Bonjour mes chères lectrices, qui j'espère me pardonneront cette longue attente.

Pour me défendre, je n'ai pas volontairement arrêté d'écrire, ou mit en pause ma fic. Disons qu'un idiot de conducteur a certainement voulu tester la solidité de sa voiture, et m'a percuté de plein fouet, alors qu'il brûlait un feu. Résultat, presque 3semaines d'hôpital, où on m'a rafistolé un peu le corps, histoire que je puisse sortir en meilleure forme. Logique.

Donc, je n'y suis vraiment pour rien, dans cette longue attente.

Reprenons, le cours de cette fic. Je vois que le dernier chapitre a beaucoup plu, ce qui m'a réellement surprit. Je pensais vraiment que le pur cliché de la fête forraine, ennuierait...Visiblement non ! Et tant mieux !

Réponses aux non-inscrites :

Shona : Merci pour ta review, qui m'a grandement fait plaisir. Pour le talent, j'ai l'impression de pas vraiment mériter un tel compliment. Mais je l'accepte. lol...Quand à "On ne choisit pas qui on aime", je t'avoue penser à une suite, même si au début je n'avais aucune envie de poursuivre cette histoire. Je réfléchis encore, à ce que je pourrais raconter, même si j'en ai une vague idée. Mais si je décide de poursuivre pendant quelques chapitres leur histoire, tu seras la première informer. Merci encore pour ta review. xoxo

Maddie, Martine16, maeva, Agaicha, vanina, Ilonka, karima : merci pour vos belles reviews. prenez soin de vous. xoxo

lili bells : Ton message m'a abasourdie, je sais vraiment pas quoi te dire. Et j'hésite à te sortir le genre de banalité, comme quoi tu dois rester forte, car j'imagine, à quel point ça peut être difficile pour toi, et je suis surement très loin de la réalité. Tout ce que je pourrais dire, c'est que j'espère que l'avenir sera meilleur pour toi, de tout mon coeur ! Je vois à travers ta review, que tu as tout de même un moral d'acier. Gardes le ma puce !...Quand au reste de ta review, je suis heureuse que ça te plaise, merci encore et toujours de me suivre. J'espère que la suite te plaira. XOXO

Jennyfer16 : merci pour ta review. OUf, je m'en sors bien. Figures toi que j'ai essayé de faire des efforts sur mes dialogues, dis moi si c'est potable, ou pire qu'avant. Je suis ouverte à tout ce que tu jugeras bon de me dire. merci encore de me suivre. xoxo

julie : Longue review ! Merci. Heureuse que ça te plaise, et qu'elle te captive autant. xoxo

Merci aussi pour vos conseils sur les maux de tête. Bon, ils ont empirer, après que ma tête est percuté la vitre de ma voiture, mais ça passera. D'ailleurs si il y a incohérence, que ce soit dans le temps, ou dans l'histoire, faites le moi savoir, j'avais envie à tout prix d'écrire ce chapitre, malgré la fatigue.

Voilà, je ne vais pas blablater éternellement. Heureuse de vous retrouver et bonne lecture. xoxo


Chapitre 6

Etre barricadée dans ma chambre, une arme à la main, ne m'a pas aidé à me sentir en sécurité. Les heures défilent sur mon plafond, et je lutte contre le sommeil. Je refuse de fermer l'oeil, de peur de ne pas être d'attaque, si il y avait intrusion chez moi.

J'avais beau pensé que j'étais prête à accueillir n'importe qui. Du petit cambrioleur au détraqué, tueur en série, avide de sang. Rien n'y faisait, j'étais terrifiée !

Chaque bruit me faisait paniquer, et je m'étonnais de ne pas être foudroyée par une crise cardiaque. L'ombre des branches devennait des fantômes, et les craquements de mon parquet, les pas d'un étranger. Je songeais pourtant qu'en ayant une maison aussi bien « sécurisée », je n'aurais aucun souci à me faire. Mais je n'arrêtais pas de penser au fait, que si lui reviendrait, il n'aurait aucun mal à s'introduire chez moi, et ce n'est pas les multiples serrures vissées aux portes de la maison, qui l'empêcheront de mettre en action ses idées tordues.

Ce qu'il s'est passé en début d'année, me persécute. Chaque image, le moindre détail envahi mon esprit. Et à chaque fois, j'essaie de trouver ce qui a bien se passer. Comme une enquêtrice, j'essaie de savoir comment j'ai pu me retrouver sans ma mère aujourd'hui. Comment un seul homme a pu s'attaquer à trois personnes ? Qu'est ce qui a pu se passer pour que nous n'entendions pas ce barbare s'introduire chez nous ? Comment je n'ai pas pu réagir, alors qu'ils étaient ligotés dans leur chambre ?

