Le lendemain,

16heures - Mon cours de biologie terminé, je rejoignais la salle de colle. J'avais l'impression que ces heures d'emprisonnement, étaient incluses dans mon emploi du temps, depuis le temps que je me retrouvais chaque soir ici. D'habitude, Angela restait toujours avec moi pour que je puisse la raccompagner chez elle, ou qu'on puisse se retrouver en ville et s'amuser un peu. Mais, elle gardait ses frères jumeaux, donc me voilà seule comme une idiote.

Je frappais à la porte et entendis un homme m'autorisait à entrer. Qu'elle ne fut pas ma surprise, en voyant qu'il s'agissait d'Edward. Assis en face du bureau, il semblait préparer un futur cours.

« Depuis quand les profs font les heures de colle ? »

« Assieds toi Swan, et fais quelque chose de constructive » me répondit-il d'un ton las

Je ne rechignais pas cette fois et allais me poser sur une des tables, près de la fenêtre. Je balançais mon sac sur la chaise, après en avoir retiré mon livre. Assise en tailleur sur la table, je couvrais mes jambes avec mon gilet, gardant ainsi un minimum de pudeur. Jetant un œil autour de moi, je constatais avec sourire être la seule en détention. Pas étonnant en début d'année. Pendant toute l'année de terminale, tous ces idiots essaient tant bien que mal d'avoir le cul serré, histoire d'avoir des chances d'entrer dans l'une des universités prestigieuses de l'Ivy league. J'ouvrais « Voyage à Pitchipoi » - un livre français autobiographique, traduit – à la dernière page lue. Curieuse, je ne pus m'empêcher de me détourner de ma lecture, pour relever le regard.

« Swan, continus à lire »

Je rougis, honteuse d'avoir été surprise dans ma contemplation.

« Je me pose des questions ? »

« Quel genre ? » dit-il sans relever les yeux

« Tu es beau, jeune, et viens carrément de L.A, qu'est ce qu'un type comme toi, fait dans un trou perdu comme Forks ? »

« Le calme de ce trou perdu semble être une bonne raison »

« Quand on a ton âge, on recherche rarement le calme d'une ville, mais plutôt l'ambiance chaleureuse de L.A, ou les soirées new-yorkaises »

« Je ne suis pas comme ça »

« Tes collègues savent que tu sniffes de la coke ? » dis-je de but en blanc

Mes mots eurent l'effet du bombe, relevant subitement son visage, surpris, choqué que je puisse connaître son secret.

« Pour qui tu te prends Swan ? De quel droit tu te permets de me juger ? » s'énerva t-il

En colère, j'avais donc raison. Ces collègues et le directeur, avaient sûrement pris ces pupilles dilatées pour un problème de vue, mais par expérience je savais ce qui pouvait provoqué un regard aussi vitreux, et injecté de sang.

« Déjà 1, je m'appelle Bella ou Bells, c'est comme tu veux, et 2, je ne te juge pas, je constate et essais de comprendre »

« Il n'y a rien à comprendre »

« Ton secret est bien gardé, t'en fais pas »

Je retournais à ma lecture, ne voulant pas l'embêter plus. Je relevais à nouveau les yeux, quand je le vis refermer la porte, avant de venir vers moi et se poser sur la table qui était face à la mienne.

« Qu'est que tu lis ? »

Je pouffais de rire, amusée par son soudain intérêt.

« Quoi ? »

« Je t'ai dit que ton secret est bien gardé, pas la peine de vouloir faire ami-ami, je ne dirais rien »

« Ce n'est pas pour ça, je veux juste apprendre à connaître une de mes élèves, qui semble très intelligente malgré son sens inné pour l'agressivité et la violence »

« Faut bien avoir des défauts »

« Alors tu lis quoi ? »

« Voyage à Pitchipoi »

« Pitchi quoi ? »

« Pitchipoi, c'est un faux nom pour désigner le camp de concentration d'Auschwitz »

« 2nde guerre mondiale »

« C'est ma partie de l'histoire du monde favorite »

« Pourquoi ? »

« J'aime voir comment un seul homme a pu retourné le cerveau d'un pays entier, pour le convaincre que les juifs devaient être éradiquer, et voir jusqu'où peu aller la cruauté d'un homme »

A l'entente de mes derniers mots, mon professeur fuya mon regard comme gêné par l'évocation de la cruauté humaine. Cet homme n'était pas là par hasard, il fuyait quelque chose.

