Bonjour,

Merci d'être arrivés jusque là !

Voici un tout nouveau chapitre :). Ceux qui ont lu ma fic précédente savent que j'aime bien les bals masqués. Il fallait bien qu'il y en ait un ici XD

Pour information, je viens de terminer d'écrire l'histoire. Il faut encore que je la peaufine mais je peux d'ores et déjà vous dire qu'il y aura 35 chapitres avec un épilogue ;).

Egalement, je vais passer à la publication d'un chapitre par jour !

Très bonne lecture !


Chapitre 10 - Comme dans un conte de fées pour moldus

Le lendemain matin, Rosie se leva tôt et enfila rapidement ses vêtements. Elle devait en savoir plus sur cette fameuse soirée et cette confrérie. La bibliothèque n'ouvrait pas avant 7h du matin. Elle fila donc dans la Grande Salle pour prendre un bon petit déjeuner. Quand enfin l'heure fatidique arriva, elle se dirigea vers la bibliothèque où une jeune Mme Pince l'accueillit avec animosité mais elle lui rendit un regard hautain : Rosie avait 17 ans, elle était une adulte maintenant et surtout elle était en droit d'être là. Elle n'avait plus besoin de s'abaisser devant la bibliothécaire.

Avant d'aller dans la section des Moldus, elle regarda autour d'elle pour voir si elle était seule. Pour un Serpentard, il était dangereux d'aller dans cette section au risque de se faire traiter de traîtresse à son sang ou d'amoureuse des moldus. Elle n'avait rien contre les moldus mais en tant que Rosamund Greengrass, elle se devait de conserver un certain standing. Le pire aurait été que l'un de ses camarades, la voyant munie d'un livre sur les moldus, envoie un courrier à ses parents.

Elle vérifia donc plusieurs fois avant d'entrer dans la fameuse section. Personne n'était en vue : les élèves étaient encore en train de dormir ou de prendre leur petit-déjeuner. Elle ne chercha pas longtemps avant de trouver un livre qui pouvait l'intéresser, "Histoire mondiale des moldus du vingtième siècle". Elle le prit et se dirigea directement vers Mme Pince pour l'emprunter. Cette dernière ne lui fit aucune remarque. Au moins, Rosie savait qu'elle pouvait compter sur sa discrétion. Rosie s'installa ensuite tout au fond de la bibliothèque. Et toujours en vérifiant que personne ne soit dans les parages, elle ensorcela la couverture du livre en le réintitulant "Histoire mondiale des sorciers du vingtième siècle" sans que la bibliothécaire ne la voie. Elle commença ensuite sa lecture.

Elle apprit vite que la prohibition s'était déroulée dans les années 20 et 30 aux Etats-Unis et consistait à l'interdiction de la vente d'alcool pendant cette période. Le livre n'en disait pas beaucoup plus sur la façon dont s'habillaient les moldues à cette époque, ce qui était rageant. Tout ça pour ça… Rosie réfléchit quelques instants, puis, décida de demander à la librairie Fleury et Bott leur catalogue de livres. Elle sortit de la bibliothèque et se dirigea vers la volière en quête de son hibou Malcom.

Quand elle eut fini d'envoyer son message à la librairie du Chemin de Traverse, elle partit pour son premier cours de la journée et n'y pensa plus.

Fleury et Bott avait un très bon service postal et Rosie reçut dès le lendemain au petit-déjeuner la liste complète des ouvrages de la boutique. Elle capta le regard de Mingletown qui la surveillait. Ne peut-elle pas s'occuper de ses affaires celle-là, pensa-t-elle. Elle décida de ranger la brochure et de finir son petit-déjeuner tranquillement, l'air de rien. Elle s'installa ensuite dans la Bibliothèque où quelques élèves étaient déjà installés puis feuilleta avec attention le catalogue des livres de la librairie. Elle en trouva trois : "Histoire moldue des Etats-Unis", "Analogies de l'histoire américaine moldue et sorcière" et "Histoires secrètes de Poudlard". Elle se dirigea à nouveau dans la volière et commanda ses trois ouvrages en demandant une livraison discrète.

Elle reçut les trois livres, le lendemain soir, dans sa Salle Commune, lorsqu'elle se retrouva seule pour travailler sur son devoir de Runes. Elle ouvrit le paquet avec avidité et commença immédiatement l'ensorcellement des couvertures. Satisfaite du résultat, elle commença la lecture du premier livre "Histoire moldue des Etats-Unis".

