Hi girls ! Comment va ?
Tout d'abord, merci bcp pour vos reviews encourageantes. Je vous assure, je n'allais surement pas à la pêche aux compliments, je pensais sérieusement que mon chapitre était médiocre. Mais je vois que c'est tout le contraire. Merci bcp bcp pour vos coms. J'aime votre engouement pour mon histoire, c'est très motivant !
Merci d'être fidèles, malgré mes publications pas toujours respéctées.
Voilà donc un new chapitre. Si l'envie vous prend, dîtes ce qui vous a plu, déplu. (Si il y a incompréhension, incohérence ou autre faute, dîtes le moi)
Chapitre 11 :
Le lendemain, réveillée à 06h55, ma nuit désertée par mes cauchemars, ce fut un sommeil réparateur, qui me permit de souffler depuis longtemps. Le regard vissé au plafond, je provoquais les images des dernières 24heures, esquissant un sourire quand je revis mes poings s'écrasaient sur le visage de Jesse McDonald. Jamais j'aurais pu imaginer qu'une telle occasion se présente. Jamais je n'avais ressenti une sensation aussi vibrante, mieux qu'un orgasme, plus tripant qu'une pilule d'esctasy, entendre cet enfoiré gémir, avait crée quelque chose d'explosive en moi. Rien qu'à y repenser, j'avais le coeur totalement pris de folie. C'était euphorisant, et je crevais d'envie de pouvoir recommencer. Je pourrais tout donner, ne serait ce que pour recommencer. Juste une minute, pour pouvoir revivre cette sensation d'extase. Je crevais d'envie, de mettre à exécution, un an et demi de torture que j'avais imaginé lui infliger. Comme un vampire, j'étais assoiffée de son sang si tentant, et alléchant.
Après autant de mois de réveil difficile, je m'étonnais de me sentir aussi légère. Soudainement, je fus prise d'un fou rire, qui résonna dans ma chambre. J'étais folle...et c'était tellement bon ! L'idée de vengeance était stimulante !
Pamphile Lemay, un romancier québécquois, disait que le temps rend la vengeance plus belle, et plus terrible. Oh que oui ! Quand mes nuits n'étaient pas peuplées de mes cauchemars, j'imaginais mille et une façons d'enterrer ce monstre. Au fil des jours, des nuits, ma façon de faire devenait plus précise, plus cruelle, demander plus de temps, et un grand self control, pour ne pas l'abattre dans la seconde. Certains disent que la vengeance est un poison qui finira par nous tuer...Ceux là, sont des ignorants. Quelle meilleure sentiment que de faire justice soit même. C'est encore le moyen le plus sûr de panser ses blessures. J'étais certaine qu'en mettant fin à sa vie, je serais capable d'avancer.
Un jour tu reposeras en paix maman. Sois certaine que je te rendrais justice, qu'importe les conséquences, je le ferais !
"Je dois halluciner, Isabella Swan est en train de rire" me surprit Teddy, que je n'avais pas entendu entrer
"Debout Swan !" ordonna Jena, l'une de mes instructrices
"C'est bon Jena, je m'en occupe, tu peux aller rendre sourd quelqu'un d'autre"
Je pouffais de rire, sans la moindre discrétion, provoquant un regard noir chez mon instructrice. Elle quitta ma chambre, non sans pousser un grognement. Mon tuteur et elle, étaient comme chien et chat. Ils avaient une façon différente de régler les racailles, prétentieuse, comme aimait m'appeler Jena. Comme tous ces autres chiens de gardiens, elle aimait la discipline, et la seule façon de l'appliquer était en nous forçant à faire des travails durs et humiliant, avec comme fond sonore, ses grondements insupportables. Teddy était tout le contraire. Patient et calme. Il s'intéressait vraiment à vous, il aimait son job. Certes il était têtu, il ne laissait pas tomber facilement, il fallait toujours qu'il obtienne ce qu'il veut, que ce soit au bout d'une conversation, ou d'une quelconque action. J'aimais qu'il me tenait tête, mais le détestais voir triompher dès qu'il arrivait à ses fins. Comme mes béquilles, il était un soutien dont j'avais besoin.