« Qu'est ce qui t'a amené à avoir ce bracelet ? » changea t-il rapidement de sujet

« Des conneries »

« Quel genre ? »

« Le genre qui t'amène à avoir ce boulet » éludais-je

Il ria.

« Comment sais-tu pour ? » laissa t-il sa question en suspend

« Tes pupilles dilatées, et ce désintérêt total que t'affiche, j'étais pareille y a quelques mois, avant que le juge ne me m'envoie en cure forcée »

« Je sais que c'est pas très sain de le faire, alors que je suis prof »

« Je ne te juge pas, tu fais ce que tu veux »

« Alors, dis moi quel genre de connerie t'a amené à être ainsi attaché ? »

« Disons que je suis impulsive...et violente »

« Pourquoi ? »

« Quoi pourquoi ? »

« Pourquoi être comme ça ? »

« Je ne t'ai pas demandé pourquoi tu te drogues, me demandes pas pourquoi je suis comme ça »

« Je suis désolé, je voulais pas te paraître indiscret »

Son téléphone sonna dans sa poche. L'attrapant, il lu ce qui semblait être un message avant de jurer, en rangeant son téléphone.

« Un problème ? »

« Je comptais sur ma petite sœur pour venir me chercher, mais elle est retenue »

« Je peux te ramener si tu veux, à moins que ça ne soit défendu »

« Je veux pas te déranger, je trouverais quelqu'un »

« Je n'ai rien à faire, alors te déposer ne me dérange pas »

« Rien à faire, pas même un devoir »

« Je l'ai fait pendant mon dernier cours »

« Bella Swan, tu m'intrigues »

« Rassures toi, tu m'intrigues aussi »

« Je suis désolé pour lundi, je t'ai jugé trop vite, tu n'es visiblement pas une enfant pourrie gâtée »

« Tu ne m'as aucunement blessé, donc je vais bien »

Nous ne dîmes rien, pendant plusieurs minutes. Le regard baissé, sur mon bouquin, je le sentais m'observer. Pour la première fois, depuis longtemps, je me sentais gênée d'être le centre d'attention, ne serait-ce que quelques secondes, d'un garçon aussi beau. J'avais déjà eu des petits amis, rien de bien sérieux. Vers 13ans, c'était juste des bisous sur la bouche, à la limite, je laissais le garçon me peloter, mais ça n'allait pas plus loin. Puis à 15ans, on se lance, et on laisse un abruti vous déflorez, pas que ma première fois ait été catastrophique, enfin si, qui plus et, je n'étais pas amoureuse. Devant mon professeur, je me sentais différente, en plus de me toucher par le voile sombre qu'il y avait sur ses émeraudes, il me troublait. Quel horreur ! Consciente d'être une adolescente, je détestais pourtant agir comme tel dès qu'un mec m'attirait. J'avais l'impression d'être comme cette pouffiasse de Mallory.

Jetant un œil à l'horloge au dessus du tableau noir, je sautais de mon perchoir.

« On y va »

« Je te suis »

Je ré-enfilais mon gilet, avant de passer devant. Marchant l'un près de l'autre, je fus subitement troublé par notre ressemblance vestimentaire. Tous les deux nous cachions sous des vêtements noirs, une grande capuche, comme pour rendre visible une peine bien trop lourde. J'étais certaine d'avoir beaucoup en commun avec mon professeur. Nous traversions le couloir sans un mot, pour rejoindre le parking du lycée. Dans ma voiture, impossible d'échapper à cette fragrance qui s'échappait du canon installé le siège passager. Il dégageait une odeur délicieusement virile. Allumant le contact, je posais un bras sur son siège pour...pour...pour enclencher ma marche arrière. Sous l'éclairage des lampadaires, le visage tourné vers celui de mon professeur, je fus sans voix devant la splendeur de son regard. Il possédait deux sublimes émeraudes, où la nuance du vert fut époustoufflante. Captive de son regard, il me fallut plus d'une minute avant de me tourner vers le pare-brise arrière, pour quitter le parking.

Les jambes à l'air, à cause de ma petite jupe, je me blâmais silencieusement de m'être foutu un truc aussi courte. S'en était gênant d'être ainsi découverte, et particulièrement sous le regard d'Edward.

Suivant ses indications, sans échanger aucun autre mot, je fus surprise de nous voir arriver devant la villa des Cullen. Le Dr Carlisle et sa femme, n'était là que depuis 2ans et jamais je ne l'ai avais entendu parler d'un fils.

