Chapitre 15

Erika !

Sans attendre, Edward et moi nous précipitions à la salle de bains pour prendre une douche express. J'allais enfin savoir ce qu'il en serait du procès. Je savais que celui ci serait éprouvant, mais je n'avais qu'une hâte : c'était de conclure toute cette histoire avec un magistral « Coupable » meurtrier, voté à l'unanimité par les 12jurés convoqués. Ne s'attardant pas sous la douche, nous en sortions une dizaine de minutes plus tard. Edward dans sa penderie, je me posais sur le lit pour enfiler les vêtements que Teddy m'avait apporté. Me battant avec mon tee-shirt, que je finis par réussir à passer, mon regard fut attiré par le flacon de mes pilules, jeté à terre. Augmenter la dose cette nuit m'avait grandement aidé à éradiquer la douleur, et je m'étais senti agréablement relâchée, apaisée à la limite de la défonce. Je ne savais pas ce que nous dirais mon avocate sur le déroulement du procès. Est ce qu'elle avait de bonnes nouvelles ? Est ce que par sadisme, il avait décidé de plaider coupable pour échapper à la peine capitale ? Est ce que j'allais devoir me contenir de toute crise de rage ?...Prendre une autre pilule d'oxycodone m'assurerait un certain self-control. Ce qui serait une bonne chose avec la présence de Teddy et les membres de la famille d'Edward. Prise d'un soupçon d'hésitation, je me penchais tout de même pour attraper le flacon. Les yeux fixés sur l'étiquette qui me conseillait d'appeler mon médecin, avant d'augmenter le dosage, je décidais de ne pas y prêter attention et d'avaler une autre pilule, malgré les trois heures qui me séparait de ma dernière prise...puis une autre, juste au cas où.

Prêt, je cachais rapidement le flacon orange sous la grosse couette du lit, quand Edward vint me rejoindre. Habillée, je tressais mes cheveux alors que mon homme m'aida à chausser mes All Star. Je ne pus m'empêcher de le fixer, en l'observant si attentionné.

« Baby boy »

« Hum » laça-t-il mes lacets

« Est ce que ça te gênerait si je devais définitivement être infirme ? »

Surpris, il releva les yeux pour me regarder.

« Est ce que tu aurais honte de moi ? » reformulais-je

Son regard s'écarquilla de nouveau. Se relevant, il se pencha sur mon visage, une main sous mon menton.

« Plus jamais, je ne veux t'entendre me demander ce genre de conneries » articula-t-il, visiblement irrité. « Tu m'as bien comprise ! Il n'y aurait rien de plus immonde que de te rejeter simplement parce que tu as eu un grave accident...T'es vivante Bells, et pour ma part c'est un miracle, alors ne penses jamais que tu puisses me gêner...Tu es tout ce que je veux »

L'intensité de son regard, et la force de persuasion qu'il avait mis dans la voix, j'eus honte d'avoir osé lui demander ça. Malgré tout rassurée, une fois de plus, je tirais sur son tee-shirt pour l'embrasser. Je m'en lassais pas de ces délicieuses « retrouvailles » ! Emportés par le baiser, nous basculions sur le lit.

« Je voudrais éviter les idées de meurtres que mon père pouvait avoir à ton encontre » dis-je entre deux baisers

« Et les accusations d'abus de mineur de mon père »

« On est d'accord pour garder ça secret quelques temps, alors ? »

« On est sur la même longue d'onde » répondit-il avant d'aventurer à nouveau sa langue dans ma bouche

« Bébé, on nous attend »

« Une minute »

Je pouffais de rire contre ses lèvres, avant de le repousser pour me relever. Sous les jérémiades d'Edward, nous descendions à la cuisine où Teddy discutait avec Em et Jazz. Le regard fuyant, presque honteux, Edward se présenta devant mon tuteur. Teddy tendit une main vers mon petit ami, qu'il attrapa.

« Bonjour »

« Te laisse pas intimider, ça l'amuse de t'effrayer » l'encourageais-je

« Je suis loin d'accepter cette relation » me fusilla du regard mon tuteur. « Je suis certain que tu n'es pas l'homme angélique qu'elle me décrit » se retourna t-il vers Edward

« Teddy ! »

« Je prends un risque énorme en acceptant que tu sortes avec lui, alors j'ai mon mot à dire » m'ordonna-t-il. « La justice m'a confié ta garde, et je fais une sérieuse erreur en te laissant auprès d'un ex junkie, qui n'est visiblement pas assez responsable pour mettre réellement fin à son addiction »

Blessé, Edward ne dit rien.

« Il n'y touchera plus ! »

Il pouffa de rire, comme pour se moquer de ma naïveté avant de plaquer Edward contre le mur, sous le regard surpris de ses deux frères.

« Si j'apprends que tu l'as incité à prendre tes merdes, que tu provoques une de ses larmes, ou ne serait qu'une crise de colère, je te foutrais dans une taule où je m'arrangerais pour t'y faire buter »

« Teddy ! Lâches le ! » me jetais-je sur ses gros bras qui tenait fermement mon homme

« C'est pas mon intention de lui faire du mal, j'ai merdé l'autre jour, mais jamais je pourrais l'enfoncer »

« Gardes ça pour elle, tu me convaincras pas que tu ne lui veux que du bien »

Furieux, Edward repoussa violement mon éducateur qui se cogna contre le plan de travail derrière lui, avant de lui attraper le col de sa chemise, et de le plaquer brutalement contre la porte du frigo.

« Edward » l'arrêta Emmett

« Tu n'as aucune idée de ce que je peux ressentir pour elle ! Si tu t'avises un jour de l'éloigner de moi, JE ferais en sorte de te battre jusqu'à ce que t'en crèves ! »

«Edward, arrêtes s'il te plaît » tentais-je de retirer son bras posé sous le menton de Teddy

Il finit par le relâcher.

