Bonsoir communauté FF !
Avant tout, je suis vraiment, vraiment dsl pour mon gros retard, mais le manque de temps m'a vraiment empêché de me poser assez longtemps devant un écran. Mais me voilà enfin, avec un chapitre qui j'espère vous plaira.
Merci à vous toutes pour vos reviews vraiment très encourageantes. Grâce à vous, j'essaie de donner un maximum de qualité à mes chapitres, même si parfois c'est râté. Merci beaucoup les girls ! Vous êtes les meilleures !
DOnc voilà un new chapitre, le plus long jusqu'à ce jour...J'espère qu'il vous plaira !
J'ai du réecrire ce chapitre plusieurs fois, avec différentes versions, donc il se peut qu'il y ait des incohérences. Faites le moi savoir si c'est le cas.
Bonne lecture. XOXO
Chapitre 13
PDV Bella
Je jure d'étriper Jazz, ou encore cet idiot de Masen, si Teddy ose me renvoyer dans cette putain de maison de correction ! J'étais certaine que nous étions sur le chemin qui nous menait vers ce foutu centre ! Je savais ! Je savais que j'allais me foutre dans une merde pas possible, en retournant là-bas.
Les doigts crispés sur le volant, le visage rouge sang, et la fumée qui s'échappait du cerveau de mon tuteur, m'annonçaient déjà le pire ! Le juge va être content que je lui rende une énième petite visite, tiens. Il devrait ne plus être surpris maintenant. Légalement, je n'avais rien fait, et je n'ai violé aucune condition de ma liberté, même en me trouvant dans le quartier d'affaires d'un de mes ex-dealers. Donc, je n'avais pas vraiment merdé, non ?
Sur le trajet, je jaugeais les réactions colériques de Teddy, qui n'avait pas dit un mot depuis au moins vingt bonnes grosses minutes. Par expérience, je savais qu'il n'y avait rien de pire que le silence d'une personne furieuse.
« Teddy, c'est pas ce que tu crois » tentais-je, effrayée par le gros orage qui venait de gronder au-dessus de nous, comme pour me dire qu'il valait mieux que je ferme ma gueule.
D'un coup de frein sec, mon tuteur s'arrêta au feu rouge, avant de se tourner vers moi, son regard bleu me hurlant que j'allais en prendre plein la gueule. Devant mon visage, à quelques centimètres, je vis sa main gauche, énorme soit dit en passant, lutter pour ne pas m'en foutre une. Jamais, je ne l'avais vu aussi furax. Teddy avait cette espèce de patience, de self-control hyper frustrant. Jamais une de mes frasques, n'avait pu le faire sortir de ses gonds…Jusqu'à aujourd'hui.
« Je t'interdis de dire quoi que ce soit ! Tu as bien compris ! Je ne veux pas t'entendre » articula-t-il de sa voix grave
J'hochais brièvement la tête, avant de baisser le regard honteuse. J'allais devoir subir ses abois pendant des heures, et peut être même un retour à la case départ. Tout ça à cause de cet enfoiré de Masen, incapable d'assumer les conséquences de ses actes. Je jure de le faire buter, si je me retrouve dans ce putain de centre de détention. J'y ai vécu les pires mois de ma vie, je refuse d'y retourner pour sa gueule !
Dans un silence angoissant, Teddy nous conduisit jusqu'à notre hôtel. Je soufflais, soulagée, alors que nous nous garions sur le parking. Effrayée et perdue dans mes idées de meurtres, je n'avais pas remarqué que nous étions passés devant la pancarte à l'entrée de la ville. Avant que je n'ai pu descendre de la voiture, mon éducateur vint rapidement m'ouvrir la portière, pour m'empoigner brutalement le bras et me traîner jusqu'à ma chambre. Et sans aucune douceur, il me jeta sur une chaise, où je faillis tomber à la renverse, si je ne m'étais pas retenue à la petite table.
« Teddy, écoutes moi » le suppliais-je
« Tu sais ce que t'es Swan » me coupa-t-il, en cognant fortement son poing sur la table. « Une putain de grosse manipulatrice, capable de berner sans scrupule les gens qui sont là pour l'aider »
« Teddy, je n'étais pas là »
« Je ne veux rien savoir ! » m'interrompit-il de nouveau. « J'en peux plus ! J'abandonne, on arrivera à rien tous les deux ! »
« Non, je t'en supplie Teddy, je vais t'expliquer » le cœur affolé, à l'idée qu'il m'abandonne réellement
« Je ne veux plus gérer ton cas, je ne veux plus rien à faire avec toi »
« J'ai besoin de toi, s'il te plait » pleurnichais-je
« Arrête de te foutre de ma gueule ! »
« Ce n'est pas ce que je fais, je n'étais pas là-bas pour m'en foutre plein le nez » criais-je, alors qu'il ne m'écoutait pas
« Je ne veux pas t'écouter, je ne veux plus t'entendre me mentir, depuis le début, quand nous sommes arrivés ici, tu t'es foutu de ma gueule, en me faisant croire que tu voulais vraiment changer…J'ai été conciliant avec toi, je t'ai écouté, j'ai tenté de te sortir de ta putain de chambre noire, mais ça ne sert plus à rien, ça ne sert plus à rien que je m'acharne à te rendre meilleure, tu ne changeras pas ! »
« Teddy » le suppliais-je une énième fois
« C'est ça que tu veux, redevenir la pauvre et pathétique junkie, qui liquidait l'héritage que son beau-père lui a laissé, dans ses poisons…Bien! Reprends cette voie Bells, jusqu'à ce que tu te retrouves dans une de ses ruelles, à te foutre une dernière fois ces merdes dans le sang » me balança-t-il les sachets de coke qu'avait acheté Edward. « Pour en crever »
« Fin plutôt heureuse » ne pus-je m'empêcher de dire
« Je ne suis pas sûr que ta mère t'accueille les bras ouverts »
« Je t'interdis de parler d'elle ! »
« Tu n'as rien à m'interdire ! » gueula-t-il. « Que diriez-vous Renée, si vous étiez encore de ce monde ? » appela-t-il ma mère, les yeux et les bras levés au ciel, comme pour invoqué son esprit
« Ne fais pas ça » dis-je tout bas, blessée qui puisse la perturber dans son sommeil
« Ma fille me déçoit, parce qu'elle n'essaie pas de se battre » s'approcha Teddy, pour capter mon regard remplit de rage. « Elle salit ce que j'ai mis au monde, elle souille le sang que je lui ai donné, tout ça en prétextant m'aimer, Bella ne m'aime pas ! Cette petite délinquante n'est pas ma fille ! Ma fille, ma Bella, était folle de son père, et ne penserait jamais pouvoir lui faire du mal en agissant aussi égoïstement, ma Bella faisait chaque jour ma fierté, en étant pleine de vie, en s'engageant auprès des autres…Ce déchet n'est pas ma fille ! » M'acheva-t-il
Le cœur salement amoché par ses mots, je courrais, sanglotante, dans la salle de bains, où je m'y enfermais.
Il n'avait pas le droit ! Tu dois reposer en paix, tu as besoin de reposer en paix.
Je suis désolée maman, si tu savais comme je m'en veux d'être incapable de faire cette envie d'autodestruction, depuis que tu n'es plus là. Souiller ton sang qui coule dans mes veines, n'est pas ce que je veux, tu sais que ce n'est pas ce que je veux. J'essaie seulement tant bien que mal de survivre sans toi, sans ton amour maternel. J'essaie au mieux de faire comme si la vie est supportable sans toi, sauf que ça n'est pas vrai. Tout est trop dur, tout me fait mal, et me renvoie à ton absence. Je ne peux pas maman, je suis désolée, mais je ne peux pas te prouver que je suis encore la jeune fille innocente que tu as quitté. Pardonnes moi maman, pardonnes cette abîme que je suis devenue. Mais je ne peux m'empêcher de vouloir ruiner mon existence.
