Hi everybody !

Merci pour vos nombreuses reviews, qui m'ont toutes fait plaisir ! Merci aussi pour les ajouts !

Réponse aux non-inscrites :

- lili bells : J'espère que tu vas bien, au moins. J'imagine que c'est une question idiote, mais bon, dis moi comment tu vas. Merci pour ta review. Contente de t'avoir fait rire. Merci vraiment pour ce beau com'. XOXO

- Maddie, , karima, littleangelordevil93, Agaicha, Didine, maeva, odrey010 : Merci pour vos reviews, qui m'ont rendu folle de joie. xoxo

- Ilonka : Y a des idiots partout, qui se moquent du malheur des gens. C'est désespérant de voir des gens aussi inhumain !...merci pour ta review. XOXO

- jennyfer16 : Encore et toujours merci, de m'exposer ce qui t'a plu, et ce qui t'a dé non, ça ne me gonfle pas du tout. Pour l'instant, je rends juste leur relation plus forte, on verra après pour les obstacles. Ah, venons en à mes dialogue : Tu ne peux pas savoir à quel point, je suis consciente d'avoir un sérieux pb avec eux. J'ai moi même horreur du genre théatrâle que je leur donne, si tu vois ce que je veux dire. Et j'ai beau lire de nombreuses fics, où tout est différent, je garde quand même ce pb d'écriture, et j'ai beau essayé de changer, j'y arrive pas, et ça veut rien dire...Pour les derniières lignes de mon chapitre, j'avoue mon erreur, en envoyant mon fichier ici, je comptais rajouter quelques lignes pour faire réfléchir Bella, mais j'ai complètement oublié. Ne t'inquiètes pas tes critiques, m'aident bcp, même si parfois je n'arrive pas à tout changer. Heureuse que ça te plaise toujours. J'essaie de faire au mieux, pour vous donner quelque chose de bien (Même si en ce moment, c'est dur de réfléchir avec mes maux de tête...ARGH !). Merci encore pour cette review. XOXO

* Petite question : Est ce que quelqu'un saurait savoir comment calmer un mal de tête ? Z'ai tout essayé (IXPRIM, DOLI, DAFALGAN) ces trucs ne marchent pas ! Et mon foutu médecin refuse de me donner autre choses, pour faire disparaître les horribles noeuds qu'il y a dans ma tête !*

New chapitre, bonne lecture. XOXO


Chapitre 5

Mercredi, 07h00 et je suis de bonne humeur ! Je sais, je sais, plutôt surprenant. Pour la seconde fois, je n'avais pas eu besoin de mes antidépresseurs pour aller mieux ou m'endormir. Presque un an que je n'avais pas eu ce sourire d'extase et je n'ai pris aucune drogue ! Je crois que je suis juste...amoureuse, pathétiquement amoureuse d'un junkie trop canon, marié et beaucoup trop anéantie par le décès de sa femme. Je n'ai aucune chance, pourtant je suis là comme une grosse idiote à sourire. C'est absurde, moi la nana qui déteste par dessus les espoirs et surtout les faux, se met à imaginer être la copine d'un gars qui en plus de la dépasser de 8 bonnes grosses années, sera éternellement relié à l'amour de sa vie, qui lui a donné un enfant.

Mais il était si proche de moi, nous étions à la limite du flirt, que je pouvais facilement penser que j'avais une chance, infime soit-elle qu'il puisse m'aimer. Insensé !

Debout, j'ouvrais les portes de ma penderie pour saluer mes amours.

« Bonjour vous deux...Incroyable, je suis en train de sourire et tu sais quoi maman, t'avais raison...Y a qu'un mec pour nous donner un sourire complètement abruti...Phil, discussion entre filles, donc

Je posais les cendres de mon beau-père derrière mes jeans, pour m'isoler avec ma mère.

