Salut chères lectrices !

Vous avez vu, attente moins longue que la précédente !

Commençons d'abord par commenter le dernier chapitre, qui niveau clareté est très médiocre...I'm sorry !

Explications : Previously on "Douleurs d'un lourd secret...Non, je plaisante...Donc dans le chapitre 15, j'avais fait apparaître un souvenir où Edward et Bella s'adonnaient à des activités peu légales (sexe, drogue et alcool), vous vous en souvenez ? Et c'est grâce à une des chansons que Bells garde dans une de ses playlist qu'Edward a pu s'en souvenir, pour l'instant ça va...Sauf que (chap 16) ce que nos deux idiots ne savaient pas, c'est que relations non protégés = grand risque de féconder, et c'est ce qui s'est passé trois semaines plus tard (c'est ce que j'ai voulu retranscrire dans la fin du chapitre par un souvenir de Bella, c'est pour ça que le flash back est daté)...Voilà, donc Bella a été enceinte il y a un an et non pas aujourd'hui...C'est ok ?

Si vous avez des questions, j'y répondrais !

Réponses aux reviews :

Megue : Merci bcp pour ta review ! ça m'a vraiment fait plaisir ! Pour la question de Jesse : sera t-il relaché ou pas ? on verra dans les chapitres suivants, ce qu'il en est...merci encore. xoxo

twilight et the vampire. merci d'avoir laissé une trace de ton passage et les encouragements. xoxo

sabina : désolée pour les tps d'attentes, et parfois j'ai beaucoup de mal et peu de tps. mais merci de me suivre et de m'encourager. xoxo

lyllou42 : désolée que la petite note soit nécessaire, j'aurais préféré que ça soit plus clair dans le chapitre. merci pour ta review. xoxo

rosabella01 : dans le mille (réponse dans le chap), jspr que ce chap te plaira. xoxo

gmadininav : merci merci pour ta superbe review. dsl j'aurais du être plus clair. xoxo

grazie : merci de tjs me suivre et de laisser une trace de ta lecture. xoxo

cerisebella : quand c'est en italique, c'est soit un rêve, ou un flash back, pour le dernier jle date toujours. En fait, elle s'endort pas vraiment, elle réfléchit au souvenir que lui a raconté Edward et fait subitement le lien, avec ce qui lui est arrivé trois semaines après. enfin tu comprendras dans ce chap pour ce qui est arrivé. merci pour ta review. xoxo

familykoala : (jm bien le pseudo lol) jsui vraiment heureuz que les sentiments puissent se faire ressentir, parce que c'est le plus dur ! fiou ! merci encore pr ta review ! xoxo

odrey010 : réponse dans ce chap, enfin jspr. merci pr ta review qui m'a fait très plaisir. xoxo

calimero59 : merci pour ta review ! rep dans ce chap. xoxo

ilonka : ta tout compri, le texte en italique, est un morceau du passé, et quand elle se réveille c'est le présent. merci pr ta review ! prends soin de toi aussi. xoxo

habswifes : merci pr ta review. xoxo

ousna : merci pr ta review, jspr que ce chap taidera à comprendre. xoxo

bellardtwilight : merci pr ta review. xoxo

birginie : merci pour ta review, voilà la suite ! xoxo

bellaeva : en fait elle n'est pas vraiment psychotique, pour ce qui est de son état mental, sa sra peut être ds lé chap suivant. en tout k elle ne garde ocune trace de son délire hallucinatoire, pour ce qui est de la fin, c'est juste un souvenir. jspr avoir repondu à tes questions, et ke ce chap le fera aussi. merci pr ta review. xoxo

J'ai oublié personne ?

Donc voilà un new chapitre, qui j'espère vous plaira ?...(dsl pr faute d'orthographes s'il y a)


Chapitre 17 :

« Je me suis assise et j'ai pris ma tête entre mes mains. Je rêvais de pouvoir la dévisser, de la poser par terre devant moi et de shooter dedans pour l'envoyer valdinguer le plus loin possible. Tellement loin qu'on ne la retrouvera plus jamais. Mais je ne sais même pas shooter. Je taperais à côté, c'est sûr. »

Anna Galvada.

« Tu as fait ce test 2fois ! » n'arrêtait-il pas de répéter, toujours avec un peu plus de colère dans la voix

« Je sais »

Face à sa folie furieuse, je fis taire toute démonstration de peur, de surprise ou de choc chez moi. Assise sur le lit, alors qu'il semblait retenir tout geste violent envers moi ou les objets, je préférais me faire toute petite, invisible. Ce qu'on prenait il y a quelques heures pour une histoire sans conséquence, venait subitement changer les choses. Notre nuit d'excès semblait avoir plus de répercussions qu'on ne l'aurait cru. Trois semaines après avoir abusivement profité du corps de l'autre, de la drogue et de l'alcool – cocktail explosif qui vous flingue toute trace mnésique – je portais en moi la plus inattendue des conséquences.

