Que ceux qui ont cumulé les légumes périmés pour me les jeter à la figure les balance maintenant...

Plus d'un mois que je n'ai pas publié, et je suis vraiment vraiment vraiment désolée pour l'attente. Inutile de me justifier avec un manque de temps, et des maux de têtes incessants, mais j'espère que ça comptera quand même.

Merci beaucoup pour toutes vos reviews, qui me font énormément plaisir. Vous pouvez pas savoir le bien que ça me fait de savoir que l'histoire vous plait toujours autant.

Je vais pas m'éterniser, je suis désolée de ne pas pouvoir répondre à vos reviews pour le moment, mais n'hésitez pas à exprimer votre plaisir ou votre mécontentement, je suis à votre écoute.

Donc voilà un nouveau chapitre, qui j'espère sera à la hauteur de vos attentes.


Chapitre 16

Cette rencontre n'est pas le fruit du hasard ! Tu es en danger et tu ne le sais même pas ! Il est déjà dans tes veines, il ira jusqu'à ton cœur. Il y récoltera les émotions que tu y as cultivées avec tant de précautions. Puis il te nourrira d'espoirs. Chaque jour, chaque nuit, tu te rassureras de tes résistances, de tes manières, de tes esquives, mais l'envie de sa présence sera bien plus forte qu'une drogue. Alors ne sois pas dupe de toi même, c'est tout ce que je te demande. Il envahira ta tête et rien ne pourra plus te délivrer du manque. Ni ta raison, ni même le temps qui sera devenu ton pire ennemi. Seule l'idée de le retrouver, tel que tu l'imagines, te feras vaincre la plus terrible des peurs : l'abandon...de lui, de toi même. C'est le plus délicat des choix que la vie nous impose. Bon ne fais pas cette tête là, il paraît que de temps en temps les histoires finissent bien !

Marc Lévy

Te dire que ma vie est toujours pleine de toi et que mille fois par jour, je t'envoie mes pensées dans l'espoir qu'elles t'atteignent. Te dire que sans toi je meurs à petit feu, parce que tu es mon véritable point d'ancrage. Te dire que j'ai tout gardé de nous : nos chassés croisés, nos souffles qui s'emmêlent, nos abandons, notre lumière, et que tout reste en moi et me contamine comme une infection dont je refuse de guérir. Te dire que j'ai essayé de te fuir, mais que tout me ramène à toi.

Guillaume Musso

Je pense à toi tout le temps, je pense à toi le matin, en marchant dans le froid. Je fais exprès de marcher lentement pour pouvoir penser à toi plus longtemps. Je pense à toi le soir, quand tu me manques au milieu des fêtes, où je me saoule pour penser à autre chose qu'à toi, avec l'effet contraire. Je pense à toi quand je te vois et aussi quand je ne te vois pas. J'aimerais tant faire autre chose que penser à toi, mais je n'y arrive pas. Si tu connais un truc pour t'oublier, fais le moi savoir. Jamais personne ne m'a manqué comme ça. Sans toi, ma vie est une salle d'attente. Qu'y a t-il de plus affreux qu'une salle d'attente d'hôpital, avec son éclairage au néon et le linoléum par terre ? Est humain de me faire ça ? En plus, dans ma salle d'attente, je suis seul, il n'y pas d'autres blessés graves avec du sang qui coule pour me rassurer, ni de magazines sur une table basse pour me divertir, ni de distributeurs de tickets numérotés pour espérer que mon attente prendra fin. J'ai très mal au ventre, et personne ne me soigne. Être amoureux, c'est cela : un mal de ventre dont le seul remède, c'est toi. J'ignorais que ton prénom prendrait tant de place dans ma vie.

Frédéric Beigbeder

17 juillet 2012,

Bella était fascinée par la manière dont certains auteurs, certains films, ou lyrics étaient capable de décrire parfaitement un moment de notre vie, une pensée. Ce matin, mes humeurs semblaient correspondre en tout point à ces citations.

Sortant sur le porche, j'allumais une cigarette avant d'aller me poser sur la balancelle. 11 jours sont passés depuis le réveil de Bella, et je luttais contre l'envie de traverser la vie pour la rejoindre. Les nouvelles rassurantes que me donnaient Teddy, ne suffisaient pas à calmer mes inquiétudes. Et si j'étais aussi essentiel à son bien être qu'elle était au mien, elle n'allait sûrement pas bien. Comme la semaine précédente, j'avais enchaîné les nuits blanches et les paquets de cigarettes, incapable de faire face à son absence assourdissante et les souvenirs qui refaisaient surface. Des flashs perturbants sur ce que j'avais pu lui faire subir au temps où je n'étais qu'un camé égocentrique. Tous me revenaient en tête et j'étais sûr que notre nuit de débauche était un cumul de toutes ces choses qu'elle devait supporter, pour m'aider. Elle avait simplement fini par craquer, se laisser aller, ne plus penser pour une fois.

« Il envahira ta tête et rien ne pourra plus te délivrer du manque. Ni ta raison, ni même le temps qui sera devenu ton pire ennemi. Seule l'idée de le retrouver, tel que tu l'imagines, te feras vaincre la plus terrible des peurs : l'abandon…de lui, de toi-même »

Putain, ce type savait de quoi il parlait. Sarah, ma puce, est ce que tu m'en voudrais si j'assumais la pensée de ne jamais avoir eu à faire à des sentiments aussi fort envers une femme ? Est-ce que tu m'en voudrais si je te disais que tout ce qu'elle représentait, m'avait totalement fait oublier pourquoi je t'ai aimé ? Je sais que c'est ignoble rien que d'y penser, seulement je peux pas m'en empêcher, j'en suis comme fou. Peu importe ce qu'elle a pu me faire endurer ces derniers mois, et tout ce qu'elle me fera certainement subir à l'avenir, elle arrivera toujours à me mettre à ses pieds, et putain qu'est ce que j'aimais n'être qu'un objet entre ses mains !

La voiture de location de mon frère vint me tirer de mes pensées, alors qu'il se garait dans l'allée. Je regrettais de ne pas assez profiter de lui, trop pris ces derniers mois par mes tourments. Toujours accompagné de Rose et leurs enfants, j'écrasais ma cigarette contre le bois de la balançoire, quand Léo se précipita sur les marches du perron pour me rejoindre.

« Bonjour tonton »

« Bonjour ma puce »

Sa sœur ne tarda pas à la suivre et je les torturais de mon habituel baiser chatouilleux. Je saluais Rose, mais rester toujours à distance de Noah qui gesticulait dans les bras de sa mère. Le deuil de ma femme certes fait, celui de mon fils était encore quelque chose que j'avais du mal à surmonter.

« Les filles ont va voir ce que grand-mère a préparé pour le déjeuner » les incita Rose à entrer dans la maison, alors que mon grand frère me rejoignait sur la balançoire.

« Comment elle va ? » me demanda Em, une fois que nous nous retrouvâmes seuls

« Apparemment bien, elle dort beaucoup à cause des médicaments et des tonnes d'examens qu'elle doit passer »

Coudes sur les genoux, je me frottais les yeux qui souffraient beaucoup trop du manque de sommeil, et de la fumée de cigarette qui avaient tendance à les agresser.

« Est-ce que t'as pu lui parler ? »

« Son père est en permanence avec elle » dis-je en me relevant, submergé par la colère d'être ainsi à l'écart

« Elle finira par trouver un moment pour te parler, tu dois lui manquer autant que c'est le cas pour toi »

« Je sais, et je sais à quel point elle déteste végéter dans ces hôpitaux…Je pourrais être là-bas à la rassurer, au lieu de tourner en cage ici à me demander ce qu'elle a pu bouffer, ou si elle pense à moi, autant que je le fait »

Emmett se releva à son tour, et vint vers moi, pour me serrer contre lui.

« Tout finira par se calmer » tenta t-il de me rassurer

« Tu crois ? Parce que j'ai l'impression que je n'arriverais jamais à me poser, ce chien a des chances de s'en sortir, et je peux pas gérer ça seul, j'ai besoin d'elle »

Il se dégagea pour me regarder, alors que je séchais les larmes coulées. Parfois, j'avais si envie d'abandonner. J'étais épuisé par tout ce chaos, qui n'en finissait pas.

« Après le procès, tout sera enfin terminer et vous pourrez vous poser quelque part »

« Elle a toute la presse au cul, on pourra jamais être tranquille »

« Que sont une foule de paparazzi qui vous photographient heureux, par rapport à ce que vous vivez depuis tout ce temps…Si j'arrive à vivre avec la nana qui fait bander tous les types du pays, tu peux être capable de surmonter la vie médiatique de Bella »

« Je sais pas…Que diront les gens quand ils sauront que j'ai réussi à faire mon deuil dans les bras d'une adolescente de 17ans, qui plus est en étant son prof…C'est flippant de savoir qu'ils pourraient me juger »

« Les gens parlent toujours et sur tout, et puis tu veux que je te dise, votre différence d'âge ne fera jamais le poids face à celle de cette pute de Courtney Stodden et Doug Hutchinson »

« Qui ? »

« Laisses tomber, et puis tout ce que les gens diront c'est que vous essayez de passer à autre chose, ce qui est totalement légitime…Elle et toi n'avez aucun compte à rendre, vous vivrez votre vie comme vous l'entendez, et qu'elles aillent se faire foutre les mauvaises langues »

A cet instant, je réalisais que la guérison de Julia n'avait pas seulement permis à ses parents de profiter enfin de leur fille, mais aussi de me rendre mon frère. Ça faisait du bien de pouvoir me reposer sur lui, de l'entendre me conseiller sur quelque chose qu'il connaissait.

