Bonjour, un chapitre un peu plus court que d'habitude.

J'espère que vous aimerez l'ambiance chez les Serpentard :).

Dans le prochain chapitre, nous passerons dans le vif du sujet. Encore un peu de patience !

Bonne lecture !

A noter : je posterai régulièrement (tous les 2-3 jours) ayant déjà quelques chapitres d'avance.


Chapitre 3 - Et blablabla

Rosie voulut descendre directement dans les donjons pour rejoindre son dortoir et s'y enfermer mais elle ne devait pas montrer ne serait-ce qu'une seule faiblesse, que ce soit dans sa maison ou devant les Gryffondor. Elle inspira une grande bouffée d'air et entra dans la Grande Salle comme si de rien n'était. Elle s'installa à la table des Serpentard, dos aux Gryffondor.

Sirius et sa bande entrèrent également. Ils étaient morts de rire, Rosie serra le poing.

- Bonsoir chers élèves, dit le professeur Dumbledore, d'une voix calme mais forte. Je vous souhaite la bienvenue à Poudlard pour une nouvelle année… et blablabla.

Rosie n'en avait que faire de son discours. Elle l'avait écouté chaque année pendant six ans et aujourd'hui, elle n'avait qu'une seule envie : finir rapidement ce fichu banquet pour rentrer se cacher sous sa couette.

- Et maintenant, nous allons commencer la cérémonie de répartition des nouveaux élèves… et re blablabla.

Les joues de Rosie avaient repris leur couleur naturelle. Ses oreilles n'était plus rouge sang car elles avaient baissé en température. Elle s'était enfin calmée et put analyser ce qui venait de se passer. Sirius l'avait délibérément insultée. C'était la première fois en six ans. Pourquoi aujourd'hui ? Pourquoi ne l'avait-il pas ignorée comme il le faisait chaque jour depuis des années ? Pourquoi l'attaquer à un moment de sa vie où elle était aussi bouleversée ?

"Celle-là, je n'en voudrais pour rien au monde", avait-il dit. Ses mots tournoyèrent dans son esprit. Elle sentit comme un coup de poing dans son ventre. Elle avait sûrement blêmi car elle entendit une voix sur sa gauche.

- Tout va bien, Rosie ? lui demanda une Mingletown, pleine de fausse bienveillance dans la voix.

Rosie n'entendit pas la bienveillance mais plutôt l'hypocrisie dans son ton. Elle releva la tête et lui sourit.

- Ne t'inquiète pas, Josepha, lui dit-elle. Il y a un juste un truc que j'ai mangé et qui n'est pas passé.

- Tu veux que je t'emmène à l'infirmerie ?

Bien sûr que non, sale pimbêche !

- Peut-être qu'après un bon repas et une bonne nuit, ça ira mieux ! répondit Rosie, tout sourire, feignant d'apprécier sa sollicitude.

- Si tu veux, j'ai une potion d'énergie, dit soudain Stephen Baggs qui était, elle ne savait comment, assis juste devant elle. Je pourrai t'en donner quand on sera revenu dans notre salle commune. C'est bon pour le ventre !

Il lui fit un clin d'oeil et lui lança son sourire le plus charmeur. Rosie faillit vomir sur place.

- Ça ira, merci, Stephen ! répondit-elle, toujours de son air le plus amical.

Elle en avait plus que marre de toute cette mascarade. Malheureusement, elle devait se reprendre. Elle jouait sa place chaque jour à Serpentard. Être malade ne serait-ce que pour un court instant pouvaient ternir à jamais sa position dans la maison.

- Taisez-vous ! dit un garçon à quelques mètres d'eux. Ayez un peu de respect pour la répartition.

- Mais Rosie est malade, Severus, dit Mingletown d'une fausse voix plaintive.

- Mais non, pas du tout, s'écria Rosie. Elle n'avait pas envie de montrer qu'elle n'allait pas bien à Severus Rogue, cet individu prétentieux et abjecte aux cheveux gras.