« Tu ne peux pas avoir été enceinte ! » finit-il par prononcer avec rage, brisant au passage contre le mur, l'un des vases qui servaient à la décoration

J'étouffais un cri dans ma main, toujours en larmes. Aucune de nos disputes ne l'avait mis à ce point en colère. Il m'en voulait...Comme si le fait que je sois en sevrage lors de cette période me mettait entièrement en cause dans cette histoire. Insouciant à cause de sa dépendance, j'étais celle qui était responsable de mes actes comme des siens. Peu importe à quel point je fus épuisée par tout ce que j'avais emmagasiné, peu importe le fait que j'ai eu le désir de m'éloigner le temps d'une nuit. Une seule toute petite nuit. C'était de ma faut. Coupable, je baissais les yeux devant sa fureur, incapable de soutenir son regard. J'avais honte parce qu'il avait raison. En oubliant de nous protéger pendant ces multiples rapports, il y avait eu un risque assez conséquent pour que je tombe enceinte. En cédant tout simplement à ses avances, j'avais merdé. J'aurais du avoir la présence d'esprit de fuir, le repousser comme j'avais eu l'habitude de le faire, lorsqu'il provoquait ses états seconds.

Tous les deux égarés par ce réveil brutal, nous ne pouvions même pas être certain que je ce que j'avais pris pour une foutu grippe, ait été en réalité les symptômes du grossesse. Trois jours après ce matin là, je fuyais la ville dans ma mini, percutant de plein fouet quelques heures plus tard un trois tonnes. Quittant le lit, je boitais jusqu'à mon sac de sport pour y chercher de quoi m'habiller.

« Je peux savoir où tu vas ? » m'agressa t-il

« J'ai...J'ai eu un accident, j'ai passé deux mois à l'hôpital..Si j'avais été enceinte, le chirurgien qui m'a opéré me l'aurait dit...Il est le seul à savoir...Et j'ai besoin de savoir pourquoi il a préféré me cacher cette information » bredouillais-je, intimidée par son regard assassin

Frisant une autre crise de larme, malgré tout blessée par son comportement, j'attrapais mes béquilles, ma bandoulière et quittais la chambre. J'avais peut être une part de responsabilité dans ce putain de problème, peut être un plus que lui parce que j'aurais du refuser ce putain de joint...Mais lui aussi était fautif !

J'appelais l'ascenseur et y entrais, très vite rejoins par Edward, caché sous une capuche noire et ses Ray-Bans. J'en fis de même, évitant ainsi les regards curieux qui pourraient me reconnaître. Le visage de Jesse sur tous les journaux avait amené les journalistes à faire deux fois plus d'efforts pour me retrouver, et je n'étais pas encore prête à gérer cet engouement médiatique. Les yeux baissés sur mes converses, j'avais beau me dire que tout n'était pas entièrement ma faute si bébé il y avait, si fausse couche il y eu, j'avais honte à côté d'Edward.

Malgré la nuit, Edward réussit tout de même à appeler un taxi pour nous emmener jusqu'au Swedish Hospital. La distance entre nous était glaciale. Il me haïssait…et lui inspirer ce genre de sentiment hostile était un monstrueux crève-cœur. D'une faible voix, je donnais notre destination au chauffeur. L'été, les touristes et les nombreux concerts donnés un peu partout dans les bars de la ville, rendirent notre trajet plus long et ma peine plus difficile à retenir. Il nous fallut plus d'une demi-heure pour rejoindre l'hôpital. Marchant derrière moi, j'essayais tant bien que mal de faire abstraction de sa présence distante pour me présenter à l'accueil du centre hospitalier.

« Mademoiselle »

« J'aimerais voir le docteur Johan…C'est urgent » dis-je en luttant toujours contre la boule dans ma gorge

« Le docteur Johan est malheureusement au bloc, il risque d'en avoir pour plusieurs heures »

« J'attendrais, pouvez-vous le prévenir qu'Isabella Swan l'attend, c'est vraiment très important »

« Patientez, je vous appellerais »

Je suivais son doigt indicateur pour rejoindre la salle d'attente, déjà bien remplie. J'accordais un faible sourire à un gars qui m'offrit sa place, me permettant ainsi de ne pas forcer sur ma jambe. Edward se contenta de rester debout, à quelques mètres. Son état d'angoisse extrême était insupportable à regarder. Qu'est ce qui se passerait si Johan me confirmait bien que j'avais été enceinte ? Est-ce qu'il partirait ? Et pourquoi ? Est-ce qu'il partirait parce que nous aurions pu avoir un bébé ensemble et c'était quelque chose qu'il ne pourrait pas assumer si cela arriver de nouveau ? Ou parce que j'avais tué ce qui aurait pu être pour lui une nouvelle chance d'assumer une nouvelle paternité ? Je savais à quel point le décès de son fils, était encore quelque chose de difficile à surmonter. Ce que je ne savais pas, c'est que j'allais peut être perdre dans quelques minutes, quelques heures, la chose la plus précieuse que je possédais.

Les yeux baissés sur mes chaussures, j'eus plus de mal à contenir toute crise de larmes, souffrant sous sa douleur criarde.

Nous attendions plusieurs heures, avant je ne puisse voir le docteur Johan marchait vers nous. Je me relevais instinctivement pour aller vers lui.

« Bella, est ce qu'il y a une problème avec ta jambe ? » me demanda t-il inquiet

« Non…J'ai besoin de vous parler de mon arrivée ici…il y a un an »

« Qu'est ce qui se passe Bella ? »

« Je voudrais consulter mon dossier médical après mes opérations »

Étonné, voir crispé, j'en eus des sueurs à l'idée qu'il sache déjà le pourquoi ma demande.

« Suis-moi »

Déambulant à travers la foule de personnes présentes dans le hall, nous rejoignions les ascenseurs pour gagner son bureau.

« Je suis venue avec…avec Edward » présentais-je celui qui ne serait probablement plus là dans quelques instants

Les bras croisés sur la poitrine, Edward ne montra aucun signe de salut. Johan se contenta d'un bref sourire. Nous atteignîmes difficilement le 10ième étage et le grand bureau du chirurgien. J'entrais la première, prenant place sur l'un des sièges qui faisaient au bureau, Edward sur l'autre.