Mon éducateur vint se poser sur mon lit.
"Comment tu te sens ?"
"Y a un début de mieux, j'ai bien dormi"
"Tant mieux, t'en avais vraiment besoin...Prends tes vêtements, avec lesquels tu es arrivée, tu prendras une douche, ensuite on parlera pendant que tu prendras ton petit déjeuner"
J'obéissais, avant de me retrouver à la cantine, pour un petit déjeuner en tête à tête. C'était bien la première fois, que je déjeunais dans un tel silence. Pendant que je croquais dans ma biscotte, Teddy signait plusieurs papiers.
"Alors, j'imagine que ma liberté est sous condition"
"2ans de mise à l'épreuve"
"Qui consiste en quoi ?"
"Pas de drogue, pas de dégradation de lieux publics, ni d'agression, bref, aucun délit...Sinon, on te revoit devant le juge, et la case prison"
"Wow !"
"Dans deux mois, tu auras 18ans, Bells...Tu ne seras plus considérée comme une enfant aux yeux de la loi"
"Je sais...alors tu vas me coller au cul pendant encore deux mois ?"
"Le juge a transmis sa décision, après avoir apprit ta dernière tentative, je resterais ton tuteur jusqu'à tes 21ans" m'annonça t-il, une légère grimace au visage, craignant surement une énième crise de ma part. "Y a encore du travail, avant de pouvoir éradiquer toutes formes de violence, que t'as apprit cet enfoiré"
Je baissais les yeux, honteuse. Chaque jour, je m'étonnais de voir les dégâts qu'avait laissé ce chien sur moi. Chaque jour, dans le reflet d'un miroir, une mauvaise action, ou un souvenir, je réalisais ce que j'étais devenue. Contrairement à ce qu'on pouvait penser, je ne m'amusais pas de mes mesfaits, ça ne me plaisait pas d'être cette boule de nerfs ingérable. Seulement, je ne pouvais pas faire autrement. Le jour, je riais de mes mauvaises actions, et la nuit, je pleurais de regret, détestant l'image de délinquante, que j'affichais fièrement le jour.
"Tu vas tout de même pas me suivre comme un toutou, quand nous serons en Californie"
"Non...je te surveillerais de loin, je consulterais parfois tes mouvements bancaires, m'assurer que tu n'utiliseras pas ta fortune dans la consommation de tes anciennes drogues, je te demanderais aussi de faire un test, si je te sens instable...Je tiens aussi à ce que tu suives une autre thérapie" lâcha t-il rapidement
"Quoi ? Non Teddy, pas ça s'il te plait"
"Bells, il faut que tu parles à quelqu'un de compétent"
"Je te parle à toi, tu m'écoutes"
"Faut croire que pas assez, sinon jamais je t'aurais laissé dans cette cuisine, un couteau de viande sous la main...Je te faisais confiance Bella, j'ai cru qu'on arrivait enfin à quelque chose...J'ai rien vu venir" culpabilisa t-il
"C'est pas de ta faute...Je pensais qu'Edward était mort, par ma faute, je me supportais pas d'avoir pu lui faire ça"
"T'imagines une seule seconde, si ça avait marché"
"Si ça avait marché, j'aurais rejoint ma mère...Je n'aurais rien perdu, au contraire"
"Il faut que tu te fasses suivre Bella, tu dois aller au bout d'une thérapie"
"J'ai essayé, je t'assure que j'ai essayé, mais je n'avance pas...Je vivrais avec ce que j'ai vu, chaque jour il faudra que je me souvienne à quel point j'étais heureuse avant, et chaque jour, il faudra me rappeler comment je l'ai perdu...Rien ne changera ça, pas même le meilleur des psy"
"Je veux que tu essaies une dernière fois"
Je serrais les poings, contenant un cri de rage, que j'essayais tant bien que mal d'avaler.