- Tout va bien, renchérit-elle.

Rogue la foudroya du regard et se tourna vers la répartition qui prenait fin. Il ne restait plus que trois élèves à répartir.

Rosie n'aimait pas franchement Rogue. Il était préfet, tout comme elle et même s'ils étaient dans la même classe, il la prenait toujours de haut. Juste parce qu'il était respecté par quelques Serpentard, il se permettait de prendre son air supérieur. Elle l'exécrait car il venait de nulle part et il prenait la liberté de lui faire la leçon.

Finalement, le festin commença, la nourriture apparut et tous les élèves purent se régaler des délicieux mets proposés sur la table. Le ventre de Rosie grondait : à cause de sa mère, elle n'avait quasiment pas mangé de la journée. Elle se servit en tourte à la viande et l'attaqua avec un appétit vorace.

- Ça a l'air d'aller mieux, on dirait ? lui lança Baggs entre deux bouchées.

- Oui, oui, murmura Rosie.

- Tu devrais manger moins vite, ma Rosie chérie, lui souffla Mingletown. Tu risques d'avoir le ventre gonflé !

Rosie faillit s'étrangler. Premièrement, Mingletown l'avait appelée "chérie". Depuis quand étaient-elles aussi intimes ? Deuxièmement, ses références à son poids l'enrageaient. Rosie n'était pas grosse mais elle n'aimait pas le ton que sa camarade Serpentard avait pris comme si elle insinuait quelque chose. Enfin, elle était de très mauvaise humeur et elle n'avait pas envie qu'on vienne la déranger pendant son repas.

Elle regarda l'assiette de Mingletown essayant de trouver une pique à lui lancer. L'assiette de cette dernière n'était remplie que de légumes.

- Le soir, il ne faut pas trop manger de féculents, continua Mingletown, en prenant une voix à la "Madame-je-sais-tout". Sinon, tu risques de mal dormir. Il vaut mieux manger des féculents le matin ou le midi car ils sont remplis de sucres lents qui te permettront de tenir toute la journée.

- Et de quoi je me mêle ? murmura Rosie dans sa barbe.

- Comment ? demanda sa voisine.

- Mais rien, je ne savais pas tout ça, Josepha, répondit-elle en prenant sur elle. C'est très intéressant.

- Oui, ma mère est Nutritiomage !

- Et ça, je peux le manger ? lança Baggs en montrant une énorme cuisse de poulet dégoulinante qu'il tenait à pleine main.

Rosie le regarda avec dégoût.

- Oui, Stephen, tu es un homme, dit Josepha, ravie que son sujet devienne le centre de la conversation. Tu as besoin de protéines pour tes muscles !

Elle avait dit ces mots avec un sourire charmeur et regarda Baggs en papillonnant des yeux.

Par Merlin, faites que le dessert arrive vite ! s'écria Rosie en son for intérieur.

Au bout de quelques minutes, son voeu fut enfin exaucé et tous purent se réjouir des nombreux gâteaux et fruits posés sur la table. Rosie voulut prendre une part de brownie mais voyant du coin de l'oeil Mingletown l'observer, se rabattit sur une salade de fruits, pour son plus grand désespoir. Cette dernière avait un air ravi sur le visage. Rosie n'avait qu'une seule envie : effacer son sourire niais en lui balançant une tarte à la chantilly sur la tête. Malheureusement, sa mère l'avait bien éduquée et elle mangea plutôt sa salade de fruits en ruminant dans son coin.

- Mes chers élèves, reprit le professeur Dumbledore, maintenant que vous êtes tous repus… et re re blablabla.

Rosie souffla d'ennui. Elle se récura les ongles tout en pensant à son lit douillé qui l'attendait.

- … Argus Rusard… forêt interdite… Je vous souhaite à tous une bonne nuit !