« Je t'écoute »

« Je veux voir mon dossier »

« Bella, qu'est ce qui se passe ? »

Cette manière qu'il avait d'éviter de me donner ce foutu dossier, me rendit plus anxieuse. Il me cachait quelque chose, et me confirmais clairement que je ne devrais pas voir ce qu'il y avait dans ce dossier.

« Donnez lui ce foutu dossier ! » s'énerva Edward, qui nous fit sursauter en tapant du poing contre le meuble en bois

« Vous ne me dîtes pas quelque chose docteur, quelque chose que vous auriez du me dire quand je me suis

réveillée »

Il soupira, sourcils froncés avant de se relever et de se diriger vers une armoire en acier exposée dans un coin de la pièce, derrière lui. Il alla directement dans le fond du tiroir pour en retirer une chemise beige, où mon nom y était écrit au feutre noir. Reprenant place, le regard d'Edward et le mien fut rivé sur le dossier en question.

« Quand tu es arrivée ici, l'urgence était de réparer tes blessures importantes afin de minimiser les dégâts…nous avons du procéder à plusieurs opérations pour reconstituer le membre de ta jambe, cesser l'hémorragie crânienne, et réparer ta cage thoracique »

« Je sais tout ça »

« Après plus de 10heures de bloc…nous avons eu les résultats de tes examens sanguins »

Cessant toute activité cardiaque, j'attendais qu'il continue alors que son visage se déforma dans une grimace compatissante.

« Tu étais enceinte de 3semaines…Le choc de l'accident a provoqué la mort de l'embryon »

Le cœur au bord des lèvres, je dus m'accrocher au bord du bureau pour tenter de reprendre un souffle. Oubliant la présence oppressante d'Edward, mon corps fut pris de spasme atroce à supporter. Comment...

« Bella, je suis désolé » fit compatissant Johan

« Tires toi ! » criais-je à Edward, qui se retenait de tout geste violent. « Tires toi d'ici ! » hurlais-je à nouveau sans le regarder.

La porte claqua violemment dans la seconde suivante.

« Bella » s'approcha Johan

« Pourquoi vous n'avez rien dit ? J'avais le droit de savoir ! » hurlais-je

« J'en ai parlé à ton père…Je lui ai demandé si tu étais au courant de ta grossesse, il ne savait pas, il a appelé tous tes amis afin de savoir si tu aurais pu leur en parler, aucun d'eux n'en savait rien…Charlie a conclut alors que tu n'en savais rien non plus, il a pensé qu'avec ton état psychologique, il serait préférable de taire l'information »

Ahurie, j'étouffais un cri dans ma main et par la même occasion un autre sanglot qui résonna dans mon ventre. Charlie savait…Charlie savait et avait préféré fermer sa putain de gueule pour ne pas rendre plus hystérique sa fille psychotique. N'en supportant pas plus, je fuyais la main réconfortante de mon chirurgien et son bureau pour m'enfermer dans l'ascenseur.

Pourquoi fallait-il que tout s'effondre dès que je ressentais juste que ma vie devenait plus sereine ? Pourquoi fallait-il que tout s'écrase dès que les choses s'arrangeaient un peu ?

J'étais entourée de putain de traître, qui me blâmait de toujours leur mentir. Des putains de traîtres qui n'avaient pas ressentis la nécessité de me parler de cette putain de grossesse.

J'avais porté son enfant sans le savoir…C'était surréaliste de savoir que j'aurais pu le rendre père. J'avais…j'avais porté son enfant. Pendant tout ce temps, où nous passions le plus clair de notre temps ensemble, un bébé avait pris vie en moi.

Arrivée à ma suite, je ne fus pas surprise de ne pas voir Edward. Et même si ça me faisait du mal qu'il ne veuille pas me parler de ce qui le torturait, de ce que lui inspirer cette révélation, je ne pus m'empêcher de me focaliser sur le fait que j'avais porté son bébé. Pendant trois semaines, nous nous étions comportés comme à notre habitude, partageant toujours le même lit, mais en se gardant toujours de gestes qui pourrait lui faire du mal, à lui ou à Sarah. Trois semaines à agir comme de simples amis, certes très fusionnels, mais loin de s'imaginer que nous avions déjà franchi sa limite, loin de s'imaginer que le fruit d'une nuit d'abus donnait ses premiers battements de cœur en moi. C'était au-delà de la seconde dimension…Je ne savais plus où j'étais, qui j'étais, ce que j'avais pu faire.

Les conséquences de mes actes, de mes états se succédaient et semblait m'éloigner de toute réalité. Peut être que cette psy avait raison, peut être que la rupture n'était pas loin, peut être que dans quelques mois je n'aurais plus conscience de ce qui m'entoure, de ce qui est vrai et de ce qui ne l'est pas.

Jusqu'à ce matin, je me suis toujours blâmée d'avoir essayé de fuir Forks, en me débarrassant de mon bracelet…Peut être que mon accident a eu du bon, je n'aurais jamais pu assumer une grossesse en était aussi ravagée.

Il fut plus de 09heures, quand j'entendis la porte de ma suite s'ouvrir puis se refermer. Sans un mot, je vis Edward traversait la chambre pour rejoindre la salle de bain. Quelques minutes l'eau coulée de la douche coulée. Est-ce que la perte de notre enfant m'atteignait ? Non, mais l'idée de savoir qu'il pourrait me quitter parce que j'avais fait du tort à ce bébé, oui.