« Et puis tu veux mon avis…Je t'ai vu avec cette fille, certes seulement quelques heures, mais j'ai vu cette putain d'alchimie flagrante et impressionnante entre vous…tu pourrais supporter n'importe quoi pour elle, ça se voit »

J'esquissais un sourire, envahi par une certaine fierté de dégager autant de choses.

« Maintenant parlons peu, parlons bien…Qu'est ce que ça te fait de consommer à nouveau »

J'éclatais de rire, amusé par sa curiosité maladive pour mes relations sexuelles. Il avait bien essayé de nous soutirer des infos quand nous avions fêtés mon anniversaire, mais à part quelques déductions faites à cause des rougeurs de Bells, nous n'avions pas dit grand-chose.

Avant que je n'aie pu dire quelque chose, nous vîmes Jazz sortir d'un taxi pour venir jusqu'à nous.

Il nous salua d'une accolade avant de s'asseoir sur le banc.

« Où t'étais ? » lui demanda Em

« Au Seattle Post, pour leur proposer un nouvel article »

« Sur ? »

« Je préfère pas en parler pour l'instant »

J'arquais un sourcil, curieux de savoir ce qu'il pouvait bien caché alors que ce n'était pas son genre de ne rien dire sur les pages qu'il écrivait.

« Alors, qu'est ce qui te fait rire ? » me demanda t-il

« J'essaie de savoir quel genre de nana est Isabella Swan au pieu »

Mon meilleur pote se releva pour me donner un coup dans l'épaule, un sourire en coin.

« Il a pas choisi la plus moche notre Don Juan » se moqua t-il. « Cette nana a un cul d'enfer ! » rêvassa ce connard

Je fronçais les sourcils, quand son regard se perdit derrière moi, son sourire toujours aux lèvres. Je giflais sa nuque pour mettre fin à ses idées perverses.

« Alors c'était comment ? » s'impatienta Em

Je ne pouvais décemment pas leur parler de cette comparaison que j'avais faite avec mon ancienne addiction. D'abord parce qu'ils ne comprendraient pas, et puis parce que je sais que ça leur ferait du mal que je puisse parler des « bienfaits » de l'héro ou de la coke. Pourtant c'était la seule chose qui reflétait parfaitement ce que j'avais ressenti.

« Peut être qu'il a été mauvais, on a rien entendu Lili et moi »

« Bells n'est pas du genre à donner de la voix, et je suis plutôt comblé de ce côté-là »

« Comment tu peux savoir que t'as été performant, si elle est muette quand tu la prends ? » demanda Em

« Je n'ai pas dit qu'elle ne disait rien, j'ai dit qu'elle ne criait pas, nuance…Tu te souviens Jazz, de ce que tu as dit la première fois quand tu l'as entendu »

« Cette nana a une voix orgasmique » fantasma à nouveau ce con

Je claquais ma main dans sa nuque une seconde fois.

« C'est avec notre petite sœur que tu sors, alors gardes tes idées perverses pour elle » le fusillais-je du regard

« Désolé » fit-il gêné

« Donnes nous des détails croustillants, tu couches enfin avec la nana qui t'obsède depuis un an, et t'as rien d'autre à dire à part qu'elle a une voix d'enfer »

« Qu'est ce que tu veux que je te dise ? J'avais jamais pris autant mon pieds, c'est une putain de bombe au lit, et elle assure complètement…Elle est différente » finis-je par détourner le regard, plutôt gêné d'être aussi affaibli par le charme d'une nana

« D'ailleurs c'est plutôt étrange, t'as toujours fait dans la blonde californienne d'1m75 avec un petit 75A, t'étais notre Léo à nous…Qu'est ce qui t'as fait changé d'avis ? »

« Ses putains de courbes » caresse Jazz son torse, dans un geste équivoque

Pour changer, je cognais mon poing sur son épaule pour le faire tomber.

« Avises toi de refaire ça, et je te fais bouffer tes cheveux boucle d'or ! » le menaçais-je

« Calmes toi Masen, c'était pour rire »

« Je croyais que tu détestais ça chez une fille » dit Emmett

« C'est pas à cause de ça…Je saurais pas vraiment dire ce qui me plaît le plus chez elle, c'est un tout, elle réveille une espèce d'instinct qui m'oblige à la vouloir tout le temps »

« Putain, j'aurais jamais pu me retenir aussi longtemps, surtout quand on sait qu'elle dort à moitié nue ! » commenta Jazz

Il fit un pas en arrière, alors que je m'avançais vers lui.

« Qu'est ce qui te prends de m'agresser autant ? »

« Tu sors avec Lili, et t'es en train de fantasmer sur Bella, tu te fous de ma gueule ! »

« Je suis dingue de ta sœur, tu sais que tout ça c'est juste pour rigoler, pour rien au monde j'irais voir ailleurs »

« Détends toi Ed, il voulait juste nous faire comme on faisait avant »

Je finis par me calmer, alors que je me rappelais du temps où nous parlions ainsi, en toute légèreté.

« Je suis désolé, je suis à cran, m'en veux pas »

« T'inquiètes »

Nous discutions encore une bonne heure et demie, avant de rentrer déjeuner avec le reste de la famille. Cette conversation avait eu le don de me détendre, et permis d'oublier quelques instants l'absence de Bells, même si l'inquiétude était toujours là.

« Pour être hanté, nul besoin de chambre, nul besoin de maison, le cerveau regorge de corridors plus tortueux les uns que les autres »

Emily Dickinson

Pieds nus sur la terre humide, j'étouffais sous la chaleur pesante qui contrastait avec la pluie sanglante, qui s'abattait au dessus de moi. Les sensations terriblement réelles, je sentais que l'endroit où je me trouvais et le sang qui coulait sur mes cheveux, n'avaient rien d'un cauchemar. Chaque goutte de sang qui tombait sur mon visage, avait l'écœurante odeur de la rouille et ma chevelure finit par devenir lourde sous le poids du liquide rouge. Mes palpitations cardiaques frénétiques, mon cœur tentait bien que mal d'échapper à la sensation poignante de sentir par dessus l'odeur de rouillures, le parfum florale de ma mère et l'after-shave de mon beau-père. Perdue dans la forêt noire de Forks, tout avait l'air d'un film d'horreur, des scènes écrites seulement pour moi. Sauf que je n'avais pas à fuir. Je connaissais par cœur le nom de chacune des ombres qui m'encerclaient : l'autodestruction, la rage, l'isolement, la culpabilité...Toutes portées le visage de mes angoisses, toutes me renvoyant le parfait reflet de mon enfer mental. Toutes créées par un monstre qui possédaient le plus perturbant des masques angélique. Le visage dévasté par les échos de ma vie, j'agonisais sous les cris que chaque silhouette noire poussée, alors que Jesse fit son apparition devant moi. Armé de son éternel sourire vicieux, il arrive par je ne sais par quel pouvoir à me dépouiller de toutes mes envies meurtrières. C'était comme ci la haine et la rage que je ressentais pour lui n'étaient pas aussi profondes que celles que je ressentais contre moi. Et c'était pire...Doucement, il s'avança vers moi sous la lune qui éclairait la forêt. Je le laissais s'approcher jusqu'à sentir son souffle froid contre mes lèvres.

« Laisses toi aller » murmura-t-il contre ma bouche

Il suffit que je ferme les yeux une seconde pour comprendre où il voulait en venir. En une fraction de seconde, nous avions quittés la noirceur asphyxiante de mon âme, pour se retrouver à mon chevet. Sa main se glissa dans la mienne pour faire quelques pas vers la foule de médecins et infirmières, qui s'acharnaient à me réanimer.

« Laisses toi aller, ne luttes plus » souffla-t-il contre mon oreille

Se laisser aller. Ne plus lutter. Ne plus souffrir. Mourir. Quitter le feu. Quitter le noir. Retrouver ma famille...Quitter Edward. L'abandonner. Le faire souffrir. Ne pas savoir ce que nous aurions pu avoir. Abandonner ce qu'il était devenu : ma nouvelle famille. Ma vie. Mourir. Ne plus pouvoir témoigner contre la cruauté d'un seul homme. Le laisser vivre.

« Tu ne souffriras plus » répétait-il

Ma souffrance, ma destruction était un prétexte légitime pour fuir ma vie, et il en abusait. Il y a encore quelques jours, mourir était le but ultime que je tentais d'atteindre...Il y a encore quelques jours, je ne savais pas ce qu'était la fusion parfaite de deux êtres qui pouvaient s'aimer si violemment que ça méritait bien de subir le plus douloureux des passés.

Et comme ci il avait ressenti cette vive envie de vivre qui avait fait baisser mes pulsations, il pressa ma main, restée dans la sienne, jusqu'à couper ma circulation sanguine.

« Tu souffriras des conséquences » présagea-t-il

Dans la seconde suivante, ses menaces furent illustrées par notre arrivée dans une pièce, une chambre que je connaissais par cœur pour y avoir vécu 2 mois.

« Bella »

Penché sur le corps de mon amour qui m'appelait dans son sommeil, Jesse m'affronta du regard, alors que la lame d'un couteau aiguisé que je pouvais reconnaître entre milles, caressa la peau d'Edward.

« Je détruirais ce que tu as de plus précieux, encore et encore, jusqu'à ce que tu en meurs » il m'avertit. « Et ce sera strictement de ta faute »

Mes larmes coulantes à flot à l'idée de voir le sang de la plus belle chose que je possédais depuis le décès de mes parents, je ne pus pourtant pas renoncer à l'idée de vengeance qui m'habitait. Mourir et renoncer me semblaient impensable. Je réussirais à protéger mon trésor, je réussirais à détruire ce chien et sa rage, peu importe les moyens auxquels j'aurais recours.