« Je suis certaine que tu as senti ce que j'ai ressenti hier, mais si tu tiens tellement à ce que j'en parle...Je sais que je ne devrais probablement pas m'emballer pour si peu, je suis juste une amie pour lui, et on se connaît depuis si peu de temps, mais je peux pas m'empêcher de ressentir cette étincelle d'excitation...Je sais, il se drogue et ce n'est sûrement pas bon pour moi que je le fréquente alors que je lutte, mais je vais bien, c'est dur, mais je vais bien, je dois de toutes façons aller bien pour papa, il a beaucoup souffert...Je sais ce que tu vas me dire, il n'a pas toute sa conscience et je ne devrais pas être aussi heureuse quand il me dit qu'il est bien avec moi ou me complimente pour mon physique, mais comprends que ça fait si longtemps que je ne m'étais pas sentis si tranquille, il arrive à créer cet espèce de cocon où j'ai l'impression perturbante de ne rien entendre...Il fait fuir ces ombres et leurs poisons et... »

Du revers de la main, je séchais une larme qui s'échappait, alors que je prenais conscience subitement le pouvoir anesthésiant que posséder mon professeur.

« Et tu sais que j'en ai besoin »

Malgré tout caché derrière mes pantalons, j'entendis les reproches de mon beau-père.

« Tu fais toujours à être rabat joie, 24ans c'est pas la mort, dois-je te rappeler que tu es marié à une femme qui a 10ans de plus que toi, alors tu n'as certainement pas ton mot à dire dans cette histoire !...Je t'aime maman, et toi aussi Phil »

Je refermais mon armoire après avoir récupéré un jean et un sweat. Dans la salle de bain, mon excitation fut plus grande en me rappelant qu'un groupe de forain devait s'installer aujourd'hui sur le terrain vague, pour nous offrir une fête foraine. A croire qu'ils étaient au courant pour mon bracelet électronique et avait gentiment posé bagages à Forks pour me divertir. Trop gentil !...Je n'avais qu'une hâte, pour m'y retrouver avec les gars et Angie. J'aurais préféré m'y rendre dans la soirée, mais ma meilleure amie avait un dîner avec ses grands parents à Port Angeles, donc nous avions décidé d'y aller dans l'après-midi, après le déjeuner.

En attendant, je dois retrouver le chemin du lycée pour une heure de chimie et deux heures de merveilleuses heures de philosophie. Non pas que Lévi-Strauss et compagnie me passionnent tant. Non, ce qui me rend si euphorique est bien évidemment l'homme qui les donne. Certes son visage marqué par sa dépendance, ne lui donnait pas autant de charme qu'il devrait en avoir, mais il avait tout de même cet air terriblement sexy ! Deux heures à le contempler avec cet air autoritaire qu'il prend pour réprimander l'un de mes camarades, ou ce cul magnifiquement bien moulé dans son jean, quand il se retourne pour inscrire quelque chose au tableau. Devant lui, j'étais une élève attentive, participant parfois aux débats qui animaient la classe.

Malheureusement, ma matinée de cours se termine bien trop rapidement, et me renvois déjà chez moi. Qui penserait un jour que je puisse vouloir prolonger une journée de cours !

De retour chez moi, Charlie m'annonça qu'il partait pour Seattle, jusqu'à dimanche après-midi. Une enquête semblait avoir besoin de plus de renfort.

« Elles sont toutes chargées, tu n'as pas oublié où elles se trouvent ? » me demanda Charlie

« Dans le tiroir de la cuisine, derrière la lessive, sous le canapé, dans le tiroir de ma table, et sous le meuble du lavabo dans la salle de bain » énumérais-je les différents emplacements, où se trouvait l'artillerie de mon père

« C'est ça »

Plus jeune, mon père m'avait apprit à me servir d'une arme. Ni l'un, ni l'autre, nous pensions que cela me servirait un jour. Charlie a acheté plusieurs armes, et les a éparpillé un peu partout dans la maison, pour que je puisse en avoir une à portée de main au moindre problème, sans que je n'ai à courir dans la maison pour la chercher. C'était la première fois, qu'il me laissait seule à la maison. Et même si je le rassurais en me montrant forte, j'ai une peur affreuse de me retrouver seule ici.

« Je préférais que tu dormes chez quelqu'un, Jake ou Angela...où même chez Alice Cullen »

« C'est bon papa, ça se passera bien »

« Tom viendra voir si tout va bien »

« Ok »

« Fais surtout bien attention à toi »

« Je le ferais »

« Je t'aime, et je tiens à te retrouver vivante quand je reviendrais »

« Je le serais »

Il embrassa mon front, fortement, me serrant contre lui, comme ci c'était la dernière fois, qu'il me voyait. Charlie quitta ensuite la maison, à bord de sa voiture de fonction, quittant rapidement l'allée pour rejoindre la route.