Je me relevais et boitais jusqu'à l'encadrement de la salle de bains. Dos à moi, je luttais pour ne pas lui hurler de me dire ce qui se passait dans sa tête. Je le savais très renfermé dès qu'on lui faisait du mal, il ne se plaignait jamais de ses maux. C'était encore surprenant de voir que j'étais la seule à avoir pu le sortir de son mutisme…quand nous étions encore que des amis. Je lui avais pourtant assuré qu'il pourrait toujours tout me dire malgré notre condition actuelle…mais visiblement ça le bloquait. Comme ci être sa petite amie, l'obligeait à taire ses sentiments de regrets, de manque, ou d'amour envers son ancienne vie.

Figé sous le jet, je voulus le rejoindre pour tenter une approche, mais je m'arrêtais quand on frappa à ma porte. J'attrapais mes béquilles et allais ouvrir, découvrant avec colère Charlie et Angie, qui furent accompagnés de Teddy. Sans un mot, je les laissais entrer.

Postée devant eux, je soutenais le regard de mon père, qui se fit timide, presque honteux.

« Je me suis dit qu'on pourrait sortir déjeuner »

« Jake a appelé » m'informa Angela, avec un faux air enjoué, surement troublé par ma froideur

Du coin de l'œil, je vis Teddy fronçais les sourcils, conscient de ma nervosité.

« Il aimerait venir ici pour qu'on puisse fêter ta guérison, tu le connais il aime fêter tout et n'importe quoi »

« Ca te ferait du bien de voir tout tes amis » surenchérit mon père

« Bells » m'interrogea Teddy

« Ce serait cool, mais avant j'ai besoin de vous parler d'un truc »

« Chérie, pour hier »

« T'inquiètes pas dans deux secondes, je vais te donner une bonne raison de me faire interner »

« Bells, de quoi tu parles »

Sous leur faux airs innocents, j'avais beau me dire qu'en venir aux mains ne ferait qu'empirer mon cas, et l'opinion qu'ils avaient de mon état psychique…que ça ne servirait à rien de m'emporter de manière si volcanique comme j'avais l'habitude de le faire…Mais je pouvais pas, je pouvais pas simplement fermé ma gueule, régler ça avec Edward avec un grand risque de le voir me fuir.

Les mains tremblantes, sous la folie furieuse qui y vint décharger ses pulsions, je les relevais vers le visage de mon père, me battant intérieurement pour ne pas fracasser son visage contre la table en verre du salon. Je luttais difficilement, alors que son visage se fit surpris face à mes mains et mon regard embué.

« Pourquoi tu n'as rien dit ? Pourquoi tu ne m'as pas dit que j'avais perdu un bébé ? » Articulais-je douloureusement

Effaré que j'ai pu finir par apprendre la vérité, son regard devint aussi embué que le mien.

« Bella » voulut-il me prendre dans ses bras, pour m'amadouer

« Bells, je te jure qu'on voulait te le dire » intervint la garce qui me servait il n'y a pas très longtemps d'amie. « On ne savait pas qui aurait pu être le père, tu venais de sortir du coma, t'étais fragile et…Ça t'aurait fait du mal »

Ma vue brouillée par mes larmes, je clignais plusieurs fois des larmes, avant de me tourner vers elle. Esquissant un sourire, celui qui prévenait quand je n'arrivais plus à avoir de contrôle, je boitais jusqu'à elle. Laissant faire ce qu'il y a de pire en moi, j'attrapais avec une violence atroce les cheveux dans la nuque de cette traîtresse, qui cria, pour la traîner jusqu'à la chambre où s'était endormi Edward. Sursautant sous les cris de ces deux salops, il se réveilla leur faisant ainsi face.

« Papa, voilà Edward Masen, anciennement mon prof et l'amant d'une nuit » dis-je sarcastiquement.

« Bella ! » cria Edward, choqué que je puisse révéler notre secret

« Je ne savais pas que j'étais enceinte de toi, lui le savait » criais-je avec un doigt accusateur pointé sur mon père

« Comment osez-vous ? » se rua sur lui Charlie, avant que Teddy ne vienne l'arrêter

« Monsieur Swan, s'il vous plaît »

Je relâchais Angela, pour faire face à mon père.

« Comment avez-vous osé abuser d'elle ? »

« Oh, il n'a pas abusé de moi, j'étais pleinement consentante pour tous les rapports ! 6 merveilleux rapports ! »

« Bella, arrêtes ça » me réprimanda mon tuteur

« Je veux plus jamais te revoir, tu sors de ma vie…Tu as bien compris ! Je ne veux plus avoir un seul contact avec toi, je viendrais récupérer les affaires de maman et Phil, ensuite nous deux, on fera comme ci tu n'étais pas mon père…Emmènes l'autre salope avec toi » crachais-je au visage d'Angie, avant de rejoindre la salle de bains


Après m'être refroidit les nerfs sous un jet d'eau froid, Edward était toujours là. Assis sur le lit, le visage dans les mains, il avait tenté de m'approcher mais ma furieuse indifférence l'en dissuada. Je ne voulais pas l'entendre commenter notre début de journée. Ma première rencontre avec mon rééducateur avait eu lieu en début d'après-midi. Le programme de ma réhabilitation expliqué en détail, nous avions rejoins tout les deux, le centre de remise en forme qui se trouvait dans les sous sols de l'hôtel.