J'ai les réponses à ses questions : La drogue. Sauf que je ne peux pas m'en empêcher. A quel moment a t-il pu le faire ? Pourquoi nous ? L'avions nous rencontrer ? En me remémorrant son visage, je suis certaine que non. Etions nous choisis au hasard ? Ou bien haissait-il notre bonheur flagrant ?

Perry Smith, jugé coupable du meurtre de la famille Clutter, a déclaré : « Je n'avais rien contre eux, et ils ne m'ont fait le moindre mal, contrairement à ce que d'autres m'ont fait subir toute ma vie. Peut être qu'ils étaient ceux qui devaient payer pour mes souffrances. »

Etais-ce le cas pour celui qui a détruit ma famille ? Avait-il subit des sévices, ou de quelconques autres formes de maltraitance, pour enlever la vie à deux personnes qui étaient la raison de vivre à une gosse de 16ans, sans la moindre once de pitié ? Aucun passé douloureux ne doit justifier une telle cruauté !

Trop de questions, et le flingue qui doit servir à buter l'enfoiré qui ose se glisser chez moi, devient tout à coup le silence dont j'ai besoin, la porte de sortie à tous mes problèmes.

Besoin de libérer mes pensées, je finis par sortir de la maison, et rejoindre « mon garde du corps ». Si avec Edward, je peux parler de ma peine, je ne peux pourtant pas être totalement sincère. Tom sait, il sait comment je les ai perdu.

« Je te déconseille de dire à Charlie, que je suis complètement paniquée » le menacai-je à peine entrer dans sa voiture de fonction

« Tu penses à lui ? »

« Chaque seconde, j'en peux plus !...J'essaie de savoir pourquoi, et je n'y arrive pas »

« Il n'y a aucune raison, ses précédentes victimes le prouvent...Ce type est juste un animal, qui voit son plaisir dans des choses écoeurantes, il n'y a rien d'autre à comprendre Bells »

« Il y a forcément une raison !...Pourquoi nous ? Qu'est ce qui lui plaisait pas chez nous ? La fortune de Phil ? La joie de vivre de ma mère ? Est ce qui Phil lui a refusé un autographe ? Est ce qu'il a dragué ma mère et elle l'a rembaré ? Pourquoi a t-il fallu que nous soyons la conséquence de la folie d'un barge ? »

« Arrêtes ça Swany, tu vas devenir dingue » essaya t-il de me calmer

« C'est déjà le cas »

« Ce qui compte, c'est qu'on le retrouve »

« Et puis quoi ? Il sera enfermé, avec un peu de chance euthanasié, mais j'en serais toujours au même point...La vengeance n'est peut être pas quelque chose de bon, mais je rêverais de pouvoir me retrouver devant lui, et passer quelques heures à lui faire goûter les traitements qu'il inflige »

« Où t'en est ?...Je veux dire intérieurement »

« J'ai cette rage, constante...J'en peux plus d'être dans cet état » m'enfonçant dans mon siège

« Tu ne crois pas que tu devrais essayer une autre thérapie ? »

« Non »

« Est ce que tu crois que le retrouver t'aidera à faire ton deuil ? »

« Je veux leur rendre justice, il le faut...Quand ce sera fait, je ne sais pas dans quel état d'esprit je serais »

« T'es plus forte que tu ne le penses Swany...Je sais que tu t'en sortiras, pour Charlie, pour toi, et même pour les rendre fiers, eux »

Charlie Chaplin, disait que : Dans ce monde cruel, rine ne dure...pas même la souffrance. »

Je pense que c'est faux. En ce qui me concerne, je ne sais pas de quoi sera fait demain, mais j'ai l'intime conviction, de ne jamais pouvoir me défaire de cette souffrance, qui me ronge les tripes chaque jour. Et je pense qu'il arrivera un temps, où je n'aurais plus la force de vivre, et ce jour là, peu importe que Charlie souffre de plus m'avoir à ses côtés, je partirais pour retrouver ma mère.

Les nuits suivantes furent identiques, et je m'étonnais encore de pouvoir conduire jusqu'au lycée, où je dormais sur mon pupitre, toute la journée. Angela avait vite comprit, et s'était sentie extrêmement désolée de ne pas pouvoir dormir chez moi, à cause de son père, qui refusait que sa fille chérie, ne se fasse détournée encore plus, par l'horrible peste que je suis. Elle avait insisté pour que j'aille dormir chez Jake, mais je tenais absolument à affronter ces peurs nocturnes. Et si lui avait l'idée soudaine, de me retrouver, alors je tenais à l'affronter aussi.