« Tu te surestimes jolie Bella » me nargua-t-il

Sa main agrippant les cheveux de mon bébé qui ne se réveillait pas, j'hurlais de tout mon soul pour le supplier d'arrêter son couteau qui avait transpercé la peau de mon amour. Envahi par la soif brûlante de m'abreuver du sang de ce connard, pour en finir, je fus subitement retenu par les mains chimères aux couleurs noires. Et même ma rage dévorante ne put m'en défaire, près de moi, juste à quelques centimètres, Jesse me défia d'un sourire sadique.

« Je te tuerais, peu importe où tu seras, je te tuerais » criais-je contre ses lèvres

« Essaies toujours »

Avant que je n'aie pu agir, je me sentis plonger dans un sommeil lourd, appelant une dernière fois Edward.

« Est-ce que vous pensez que c'est ce que je dois faire ? »

« Je ne sais pas Charlie, je ne sais plus ce qui peut l'aider…et je crois qu'il n'y a plus rien qui puisse l'aider à s'en sortir »

Quittant un sommeil lourd et comateux, j'aperçus difficilement les présences que je sentais près de moi. Il me fallut battre plusieurs fois des paupières pour chercher la clarté de mon regard floutée. Je me sentais droguée et fatiguée. Est-ce que je mettais foutue à nouveau dans la merde ? Vu l'état dans lequel je me trouvais et l'atmosphère hospitalière dans laquelle je m'étais réveillée, j'étais certaine d'avoir réussi à un énième exploit suicidaire. Quoique d'aussi loin que je me souvienne, toutes envies destructrices m'avaient quitté dès les premiers instants de réconciliation avec Edward.

Edward.

Je baladais mon regard un peu partout dans la pièce, avant de constater la présence de ma meilleure amie à mes côtés. Calée contre moi, ses bras accrochés au mien, j'esquissais un sourire alors qu'elle semblait endormie. Cette fille n'était certainement pas une amie avec qui je partageais plusieurs points communs, cette nana partageait sûrement de l'ADN avec moi, pour supporter de me voir sur un lit de mort presque tous les deux mois. Intriguée par les voix que j'entendais faiblement, je posais mon regard par-dessus son épaule, reconnaissant Charlie et Teddy, debout dos à moi, faisant face à la baie vitrée qui illuminait la chambre.

« Je ne peux pas lui faire ça, je ne supporterais pas de la savoir là bas »

Dépité, Teddy semblait impuissant face à la détresse flagrante de mon père. Consciente d'être en clinique, j'avais pourtant du mal à me souvenir qu'elle avait pu être la connerie qui m'avait amené ici.

« Bella » souffla Angela

« Tu ne devrais pas être ici » dis-je avec une voix presque inaudible

« Je suis où tu es, peu importe l'endroit »

Sa main froide vint caresser mon visage, et je vis dans ses yeux noirs que cette fois ça avait été plus grave que mes séjours précédents, comme ci elle ne me reconnaissait plus.

« Qu'est ce qui s'est passé ? »

« Tu as fait une overdose chez les Cullen »

Le regard perdu dans le vide, je cherchais tant bien que mal de me rappeler les dernières images. Tout ce qui me vint en tête, fut la douleur atroce dans ma jambe. Une douleur obsessionnelle que j'avais voulu absolument faire disparaître.

« J…J'avais mal, plus que d'habitude, je sais pas pourquoi…J'ai juste voulu que ça s'arrête »

« Où ça ? »

« A la jambe, où veux-tu que ce soit ? » fronçais-je les sourcils, alors qu'elle ne semblait pas me croire

« Tu veux dire que ton surdosage n'a rien d'intentionnel ? » fit-elle surprit

« Je peux savoir ce qui te prends ? »

« Bells

Je me calmais, malgré tout gênée par son regard insistant. Elle semblait traquer la moindre trace de mensonge dans mon regard.

« Il se passe des trucs maintenant…Des trucs importants et je ne veux pas que ça s'arrête » fis-je évasif

« De quoi tu parles Bella ? » se releva t-elle, intriguée

« Pas maintenant s'il te plaît » dis-je fatiguée

Charlie et Teddy finirent par interrompre leur conservation plus que douteuse, pour se tourner vers moi. Surpris de mon réveil, mon père se précipita à mon chevet. Dans une étreinte paternellement très soulagé de voir sa fille vivante, il me serra fortement contre lui, jusqu'à me couper le souffle.

« Vais-je finir par arrêter de m'inquiéter ? » chuchota t-il contre mon cou

« Je suis désolée…Je te jure que je l'ai pas fait exprès »

« Comment tu te sens ? »

Il se défit son étau pour me regarder.

« Un peu dans le brouillard, mais ça va »

« Il faut que tu bois un peu d'eau »

Angie quitta le lit pour redresser le dossier de mon lit, pendant que mon tuteur me servait un verre d'eau qu'il vint me tendre. J'en bus plusieurs gorgées pour m'éclaircir la voix, avant de lui rendre le gobelet. Mon père vint se poser près de moi, à l'opposé de ma perfusion.

« Qu'est ce qui s'est passé chérie ? Je pensais que tu allais bien »

« J'allais mieux…Moralement parlant, je te jure que j'allais mieux, c'est juste le physique qui ne suivait pas, je n'aie pas réfléchi quand j'ai pris ces pilules, je pensais juste à me soulager des douleurs à ma jambe »

« Le Dr Johan a retrouvé une tumeur fibreuse et solitaire dans le muscle de ta cuisse, c'est ce qui a ralenti ta guérison » m'informa Teddy, posté derrière mon père

« Mais…On est venu faire cette batterie de test »

« Même les IRM ont du mal à détecter ce genre de tumeur »

« Est-ce qu'il a pu m'opérer ? » m'empressais-je de lui demander, inquiète de me savoir en sursis

Avant que je n'obtienne une réponse de sa part, je soulevais le drap pour voir que ma jambe était pansée. Je relevais les yeux vers mon tuteur, pleine d'espoir.

« Il a pu la retirer, elle était isolée et selon le chirurgien, il n'y a pas eu prolifération mais tu vas devoir revenir pour qu'il s'assure que tu ne présentes aucun risque de cancer »

« Est-ce que ça veut dire que je vais pouvoir remarcher normalement ? »

Excitée par cette bonne nouvelle, j'espérais de tout cœur qu'il me dise oui.

« Il ne sait pas encore...Mais tu dois passer quelques tests physiques qui pourront le dire »

La porte de ma chambre s'ouvra alors que mon père baisa mon front. Le Dr Johan fit son entrée avec une jeune interne reconnaissable par son uniforme.

« Bella, bonjour » me salua-t-il d'un sourire radieux

« Bonjour docteur »

Mon père se releva pour laisser la jeune femme m'ausculter.

« Comment te sens-tu ? »

Il attrapa mon dossier accroché au lit pour consulter mes constantes, avant de gribouiller quelques trucs.

« Ses constantes sont stables » l'informa l'interne

« Un peu perdue et un petit peu heureuse » finis-je par répondre

« On t'as parlé de ton opération ? »

« Oui »

« Nous pensons que l'accident qui a provoqué la déchirure de ton membre, a provoqué cette tumeur solitaire, sa taille et son aspect a rendu son diagnostic difficile, ce qui a retardé ta guérison…Nous avons pu extraire la tumeur dans sa totalité ce qui devrait donner un bon pronostic vital pour l'avenir, mais nous devrons procéder à quelques examens supplémentaires afin de s'assurer qu'il n'y ait pas récidive »

Je hochais la tête, pour lui faire signe que j'avais bien assimilé ce qu'il me disait.

« Vous pensez qu'avec une rééducation, je peux retrouver l'usage de ma jambe ? »

« Pour le moment je ne peux pas l'affirmer, nous devons encore tester le membre, mais il y a des chances que tu puisses te passer de béquilles si les tests physiques ne montrent aucune contre-indication »

Réjouie, je poussais un petit cri de joie.

« Merci docteur »

Mon chirurgien esquissa un petit sourire avant de se tourner vers la jeune apprentie.

« Prescrivez les tests d'aptitudes et une IRM abdomino-pelvienne »

« Bien monsieur »

Le sourire de mon chirurgien et son air enthousiaste finit par disparaître et remplacés par une mine inquiète.

« Monsieur Swan, monsieur Hooligan, mademoiselle Weber pourriez vous nous laisser quelques instants ? »

Je fronçais les sourcils, inquiète qu'il veuille nous isoler. Mon père hocha la tête, m'embrassa et quitta la chambre suivit d'Angie et Teddy. Seuls, mon médecin croisa les bras contre sa poitrine.

« L'overdose n'était pas volontaire, je vous l'assure » me sentis-je obligée de dire

« Je sais…Bella »

Sans savoir pourquoi, je fus prise d'une peur soudaine que je laissais déborder par des pleurs.

« Tu as fait un délire hallucinatoire Bella »

« Je…je »

Je n'en avais aucun souvenir, je n'avais plus aucun souvenir depuis ma dernière prise d'oxycodone.

