*Reviens sur la pointe des pieds, honteuse d'avoir mis si longtemps pour poster un chapitre, alors que des lectrices superbent lisent et commentent sa fic !*
Deux mois sans publier quelque chose, pas même une note, je sais, c'est honteux ! Je n'ai jamais été aussi fatiguée que ces derniers temps, sans avoir aucune raison de l'être, mon esprit ne semble pourtant pas suivre, mes maux de têtes m'empêchent de penser, lire, imaginer ou dormir et je suis au bord de la crise de nerf ! Des choses me perturbent en ce moment, et c'est ce qui explique sans doute ce temps si long pour publier un petit chapitre.
Vos reviews m'ont pourtant encourager, fait sourire, parfois émue, mais rien ne venait et c'est devenu impossible. Alors je suis vraiment désolée d'avoir mis aussi longtemps, mais j'espère que vous m'excuserez pour ce long délai.
Je ne vais sans doute pas avoir le temps de répondre aux reviews, mais vous savez toutes que vous êtes un monstrueux stimulant, malgré les blocages que j'ai eu. Alors voilà un nouveau chapitre, qui j'espère vous plaira...j'accepterais que ça soit le contraire, je suis ouverte aux critiques, car la plupart du temps vous êtes assez constructives dans vos lignes.
Je vous laisse lire, et si l'envie et le temps vous dit, dîtes moi ce que vous en pensez.
xoxo mes chéries
Chapitre 19
« L'alcool ne résout pas les problèmes, mais l'eau et le lait non plus » - Amy Winehouse
07 août 2012 – Centre psychiatrique de Phœnix – internée depuis un jour.
Détenue dans cette cage capitonnée, je suppliais silencieusement que tout ce qui me martyriser ici, ne soit qu'un cauchemar. J'étais exténuée et si lourde. Le corps suant à grosses gouttes, j'avais les yeux vomissant de sang, ou en tout cas, c'est la sensation que j'en avais. Recroquevillée dans ce qu'il appelait chambre d'isolement, j'y étais enfermée après qu'une pétasse schizo se soit dangereusement approcher de moi, pour je ne sais quelle raison...Pliée en deux, ma prise d'oxycodone brutalement arrêtée, j'avais d'atroces crampes abdominales provoquée par l'abstinence. J'étais certaine que ça amuser ces enfoirés de me voir dans cet état. Ces connards ne foutaient rien, préférant juste me piquer dès que j'avais eu une putain de crise de colère. Nauséeuse, mon ventre convulsa et je dus me pencher en avant pour régurgiter ce que ces salops m'avaient refilés en guise de déjeuner...Tremblante, vomir me donna subitement froid.
Rien ne valait que je me fasse autant de mal. Motivée par une évasion qui me mènerait directement chez un dealer, je rêvais de pouvoir me retrouver comme autrefois, où j'arrivais à éradiquer le mal, avec un rail sniffé sur le cuir de ma voiture. Chaque seconde passées dans cet enfer, renforçait mon envie de coke, LSD, ou ecsta. Chaque seconde passées dans cet enfer, renforçait ma rage d'aller planter un couteau dans les tripes de Masen. Le poignarder lentement afin qu'il ressente chaque seconde le mal qu'il avait engendré, en m'incitant à entrer dans cet enfer. Comme une putain d'idiote, je m'étais laissée faite avoir par ses beaux yeux, convaincue que je pouvais lui offrir mieux que ce déchet que j'étais. Tu parles ! Mes problèmes ne s'arrangeront jamais, et le seul moyen de m'en débarrasser au moins pour quelques minutes - sur lesquelles je n'ai jamais craché - était de m'injecter toutes ces poisons apaisants qui arrivaient je ne sais comment, à nous faire oublier tout ce qui nous torturer. Pourquoi tant insister à nous confronter à la réalité atroce qu'était notre vie, dans l'espoir absurde de nous habituer et mieux vivre avec, quand une médecine beaucoup plus supportable avait plus d'effet sur nous.
Dérangée par la porte en acier qui grinça sur le béton armé, deux espèces d'ombres noires s'approchèrent.
« FOUTEZ MOI LA PAIX ! VOUS M'AUREZ PAS ! VOUS ENTENDEZ ! VOUS VOULEZ ME TUER, JE LE SAIS ! VOUS FAITES PARTIE DES SERVITEURS DE JESSE ! VOUS M'AUREZ PAS ! » hurlais-je en me relevant difficilement pour me défendre, alors qu'ils tentaient de me maîtriser. « LACHEZ MOI ! » me débattais-je comme une hystérique, avant d'être brutalement plongé dans le noir.
« J'ai découvert que mes parents et que tous les parents du monde avaient mentis à leurs enfants : les monstres existent » - Maxime Chattam
01 septembre 2012 – Centre psychiatrique de Phœnix – internée depuis 25jours
Installée devant une assiette en plastique, j'avais l'impression d'être totalement vidée. J'avais la perturbante impression d'avoir été dépouillé de mes organes. J'étais comme un légume, aussi molle que les trois haricots qui se trouvaient dans mon assiette. J'étais exténuée, vannée, jusqu'à ne plus pouvoir réfléchir, tant j'étais fatiguée.
Je laissais juste passer les jours, pour la plupart du temps allongée dans mon lit, quand un type assez âgé, ne venait pas me parler avec une espèce de langage hyper soutenu, où je n'y comprenais absolument rien. Totalement perdue dans une seconde dimension, je serais incapable de me rappeler où je suis, à cause de quoi, ni même mon nom. Mon esprit flottait juste quelque part dans une sorte de flou total. Un nuage obscur, où il arrivait lors de rares moments que tout s'éclaire subitement et que je me sente un peu mieux.