« Merci Bella »

« Je t'en prie...Essaies de t'en rappeler dans une de mes copies »

Il ria, pour la seconde fois. Un rire fascinant, qui nous donnait la surprenante impression qu'il était rare de l'entendre.

« Pas de chantage mademoiselle Swan »

« De toutes façons, je n'en ai pas besoin, vous vous apercevrez très vite que je suis douée professeur »

« J'espère...à demain »

« A demain »

Il quitta la voiture, et j'attendis qu'il entre chez lui pour reprendre la route. Il jeta un coup d'oeil deux fois avant de finir par rentrer, et j'en rougis pathétiquement. Ce type me rendait de toute façon pathétique!

Chez moi, Charlie était déjà là.

« Ma puce, est ce que ça va ? »

« Ouais...si ça peut te rassurer, je n'ai fait chier personne »

Il esquissa un sourire, avant d'embrasser mon front.

« Je t'aime »

« Je t'aime ». Je n'avais pas prononcé ces mots depuis presque un an, et je crois que ça me manquait de ne plus avoir le courage de les dire. Cette déclaration est si souvent présente dans la bouche de mes démons.

« Je sais...je vais monter, je n'ai pas très faim »

« Bonne nuit »

Je montais les marches rapidement pour rejoindre ma chambre, où je balançais mon sac dans un coin. Plus aucune distraction, je me retrouvais seule avec mes ombres noires. Seule, elles débarquent tous pour me brutaliser d'images toutes plus violentes, les unes des autres. Elles ne me laissent aucun répit. Me cachant sous mes draps, je lutte pour ne pas les entendre crier. Elles me persécutent chaque nuit et pour m'empêcher d'oublier.

« Fermes les yeux Bella ! » J'ai fermé les yeux Phil, j'ai fait comme tu m'as dit et c'était pire.

Samedi,

« Allo » dis-je la voix endormie

« Bouges ton culs Bells, ça fait une demie heure que j'attends »

« Angie, on est samedi »

« Sérieux ? Je le sais feignasse ! Dois-je te rappeler les courses de motos qu'on avaient prévus de faire avec les gars? »

« Merde ! » me relevais-je dans un bond

« Exactement, alors bouges ton cul, j'ai hâte de dépouiller Paul »

« Laisses moi dix minutes, et je suis chez toi »

Je raccrochais, pour me lever. Ces pilules du sommeil me rende complètement abruti !

J'avais totalement oublié Jake.

Jake, 17ans et en plus d'être ma première fois – oui, oui, c'est lui l'abruti qui m'a défloré, cet idiot bien plus angoissé que moi, a transformé notre premier rapport en quelque chose de totalement gore, enfin – il est aussi mon PCF, enfin plus vraiment depuis tout ça. Comme avec Angela, on se connaissait depuis que j'étais que je suis toute petite. Depuis la séparation de mes parents, deux ans après ma naissance, je faisais souvent l'aller-retour Phoenix-Forks pour passer du temps avec mon père et eux.

Après un été passé séparément, j'étais heureuse de pouvoir retrouver mon boys-band. Paul, Seth, Jared et Jake sont les mecs les plus cool et accessoirement les plus canons de ce trou perdu.

Déjà bien en retard, je sautais de mon lit, m'écrasant littéralement au sol après m'être emmêlée les pieds dans mon drap. Prise de vertige, je restais quelques secondes figée avant de courir à la salle de bain, pour une toilette express. Moins débraillée j'enfilais un slim noir que je repliais sur lui même, pour garder un œil sur la diode clignotante, et un sweat épais bleu, avant de chausser mes habituelles converses noires, de me couvrir de ma veste en cuir, d'embrasser les deux urnes dans mon armoire, d'attraper une pomme dans la cuisine et de partir. Devant la maison blanche de ma meilleure amie, je klaxonnais deux fois avant de la voir sortir précipitamment.

« Dépêches toi de démarrer, mon père a son fusil » fit-elle paniquée

Pliée de rire, j'arrivais tout de même à reprendre rapidement la route. Dans le rétroviseur, mon rire devint plus fou à la vue du pasteur Weber.

« Qu'est ce qui s'est passé ? »

« Toujours la même histoire, Isabella Swan influence sa petite fille chérie »

« Quelle mauvaise fille, je fais »

« Très mauvaise »

Sur la route, elle alluma mon lecteur MP3 sur le tableau de bord pour faire résonner « Closer to the edge » et nous déchaîner par dessus la voix de Jared Leto. Nous passions par la route qui donnait une vue sur la plage de la réserve indienne, pour rejoindre notre point de rendez-vous avec les gars.