Les jours défilés devenant rapidement des semaines, où Edward et moi avions quasi voir aucun contact. Nous partagions le même lit, les mêmes repas, les mêmes programmes télés, mais n'échangions aucun regard. Cloîtrée dans ma chambre quand je n'étais pas dans les souterrains de l'hôtel, je le voyais souvent quitter notre suite. Et chaque fois que je le pensais retourner à Forks, il revenait quelques heures plus tard, puant la cigarette à plein nez. Tout en lui criait qu'il m'en voulait, que ce soit pour ma grossesse, l'accident ou mon dernier spectacle hystérique…pourtant il restait là, juste près de moi, comme ci il craignait que je ne saute par la fenêtre ou que je ne me scarifie les poignets. Et les seuls que j'avais finis par prononcer furent pour le prévenir que mes colères n'inspiraient jamais mes envies suicidaires, seuls mes désespoirs le faisaient.

Déçu par l'attitude de Charlie, Angie mais aussi les gars de la Push, je refusais tout appel de leurs parts. Après avoir tenté de calmer mon père, Teddy était revenu le soir même pour comprendre. Il n'avait pas dit grand-chose, il n'y avait de toutes façons rien à dire. Mon départ prévu dans deux semaines, il se chargeait de préparer un nouveau point de départ. Me préparant à plier bagage, Erika m'informait en tant réel des avancées de l'enquête. Les choses semblaient changer. Jesse plaidait certes toujours innocent, mais certains faits dans son histoire, son passé semblaient foutre un gros doute quand à la véracité de son innocence. J'avais demandé à Erika de ne pas m'en divulguer plus sur l'enquête qui le concernait. Trop d'espoir ne ferait que m'amocher un peu plus. Le procès prévu préalablement pour la fin du mois d'août fut finalement repoussé. Les investigations prenaient un peu plus de temps. Le FBI s'attelait à donner à chacun des meurtres des preuves irréfutables. Dans quelques mois, la première pensée que j'aurais le matin, sera celle de savoir que cette pourriture, ce bâtard s'est fait violé dans la douche par l'un de ses petits copains d'une des innombrables prisons de l'Arizona.

Trois semaines de rééducation, et je pouvais déjà faire quelques pas sur ma jambe. Rien d'impressionnant, j'avais encore beaucoup de travail mais mes boitillements étaient moins prononcer. J'avais transformé ma colère en une furieuse détermination, pensant qu'une fois valide, je pourrais enfin être indépendante.

Edward absent, je décidais après un dîner devant la télévision, de me prélasser dans un bain chaud. L'arrestation de Jesse faisait toujours les gros dossiers et reportages des chaînes d'informations. A l'approche du procès, les cérémonies de commémoration devenaient plus importantes. On lui rendait hommage souvent pour sa carrière, ses exploits, son engagement humanitaire, lui comme ma mère, dont on applaudissait son éternelle bonne humeur qui s'exprimait dans diverses interviews, des vidéos où il fallait toujours qu'elle amuse le monde. Chacune de ces images me rappelait le poids de leur perte….encore…toujours…Comment devait-on gérer ce genre de désastre émotionnelle qu'engendre ce genre de tragédie ? Comment est-on censé faire en sorte d'accepter que notre vie ne puisse plus tourner auprès de ces mêmes personnes ? Au bout de combien de temps, ne rentrons nous plus chez nous en hélant leurs noms ? Au bout de combien de temps, nous ne retournons plus pour les regarder rire à la même blague ? Au bout de combien de temps, suis-je censé me dire qu'ils étaient une partie de ma vie, mais qu'aujourd'hui tout ça est du passé et que je ne dois plus me retourner ? Cessant ces éternelles questions d'un mouvement de tête, je traînais jusqu'à la salle de bains, pour remplir une baignoire d'eau chaude, avant de brancher mon I-phone sur les enceintes et ainsi faire résonner « I won't let you go » de James Morrisson. Je me dénudais lentement devant la glace au dessus des vasques, constatant que je n'existais réellement qu'au travers du regard d'Edward. Aussitôt loin de moi, j'étais affaiblie, j'étais oppressée. Le poids de notre distance pensant lourdement sur ma poitrine, il me vint soudain ce que disait Frédéric Beigbéder, un auteur français qui savait parfaitement décrire l'amour et ses conséquences : l'amour est une source de problèmes respiratoires. Je n'avais rien à ajouter, c'était exactement les maux dont je souffrais aux côtés d'Edward. Est-ce que je voulais changer ça ?...Certainement pas. Aussi rude soit-il de vivre auprès de lui, je le voulais, tout le temps et vu comme c'est parti, ça risque de durer.

La baignoire pleine, je me m'y glissais doucement pour me détendre. De la musique, une cigarette et un bon bain n'étaient pas réellement le remède dont j'avais besoin ce soir, mais je n'avais que ça et je devais juste m'en contenter en attendant.