"OK, mais ce sera la dernière...Si la psy conclut que je pourrais pas changer ce que je suis, alors tu laisseras tomber"
"Je te le promet"
"Refiles moi mon meilleur ami, l'oxycodone" lui demandais-je en tendant une main.
Il fouilla dans sa poche, avant de laisser tomber une pilule dans ma paume gauche. Je la fis passer, avec mon jus de fruit, appréciant rapidement l'effet anésthésiant qu'il procurait à la douleur intense, qui siégait dans ma cuisse gauche.
"Avant qu'on ne parte pour Port Angeles, tu dois voir le chirurgien qui t'a opéré après ton accident"
"Pourquoi ?"
"Je ne vais pas pouvoir toujours gérer tes prises, l'oxycodone est un puissant stupéfiant, ce qui est proscrit pour une ancienne junkie"
"La morphine ne marchait pas, la douleur était insupportable, l'oxycodone agit beaucoup mieux"
"Sauf que tu finiras par en être dépendante"
"Tu dis ça comme ci ça me faisait plaisir de prendre ces trucs, ma jambe me fait un mal de chien, tout le temps, si j'arrête mon traitement, je pourrais m'amputer moi même, pour faire cesser la douleur"
"Je sais, mais tu dois le voir pour d'autres examens"
Mon petit déjeuner terminé, nous quittions le centre, vers 08h15, pour rejoindre le quartier de First Hill, là où se trouvait le Harboview Medical Center. J'y avais été transporté d'urgence, la cuisse gauche déchirée. Au fil du temps, j'avais peu d'espoir de voir venir la guérison. Ma jambe avait été gravement touché, et je devais me faire à l'idée, que je passerais le reste de ma vie, à me trimballer en béquille. Sauf que j'y arrivais pas, il m'était insupportable de m'imaginer toute une vie, infirme.
Il ne suffit que d'une vingtaine de minutes pour atteindre le centre médical, et rencontrait le Dr Johan. Sur son lit d'auscultation, il avait tenté de voir une quelconque tumeur ou gangrène, qui pourrait retarder ma guérison. L'examen peu concluant, j'avais passé deux heures trente, à me faire photographier : Radiologie, Scanner, IRM...Voir la grimace d'incompréhension sur le visage du chirugien, à la fin de mon dernier examen, m'inquiéta.
"Vos examens n'ont révelé aucune tumeur, ou infection qui pourraient entraver le processus de guérison"
"Vous voulez dire, qu'il n'y a aucune explication, au fait que je me trouve encore à devoir marcher en béquilles, 8mois après mon accident ?"
"Avant de vous donner une réponse, j'aimerais intervenir de nouveau sur le membre"
"Encore ?"
"L'opération pourra peut être nous donner une information"
Nous avions quitté l'hôpital, vers 12heures, avec un nouveau rendez-vous, prévu dans deux semaines. Le Dr Johan procédera ce jour là, à une autre intervention, qui j'espérais lui permettrait à ses collègues et lui, de comprendre le problème. Je ne pus m'empêcher d'espérer. Je ne savais pas si l'absence de tumeur, était une bonne chose. J'aurais peut être voulu que ce soit le cas, j'aurais pu être ainsi opéré, et suivi une autre rééducation, qui m'aurait permit de remarcher normalement.
Angoissée quand à l'intervention, Teddy m'avait emmené faire quelques boutiques, pour que je puisse avoir quelques vêtements, le temps de récupérer mes affaires. Shopping qui m'avait permit de me vider la tête. Aujourd'hui était un bon jour, j'étais libre. Je souriais, excitée, en repensant au fait que je ne serais plus obligée de me réveiller aux aurores, par les aboiements de mes instructeurs, que je n'aurais plus à me presser dans la douche froide, pour ne pas rater mon petit déjeuner, que je ne serais plus obligée de me tuer dans une tâche douloureuse et épuisante, et surtout...Plus de cours de sport intensif !