Autant dire que le dimanche après-midi, quand Charlie revint, fut un jour de délivrance. Ses yeux s'étaient écarquillés devant mes poches. Dans ses bras, il m'avait promit ne plus s'absenter aussi longtemps. Après le déjeuner, j'avais foncé dans ma chambre, pour rattraper quatres longues nuits d'insomnies.

Le lundi : M-4, avant qu'on ne me retire ce boulet. Le temps passe trop lentement !

J'étais revenue beaucoup plus en forme, avec mes heures de sommeil rattrapées, ce qui ne fut pas le cas de mon professeur de philo. On pourrait presque que croire que du sang pourrait gicler de ses yeux. Son week-end semblait avoir été plus rude que le mien. Quand la sonnerie annonça notre heure de déjeuner, j'avais attendu que mes camarades quittent la classe, pour nous enfermer dans la salle, à l'aide du verrou posé sur la porte. Qu'est ce que ça pouvait bien faire là ? J'en sais rien. Je le rejoignais ensuite, et sautais sur son bureau pour m'y asseoir.

« Fiesta ? »

« Ca se voit tant que ça ? » esquissant un sourire fatigué

« Beaucoup trop » dis-je en caressant ces cernes du doigt. « Besoin de réconfort ? »

Sans qu'il ne me réponde, Edward vint réfugier son visage dans mon cou, comme il l'avait l'habitude de le faire depuis peu, après s'être glissé entre mes jamabes. A croire que mon parfum l'apaisait, autant que le sien le faisait avec moi. Ca m'insupportais de le voir aussi fragile. La perte des gens qu'on aime, nous enfermait-elle dans une peine infini ? Comment font les milliards de personnes, qui sont passées par cette épreuve, qui nous semble insurmontable ? Elles avaient surement beaucoup de force, de courage, et de mérite. Nous n'avions rien de tout ça, visiblement.

Je grattais dans ses cheveux, pour le détentre un peu.

« J'en peux plus » m'avoua t-il. « T'aurais vu à quel point j'étais pathétique, après être redescendu, j'ai couru dans un toilette pour pleurnicher, je n'avais qu'une envie, c'est remonter avec une dose d'héro » la gorge nouée.

L'héroine, suite logique, quand vous dépendez de la coke. La dernière n'ayant qu'une durée très limitée, l'envie de prolonger cet état de plénitude, vous tente fortement de passer à la seringue. Déjà bien enfoncé dans votre dépendance, vous sombrez complètement avec l'héro, avec une chance quasi-inexistante de vous sevrer à long terme.

Choquée qu'il puisse en venir à cette « solution » pour éradiquer ses angoisses, je défis notre étreinte, et captais son regard en prenant son visage dans mes mains.

« Je sais que tu as perdu toutes tes attaches, et que rien ne te retient ici...Mais s'il te plaît, ne te fous pas encore plus en l'air, en prenant cette horrible habitude des injections...Je ne suis sûrement rien pour toi, et je n'ai certainement pas mon mot à dire dans ta façon de gérer ta vie, mais je veux que tu me promettes que jamais, jamais, jamais, tu ne toucheras à cette merde, qui est sûrement pire que les autres...Je ne veux pas te voir sombrer, pour ne plus jamais revenir » les larmes aux yeux

Je vis dans son regard de l'étonnement, comme ci il ne savait pas à quel point je tenais à lui. Je tenais à lui, et je venais de réaliser à quel point. Touché par le fait que je me préoccupe tant de lui, il sécha mes larmes, avant d'embrasser fortement ma joue gauche.

« Je te le promets ma puce »

Je sais que la promesse d'un junkie n'est pas grand chose, mais je fus soulageais qu'il l'a fasse quand même.

« Et tu es beaucoup plus importante à mes yeux que tu ne le crois »

Nous restions pendant toute l'heure, dans les bras de l'autre, sans se préoccuper qu'on puisse s'interroger sur notre absence.

Le soir même, Edward m'avait invité à dîner chez lui. Inutile de dire à quel point je fus heureuse de cette invitation. Plus je le vois, mieux je me sens. Nous avions dîné indien, sur la table basse du salon, en compagnie d'Alice et de Jasper, le petit ami de cette dernière. Je fus étonnée de savoir que leur différence d'âge était identique à celle d'Edward et moi. Ils sortaient ensemble depuis un an. Jasper lui avait avoué ses sentiments, l'été dernier, lorsque celle ci était venue passer ses vacances aux États Unis, après sa première année de stylisme en Italie. J'avais ri quand Jasper, nous avait raconter comme il était stresser face à la réaction de son meilleur ami, et il avait eu raison. Edward lui avait balancé son poing, furieux que celui ci puisse toucher sa petite sœur.