Seule, je déjeune dans la cuisine, en appréhendant ma première nuit seule, alors que nous sommes qu'en début d'après-midi. Si avant, je riais des chances que quelqu'un s'introduise chez moi...Aujourd'hui, je sais que ça peut arriver à n'importe qui, et à présent, je suis prête à accueillir le bâtard, qui ose pénétrer son cul chez moi.

Vers 14heures, j'allais chercher ma meilleure amie pour rejoindre les gars devant la fête foraine. Me divertir me fera du bien. Et pendant plus de 3heures, je pus rire et presque me rapprocher de l'imade l'adolescente insouciante. C'est à 17heures, que je finis par me garer devant chez moi, après avoir passé une superbe après-midi avec mes amis.

Changement d'ambiance. Je repoussais toutes idées noir en m'occupant de mon bébé : ma voiture. Comme les garçons, je bichonne ma mini, comme ci c'était la plus belle chose au monde. Depuis quelques temps, celle ci grinçait fortement lors de mes freinages. Mes plaquettes de frein sont complètement usées. Après les avoir commandé sur internet, j'ai fini par les recevoir.

Le soleil loin de se coucher, j'entrepris donc de changer mes plaquettes. Hey oui, les hommes ne sont pas les seuls à savoir changer ce genre de truc. Jake et Charlie m'ont très vite apprit à me débrouiller seule quand il s'agit de ma voiture. Et je suis fière de dire, que je suis capable de faire n'importe quelle réparation sur ma voiture. Avant je préférais me changer et opter pour une salopette en jean.

Une heure plus tard, alors que j'ai les mains pleines de crasses, mon portable vibre à terre. Je visse les derniers boulons, avant de voir qui vient de m'appeler : Edward. Merde ! J'ai raté son appel. Je rentrais rapidement à la maison, pour me débarrasser de toute cette graisse noire, et frôler la touche « rappel » de mon téléphone. Il a suffit à peine d'une sonnerie, pour que j'entende la voix de mon professeur.

« Bella »

« C'est moi, désolée je n'ai pas pu répondre à ton appel, je suis en train de changer mes plaquettes de freins »

« Faire appel à un mécanicien ne veut pas dire que c'est toi qui es en train de le faire » fit-il moqueur

« Très drôle Masen, mais je suis bien chez moi en train de les remplacer »

« Tu m'impressionnes Swan »

« Je fais cet effet à beaucoup de monde » dis-je fière de moi

Je l'entendis rire. Je donnerais beaucoup de choses pour le voir rire tout le temps.

« Prétentieuse »

« Dis moi pourquoi tu appelais ? »

« En fait, maintenant que je sais que tu es occupée, je ne voudrais pas te déranger »

« Parles Masen, sinon je débarque chez toi »

« Euh...J'ai entendu dire ce matin qu'il y avait cette fête foraine...Tu n'es pas obligée et tu as sûrement du y aller ou prévu d'y être » dit-il rapidement. « Mais...je me suis dit que...peut être ça te plairait d'y aller...avec moi...ce soir »

Je crois que je ne l'avais jamais « vu » aussi incertain, peu sûr de lui qu'à cet instant. On croirait presque que c'est la première fois qu'il invitait une fille. Son manque d'assurance me fit littéralement craquer.

Mis à part son ton embarrassé, je fus surprise qu'il m'invite. Le début de semaine semblait nous avoir beaucoup rapprochés.

« Ouais, ça me plairait...Je dois encore terminer quelques trucs, tu serais partant pour 21heures »

« Ça me va » s'empressa t-il de répondre

« Cool, à tout à l'heure »

« Bye Bella »

Je raccrochais avant de sauter de joie. Plus que réjouie, je me pressais à changer la seconde plaquette de ma voiture, avant d'aller me préparer.

Vers 21heures, j'étais coiffée, et habillée après m'être acharné à trouver un jean qui pourrait couvrir mon bracelet. Ce boulet pouvait me faire repérer à des kilomètrres, et je ne pouvais pas risquer de me faire griller avec mon prof. Je n'eus pas le temps de couper mon moteur devant la villa d'Edward, que je le vis sortir .

« Salut princesse »

« Coucou »

Je me réchauffais quand il donna un baiser sur ma joue, comme à chaque fois qu'il le faisait. Je repris la route et nous ramener jusqu'au terrain vague. Mes portes verrouillées, Edward passa un bras par dessus mes épaules, je l'imitais en enlaçant sa taille. Nos visages recouverts, personne ne pourrait nous reconnaître.