Bilan de 6mois d'enfermement : En plus d'être toujours rageuse, je suis sourde d'une oreille. Leurs statistiques qui montrent une réussite de leurs méthodes d'éducations, pourraient sérieusement dégringoler si je décidais de témoigner, moi, mais aussi la moitié du centre.
Dans le taxi qui nous menait à Port Angeles, les yeux rivés sur le paysage défilant, j'appréhendais mon retour à Forks. Alors que j'avais longtemps cru avoir hâte d'y retournée, ce fut tout le contraire. Aujourd'hui, j'aurais préféré que nous prenions l'avion pour la Californie, pouvoir m'y installer, et essayer de changer les choses, maintenant que l'assassin de mes parents allait être emprisonné. Mais Edward m'attendait là-bas. Quand je repensais aux dernières 24heures, il était surréaliste qu'on ait pu se revoir, dans des circonstances aussi troublantes. Tous les deux marquées par la perte de notre famille, nous avions décidé de nous réfugier à Forks, nous avions apprit à nous connaître, à partager nos peines, sans même savoir que nous avions été anéantis par le même homme. C'était effarant !
En plus d'apprendre que nous étions liés par le même détraqué, j'avais eu le plaisir de savoir qu'il ne m'avait pas oublié. Je lui avais manqué. La boule d'excitation logée dans mon ventre, n'était là qu'à cause de lui...L'embrasser avait été si innattendu, mais si bon. Je ne me souvenais plus mettre senti aussi bien, que quand ses lèvres se mouvaient contre les miennes. Pour la première fois, je m'étais sentie vivante, légère, presque en lévitation. J'avais retrouvé la chaleur de sa peau, la couleur intense et profonde de ses émeraudes, son parfum, que j'avais passé mon temps à sniffer l'année dernière...Malgré ce bien-être ressenti où nous étions ensemble, je fus prise d'inquiétude, en repensant à notre dernier baiser, et sa sortie rapide du poste de police. Notre discussion dans les cellules, avait du surement le faire changer d'avis quand à nous. Il avait fait une overdose. Jamais je n'aurais cru que mes mots, auraient eu un impact si destructeur envers lui. Comment avait-il pu croire que je pense un mot, après le temps que nous avions passé ensemble. Il savait pourtant que j'étais dans un mauvais jour, il savait qu'il ne me fallait pas grand chose pour m'emporter, et être blessante. Il me connaissait...Pas si bien que ça visiblement. Comment avait-il pu imaginer une seule seconde, que je puisse penser de lui, être un junkie pathétique, qui passait son temps à pleurnicher sur mon épaule ? Certes gérer sa dépendance m'épuisait parfois, mais jamais je m'en étais plainte, pas une seule fois. Soudain, je fus prise de colère, à l'idée qu'il ait pu croire que je ne sois pas sincère avec lui, pendant les deux mois, où nous étions non-stop ensemble. C'était insensé ! Comment pouvait-il croire, que je fasse semblant, d'aimer être avec lui. Avait-il oublié, les nuits où je débarquais chez lui, et me faufilais dans son lit (après avoir trouvé la clé sous un lourd pot de fleurs), pour le réconforter, sans qu'il n'ai eu besoin de m'appeler.
Cachant mon visage à l'abri des yeux de Teddy, avec ma grosse capuche, je laissais mes larmes couler, subitement déçue qu'Edward ait pu mettre en doute la force de notre amitié.
Finalement, ce n'était pas un si bon jour que ça. Ma liberté était illusoire, au fond je suis toujours prisonnière de mes doutes, mes peurs et mes fantômes.
C'est à 13h45, après une circulation plutôt dense, que nous arrivions devant l'un des hôtel de Port Angeles. Il n'y avait que quelques pas à faire, pour rejoindre Forks. L'hôtel aux allures de motel, était un petit batiment constitué d'un seul étage, qui faisait face à un petit parking, où se gara notre taxi. J'avais horreur de ce genre d'endroit. Mais loin des grandes villes, nous ne pouvions nous offrir un cinq étoile. Je déteste Phil, pour m'avoir rendu accro au luxe ! Dans la chambre louée, qui se trouvait au rez de chaussé, je jetais mes béquilles dans un coin de la pièce, et me jetais sur le lit. La chambre était modeste, le strict nécessaire. J'espérais que nous n'aurions pas à nous éterniser ici.