Il ne lui fallut qu'une seule semaine pour finir de lire les trois ouvrages et Rosie en savait beaucoup plus sur la prohibition moldue américaine, malheureusement toujours rien sur la Confrérie. Elle fut déçue mais se dit qu'elle en apprendrait sûrement davantage lors de la soirée privée.

Elle avait désormais une idée précise du costume qu'elle souhaitait porter pour le 31 octobre et commanda une robe et quelques accessoires chez Tissard et Brodette en leur dessinant un croquis précis avec ses mesures et le masque qu'elle souhaitait porter. Elle demanda également une livraison discrète et joignit 10 gallions à son courrier. C'était une forte somme mais elle se devait d'être parfaite. De plus, devenue majeure, elle avait maintenant accès à son argent de Gringotts. Elle n'était pas riche et cet argent n'allait pas durer jusqu'à la fin de sa vie mais grâce à l'héritage de ses grand-parents, elle possédait quelques fonds.

Le mois d'octobre ne passa pas assez vite au goût de Rosie. Elle avait hâte d'être au 31 et comptait les jours avec impatience. Mais en surface, elle gardait une attitude similaire à son habitude : odieuse avec les élèves plus jeunes, surtout s'ils n'étaient pas de sa maison, cordiale avec Sirius, hautaine avec les 7ème année et faussement sympathique avec les Serpentard.

Mingletown avait tenté plusieurs fois de s'approcher d'elle en lançant des discussions sur divers sujets car elle sentait que quelque chose se tramait mais comme à son habitude, Rosie avait rapidement mis fin à toutes conversations.

Le soir du 31 octobre, elle dîna très tôt dans la Grande Salle pour pouvoir se préparer. Seule dans son dortoir, elle enfila sa robe qu'elle avait reçu quelques jours auparavant : elle était noire, courte et à franges, comme à l'époque des années 20. Rosie était ravie lorsqu'elle se regarda dans le miroir : elle mettait parfaitement en valeur ses formes et ses longues jambes et elle tourna sur elle-même pour apprécier encore plus l'effet de sa tenue. Les moldues de l'époque savaient se mettre en valeur, se dit-elle. Elle rangea ses talons, une perruque blonde qu'elle comptait porter et son masque dans sa minaudière qu'elle avait ensorcelé, puis, recouvrit sa robe de sa cape qu'elle ferma. Enfin, elle se lança un sort de désillusion afin de pouvoir sortir discrètement de la salle commune ainsi que de l'école. Les élèves n'étaient pas censés sortir du château après 20h sauf s'ils étaient munis d'une autorisation spéciale et, ce, même s'ils étaient majeurs. Et même si elle comptait sortir avant 20h pour ne pas déclencher les sorts de détection, elle n'avait pas envie que des élèves ne la voient.

Peu avant l'heure fatidique, elle sortit de son dortoir avec prudence. Elle remarqua que la plupart des élèves étaient encore en train de dîner ce qui l'arrangea. Lorsque des élèves entrèrent dans la Salle Commune, elle en profita pour sortir puis avança rapidement en direction du Grand Hall. Elle rencontra quelques étudiants mais ces derniers ne la remarquèrent pas. Enfin, avec soulagement, elle sortit du château sans encombres, puis, se hâta vers les serres. Cachée derrière la statue de Rowena Serdaigle à une cinquantaine de mètres des serres, elle enleva ses bottes pour les remplacer par ses salomés à paillettes noires, mit son masque qui recouvrait la moitié de son visage, puis, cacha ses longs cheveux bruns sous une perruque blonde au carré court. Elle termina sa tenue par de longs gants noirs qui remontaient jusqu'en haut de ses coudes. Elle se maquilla les lèvres d'un rouge bien profond et s'admira à l'aide de son miroir de poche. Elle était peu reconnaissable ce qui était son principal objectif.