« Je suis désolé » embrassa t-il mon front, avant de quitter la cuisine

Emmett et Jasper le suivirent pour me laisser seule avec mon tuteur.

« Pourquoi t'as fait ça ? Il n'a déjà aucune confiance en lui »

« Ce type t'aie nocif ! En plus d'avoir presque 10ans de différence, il est instable, tu as besoin de quelqu'un en qui tu peux avoir confiance »

« Tu oublies que lui aussi a rencontré Jesse..Tu sais, y a encore quelques semaines je ne savais pas comment était morte sa femme et son fils, aujourd'hui je me demande comment il a pu tenir presque trois années après, ou encore comment il peut m'aimer...Edward est fragile, laisses lui du temps pour se reconstruire, pour nous reconstruire »

« Votre relation n'est pas saine Bella, vous partagez cette sorte de passion qui semble vous détruire plus que vous ne rendre heureux, et ça m'inquiète »

« Ton rôle de tuteur ne doit pas intervenir dans mes relations amoureuses ! »

« Quand celles ci ont des risques de te replonger un an en arrière, je suis obligé d'intervenir ! »

« Tu sais quoi, j'en ai marre d'être surveillé ! Lâchez moi merde ! Foutez moi la paix ! » lui criais-je au visage

Les nerfs à vifs du aux systèmes qui m'ont enfermé ces 10derniers mois, je quittais la cuisine alors qu'on sonna à la porte.

« Chérie » m'embrassa mon avocate. « Comment tu vas ? » me demanda-t-elle, en passant ses doigts dans quelques unes de mes boucles, dans un geste maternel

« J'étais pressée de te voir » me calmais-je doucement dans ses bras

« Bells, Erika, je peux savoir ce qu'on fait chez les Cullen ? » demanda mon père

Avant que je n'ai pu lui répondre, Carlisle et Esmée firent leurs entrées.

"Charlie, Erika, bonjour" le salua Esmée

"Bonjour Esmée, Carlisle" donna-t-il une poignée de mains au médecin

Je me contentais d'un sourire envers les parents d'Edward, mal à l'aise.

"Allons nous installer à la grande table de la salle à manger" nous conseilla Esmée. "Lili, tu peux servir de l'eau et des jus pour tout le monde"

Autour de la grande table, seule Rose et ses enfants manqués, surement restés à l'hôtel. Erika assise en bout de table, Edward et moi nous trouvions à ses côtés, faisant face à l'autre. Mon avocate éparpilla autour d'elle plusieurs de ses notes, ainsi que deux ou trois de ses dossiers.

"Excusez moi, mais puis-je savoir ce qui se passe ?" demanda Charlie, installé à côté de moi

"Tu te souviens quand je suis revenue de New-York, je t'ai dit que l'assassin de maman et Phil avait fait déjà deux victimes avant de venir à Phoenix"

"Oui"

"Monsieur Masen" visais-je du regard Edward. "A été la première victime de Jesse McDonald, il a utilisé le même procédé pour tuer sa femme et son fils de 6mois"

Le choc rendit muet mon père, et souffla un silence gênant sur l'ensemble de la table.

"Erika a proposé de défendre son affaire aussi...Je te présente Emmett son grand frère, sa petite soeur Alice et son petit ami Jasper"

"Je...je suis désolé Monsieur Masen" finit par dire mon père

"Est ce qu'il plaide toujours non coupable ?" se tourna Edward vers Erika, gêné par le bouleversement de mon père

"Toujours...Avant de débuter, je veux d'abord que vous me confirmiez avec certitude que cet homme" glissa-t-elle jusqu'à nous la photo de Jesse. "Est bien l'assassin que vous avez vu la nuit des deux assassinats"

Posant un long regard sur la photo, les images me bousculèrent violement l'esprit, me rappelant une énième fois chaque sourire que m'avait adressé ce salop, chaque rire que les plaintes de ma mère avait provoqué chez lui.

"J'ai besoin que vous m'assuriez à 100%, qu'il est l'homme contre qui nous devons nous battre"

Relevant les yeux vers elle, son obstination soudaine m'agaça.

"Qu'est ce qui se passe Erika ?"

"N'oubliez pas que cela s'est passé la nuit, que vous étiez drogués" éluda t-elle ma question

OK. Là y avait vraiment quelque chose qui clochait.

"Erika"

"Nous avons un problème" claqua-t-elle

"Lequel ?" intervint mon père

"Jesse McDonald n'a laissé aucune trace sur les lieux de ses barbaries, pas de cheveu, pas de sperme, ni de bout de peau...le test ADN n'a rien donné"

"Pardon ?" m'écriais-je

"Les experts médicaux légal sont retournés sur les 3 scènes de crimes, il n'y a aucune empreinte, rien qui ne prouve qu'un étranger a pu passer par là"

Ahurie, j'éclatais de rire nerveusement, provoquant les regars surpris de la table. Je savais que c'était trop facile de l'arrêter et de le foutre en prison avec une injection létale au cul.

"Il est doué, il est vraiment doué" répétais-je

"Pensez-vous que les témoignages ne suffiront pas ?" demanda Carlisle

"La partie adversaire et moi avons convoqué trois experts psychiatres...les trois écartent Jesse McDonald comme auteur présumé de ces meutres"

Les mains tremblantes, je pouffais de rire à nouveau. Au bort de la crise de nerf, même un anésthésiant aussi fort que l'oxyccodone n'arrivait pas à m'épargner la douleur et la rage que provoquer chez moi ce chien.

"Comment peuvent-ils en venir à cette conclusion ?" cria presque Charlie

"Jesse est social, il est épanoui dans son boulot, il suit une thérapie pour le deuil de sa mère et de sa soeur, c'est un homme calme et stable, il vit à New York depuis un an et demi, ses collègues font l'éloge d'un homme professionnel et toujours très souriant, tout comme sa petite amie qui a part quelques disputes conjuguales, n'a aucun reproche à lui faire...Il ne présente aucun signe d'une quelconque rupture mentale ou autre déficience qui pourraient le mener à commettre ces meutres...Nous cherchons encore à vérifier les adresses qu'il a habité avant de gagner New York"

Ce type était décidément très intelligent.