« La seule raison qui m'oblige à ne pas faire venir une psy maintenant, c'est parce que je sais que tu réagiras de manière disproportionnée » fit-il presque compatissant. « On s'est toujours parlé sincèrement toi et moi, j'ai toujours été patient même quand tu faisais endurer le pire à mon équipe »

« Qu'est ce que vous voulez ? »

« Tout ce que je veux, c'est que tu ailles bien, vraiment bien »

« C'est impossible…Vous ne pensez pas que moi aussi, j'aimerais pouvoir m'épanouir entièrement dans une putain de vie d'étudiante dont les seuls problèmes soient sa tenue et son petit copain, vous ne pensez pas que moi aussi, j'aimerais pouvoir dormir et me réveiller dans ma chambre, en me demandant si je vais réussir mon contrôle de maths, vous ne pensez pas que moi aussi, j'aimerais pouvoir être capable de me réveiller au même endroit que la veille, mais je peux pas ! J'essaie, je vous jure que j'essaie…mais pour l'instant tout ça me semble insurmontable »

« Ton père m'a parlé du procès »

Procès ? Fouillant dans mes souvenirs, je fus soudainement percuté par les paroles d'Erika, me rappelant douloureusement que cet enfoiré avait des chances de s'en sortir. Johan s'approcha pour capter mon regard.

« Chacune de tes crises, chacun de tes délires, chaque rechute dans ta dépression donne un motif valable à l'avocate de ce sauvage de donner aux jurés le doute sur l'identification de l'assassin de tes parents…Je ne veux pas voir cet homme libre, mais c'est ce qui risque d'arriver si je me trouve dans l'obligation de te faire interner en psychiatrie »

Bouche bée devant ce discours plus que surprenant, je séchais mes larmes pour lui offrir un sourire.

« Vous êtes étonnant docteur Johan »

« Que veux-tu, je m'attache si vite au petite capricieuse capable de rendre dingue le plus sain des hommes, tu sais qu'à cause de toi, j'ai perdu une infirmière »

« Qu'est ce qui s'est passé ? » lui demandais-je en riant

« Elle a opté pour la gériatrie »

« Vous rigolez ? »

« Non, elle a pensé que les vieux lui en feront moins baver »

« C'est complètement idiot, on devient médecin pour l'adrénaline que provoque certaines situations »

Il ria avant de m'ébouriffer les cheveux.

« Je sais qu'on a du te le dire de nombreuses fois, mais t'es une fille bien Bella, ne laisse pas cet animal détruire ton avenir, ce serait du gâchis »

« Bien monsieur » fis-je un salut militaire

« Oh, quelqu'un n'a pas arrêté d'harceler ton tuteur sur son téléphone, il s'inquiète énormément de savoir que tu puisses l'abandonner, ton éducateur n'a pas arrêté de le rassurer mais il peut pas s'empêcher de croire que tu n'as rien d'important qui te rattache ici »

Je rougissais instantanément sous le regard taquin de mon chirurgien.

« J'ai une opération, mais je reviendrais dans quelques heures pour voir comment tu vas, en attendant tu te reposes, je tiens à ce que ces tests encouragent ton rétablissement, compris jeune fille ? »

« Compris monsieur ! »

« Bien »

Il m'offrit un dernier sourire, avant de quitter la chambre et de laisser entrer mes proches.

« Je t'en supplie, éloigne le, j'ai besoin de lui parler » chuchotais-je alors que Charlie s'était endormi sur le sofa posé au fond de la pièce

« Et pour quel prétexte ? Il est mort de trouille à l'idée que tu sombres à nouveau »

« Je vais bien ! Et c'est pas moi qui le dit »

Ça faisait bien 20 bonnes minutes que je tentais de convaincre Teddy de chasser mon père de la chambre, pour que je puisse appeler Edward. Depuis mon réveil, qui datait d'à peu près une semaine, je n'avais pas eu une seule minute pour moi. Entre les scanner, les IRM, les tests d'aptitude physique, les auscultations quotidiennes, et Charlie qui refusait de me perdre des yeux une seule seconde, je n'avais aucune occasion de m'isoler quelques minutes. J'avais des nouvelles d'Edward, seulement par l'intermédiaire de Teddy qui le rassurait de mon état. Sauf que je crevais d'envie d'entendre de sa voix et d'apaiser ses inquiétudes avec la mienne !

« Ta sortie est prévu pour demain, une chambre t'attend dans le Hyatt at olive 8, un hôtel dans le centre de Seattle qui possède un centre idéal pour faire avancer ta rééducation, t'auras l'occasion de l'appeler autant que tu voudras, patientes juste une journée »

Je soufflais, en colère de ne pas pouvoir contacter mon homme. Il me manquait affreusement et j'avais besoin de ce foutu coup de téléphone, si ce n'est de plus.

« J'ai trouvé ce qui te fallait » entra Angie avec le sac d'un fast-food. « Qu'est ce qui t'arrive ? » me demanda-t-elle curieuse devant ma mine en colère

Quelques heures après mon réveil, j'avais finis par lui parler de mes retrouvailles avec Edward, alors que mon père était occupé à discuter avec Teddy. Elle aurait fini par le savoir, et même si j'étais certaine que ma relation avec mon ex professeur allait la mettre en rogne, elle devait savoir qu'il était l'une des personnes les plus importantes, si ce n'est le seul à pouvoir apaiser mes douleurs intérieures.

« Ce type t'a menti, comment tu peux te jeter dans ses bras après ce qu'il t'a fait enduré ? » s'était-elle énervé alors que je lui avais parlé de mon altercation avec Edward, qui avait fini par notre premier rapport

« On a merdé tout les deux, j'avais aussi mes torts » me justifiais-je

« Quel tort t'a pu avoir ? Ce type n'était qu'un pathétique junkie qui a juste profiter de ton épaule généreuse et qui s'est foutu de ta gueule ! »

« T'es comme ma sœur Angie, mais ça m'empêche pas de te dire d'aller te faire foutre ! Depuis quand tu te permets de juger quelqu'un que tu ne connais pas ! » Blessée par ses insultes

« Tout ce que je sais me suffit à penser que ce type est bien le pire des connards ! »

« Pour la deuxième fois Angie, va te faire foutre ! » dis-je plus furieuse

Furax, elle avait fini par quitter la chambre. C'était la première fois qu'on se prenait la tête à cause d'un mec, et vu comme c'était parti, lui faire accepter qu'Edward était bien plus que le fantasme d'une adolescente pour son professeur allait être long. Malgré tout, elle avait fini par revenir dans la soirée, sans dire un mot, elle s'était endormie à côté de moi. Depuis, nous n'en avions plus parlé, et ni elle ni moi nous étions excusés pour nos mots.

« Laisses-moi au moins le prévenir »

Teddy finit par céder et me tendit son téléphone. Je lui demandais de l'aide pour descendre du lit afin de m'isoler dans la petite salle de bains. Glissant le long de la porte, je me posais à terre, où le froid du carrelage me fit du bien. Aller savoir pourquoi donner ce coup de téléphone, rendu fou mon rythme cardiaque. Ce qui était absurde, j'avais toujours très à l'aise avec Edward…même si notre proximité arrivait toujours à créer mes rougeurs, ou des battements de cœur précipités. Je frôlais l'écran du doigt, pour chercher le numéro d'Edward dans sa liste d'appels. Nerveusement, j'attendais qu'il réponde.

« Attends une minute » finis-je par l'entendre dire

Je l'entendis s'éloigner de ses nièces avec qui il semblait jouer.

« Est ce qu'elle va bien ? Ça fait une semaine, je pourrais peut être passer, j'arrive plus à rester ici ! »

L'entendre si inquiet, si abattu fut bouleversant et je retenus difficilement la boule dans ma gorge.

« Edward »

« Bella ! » m'appela-t-il surpris. « Bella, est ce que c'est toi ? »

« Oui »

« Putain bébé » souffla-t-il soulagé

La main sur ma poitrine, j'essayais tant bien que mal de calmer mon cœur affolé. L'entendre déclencha un besoin urgent de le voir. Ma place, ma raison – malgré l'amour que je lui portais – se trouvaient dans ses bras. J'étais saine d'esprit, j'étais heureuse...J'étais heureuse avec lui, et cela semblait si important pour que je ne ressente le besoin de vouloir plus. Personne n'aurait pu tirer de moi, un amour aussi intense et profond, après avoir perdu ma raison de vivre...Sauf lui. Dans ses bras, je retrouvais tout ce que j'avais perdu.

« Dis-moi comment tu vas ? Teddy raconte des trucs, mais je sais qu'il me dit pas tout pour éviter que je débarque comme un détraqué »

« J'ai...Physiquement, je vais bien, mes examens sont bons et je commencerais dans quelques jours, une rééducation, ce qui est une excellente chose »

« Bébé, qu'est ce qui y a ? »

Épuisée, submergée, je finis par craquer alors que j'avais tout fait jusqu'ici pour ne pas pleurer. Il n'avait certainement pas besoin de m'entendre gémir de cette manière, après le calvaire que je lui avais fait subir. Mais j'avais tellement besoin de lui.

« Bébé, s'il te plaît, fais pas ça quand je ne suis pas là » l'entendis-je me supplier, imaginant très bien son visage se tordre douloureusement en m'écoutant pleurer

« Je suis désolée »

« Dis-moi ce qui y a ? »

« Je...je crois que je deviens folle...Au sens littéral des choses »

« Ma puce »

« J'ai...J'ai fait un délire hallucinatoire...Je n'ai jamais eu d'hallucination en étant clean »

« Bella, je vais prendre un taxi pour Seattle, je peux pas rester là »

« Non ! »

« Bella »

« Demain matin...Demain matin, je quitte l'hôpital pour le Hyatt at 8 olive, un hôtel dans le centre de Seattle, prends un taxi pour Port Angeles, et fourres mes affaires dans un sac avant de rejoindre Seattle, attends moi là bas, réserves une chambre avec ma carte, et fais en sorte qu'il n'y ait aucune chambre de libre sur le même étage, je te texterais dès que j'y serais »

« Tu me manques bébé »

« Tu me manques aussi...beaucoup trop »

Je me tus une minute, pour calmer mes sanglots.