Enfin, le repas était terminé, elle pouvait se lever. Malheureusement, c'était sans compter ses devoirs de préfète qu'elle avait oublié. Evans, la reine des gnomes, avait décidé que tous les préfets de sixième et septième année devraient alterner des rondes dans les couloirs, tous les soirs de 21h à 23h. Ces rondes devaient être réalisées par deux préfets, un garçon et une fille d'une maison différente. Les cinquièmes années devraient, quant à eux, accompagner les premières années dans leur nouvelle maison et d'autres devoirs leur seraient assignés ultérieurement.

Malheureusement, elle avait été tirée au sort pour commencer la ronde de ce premier jour de rentrée. Elle était mortifiée, rêvant de son lit plus que tout au monde. Peu importe avec qui elle serait, il lui ferait passer un sale quart d'heure. Elle attendit impatiemment son binôme dans le Grand Hall.

- A plus, Lunard, lança Potter vers Lupin, on se retrouvera dans la Salle Commune quand tu auras terminé.

Elle regarda Lupin-le-gueux s'avancer vers elle. Bien sûr, son binôme devait être un Gryffondor et par-dessus le marché, l'un des garçons qui s'était moqué d'elle quelques heures auparavant.

- Je vois que tu es tombé sur le gros lot, lança Sirius vers son ami. Rosie le fusilla du regard.

Elle s'avança également vers Lupin en ignorant les rires de ses amis et lui fit un hochement de tête comme si de rien n'était. Elle n'avait pas envie de montrer son désarroi.

- Salut ! lui dit-il.

Elle ne répondit pas et marcha droit vers l'escalier principal sans l'attendre afin de commencer sa ronde. Elle n'avait pas de temps à perdre en vaines paroles. Elle sut que Lupin l'avait suivie puisqu'elle entendit des claquements de pas derrière elle. Il se mit finalement à son niveau. Ils marchèrent côte à côte encore quelques minutes avant qu'il ne rompit le silence.

- Désolé pour tout à l'heure, dit-il.

- De quoi tu parles ? demanda Rosie, d'un ton acerbe.

- Dans la calèche, tu sais.

- Tu n'avais pas l'air désolé puisque tu riais avec tous les autres.

- Non, je ne riais pas.

- Ah oui ? Tu m'en diras tant.

Elle s'arrêta brusquement et lui fit face.

- Honnêtement, je n'en ai que faire de tes excuses, lui dit Rosie en prenant sa voix la plus glaciale. Que tu te sois moqué de moi ou pas, franchement, je m'en fiche.

- Je voulais juste être sympa, se défendit Lupin.

- Sympa ? Tu me fais bien rire, ironisa-t-elle. Je ne t'ai pas entendu prendre ma défense tout à l'heure ! Vous, les Gryffondor, vous vous croyez supérieurs aux autres maisons car selon vous, vous défendez la mère et l'orphelin ! Ce ne sont que des foutaises ! Vous ne défendez que ce que vous voulez ! Maintenant, évite de me parler, sale bouseux, si c'est pour me lancer des âneries pareilles.

Elle se détourna et continua sa ronde d'un pas rapide. Elle l'avait sûrement blessé car il mit un peu de temps avant de la rejoindre. Elle en avait vraiment marre de toutes ces gamineries : ses camarades dans sa maison se permettaient de lui adresser la parole comme s'ils étaient les meilleurs amis du monde, et maintenant, Lupin, le roi des crétins, s'excusait. Pourquoi ? Croyait-il qu'elle avait été touchée par les remarques de Sirius et ses moqueries ? Oui, en effet, un peu mais il n'avait pas à le savoir. Elle le maudit encore plus car sa carapace s'était fissurée pendant quelques instants et elle détestait qu'on puisse lire en elle.

Son animosité dut se ressentir car Lupin ne dit plus rien. Ils terminèrent leur ronde en silence sans plus aucun accroc. Ils n'avaient rencontré que des professeurs dans les couloirs et tout s'était bien déroulé. Lupin et elle se séparèrent dans le Grand Hall sans même se dire au revoir. Elle allait enfin pouvoir retrouver son lit et oublier cette longue et déprimante journée.