« Bella » m'appela cet enfoiré à travers la porte
« Va te faire foutre ! » hurlais, en donnant un coup de pied sur la porte
« Excuses moi, je n'aurais pas dû faire ça, ce n'est pas ce que je voulais »
« Laisses moi, t'as qu'à me foutre dans ce centre, et m'y laisser pourrir, j'en ai rien à faire ! »
« Ouvres cette porte, pour qu'on puisse discuter »
« Je veux pas te parler ! T'es qu'un putain d'enfoiré ! »
« Bells »
« Tu sais quoi, j'étais même pas là-bas pour acheter ces merdes, je voulais aider cet idiot de Masen »
« Ouvres moi alors, pour que tu puisses m'expliquer »
« A quoi ça servirait, je mens comme je respire, c'est ce que t'as supposé tout à l'heure non ? »
« Que crois-tu que j'aurais pu penser, en t'apercevant dans ce quartier malfamé »
« J'ai passé des putains de journées à lutter contre l'envie de replonger, tu penses que je serais assez dingue pour retourner dans ces HP…Je pensais que j'étais en train de te prouver que j'avançais, j'ai eu mon diplôme avec une putain de mention, je me suis réconciliée avec Charlie, je suis en train de faire mes cartons pour quitter l'Etat et entrer dans l'une des universités les plus prestigieuses du monde, qu'est ce qui te faut pour te prouver que j'essaie d'avancer, que j'essaie de faire taire mes pulsions destructrices, et de construire une vie saine ! »
« Quand j'ai cru que tu allais bien, que nous étions sur la bonne voie, tu t'es enfoncé un couteau de cuisine dans les tripes…T'en as peut-être ri, mais moi ça ne m'a pas amusé de te voir inerte dans cette ambulance, ça ne m'a pas fait rire quand le chirurgien qui t'a opéré, m'a annoncé un arrêt cardiaque pendant l'opération…J'ai failli te perdre Bells ! »
« Ça n'aurait pas été une fin si tragique que ça »
« McDonald a assassiné sauvagement tes parents, une famille de 5personnes, et la femme et le fils de ton Masen, en plus de ça, il a provoqué le suicide du père qui a vu sa famille mourir sous ses yeux…Je ne veux pas que ça soit le cas pour toi, en plus de vouloir te garder vivante jusqu'à la fin du procès de cette pourriture, je veux que tu es la vie la plus douce qui soit, je veux que tu puisses devenir la grande écrivain que tu rêves, capable de raconter son histoire, capable de dire au monde, qu'elle a survécu au pire…Je veux que dans 15 ou 20ans, tu puisses regarder cet enfoiré dans les yeux, quand il crèvera sous le poison de l'injection létale…T'as des tas de choses à faire encore, ta vie ne doit pas s'arrêter maintenant »
Etonnée, puis touchée par son discours, j'ouvrais la porte avant de me jeter dans ses bras.
« Je t'abandonnerais pas ma puce, je veux qu'on aille au bout tous les deux »
« Tu le promets »
« Je te le promets ma puce » déposa-t-il un baiser dans mes cheveux. « Maintenant, expliques moi ce que tu foutais dans ce quartier, et qu'est-ce qu'à encore fait ce Masen »
De la venue de Jazz ici, au moment où nous retrouvions Edward, j'expliquais tout en détail à Teddy, afin qu'il me croit sur parole.
« C'est une calamité ce type » fit-il exaspéré par le comportement d'Edward
« Il faut que j'aille le voir, on souffre tous les deux de cette séparation, faut qu'on s'explique »
« Votre relation est dangereuse, t'as besoin de stabilité, de quelqu'un de complètement sain…Un ex-junkie, qui en a rien à faire de replonger, ça me rassure pas »
« Edward est peut-être instable, pourtant en étant près de lui, j'ai jamais ressenti le besoin de commettre une énième connerie, ou une autre tentative de me foutre en l'air…J'ai beau lui en vouloir, il reste quelqu'un de primordial à ma survie »
« Tu ne devrais pas dépendre de quelqu'un, que ce soit lui, ou quelqu'un d'autre »
« J'ai perdu ma raison de vivre…Personne n'arrive à imaginer comment j'ai pu être proche de ma mère…Avec Edward, j'ai cette espèce de lien hyper bizarre, et je ne parle pas du fait qu'on ait eu le malheur tous les deux de rencontrer McDonald, mais d'un sentiment puissant de symbiose, j'aime ce type, je l'ai dans le sang, et rien, pas même sa trahison ne semble me dissuader de lui pardonner »
« Et si c'est vouer à l'échec votre histoire ? »
« Il a survécu à une overdose d'héroïne, je suis toujours là après m'être taillader les veines, et planter un couteau dans les tripes, y a un truc étrange mais hyper fort entre nous, notre couple fera partie de l'histoire mon pote » ironisais-je. « Un peu dans le genre de Roméo et Juliette, on a d'ailleurs failli avoir le même destin funeste »
« En route Swan » céda mon tuteur, amusé par la comparaison
« Laisses moi changer, je suis trempée »
Rapidement, je me séchais les cheveux, que je relevais dans un haut chignon négligé, et quittais mes vêtements trempés, pour un short en coton bleu marine, un débardeur blanc, et me couvrais d'un gilet à capuche. Prête, nous quittions l'hôtel pour Forks.
Je n'appréhendais pas vraiment la mise au point que j'allais avoir avec Edward. Tous les deux, on avait sérieusement besoin d'éclaircir quelques trucs.
Devant la porte, je donnais deux coups sur la porte. Quelques pas se firent entendre derrière la porte, avant que celle-ci ne s'ouvre sur Alice.
« Bella » fit-elle surpris
« Je veux juste parler à ton frère, tu peux l'appeler pour moi » dis-je froidement
« Entres » m'invita-t-elle timidement
« Je préfère rester dehors »
« Je…Je vais aller le chercher alors »
Je savais qu'il était encore stupide de lui en vouloir, mais la journée avait été mauvaise, pour que je puisse ressentir un sentiment de culpabilité suite à nos « retrouvailles ». J'allais patienter sur la balancelle, toujours gênée de ne pouvoir tenir longtemps sur mes jambes. Edward fit une apparition plusieurs minutes après. Il ferma la porte derrière lui, avant de remonter la fermeture de son gilet, et de couvrir ses cheveux de sa capuche. Il avança d'un pas timide vers moi.
« Il n'y a personne, à part Jazz et Lili, tu ne veux pas entrer ? » me demanda- t-il, timidement
« Teddy m'attend » lui montrais-je du regard la voiture louée par mon tuteur. « Je n'ai qu'une heure pour te parler, ensuite je vais devoir retourner à Port Angeles »
Je le suivais du regard, alors qu'il se posa sur la rambarde du perron, me faisant ainsi face. Nous restions un moment silencieux, pour ma part, je tentais de réfréner toutes formes de violences verbales à son encontre, toujours aussi rancunière face à son abandon.
« Je suis désolé » finit-il par souffler, la gorge nouée
« Ne dis pas ça…s'il te plait. Tu as eu 4mois, pour te rendre compte de ce que tu faisais, alors ne me dis pas que tu es désolé »
Je n'avais certainement pas envie de lui mentir, et lui dire que je lui pardonnais, alors que c'était loin d'être le cas. Je lui en voulais encore énormément et il devait le savoir.
« Un soir, nous avons parlé des mois qui ont suivis la mort de ma mère, du choc, de mes mois de silence, mais surtout de ma dépendance…Je me souviens t'avoir dit que cette période était pas très claire dans mes souvenirs, que je ne me rappelais pas précisément de ce que je faisais dans les moments où j'étais complètement stone, ou seulement même des conversations que j'ai pu avoir » gardais-je le regard baissé sur mes converses, perdu dans mes souvenirs. « Tous les deux, on a vécu presque non-stop ensemble, on dormait ensemble, on mangeait ensemble…On passaient des heures ensemble, sans pouvoir se lasser l'un de l'autre, on riaient, on pleuraient, nous avions vraiment quelque chose de fort et de fusionnel, quelque chose qui nous obligeaient à surpasser les règles morales entre un prof et son élève…Sauf que ces instants de complicité étaient la partie amusante de notre amitié, parce qu'il y a l'autre, beaucoup plus sombre…Il y a eu les nuits où tu tenais absolument à ce qu'on sortent, pour faire le saut de l'ange sur la falaise, les matins où tu te levais en courant vers les toilettes, pour gerber toutes les conneries que t'as pu avalé dans la nuit, les heures passées sur la moquette de ta chambre, à te réconforter parce qu'une fois le trip passé, tu faisais de nouveau face à la réalité »
Relevant le regard vers lui, je compris à travers les larmes qui coulaient sur son visage, qu'il réalisait réellement ce que j'avais dû endurer pour lui.
« Mais jamais, jamais je n'ai pensé une seule fois me plaindre, ou t'abandonner…T'étais encore dans le déni, t'avais besoin de ces hallucinations que provoquent ces merdes, juste pour croire encore que tu n'as rien perdu, je l'ai vécu cette période de refoulement, je sais à quel point la drogue peut t'emmener très loin dans tes fantasmes…Et puis, je suis restée aussi, parce que j'étais amoureuse de toi, j'étais amoureuse des brefs moments où tu avais un semblant de lucidité, où nous étions seulement tous les deux, sans le souvenir de personne, j'étais dingue de ces moments où j'avais mon reflet dans tes yeux, parce que je sentais que t'étais vraiment là pour moi…Quand nous sommes rentrés de cette nuit à la fête foraine, j'étais complètement hystérique, notre première nuit à être des gens sans douleur, nous étions dans notre bulle, et tu peux pas savoir comme ça a été jouissif de sentir que c'était un moment sincère »
J'inspirais profondément, essoufflée par l'émotion dû aux souvenirs douloureux.