Quelques jours après le meutre de mes parents, j'avais eu l'obsession de savoir pourquoi avait-il laissé son visage à découvert, prenant ainsi le risque de se faire facilement identifier. Les conclusions de l'expertise faite sur toute la villa avaient répondu à cette question. Ce chien n'avait laissé aucune trace sur son passage. Les mains gantées, il avait eu la prudence de se protéger. Je me rappelle encore le regard d'appréhension de ma mère, alors qu'il déchire soigneusement avec ses mains, l'emballage d'une capote sortie de sa poche. Cet enfoiré avait du prémédité les choses plusieurs mois à l'avance pour exécuter le meutre parfait. Et il pouvait se féliciter de n'avoir commis aucune faute. La perfection à laquelle il avait réussi à ne laisser aucune empreinte me renvoya deux semaines auparavant. Je revois son visage à travers la glace sans teint, son visage où émanait l'assurance et la perversité. Il était sûr de lui, sûr de pouvoir jouir tranquilement de mon chagrin, de ma colère, de pouvoir à nouveau recommencer sans se faire prendre.

"Est ce qu'il a des alibis pour les trois nuits ?" demanda Jasper

"Non, les dates sont trop loin pour qu'il puisse s'en souvenir"

"Il avait des photos de nous, le pendentif de Bella !" éclata Edward

"Certes, mais les preuves matériels ne pèsent pas aussi lourd lors d'un procès, face aux preuves ADN, qui sont incontestables...Des tas de paparazzis possèdent une photo de Renée et de Phil à la sortie de la villa, quand à votre famille, il justifie ça par une passion pour la photo, et les couples heureux qu'il possède par centaines"

"Qu'en disent les profilers ?" demanda Esmée

"Malheureusement ce sont les seules personnes qui affirment que Jesse McDonald est quelqu'un de sournois et de sociopathe, très intelligent...mais le profil qu'ont fait les agents de Quantico pendant l'enquête, n'est pas une science sûre, et les défendeurs vont surement faire référence aux affaires où les profils étaient faussés"

Prise de démence à l'idée que cet enfoiré puisse s'en sortir, je ne pus retenir plus longtemps ma fureur. Me relevant brutalement, je fracassais le verre contre la baie vitrée du salon. C'était insensé !

"Bella !" hurla Teddy

"Il va s'en sortir ! Ce connard va s'en sortir ! Il...il a violé ma mère, pendant 5heures je l'ai vu déversé plusieurs litres de sang, que le sol en était recouvert, mes pieds ont baigné dans le sang de ma mère ! Il a tué un enfant de 6mois, sans n'avoir aucun remord et tu...tu oses me dire que rien ne prouve qu'il était là ! TU NE PEUX PAS DIRE CA ! TU N'AS PAS LE DROIT DE METTRE EN DOUTE NOS DECLARATIONS, APRES QUE NOUS AYONS PASSES TOUTE UNE NUIT A VOIR CE SALOP, CET ESPECE D'ANIMAL SAUVAGE NOUS DEPOUILLER DE NOTRE FAMILLE !" gueulais-je au visage de mon avocate

Sous le regard effaré des membres de la famille d'Edward qui ne n'avait jamais vu cette facette hystérique de ma personnalité, je finis par balancer de nouveau le verre d'eau de mon avocate, contre le vase qui était posé sur le bahut derrière Edward qui recula à temps. Furieux de mon comportement insolent et déplacé, Charlie et Teddy tentèrent de me contrôler.

"Bella, tu dois te calmer !" m'ordonna mon père

"Va te faire foutre !"

Les bras de Teddy me maintenant fermement la taille, je me débattais en soulevant mes jambes pour me défendre contre Charlie qui essayait de me maîtriser. Enragée, déchaînée, mes cris résonnent dans la pièce. Hors de moi, possédée par le plus acharné de mes démons, je le laisse hurler avec force l'injustice.

"LACHEZ MOI !"

Les gros bras de Teddy tentent de me plaquer difficilement à terre, où il me chevauche, mes poignets prisonniers de ses menottes.

"BELLA, TU TE CALMES TOUT DE SUITE !" cria-t-il contre mes lèvres

Le sang bouillonnant sous mes poings, dans mes tripes, mon cerveau, je n'éprouve ni honte, ni respect pour lui, et lui crache à la gueule. Surpris, il relève le buste et j'en profite pour lui foutre mon pieds valide au visage, le propulsant en arrière. Je suis hors de contrôle, incapable de sortir de cet état de furie. La dernière fois que j'étais dans un état pareil, c'était avec l'un de mes connard d'instructeur et j'avais failli le tuer avant qu'une petite pute ne me pique. Le visage tuméfié, j'avais réussi à l'atteindre avec une force que j'avais sous-estimé. A terre, les regards braqués sur moi renvoyèrent l'horrible image d'une aliénée.

"BELLA !" cria à nouveau mon père

Débarassée de cet enfoiré, je tente de me relever, mais je suis rapidement terrassée par un manque d'air qui me paralyse les poumons. Luttant péniblement pour respirer normalement, je sentais que mon manque d'air n'était pas du à ma colère, mais ...

PDV Edward

Alarmé par son visage devenu très pâle et ses lèvres bleus, je me précipitais sur elle, avant que son crâne ne heurte le carrelage. Avant que je ne comprenne ce qui se passe, ses yeux roulèrent quand son corps fut secoué brutalement par de douloureuses convulsions.

« Appelez une ambulance ! » ordonnais-je, en me précipitant vers elle

Emmett se rua sur le téléphone, pour s'exécuter.