Je fus étonnée de voir aussi, que les parents de ces deux là, n'étaient presque jamais présent. C'était pourtant eux qui avaient invité Edward, à venir passer quelques mois ici, pour qu'il se sente entourer. C'était regrettable. Edward avait besoin qu'on lui parle de sa dépendance, et avoir un médecin dans la famille, était très bien. Le laisser sniffer ces merdes en pensant qu'il finira par s'arrêter, quand il aura fait son deuil, est beaucoup trop stupide.

Nous passions une grande partie de la soirée, à rire de nos anecdotes. Entendre Edward rire, était toujours aussi fascinant, et être la source de cette expression de joie, était plaisant, presque flatteur.

Alice et Jasper, nous avaient quittés vers 00h30. Alors que je m'apprêtais à rentrer chez moi, Edward m'avait timidement convié à dormir chez lui, trouvant qu'il était trop tard pour que je rentre seule. Je n'avais pas hésité longtemps, avant d'accepter. Je voulais retrouver cette sensation de sécurité que j'avais ressenti la semaine dernière.

Pas très fatigués, Edward et moi, nous étions posés sur le canapé, installé sur son balcon. Chaudement couvert, j'étais allongée entre ses jambes, la tête reposée sur son torse nu, que je caressais du bout des doigts, me laissant apprécier son physique d'athlète. Je lui avais d'ailleurs demander comment il pouvait afficher un corps aussi sportif, alors qu'un des effets de la drogue, était l'absence d'appétit. Esmée, et sa petite sœur - qui du haut de ses 1m60, était pour le moins une fille très convaincante - l'obligeaient à se nourrir beaucoup.

L'air frais de la nuit, était beaucoup plus bon que celui de la journée, ce qui nous détendaient. Sa cigarette terminée, il s'était complètement allongé, et m'avait posé à califourchon sur lui. Un coude posé près de son visage, pour soutenir ma tête, je redessinais les traits de son visage, ce qui semblait lui faire du bien. Le sentant plus apaisé, j'avais posé mon visage dans son cou, pour me laisser m'enivrer de son parfum.

« Bells »

« Hum »

« Je sens ta poitrine s'éveillait sur mon torse, ça me met dans un état pas possible » dit-il taquin, les yeux toujours clos

Je donnais un coup sur la poitrine de cet imbécile.

« Je peux très bien bouger, si ça incommode monsieur »

« Hors de question que tu t'éloignes de moi » oouvrant les yeux »

Captive de son regard fatigué, et marqué par son addiction, je caressais ses lèvres, à défaut de pouvoir les embrasser. Même aussi abîmé, je ne pouvais m'empêcher d'apprécier le regarder. Et plus je le faisais, plus j'étais amoureuse. C'était complètement stupide de tomber amoureuse d'un junkie. Son comportement et ses sentiments étaient gérés par son addiction, alors je ne savais pas vraiment qui il était.

Je souriais, quand il coinça mes doigts dans sa bouche. Je sens son coeur s'affolait devant ce geste presque érotique. Je retire mes doigts, pour les porter à ma bouche.

« Ne fais pas ce genre de chose Swan, je ne tiens pas à ce qu'on m'enferme pour abus sexuels sur une mineur »

Je riais, avant d'embrasser sa joue, et reposer mon nez dans son cou. Même si parfois, on se taquine sur le sexe, je dirais, je sais qu'il était loin de voir une femme, autrement que comme une amie. Même si nos gestes prêtaient à confusion, je sais où sont ses limites, et je ne ferais jamais rien d'inaproprié sans qu'il ne le veuille...même si parfois, j'en crevais d'envie.

Le mercredi, alors que je faisais ma première prise de sang, pour mon contrôle toxicologique, je croisais Alice -accompagnée de Jasper – qui était venue soigner une entorse, du à une chute au saut du lit. Visiblement nous avions la même maladresse. Nous en profitions pour discuter, quand son petit quitta la salle d'examen, pour remplir la paperasse.

« Tu sais que je suis jalouse de toi » m'avoua t-elle

« Pourquoi ? »

« Ça fait deux ans, qu'on essaie de lui soutirer un mot, un sourire...il te voit, et monsieur devient un homme heureux, qu'est ce que tu lui as fait ? Je veux ton secret »

« J'ai perdu ma mère et mon beau-père, mon secret c'est d'avoir la même peine que lui » dis je froidement

Mon ton l'étonna, et provoqua un malaise entre nous.

