmosphère était enivrante.
Sur le balcon il y avait une dizaine de personnes. Il y avait Parvati vêtue d'une robe noire coupe garçonne, qui accoudée à la rambarde avec Pansy donnait du :"Par ici mon chou" pour aguicher le client.
Assise par terre Ginny et Hermione avaient passées leurs jambes à travers les barreaux de la rambarde pour laisser leurs pieds gigoter dans le vide.
La rouquine avait posé prés d'elle le bouquet que Harry venait de lui céder et les deux jeunes filles s'amusaient à arracher les têtes des fleurs pour faire tomber dans la rue une pluie de pétales orange.
Les hommes dans la rue les attrapaient au vol pensant tous qu'elles leurs étaient intimement adressés, et les deux jeunes femmes riaient joyeusement en rejetant leurs adorables frimousses vers l'arrière.
Quand Hermione aperçut Harry elle lui fit un signe de la main sans arréter de sourire.
Derrière elles, les deux jumeaux Weasley fumaient en se parlant à l'oreille.
Drago au bout du balcon, lui aussi assis par terre, impeccable dans ensemble pantalon noir et chemise blanche, dominait la foule survoltée de son regard perçant. Il s'éventait lascivement avec un eventail de plume.
Leurs regards se croissérent, Harry lui tira la langue et Drago se contenta de lever les yeux au ciel avant de reprendre sa contemplation aérienne.
Ron venait lui aussi de sortir, Harry sentit sa main chaude se poser sur sa taille. En bas quelqu'un cria son nom mais le jeune homme aux cheveux noir ne s'embêta pas à chercher qui. Il s'appuya sur la rambarde, à côté de Ginny et Hermione dont les têtes ne dépasser pas sa cuisse.
-"Tient Harry!" Dit la rouquine en collant dans sa main une poignée de pétales de fleurs.
Il ouvrit sa main devant lui et souffla les pétales comme on souffle un baiser. Elles retombèrent paresseusement comme si la canicule les affectait elles aussi.
Harry écouta le Jazz de la rue, Ron lui passa sa cigarette.
Il tira une latte, éxagérant lascivement son geste et scruta la foule sous ses cils d'ébènes avant de recracher des voluptes de fumée comme un dragon d'estampes japonaises.
Et là, sans le vouloir son regard rencontra celui d'un homme vétu d'une chemise et d'un pantalon noir, il tenait sous son bras une veste de costume noire également.
"ça doit être le croque-mitaine;" pensa Harry en se remémorant une fable de son enfance.
Une des pétales de rose avait atterie sur l'épaule de l'homme et il l'épousseta d'un geste impatient sans détourner son regard du prostitué au balcon.
Harry tira distraitement sur sa cigarette.
La nuit s'annonçait intéressante.