Elle inspira profondément afin d'atténuer la boule de stress qu'elle ressentait dans son ventre, rangea sa cape dans sa minaudière, retira le sort de désillusion et se dirigea d'un pas ferme vers les serres principales. Quand elle atteint l'entrée des serres, elle remarqua qu'elle n'était pas la seule à s'y être aventurée. Elle vit des étudiants attroupés devant un grand cèdre et s'approcha. Elle ne reconnut aucune des personnes qu'elle vit. Les élèves se tournèrent vers elle lorsqu'elle se retrouva à leur niveau mais ne dirent rien. Un homme blond avec un masque noir tenait une liste à la main et vérifiait le nom des personnes. Rosie remarqua que la soirée ne se déroulait pas dans les serres car chaque personne disparaissait dès qu'elle touchait un vieux journal : c'était un portoloin.

Quand son tour vint, le jeune homme s'adressa à elle d'une voix neutre. Elle ne le connaissait pas ou en tout cas, ne le reconnaissait pas.

- Mot de passe ? demanda-t-il.

- Strangulot Pointu, dit-elle.

- Miss Greengrass, veuillez placer votre main sur ce journal.

Rosie fut surprise qu'il connaisse son nom mais ne dit rien et posa sa main sur un coin du journal que l'homme lui tendit. Dès qu'elle toucha le portoloin, elle se retrouva transporter dans un lieu complètement différent : elle était devant l'entrée d'un imposant manoir. Elle regarda autour d'elle et ne vit qu'une grande étendue boisée. Quelques sorciers se trouvaient à l'entrée et elle se dirigea vers eux. Quand elle s'approcha de la sorcière masquée aux cheveux bouclées qui faisait office d'accueil, celle-ci lui fit un grand sourire.

- Bonsoir, lui lança-t-elle.

- Bonsoir, répondit Rosie.

- Il est interdit de porter une baguette dans ses lieux.

- Comment ? s'écria-t-elle.

- Oui. Vous allez vous retrouver dans un lieu neutre où il vous sera impossible de faire de la magie. Nous demandons donc à tous les convives de nous remettre leur baguette. Vous la récupérerez quand vous partirez.

Rosie la regarda stupéfaite. Elle n'avait pas envie de lui remettre sa baguette. La sorcière remarqua son hésitation.

- Vous ne pourrez pas rentrer si vous ne me remettez pas votre baguette. Ne vous inquiétez pas, il ne vous arrivera rien dans ces lieux. De plus, votre baguette sera sous bonne garde.

Rosie hésita encore quelques instants, puis, se décidant, sortit sa baguette de sa robe et la remit à la sorcière. Cette dernière la déposa dans un coffre où d'autres baguettes étaient déjà placées.

- Mais comment vais-je la retrouver ? demanda Rosie, inquiète.

- Ne vous en faites pas, la baguette retrouve toujours son propriétaire.

La sorcière lui fit un clin d'oeil et la laissa entrer dans l'enceinte du manoir.

A la grande surprise de Rosie, elle se retrouva dans une grande salle de bal où plusieurs dizaines de sorciers étaient déjà présents. Il était impossible que toutes ces personnes soient des 7ème année. Elle remarqua que certains étaient plus âgés. Ce bal était composé d'élèves de Poudlard mais aussi d'anciens étudiants. Rosie était intimidée, elle ne reconnaissait personne et c'est avec la boule au ventre qu'elle s'avança dans la grande pièce. Toutes les personnes présentes avaient joué le jeu : les hommes et les femmes étaient habillés comme à l'époque de la prohibition américaine et portaient tous des masques et certains des perruques comme elle. Un groupe de jazz jouait sur une petite scène et des personnes dansaient sur ce qui semblait être du charleston, comme elle l'avait lu dans un de ses livres. Rosie ne connaissait pas les étranges pas qu'enchaînaient les danseurs mais elle admira leur agilité et se demanda si elle serait capable de faire de même.

Des serveurs parcouraient la salle avec des plateaux et l'un d'entre eux s'arrêta à son niveau.

- Qu'est-ce donc ? demanda Rosie, curieuse, en pointant son doigt vers une coupe qui contenait un liquide vert clair.

- C'est un Jack Rose, à base de calvados, de grenadine et de jus de citron.