M'agenouillant à la gauche de Bella, au niveau de sa taille, je saisis son bras gauche que j'écartais, avant d'attraper le coussin que me tendait ma mère, pour pouvoir le poser sous la tête de ma puce quand je la ferais rouler. Prenant fermement la hanche et l'épaule droite de Bella, je la fais pivoter vers moi. En tenant toujours sa hanche droite, je pliais son genou droit pour que celui ci puisse prendre appui contre le sol et lui empêcher de rouler. Je finis par faire basculer sa tête en arrière et maintenir sa bouche entre-ouverte, alors que mes tripes se tordaient atrocement à la vue liquide mousseux blanc, qu'elle recrachait.

« Qu'est ce qui se passe ? » demanda Charlie, devenu fou devant le corps tremblant de sa fille

« Elle fait une overdose » dis-je, le regard fixé sur mon ange

Impuissant, je la regardais plonger dans un coma alors que Lili ouvra aux ambulanciers.

« Elle fait une overdose, son pouls est faible mais palpable » les prévins-je

« Quel est le produit en surdosage ? » demanda la troisième ambulancière

« De l'oxycodone » répondit Teddy, sous le choc

Prenant vivement le relais, Bella fut transporté à l'hôpital accompagné de son père.

Pétrifié, je fus violemment projeté à terre, alors que cet enfoiré de Teddy crocheta mes cheveux dressés sur le haut de mon crâne, pour donner un crochet du droit, m'envoyant facilement dans les étoiles.

« Elle passe une nuit avec toi, et elle fait déjà une putain d'overdose ! »

La vue brouillée, je vis difficilement Emmett et Jazz me sauver des mains de ce connard, alors qu'il m'assomma d'un second poing.

...

« MIKE NEWTON, BOUGES TON PUTAIN DE CUL AU LIEU DE RELUQUER CELUI DE JESS »

Me cachant sous la grande capuche noire de mon gilet, je la regarde hurler sur ces stupides joueurs. Nous étions le premier vendredi du mois d'octobre, et l'équipe de foot s'attaquait aux gars de la PUSH, dans un match amical. Je n'avais pas spécialement eu envie de venir. Le foot n'était pas un sport qui me passionnait tant que ça, contrairement à Em, j'étais plutôt fan de basket. Mais Bella m'avait dit y être avec sa meilleure amie, pour soutenir ses amis de la réserve indienne. Je ne devrais sûrement pas être sous un des gradins du stade de la ville, je ne devrais pas être là à la fixer gueuler sur ses pauvres gars qu'elle troublait plus qu'elle ne les encourageait...mais depuis quelques temps, j'ai développé une sorte d'obsession pour elle. Pas dans le genre pervers, qui m'oblige à l'imaginer dans diverses positions sexuelles...c'était juste une fascination que j'avais pour elle. J'aimais...j'aimais juste la regarder vivre. Depuis la mort de Sarah, je n'avais jamais montré d'intérêt pour quelqu'un. J'étais tellement focaliser sur ma propre crise existentielle, que les autres m'importait peu...Mais depuis que je l'avais vu, entendu parler, ou encore rire, je ne pouvais plus me détourner d'elle. Et ça n'avait rien de réjouissant. Son visage rivalisaient facilement avec celui de ma femme, et je crois que c'était ça le problème. En à peine quelques semaines, elle avait fait intrusion dans ma vie, sans même que je ne le veuille...et aujourd'hui, il m'était insupportable de passer ne serait ce que quelques heures sans elle. Cette espèce de fusion qui nous lie, cette attraction, cette alchimie qui nous rend dépendant de l'autre est perturbante. Pourtant nous étions totalement différent l'un de l'autre. On partageait certes ce même mal qui nous rongeait de l'intérieur, mais nous avions des comportements complètement opposé. Contrairement à moi, qui vivait ça en silence, elle était cette boule de feu, qui était aussi bien destructrice que généreuse. Mon visage ravagé par le chagrin, le corps pratiquement éteint, Bella avait ce constant besoin d'être en mouvement, occupé...sauf quand nous étions tous les deux sur ce canapé à se regarder pendant des heures, sans jamais se lasser. C'était à la fois réconfortant et déconcertant de vivre auprès de quelqu'un qui vit la même chose que vous, mais qui est capable de sourire, et de rire.

« JAKE BEBE, DEFONCE MOI CETTE BANDE DE BRAS CASSES ! »

Cette nana était folle ! Installée dans les gradins des supporters de l'équipe de son lycée, elle prenait un malin plaisir à foutre les nerfs à ses camarades.

Toujours debout, perdu dans ma rêverie, elle finit par m'apercevoir. Les bras croisés, un sourcil arqué, je souris en voyant son regard plein de reproche. Je lui avais dit passer la soirée à Seattle, pour pas qu'elle ne se sente obliger de me tenir compagnie et faire faux bond à sa meilleure amie. J'encombrais déjà assez sa vie...même si j'avais le besoin chronique de l'avoir tout le temps avec moi. Je disparaissais quelques minutes avant la fin du match, avant qu'elle ne décide de me courir après. Mais avant que je n'ai pu atteindre le parking pour rejoindre la route, je fus intercepté par Candice.

« Hey, regardez qui voilà, Monsieur Masen, vous ne restez pas pour la fin du match ? »

Cette fille était une vraie calamité. Prétentieuse, arrogante, idiote et vulgaire, elle s'était mise en tête que sa fausse poitrine et ses boucles blondes m'avait littéralement fait craquer...Ce qui était absolument faux. Elle tenait la caisse de la seule épicerie de ce trou perdu, où j'allais plusieurs fois par semaine pour me ravitailler en alcool...et bien entendu elle avait pris mes visites répétitives pour de simples prétexte afin de la voir.

« Je sais déjà qui va gagner » continuais-je mon chemin

Mon désintérêt total pour sa personne, ne la gêna pas et cette pouffiasse me suivit, alors que son bras vint subitement se lier au mien.

