Bonjour, un nouveau chapitre encore pour ce week-end ! Bonne lecture :)


Chapitre 7 - Une mise au point s'impose !

"Chère Mère,

J'espère que vous allez bien. Ma rentrée s'est bien passée à Poudlard et malgré les nombreux devoirs que me donnent mes professeurs, tout va bien.

Je souhaiterais discuter de notre dernière conversation.

A la vue de ma réaction, vous avez dû comprendre que je n'étais pas encore prête à entendre votre proposition. J'ai réagi sous l'effet de la colère et je souhaite m'excuser pour mes paroles inconvenantes.

Néanmoins, pour le moment, pourriez-vous me laisser un peu de temps pour réfléchir ? Vous avez bouleversé mes perspectives d'avenir et il m'est encore difficile de vous répondre à l'affirmative.

Je ne connais pas Abel Nott et me savoir marier avec lui sans même savoir qui il est me terrifie quelque peu. Serait-il possible d'organiser une entrevue avec ce jeune homme afin de faire taire mes doutes ? Je reviendrai au manoir pour les vacances de Noël, peut-être une soirée pourrait être organisée avec Monsieur et Madame Nott ainsi que leur fils ?

Je sais que je ne suis pas en droit d'exiger une telle requête mais cela me permettrait d'y voir plus clair.

J'espère que vous comprendrez ma position et que vous accéderez à ma demande.

Bien cordialement,

Rosamund"

Rosie relut plusieurs fois le parchemin qu'elle souhaitait envoyer à sa mère. Elle n'était pas satisfaite mais elle se devait de lui écrire. Cela faisait une semaine qu'elle n'avait pas envoyé de courrier à sa mère, ni qu'elle en ait reçu de sa part et cela commençait à l'inquiéter.

Elle décida d'envoyer cette dernière version. Son destin était désormais attaché à la patte de son hibou Malcom. Elle espérait sincèrement que sa mère serait attentive à ses demandes. Elle n'avait pas envie de rencontrer Abel Nott mais comme l'avait suggéré son frère, elle devait se montrer plus conciliante. Au moins, si sa mère acceptait cette rencontre, Rosie n'aurait pas besoin d'y penser avant Noël, ce qui serait un grand soulagement. Elle pourrait enfin se concentrer sur ses études.

Quand elle vint à son double-cours de Potions le lundi suivant, Sirius était déjà installé à leur table.

- Salut, lui dit-il d'une froideur extrême.

Comme à son habitude, Rosie ne lui répondit pas et lui lança juste un regard hautain en guise de salut, puis, s'installa tranquillement. Elle savait qu'il l'observait froidement mais fit semblant de ne pas le remarquer et ouvrit son livre de potions.

Elle sursauta lorsque Sirius déposa avec fracas la boite des ingrédients sur leur table. Elle le regarda avec surprise mais il ne la regardait pas et croisait ses bras en attendant l'arrivée du professeur. Elle sentit une très forte animosité émanée de lui et n'essaya pas de lui parler ni de comprendre pourquoi il était si en colère. S'il était énervé, c'était son problème, pas le sien. Rosie vérifia que les ingrédients de la potion était bien en place dans la boite. Puis, sans un mot, elle sortit les Chrysopes, prit son chaudron et les fit cuire à feu doux. Ces plantes, très résistantes à la chaleur, devaient cuire à petits feux pendant 21 jours. Elle viendrait tous les jours vérifier si la cuisson se passait bien. Elle alla déposer le chaudron sur la table des potions en cours, y inscrivit son nom et celui de Sirius et lança un sort de protection qui empêcherait quiconque en dehors d'elle et de son binôme d'y toucher, aux risques de grandes brûlures. Tous les élèves faisaient de même. Personne n'avait envie de voir sa potion gâchée par des mains malveillantes.

Quand elle revint à sa table, Sirius lui lança un regard mauvais et l'ignora. Qu'a-t-il aujourd'hui ? se demanda Rosie, perplexe.

Le professeur Slughorn arriva enfin dans la salle de Potions, ce qui chassa momentanément Sirius de son esprit.

- Bonjour chers élèves, dit le professeur. Aujourd'hui, nous allons préparer un élixir éternel. Qui peut me donner les ingrédients de cette potion ?

A nouveau, trois mains se levèrent, toujours les mêmes, celle d'Evans, de Rogue et de Rosie. Cette fois, son directeur de maison la choisit et d'un air ravi, cette dernière récita ce qui composait la fameuse potion.