« Je suis désolée, je ne voulais pas te répondre de cette façon »

« Je ne savais pas, excuses moi »

« C'est rien...Je suis passée par les mêmes choses que vit ton frère, la drogue, les envies suicidaires »

« Comment tu t'en es sortie ? Je veux dire par rapport à la drogue »

« Je me suis fait arrêtée en Juin, alors que j'étais complètement stone, et avec de la marijuana sur moi, mon père m'a envoyé en cure, j'y suis restée tout l'été...quand je suis sortie, j'étais sevrée mais toujours violente, j'ai tabassé une vendeuse, et j'ai eu ce bracelet, avec un contrôle toxicologique tous les mois »

« Donc c'est être surveillée, qui t'empêche de dériver ? »

« Ça et mon père, je ne vis que pour lui, il était amoureux de ma mère, malgré leur séparation, et ça lui a fait autant de mal que moi, je ne veux pas lui en faire plus »

« Est ce que tu crois qu'Edward s'en fiche de nous ? »

« Vous serez toujours important pour lui, vous êtes sa famille, seulement pour l'instant vous n'êtes pas grand chose face à sa souffrance »

« Je ne veux pas le perdre » dit-elle tristement

« Je sais »

Nous restions un moment dans le silence.

« Je veux pas sembler blessante, mais j'ai l'impression que l'état de ton frère, ne vous touche pas vraiment, toi, ton autre frère et tes parents »

« Avant son addiction, on a essayé plusieurs fois de l'aider à parler, faire une thérapie, n'importe quoi pour qu'il puisse ne pas s'effondrer, mon père en a conclu qu'il était trop tôt, pour la drogue, nous l'avons su seulement depuis peu...A chaque fois que mes parents ont débarqués à L.A, il désertait son appartement, pour éviter qu'ils ne voient son addiction...Il est arrivé un mois avant la rentrée, et on a été choqué de voir qu'il était tombé dans ces merdes...Edward était le type le plus responsable, que je connaisse, même plus jeune il n'avait jamais trouvé nécessaire de fumer un joint, ou n'importe quel autre stupéfiant, pour essayer, ou faire comme les autres...Mon père a essayé de le convaincre d'entrer en cure, mais Edward a refusé catégoriquement, sachant très bien qu'il ne supporterait pas de rester entre les 4murs d'une clinique »

« Je le comprends »

« Il a avoué à mes parents, que c'était depuis peu, qu'il arriverait à trouver la motivation de s'en sortir, mais pas tout de suite...Mon père n'a pas voulu le braquer, de peur qu'il fasse une bêtise, alors il laisse couler pour le moment, même si ça ne plaît à personne, de le voir dépérir de cette façon »

« Son grand frère n'a pas une influence sur lui ? »

« Ma mère l'a prévenu, mais Emmett est très occupé, l'une de ses filles est très malade, il ne peut pas faire le déplacement, même si il le voudrait »

« C'est terminé » m'informa l'infirmier

« Je vais devoir y aller, mon chien de garde est derrière cette porte »

« Ravis d'avoir pu parler avec toi, Bella »

« A un de ces jours » la saluais-je

Visiblement, je m'étais trompée sur la famille Cullen !

ooOOoo

La fin du mois d'Octobre me rendit légèrement joyeuse : M-3 avant ma libération.

Je pensais que les murs blancs d'une clinique pour toxicomane, était la punition la plus ignoble, mais ce bracelet l'est encore pire !...Non j'exagère...Juste un peu. Mais c'est presque pareil ! J'en peux plus de Forks !

Ce connard de juge pense m'avoir donné une leçon, m'avoir fait réalisé à quel point je devais profiter de ma vie, au lieu de la détruire comme je le fais. Cet idiot n'a fait que décuplé ma rage. Et quand je ne serais plus un point rouge sur un écran de contrôle, je m'empresserais d'aller à Seattle, pour m'offrir les fabuleux effets d'un joint, ou encore mieux, d'une pilule d'ecsta.

A part les moments où je suis seule, avec ma soif de vengeance, j'arrive à avoir des journées potables, parfois presque bien. Ces journées là, je ne suis qu'en compagnie d'Edward. Plus que mon professeur de philo, il était devenu mon meilleur ami, mon âme soeur, si on se réfère aux nombreux points communs, que nous avions.

Nous passions tout notre temps ensemble, devenus inséparable. Si nos souffrances nous avaient rapprochés, il était curieux de voir la mienne se taire en sa présence. Ce qui n'était jamais le cas, avec mes autres amis. J'exprimais ma colère, avec Angie, en dégradant des bâtiments, ou en provoquant des bagarres. Quand à mes envies suicidaires, je les testais à travers des jeux dangereux, en compagnie des gars de la Push, tels que des sauts périlleux du haut de la falaise, ou des courses de moto, avec une vitesse atteignant les 200km.