« Il y a eu peu de jours, de nuits, où j'ai pu profiter du vrai toi…Et puis, y a eu ce matin, où tu es venu chez moi, j'avais mal dormi, presque pas, je n'arrêtais pas d'entendre ma mère criait, j'en pouvais plus, je voulais t'appeler, venir chez toi, mais tes parents y étaient, et notre relation était secrète…J'étais exténuée, puis folle de rage d'entendre Jake pensait que j'allais bien »
J'essuyais rapidement mes larmes du revers de la main, encore marquée par ce matin, qui nous a éloigné l'un de l'autre.
« T'entendre me dire que tu étais fou amoureux de moi, ça m'a tué…Comment pouvais-tu être certain de ressentir quelque chose d'aussi fort, alors que tu ne savais surement pas ce que tu avais fait la veille ? On ne fait pas confiance aux dires d'un junkie, c'est ce qu'on m'a souvent répété en cure…J'ai pensé que tu me baratinais seulement pour me garder auprès de toi, en tant qu'amie qui te soutient, beaucoup plus que les autres l'ont fait pour toi…Ça m'a tué parce que j'ai rêvé de pouvoir t'entendre dire ces mots, et qu'au moment où s'est sorti, t'avais les pupilles dilatées »
Le cœur longtemps oppressé par les évènements des 10derniers mois, déballer tout ce que j'avais pu garder en moi, me fit du bien.
« Je ne savais pas » souffla-t-il. « A l'instant où j'ai pris la décision de t'éloigner de moi, je ne savais pas que tu te sentais coupable de notre séparation…J'ai réellement cru ce que tu disais, simplement parce que parfois j'avais aussi l'impression d'abuser de toi, de notre amitié, te l'entendre dire c'était comme confirmé ce que je pensais…Sauf que ça m'a tout de même surpris, ça m'a blessé parce que justement tu disais que les choses étaient spéciales entre nous, qu'on avaient beau souffrir énormément, on arrivaient quand même à se sentir bien, et que ça voulait forcément dire quelque chose…T'entendre me cracher à la gueule ces mots, ça a brisé tous mes espoirs de guérison, t'étais la seule qui pouvait me donner la force de m'en sortir et tout à coup, tu es devenue celle qui m'a enfoncé plus profondément dans mon enfer…Si toi, tu ne voulais pas de moi, alors je n'avais aucune raison de continuer, c'est pour ça que j'ai voulu en finir, et je sais pas encore si je dois regretter que ça n'ait pas marcher…Je t'ai détesté, je t'ai même accusé mentalement d'être celle qui m'a envoyé dans cet HP, c'est peut-être pas suffisant pour justifier ce que j'ai fait, mais c'est tout ce que j'ai trouvé pour te faire mal, en dépit de ce que tu endurais déjà »
Cerné par la culpabilité, je le sentis essoufflé, le cœur visiblement lourd.
« Pourquoi alors m'avoir embrassé à New York ? »
« Parce que malgré toute la haine que je pouvais ressentir à ton égard, j'étais toujours autant fou de toi, quand je t'ai vu, j'ai rien pu contrôler »
« Tu aurais dû prendre ce foutu téléphone, et me cracher à la gueule toute ta haine, me dire que tu ne voulais plus de moi dans ta vie ! »
A bout de nerfs, je me relevais, incapable de rester assise.
« Si je l'avais fait, tu aurais arrêté d'appeler, tu aurais arrêté de montrer de l'intérêt pour moi, je voulais te faire mal sans pour autant t'éloigner »
Foudroyée par cet aveu, je le giflais violemment, faisant résonner le geste dans l'air.
« J'ai conscience d'avoir mal agi » assommé, il me bloqua tout de même entre ses mains. "Je peux t'assurer que je m'en mords les doigts d'avoir été aussi inhumain, je regrette chaque jour ce que j'ai pu te faire endurer, et je m'en veux énormément d'être finalement celui qui est aujourd'hui à l'origine de notre rupture »
« Rupture ? » me défis-je brutalement de sa poigne. « On s'est seulement embrassés, y avait rien d'officiel entre nous, on est d'ailleurs pas grand-chose aux yeux des autres »
« Jazz et Lili, ont été témoin de ce qu'on s'échangeait dans un simple regard, personne ne savait peut-être pas ce qu'il y avait entre nous, mais nous, on était conscient que les choses finiraient par arriver »
« Quelles choses ? »
« Toi, moi, amoureux, se cachant jusqu'à tes 18ans, avant de partir et de vivre quelque part, où on nous jugerait pas »
« C'est comme ça que tu nous voyais ? » surprise qu'il ait pu nous imaginer un jour, en train de fuir la ville, surprise qu'il ait pu imaginer tout quitter pour vivre avec moi
« Je te voulais Bella, je te veux toujours autant, et aujourd'hui, j'ai toute ma conscience pour te l'assurer »
« Il me semble que tu as les idées claires depuis 4mois » reprenais-je mes esprits
« Bella »
« Ta sœur m'a entendu souffrir pendant tous ces mois, tu savais que je pleurais ton nom, tu savais que je souffrais des regrets que j'avais vis-à-vis de toi…Dans ce centre, j'ai vécu des putains d'horribles journées, des douches froides, des activités humiliantes, des pressions épuisantes, des nuits épouvantables, et tu sais quoi, j'aurais pu supporter tout cette rage que m'ont porté ces chiens, seulement si tu avais daigné prendre ce téléphone pour arranger les choses, ils m'ont atteint des centaines de fois, en me répétant que j'étais une putain de chienne enragée, qui finirait par crever toute seule, tu aurais pu me protéger, tu aurais pu le faire si tu m'avais assuré être amoureux de moi, et avoir conscience de l'être…Mais t'as rien fait Edward, tu t'es nourri de ma tristesse, de ma souffrance, sans ressentir la moindre culpabilité »
« Ce n'est pas vrai ! » riposta-t-il, les larmes aux yeux
« Ne mens pas ! » criais-je. « J'étais ta putain de meilleure amie Edward, j'ai été là pour toi, sans rien demander, j'ai pleuré quand tu l'as fait, j'ai ri quand tu l'as fait aussi, j'ai supporté ta peine en plus de la mienne, et t'en as rien eu à faire ! »
« Ne dis pas ça »
« Tu réalises enfin que ton jeu a été dangereux, que ta vengeance est aussi en train de te punir !...T'as tout bousillé Edward !»
« Bella, s'il te plait »
« Je ne méritais pas ça ! »
« Je sais »
« Le pire dans tout ça, c'est que je ne peux pas te sortir de ma vie, tu as été mon prof, ensuite mon meilleur ami, et j'apprends depuis peu que tu es aussi la première victime de l'assassin de mes parents, tu es partout Edward, et j'en peux plus, j'étouffe, tu comprends, je ne supporte plus ni de te voir, ni penser à toi »
« Me sors pas de ta vie, je t'en supplie »
« C'est toi qui m'a expulsé de la tienne, je n'y suis pour rien »
Blessé, et à bout d'arguments, il finit par fuir à l'intérieur de la villa.
Et merde !
« Tu as dit que tu arrangerais les choses »
Je relevais les yeux, quand je vis Jasper, le regard assassin, venir m'agresser.
« Tu ne peux pas me demander de faire comme si je n'avais rien ressenti, que je n'avais pas souffert à cause de lui…Je me suis arrachée les tripes parce que j'ai cru l'avoir perdu, parce que je pensais l'avoir tué » mourra ma voix, en me rappelant la culpabilité lancinante que j'avais pu ressentir pendant tous ces mois d'emprisonnement
Les yeux vissés sur mon abdomen en pleine cicatrisation, le regard de Jazz se fit surpris, puis triste, coupable.
« Je savais pas »
« Vous ne savez rien de ce que j'ai enduré dans ce centre » crachais-je
Je ramassais mes béquilles et le contournais pour rejoindre Teddy, qui vint se précipiter vers moi, avec un air paniqué.
« Qu'est ce qui se passe ? »
« J'ai une urgence, je n'ai pas le temps de te conduire à l'hôtel, est ce que tu peux rester ici quelques heures ? »
« Quoi ? Non ! »
« Bells, c'est vraiment grave, alors je t'en supplie, écoutes moi pour une fois » illustra-t-il ses mots avec une mine des plus inquiétantes
« OK, mais pas longtemps »
Sans aucune recommandation, il embrassa mon front, et courra jusqu'à la voiture, pour reprendre la route. Qu'est ce qui pouvait le mettre dans un état pareil ?
Je ne m'étendais pas sur la question, en me rappelant que j'allais devoir passer quelques heures, chez celui avec qui je venais de « rompre » définitivement.