« Tu n'es pas folle Bella, moi je sais que tu n'es pas folle » essaya-t-il de me rassurer

« J'ai besoin de toi...j'ai besoin de toi, tout le temps »

Du revers de la main, je séchais mes larmes.

« Je t'aime princesse »

« Je t'aime aussi Edward »

Je raccrochais, toujours aussi prise d'un important besoin de le voir. Me relevant difficilement, je sortais après avoir passé un peu d'eau sur mon visage, découvrant Charlie réveillé. J'espérais qu'il ne m'ait pas entendu. Sinon, j'étais dans la merde !

« Bells, tu devrais pas bouger de ton lit »

« Je pourris sur ce lit »

Je tendis le téléphone à mon tuteur.

« Qui tu appelais ? »

J'hésitais une minute avant de finir par lui dire la vérité.

« Ed...Edward Masen »

Étonné, il me scruta une longue minute, avant de demander à Teddy et Angie de nous laisser. Et merde qu'est ce qui m'a prit !

« Bella »

« Hum »

« Quand...quand tu as fait cette crise, tu n'as pas arrêté de crier en cherchant cet Edward et...et là tu l'appelles »

« Où tu veux en venir ? »

Assise sur mon lit, il prit mon menton dans sa main, alors que je fuyais son regard.

« Bells...regardes moi »

Quel genre d'adolescente étais-je pour être aussi incapable de mentir à mon père !

« Je sais qu'il harcèle Hooligan sur son téléphone... et...et je l'ai vu pleurer quand il essayait de te sauver alors que tu faisais cette overdose »

Le fait que je sois sa fille, n'aveuglait en rien ses réflexions de policier.

« Et alors ? »

« Bells »

« On est amis, ça te va...Un jour on a discuté, et j'ai appris qu'il était veuf, alors on a commencé à se voir de temps en temps...pour parler, c'est tout »

« Pour parler ? C'est tout ? » Insista t-il

« Oui »

« Pourtant tu rougis quand tu parles de lui »

« Papa ! »

« Je veux juste savoir, c'est tout »

« Qu'est ce que tu veux que je te dise d'autre, on est amis »

« OK, je te crois » finit-il par me lâcher

Rouge de honte, je m'allongeais pour lui tourner le dos. Putain, je venais de me faire griller en beauté ! Satané flic !

« Je sais que t'aurais certainement plus de facilités de parler de certaines choses avec maman »

« Papa »

« Je veux juste que tu saches que tu peux me confier ces...ces trucs de filles, tant que ça ne concerne pas les sujets...les sujets sexuels et tes problèmes du mois »

« Papa ! » criais-je

« Je voulais juste te le dire »

Il finit par se taire. Dos à lui, je sentais malgré tout son regard. C'était si perturbant de l'entendre parler de cette manière. Je l'avais toujours cru si fermé et là, c'est comme ci mes faiblesses l'incitaient à être plus ouvert, plus conciliant avec moi.

« J'aime juste parler avec lui » me confiais-je sans me tourner. « Je...Je me sens bien avec lui et n'y voit aucun sous-entendus »

« Jamais je n'aurais cru qu'il puisse cacher quelque chose d'aussi douloureux »

« Tu sais, il est différent, il est renfermé...il s'en veut beaucoup et il en a honte »

« Il ne devrait pas »

« C'est difficile de le persuader du contraire...tout comme ça l'est pour moi »

J'entendis ses pas se diriger vers moi, avant de sentir le lit s'affaisser derrière moi. Glissant un bras sous le mien, Charlie me serra contre lui, déposant un baiser dans mes cheveux.

« Papa »

« Oui chérie »

« De quoi parliez-vous Teddy et toi, quand je me suis réveillée ? »

Je le sentis hésiter une longue minute, alors qu'il me serra un peu plus contre lui, avant de me dire :

« Une...une des interne du docteur Johan a fait montrer ton dossier psychiatrique a une psychiatre...Elle pense que ta dépression évolue dans de mauvaises conditions, le délire hallucinatoire que tu as fait la convint que tu pourrais peu à peu t'éloigner de la réalité extérieure…et…et devenir psychotique...Elle pense qu'il est urgent de te faire interner, pour que tu puisses bénéficier de meilleurs soins »

Psychotique ? C'était…Effrayant, ça devait l'être n'est ce pas ? Parce que j'ai du mal à cet instant, de voir les choses autrement que ridicule et terriblement humoristique. Psychotique ? C'est…C'est…Je ne sais pas en fait…Psychotique.

« Et toi ? Qu'est ce que t'en penses ? »

« Je ne sais plus ce que je pense...Je ne sais pas, personne ne sait ce que tu as vu, et ce avec quoi tu vis chaque jour »

« Mais ? »

« J'ai peur...j'ai peur de te perdre, et je ne parle pas de mourir...J'ai peur que tu disparaisses, j'ai peur que tu n'es plus conscience de ce qui est réel et de ce qui ne l'est pas...et...et que tu t'enfermes dans une autre réalité, qui détruira tout ce qui reste de toi »

Dos à lui, je le sentais hésiter, hésiter à prendre position aux côtés de cette salope.

« Tu dis que tu vas mieux, et dans l'instant d'après je te retrouve à l'hôpital...Je sais plus quoi faire chérie »

Je ne répondis rien, préférant le laisser supposer que cette pétasse avait raison. J'attrapais la petite télécommande posée sur la table de chevet, et pressais le bouton rouge.

« Oui mademoiselle ? »

« Je ressens des douleurs dans la jambe, ça m'empêche de dormir »

Elle me demanda de patienter quelques instants, avant de revenir avec une seringue, qu'elle injecta dans le cathéter posait sur mon bras gauche. Il suffit de quelques minutes, pour me sentir partir. Le noir, seul remède pour moi de m'éloigner de tout ce bordel…celui là et les bras d'Edward.

18 juillet 2012,

Finalement, ma sortie n'eut lieu qu'en début de soirée. Coincée dans un taxi avec Charlie, notre conversation de la veille n'arrêtait pas de résonner dans ma tête. J'étais tout à coup comme paranoïaque, j'étais certaine qu'à la moindre petite crise de colère, il m'enverrait chez les fous et même si Teddy reste officiellement mon tuteur, il pourrait facile le convaincre que l'internement était la seule solution envisageable dans mon « état ».

Il était plus de 18heures quand nous arrivions enfin dans le hall de l'hôtel. Nous patientions quelques minutes derrière des touristes, avant que je ne bouscule Teddy pour passer devant. Je récupérais ma clé et un message que la réceptionniste glissa sous la carte magnétique. Dessus y était simplement inscrit la présence d'Edward. Pressée, j'empruntais l'ascenseur suivi de près par Angie, Teddy et Charlie. Le regard vissé sur le cadran où les étages y défilaient, j'esquissais un sourire alors que la cage s'arrêta sur le 21ième étage...sauf qu'aucun d'entre eux ne quitta l'ascenseur.

« J'ai cru entendre l'hôtesse que vous créchiez sur cet étage, j'en suis même sûre »

« Il est encore tôt, on pourrait dîner tous ensemble » proposa mon père

« Hum non, j'ai du vous supporter toute la semaine et puis papa, tu veux pas un peu souffler, à ta place avoir une fille psychotique doit être épuisant »

« Bella » me réprimanda Teddy

« Sortez d'ici, je suis crevée alors tout ce que je veux, c'est me jeter sur mon pieu »

Alors que les portes de l'ascenseur se refermaient, j'appuyais rapidement sur le bouton actionnant leur réouverture, insistant ainsi pour qu'ils sortent. Ce qu'ils finirent par faire tous les trois. Leurs visages tournés vers moi, je les narguais d'un sourire et d'un geste de la main, me retenant de leur afficher mon majeur.

« Adieu peut être ! » criais-je alors que les portes se refermaient

Enfin seule ! Me focalisant sur la présence d'Edward, mes palpitations cardiaques frôlaient l'arrêt. Mes tripes se tordaient dans un mal plaisant. J'étais dépendante de cette sensation que me procurait sa simple pensée. Je me retournais vers la glace de l'ascenseur pour recoiffer mes boucles, et paraître plus en forme que je ne l'étais. Ce séjour en centre hospitalier m'avait maigri et pâli, ce qui n'était pas une vue très excitante, pour un homme qui était la créature la plus sculpturale que je connaisse. Quittant l'élévateur, je longeais le couloir qui menait à ma suite faisant de grand pas avec mes béquilles...Mon corps sous addiction, il semblait se précipiter pour retrouver la source de sa dépendance. Devant ma chambre, j'attrapais ma clé magnétique pour intégrer la suite et refermer la porte derrière moi. Je traversais un petit couloir qui déboucha sur une chambre spacieuse et luxueuse. Cette suite serait parfaite pour mes semaines de convalescence.

Je cherchais du regard Edward, mais ne le trouvait pas.

« Si ça intéresse quelqu'un, je suis toute seule »

Immédiatement, je vis mon homme sortir de sa cachette, scandaleusement vêtue d'un jean qui lui tombait sur les hanches, laissant visible l'élastique de son boxer. Je riais doucement alors qu'il se précipitait vers moi. Rire qui s'éteignit aussitôt, quand je vis son visage tuméfié. Avant que je n'ai pu m'y attarder, il coinça mon visage dans ses mains, pour écraser violemment ses lèvres contre les miennes et je ne pus faire autrement que d'entre-ouvrir les lèvres pour lui permettre d'aventurer sa langue dans ma bouche. Je finis par répondre à son baiser avec autant de ferveur. Enfin à ma place, j'en eus les larmes aux yeux. Personne ne devrait se rendre aussi indispensable. Ce genre de pouvoir est destructeur pour celui qui s'accrochait. Notre baiser féroce fut à la hauteur du manque cruel ressenti ces derniers jours. Mes béquilles tombées au sol, je ne pus tenir plus longtemps sur mes jambes. Fragile, Edward me porta jusqu'au sofa du grand salon, pour m'y allonger, et se caler entre mes jambes. Ce type était comme un cocktail de toutes les drogues possibles et inimaginables, avec un pouvoir addictif surprenant. Hors d'haleine, je dus le repousser pour souffler. J'étais en pleine overdose de vie, d'amour et de folie...