« Candice » l'arrêtais-je, en essayant de la repousser

« Avec quelques amis, on a décidé de rejoindre Seattle pour le week-end, ça vous dit de vous joindre à nous »

Pendant plus de 5minutes, je dus refuser plus d'une dizaine de ses invitations avec sourire, pour éviter d'être brutal. Et quand je crus enfin me débarrasser d'elle, je fus violemment bousculer par quelqu'un. Me retournant rapidement, je reconnus Bella par son bracelet électronique dont le voyant vert clignoté. Et merde !

Dans sa voiture, elle démarra rapidement pour quitter le lycée, en compagnie de ses amis. Dire qu'on avait décidé de se retrouver chez moi, après le match. Candice détestait Bells, Bells détestait Candice, et Bells détestait me voir avec Candice.

Cette salope collée à mon bras, je coinçais son visage dans une main, pour lui faire comprendre clairement que même seul au monde, je ne baiserais pas une fille comme elle. Enfin débarrassé, je finis par rejoindre la villa à pieds. Lili et Jazz à New York pour le week-end, mes parents prit par leur job respectives, les lumières furent pourtant allumées.

« Paniques pas, ce n'est que moi » entendis-je la voix de Bella

Rejoignant la cuisine, ma belle vêtue d'une des chemises à carreaux de son beau père, mangeait les restes d'une salade de fruit. Un sourire niais scotché aux lèvres, j'appréciais qu'elle soit là, à l'aise. La voir presque vivre ici, c'était comme une sorte de sécurité affective, elle était là avec et pour moi.

« Je pensais que tu serais là, un peu plus tard » m'adossais-je à l'encadrement de la porte

« Le père d'Angie a menacé de traverser la ville pour venir la chercher, j'ai du la raccompagner »

Le visage fermé, elle fourra l'assiette et la cuillère dans le lave-vaisselle, avant de remonter sans dire un mot. Je crois que c'est clair. La suivant, je refermais la porte de ma chambre derrière moi, et me débarrassais de mes fringues. Allongée sur mon lit, je la rejoignais alors qu'elle s'isolait dans sa musique, une cigarette à la bouche. Me calant contre elle, en glissant une jambe entre les siennes, un bras sur sa taille et mon nez dans son cou pour sniffer son parfum, je fus soulagé de la voir se détendre contre moi et enrouler son bras autour de mon cou.

« Cette prétentieuse vulgaire a des vues sur moi »

« Comme toutes les minettes de ce trou perdu »

« Même toi ? »

« Non, tu n'es pas mon genre »

« C'est quoi ton genre ? »

« Le dis pas à Lili, mais je craque littéralement sur Jazz »

Gardant un visage sérieux, j'éclatais de rire alors qu'elle se foutait de ma gueule.

« Quoi ? Ce mec est à croquer avec ses boucles blondes »

« Oh mais je te crois »

« Ce mec est carrément hot, je sais que je devrais pas te dire ça à toi, mais...je crois que je vais tenter ma chance » fit elle toujours très sérieusement

Un fou rire m'obligea à me détacher d'elle.

« Tu ne m'en crois pas capable ? » se releva t-elle pour écraser sa cigarette dans le cendrier

« Si »

Debout, elle disparut dans la salle de bains, pour se brosser les dents.

« Je suis sûre que je pourrais lui faire rapidement oublier Lili, rien qu'avec un baiser »

Les larmes aux yeux, je finis par me calmer, alors que ma belle dandinait son joli cul jusqu'au balcon, rassemblant les bouteilles de bières que nous avions ingurgité hier et les jeter à la poubelle. Je me levais à mon tour, attrapais ma boite où j'y gardais joints, poudres et autres pilules et fioles du bonheur, et la rejoignais sur la terrasse, pour me poser sur le canapé.

« Tu sais quoi, je suis vexé »

« Désolée baby boy, mais ton charme de bad boy hyper canon torturé, ne marche pas avec moi »

Esquissant un sourire, j'allumais la cigarette avant de jeter la boite sur la table basse, alors que je la vis quitter la chambre. Elle réapparut à peine quelques minutes après, avec un pack de bière et une bouteille de vodka, qu'elle déposa sur la table basse. Sentant les premiers bienfaits du poison, je m'enfonçais dans la canapé avant que Bells ne vienne me chevaucher, deux shots dans la main, que nous buvions cul sec, en grimaçant.

« Dans combien de temps est ton test ? » lui demandai-je en coinçant le joint entre mes lèvres, pour déboutonner sa chemise qui ne cessait de me crier que la vue sans le vêtement était bien plus appétissante

« Dans trois semaines...je peux savoir ce que tu fais ? » m'arrêta-t-elle

« Mardi, j'ai pas pu participer à ton cours de piscine »

Les mardis étaient devenus des jours que j'attendais impatiemment, depuis que je l'avais vu pour la première fois dans un putain de sexy bikini noir. Depuis, malgré les limites que je me donnais, j'avais les mains très baladeuses. Il lui arrivait de me donner quelques coups, mais j'arrivais pour la plupart du temps, à profiter du contact de sa peau nue contre moi.

« Et ? »

« Te voir replacer ton bikini dès que tu sors de l'eau, est un spectacle que je ne rate jamais »

Étonnée, elle éclata brutalement de rire.

« Blonde aux yeux bleus, n'est pas censé être ton type de fille »

« J'ai changé de profil »

« Oh, et je peux savoir quelles sont tes proies de prédilection aujourd'hui »

« Les brunes pulpeuses »

« Pulpeuse ? C'est pas toi qui m'a dit que les pulpeuses ont toujours cette attitude vulgaire, et qui'elles sont incapable de s'en sortir autrement qu'avec leur physique »

« Faut croire qu'il y a des exceptions »

Profitant de la faible accroche de ses mains sur les miennes, je déboutonnais rapidement la chemise.

« Masen, tu n'es qu'un pervers » m'empêcha-t-elle de retirer totalement le vêtement

« Je suis déçu, moi qui pensait que tu aimais me remonter le moral »

« Ton joint est déjà là pour ça »

Son regard fixé sur la gourmandise que je fumais, je la vis résister difficilement contre l'envie.