« Bells » m'appela Jasper
« Je vais rester dehors, le temps qu'il revienne »
« C'est idiot, il commence à faire froid, et la nuit vient de tomber, tu seras beaucoup mieux à l'intérieur »
Sans un mot, je me retournais et intégrais la villa. Le pas de la porte traversé, je restais un moment sur place, retrouvant le décor de ce qui avait été pendant deux mois mon refuge. Je n'avais pas réalisé à quel point la chaleur de cet endroit m'avait manqué.
« Je veux juste me poser quelque part, en attendant, seule si possible » dis-je, alors qu'il refermait la porte
« Dans le salon, personne ne viendra t'embêter »
Posée sur le canapé, impossible d'échapper aux souvenirs que nous avions partagés Edward et moi, sur le canapé en cuir noir. Je ne compte plus le nombre d'heures que nous avons passés à nous chamailler, parce qu'on n'arrivait pas à se mettre d'accord sur le programme télé.
Du coin de l'œil, je vis Jazz m'observer.
« Est-ce que tu savais ? »
« Pour les appels ? »
J'hochais brièvement la tête.
« Il est revenu une semaine après que tu nous aies donné les premiers appels, Lili et moi, on lui a dit où tu étais, que tu serais heureuse de le savoir ici, mais il a réagi au quart de tour, et nous as demandé de ne rien dire »
Je pouffais de rire, nerveusement, choquée par son attitude.
« Tu sais quoi, Je préférais encore quand il sniffait ces merdes, il avait l'air beaucoup plus humain »
« Je ne veux pas le défendre, mais je sais, j'ai vu à quel point sa désintox l'avait encore plus abîmé » visiblement mal à l'aise que j'insulte son meilleur ami
« Ravie de le savoir »
« Vous êtes tous les deux coupables de votre distance, lui certainement plus que toi, j'en ai conscience, il n'aurait pas dû agir de cette manière, c'était totalement inhumain de sa part, surtout quand on sait ce que tu as fait …Je te demande pardon, d'avoir voulu te forcer à lui pardonner, c'est complètement insensé de ma part…Mais je veux que tu saches, qu'Edward a énormément souffert pendant sa désintox, je ne l'ai su qu'après, il t'a rendu responsable de son internement, on en a beaucoup parlé, et je l'ai vu très affaibli, et vidé par ces 4mois presque de captivité, et de douleurs émotionnelles…Il a eu la connerie de s'injecter une forte dose d'héroïne, et tu sais ce qu'il m'a dit, qu'il crevait d'envie de recommencer, qu'il avait découvert quelque chose de plus puissant que la coke, et que c'était surement le remède à son enfer mental…Il n'a tiré aucune leçon de sa cure, parce que rien n'a changé dans sa vie, il est toujours aussi perturbé qu'avant, sauf que cette fois ce n'est plus à cause de Sarah, mais de toi »
« Je sais ce qu'il a enduré dans cette HP, j'y étais »
« Alors tu devrais comprendre…Fais comme chez toi »
Sans un mot de plus, il me quitta, me laissant seule avec mes doutes.
00h26
Allongée sur le canapé, je fis de nouveau face à mes incessantes réflexions. L'idée de me pointer un flingue sur la tempe, me démangeait sérieusement dans ces moments de questionnements interminables. Teddy n'est toujours pas là, et il ne m'a pas appelé.
Notre relation n'aurait pas dû jamais dépassé celles qu'entretiennent un prof et son élève. Anéantie, je n'aurais jamais dû avoir la force de m'attacher à quelqu'un. Je n'aurais jamais dû avoir l'envie de sourire, d'oublier quelques instants ce que j'ai vu, ce que je vis. Personne n'avait réussi à me changer les idées avant lui, personne n'avait su m'administrer cette petite dose de tranquillisant, pour m'épargner quelques heures la douleur vive qu'est l'absence de ma mère. Pourtant lui avait réussi l'impossible, il avait réussi à rendre mon existence plus douce, plus supportable. Auprès de lui, à travers les plaisirs anesthésiants qu'il m'offrait, j'avais l'intense sensation d'être forte, vivante. En plein deuil, il avait même fait de moi une amoureuse, et je m'étonnais de ressentir autant d'émotions vibrantes, pour un cœur aussi mort que le mien. Encerclée par une armée d'ombre, toutes au service de Jesse McDonald, pour transformer mes nuits en d'épuisante terreurs nocturnes, il avait réussi à les combattre un à un. Il m'avait aidé à mieux respirer…Tout ça dans une étreinte, ferme, chaleureuse, sécurisante, tout ça dans un simple regard. Hors du monde, hors du temps, on était seulement tous les deux.
Aujourd'hui, tout ça semble si loin. Abîmés par notre passé, on avait été jusqu'à faire du mal à l'autre. Lançant des mots blessants, presque meurtriers à la figure de l'autre, sans réelle raison. Ça n'aurait pas dû arriver. Jamais je n'aurais dû provoquer cette distance. J'étais tout autant fautif que lui, dans cette douloureuse et destructrice séparation. J'en étais même l'origine. Peut-être que je ne mesurais pas assez son mal, préférant avoir le rôle de la victime, rôle qui m'empêcher de me blâmer. Je n'avais pas le droit de le rendre coupable de notre échec. Nous avions tous les deux nos torts, et rien que pour ça, je devrais être capable de lui pardonner, comme il semblait l'avoir fait pour moi. J'avais ce besoin de lui, devenu si vite vital, qui m'empêchait aujourd'hui d'envisager une seconde un avenir sans lui. Il n'était plus ce junkie déchu de tout conscience, c'était l'occasion dont j'avais rêvé pour connaître le vrai Edward…Celui qui pourtant sa dépendance guérie, était toujours amoureux de moi.
Ne tenant plus sur ce canapé, je finis par me lever. Debout, au milieu du salon, le regard perdu dans le noir, j'avais subitement besoin de trouver une solution à ce dilemme qui me bouffait le cœur. Je me demandais sérieusement si il n'y avait pas une raison au fait je sois toujours vivante, tout ça après une noyade, les mélanges de drogues, un camion et une plaie ouverte de cinq bons centimètres. Edward était-il la solution à tous mes problèmes ? Peut-être que c'était lui qui finirait par me sortir de mon enfer émotionnel.
Enserrée par le désespoir, je décidais de monter à l'étage. Fallait que je lui parle.
Mais avant que je n'aie pu monter la dernière marche, j'entendis des bruits de pas de course résonner à ma gauche. La chambre d'Edward. La porte restée entre-ouverte, je fus effrayée en l'écoutant vomir. Sans réfléchir, je me précipitais dans sa chambre, inquiète par ce qui provoquait ses vomissements. Traversant la pièce, je débarquais dans sa salle de bain, étonnée, en le voyant plié en deux, la tête plongé dans les toilettes.
« Edward ! »
M'agenouillant près de lui, je le serrais contre moi alors que sa crise finit par passer.
« Qu'est-ce que t'as fait bébé ?»
« Je suis désolé » souffla-t-il, les larmes aux yeux
Posant une main sur son visage, je tentais de capter son regard. J'avais une putain de peur qu'il ait replongé par ma faute.
« Dis-moi ce que t'a fait ? Qu'est-ce que t'a pris ? » Paniquais-je
Il ne répondit pas, son regard fuyant le mien.
« Edward, qu'est-ce que t'a pris ? » insistais-je
« J'ai juste bu différents alcools avec…avec un joint » dit-il honteux
« Putain bébé ! » soufflais-je, presque soulagée que ça ne soit qu'un peu d'herbes, pourtant déconseillé dans un sevrage
« Je suis désolé, je voulais juste oublier que je t'ai perdu »
« Tu m'as pas perdu, je suis là, je suis toujours là chéri » réalisant subitement que je ne pourrais jamais le quitter, quoi qu'il ait pu faire
« Je suis désolé »
« Aides moi à te relever, je vais te préparer un bain »
Impossible d'échapper à la vive impression de déjà-vu.
Debout, je le ramenais jusqu'à son lit, avant de retourner à la salle de bain, et faire couler de l'eau chaude dans la baignoire. Le robinet laissé ouvert, je le rejoignais pour voir comment il allait.
« C'est complètement insensé et stupide de replonger, alors que tu t'es battu pour ne plus dépendre de ces merdes » me posais-je à ses pieds
« J'ai jamais voulu me battre…C'est ces connards qui ont insisté pour me sevrer » replié sur lui-même. « Et puis ce n'est pas si stupide que ça, t'es là en pleine nuit, à t'occuper de moi »
« Je veux pas qu'on retourne à cette routine sordide ! »
« Peu importe, ce qui compte c'est que tu sois là » dit-il à demi-conscient
Je passais un bras sous le sien, et tentais de le relever.
« Putain Masen, lèves ton cul » vacillais-je sur ma jambe valide
Nous arrivions finalement dans la salle de bain, où je lui demandais de se déshabiller, et d'entrer dans l'eau chaude, le temps que je descende et aille lui préparer une infusion. Je n'aimais pas cette impression de déjà-vu. Je ne voulais pas le voir s'enfoncer de nouveau dans son addiction, je n'aurais pas la force de supporter ça.