Rosie pensa que c'était un signe et s'empressa de prendre la coupe. Le cocktail était sucré et légèrement acide et c'est avec délectation qu'elle le dégusta en se dirigeant vers un grand buffet où des personnes étaient attroupées. Elle se figea net : elle remarqua un grand jeune homme aux cheveux bruns mi-longs portant un masque noir de chien. Pour l'avoir observé des heures durant, elle reconnut immédiatement Sirius. Il avait toujours ce même port altier, utilisait les mêmes mimiques et surtout, il avait ce même sourire qui la faisait fondre. Il n'avait pas pris la peine de mettre une perruque. Son coeur s'emballa et elle ne put faire un pas de plus. Elle le regarda, admirant son charme magnétique. Il parlait avec une femme blonde aux longs cheveux bouclés. Elle portait un masque rouge qui était assorti à sa robe. Rosie se demanda si ce n'était pas cette pimbêche de Mingletown car elle lui ressemblait beaucoup. Tout en sirotant son cocktail, Rosie continua à observer Sirius sans se rendre compte qu'elle le dévisageait. Comme attiré par son regard, Sirius releva la tête et la vit. Le coeur de Rosie frappa encore plus fort mais elle ne détourna pas les yeux. D'où tenait-elle sa soudaine témérité ? De son costume ? De sa boisson alcoolisée ? Dans tous les cas, elle soutint son regard.

Il s'excusa auprès de son interlocutrice et avança vers Rosie. Que fait-il ? se demanda Rosie. Il se dirige vraiment vers moi ?

Les joues de Rosie s'enflammèrent mais elle continua à le regarder jusqu'à ce qu'il arrive à son niveau.

- Bonsoir, lui lança-t-il avec un grand sourire.

- Bonsoir, répondit-elle timidement.

- S'est-on déjà rencontré ? lui demanda-t-il.

- C'est possible !

Il lui sourit et le coeur de Rosie fondit. Jamais Sirius ne l'avait regardée comme ça, ni sourit de cette manière. Elle décida de prendre son courage à deux mains et de profiter de ce moment particulier.

- Comment t'appelles-tu ? lui demanda-t-elle.

Sirius la dévisagea et prit quelques instants avant de lui répondre.

- Saul, dit-il subitement.

- Enchantée ! lui répondit Rosie. Moi, je suis Ruby.

- Enchanté ! lui dit-il et ils se serrèrent la main.

La glace étant brisée, ils discutèrent de chose et d'autres : de la soirée, du beau temps ou encore des dernières nouvelles dans la Gazette du Sorcier. C'était la première fois que Rosie avait une discussion simple avec Sirius sans dispute ni bataille d'égo et elle en apprécia chaque mot. Mue par un courage qu'elle n'avait jamais eu, elle déposa sa coupe finie sur un plateau, se tourna vers Sirius, et d'un air charmeur, lui demanda :

- Sais-tu danser le charleston ?

- Non, pas vraiment, lui répondit-il, légèrement inquiet.

- Ce n'est pas grave. Cela te dit d'aller danser ?

- Mais je ne sais pas danser.

- Moi non plus, s'écria-t-elle.

Elle lui prit la main et l'entraîna vers la piste de danse où d'autres couples dansaient le charleston. Elle observa quelques instants les pas que faisaient les danseurs. Et comme si elle savait ce qu'elle faisait, elle balança un pied en avant, le twista, puis l'autre en arrière et ainsi de suite. Elle regarda Sirius et l'enjoignit à faire de même. Peu rassuré, il se lança également et à sa grande surprise, il réussit à suivre le rythme de Rosie. Elle lui fit un grand sourire et Sirius le lui rendit. Elle n'avait pas lâché sa main.

Ils dansèrent longtemps, suivant la musique, tentant quelques acrobaties, s'esclaffant devant leurs prouesses ratées ou s'applaudissant lorsqu'ils réussissaient un pas complexe.

Fatigués, ils décidèrent d'aller se rafraîchir sur la grande terrasse de la salle de bal. Quelques couples étaient assis ça et là. Rosie se dirigea vers un banc en pierre, un peu à l'écart des autres.

- Merci, dit Rosie à Sirius.

- Pourquoi ? lui demanda-t-il.

- Je ne m'étais jamais autant amusée ! Merci pour cette danse.

- Tout le plaisir était pour moi !

Il lui sourit. Le coeur de Rosie s'emballa à nouveau. Elle plongea son regard dans celui de Sirius et comme magnétisée par ses yeux gris, elle se pencha vers lui et l'embrassa. Il répondit à son baiser en la prenant par la taille et en l'approchant contre lui.