"Fatiguée ?" me demanda Teddy, en posant ses Ray-Bans et son sac, sur une table installée dans la kitchenette.
"Pas vraiment...c'est quoi le programme de l'après midi ?"
"Pressée de voir ton amoureux"
"Ca, et de quitter l'Etat"
"Tu viens à peine d'arriver, qu'est ce qui y a ?"
"J'ai pas vraiment envie de revoir les gens qui se trouvent dans ce trou perdu"
"Même Charlie"
"Parlons en de mon géniteur...Il savait qu'on avait retrouvé l'assassin de maman, et il n'a même pas ramené son cul à New York, comment peut-il être aussi égoiste ! J'avais besoin de lui, j'avais besoin qu'il me rassure !"
Je réalisais subitement à quel point j'avais été blessé par l'absence de mon père. Teddy s'approcha, et tenta de me réconforter.
"Je le déteste ! Il m'a abandonné"
"Je suis sûr que c'est pas intentionnel, il a peut être cru que tu ne voulais pas de lui"
"Il est la dernière famille biologique que j'ai, comment peut-il penser une chose pareille ?"
"Je sais pas ma belle...Tous les deux, vous avez besoin de parler"
"Je veux plus de lui, je récupère mes affaires, et je ne veux plus rien à faire avec lui"
"Sois pas aussi sévère envers lui Bella, je suis sûr qu'il a de bonnes raisons"
Pas convaincu, je me tus tout de même, pas d'humeur à débattre.
"J'ai une surprise pour toi, qui je suis sûr te fera plaisir"
"Une sépulture à mon nom ?"
Teddy claqua sa main sur ma nuque, exaspéré par mon humour noir.
"Aie ! Quoi ? C'est un très beau cadeau, je trouve"
Il se releva, et alla chercher quelque chose dans son sac. Dans sa main, brillait ma carte bancaire. Si j'avais pu, je serais debout sur le lit à sauter de joie.
"Enfin entière" attrapais ma liberté financière, et ma carte d'identité
Mon tuteur pouffa de rire.
"Tu paieras avec, le taxi qui t'amènera à la villa de ton petit ami"
"C'est pas encore mon petit ami"
"Tu fais gaffe Swan, tu vas seulement voir ce Masen, personne d'autre"
"Promis"
"De mon côté, je vais faire quelques courses, on se retrouve ici à 18heures"
"Je serais là"
Ne perdant pas de temps, je me relevais et fonçais dans la salle de bain, pour me changer. Avec mes blessures, je me sentirais plus à l'aise d'en une robe. Devant la glace, je vérifiais mon reflet dans la robe noire et longue, en coton léger, que j'avais acheté dans la matinée, avant de quitter Teddy. J'avais un besoin urgent de m'expliquer avec Edward.
"Je vais devoir acheter aussi quelques trucs"
"Quoi ?"
"Un téléphone, un mp3, un casque, bref des choses qui permettront de m'occuper dans ce taudis, le temps qu'on puisse aller faire mes cartons"
"Ok, mais je veux les tickets"
"Oui chef"
Près d'une vingtaine de minutes après, j'arrivais devant l'épicerie de Forks. J'avais une fringale, et savoir que je pouvais manger tout ce que le centre m'avait interdit, fit grogner mon vendre d'impatience. Je rêvais de chocolat, de chips et autres sucreries, qui feraient surement criser mes instructeurs. J'en salivais déjà d'envie.
Je demandais à mon taxi de patienter devant la boutique, quelques minutes, le temps de faire quelques courses. Rejoignant la supérette, je fus figée à l'entrée, en voyant Lauren à la caisse. Un chewing maché vulgairement, elle limait ses ongles. Génial ! Moi qui pensait passer inaperçue. Tout autant surprise que moi, elle arqua un sourcil, sourire aux lèvres.