Ses coudes près de mon visage, je caressais sa petite barbe, m'arrêtant sur ses émeraudes assombries par les colorations d'hématomes et son arcade sourcilière recousue. Pas décidé à m'expliquer tout de suite ce qui avait pu l'abîmer ainsi, sa langue s'emballa de nouveau dans ma bouche. Comme le précédent, sa caresse fut brutale, à couper le souffle, malgré tout très douce.

Éreintée par cette semaine, mes larmes refirent surface...Edward m'aimait, peu importe à quel point j'étais amochée. Et cette constatation me gonfla le cœur d'une certaine fierté, d'une certaine assurance. Je ressentais un amour démesuré pour lui et pourtant j'étais saine d'esprit dans ses bras.

« Me refais plus jamais ça » souffla-t-il contre mes lèvres

« Promis...Je crève de faim, on pourrait commander à dîner pour que tu m'expliques ce qui t'es arrivé »

« C'est pas nécessaire » me fuit-il en baisant mon cou. « Une stupide bagarre dans un bar »

Avant que je n'ai pu dire quoi que ce soit, mon ventre parla pour moi provoquant le rire de mon amour.

« Je vais aller commander un truc pour mademoiselle » se releva-t-il

Je profitais qu'il aille nous commander un repas, pour fouiller dans le gros sac de sport qu'il avait amené avec lui. Je souriais en remarquant qu'il n'avait rien oublier, pas même mon pirate que je trimbalais dans chacune de mes couches. Brandissant fièrement mon téléphone, j'y consultais mes messages qui provenaient pour la plupart de Jake. Edward vint m'enlever mon portable pour le jeter à côté, son visage penché sur le mien.

« Ce soir, t'es à moi »

« Que ce soir ? » souris-je

« Pour demain, et après demain, et encore après demain, enfin jusqu'à ce que je me lasse »

« Oh, jusqu'à ce que tu te lasses, et si moi je me lasse »

« Impossible »

Notre dîner arrivé, Edward me ramena contre lui pour que je puisse m'asseoir sur ses genoux. Ayant plus d'appétit pour ma peau qu'il couvrait de baisers, je tentais de ne pas m'étouffer en avalant le plat de lasagnes, chatouilleuse sous ses caresses. Il n'est pas impossible que demain je sois couverte de suçons. Mon repas terminé, je n'eus que quelques secondes pour m'essuyer la bouche avant d'être transporté jusqu'au lit, Edward entre mes jambes. Peut être que tomber amoureuse nous présager plus de douleur que de bonheur, mais doit-on vraiment s'en vouloir de prendre le risque de ressentir ces palpitations cardiaques qui s'emballent, les tripes qui se tordent encore et encore, ou cette chaleur dans le corps qui vous donnent l'illusion d'exister, d'être unique et important pour l'autre…Pour avoir déjà assez morflé comme ça, j'aurais pu croire que je n'avais pas besoin de ce genre de mal sadique dont vous êtes seul responsable. Faut croire que je m'y suis fait, et puis ces sensations vibrantes vous font oublier tellement de choses.

Relevant le buste, je me débarrassais de mon gilet, et mon débardeur qu'Edward souleva pour jeter le tout au pied du lit.

« Sais-tu Masen à quel point il est dangereux de t'être rendu essentiel à ma vie » dis-je après un long et langoureux baiser

Alors que ma réplique était censé le faire sourire, son visage devint sérieux, triste et je mesurais subitement à quel point il était réellement dangereux d'être si indispensable aux yeux de l'autre.

« On n'aurait peut être jamais du se rencontrer, ou s'attacher…toi comme moi savons que ça nous nuira ce qui se passe » dit-il avec un ton grave

« Est-ce qu'on peut faire autrement que de laisser faire les choses, maintenant ? »

« Il est beaucoup trop tard pour ça »

Rassurée, j'étais pourtant effrayée à l'idée de le perdre.

« L'angoisse de la perte, ça te conduit à penser que tout est fragile, que tout n'a qu'un temps. Tu finis par douter du bonheur, douter que ça puisse exister et chaque fois qu'il t'arrive quelque chose de bien, tu sais que ça ne restera pas, qu'on va te le reprendre à un moment ou à un autre. » Douglas Kennedy. Ma mère ailleurs, je devais à nouveau faire face à cette angoisse et je ne pouvais rien faire d'autre que de la supporter, parce qu'il vaudra toujours mieux avoir à ses côtés celui que l'on aime, en sachant pertinemment qu'il arrivera un jour, où il n'y sera plus, plutôt que d'en s'éloigner pour ne pas endurer cette angoisse.

« Tu sais à quel point on est dans la merde » dit mon amour, alors que son regard s'embua

« Je sais » envahi par le même sentiment de peur

Mes mains dans ses cheveux, je l'incitais à m'embrasser de nouveau. Nous restions longuement à profiter de cette étreinte, alors que nos larmes se mélangeaient. L'amour, la drogue, au-delà de l'extase qu'ils procurent, ils restent tous les deux à forte dose quelque chose de mortelle.

Le soufflé coupé, je lui soufflais un « je t'aime » avant d'effacer les larmes sur son visage.

« Est-ce que tes parents m'en veulent pour les dégâts que j'ai causé ? » finis-je demander, persécuté par cette question depuis que les images avant mon overdose avaient refait surface

« Personne n'y a vraiment prêté attention, on s'inquiétait tous pour toi »

« Je devrais quand même les appeler pour m'excuser, je veux pas qu'ils me voient comme une hystérique, gravement dérangée »

Pensant une énième fois aux paroles de mon père, je retenais difficilement la boule dans ma gorge. Mes crises ne semblaient plus relever d'une dépression due à la perte, mais carrément d'une psychose.

« Bella »

« Désolée » m'excusais-je des larmes qui finirent par s'échapper

Edward se posa un bras, pour prendre mon visage en coupe dans l'autre.

« Tu n'es pas folle, tu m'entends, tu n'es pas folle ! » tenta t-il de me convaincre

« Ils…ils disent que » finis-je par craquer. « Ils disent que je pourrais sombrer encore plus, que dans quelques mois, je n'aurais peut être plus de contact avec la réalité » honteuse d'être ainsi surmené, je me cachais derrière mes mains, alors que mes sanglots créent de grandes secousses dans ma poitrine.

Edward retira aussitôt mes mains pour me forcer à le regarder.

« Bébé, ne fais pas ça ! Écoutes moi…Bella écoutes moi ! »

M'essuyant le visage du revers de la main, je finis par soutenir son regard.

« T'es pas folle ma puce, moi je sais que t'es pas folle…Le connard qui t'as dit ça ne sait pas de quoi il parle, tu as vus des choses que personne ne supporterait de voir, tu as perdu les deux personnes les plus importantes, alors ton esprit a le droit de temps à autre de dérailler, mais tu n'es pas folle ! »

Il m'aida à me relever, et calé contre le dossier du lit, il me ramena contre lui pour me bercer, répétant encore et encore que j'allais bien. J'enroulais mes bras dans son cou pour nicher mon nez dans son cou. Apaisée par son parfum, il ne fallut qu'une dizaine de minutes pour que mes pleurs se taisent.

« Je dois être horrible » effaçais-je les dernières traces de mes larmes

« Hum…disons que je te préfère avec un sourire » sourit-il avant de prendre mon visage dans ses mains et de m'embrasser

Mon corps se réchauffa instinctivement sous le baiser, et ses mains baladeuses qui remontaient et descendaient sur mes hanches. Sa capacité à effacer si vite mes chagrins était une véritable prouesse.

« Arrêtes ça » dit-il alors que sa langue s'agitait à nouveau dans ma bouche

« Arrêter quoi ? » fis-je innocente

« D'être aussi excitante, je suis sûr que le sexe est contre-indiqué dans ton état »

Me rappelant les recommandations du médecin, je soufflais, déjà frustrée.

« Tu sais pendant combien de temps, on va de voir rejouer les scènes frustrantes, enfin pour la plupart, de l'année dernière…Je suis punie pour trois semaines »

Ma moue boudeuse se transforma en un rire franc, quand Edward s'étouffa avec sa salive.

« Sauf que cette fois, on peut s'embrasser…Je suis pas sûre d'ailleurs que ce soit mieux, avec une telle créature » caressais-je son torse nu. « On s'emporte si facilement »

Sa toux calmée, il bouda contre mon épaule.

« On venait juste d'y goûter…et puis comment résister à ça »

Je rougissais instantanément quand ses émeraudes me déshabillèrent plus que je ne l'étais. Le regard brillant, il me regarda avant de caresser du pouce mes rougeurs.

« Elles m'avaient manqué »

Intimidée par son regard perçant, je me cachais dans son cou. Il sourit avant de déposer un baiser sur mon front. Prenant une position plus confortable et moins excitante pour lui, nous nous allongions sous les draps. Dos à lui, il m'enlaça avant que je ne lie ma main à la sienne. Son visage reposé sur son coude, sa bouche vint à nous baiser mon cou. Toute une vie n'y suffirait pas pour me lasser de lui, de ce qu'il me donnait.