« Combien de temps, un joint est détectable dans le sang et dans les urines ? » me demanda-t-elle

Posant une main dans son dos, pour la garder contre moi alors que je nous penchais vers la table, j'attrapais mon portable. Cherchant la réponse à sa question sur Google, je finis par trouver une réponse fiable.

« Une semaine, est ce qu'il prélève une de tes mèches ? »

« Non »

« La coke, reste à peine un jour dans le sang, et 4jours dans les urines »

Rejetant le téléphone, je reprenais ma place initiale.

« Je pourrais céder une seule fois, je n'aurais probablement pas d'effet de manque »

Alors que je tirais sur la cigarette, elle se releva sur ses genoux avant d'agripper doucement mes cheveux, nos lèvres à quelques centimètres, je lui insufflais la fumée du poison entre ses lèvres qu'elle avança de manière exagérée.

« Humm » savoura-t-elle en fermant les yeux le parfum brûlé de la résine

Elle était si belle, sauvage avec ses boucles, sexy avec ses courbes alléchantes.

J'avais beau retenir tout sentiment, toute attirance à son égard vis à vis de Sarah, je ne pouvais pas nier que je crevais d'envie de passer outre ses restrictions que je mettais donner. Des limites, j'en avais d'ailleurs plus beaucoup. En sa présence, il m'était impossible de me tenir à distance. J'aimais le contact de sa peau, et il m'arrivait souvent de passer une main sous le tee-shirt avec lequel elle dormait, ou de laisser une main sur son cul qui provoquait bon nombre de mes érections. Je n'avais pas ressenti de désir pour une femme depuis le décès de Sarah, ce qui ne m'avait jamais posé problème et c'était étrange aujourd'hui d'en ressentir pour l'une de mes l'élèves. Finalement l'obsession que j'avais eu seulement pour ce qu'elle était, était finalement devenu un désir pervers de la prendre toute une nuit.

S'appuyant sur mon torse nu, elle se releva pour se mettre debout et rentrer dans la chambre. Elle revint quelques secondes après, alors que « Over again » de Soshy résonnait fortement dans les enceintes de ma chaîne stéréo.

« Une danse s'impose Mlle Swan »

« Je ne danse pas gratuitement »

« Ton prix sera le mien »

Dégageant une bière du pack en carton, elle décapsula la bouteille grâce à un coup expert sur le bord de la table. Elle me tendit la bouteille avant de recommencer avec une seconde bière. Debout sur la table basse, elle but une gorgée de la boisson alcoolisée tout en dandinant son corps devant moi, et en chantant par dessus la voix de Soshy. Sa voix éraillée était tout ce qu'il y avait de plus érotique en elle. Secouant sa longue chevelure, elle m'aguicha en laissant tomber sa chemise.

Tu es marié. Tu es marié. Tu es marié !

Les yeux rivés sur son corps diaphane mis en valeur par une lingerie en dentelle noire, je m'effondrais sur un des coussins du sofa, dans lequel je finis par mordre. Son rire vibra pour se moquer de moi. Et comme ci ça ne lui suffisait pas, mon tortionnaire bondit près de moi, me chevauchant à nouveau alors que je me relevais. Me piquant le joint des mains, après qu'elle ait déposé sa bière et la mienne sur la table, elle tira plusieurs fois sur la cigarette grandement consumé, avant que je ne coince son visage dans une main pour l'inciter à rejeter la fumée dans ma bouche, comme je l'avais fait pour elle précédemment.

C'était la première fois où je la voyais réellement s'amuser, se détendre.

Oubliant totalement qui nous étions, et nos attaches décédés, je n'avais d'yeux que pour la beauté indécente qui était assise sur moi. S'abreuvant de la bouteille d'alcool - qu'elle avait attrapé sur la table - dont le liquide coula encore une fois dans le coin de ses lèvres, puis dans son cou et sur sa poitrine, je projetais mentalement déjà la sensation que ma bouche aurait contre son peau. J'aurais certainement pu croire que l'effet incendier qu'elle avait sur moi, était sûrement du qu'à la substance illégale qui grillait toutes pensées cohérentes...mais ce n'était pas vrai, j'en étais...j'en étais amoureux.

Son regard vissé au mien, les idées déchargées de toute gêne ou autre forme d'hésitation, ses putains de lèvres roses entre-ouvertes, incitèrent ma langue à se glisser entre elles.

Une décharge électrique de plus de 300volt m'aurait fait moins d'effet que sa bouche !

Brutalisé par la sensation brûlante, j'agrippais les cheveux dans sa nuque pour la garder contre moi. Prenant littéralement possession de sa bouche, je lui transmettais toute la tension sexuelle qui s'était accumulé entre nous ces derniers temps. Des semaines à fantasmer, je pouvais enfin jouir d'une sensation qui n'avait rien de comparable avec ce que j'avais expérimenté avant. Entreprenant, je n'hésitais pas à dégrafer de l'autre main son soutien-gorge qui sauta, pour l'en débarrasser.

« T'es un putain de gros pervers Masen » souffla-t-elle contre mes lèvres

« C'est toi la petite allumeuse qui passe son temps à me provoquer, en te baladant en petite culotte » dis-je entre deux baisers

Contre mes lèvres, elle sourit avouant silencieusement ses tentatives de séduction. Défaisant notre étreinte, mes yeux affamés fixés sur sa poitrine, je soulevais son sein gauche de la main pour aller taquiner de la langue son téton qui réagit instinctivement. Abstinent depuis presque deux ans, il m'était impossible de contrôler mes pulsions. Et toute aussi audacieuse que moi, mon fantasme glissa une main entre nous pour palper durement ma queue, qui souffrait douloureusement dans mon short. Grognant de plaisir, je retombais sur le dossier du canapé.