A la fin du cours, elle souhaitait s'accorder avec Sirius sur leur prochain rendez-vous : cueillir du Sisymbre lors de la prochaine pleine lune.

- Black… commença-t-elle dans sa direction.

Mais ce dernier avait déjà rangé ses affaires et se dépêchait de sortir de la classe sans lui prêter attention. Elle lui courut après, les mains encore chargées de ses affaires, n'ayant pas eu le temps de les ranger.

- Black ! cria-t-elle à nouveau.

Il ne se retourna pas et continua son chemin comme s'il ne l'avait pas entendue. Elle laissa tomber car elle n'avait pas envie de lui courir après, ni de se donner en spectacle. En effet, certains élèves s'étaient retournés lorsqu'ils l'avaient entendue crier son nom. Elle décida de lui parler après le cours de Métamorphoses.

Le déjeuner se passa bien : elle profita de son heure de permanence pour faire des recherches dans la Bibliothèque, puis alla manger dans la Grande Salle.

Quand vint le cours de Métamorphoses, Rosie était de bonne humeur. Elle s'assit sur la table au premier rang comme à son habitude et suivit le cours avec assiduité. Lorsqu'à la fin des trois heures de Métamorphoses, elle se retourna pour essayer de trouver Sirius, ce dernier avait déjà disparu. Que lui arrive-t-il ? M'esquive-t-il ?

Elle soupira, excédée. Elle n'aimait pas son attitude et s'il continuait comme ça, ils n'allaient pas pouvoir travailler correctement ensemble. Elle partit à son cours de Runes, déçue mais surtout énervée par son ignorance à son encontre.

Après son dernier cours de la journée, elle se dirigeait vers la Grande Salle quand elle le vit dans les jardins en train de réviser seul. Elle profita de cette occasion pour se diriger vers lui.

- Black, cria-t-elle ! Tu m'é…

Ce dernier ne jeta même pas un regard vers elle, plia ses affaires et partit. Quelle attitude ! Irritée, elle décida de lui courir après cette fois. Elle le rattrapa dans un couloir désert.

- Hé Black, cria-t-elle, c'est quoi ton problème ?

Cette fois, il s'arrêta et se retourna vers elle. Elle vit que son visage était crispé et qu'une veine palpitait sur son front. Elle ne se démonta pas pour autant.

- Non mais ça va pas de m'ignorer comme ça ! lui balança-t-elle en colère, elle ne pouvait pas supporter qu'on l'ignore de cette manière.

- Ah oui ? C'est toi qui me dis ça ? lui cracha-t-il.

Quelques élèves passèrent à côté d'eux et les dévisagèrent. Elle leur répondit par un regard menaçant et ils décampèrent sans un mot. Sirius les regardaient également d'un oeil noir. Brusquement, il lui prit le bras et l'entraîna dans une salle de cours vide à quelques pas de là où ils se trouvaient. Il lui serrait tellement fort le bras qu'il lui faisait mal et Rosie essaya de se dégager. Quand ils entrèrent dans la classe, il la lâcha.

Rosie était rouge de colère, s'avança vers lui et le gifla : c'était sa deuxième gifle de l'année. Sirius ne dit rien mais la regardait d'un air menaçant. Il avait serré ses poings.

- Tu es outrée parce que je t'ignore, dit-il enfin d'une voix qui grondait. Mais tu devrais plutôt te regarder ! C'est toi qui m'ignores tout le temps : tu arrives, tu dis pas bonjour, tu pars, tu dis encore moins merci ! Si tu veux que je travaille avec toi sur les Potions, il faudra que tu me respectes un minimum ! Je suis pas ton elfe de maison, Greengrass !

Rosie se tut, frappée par la vérité de ces mots. Il n'avait pas tort ! Vu qu'elle ne disait pas un mot, il continua.

- Je veux juste que tu me considères comme une personne normale, pas comme un de tes sous-fifres ! Tu ne me demandes pas mon avis sur les potions, tu décides de tout et tu n'en fais qu'à ta tête. Par dessus le marché, tu es exécrable. Je ne peux pas travailler avec toi ! Ce matin encore, tu m'as ignoré et tu me consultes même pas pour les Chrysopes. Qu'est-ce que ça signifie ? C'est un travail en équipe, pas seulement le travail de Rosamund Greengrass.