« STOP ! »

Surprise, je freinais sèchement, après avoir dériver sur le bord de la route.

« Putain ! T'es malade, on a failli avoir un accident ! »

« Regardes dans l'eau, y a un type »

Détachant ma ceinture, je vis une silhouette visiblement habillée, faire trempette dans l'eau glacée de l'océan.

« C'est pour lui que t'as failli me foutre une crise cardiaque ! »

« Bells, il essaie de suicider ! » s'indigna t-elle face au fait que je me préoccupe des intentions de notre suicidaire

« Et alors ? J'espère qu'il réussira à en finir ! »

« Bells ! » fit-elle choquée

« Quoi ? Si il veut en finir, c'est qu'il y a une raison »

« Merde Bella, faut qu'on le sauve ! »

Avant que je n'ai pu dire quoi que ce soit, elle quitta précipitamment la voiture pour rejoindre le sentier qui menait au sable. Merde ! Je sortais à mon tour, et courrais pour la rejoindre. Arrivée en même temps qu'elle, je retirais ma veste et mes chaussures imitée par ma meilleure amie. Et avant que je n'ai sauté dans l'eau, je vis mon bracelet m'alertait. Putain ! Je suis hors de la zone ! Sans réfléchir, je plongeais tout de même dans l'eau gelée pour aller rechercher l'homme. Sauf que cet idiot pas du tout discret, avait disparu. Inspirant profondément, Angie et moi nous immergions totalement sous l'eau pour le retrouver. Mais nous étions loin de ces eaux turquoises des îles et trouver quelqu'un dans les eaux sombres de Forks, c'est mission impossible. Nous remontions trois fois pour reprendre notre souffle, avant de finir par trouver cet imbécile...et je fus effarée de voir qu'il s'agissait d'Edward ! Sans perdre de temps, nous passions chacune un bras sous les siens et le remontions à la surface, essayant avec nos maigres forces de le traîner jusqu'au sable. Sur la terre ferme, je le chevauchais pour le préparer à un massage cardiaque. C'était...c'était déconcertant de le voir si inconscient.

« Tu fais le bouche à bouche »

Angie plaça son visage au dessus de celui de mon professeur, comme on nous l'avait apprit en cours de secourisme. Je déplaçais mes mains sur son torse à découvert de sorte à repérer le milieu du sternum et effectuer le massage cardiaque. Alternant chacun de nos gestes, nous paniquions à l'idée qu'il ne se réveille pas. Attirée par le gyrophare d'une voiture de police, je relevais les yeux vers le haut de la falaise pour y voir mon chien de garde. Et encore merde !

Edward finit par me recracher dessus l'eau ingéré.

Rapidement rejoint par Tom, je me relevais alors que mon professeur semblait perdu.

« Appelles une ambulance » dis-je à Angela

« Au sol » m'ordonna Tom

« Quoi ? » étonnée de son ordre

« Je t'avais averti, alors tu mets tes bras derrière la tête et tu t'allonges au sol »

« C'est pas ce que tu crois » me défendis Angie

« Si, c'est exactement ce qu'il croit, j'ai voulu nager et je suis aller trop loin, toi et Mr Masen avaient voulu me sauver »

J'exécutais l'ordre stupide de mon gardien, qui me menotta, alors qu'une ambulance arrivait.

« Je t'emmène à l'hôpital, ensuite tu passeras la nuit au poste »

Les yeux rivés sur Edward, je ne ripostais pas. Qu'est ce qu'il lui avait prit ?

Tom me transporta aux urgences, après que j'ai demandé à Angie de ramener ma voiture là-bas. Assise dans une salle de consultation, recouverte d'une couverture chauffante, le Dr Cullen n'était visiblement pas de garde à Seattle.

« Est ce que Mr Masen va bien ? » demandais-je timidement

« Il est en hypothermie, nous attendons les examens cérébraux pour écarter les séquelles au cerveau...merci Bella pour ce que tu as fait »

« Je n'ai »

« Je sais très bien qu'il a voulu attenté à sa vie » m'interrompit-il. « Merci de ne rien dire »

Je me demandais bien quel lien pouvait les unir tous les deux, et avant que je n'ai le demander, Charlie entra bruyamment.

« Merde Bella ! »

« Je vais vous laisser, je reviendrais plus tard »

Seule, je fis face à un Charlie furieux.