La boisson chaude préparée, je remontais difficilement à l'étage. Dans la baignoire, cet idiot semblait s'être endormi. Je posais la tasse sur le marbre du lavabo et aller m'assoir sur le rebord du bain. Je posais une main sur sa joue, touchée par son visage presque enfantin. Me perdant dans la contemplation de son visage, je couinais quand je me retrouvais soudainement dans l'eau, dans les bras de cet imbécile de Masen, qui affichait un sourire espiègle.
« Merde Edward ! »
« On est pas bien tous les deux »
« Je suis trempée abruti ! »
« C'est de sentir ma queue contre toi, qui te fait autant d'effet »
Surprise par ses paroles, je donnais un coup de poing sur son épaule, rouge de honte, alors qu'il éclatait de rire. Furieuse qu'il se moque de moi, je bougeais pour sortir, mais il me retint contre lui, faisant taire son rire.
« En cure, je suis devenu fou » redevint-il subitement sérieux. « Ces chiens refusaient de me donner le moindre gramme, alors que j'en avais besoin pour éviter de penser que t'avais brisé notre truc, j'en pouvais plus de devoir être enfermé, et subir chaque seconde ta voix qui me répétait que je n'étais rien pour toi…Je t'ai détesté, de m'avoir foutu dans ce merdier qu'était cette clinique pour dérangés…Quand je suis sorti, ça a été tout aussi pire, je suis resté cloitré dans une chambre d'hôtel pendant une semaine, à lutter contre l'envie de reprendre, alors je suis revenu à Forks, auprès de ma famille, je me suis dit les ayant avec moi, j'aurais plus de difficulté à me replonger, ils seraient une raison de lutter contre cette envie permanente de me piquer à l'héro, pour me soulager »
« Tu m'avais promis que t'essaierais pas »
« Tu m'avais promis que tu serais toujours là » rétorqua-t-il sèchement. « J'ai voulu te faire payer chaque seconde que je vivais à lutter pour ne pas m'enfoncer de nouveau » reprit-il plus doucement. « J'ai voulu t'oublier en me lançant dans cette relation avec cette fille, où je m'écœure à la toucher, à la pénétrer, je ne supporte pas être en elle, je ne supporte pas l'embrasser »
« Pourquoi tu continus alors ? »
« Je dois sauver les apparences auprès de ma famille, je veux plus leur faire endurer mes états d'âme »
« Ils ne sont certainement pas dupe »
« Ils finiront par le croire à la longue »
Amoureuse de lui, plus qu'il n'est permis de l'être, savoir qu'il ne pouvait être heureux avec quelqu'un d'autre que moi, me fit sourire. Je détenais son bonheur tout comme il détenait le mien. Peu importe ce qui avait pu se passer ses dix derniers mois, peu importe les mots qu'on avait pu se cracher à la gueule, au final, on ne pouvait échapper à l'envie de se retrouver dans les bras de l'autre.
« Est-ce qu'avec moi tu ferais semblant ? » lui demandais-je timidement, alors que son regard se fit surpris. « Est-ce que les choses seraient différentes si c'était moi que tu embrassais ? »
« Pour toi, c'est pas pareil »
« Pourquoi ? »
« Parce que je t'aime » m'avoua-t-il
Interloquée par cette déclaration inattendue, j'en fus bouche bée. Jamais, je n'avais osé imaginer que des mots aussi puissants puissent sortir de sa bouche. L'esprit de Sarah planait encore au dessus de lui, je savais alors qu'elle serait toujours la première femme de sa vie, que jamais il ne pourra aimer une femme pleinement que quand il l'a fait avec elle. Et dans mes illusions sur notre possible couple, j'avais accepté l'idée d'être toujours la seconde. Sarah lui avait certainement offert plus que je ne pourrais lui donner dans toute vie. Je ne pouvais donc lutter contre elle, et je ne voulais de toute façon pas rivaliser avec une morte.
La conviction et la force avec lesquelles il avait prononcé ces mots, venait pourtant de changer cette vision que j'avais de notre couple. Il semblait si prêt à tourner la page, à vivre sans réserve avec moi, sans que je ne sente son passé peser sur nous, et c'était…c'était perturbant. Notre relation, cette espèce de fusion inexplicable qui nous liait, paraissait me rendre indispensable à ses yeux, presque me mettre au même piédestal que Sarah. C'était absurde, et j'avais presque honte de « prendre la place » de Sarah…Mais me sentir si essentielle à ses yeux, était trop important aux miens. J'avais besoin de savoir, que son amour était aussi fort et violent que celui que je ressentais pour lui. Il le fallait.
Le cœur hystérique face à cette « révélation », je fus prise d'une violente envie de l'embrasser. Sans attendre Edward vint vivement aventurer sa langue entre mes lèvres, pour prendre possession de toute ma bouche. Le contact chaud, électrique, vibrant, mon amour devint incontrôlable, et se fit gourmand contre moi. Et pour la première fois depuis ma sortie du centre, je fus envahi pas un vif sentiment de liberté. Délivrée des oppressantes et sombres illusions qui m'ont empêché de vivre, de respirer depuis le décès de ma mère, Edward devient subitement plus qu'un amour, il est ma nouvelle raison de vivre. Dans ses bras, sur ses lèvres, j'aime, je respire, j'espère…Je suis. Dans ses bras, je suis entière, je suis quelqu'un et non plus un corps sans vie. Sur ses lèvres, je suis vivante.
Le bas ventre, abruptement incendié d'un désir ravageur, j'incitais mon amour à donner vie à mes fantasmes enfouis, dans un regard brûlant échangé. C'est la première fois qu'en un an et demi, je ressente l'excitation d'un désir, cette chaleur érotique.
Me soutenant sur les rebords de la baignoire, je quitte le bain, sans quitter les lèvres de mon ange, l'invitant ainsi à me suivre. Les deux pieds hors de la baignoire, je délaisse à peine quelques secondes sa bouche, pour enlever mon tee-shirt trempé, sous les yeux envieux et désireux d'Edward. Mon cœur affolé, s'enflamme rien qu'à l'idée de provoquer cette étincelle. Après tout, il reste un homme de 25ans, avec un potentiel sexuel plus exploité que le mien. Abstinente depuis plus d'un an, et négligé physiquement (vestimentairement parlant), je n'avais jamais pu imaginer voir cette parcelle incandescente qui donne une lueur si spéciale à ses émeraudes. Pourtant elle était là, et me rendait tout à coup nerveuse. Il était évident que dans quelques secondes, nos corps voudront assouvir la frustration engendrée par notre relation restée trop longtemps amicale. Peut-être que je ne serais pas la hauteur, peut-être que je n'arriverais pas à le combler, et que ça ferait capoter toutes chances de former un couple…Qu'est ce qui m'a pris de m'éprendre d'un tel canon, et d'avoir la prétention d'être à la hauteur de ses envies ?
« Je n'ai touché personne depuis plusieurs mois » dis-je soudain contre ses lèvres, qui quémander un autre langoureux baiser
« Je n'ai pas non plus touché une fille depuis plusieurs mois »
Arrêtant du doigt ses lèvres friandes, j'arquais un sourcil, alors qu'il se foutait de ma gueule.
« Tu serais étonné de voir ce qui se passe pendant ces…ces coucheries »
« Dis-moi » lui tendis-je une serviette, troublée par son impressionnant sexe en érection
« Tu veux vraiment parler de ça maintenant ? » l'attacha-t-il autour de sa taille
« Je veux juste savoir, si je peux rivaliser avec une femme de quoi ? 22-24ans ? »
« 26, Et tu n'as pas à rivaliser avec Tanya, puisque je ne ressens rien avec elle »
« Edward »
« Je suis sérieux Bells »
Se rapprochant de moi, il me plaqua gentiment contre le mur, et se pencha sur mes lèvres.
« Tu sens ça » souffla-t-il contre mes lèvres, en pressant son érection contre mon entre-jambe après avoir soulevé ma jambe gauche
Ce geste provocateur, eu le don de nous tirer un gémissement à tous les deux.
« Tanya n'a jamais réussi à provoquer une telle érection » dit-il, sourire aux lèvres
Je pouffais de rire, amusée mais très fière.
Sans un mot de plus, Edward passa une main derrière mon dos, pour aller dégrafer mon soutien-gorge, qu'il fit glisser le long de mes bras. La poitrine à nue, je piquais un énorme fard sous son regard aventureux, baissant rapidement la tête, honteuse. Jamais je n'avais eu aussi de crainte à me retrouver nue devant un homme. Edward releva mon visage, pour capter mon regard.