Rosie avait envie de lui répondre de façon acerbe, de trouver une réplique blessante, de le contredire… Mais elle savait qu'elle avait eu tort sur toute la ligne. Elle l'ignorait la plupart du temps et omettait tout signe de politesse à son encontre. Sa position à Serpentard lui avait fait oublier un minimum de décence. Pourtant, depuis qu'ils avaient commencé à travailler ensemble, Sirius avait fait de nombreux efforts, elle devait le reconnaître.

Pourquoi était-elle aussi désagréable avec lui ? A cette pensée, un feu qu'elle taisait depuis des années s'embrasa.

Elle releva la tête et lui répondit enfin, avec hargne.

- Parce que tu m'ignores depuis des années ! Depuis qu'on est entrés à Poudlard, tu ne m'as jamais parlé, pas une seule fois. Et les seules fois où tu as affaire avec moi, tu me ridiculises devant tes amis. Tu n'as pas idée de ce que j'ai vécu toutes ses années. Tu penses que toi, Sirius Black, es le seul à avoir vécu des choses difficiles, mais ce n'est pas le cas. Aujourd'hui, nous sommes obligés de travailler ensemble. Tu es correct avec moi car tu as besoin de moi mais tu oublies vite toutes ces années passées.

Sirius resta silencieux méditant sur ce qu'elle venait de dire.

- Je suis désolé, dit-il enfin au bout de quelques instants.

Il hésitait à parler, réfléchissait et pesait ses mots.

- Tu ne te rends pas compte de l'enfer que j'ai vécu chez mes parents. Mon arrivée à Poudlard a été une vraie délivrance. Je me suis fait de nouveaux amis et j'ai découvert ce qu'était une vraie famille. Comme j'ai détesté mon nom et tout ce qui y avait attrait. Tu en faisais partie et je suis désolé de t'avoir ignoré. Je voudrais sincèrement qu'on puisse travailler sur les potions dans une ambiance plus cordiale. Essayons d'oublier le passé.

Rosie inspira longuement et se détendit. Sirius lui parlait pour la première fois de façon honnête. Elle avait attendu ce moment depuis des années.

- Je suis désolée également, dit-elle l'air contrit. Je n'aurais pas dû te traiter de la sorte et cela, malgré nos différents. Je te respecterai maintenant.

Sirius fut surpris car il ne s'attendait pas à ce qu'elle lui présente ses excuses aussi facilement. Il se sentait soudain embarrassé.

- Alors, tu prendras en compte mon avis pour les potions ? lui demanda-t-il.

- Oui.

- Et tu me respecteras un minimum en me saluant et en me disant au revoir ? Au moins pendant les cours de Potions et nos recherches.

- D'accord. Je ferai un effort.

Sirius hocha la tête.

- Bon, je crois que c'est réglé maintenant. On se verra pour la cueillette du Sisymbre.

- Oui, c'est ce dont je voulais te parler tout à l'heure. A quelle heure doit-on se retrouver ?

- J'ai dit 23h à Hagrid, devant sa cabane ce vendredi soir. Ça te convient ?

- Oui, cela me va.

- Alors, à vendredi !

- A vendredi !

Il tourna les talons puis sortit de la salle de classe. Quand Sirius la quitta, Rosie se sentit subitement fatiguée. Elle n'avait pas faim et décida d'aller dans son dortoir pour mieux réfléchir sur la situation.

Elle ne savait que penser. Elle aimait Sirius mais elle était à Serpentard. Réussirait-elle à avoir des relations cordiales avec lui ? Sa position dans sa maison était déjà bancale : l'attitude de Mingletown envers elle en était la preuve. Cette dernière se permettait de lui parler, de lui faire des remarques et de lui jeter des regards en coin. Rosie savait qu'elle épiait tous ses faits et gestes pour découvrir ne serait-ce qu'une seule faille dans son armure. Elle devait être prudente.

Rosie décida de se reprendre : elle ferait taire ses sentiments comme elle avait l'habitude de le faire depuis des années et se comporterait de façon neutre et cordiale avec Sirius, avec un soupçon de dégoût dans la voix quand un Serpentard serait dans les parages. Oui, ce rôle serait parfait ! Toujours polie, mais déplaisante à la fois ! Ça, elle savait faire.

Elle regarda l'heure, il n'était que 20h. Ses camarades n'étaient pas encore rentrés de dîner. Elle soupira : elle avait envie de mettre son pyjama et de se coucher… Mais elle ne le pouvait pas : elle s'installa dans la Salle Commune pour avancer sur ses devoirs.