Je sais, je sais, je me fais des illusions en pensant que nous pourrions sortir ensemble.

« J'espère que tu sais tirer, je tiens à avoir mon ours en peluche »

« Je suis un excellent tireur » fit-il malicieux

« Est ce qu'on parle toujours de fusil là ? »

« Bien sur »

Je cognais gentiment mon poing sur son torse, alors qu'il se foutait clairement de ma gueule. Nous arrivions devant le guichetier, sortant tous les deux notre porte-feuille, Edward paya rapidement nos entrées.

« Je déteste qu'on paie pour moi » fronçais-je les sourcils

« Pour quel genre de mec je passe, si je te laisse payer » attrapa t-il nos billets

« Pour un mec moderne »

« Je préfère être vieux jeu...Alors qu'est ce que tu veux faire en premier ? »

« Partant pour le train fantôme ? »

« Je ne suis pas sûr que ça soit une bonne idée »

J'éclatais de rire sous son air paniqué.

« Ne me dis pas que tu as peur de jouets en plastiques ? »

« Ce que je n'aime pas, c'est qu'ils utilisent des choses qui sont à la base très innocente, comme une petite fille ou un clown, pour les transformer en des choses affreuses »

Pliée de rire, j'attrapais sa main pour nous traîner jusqu'à notre première attraction. Et mon fou rire ne me quitta pas, en observant Edward se couvrir les yeux pour ne pas faire face aux poupées effrayantes.

Nous baladant de manège en manège, je passais la plus belle soirée depuis longtemps. Edward arrivait à obtenir des rires francs de ma part. Il arrivait si facilement à me donner l'impression que j'étais n'importe quelle adolescente qui était sur ces attractions. Et c'était bon.

Ma main toujours dans la sienne, je l'arrêtais alors que je le vis se diriger vers la grande roue.

« Hop hop hop ! On peut savoir où tu m'emmènes ? »

« La grande roue »

« Hein hein, pas possible »

« Possible »

« Pas possible, ces trucs s'arrêtent toutes les deux secondes, on se retrouve suspendus à des mètres du sol sans pouvoir rien faire, et puis y a toujours un imbécile pour secouer son siège...J'ai peut être parfois des envies suicidaires, mais hors de question que je meurs dans ce genre d'engin »

Cet idiot ria.

« Il t'arrivera rien »

« T'es devin maintenant ? »

« Non, réaliste...Est ce que t'as déjà entendu aux infos, un type mort en se crashant d'une grande roue ? »

« Des tas de fois » affirmais-je

« Menteuse »

« Pitié ! M'y emmènes pas » m'accrochais-je à son bras

Voyant que j'étais réellement effrayée, Edward vint poser ses mains sur mes joues, pour capter mon regard.

« T'as confiance en moi ? »

« Oui »

« Il ne t'arrivera rien, je suis là »

« Et si on tombait tous les deux ? »

« On tombera pas »

Perdue dans l'océan vert de son regard, il était pathétiquement ridicule de dire que je pourrais aller n'importe où, tant qu'il y était. Bon, en l'occurrence ici, c'était juste la grande roue.

« On y va ? »

« Oui »

Installés sur la banquette, le forain vint nous sécuriser en bloquant la barrière au dessus de nous. Edward passa un bras par dessus mes épaules et j'enroulais mes bras autour de sa taille pour me caler contre lui. Il déposa un baiser sur le sommet de mon crâne, pour me rassurer avant que notre tour commence.

Mes mains agrippées à son pull, j'étouffais un cri quand nous nous élevions dans le ciel, jusqu'à s'arrêter au sommet du jeu. Les yeux fermés, impossible de me calmer.

« Je te l'avais dit, tu vois que j'avais raison ! Pourquoi il a fallu que je t'écoute ! Masen t'es qu'un idiot ! Maintenant on fait quoi ? On saute ? » m'affolais-je

« Bella du calme »

Il voulut défaire mes mains mais je restais totalement statufiée.

« Ma puce, regardes moi »

« Non, faut pas que j'ouvre les yeux, ce sera pire »

« Bells, s'il te plaît ouvres les yeux »

Lui cédant, je relevais doucement la tête pour le regarder.