« Bella »

« Hum » bercée par ses caresses

« Est-ce qu'on a eu des bons moments, je veux dire l'année dernière ? » me demanda-t-il timidement

Dos à lui, je me retournais pour le regarder, étonnée par ce qu'il me demandait.

« Tu te souviens de ce que tu as dit le soir où on s'est disputé sur le porche de la villa, à propos de ce que tu avais du tolérer quand j'étais défoncé...Je m'en suis rappelé ces derniers jours, et je me suis demandé si il y avait eu assez de bons moments pour que ça te pousse à sortir du coma »

J'étais certaine que cette pensée l'avait traversé, après le nombre de fois où j'avais lui dit ne jamais vouloir rater une occasion de retrouver ma mère si elle se présentait.

Posant une main sur sa joue, je l'embrassais furtivement.

« On a eu des bons moments tous les deux »

« Des moments qui valaient la peine que tu te réveilles ? » me demanda t-il

« Des moments qui m'ont convaincu que j'étais mieux ici, dans tes bras » le rassurais-je

Il esquissa un sourire en coin, dont lui seul avait le secret pour le rendre si craquant, rassuré.

« Je me suis souvenu d'un autre truc »

« De la fois où tu m'as jeté dans le lac ? »

« Non »

« De la fois où tu m'as forcé à prendre une douche toute habillée ? »

« Non » rit-il

« Hum, du jour où tu n'as pas arrêté de rire parce que je suis tombée de ton lit en voulant attraper mon téléphone »

« Non plus »

« De quoi t'es-tu rappeler alors ? »

Sans me répondre, il défit nos mains pour se relever et sortir de la chambre. Il revint quelques secondes à peine plus tard, mon casque audio et mon MP3 dans la main. Je me posais en tailleur à côté de lui, alors qu'il semblait chercher quelque chose dans ma playlist. Installant le casque sur mes oreilles, il enclencha « You can be the boss » de Lana Del Rey, l'une de mes chansons favorites. Spontanément, je m'avançais vers mon amour pour lui souffler les paroles éloquentes de Lana. Tout comme moi, Edward était un fan des chansons à connotations parfois sexuelles que donnaient la chanteuse dans ses paroles, sans que ça ne soit vulgaire. Et citer ses lyrics en prenant une voix sensuelle était l'un de ses points faibles. Une légère pression sur ses épaules le fit tomber et j'en profitais pour le chevaucher. Ses lèvres scellées aux miennes dans un langoureux baiser, je débranchais le casque de mon lecteur, pour laisser résonner la voix charnelle de Lana. Sa langue dans ma bouche propageant un courant électrique dans chacune de mes veines, je me frottais avec un plaisir monstre contre sa verge tendue sous son boxer.

« On ne devrait pas » expira t-il contre mes lèvres

Son corps hurla pourtant tout le contraire, dans un geste rapide il dégrafa mon soutien-gorge que je jetais derrière lui. Ses mains expertes sur ma poitrine, j'en frissonnais sous le contact brûlant. Cette chanson était un véritable aphrodisiaque.

Haletants, sa bouche vint se poser sur mon sein gauche pour le titiller du bout de la langue, quand l'autre se faisait malmenait par une prise brutale. Un coin d'œil vers lui m'embrasa d'un feu vif…Johan ne savait pas à quel point c'était risqué de me prescrire autant de semaines d'abstinence. Ses mains glissant sur mes hanches, il inculqua un mouvement plus appuyé contre sa queue. Audacieuse, j'osais une main entre nous aller libérer son érection de son boxer. Une prise ferme autour de son membre, je le masturbais sous le son excitant de sa voix, qui m'appelait. Alors que je le vis tenter de renverser nos positions, je le repoussais sur le lit.

« A mon rythme, sinon rien » dis-je, penchée sur son visage

Nos ébats précédents me conseillaient de ne pas le laisser prendre les choses en mains. Il était si viril, bestiale. Malgré le risque que je prenais en surpassant l'interdiction, je tenais à garder quelques chances de guérir.

Je me relevais, tenant difficilement sur une jambe alors que mon amant se redressa pour me débarrasser de mon short et de ma culotte. Il en fit de même pour son boxer, qui rejoignit le reste de nos vêtements. A cheval au dessus de lui, j'attachais mes cheveux pour qu'ils ne me gênent dans notre contact visuel. Edward en profita pour caresser mon clitoris m'arrachant plusieurs plaintes. Les mains posées à plat près de son visage, je remuais des hanches pour appuyer son geste. Mon souffle rauque l'incita à pénétrer son majeur dans mes chairs, provoquant l'appel de son nom.

« T'es magnifique » me complimenta t-il

Dans des allers retours frénétiques, il chercha ma jouissance pour faciliter notre rapport. Lui étant reconnaissante de m'offrir un tel plaisir, je me jetais sur ses lèvres pour l'embrasser. Ecartant du doigt mes petites lèvres, mon amour de bourreau s'immisça doucement en moi. Je m'accrochais instinctivement à ses cheveux et son épaule, alors que ma bouche s'ouvrait dans un grand O contre ses lèvres. Couvrant doucement sa longueur, je le repoussais une seconde fois me permettant ainsi des mouvements plus libres. La vision de mon corps totalement offerte à lui, j'en eus des rougeurs, toujours aussi intimidée d'être l'objet de son plaisir. Mes mains posées sur son torse, il guida le mouvement de mon bassin.

« Putain bébé » finit-il par se lâcher

Je me penchais sur son visage, appréciant sa respiration chaude contre mes lèvres. Sa prise sur mes hanches se resserrait au fil du plaisir qu'il le consumait. Je pris un peu plus de rythme, tout aussi envahi par le désir de le sentir se frotter plus rapidement. Dans une même voix, nous soufflions le prénom de l'autre. Nos cœurs s'essoufflant alors que la jouissance était proche, je finis par me contracter fortement autour de lui provoquant instantanément sa jouissance, puis la mienne. A bout de souffle, nous nous redressions tous les deux pour reprendre notre souffle.

« Est-ce que ça va ? »

« Je te dirais ça demain »

Je me détachais doucement de lui, et descendais du lit pour aller me débarrasser des traces de notre ébat dans la salle de bains, où Edward m'y suivit pour faire la même chose. Nous passions finalement sous la douche, pour enlever la sueur. J'épargnais tout de même mes cheveux, pour ne pas avoir à dormir trempé. Ne s'y attardant pas, Edward me porta jusqu'au lit, recouverte d'une serviette. Il me devança en m'amenant mon sac, que j'ouvrais en grand pour y chercher un tanga et un tee-shirt pour la nuit.

Il était plus de 00h00 quand Edward me serra contre lui, m'offrant un cocon pour la nuit. Épuisée, je ne pus pourtant pas m'empêcher de savoir de quoi voulait parler Edward. Ce genre de question, était capable de me donner des insomnies.

« De quoi tu parlais tout à l'heure, en voulant me faire écouter Lana ? »

« Tu te souviens de ce week-end où Lili et Jazz sont partis à New York, on en a profité pour mettre de la musique à fond et boire »

« Et ? »

« J'étais en train de fumée un joint, et tu m'as demandé si les tests seraient positifs si tu faisais une légère infraction »

Forçant ma mémoire à ce souvenir de cette nuit là, je fus percutée de plein fouet par les lèvres d'Edward m'insufflant la fumée de sa cigarette. Ma cure était longue et difficile, surtout avec la présence d'Edward...mais je ne me souvenais pas avoir violer les conditions de mon sevrage.

« J'avais fait une entorse à mon sevrage ? »

« Si c'était que ça »

« Parles Masen avant que je t'étrangles »

« On avait déjà beaucoup bu pendant ce joint, alors…une chose en entraînant une autre »

Je me redressais avant qu'il n'ait pu finir sa phrase, effrayée à l'idée de ce qu'il pourrait dire.

« On était complètement désinhibé, on ne savait pas ce qu'on faisait » dit-il rapidement en se relevant aussi pour tenter d'atténuer le choc de ce qu'il allait dire

« Le mal de tête, les bleus que j'avais sur le corps, les vases cassés »

« On a couché ensemble...plusieurs fois…et partout dans la villa »

Ahurie, je couinais à nouveau, choquée par cette révélation.

« On a mélangé les alcools et la coke, c'est pour ça qu'on n'a pas pu s'en souvenir »

« On a passé deux jours dans tes toilettes …tu m'as fait une réflexion sur les bleus que j'avais sur les hanches en me disant que nous avions peut être cédé à la tentation » le frappais –je sur son torse

« Hey, c'était pour rire…Comment j'aurais pu savoir qu'on avait couché ensemble, alors qu'on s'est réveillés à des endroits différents et habiller »

« Quand t'es tu rappelé de ça ? »

« Y a quelques jours »

En colère - enfin je crois - je frappais cet idiot qui n'arrêtait pas de rire, sans aucune raison. Je ne savais pas vraiment comment je devais prendre cette révélation, elle n'avait pas réellement de poids aujourd'hui.

« J'arrive pas à croire que t'es pu m'influencer »

Dans un mouvement bref et rapide, il me plaqua sur le lit pour me chevaucher et m'empêcher de bouger.

« Tu étais consentante » baisa t-il furtivement ma bouche

« Tu es ma faiblesse Masen » coinçais-je sa lèvre inférieure entre mes dents, quémandant un baiser plus profond »

Me lassant pas de ses retrouvailles, je le gardais contre moi, dingue de cette sensation que son corps provoquait sur le mien. Comme ci il était à moi.