Je me focalisais sur la voix éraillée de James, qui continuait avec « You make it real ». Les rares fois où Edward accepter de la chanter, me rappeler que sans lui, je n'aurais jamais peut être plus l'occasion de m'évader de la prison qu'était mon esprit. Les yeux clos, je les ouvrais instinctivement découvrant avec surprise les yeux d'Edward posés sur moi. Alors que je pensais le voir déjà se sauver, il se déshabilla pour me rejoindre. Une main tendue vers moi, il m'attira à lui, m'obligeant à le chevaucher. Je ne bronchais pas, presque bouleversée par ce premier toucher depuis longtemps. Pendant plusieurs minutes, il ne dit rien. Il me piqua ma cigarette pour tirer plusieurs fois dessus avant de l'éteindre contre la baignoire et faire un geste expert pour la jeter dans la poubelle derrière lui. Le regard fuyant, je craignais l'affronter. Peut être qu'après toutes ces semaines de silence, il avait décidé qu'il ne pouvait pas encore assumer une relation avec une femme et le risque que pouvait comporter les relations physiques. A cette pensée douloureuse, je finis par laisser échapper quelques larmes, très vite arrêtées par la main de mon amour, qui finit par m'obliger à le regarder. Ce que je finis par faire. Ça ne servait à rien de retarder le moment. Captive du regard le plus intimidant mais aussi le plus beau qu'il m'ait été donné de voir, je ne pus m'en détacher, le rouge aux joues, alors que le visage d'Edward se rapprochait doucement de mes lèvres. Caressant une longue minute mon nez du sien, ses lèvres vinrent doucement s'écraser sur les miennes. Sous le contact chaud, je retrouvais enfin ces agréables pincements au cœur. Il m'offrit un chaste baiser, puis un second avant que je n'entre ouvre les lèvres, pour le laisser me donner un baiser plus profond. Premier baiser depuis trois semaines, je laissais tomber toutes mes interrogations une minute profiter de la caresse. J'agrippais doucement ses cheveux pour le garder contre moi. Je ne voulais pas qu'il m'échappe, pour ma survie il ne devait pas m'échapper. Ses bras entourant fermement ma taille, me laissait espérer que je lui inspirais le même besoin. Il épuisa toutes mes réserves d'oxygène en à peine quelques minutes, et quand je voulus souffler pour respirer, il me laissa quelques secondes avant que sa bouche ne se fasse à nouveau gourmande.

« T'éloignes pas, je t'en supplie » soufflais-je contre ses lèvres

« Même si je le voulais, je ne pourrais pas »

Larmoyante, je me cachais dans son cou, heureuse de retrouver cette sécurité dans ses bras.

« Je suis désolée de t'avoir fait ça, je n'aurais jamais été si inconsciente si j'avais su être enceinte »

Une main sous mon menton, il m'obligea à lui faire face.

« Jamais je t'en ai voulu ou t'en voudrais d'avoir perdu ce bébé »

« Tu as crié comme si c'était ma faute »

« C'est pas pour ça que j'étais en colère…Savoir qu'on aurait pu avoir un enfant, m'a renvoyé violemment à la mort d'Anthony, m'a rappelé que même si je n'étais pas prêt à redevenir père, tu pourrais très bien tomber enceinte…Je ne dirais jamais que ton accident m'a sauvé d'une éventuelle nouvelle paternité, mais je suis sûr que j'aurais pu te faire beaucoup de mal en fuyant ce bébé et toi »

Toujours aussi affaibli par la perte traumatisante de son fils, je déposais un baiser sur son front, pour lui dire que je comprenais.

« Dès que je le pourrais, je prendrais rendez-vous pour une contraception plus sûre…Plus de relation sans capote, OK ? »

Il hocha la tête, soulagé que je puisse finalement comprendre ses craintes.

« Je n'aurais jamais du agir aussi brutalement, et mettre cette distance entre nous…T'as toujours été celle avec qui j'avais le plus de facilité à parler de toutes ces choses qui me font mal »

« Il me semble pourtant t'avoir dit, que le fait que nous soyons un couple ne devait rien changer…Jamais, je pourrais te rejeter parce que tu ressens un manque vis-à-vis de ta famille, je ne rivalise pas avec Sarah, je ne ferais jamais rien pour que tu l'oublies, ni elle, ni ton fils…Continus à me parler d'elle, continus à me dire à quel point ton fils était ta fierté, va sur leurs tombes quand tu en as besoin, pleures leurs pertes quand tu en as besoin » le rassurais-je

« Je ne veux plus m'empoisonner la vie avec ce qu'à provoquer ce chien…Je veux juste tout recommencer avec toi »

Subitement envahie par une colère que j'éprouvais contre ce poison en moi qui m'empêchait de lui assurer la même chose, je me relevais brutalement pour quitter le bain.

« Bella » m'appela t-il

Je m'enroulais dans une serviette pour rejoindre le salon où se trouvait le bar. Séché et vêtu d'un boxer, Edward vint m'enlever le verre dans lequel je m'apprêtais à boire, avant de me soulever pour me poser sur le buffet. Posté entre mes jambes, il m'obligea à le regarder.

« Dis moi ce qui y a ? »

« J'en ai marre de tout ça, j'en ai marre de ce que je suis...Je suis fatiguée d'y penser tout le temps, je suis épuisée de ne pas pouvoir m'en défaire »

« Une fois que le procès sera fini, tu te sortiras de cet engrenage »

« Comment tu peux en être sûr ? J'ai beau me dire que ce chien finira en taule, ça ne change rien, je n'y arrive pas ! Je n'arrive pas à faire leurs deuils...Pourquoi toi t'y arrives ? Pourquoi je suis incapable d'être aussi forte que toi ! »

Coincée dans le gouffre dans lequel j'étais tombée depuis des mois, revenir à la lumière me semblait impossible.