« Ne baisse jamais les yeux devant moi, t'es superbe Bella, et j'ai de la chance d'être celui à qui tu offres ces courbes monstrueusement sexy ! »
Je souriais comme une petite midinette, flattée, avant de me jeter une seconde fois sur ses lèvres. Edward passa ses mains sous mes fesses, pour me porter. A taille égale, ma langue s'immisça sauvagement dans sa bouche, pour provoquer la sienne dans un sensuel duel. Et la sensation de sentir mon corps presque nu, contre sa peau chaude ne fit qu'accroître mes ardeurs. Traversant la pièce, je fus soudainement projeté sur son lit. Vive l'oxycodone !
Le regard vissé sur le corps athlétique de mon amour, je le dévorais des yeux alors qu'il laissa tomber sa serviette. Le fait qu'il soit aussi bien membré, va surement déchirer les sutures de ma plaie, va peut-être me rendre totalement incapable de me tenir sur mes deux jambes, mais qu'importe, j'ai envie de lui !
Totalement offerte à lui, il promena sa bouche sur mon cou, mes clavicules, ma poitrine, y titillant mes tétons qui pointaient durement sous l'attouchement.
« Edward » gémissais-je sous ses câlineries aphrodisiaques
J'en pouvais plus ! Jamais un homme, n'avait su attiser autant de désir.
Son souffle chaud sur ma peau, provoqua des spasmes douloureux dans le bas de mon ventre. Putain, il était doué ! Avec une lenteur sadique, il retira doucement mon tanga trempé, et le jeta loin derrière lui. Complètement nue devant l'objet de mes fantasmes, j'arquais une nouvelle fois mon corps, quand il déposa des baisers ardents à l'intérieur de mes cuisses. Il me tortura longtemps, avant de déposer ses lèvres sur mon clitoris gonflé de désir, et le taquiner du bout de la langue. Et comme si c'était la plus exquise des friandises, il léchait ma féminité avec envie.
« Edward ! » me plains-je
Sa torture dura plusieurs minutes, se plaisant à voir me tordre d'impatience, de désir, et de plaisir. Je le supplie, je veux tout. Sa bouche, ses mains, sa queue.
« Edward » le suppliais-je
« Ça arrive bébé » souffla-t-il contre mes lèvres, alors qu'il s'était penché au-dessus de moi
J'en profitais pour capturer sa lèvre inférieure entre mes dents, et provoquer un baiser. Edward y répondit avec envie, alors que sa queue frottait contre moi. Il glissa sa main entre nous, et je poussais un cri étouffé par ses lèvres, quand son majeur me pénétra. Sous son doigté expert, je me cambrais, pour accentuer le contact de sa caresse frénétique.
« Edward »
Et dans un geste obscène, il ramena son doigt à ses lèvres, pour y lécher ma jouissance. Son doigt toujours dans sa bouche, j'écrasais violement mes lèvres contre les siennes pour l'embrasser. Ce type était un péché à lui tout seul. Sa queue taquinant mon clitoris, Edward glissa une main entre nous, pour guider son érection et s'enfoncer doucement en moi, poussant un petit gémissement
Mon corps surpris par la taille imposante de sa queue, j'agrippais les draps, mordant mes lèvres, face à la douloureuse pénétration. Devant ma grimace, Edward ressortit rapidement, avant de quitter précipitamment la chambre et de revenir avec un petit flacon rose, que j'identifiais comme du lubrifiant.
Je me relevais, et lui arrachais la petite bouteille des mains, pour en verser dans la paume de ma main. En quantité suffisante, j'étalais le gel froid sur mes deux paumes, avant de les poser doucement sur la queue tendue à bloc d'Edward, qui frissonna sous le contact, qui fut électrique pour ma part.
« Putain, Bella ! »
Il prit d'assaut mes lèvres, alors que je pressais son érection entre mes mains, pour éviter de se faire entendre. Le gel plus que bien étalé, Edward poussa sur mes épaules, pour m'allonger, et ainsi de nouveau tenter de s'aventurer en moi. L'intrusion moins douloureusement brûlante que moi, mon amant fit une lente ascension entre mes chairs. Ces coudes encadrant mon visage, sa bouche ouverte souffla chaudement contre la mienne, laissant échapper parfois quelques gémissements rauques, que je trouvais terriblement sexy. Submergeait par les vagues du jeu érotique, du désir, et du plaisir, je crochetais ses hanches, et me laisser aller contre lui.
« Bella » gémit mon amour, alors qu'il donna le premier coup de rein, qui m'arracha tout autant son prénom des lèvres
Tremblante sous ses coups de reins experts, la comparaison avec l'effet de puissance physique et intellectuelle de la coke me vint soudainement à l'esprit. J'avais le cerveau aussi détraqué que mon cœur. Nos corps claquaient l'un contre l'autre, et le son qui en résonner entre les murs, était excitant. C'était puissant, comme une explosion, comme si tout à coup le monde entier nous criait qu'il fallait enfin que nous nous trouvions pour que celui-ci tourne à nouveau rond. Il était l'évidence, auquel on ne peut pas échapper. J'étais à lui, faite seulement pour lui.
Atteignant l'orgasme, qui mit fin à cette rencontre intense, Edward se paralysa en moi, pour jouir, alors que je le précédais de quelques secondes.
Essoufflé, transpirant, il se posa lourdement à mes côtés, liant discrètement ses doigts aux miens.
« C'était… » Incapable de continuer, le souffle erratique
« Comme ce flash que t'as »
« Quand tu respires la coke »
« Ou une injection d'héro…Sauf que c'est plus fort »
« Presque insupportable »
« On dirait que ton cerveau va péter »
« Mais en même temps, c'est orgasmique »
Edward se tourna vers moi, j'en fis de même, avant qu'il ne m'enlace pour me garder contre lui.
« T'as dit que tu m'aimais » souris-je niaisement
« Et je le pense »
« C'est pour ça que tu ne portes plus le médaillon de Sarah ? » remarquais-je l'absence du bijou à son cou
« En cure, j'ai suivi une thérapie, que je suis toujours d'ailleurs »
« Je veux ton secret Masen, suivre une thérapie, ce n'est pas rien » me moquais-je
« J'avais besoin de lui parler de toi, de ce que je ressentais, ma culpabilité vis-à-vis de Sarah »
« Est-ce que ça t'a vraiment aidé ? »
« Sarah a été ma femme, et la mère de mon fils, je les aimais tous les deux, et j'aimerais certainement toujours Sarah, peut-être pas aussi fort qu'avant, mais elle sera toujours une partie de moi, je ne veux pas oublier que j'ai été marié, et père d'un petit bout de chou »
Le cœur serré par son regard qui se perdit dans le vide, j'interceptais du doigt une larme qui s'échappa du coin de son œil.
« Sauf que je ne peux plus vivre à travers eux…Quand je suis arrivé à Forks, j'avais pas vraiment dans l'idée de tomber amoureux d'une petite adolescente, capricieuse et violente »
« Hey ! » le bousculais-je gentiment
Il ria doucement, avant de poser un chaste baiser sur mes lèvres.
« A partir de quand, as-tu réalisé que tu ressentais plus que de l'amitié pour moi ? »
« La première fois, que je me suis posé la question sur mes sentiments, c'était juste après la soirée à la fête foraine »
« C'était une excellente soirée »
« Je crois que je t'ai regardé différemment ce soir-là, je t'ai trouvé belle, vraiment très belle, j'ai eu un coup de foudre…Mais quand je suis rentré, je m'en suis voulu d'avoir par la simple pensée de te voir autrement que comme une amie, trahi Sarah, alors j'ai tenté de refouler ça…Sauf qu'il m'ait devenu impossible de me séparer de toi »
« Lili et Jazz, disaient qu'on étaient de vrais siamois, toujours fourrés ensemble…mes amis m'en voulaient d'ailleurs de ne plus pouvoir passer de temps avec eux »
« Je ne supportais pas que tu t'éloignes de moi…Tu te souviens de la fois, où tu m'as dit devoir passé la soirée chez tes amis de la Push, pour fêter l'anniversaire d'Angela »
« J'y suis restée une heure, Jazz m'a appelé pour me dire que tu n'allais pas bien »
« C'est moi qui lui ai demandé de le faire…A peine partie, que tu me manquais déjà »
« Je t'ai dit que je reviendrais »
« Je sais, mais je supportais pas l'idée que tu puisses t'amuser sans moi, je tournais en rond en comptant les minutes, et j'ai fini par craquer…quand tu t'es glissée dans mon lit, je me suis sentis à nouveau bien, entier, apaisé…Tu m'es devenue vitale, en à peine quelques semaines, j'avais beau lutter contre, pour ne pas décevoir Sarah, je pouvais pas m'empêcher de me dire, que t'étais une fille fascinante que j'aimais voir vivre »
Emue par cet aveu, je baisais ses lèvres avec envie.