« Qu'est ce qui t'a prit ? »

« Je pensais que la Push était dans la zone »

« C'est tout ce que t'as à me dire ? Comment t'as pu vouloir te suicider ! »

« Quoi ? »

« Me dis pas que t'as voulu faire une baignade en plein mois de septembre, alors que l'eau est à 0 » cria-t-il

« Je voulais juste m'amuser »

« Y en a marre de tes divertissements ! Quand arrêteras-tu de vouloir jouer avec ta vie ? »

« Je suis désolée »

Je ne savais quoi d'autre dire. C'était la première fois que je le voyais aussi touchée par une de mes gaffes. D'habitude, il était juste en colère. Là, il était plus triste et déçu que j'ai pu vouloir intentionnellement le quitter plutôt que furieux. J'écarquillais les yeux, alors que ses mains se posèrent brutalement sur mes joues.

« J'ai déjà perdu ta mère, ne m'achève pas en mettant fin à tes jours » me supplia t-il

Piégée dans son regard chocolat, identique au mien, je vis pour la première fois sa peine me hurlait dessus. Et c'était insoutenable. Sans voix, j'hochais la tête pour le lui promettre silencieusement.

Deux heures plus tard, je pus quitter l'hôpital, évitant avec soulagement la garde à vue.

Après un dimanche passé au lit, je retournais en cours le lundi, perturbée à l'idée de savoir si mon professeur allait être présent ou non. Drogue, suicide, cet homme caché bien ce qu'il le bouffait de l'intérieur. En retard, comme toujours, je frappais à la porte, une boule dans le ventre alors que j'entendais un vague « entrez ». Je fus sidérée en voyant mon professeur présent. Ce type savait abriter son côté sombre et ses tourments de manière impressionnante.

« Toujours en retard »

« Je sais »

« Tu sors ! » m'ordonna t-il

« Pardon ! »

Là, j'étais perdue !

« Tu ne prends pas la peine de venir à l'heure, donc tu sors ! »

« Je peux pas sortir, j'ai un bracelet électronique qui doit prouver que je suis en cours ! »

« Fallait y penser avant »

Furieuse qu'il soit aussi agressif, je claquais brutalement la porte en ressortant. J'y croyais pas, il venait de me foutre dehors sans aucune raison réellement valable ! Coincée, j'étais obligée de rester dans la putain d'enceinte du lycée pour ne pas voir débarquer Tom.

Est ce qu'il était effrayé à l'idée que je puisse dire aux autres ce qu'il avait tenté de faire?

Comme une putain d'idiote, je restais dans la salle de travail pendant deux heures, à lire une des lectures obligatoires. Sauf que tracassée par l'altercation avec mon cher connard de professeur, je refermais ce foutu bouquin. Et toute la journée, je fus dans le même état, comme ci ça me touchait qu'il puisse me prendre pour un journal à scandale ! Peut-être qu'il m'en voulait de l'avoir sauver ? Ce que je pourrais comprendre. J'avais tenté de faire la même chose, il y a quelques mois, avant que ma meilleure amie et Paul ne me voient et jouent les héros et je leur en avais voulu d'être intervenu.

18heures annonçait la fin de ma journée. Angela était parti plus tôt. Nous nous étions vus seulement à midi, comme moi, elle fut intriguée par la tentative suicidaire de Masen. Je ne lui avais pas parlé de mon renvoi du matin, pour éviter de m'éterniser sur le sujet. Je n'avais pas envie de parler lui.

Récupérant mes affaires dans mon casier pour le lendemain, j'aperçus la classe d'Edward allumée. J'avais besoin de lui parler.

« Bella sors » dit-il doucement, et éreinté

« Pas avant que tu ne m'aies dit pourquoi tu m'en veux ? »

« Je n'ai pas envie de te parler ! »

« Si c'est parce que j'ai capoté ta tentative, je te rassure, j'étais pas d'accord pour te sortir de l'eau, c'est Angie qu'il faut aller blâmer »

« Va te faire foutre Bella ! »

« J'y crois pas ! A cause de ton putain de cul, mon père souffre de savoir que j'ai eu envie de me refoutre à l'eau et toi tu joues tes putains de victimes ! Toi va te faire foutre ! Et si tu veux te refoutre à l'eau, tu n'as qu'à me prévenir pour que j'encadre la zone, ça m'évitera de te revoir ! »

Enragée qu'il ait pu m'insulter, je quittais à nouveau la salle de classe. Pourquoi je me mettais dans un état pareil pour une pourriture comme lui ! Si monsieur pense être le seul à porter un fardeau, grande nouvelle, MOI AUSSI !