Avec Edward, j'étais bien, parfois apaisée, quand il me gardait contre lui pendant heures, où je pouvais respirer son odeur, véritable source de détente. Il m'offrait le réconfort, la sécurité, les rires.

Nous passions la plupart du temps dans sa chambre, sans que cela ne nous dérange. Assis sur son lit, Edward tentait de préparer les prochains cours. Très loin d'être le prof "normal" dirons nous, il ne faisait que recopier les cours, qu'il avait donné à L.A.

Tu m'étonnes avec le sang chargé d'herbes, ou de poudre, il n'avait pas réellement l'envie, d'innover dans son programme.

Je le trouvais craquant avec ses lunettes de vue, qui ne lui servait strictement à rien. J'imaginais déjà ses émeraudes très abîmées par son addiction. De mon côté, assise au pieds de son lit, je m'attelais à faire mes devoirs.

Parfois, nous restions des heures enlacés, sous une épaisse couverture, sur son balcon, à discuter de tout. Nous échangions nos souvenirs, pas nécessairement mauvais, seulement ce qui nous faisaient rire, honte, ou nous rendaient fiers. Il me parlait de temps à autre, de son histoire avec Sarah. Tous les deux s'étais mariés au bout de 9mois de relation, lorsque celle ci était tombée enceinte d'Anthony. Même si cette union n'avait eu lieu que dans l'intérêt de leur fils, ils s'aimaient beaucoup. A l'entente de leurs souvenirs, je jalousais sa femme, de l'avoir connu avant, d'avoir été celle qui aura marqué sa vie, même si aujourd'hui, elle n'est plus.

Nous dormions souvent ensemble, pendant les jours de semaines. Alice me servant toujours de prétexte.

Angela se posait parfois des questions, lorsqu'il m'arrivait de refuser une sortie, mais je trouvais toujours une excuse pour balayer ses doutes. Je n'avais pas très envie de parler de ma récente amitié avec mon professeur. Je ne sais pas vraiment pourquoi, j'en ressentais peut être pas le besoin.

Mais être amie avec un junkie, n'est pas joyeux tous les jours. Si il avait arrêté de se retrouver dans des fiestas étudiantes, il n'avait pas pour autant arrêter ses habitudes du week-end, qui consistaient à un rail de coke, une bouteille d'alcool, et quelques heures d'évasion.

La tête posée la plupart du temps sur mes genoux, je l'écoutais me faire part de ses délires et hallucinations. Et ne pas participer à ses aliénations, était fatiguant, et frustrant.

Une fois descendu, je participais à un torrent de larmes, et il était dur de le calmer, de le rassurer. Le rassurer, chose impossible. Comment ? En lui disant que tout ira bien, qu'il finira par avancer. Tout n'ira pas bien, et il s'enfoncera de plus en plus. Quelques fois, il se contentait d'avoir le regard dans le vide, et ne bougeait pas, pendant des heures.

Ces merdes avaient beau nous faire enduré des tas de choses, tout ce qu'on retenait c'était seulement les quelques heures de plaisir.

ooOOoo

Nous sommes samedi, il doit être à peu près 10heures, et me voilà dans un jour sans.

Parfois, j'arrive à m'y faire, à leurs absences. J'arrive à accepter qu'ils ne renaîtront pas de leurs cendres. Et parfois, le trou dans ma poitrine s'ouvre de nouveau, et j'ai l'impression qu'il se fait de plus en plus large. J'angoisse, leur manque m'obsède, et me rend complètement dingue. Je crie leurs noms, et je m'écroule quand je n'ai aucune réponse. J'ai horreur de ces moments là, ils ressemblent à ses heures de démence que j'avais à la clinique. Je tourne en rond, toute transpirante, et mon esprit s'embrouille, jusqu'à me donner d'affreux maux de tête.

J'en suis à ma septième cigarette, et l'angoisse se transforme en colère, comme souvent. Il faudrait que j'appelle Angie, histoire qu'on brûle de la gomme, même si il faudra que j'insiste avant qu'elle n'accepte. Ma meilleure amie, comme Jake, Paul et Seth, sont très réticents, quand je leur demande une course. Je n'ai aucune limite, et ça ne leur plait pas, que je puisse mettre volontairement ma vie en danger.

"Salut"

Les yeux rivés sur la forêt, je me retournais rapidement. Couvert par une casquette et sa grande capuche, je vis Edward, debout à côté de moi, les mains dans les poches. D'une humeur massacrante, je lui envoyais un faible sourire, en guise de bonjour.