« Je t'aime aussi, et je ne veux pas que t'aies peur de me dire que Sarah te manque toujours, je reste avant tout ta meilleure amie, avec qui tu parlais de tout »
Nous échangions un long baiser, avant que je ne me cale confortablement contre mon amour, pour faire croiser mes jambes avec les siennes, et ainsi retrouver cette étrange combinaison, qui rendait notre union si flagrante. Enveloppée dans ses bras, je m'endormais rapidement.
PDV Edward
Le lendemain,
« So if you feel like I fell, please let me know that it's real, you're just to good to be true, Can't take my eyes off you »
Le café préparé, je le versais dans le blinder pour le mixer avec la glace à la vanille et les glaçons. Le café frappé était la boisson matinale préférée de Bella. Sauf qu'elle savait mieux les préparer que moi.
Préparant le petit déjeuner de ma belle, en me déchaînant sur la voix de Lauren Hill, je tentais de me souvenir, si je m'étais retrouvé à un moment donné à inspirer un rail de coke. Peut-être que les images du corps de ma belle, se tordant sous mes coups de reins, qui n'arrêtaient pas défiler devant mes yeux, n'étaient qu'hallucinations.
En début de soirée, les derniers mots qu'elle avait prononcés, semblaient mettre définitivement fin à notre histoire. Je n'avais pas su la convaincre, des regrets que j'avais vis-à-vis d'elle, ni de la sincérité de mes sentiments. Et en l'écoutant parler de notre relation, de ce qu'elle avait enduré dans ce centre de tortionnaire, j'avais réalisé à quel point j'avais sérieusement merdé avec elle. Honteux, je n'avais pas su soutenir son regard, alors qu'elle me détaillait avec rage ces mois d'enfermement. En l'informant de mon retour à Forks, de ma cure de désintox et de ma thérapie qui m'avait aidé à être sûr de ce que je ressentais pour elle, j'aurais pu l'aider à mieux supporter sa peine, j'aurais pu attendre qu'elle sorte, pour mettre les choses au clair et ainsi prendre un nouveau départ. Au lieu de ça, j'avais préféré lui faire payer ce que j'avais enduré dans ce nid pour déséquilibrés. Malgré mes sentiments pour elle, elle avait représenté à cette période, et il y a encore quelques jours avant nos retrouvailles à New York, une source de cauchemars, nos souvenirs n'étaient que supplice que je devais supporter chaque jour.
Je l'avais abandonné, je l'avais lâchement abandonné dans ce foutu centre géré par des chiens frustrés, sans lui donner une chance de s'expliquer. Et mon abandon avait failli la tuer. Quand son tuteur avait débarqué, il y a quelques jours ici, fou de rage, pour me révéler le geste suicidaire qu'elle s'était infligée, j'étais resté totalement figé sur place, sidéré qu'elle ait pu vouloir en finir à cause de moi. J'avais été trop loin, et j'aurais pu la perdre pour de bon. J'avais agi comme le pire des connards, tout ça en prétendant l'aimer…C'était plus qu'hypocrite de ma part !
Et pour ça, je n'avais aucun droit de l'approcher, de forcer les choses, ou de la harceler pour qu'elle me garde auprès d'elle. J'aurais pu m'éloigner, quand elle m'avait hurlé vouloir que je sorte de sa vie. J'aurais pu le faire…si seulement j'étais capable de vivre sans elle. Ce petit monstre d'à peine 1m60 avait mis un chaos pas possible dans ma vie, en mettant en doute inconsciemment tout ce pourquoi je vivais. Mon amour pour ma femme, la routine ennuyeuse qu'était mon boulot. D'un simple regard, elle avait réussi à s'immiscer en moi, cernant mes craintes, mon passé. Et quand j'avais décidé de me fermer au monde, elle s'était discrètement faite une place en moi, pour se rendre essentielle à mon existence. Elle était pourtant tout l'opposé des femmes qui avaient fait partie de ma vie. Au-delà du physique brune et pulpeuse qu'elle affichait, en contradiction avec mes relations précédentes, plus longilignes et blondes, elle avait ce tempérament de feu, cette impulsivité qui la caractérisant tant. Qui lui apportait plus d'ennuis qu'autre chose. Malgré tout ce qui nous opposait, occultant le fait que nous ayons le même passé sanglant, elle représentait aujourd'hui, plus qu'un amour, elle était une force, une faiblesse, ma dépendance, un poison, ma destruction, une raison de vivre, une raison d'en finir. Et c'est tout ce que j'avais voulu lui dire, en lui adressant des mots que je n'avais plus dit, que j'avais même banni depuis le décès de Sarah. Un « je t'aime » qui avait réussi à donner plus d'appui à mes sentiments, qui m'avait aidé à la convaincre que j'étais prêt à tout pour elle.
Le petit déjeuner de mon ange préparé, je remontais dans ma chambre. Ma belle au bois dormant, dormait toujours. Caressant du regard sa chute de rein, j'allais me poser sur le canapé du balcon, où j'avais une excellente vue sur son corps nu, à peine recouvert du drap, qui laissait entrevoir la naissance de son superbe cul ! J'étais dingue de ses courbes avantageuses, qu'elle maudissait car elles étaient les marques de son ancienne obésité. Cette fille n'était même pas consciente du charme naturel qu'elle dégageait.
M'égarant dans la contemplation de son corps, je fus à nouveau envahi de cette chaleur qui m'avait animé dans la nuit, alors que je baladais mes lèvres sur sa peau diaphane. Découvrir ses courbes, sentir chacun de ses battements de cœur, ou l'entendre souffler mon nom…Toutes ces choses que je pensais illusoire, utopique avait fini par arriver alors que tout espoir m'avait quitté. Aujourd'hui j'avais enfin la certitude que tout irait mieux.
Gênée par les rayons du soleil, qui vinrent l'aveugler, mon cœur finit par ouvrir les yeux. Je me levais rapidement et atténuais la lumière en tirant le rideau bleu marine sur la baie vitrée.
PDV Bella
Profitant qu'il se soit tourné, je boitais rapidement jusqu'à la salle de bain, le corps recouvert du drap rouge. J'avais une mine affreuse le matin, entre la chevelure des Jackson 5 et les yeux bouffis, hors de question que le canon qui a dormi avec moi, voit ce désastre !
Posée devant la glace, je détaillais du regard chaque trace qu'avait laissé mon amour sur ma peau. Si je pouvais tenir sur mes deux jambes, j'aurais sauté comme une petite adolescente. Pressée de le retrouver, j'entreprenais de faire quelques retouches. Dans un geste instinctif, j'attrapais ma brosse à cheveux. MA brosse à cheveux ? Sur le marbre du lavabo, traînait plus de la moitié de mes affaires de toilettes : brosse à cheveux, mon lait d'ânesse, ma brosse à dents…Etonnée, je me rappelais alors du jour où Edward m'avait obligé à ramener mes affaires ici, pour que je n'ai pas rentré chez moi, les lendemains de soirée passées ensemble. Quand je disais que nous étions inséparables, ce n'était pas pour exagérer.
Retrouvant avec sourire mes marques, je ressortais beaucoup plus potable qu'il y a 20minutes. Passant par la porte qui communiquée avec la penderie, j'enfilais un tee-shirt, et un tanga en coton violet, pour rejoindre enfin mon amour, installé sur le canapé du balcon, la tête dans ses bras.
Inquiète par cette réaction de renfermement, j'approchais pour m'assoir près de lui.
« Edward » glissais-je une main dans ses cheveux
« Est-ce que tu regrettes ? » se leva-t-il brutalement, comme si mon geste l'avait brûlé
« De quoi tu parles ? » surprise du ton agressif qu'il avait pris
« De ce qui s'est passé cette nuit ? »
« Non ! Qu'est ce qui te prend ? »
« Tu t'es enfuis dans la salle de bain, sans me dire bonjour, et ça fait plus de 10minutes que t'y es »
« J'avais besoin de me réarranger le portrait, je ne voulais pas que tu me vois comme ça »
« Bella »
« Je suis sérieuse…Edward, je faisais la même chose les matins où on dormait ensemble »
Rassuré, il s'agenouilla devant moi. Ses bras autour de ma taille, il se colla à moi, pour pouvoir m'embrasser.
« C'est stupide, t'es magnifique »
« Tu verras, une fois que cette période d'amoureux transis sera passé, tu crieras au monstre »
Il éclata de rire, avant de se poser près de moi, et de m'attraper par les hanches, pour me poser sur ses genoux.
Me perdant dans son regard illuminé par la vie, je m'isolais du monde, pour me cacher dans le sien. Je me suis toujours demandé comment il réussissait à créer cette impression de seconde dimension, où rien n'existait autour de nous. Il avait ce pouvoir de capter mon attention, de manipuler mes émotions, de sorte à ce que rien ne compte, à part lui.
« Comment je peux avoir la certitude que je ne suis pas en train d'halluciner en ce moment même ? » fit-il en glissant un doigt le long de mon cou
Chacune de ses caresses était un danger pour ma santé cardiaque.