« Bébé, regardes moi »

« J'étouffe Edward »

« Je sais ma puce »

Impuissant, il voulut me serrer contre lui mais je le repoussais, pour sauter de mon perchoir, et marcher jusqu'au balcon pour m'y enfermer dans ma musique, et fumer une cigarette. Au delà du fait que ma douleur m'empoisonnait la vie, ce qui me tuait c'était de ne pas pouvoir l'aimer entièrement, de ne pas être capable de me donner à fond dans notre relation. Attristé par mon rejet, je pouvais le sentir m'observer du lit où il s'était allongé. Je lui faisais du mal, peu importe à quel point je l'aimais, je lui faisais du mal et je me haïssais de lui faire endurer ça. Il ne méritait plus de pleurer, de souffrir et de se battre pour être heureux.

Je ne savais pas jusqu'où pouvait mener la perte d'un proche, jusqu'où me mènerait la perte de ma mère, jusqu'où me fera tomber Jesse…Qu'est ce qui n'allait pas chez moi ? Pourquoi avais-je tant de mal à surmonter toute cette déferlante de tragédie ? Pourquoi Edward arrivait si bien à se relever du décès de sa famille, en ayant pourtant vu les mêmes choses que moi ? Pourquoi n'étais-je pas capable d'en faire autant ? De me dire que tout c'est passé, que rien ne changera…Ma mère était morte, mon beau-père était mort, des tas de gens perdent chaque jour ce qu'ils ont de plus précieux, des gens qui ont participé à chaque étape de leur vie, qui ont été présent à leurs côtés jour et nuits…et pourtant ils sont plus de la moitié à y survivre, à continuer, certes sans oublier, mais à continuer quand même. Pourquoi ai-je l'impression de voir mes parents mourir chaque jour, encore et encore, et devoir faire face au traumatisme ? Pourquoi fallait-il que je sois si obstinée à garder les deux pieds dans mon passé ?

J'étais comme égarée au milieu du monde qui avançait, bien trop vite pour moi. Lutter pour retrouver un bonheur passé, j'avais du mal à m'arrêter et accepter que plus rien ne reviendra.

Edward était mon issu, j'étais certaine qu'il était ma nouvelle porte vers une autre vie, une vie qui pourrait être fantastique, une vie où nos bas ne seraient pas aussi tragiques et dramatiques que ceux auxquels nous devons faire face déjà depuis des mois.

Alors que j'ai l'envie de me précipiter vers cette issue, pourquoi ai-je tant de mal à avancer ?

Plus que déterminée à vouloir changer les choses, je finis par éteindre ma cigarette contre le mur avant d'aller me brosser les dents et rejoindre le lit, où Edward ne dormait toujours pas. Près de lui, il s'approcha pour nicher son nez dans mon cou, et glisser une jambe entre les miennes. J'enlaçais son cou d'un bras pour embrasser le sommet de son crâne.

« Erika a appelé...les investigations du FBI mettent un peu plus de temps, et le procès est de nouveau reporté »

Il se releva sur un coude pour me regarder.

« Stanford m'a accepté pour la rentrée de septembre »

« Pourquoi tu ne me l'a pas dit avant ? » fit-il surpris

« On était préoccupés par autre chose...tout à l'heure j'étais prête à te demander d'habiter avec moi, en Californie, mais je suis plus disposée à le faire » annonçais-je en me frottant le visage, sentant déjà les larmes forçaient le passage dans ma gorge

« Que..Quoi...Mais pourquoi ? »

« J'ai décidé qu'il fallait que je suive une thérapie intensive de quelques mois, en attendant que le procès ne commence » finis-je par dire

« Tu veux me quitter ? » s'écria t-il paniqué, en quittant le lit

« Tu sais bien que non » pleurais-je sous son visage qui se tordait déjà sous la douleur d'une possible séparation. « Mais je peux pas faire autrement, j'ai beau nié que je ne suis pas folle, que ma dépression est tout à fait compréhensible... J'en peux plus d'être ce que je suis, j'en peux plus de ce poids lourd...Je sais qu'avec une thérapie ça ne changera peut être pas, mais je veux me donner une chance de vivre sainement, de nous donner une chance de vivre heureux...J'ai beau ne plus être dépendante à la coke, je ressens un besoin vis à vis de l'oxycodone, un besoin que je compense encore une fois avec de l'alcool et d'autres analgésiques »

Des habitudes que j'avais pris malgré les contre-indications de Johan, provoquées par ses absences des dernières semaines.

« Tu peux pas me faire ça, t'as pas le droit de vouloir t'enfermer dans un putain de centre, alors qu'on vient juste de se retrouver ! »

« Edward, s'il te plaît » luttais-je contre la culpabilité de le poignarder encore une fois de cette manière

« Non ! Tu avais dit qu'on aurait plus à se séparer, que de toutes façons tu ne supporterais de nous savoir séparer, c'est ce que tu as encore dire, il y a une heure ! Alors pourquoi tu veux tout à coup t'éloigner ? Les autres ont tort, tu n'es pas folle, pourquoi tu ne me crois pas ! » cria t-il alors qu'il gémissait sous le poids des larmes

« Je suis agressive, violente, je suis dépressive et suicidaire, je me suis entaillée les poignées, poignarder l'abdomen, foncer dans un camion, j'ai fait une cure de désintox et ça n'a servi à rien, je suis tombée enceinte, j'ai abusé des drogues et de l'alcool, jusqu'à ne plus pouvoir m'en souvenir, j'ai fait 6mois de taule parce que j'ai brisé ma conditionnelle, j'ai un casier plus long que certains dealers, j'ai fait un délire hallucinatoire, qui plus est tactile...Je suis un danger pour moi même et pour les autres, Edward »

« Ce n'est pas vrai ! » hurla t-il plus fort

« Edward, je t'en supplie !...Il faut que tu comprennes que je ne vais pas bien, je ne vais vraiment pas bien »