"Regardez qui est là"
"Papa chéri t'a enlevé ton argent de poche, pour faire la caissière ?"
"Je t'emmerde Swan !" affichant fièrement son majeur
"Idem pétasse !"
Je disparaissais dans les rayons, pas d'humeur à m'éterniser. Longeant le rayon des friandises, je partais à la recherche des sucreries qui pourront en deux ou trois bouchées, me faire rattraper les kilos perdus pendant mon internement.
"C'est marrant, vous ressemblez à ma soeur, cette égoiste s'est tirée sans même me prévenir"
Sans avoir besoin de me retourner, je reconnus cette voix. La voix de ma soeur de coeur, dont le sourire et les délires m'avait énormément manqué.
"Je pourrais lui pardonner, si elle se tournait et me faisait une étreinte très collée-serrée"
Je souriais, avant de me tournais et de me jetais dans ses bras, lâchant mes béquilles, qui claquèrent au sol. Comment j'ai pu l'oublier !
"C'était trop dur" pleurnichais-je dans son cou
"Je sais ma puce" caressa t-elle mon dos, pour me consoler
Nous restions une bonne dizaine de minutes, dans les bras de l'autre. Comment avais-je pu envisager de quitter l'Etat, sans même lui rendre visite, ou encorr la convaincre de ramener son cul avec moi, parce qu'il était évident, que je ne pouvais pas changer de vie, sans elle. Des tas de choses à nous dire, je renvoyais mon taxi, et montais derrière Angie, sur l'une des bécanes que lui prêtait Paul. Nous rejoignions le parc pour enfants, où nous passions parfois du temps. Nous nous posions l'une en face de l'autre, sur l'un des bancs du parc, déserté.
"Il faut absolument que tu me racontes, tout depuis le début, et quand je dis le début, je parle de la dernière fois, où tu as vu cet idiot de Jake"
"Il t'a raconté ?"
"Je l'ai giflé pour avoir été aussi con !"
"J'imagine, qu'il t'a aussi parlé de"
"Masen ? Je l'ai reconnu tout de suite, quand Jake me l'a décrit..D'ailleurs j'aimerais bien savoir ce qui se passe, ou ce qui s'est passé entre vous"
Alors pendant environ trois heures, je lui expliquais tout. Du premier moment partagé avec Edward, dans ma voiture, jusqu'à la récente arrestation de Jesse Mc Donald, en passant par les moments durs passés au centre, et mon entrée à Stanford, ce qui l'avait rendu complètement folle de joie. Elle imaginait déjà nos futurs projets, notre cohabitation, puisqu'elle avait décidé aussi d'intégrer la même université, la rentrée prochaine. Pour ma relation avec Edward, elle fut vexée, mais j'avais réussi à la refaire sourire, en lui racontant mes talents de boxeuses, testés sur l'assassin de maman. Pourtant à la fin de mon récit, et de notre accolade, je vis sur son visage qu'elle me cachait quelque chose, et était visiblement inquiète de me dire de quoi il s'agissait.
"Angie, qu'est ce qui cloche ?"
"Ton histoire avec Masen"
"De quoi tu parles ?"
"Ce type t'a menti"
"Je comprends pas, ce que tu veux dire Angie"
Sans pourtant comprendre, je sentais que ce qu'elle comptait me dire, allait me foutre les nerfs.
"Tu as dis que la soeur de ton prof"
"Alice"
"Oui, Alice...tu as dit qu'à chaque fois que tu appelais, cette fille te disait que son frère n'était pas là"
"Il est où le problème ?"
"Bella...Masen, a disparu seulement 4mois, donc j'imagine que c'était pour sa cure, mais après ça il est revenu"
"Quoi ?"