"Est ce que je peux m'assoir ?" me demanda t-il timidement, en montrant la balancelle en bois, sur laquelle j'étais assise

Je restais muette, mais débarasser la place de mon paquet de clopes, et de mon portable.

"Ton père n'est pas là ?"

Avec la tête, je répondis non.

Il se posa tout près de moi, glissant sa main derrière, sur le dossier. Sans un mot, il me piqua le bout de ma cigarette, déjà bien consumé, et tira dessus plusieurs fois, avant de l'écraser sur le bois de notre balançoire. Il rejetta la fumée, avant de capter mon regard, en posant son visage devant moi. Il savait que je n'allais pas bien. Difficile de ne pas le voir, alors que d'habitude j'avais toujours un air enjoué dès que je le voyais.

J'enfouis mon visage dans son cou, quand je sentis la boule dans ma gorge, venir exploser, et provoquer des larmes. Je fermais les yeux, quand sa main gauche, se fourra dans ma tignasse, pour la caresser.

"Je veux mourir" murmurais-je entre deux sanglots

"Je sais ma puce"

Soudain, je vis la moto de Jake s'arrêtait sur le gravier devant nous. Je me séparais d'Edward, et séchais mes larmes. Edward se tourna, et nous faisions face à mon ami.

"Salut Jake" dis-je froidement, sans savoir pourquoi

"Euh...salut" répondit-il pertubé par mon ton

"Tu voulais ?"

Je le vis étonné, quand je ne fis pas les présentations entre Edward et lui.

"Euh...Je me disais, qu'on pouvait se voir, pour une journée à deux...sur la plage"

"Je suis pas d'humeur, peut être plus tard"

"Est ce que tu vas bien ?" s'inquiéta t-il

"Je vais bien Jake, tu devrais partir"

"T'es sûr que ça va ?" insista t-il

"Elle a dit qu'elle allait bien, donc tu peux t'en aller !" intervint brutalement Edward

Je fus surprise par son air dur, mais pas en colère. Je voulais tout autant que lui, me débarasser de mon ami. Méchant, mais je ne suis pas dans un bon jour, pour m'en préoccuper.

"On se connait ?" riposta Jake

"Jake, va t-en s'il te plait, je suis occupée"

Il ne m'écouta pas, et au lieu de ça, mon meilleur ami descendit de sa bécane, pour marcher jusqu'à moi.

"T'es bizarre Bells en ce moment...enfin, je veux dire" essaya t-il de se rattraper, en réalisant ce qu'il venait de dire

"Sans blague"

"Dis moi ce qui y a ?"

J'éclatais de rire devant cette question stupide.

"Pour un ami, je te trouve bien stupide de lui demander comment elle va" se mêla une fois de plus Edward

"Toi, je te connais pas, alors tu ferais mieux de te rassoir" lui conseilla Jake

"Ou ?"

"Edward rassieds toi s'il te plait"

"Tu peux me dire d'où tu sors ce guignol ?"

Je me relevais à mon tour, lassée par leur dispute.

"Un, n'insultes pas mes amis"

"Tes amis ? C'est nous tes amis Bells, moi, Paul, Seth, Angie, pas ce camé"

Je posais ma main sur le torse d'Edward, avant qu'il ne lui foute son poing dans le visage.

"Deux, me demandes surtout plus comment je vais Jake, au risque de te foutre mon pieds dans tes parties" continuais-je. "Comment oses tu me demander comment je vais ? A ton avis comment je vais ?" répétais-je en haussant le ton

J'attendis qu'il me réponde, mais il ne dit rien.

"Dis moi comment je vais ?"

Je crochetais son tee-shirt, sentant ma rage m'envahir.

"REPONDS MOI !" lui hurlais-je au visage

"Je sais pas Bella" murmura t-il, intimidé

"J'ai mal Jake, horriblement mal et y a rien, jamais rien ne changera ça ! Vous pensez tous savoir me remonter le moral, heureux quand vous me voyez sourire, mais je fais semblant, TOUT EST FAUX chez moi !...Barres toi Jake"

"Je suis désolé qu'on ne puisse rien faire pour toi"

Il se retourna, et remonta sur sa moto, pour rejoindre la lui avais fait du mal,et si je n'étais pas aussi furieuse, j'aurais pu m'en vouloir. Mais ce ne fut pas le cas, je n'avais pas l'envie de gérer ses états d'âmes, j'avais assez de boulot avec les miens.

Sans dire un mot à Edward, ni lui porter un regard, je le contournais et rentrais chez moi. Je sentis mon professeur me suivre, alors que je montais dans ma chambre. Fallait que je sorte d'ici, j'étouffais. Tout à coup, j'avais envie de fuir. Fuir de cette ville, fuir les gens qui me raccrochent à cette vie.