« Tu nous avais caché ça Masen » mordant sa lèvre inférieure, un geste qui me faisait littéralement craquer

« Continues s'il te plait » dis-je difficilement en la regardant me torturer

Sa main baladeuse alla plus loin pour libérer mon érection. Une poigne ferme autour de ma queue, elle me masturba sévèrement m'arrachant plusieurs plaintes. J'étais totalement spectateur, incapable de bouger, comme ci j'étais paralysé par un plaisir que je n'avais pas ressenti depuis longtemps. Perdu dans ses yeux qui ne m'avait pas quitté, elle se releva pour retirer doucement le seul vêtement qui lui restait.

La Bella défoncée était une véritable révélation !

Reprenant place sur mes genoux, elle frotta son clitoris contre ma queue. J'en profitais alors pour prendre en coupe ce cul que j'aimais tant caresser, pour augmenter la cadence.

« J'ai besoin de toi, maintenant » soufflais-je contre ses lèvres

« Te laisser me baiser serait un abus sur mineur » m'embrassa-t-elle langoureusement

« Je suis prêt à prendre le risque »

Glissant discrètement un doigt en elle, alors qu'elle me baisait les lèvres, elle lâcha un long gémissement, qui me convint de la pénétrer tout de suite pour l'entendre m'appeler encore et encore. Écartant des doigts ses petites lèvres, je m'immisçais doucement en elle.

« Chuttt » murmurais-je alors qu'elle se plaignait de la taille imposante de mon sexe

Gesticulant au dessus de moi, elle glissa lentement pour couvrir totalement ma queue. Sa bouche légèrement ouverte pour former un O, j'y aventurais sauvagement ma langue. L'embrasser était une étreinte que j'aimais savourer pendant de longues minutes. Ses mains enroulaient autour de mon cou, les miennes caressant chacune de ses courbes, Bella se dandinait lentement contre moi. A bout de souffle, je me laissais à nouveau tomber sur le sofa, alors qu'elle continuait d'onduler ses hanches. A demi allongé sur le canapé, j'obtenais une vue imprenable sur sa poitrine généreuse qui balotait sous mes yeux. Comment avais-je pu détester qu'une femme possède des attributs aussi généreux !

« I need you, I need you baby, Like I never needed anyone...You can be the boss, you can be the boss...I like you a lot, I like you a lot, don't let it stop, You can be the boss, You can be the boss » cita-t-elle sensuellement les paroles de Lana Del Rey, qui avait commencé deux minutes plus tôt. « J'ai besoin que tu m'aides à aller plus vite »

Obéissant, je renversais notre position pour prendre le dessus. Me débarassant avant tout du sous-vêtement que j'avais gardé, je m'installais à nouveau entre ses jambes pour la pénétrer dans un seul coup de rein. Mes coudes posés près de son visage, j'allais et venais en elle, avec une bestialité que je ne me connaissais pas. Tout était différent avec elle...L'alcool et la drogue semblait de tout façon me donner plus d'assurance que je n'en avais réellement.

Dans des coups de bassin frénétique, j'entendais enfin ce que j'avais toujours voulu écouter dès l'instant où je l'avais entendu parler pour la première fois. Dans une voix qui se cassa de plus en plus au fil du plaisir qui nous consumait, elle dit mon nom, sans le crier.

« Je veux pas jouir maintenant » dis-je essoufflé contre ses lèvres, dans le but de prolonger le moment

« Putain Masen, je te veux encore et encore »

Me relevant tout transpirant, je me retirais d'elle, la queue dressée durement. Debout, j'allais chercher dans mon pantalon deux billets d'un dollars avant d'aller m'agenouiller près de la table basse. Dans ma petite boite à fourniture, j'y retirais un sachet de coke, que j'avais acheté la semaine dernière. J'ouvrais le petit sachet et étalais la poudre blanche sur la table, pour la séparer en deux rails. A genoux près de moi, Bella me piqua un billet qu'elle roula rapidement, je l'imitais avant que nous nous penchions tous les deux vers notre poussière d'évasion.

« Edward, Edward »

Surpris, je sursautais me relevant brutalement.

« Doucement Masen, ce n'est que moi »

L'esprit brutalisé par un train qui ne cessait d'aller et venir, je retombais sous l'oreiller sur lequel je reposais, quelques secondes avant.

« Qu'est ce qui se passe ? »

« T'as reçu un sacré coup»

La vue troublée, je dus cligner plusieurs fois avant de stabiliser ma vue. Dans ce que je reconnus comme ma chambre, je vis Jazz posé près de moi.

« Est ce que ça va ? » s'inquit-il

« J'ai...j'ai fait un rêve bizarre...Où est Bells ? » me relevais-je difficilement

Avant qu'il n'ai pu me répondre, j'entendis à nouveau cette chanson. Jazz l'arrêta.

« Bells a laissé son téléphone ici, et il n'arrête pas de sonner, ça fait bien 10minutes qu'un certain Jake essaie de la joindre »

C'était ça. Un souvenir provoqué par cette chanson qu'elle avait enregistré sur son téléphone.

« J'arrive pas à me souvenir de ce qui s'est passé ? »

« Bella a fait une sorte de crise d'hystérie, avant de faire une overdose, t'as tenté de ne pas la laisser s'étouffer, mais elle a fini par tomber dans le coma »

« Quoi ? » paniquais-je

« Son tuteur t'a tenu responsable, et il t'a bien amoché »

« Il faut que j'aille la voir » me relevais rapidement pour sortir de mon lit, avant de m'écraser violement au sol

Jasper vint me relever pour me reposer sur le lit.

« Combien de temps, je me suis évanoui ? » demandais-je, alors que le décor tournait autour de moi

« 15minutes »

« Il faut que je la voies ! »

« Tu oublies qu'aux yeux de son père qui est surement auprès d'elle, tu n'es pas grand chose, qu'est ce tu comptes lui dire en arrivant ? »

« Je peux pas rester là sans rien faire, elle...elle » La gorge nouée rien qu'à l'idée de l'imaginer six pieds sous terre, je ne pus retenir mes larmes, qui devinrent rapidement des sanglots.