"Masen est en ville depuis Mars"
Abasourdie, je fus totalement muette pendant environ une minute. Edward ne m'aurait pas caché son retour. Il ne m'aurait pas menti. Alice m'aurait forcément dit que son frère était à Forks, en sachant à quel point je souffrais de son absence. Si non pourquoi ?
"Bells, y a autre chose ?"
"Quoi ?" hurlais-je presque à son visage
"Avec les gars, on l'a vu plusieurs fois dans un bar, en ville, avec une fille"
"Et ?"
"C'est la même fille depuis deux mois, ce qui veut dire que c'est sa copine"
N'en supportant pas plus, je me levais. Il fallait que je le vois. Il fallait qu'il démente les dires d'Angela.
"J'ai...J'ai besoin de ta moto"
"Pourquoi ?"
"Tu me le passes ? Oui ou Merde !"
"Bells, je suis désolée" dit-elle en me donnant les clès
Devant chez lui, je descendais rapidement de la moto. En furie, je boitais jusqu'à la porte et cognais brutalement mon poing plusieurs fois. J'avais l'impression d'être capable de m'immoler le corps, par la simple force de ma rage. Pas lui, lui n'avait pas le droit !
Je comptais une bonne minute, avant d'entendre des pas derrière la porte. Alice m'ouvra. Ma colère plus que visible, elle écarquilla les yeux de surprise.
"Appelles ton frère !" lui ordonnais-je
Effrayée par mon ton, elle s'éxecuta et revint avec Edward. Alors qu'il affichait un sourire, visiblement heureux de me revoir, je claquais violement ma main gauche sur sa joue. Choquée, Alice étouffa un cri dans ses mains, quand son frère massa sa joue, que j'espérais très endolorie.
"Vous vous êtes bien foutu de ma gueule !"
"Bells, laisses moi t'expliquer"
Ma main incontrôlable se retrouva une seconde fois sur son visage.
"Toi tu m'écoutes ! Quand je me suis tirée, j'arrêtais pas de me dire que j'avais fait une putain de grosse erreur, en t'insultant de junkie pleurnichard, à qui on ne pouvait pas faire confiance, j'étais dans un jour noir, tu le savais, tu sais que j'avais autant de faiblesse que toi...Tu peux pas savoir comme je me suis sentie dégueulasse, quand j'ai vu dans tes yeux, que je t'avais déçu, blessé...Alors, j'ai fait demi-tour" d'un geste brutal, je déchirais le bas de ma robe jusqu'en haut de ma cuisse, mettant ainsi à découvert la cicatrice qui longeait ma jambe gauche." Parce qu'il fallait absolument que je te dise, que j'étais tout aussi dingue de toi, et que j'étais prête à attendre que tu sois vraiment prêt, à ce qu'on soit un couple"
La voix devenue erratique à cause de mes plaintes, je prenais un temps pour tenter de respirer normalement.
"Parce que j'ai cru que notre histoire en valait la peine, je me suis prise un trois tonne en pleine face, parce que j'ai cru que nous méritions d'avoir une chance d'être heureux, j'ai provoqué un accident, qui m'a rendu infirme...J'ai regretté des mots, qui étaient entièrement vrai !...Tu n'es pas amoureux de moi Edward, pour toi, j'étais réellement un mouchoir pour sécher tes larmes, rien d'autre"
"Bella, écoutes moi s'il te plait"
Il fit un pas vers moi, je reculais, le regard plein de haine.
"Ce que je t'ai dit, méritait à ce point que tu me fasses autant souffrir ? Sais tu les nuits que j'ai passé à crier ton nom ? Connais tu le nombre de bagarre que j'ai provoqué, simplement pour rejeter les regrets que j'avais vis à vis de toi ? T'es qu'un traître Edward, un traître qui s'est joué de ma souffrance et de ma culpabilité...Est ce que ça ne suffisait pas à tes yeux, que je sois hantée par le fantôme de ma mère...T'es qu'une pourriture Masen, toi, et ta soeur !" me détournais-je vers Alice, dont le regard était inondé.