« C'est moi qui ai demandé à ce que le jeu reste une minute sur place »

« Quoi ? Mais pourquoi ? Tu veux ma mort, c'est ça ? Je te déteste Masen ! » pleurnichais-je

« Je voulais juste qu'on puisse voir la ville de cette hauteur, je trouvais que c'était une bonne façon de s'éloigner un peu, de se sentir un peu léger » me convint-il

Edward Masen, je suis folle amoureuse de toi !

Je tentais un œil devant moi et découvris avec stupeur Forks. Les éclairages de la ville, donnait une vue magnifique de là où nous étions. Le ciel était bleu et noir, et les étoiles scintillaient dans petits points lumineux.

« Comment ce trou perdu peut être aussi beau »

« Je sais...J'ai l'impression que rien peut m'atteindre ici...mais je crois que c'est parce que t'es là aussi » souffla t-il à mon oreille

J'en fus bouche bée, émue par ces mots. Le regard embué, je me cachais sous sa veste. Je partageais le même sentiment troublant, alors qu'il faisait à peine irruption dans ma vie. Edward Masen était quelqu'un de spécial, quelqu'un d'assez spécial pour faire fuir mes démons le temps de quelques heures.

L'attraction finit par redémarrer et nous posions pieds pour rejoindre le stand de confiserie.

« Une bière et un soda »

« Hey moi aussi j'en veux une »

« Rappelles moi ton âge »

Je lui tirais la langue, lui confirmant comme une idiote mon jeune âge.

« Qu'est ce que je disais »

Il paya nos boissons, et nous marchions vers notre prochaine attraction qui était le stand de tir. Je m'y précipitais quand je vis une panthère noire énorme.

« Amènes ton cul Lucky Luke, je veux cette peluche »

Edward me tendit sa bière, avant d'attraper un fusil qu'il brandit devant une cible rouge. Je retenais un rire en le voyant si concentré pour atteindre le milieu de la cible. Il tira un premier coup et rata la cible rouge. Je pouffais de rire.

« Ça va venir » se vexa t-il

« Avant la fermeture, j'espère » me moquais-je

« Regardes moi faire petite insolente »

A nouveau concentré, il rata une fois encore le cercle rouge.

« Impressionnant, laisses moi faire débutant »

Je lui volais le fusil après lui tendre nos boissons.

« Observes et apprends »

La crosse posait contre mon épaule, je visais l'objectif avant de tirer et de pousser un cri de victoire, alors que la cible s'était déchirée.

« Ça sert un père flic »

J'attrapais mon gain, avant de regarder Edward s'obstinait à vouloir faire pareil.

« Pour mon égo, laisses moi réessayer »

« T'es sûr, tu pourrais te ruiner »

L'arme en main, il finit par trouer le disque, affichant un air fier. Il pointa du doigt un pirate détenant dans ses bras un gros cœur rouge, pour me le donner. Un sourire niais aux lèvres, j'embrassais sa joue.

« Des photos pour garder une trace de cette soirée, ça te dit ? »

« Je suis pas très photogénique »

« Dis pas de bêtise, tu es superbe »

Nous nous engouffrions dans le photomaton, refermant derrière nous le rideau. Edward posa les peluches à terre et je l'imitais quand il retira sa casquette et sa capuche, nous recoiffant tous les deux. Timidement, je me posais sur ses genoux alors qu'il me ramenait contre lui. Prêts devant l'objectif, nous prenions une première pose. Les yeux levés au ciel, une main sur la bouche, je feignais la timidité et la surprise, quand il embrassa ma joue. Impossible d'échapper à une fou rire après la première prise. La seconde me photographia en train d'étrangler Edward, qui tira la langue sur le côté. Déposant un baiser sur son nez, fut le troisième flasha. Gênés par ce baiser, qui nous avais beaucoup rapproché, nous nous figions un instant dans le regard de l'autre, pour ma part hypnotisée par l'intensité du vert de son regard. Nous fûmes rappeler à la réalité quand le dernier flash nous surpris.

Je m'empressais de me relever, fuyant son regard alors que je me couvrais à nouveau le visage. J'étais effrayée à l'idée qu'il s'aperçoive que je développais déjà des sentiments amoureux pour lui.

Postés devant le photomaton, nous récupérions les bandes d'images qui nous firent rire.