"Bells, où tu vas ?" me demanda t-il alors que je changeais mon jogging en coton, contre un jean

"Hors de cette ville"

"Tu te feras choper avec ce truc" faisant référence à mon bracelet

"Je serais déjà loin, quand Tom montera dans sa bagnole"

"Tu risques la taule, si tu fais ça" tenta t-il de me convaincre

"La taule ou ce trou perdu, c'est pareil !"

"Bella, fais pas ça"

"Masen dégages !"

"Bella, s'il te plait, fais pas ça !"

"Ca te regarde pas ce que je peux foutre !"

"Je pense que si"

"Je pense que non"

"Je veux pas que t'aille en taule"

"Pourquoi ? Ca te manquera de ne plus avoir un mouchoir pour sécher tes larmes"

"Tu sais que t'es beaucoup plus que ça pour moi"

"Oh et je suis quoi alors ?"

Il ne me répondit pas, et je vis sur son visage, que quelque chose le perturber. Il passa une main dans ses cheveux, les tirant fortement.

"Une fille...Une fille dont je suis fou amoureux"

Je fus surprise par cette déclaration, avant d'éclater de rire.

"Génial, c'est mon jour aujourd'hui" riant nerveusement

"Je suis sérieux Bella...j'ai beau nié que je ne ressens rien pour toi, que je ne peux pas vis à vis de Sarah, mais c'est pourtant vrai" m'avoua t-il

Je voyais à quel point il avait honte de ressentir ça, de trahir sa femme. J'aurais pu être toucher par sa confession...Si j'ignorais la quantité d'herbes et de poudre qui circulaient dans son sang.

"T'es défoncé Masen"

"Pourquoi tu penses toujours ça, à chaque fois que je te complimente, ou que je te dis un truc sérieux ?"

"Parce que c'est le cas, t'as le cerveau complètement bouisillé par les joints que tu fumes, et cette poudre que tu sniffes, tu n'es jamais lucide...Tu ressens ça simplement parce que je suis la seule nana avec qui tu passes autant de temps depuis Sarah"

"C'est faux !" furieux que je puisse mettre ses sentiments en doute

"Je suis fatiguée Masen" dis je lassée. "J'ai pas la tête à débattre sur ce que tu ressens...Ouvres les yeux, tu verras à quel point j'ai raison...Me demande pas de te croire, on ne fait pas confiance aux sentiments d'un junkie" dis je blessante

Je le vis choqué par mes propos. Je n'étais pas d'humeur à dire les choses gentillement. Vraiment pas d'humeur !

"Je crois que t'as raison, je me suis définitevement trompé sur nous deux, je pensais que tu avais plus d'estime pour moi, visiblement non, je ne suis qu'un pathétique drogué !"

"Bye Edward" concluai-je pour mettre fin à cette discussion

"Va te faire foutre !"

Il quitta ma chambre, et dévala les escaliers, avant de claquer la porte d'entrée derrière lui.

Je me suis mise deux personnes à dos, en l'espace de 5minutes. C'est vraiment une excellente journée !

J'étais au bord du craquage nerveux : ma mère, Phil, les images de leurs pertes, ma colère face au détraqué qui me les as enlevés, mes insomnies, mes sentiments envers Edward, gérer sa dépendance, mes envies suicidaires, Charlie, mon bracelet...J'en pouvais plus ! Je devenais totalement dingue !

Pourquoi je n'arrivais pas à poser un putain de flingue sur ma tempe et en finir avec tout ça ? Pourquoi je n'arrivais pas à m'allonger sur mon lit, ivre, en attendant que le mélange de l'alcool et de mes somnifères fasse taire mon esprit, et cesser mes battements de coeur ?

Encore des questions ! Toujours des questions !

Déterminée à franchir la frontière de mon bracelet, je rejoins rapidement le garage, où sont entreposés les outils de bricolage de mon père. Sur la table en bois, installée au milieu, je pose mon pieds sur le bord, et attrappe la première grosse pince.

Il me faut plusieurs minutes, avant de couper ce boulet. Incassable ? Mon cul !

Je crie carrément de joie, en libérant ma cheville. Débarassée de mon GPS, qui continue de clignoter en vert, je cours dans ma chambre, pour aller chercher un sac avec des vêtements, et quelques autres affaires. Je ne sais pas où je vais, mais je veux seulement que ce soit loin d'ici. Ma chambre vide de mes affaires, je cours jusqu'à ma voiture, où je balance mon sac dans le coffre.

Avec un énorme sourire aux lèvres, je rejoins la route, pour sortir rapidement de cette prison.

A moi la liberté !