Humiliée, je crachais au visage de celle ci, avant d'infliger une troisième claque sur le visage d'Edward.
"Ca c'est pour m'avoir embrassé, alors que tu baises une autre pouffiasse !"
Ma haine expulsée, le coeur vidé, je quittais leur perron, pour reprendre la route. Je vis du coin de l'oeil, Edward tentait de me retenir, mais Alice l'en empêcha. Le moteur allumé, je quittais l'allée sous l'oeil de ces deux connards. Sur la route, alors que je pensais avoir vidé mon sac, je me retenais pour ne pas éclater en sanglot. Il m'avait trahi, sans aucun scrupule. Sans aucune honte, il avait détruit ce qu'il restait de moi, ce qu'il avait réveillé en moi, en ayant conscience que j'en souffrirais terriblement. A mes yeux, il était aussi inhumain que Jesse McDonald.
Comme toutes les adolescentes, dans un chagrin amoureux, tout ce que je voulais c'est ma mère. Morte, je devais me contenter de ces cendres. Devant la maison de Charlie, je rejoignais rapidement l'entrée, profitant de son absence pour me faufiler en douce. J'avais besoin des cendres de ma mère, j'avais besoin de mon ordinateur où je stockais nos photos, et les images de nos 16années passées ensemble, pour avoir l'impression qu'elle était prêt de moi. Recherchant la clé de secours, caché sur le dessus du cadre de la porte, j'ouvrais et me précipitais du mieux que je pouvais, à l'étage, pour récupérer mes affaires.
Rien n'avait changé, tout était en place. J'attrapais un sac dans la penderie, et y fourrer les deux urnes, mon ordinateur, et le tee-shirt préféré de ma mère. Vérifiant que je n'avais rien oublié, mon regard s'arrêta sur les deux peluches posées sur mon lit. Celles qu'Edward et moi avions gagné pendant la fête forraine. Il avait gâché les mois les plus beaux depuis la mort de maman. Il avait détruit tout l'espoir que j'avais mis dans notre histoire, dans un avenir qui aurait pu me faire oublier, les derniers mois.
Je ne m'éternisais pas, et quittais la maison, pour retrouver Port Angeles, que j'atteignais rapidement. Dans ma chambre, la seule façon d'extérioriser ma colère fut de tout casser. Comme d'habitude. De plusieurs coups de béquilles, j'avais complètement saccagé la chambre, tout en hurlant ma haine.
"JE TE DETESTE EDWARD ! TU ENTENDS ! JE TE HAIS !"
Prise de spasme, je me jetais sur mon lit, serrant dans mes bras les restes de maman.
"Reviens maman, j'ai besoin de toi...Reviens s'il te plait, pour moi"
Sortant mon ordinateur de mon sac, je fis résonner dans la chambre, les cris de ma mère, alors que je faisais du vélo sur la route, au lieu de l'écouter et de rester sur le trottoir. Sous mes larmes abondantes, j'esquissais un sourire, en la regardant courir après moi, alors que je pédalais plus fort.
Pendant des heures, j'apaisais mes pleurs en écoutant maman. Je n'entendis pas Teddy ouvrir la porte, vers 18heures, comme nous avions prévus de nous retrouver. Sans même voir son visage, je voyais déjà qu'il boullonnait face au bordel que j'avais mis. Pourtant il ne dit rien. La voix de ma mère semblait lui faire comprendre que j'allais mal, très mal. Posant plusieurs sacs sur la table, il vint s'agenouiller devant moi, pour me faire face.
"Bella"
"Je veux qu'on prenne l'avion demain matin pour la Californie, je rachèterais tout là bas...Je ne veux plus rien à faire ici" dis-je, les yeux rivés sur mon écran
"Bien"
"Je paierais les dégâts, ensuite on partira"
"Ok"
Je branchais mon casque audio, et m'isolais dans mon ancienne vie, où j'étais à l'abri de toutes souffrances.
Je sais que ce n'est pas le retour que vous attendiez, mais ça arrivera !
xoxo Junessa.