« Tu vois qu'on est pas trop mal »

« Est ce que je les garder ? » lui demandais-je

« Si je peux prendre la dernière »

Ce fut ma préférée aussi. J'arrachais la photo pour la détacher et la lui tendais. Il la fourra dans la poche arrière de son jean et j'en fis de même.

« Je crois qu'on les as fait toutes »

« On devrait rentrer » dis-je à contre cœur. « Demain, je commence super tôt »

Sur le chemin jusqu'au parking, je ne pus m'empêcher de me dire que moi aussi j'avais eu mon moment dans une fête foraine. Un moment tiré tout droit de ces séries pour ados.

Mes peluches rangées dans le coffre, nous partions pour la villa. J'aurais pu faire du 10km à l'heure, juste pour retarder notre séparation. Malheureusement, nous arrivions une dizaine de minutes plus tard devant chez lui. Je me garais sur le bas côté de la route, sans éteindre le moteur. Edward ne bougea pas, je décidais alors de couper le contact pour me tourner vers lui, il m'imita. Je pense qu'aucun de nous ne voulait rentrer chez moi. Nous avions été ce soir dans une sorte de cocon, une seconde dimension où n'avions aucun souvenir d'une vie passée, d'une douleur bien trop présente.

« Est ce que t'as aimé ? » me demanda t-il

« Beaucoup »

Il sourit, rassuré.

« Et toi ? »

« Aussi »

Il retira sa casquette et se pencha sur mon visage pour déposer un baiser dans mon cou. J'en profitais pour l'enlacer, m'enivrant une minute de son parfum si addictif. Je laissais à mon tour dans son cou, un baiser avant de me détacher.

« On se voit demain »

« Passes une bonne nuit »

« Toi aussi princesse »

Il finit par quitter ma voiture et rejoindre le pavillon. Je redémarrais et rejoignais très vite mon chez moi.

Mon euphorie du à la soirée retomba brutalement, me rappelant que je passerais pour la première fois, depuis leurs décès, une nuit seule. Très vite, je fermais toutes les entrées de la maison à l'aide des multiples verrous posées sur les portes et les fenêtres. Je montais dans ma chambre et m'y enfermais aussi, pour me déshabiller. Jetant un œil par ma fenêtre, je vis Tom, posté quelques mètres plus loin. A l'aide de l'interrupteur, je lui fis signe que j'allais bien. Je m'engouffrais ensuite sous ma couette, après avoir posé sous mon oreiller, un pistolet à air comprimé, GAMO AF 10. Contre moi, je serrais le pirate que m'avait offert, le regard fixé sur les deux urnes posées sur un étagère de ma penderie.

Si il y a pas si longtemps, j'aurais voulu qu'il prenne ma vie...Aujourd'hui, j'étais déterminée à prendre la sienne.

PDV Edward

Déshabillé, je me glissais dans mon lit. Toujours sous l'emprise euphorique de la soirée, je ne pus trouver le sommeil. Je m'emparais de mon pendentif, pour regarder le portrait de ma femme, alors que j'avais dans l'autre main, le visage de Bella.

Deux ans, que j'ai fui toute vie sociale pour m'enfermer dans ma douleur, et subitement me voilà attaché à une gosse de 17ans.

« Je te dérange ? » entra Jazz, alors que je ne l'avais pas entendu frapper

« Non »

Mon meilleur ami referma la porte et vint s'installer près de moi. Je connaissais Jazz depuis que j'avais 10ans. On s'était rencontrés au primaire, et depuis on ne s'était plus lâchés. La seule fois une notre amitié aurait pu se briser, fut quand il m'avoua ses sentiments pour ma petite sœur. Protecteur, je lui avais foutu mon poing dans la gueule. Les choses s'étaient seulement arrangés quand j'avais compris quand ses intentions n'étaient pas malsaines.