Jazz vint rapidement me prendre dans ses bras.

« Elle s'en sortira, elle t'aime »

« Je veux pas la perdre » pleurais-je sur son épaule

« Je sais »

...

Mercredi,

Les pensées perturbantes d'une nuit de débauche passée, ne réussirent pas à m'épargner les images pénibles de son overdose, qui m'avait empêché de fermer l'œil depuis 2jours. Mon bébé se trouvait à plus de 200km de moi, et il m'était interdit de la voir...Impuissant, je faisais à nouveau face à l'immensité du vide qu'elle avait laissé. Elle venait à peine de me revenir, je ne pouvais pas la perdre aujourd'hui, j'y survivrais pas. Enfermé dans ce qu'elle appelait notre sanctuaire, je fixais le ciel, priant pour qu'elle me revienne.

Mon dieu refusait là aux côtés de sa mère...

Le visage salement amoché par l'enfoiré qu'il lui servait de tuteur, lundi, je m'étais acharné à l'appeler en empruntant le numéro que Bells avait enregistré sur son téléphone. J'avais fini par le joindre en fin de soirée, vers 23heures.

« Je sais que tu ne m'aimes pas, et je peux comprendre pourquoi...mais ne raccroches pas s'il te plaît » avais-je débité rapidement

« Ils lui ont fait un lavage d'estomac, y a déjà plusieurs heures, son chirurgien a appelé pour la faire transporter à Seattle » dit-il après une silencieuse minute

« Pourquoi ? »

« Elle a développé une tumeur maligne dans la cuisse, d'après lui, le produit de contraste n'a pas été injecté en dose suffisante »

« Est ce qu'il a pu la retirer ? »

« Oui, elle est en salle de réveil, ils sont en train de surveiller son état »

« Est ce qu'elle va s'en sortir ? »

« Ils ne peuvent pas se prononcer, c'est à elle de décider »

« OK...si...si tu pouvais lui glisser à l'oreille, que je l'aime et que...que j'ai besoin d'elle »

« Je le ferais »

J'avais raccroché rapidement, plus inquiet que rassuré. Je n'avais aucun souvenir de mes jours passés dans le coma, mais certains disaient qu'ils avaient été capable de revoir des gens qu'ils avaient perdu au cours de leur vie. Et si ça lui arrivait, et si son esprit jouait pour elle ses retrouvailles avec sa mère. C'était absurde, mais si ça arrivait, j'étais certain qu'elle préférait mourir que de se battre. Peut être que son amour pour moi ne suffirait pas à la retenir ici. Peut être que je ne faisais pas le poids contre sa mère décédée. Peut être qu'il ne s'agissait qu'une question d'heures avant qu'on ne m'annonce qu'elle avait cessé de vivre.

Cette succesion de moments où tout basculer rapidement pour me faire perdre ce que j'avais de plus précieux, semblait ne pas avoir de fin. Ma vie était finalement qu'un ascenseur émotionnel, capable de me faire passer rapidement du stade de la joie intense, à un mal dévastateur. J'étais épuisé, éreinté de ne pas pouvoir vivre aussi sereinement que le couple que formait mes parents, ou ma petite soeur et Jazz.

« Chéri, faut que tu manges quelque chose » entra ma mère dans ma chambre

Cloué au canapé sur la terrasse, je m'étais à nouveau enfermé dans ma bulle, évitant tout contact avec ma famille.

« Je n'ai pas faim »

« Bébé, je m'inquiète pour toi »

« Bells a fait une overdose, on lui a retiré une tumeur dans la jambe, ça fait deux jours qu'elle n'a donné aucun signe de vie, je suis mort d'inquiétude pour elle et tu veux encore que je fasse comme ci de rien n'était ! » déballais-je furieux qu'elle ne puisse pas comprendre à quel point elle comptait pour moi

Mes parents ne savaient certes pas l'amour déraisonnable que je ressentais pour elle, mais il était stupide de leur part de ne pas voir, que cette nana était une amie auquelle je tenais énormément.

« Je suis désolée chéri, mais je suis ta mère et je déteste te voir comme ça »

« Je l'ai tenu dans mes bras maman, elle...elle était en train de convulser et j'ai rien pu faire d'autre pour lui éviter le coma » craquais-je une énième fois

Le visage ravagé par les larmes, ma mère se posa près de moi avant d'enrouler ses bras autour de moi.

« Tu lui as surement éviter la mort ma puce, t'as agi rapidement » me berça-t-elle dans ses bras

« Pourquoi elle est toujours dans ce coma alors ? Pourquoi elle ne se réveille pas ? » pleurnichais-je

« Bella est fatiguée, pour une jeune fille de 17ans, elle porte beaucoup trop de choses sur ses épaules...laisses lui du temps »

Tout petit dans les bras de ma mère, j'y restais des heures, appréciant son étreinte maternelle, jusqu'à finir par m'endormir.

La nuit tombée, je finis par me réveiller d'un sommeil loin d'être reposant, quand mon portable vibra sur la table basse.

« Allô » répondis-je sans consulter mon interlocuteur

« Elle s'est réveillée » entendis-je dire Teddy

Me relevant brutalement, je lui demandais de répéter, peur de ne pas avoir compris.

« Elle s'est réveillée y a dix minutes, le médecin est en train de l'examiner »

« J'arrive ! »

« Doucement Masen, tu peux pas, elle est très fatiguée, le médecin refuse que quelqu'un entre à part son père...je te rappellerais pour t'en dire plus, un peu plus tard »

L'angoisse des derniers jours retombant brutalement, je m'effondrais sur le canapé, passant une main sur mon visage.

« OK...si tu peux, répètes lui encore que je l'aime et que je crève d'envie de la voir»

« Je sais »

« Merci »

Je raccrochais, et jetais mon téléphone sur la table. Elle était vivante ! Elle était vivante.