« Tu vas bien quand tu es avec moi » s'approcha t-il vivement pour prendre mon visage dans ses mains, alors que je soutenais difficilement ses émeraudes devenues rouge

« S'il te plaît Edward » me défis-je de sa poigne

« Tu peux pas me laisser, j'ai besoin de toi ! »

« Et j'ai besoin de toi aussi »

« Tu mens ! »

« Jesse est aussi en train de me tuer, et je ne veux plus subir ça...Mon internement ne dura que quelques mois, avec un peu de chance, j'irais mieux comme tu as réussi à aller mieux après ta cure »

« Je ne vais mieux que parce que tu es là ! »

« La simple pensée que nous soyons un couple t'aide à respirer...Comment te sentais-tu l'année dernière quand il nous arrivait d'être séparer le temps d'une soirée ? Mal, parce que aussitôt seul, tu ressassais le décès de Sarah et de ton fils...Aujourd'hui, ça n'est plus cas, aujourd'hui nous serions capable de passer une soirée séparément, parce que tu ne seras pas opprimer par tes cauchemars, ou par le manque, parce que aujourd'hui tu es heureux...Ça n'est pas le cas pour moi Edward, une fois que je quitte tes bras, je suis à nouveau assailli par leurs manques, par ces images qui me bouffent la vie, je ne peux pas passer mes journées dans tes bras, pour me protéger de la vie...Que se passera t-il quand je serais à la fac ? Est-ce que je vais devoir t'appeler toutes les deux secondes parce que je serais prise par une envie monstrueuse de foutre mes poings sur le visage d'une nana, ou parce quelqu'un aura prononcer le nom de mes parents ? »

Il savait que j'avais raison. Il savait que cette solution était peut être ma dernière chance. A contre cœur, je le vis convaincu que c'était ce qu'il y avait de mieux pour moi, pour nous.

« Des mois sont une éternité pour nous, tu le sais » souffla t-il dos à moi

« Je le sais...mais je sais aussi que si nous voulons un avenir tout les deux, nous avons besoin de cette séparation, pour que je puisse avoir une chance de me défaire de tout ça, pour que je puisse avoir une chance d'être pleinement heureuse avec toi...Je n'y rentre pas tout de suite »

« Quand ? » se retourna t-il

« Dans une semaine » décidais-je. « Laisses nous cette semaine pour en profiter...Le procès aura lieu à Phœnix, je pourrais y intégrer leur centre de psychiatrie...On pourra profiter du soleil et de la plage, juste tout les deux, avant de se séparer » proposais-je pour atténuer le choc de la séparation soudaine

« Ça sonne comme une rupture »

« Mais ça n'en est pas une »

Les mains dans les cheveux qu'il s'arrachait avec force, je le vis hésiter, résistais à l'idée que cet internement pourrait m'être bénéfique. Il finit par revenir dans le lit.


« De quoi ai je peur ? De toi, enfin de moi sans toi » - La mécanique du cœur

Une semaine plus tard...

Passant le portail du centre psychiatrique de Phœnix, Edward maintenait fermement ma main dans la sienne, incapable de se faire à l'idée que nous allions nous séparer, alors que nous avions passé la semaine à se prouver qu'il ne s'agissait pas d'une séparation définitive.

Pour ne pas rendre les choses plus difficiles qu'elles ne l'étaient, je me défendais contre la boule aussi écrasant qu'une météorite, qui menaçait d'exploser. Pleurer m'obligerait sûrement à faire demi-tour et je ne devais pas.

Bien trop vite, nous arrivions devant le grand pavillon du centre. Le soleil brûlant donnait presque un air sympathique à la bâtisse. Teddy, à qui j'avais fait part de ma décision le lendemain, nous accompagner. Je lui avais chargé de prévenir mon père, à qui j'en voulais toujours, ainsi qu'Erika. J'imaginais que le juge devait aussi être au courant. Assis devant, mon tuteur quitta notre taxi pour venir m'ouvrir. Un pieds dehors, Edward m'empêcha de sortir, ses yeux submergés rivés sur le sol.

« Bébé, s'il te plaît »

Il lui fallut plusieurs minutes avant d'accepter de me lâcher, pour que je puisse sortir du taxi. Deux infirmières en uniforme bleu m'attendaient en haut des escaliers, alors qu'un autre vint aider Teddy à prendre mon sac. Me soutenant sur mes béquilles, mon amour vint prendre mon visage dans ses mains pour déposer un long baiser sur mes lèvres. Dans une étreinte désespérée, il me serra contre lui alors que je voyais son torse convulsait sous les sanglots, qu'il tentait de faire taire.

« Ne fait rien qui puisse te faire du mal, qui puisse nous faire du mal » lui fis-je promettre

« Si t'en fais autant »

« Je te le promets »

« Je te le promets » répéta t-il

Il m'embrassa de nouveau avant de laisser Teddy me dire au revoir.

« Tu as pris la bonne décision »

« Il paraît »

« Prends soin de toi, reprends des forces »

« J'essaierais »

« Je viendrais te tenir informer du procès »

« Merci »

Un sourire encourageant sur les lèvres, il m'embrassa longuement sur le front, avant de me laisser suivre l'infirmier. Jetant un dernier coup d'œil à mon trésor, je lui mimais un « je t'aime » des lèvres avant de disparaître derrière les portes de mon dernier espoir de guérison.


Je sais, petit chapitre. Sorry. Des questions ?