A la fin du premier rencart que ma mère avait eu avec Phil, elle était venue dans ma chambre alors que je regardais la dernière saison de Grey's Anatomy avec Angie. Excitée, elle avait couru dans les escaliers, jetant ses hauts talons en cours de chemin avant de se jeter sur mon lit, qui avait succombé sous le choc. Prises toutes les trois d'un fou-rire incontrôlable, nous avions fini par nous calmer une vingtaine de minutes plus tard. Je n'oublierais jamais les étoiles scintillantes présentes dans ses yeux, quand je lui avais demandé de tout me raconter, en n'omettant aucun détail. Maman avait toujours l'habituer de s'extasier et de s'emballer pour n'importe quoi, mais jamais cela n'avait été aussi fort que ce qu'elle avait ressenti ce soir là. Après m'avoir énuméré les qualités nombreuses de son rencart, elle avait fini par conclure que Phil Dwyer était son âme sœur, ce qui m'avait aussi tôt fait rouler des yeux. Elle avait toujours été si naïve face à l'amour, elle avait toujours pensé que nous avions chacun un alter ego, ce qui était totalement stupide. Mais elle y croyait, malgré les peurs qu'elle avait eu vis-à-vis de leur différence d'âge et de la vie médiatique de Phil…et elle avait eu raison, ce qui avait été son mari un an plus tard, s'était imposé en un soir, comme une évidence, une certitude, il lui correspondait en tout, c'était lui et pas un autre. Ces idées loufoques dont je m'étais moquée il y a quelques années, semblaient faire écho en moi aujourd'hui et j'imaginais très bien la voix de ma mère se moquait du sourire niais que j'arborais et de la manière dont je décrivais mes tripes se tordre dans une douleur agréable, à la simple vue de mon amour.

Gare à la nana qui ose s'approcher, j'ai un long casier judiciaire qui peut vous donner une idée de ce que je peux faire subir pour une simple colère !

« Tu sais ce que j'ai appris d'autre cette semaine » se releva t-il pour aller chercher mon téléphone, avant de revenir me chevaucher

« Je peux savoir ce que tu fais ? »

Fouillant dans mon portable, ses lèvres dessinèrent un large sourire quand il me montra une vidéo.

« Ma copine est fan de Justin Bieber, t'y crois ça »

Honteuse, je me cachais derrière mes mains alors que la vidéo me montrait Justin et moi présentant ensemble l'un des prix des American Music Awards.

« Est ce que t'es vraiment en train de rougir là ? » se moqua t-il en montrant mon visage du doigt, pour faire un zoom

« Éteins ça Masen »

« Si ça te plaît tant que ça les mèches rebelles, je peux faire pousser les miens »

« Masen ! »

« J'ai toujours rêvé de faire ce geste » imita t-il le mouvement de tête que faisait Justin pour replacer ses cheveux

Morte de honte, il se fit un malin plaisir de critiquer mes regards, la petite danse que Justin et moi exécutions sur le titre « Can't touch this » de Mc Hammer en guise de l'habituel petit sketch, avant l'annoncé des nommés, tout y passé...et ça dura pendant près de 20minutes jusqu'à ce que je décide de le bousculer et de lui tourner le dos. Boudeuse, il finit par jeter le téléphone sur la table de chevet et s'installait derrière moi pour me serrer contre lui.

Les yeux fixés sur le plafond, j'écoutais mon bébé ronflé doucement contre mon cou. Croyant pourtant que la journée et ma soirée avec Edward m'avait épuisé, je n'arrivais pas à trouver le sommeil. Quelque chose me torturait...

"Mercredi 26 octobre 2011 - 09h20"

Installé sur le rocking-chair, emmitouflée dans une grosse couette, je regardais Lili se plaire dans les innombrables robes qu'elle essayait. Ça faisait bien deux jours que j'étais atteinte de cette foutue gastro qui selon Lili aurait dû arriver un peu plus tard. Toutes les odeurs de cuisine m'envoyaient directement aux toilettes pour finalement ne pas régurgiter grand chose, la cigarette me rebutait tout autant, malgré l'habitude que j'avais gardé d'en fumer plusieurs fois par jour, ces deux derniers jours le dégoût avait simplement réduit ma consommation. J'étais crevée sans même avoir eu de nuits blanches.

« Jazz est dingue de ce genre de robe échancrée » fit mon amie, en se tournant plusieurs fois devant la glace de ma penderie

Le magazine pour lequel elle bossait lui avait proposé de présenter ses créations devant un public, pendant un défilé californien. Ne sachant quoi porter, je l'avais inviter à venir chez moi pour lui présenter toutes les robes que je possédais. Elles provenaient toutes de mon ancienne vie, rythmée par les galas de charité, les cérémonies, les shootings ou de cadeaux.

« Elle est parfaite sur toi »

« Tu es sûre que tu ne veux pas que j'appelle Edward pour te tenir compagnie » fit-elle attristée par l'état dans lequel je me trouvais

« Je ne veux pas qu'on me tienne compagnie, je veux juste arrêter d'avoir ses nausées »

« Si j'étais pas aussi certaine de ton absence de vie sexuelle, je penserais que tu es enceinte »

Je me relevais et allais me pencher par dessus ma poubelle pour y chercher le test que j'avais demandé à Edward d'acheter, y a quelques jours. Je n'avais pas spécialement envie de me rendre à l'hôpital pour une simple consultation. J'avais décidé alors d'entrer mes symptômes dans le moteur de recherche pour y trouver une réponse. Plus d'un millions de résultats concernaient la grossesse. Je n'avais pas spécialement été paniqué devant ce « diagnostic », j'étais à 90% sûre de n'avoir pas eu de rapport depuis janvier. Mais ayant un penchant pour l'alcool qui compensait mon sevrage, j'avais peut être dû abuser sur la boisson lors d'une soirée avec Jake.

Le test en main, je lui montrais la barre qui indiquait que je n'étais pas enceinte.

« Un test négatif ne veut rien dire »

Je lui tendais le seconde, qui affirmait la même chose.

« Je suis pas enceinte, je suis juste atteinte d'un putain de virus parce que quelqu'un n'a pas été fichu de se laver les mains en sortant des chiottes »

Rejetant les deux tests à la poubelle, j'allais chercher un verre d'eau après m'être lavé les mains. Boire de l'eau était la seule chose qui me soulageait. J'attrapais finalement une petite bouteille dans le réfrigérateur, avant de me tourner quand on frappa à ma porte. J'allais ouvrir à Jazz et Edward pour ensuite retourner à la cuisine. Les mains d'Edward vinrent enlacer ma taille alors que j'étais penchée au dessus de l'évier, pour me rafraîchir le cou.

« Tu devrais pas t'approcher, je suis sûrement contagieuse »

« Où est Lili ? » demanda Jasper

« A l'étage, première porte à gauche »

« Merci »

Seuls, mon professeur vint nicher son nez dans mon cou.

« Je t'emmène chez moi pour le week-end, je peux pas te laisser seule ici »

« Je vais bien »

« T'es toute seule ici, chez moi je pourrais prendre soin de toi sans avoir peur de voir débarquer ton père »

Je me reposais contre lui, fermant un minute les yeux pour me laisser bercer par ses bras.

« Tu prends un risque avec un microbe comme moi dans ton lit »

« Dis pas de bêtise, et ramène tes affaires »

Quelques minutes plus tard, je quittais la maison dans mon pyjama et un sac de rechange. »

M'arrachant brutalement de ce souvenir, je me redressais brusquement, réalisant que ce foutu virus n'était pas une gastro mais quelque chose de beaucoup plus grave.

« Bébé » s'inquiéta Edward à côté de moi. « C'était juste un cauchemar »

Je me dégageais de son bras réconfortant, les nerfs dans le rouge.

« On...on a eu des rapports non protégés toute une nuit »

« Bells, qu'est ce qui y a ? »

« On a eu des rapports non protégés et 3 semaines plus tard, j'ai des nausées, je vais jusqu'à détester la pizza, je suis folle de pizzas...je bois plus d'alcool et j'ai la poitrine gonflée »

« Je comprends rien Bella »

Oppressée, je luttais pour respirer. J'avais fait les tests deux fois, deux fois pour être sûre, alors ça pouvait pas être possible que je sois...que je sois...Peu importe ce qui s'était passé trois semaines plus tôt, je n'étais...je n'étais pas...

« Bébé faut que tu respires » fit anxieux Edward alors qu'il s'était posé devant moi

Avec de grands gestes, il tenta de m'aider à reprendre le contrôle de ma respiration.

« J'ai fait le test deux fois, et il était négatif pour les deux...j'aurais pas pu être...j'aurais pas pu être enceinte...Dis moi que j'aurais pas pu être enceinte » bredouillais-je alors que ma poitrine souffrait sous mes sanglots

Le visage d'Edward se fit subitement surpris, choqué. Alors que j'espérais qu'il me confirme que tout ça n'était pas vrai, il sortit du lit les mains tremblantes, le teint livide.


Note du 02/02/2012 - Note pour celles qui ne sont pas encore passé par là, ou qui reliront.

Petites explications :

- Le cauchemar que fait Bella au début de son PDV est un délire hallucinatoire, lorsqu'elle croit que ce sont les ombres qui l'empêchent d'approcher Jesse, ce sont en fait les infirmières et médecins qui tentent de la maîtriser, alors qu'elle veut s'échapper de sa chambre d'hôpital sans qu'elle ne le sache. J'ai pas pu lui faire souvenir ce délire, parce qu'on ne garde pas de trace d'un délire.

- Pour la fin du chapitre, le texte en italique est un souvenir, c'est pour ça que j'ai mis la date

Je suis vraiment désolée que ça ne soit pas assez claire...


xoxo Junessa