« Qui c'est ? »

« Bella »

« La fameuse Bella »

« De quoi tu parles ? »

« Lili est venue toute excitée hier, pour me dire qu'elle avait rencontré ta copine »

« On sort pas ensemble »

« J'ai dit copine, pas petite amie...Enfin bref, elle était heureuse de te voir sourire...Elle est très belle »

« Je trouve aussi »

« Vous avez l'air très complice » s'empara t-il de la photo

« Cette fille...On dirait ma moitié, elle comprend ce que je dis, elle devine ce que je ressens, elle est intelligente...Et pourtant elle est tout mon opposé...tout en étant ma pièce manquante » avouais-je timidement

« Est ce que tu ressens des trucs pour elle ? » me rendit-il la photo

« Est ce que j'ai le droit de ressentir des trucs pour elle »

« T'as le droit de passer à autre chose, si ça peut t'aider à ne plus souffrir »

« Et si Sarah ne veut pas que je passe à autre chose, je lui ai promis de l'aimer pendant l'éternité »

« Est ce qu'au moins, tu l'aimes aussi fort qu'avant ? »

« Je sais pas, je sais plus...Ça fait deux jours, qu'elle n'est pas le premier visage auquel je pense, quand je me réveille »

« Est ce tu te sens capable d'aimer quelqu'un d'autre ? »

« Je sais pas » fis-je perdu

« Cette fille a l'air de te rendre dingue » pouffa t-il, face à mes incertitudes

« Je l'ai invité à la fête foraine, t'y crois ça...J'ai pas invité une nana depuis deux ans, j'étais comme un puceau boutonneux au téléphone à lui demander si elle voulait bien m'accorder une soirée »

« Comment c'était ? »

« Je crois que j'ai jamais une aussi belle soirée »

« Est ce que je peux dire un truc ? »

« Tu te gênes pas d'habitude »

« Tout ce que je vois sur cette photo, c'est deux personnes qui ont l'air très accro l'un à l'autre »

« T'arrive à voir ça ? » me moquais-je

« Je t'ai pas dit, j'ai pris des cours sur l'analyse photographique » fit-il avec un air sérieux

« Ça existe ce genre de chose ? »

« Bien sûr »

« Et comment tu vois ça ? »

« Tout est dans le regard mon pote...Votre regard en dit long sur vos sentiments, c'est flagrant »

« Comment je pourrais être amoureux d'une fille que je connais depuis un mois ? »

« Toi même tu l'as dit, cette fille est ta moitié »

On frappa de nouveau à la porte, et Lili fit son apparition.

« Vous êtes là »

Ma petite sœur sauta sur le lit, et vint s'allonger entre Jazz et moi.

« Oh vous êtes trop chou sur cette photo » s'extasia t-elle devant la photo que j'avais gardé en main. « T'as vu bébé ce regard ? »

« J'ai vu »

« C'est juste un regard »

« Tu rigoles, Bella te dévores des yeux, elle est amoureuse de toi »

« Quoi, toi aussi t'as suivi les mêmes cours de photographie de Jazz »

« Pas besoin...Prêt à avancer ? »

« Il sait pas encore » répondit Jazz

« Je sais que c'est trop facile à dire, mais...un jour, tu ne supporteras plus d'être ce que tu es, et il faudra que tu changes, que tu vives...Et j'ai l'impression que cette fille te donne déjà envie de te lever le matin »

« Je sais »

« On va te laisser, Lili tu viens monter à cheval »

« Jazz ! Merde ! »

Je tentais de repousser toutes images de ces idiots en train de baiser ensemble, alors que Lili riait à plein poumons. Ils quittèrent ma chambre, me laissant seul face à mes questions.

Suis-je prêt à avancer ? Avancer veut-il dire que je dois oublier qu'un jour j'ai été un mari et père ? Après deux ans, je suis sûr d'avoir accepté que Sarah et Anthony ne fassent plus partie de ma vie, je sais qu'ils ne reviendront plus...Mais accepter, veut-il dire que je peux avancer ? Est-il trop tôt pour dire que je vais bien ? Même si je peux dire que j'ai une relation spéciale avec Bella, je ne peux pas encore dire que je vais mieux...Pourtant je me sens bien avec elle, je le ressens quand je souris, quand je ris. Cette fille me fait renaître, je le sens au fond de moi, que quelque chose, se remet à battre. Mon envie de la voir tout le temps, signifie t-il pour autant que je suis amoureux d'elle, ou que j'aime simplement ce sentiment d'apaisement quand je suis avec elle ? Tout me semble évident, quand je suis avec elle, mais une fois éloigné, je ne sais plus.

Je ne sais pas ce que je dois faire. Je ne veux pas précipiter les choses, en pensant qu'une relation, me fera me sentir mieux. Si ça échouer, je ferais certainement du mal à Bella, et ce n'est pas ce que je voulais.

Beaucoup de questions, peu de réponses...la nuit risque d'être longue.