Glissant mes mains sous la capuche de son sweat, j'agrippais doucement ses cheveux, pour le rapprocher de lui. Penchée sur ses lèvres, je les capturais dans un langoureux baiser. J'étais dingue des impulsions électriques que créaient ses baisers sur mon cœur. C'était vivifiant ! Réagissant violemment à la caresse, Edward m'allongea sur le canapé, glissant doucement sa main sous mon tee-shirt.
« Est-ce que t'as déjà senti ça dans tes hallucinations ? » sa main restée là où mon cœur battait
« Jamais »
Calé entre mes jambes, il frotta doucement son érection naissante contre moi. A bout de souffle, j'arrêtais ses ardeurs.
« On s'est pas protégés cette nuit, il va falloir que j'aille à la pharmacie pour une pilule du lendemain »
« Prévois une contraception plus longue, après cette nuit, je pense avoir envie de me protéger »
Je souriais contre ses lèvres, alors qu'il y déposait un autre baiser.
« Est-ce que tu te protèges avec cette Tanya ? »
« Toujours »
« Je veux plus que tu la touches »
« Tanya est à Londres, je romprais dès qu'elle reviendra »
« Tu me le jures »
« Je te le promets bébé »
« Edward »
Edward tourna la tête, alors que Jasper fit son entrée dans la chambre.
« Dîtes moi que je suis en train de rêver ? »
Edward et moi, nous relevions, alors que Jazz s'installait sur le fauteuil qui nous faisait face.
« Salut Jasper »
« Salut Bells, est ce que je suis en train de rêver ? »
« On était occupé Boucle d'or » le fusilla du regard, Edward
« Si il serait pas venu, je n'aurais pas pu arrêter les ardeurs de monsieur »
« Tu t'en es pas plainte cette nuit »
« Me dîtes pas que vous avez ? » fit surpris Jasper
« Coucher ensemble, si » répondit Edward
« Qu'est ce qui s'est passé entre hier soir et ce matin, pour que vous vous soyez rabiboché ? »
« T'avais raison, j'aurais dû comprendre comme il a souffert en cure, ça lui pardonne pas tout, mais ça m'aide à ne plus lui en vouloir autant…Et puis, je l'aime, j'ai besoin de lui »
Du revers de la main, je séchais rapidement une larme qui coula, dû à l'amour irraisonnable que je ressentais pour Edward.
« Je t'aime aussi princesse » souffla-t-il à mon oreille
« Est-ce que j'ai le droit de commander un feu d'artifice pour fêter ça »
« T'en fais pas un peu trop » se moqua Edward
« Mon grand frère a enfin l'impression d'être vivant, tu sors enfin de ton enfer Masen, alors rien n'est trop grand pour fêter ça »
Les larmes aux yeux, je les regardais échanger une étreinte virile mais tout à la fois touchante.
« On pourrait faire un truc ce soir, un dîner sympa…Em est là » proposa Jasper
« Je ne suis pas sûre que »
« Faut que je te présente au reste de la famille princesse » s'emballa Edward
« Edward, je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée, peut-être qu'il ne verrait pas d'un bon œil notre relation, peut-être que tu l'as oublié mais on a 8ans de différence »
« Emmett sait qui tu es aux yeux d'Edward, il sait ce que tu représentes pour lui, tout comme Rose » m'informa Jasper
« Tu leur as parlé de moi ? » me tournais-je vers Edward, étonnée
« Ils sont rentrés dans ma chambre, pendant mon absence, et on vu les photos »
« Génial ! »
« Ils t'aiment déjà bébé »
« Est-ce qu'ils savent au moins que je suis une ex-junkie, qui sort de 6mois de taule ? »
« Oui, ils sont au courant de tout »
« Et ça ne leur fait pas peur ? »
« Va t'habiller au lieu de débiter autant de conneries »
« Je voulais avoir un peu de temps avant que tu me présentes »
« Mon grand-frère est l'une des personnes les plus importantes dans ma vie, et je tiens à lui présenter celle qui m'a aidé à m'en sortir, et rendu meilleur »
Cédant à sa moue convaincante, je soufflais avant de me lever, de l'embrasser chastement et de disparaître dans la penderie, sous les sifflements de Jasper, très vite arrêté par une claque de la part de mon homme. Mon homme !
Retirant mon tee-shirt, je recouvrais ma poitrine d'un soutien-gorge, avant d'enfiler un marcel blanc, et mon short en coton bleu marine que je portais hier. J'attrapais mon gilet à capuche noir et rejoignais Edward qui terminait d'enfiler ses converses.
J'esquissais un sourire, alors que mon ange me tendait un pain au chocolat, dans lequel je croquais, mon pilulier et un verre d'eau.
« Jasper les as trouvé en bas, je pensais que t'en avais besoin »
« Merci »
L'oxycodone avalé, Edward se posa sur le lit avant de m'attirer à lui. Pour la seconde fois de la journée, il afficha une mine inquiète, torturée.
« Je sais que je pourrais probablement jamais réparer ce que j'ai fait » caressa-t-il du pouce la cicatrice qui longeait ma jambe.
« Hey bébé, ce n'est pas ta faute…J'étais furieuse quand je t'ai reproché mon accident, c'est moi qui était stupide, j'ai agi de façon impulsive et je suis seule coupable de ce qui m'oblige à me trimballer en béquilles »
« Il n'y a pas que ça » fit-il référence aux entailles présentes sur mes poignets, que je recouvrais rapidement des manches de mon gilet, et de ma plaie abdominale
« Teddy n'aurait jamais dû te dire pour ma dernière connerie en date »
Sur le trajet vers la villa, j'avais demandé à Teddy de quoi voulait-il parler, quand il avait plaqué Edward contre le mur, et cet idiot m'avait révélé avoir parlé de ma tentative de suicide à Edward. Moi qui voulais lui cacher ça.
« On est ensemble aujourd'hui, et c'est tout ce qui compte…Chaque minute qu'on passera ensemble, cicatrisera toutes les blessures qu'on a pu s'infliger...Dans quelques semaines, on fera une dernière fois face à notre passé, après ça, on vivra enfin ce pourquoi on s'est battu, ok ? »
Il hocha la tête, avant de m'embrasser.
« Faut vraiment que j'aille acheter cette pilule, alors allons-y »
« Stresses pas, tu les aimeras »
« Ce qui m'inquiète c'est de savoir si eux m'aimeront »
Sur mes béquilles, je suivais Edward jusqu'au salon, où Jasper, Lili, Emmett et Rose Mccarty jouaient avec deux petites filles.
« Monsieur se montre enfin » salua Emmett, dans une accolade brutale avec son petit frère
« Je savais pas que tu viendrais »
« Je t'ai dit qu'on resterait dans le coin un moment »
« Tant mieux…Em, je te présente Bella »
« On se connait déjà en quelques sortes »
« Salut » tendis-je une main timidement
« Ravis de te rencontrer enfin, j'étais un grand fan de ton beau-père »
« Ta gueule Em » le gifla gentiment une blonde d'1m70, canon pur et dur
« Désolé, mon frère est parfois maladroit » me dit Edward
« Non, ça va…Phil aimerait savoir qu'il a toujours des fans »
« Salut, je suis Rose »
« Rose McCarthy, le mannequin de chez Victoria » terminais-je
« On se connait ? »
« Ma mère était une fan inconditionnelle, elle disait que tu étais loin des habituels clichés des mannequins anorexiques…J'ai pris exemple sur toi, pour perdre quelques kilos »
« C'est très gentil, merci »
« Est-ce que ça te dirait de déjeuner avec nous, on serait ravis de faire ta connaissance » proposa-t-elle
« J'aimerais…Mais je dois aller chercher un petit truc à la pharmacie, et c'est vraiment urgent » dis-je gênée
« Oh, ok »
« Je l'y emmène, ça nous prendra pas longtemps »
« En fait, j'aimerais que ce soit Lili »
J'avais besoin de lui parler, m'excuser pour mon comportement.
« Si tu veux bien ? »
« Oui, bien sûr, je vais chercher mes clefs »
« Tu reviens juste après ? » me demanda Edward
« Teddy n'a toujours pas appelé, est ce que tu pourras lui dire que je reviens dans quelques minutes, si il passe ici »
« Ouais, bien sûr »
J'embrassais furtivement Edward, avant de suivre Lili vers la porte. Mais avant qu'on ait pu sortir, on sonna à la porte. Lili ouvra.
« Edward Masen, j'espère que t'as une bonne raison pour ne pas être venu me chercher à l'aéroport » gueula une grande blonde
Bouche bée, je regardais le sosie de Sarah entrait et se dirigeait vers Edward.
« Tanya ! » s'exclama Edward
Sous le choc, j'avais sous les yeux la copine officielle de mon mec. Une beauté fracassante, en face de laquelle, je ne faisais désespérément pas le poids.