Prostrée sur ma chaise, quelque chose vint troubler ma torpeur. Un son. Trop engourdie, je ne relevais pas la tête, de peur aussi de croiser son regard. Il arrivait parfois que je sois envahi par une panique, une anxiété soudaine qui me prévenait que je n'étais pas en sécurité, que je devais craindre quelque chose, ou plutôt quelqu'un, quelqu'un que je sentais souvent rôdé près de moi. J'avais du mal à cerner son visage, mais il m'arrivait parfois de prononcer son nom. Jouer les mortes, arrivait à éloigner Jesse, comme j'avais pris l'habitude de l'appeler. Mais pas assez loin. Le soleil y arrivait beaucoup souvent. La nuit était le pire moment, dos à lui, je le sentais m'observer. Il faisait que ça, comme si il attendait le moment le plus opportun pour m'atteindre.
Le son devint une mélodie. Une belle mélodie. Douce. Effrayée à l'idée que ça ne soit l'un de ces pièges pour m'attirer et me faire du mal, je ne bougeais pas, malgré tout envahi par le bien que me faisait la mélodie. J'avais la sensation étrange qu'elle m'enveloppait pour me protéger de lui.
01 novembre 2012 – Centre psychiatrique de Phœnix – Internée depuis 81jours – 3ième jour de thérapie.
« Dites-le Isabella, je vous l'entendre dire ! » exigea fortement le docteur Alkyle, en tapant sur son bureau.
« Allez en enfer ! » hurlais-je plus fort.
Recroquevillée dans un coin de la pièce, j'essayais de me défendre sous ses attaques, pas du tout préparé à ce que cette séance soit aussi éprouvante.
« Dîtes-le Isabella »
Malmenée par ce connard qui n'avait aucune pitié, je sanglotais sous mes bras alors qu'il me demandait de dire tout haut, ce que je ne pouvais révéler, me trouvant abject d'y avoir pu penser, l'espérer, prier.
« Dîtes moi Isabella, je veux savoir pourquoi vous sentez toujours le besoin de détruire votre père ? Pourquoi ressentez vous le besoin de lui faire mal à chaque fois ? »
« Je ne veux pas ! »
J'étais fatiguée, exténuée alors que la journée venait à peine de commencer.
« Vous devez le faire »
« J'aime mon père...Je ne peux pas avoir ressenti ça, je n'ai pas le droit ! » me balançais-je d'avant en arrière, pour refouler une ixième fois cette pensée
« Vous savez ce que je pense Isabella, c'est que vous n'avez pas envie de vous en sortir parce que vous vous sentez si bien dans votre douleur, je suis certain que vous aimez qu'on vous plaigne, je ne le ferais pas Bella, je ne prendrais aucun gant avec vous, je vous ferais dire ce que je veux entendre »
« Allez-vous faire foutre ! »
Internée depuis trois mois et demi, je regrettais encore et toujours cette putain de décision, supportant mal l'enfermement, ces séances de thérapies qui me ramenaient toujours à cette même position recroquevillée, et cet environnement maladif, qui me rappelle que je suis ici parce que je suis cinglée.
« Dîtes le moi Bella »
« Laissez moi sortir d'ici, vous n'avez pas le droit de me garder ici contre mon gré » me relevais-je vivement, pour lui faire face.
« Et qui êtes vous pour en décider ? » me contra t-il
« Mon admission vient de moi, j'ai le droit de quitter cet endroit quand je veux »
« Vous n'avez aucun droit ici, je suis le médecin et vous êtes la patiente »
Poings serrés, je bataillais intérieurement pour ne pas le frapper.
« Dîtes moi ce que je veux entendre, et je vous laisserais retourner à votre chambre »
Essoufflée de me battre contre moi, je me retournais honteuse des propos que j'allais tenir.
« J'ai souhaité, j'ai prié pour que mon père meurt et que ma mère revienne, j'ai voulu chaque jour le voir mourir dans son boulot pour qu'elle me revienne »
15 novembre 2012 – Centre psychiatrique de Phœnix – Internée depuis 96jours - Salle de consultation du Dr Alkyle
« La drogue, l'alcool, les médicaments, les accidents » énuméra mon psy, mes déboires
« Où vous vous voulez en venir ? » le coupais-je
« Lors de la dernière séance, vous me parliez de la protection que votre père avait mis en œuvre, afin que vous vous trouviez en sécurité, lorsqu'il travaillait la nuit, ou quand il se trouvait hors de la ville »
« Les armes »
« Vous avez passé ces deux dernières années à mettre votre vie en danger »
« Est-ce que vous pouvez être plus clair ? »
« Je pense que vous savez Isabella, où je veux en venir »
Bien sûr que je le savais...Pointer un Berretta sur ma tempe était certainement LA solution qui m'aurait assuré une mort certes violente, mais réussie.
« Pourquoi ? »
« Je...Je ne sais pas...peut être que je n'avais pas envie que Charlie me retrouve l'arme à la main, vidée de mon sang...C'est lui qui a acheté toutes ces armes »
« Ne pensez-vous pas que le traumatisme aurait été le même, quelque soit la tentative de suicide ? »
« Je ne crois pas non »
« Vous savez ce que je pense...C'est que vous n'avez jamais vraiment voulu mourir »
« Je vous demande pardon ? » surprise par sa constatation
« Vous n'êtes pas, ou vous n'étiez pas assez sensible à la douleur de votre entourage pour leur épargner les spectacles de vos TS, une fois de plus vous vous mentez en prétextant penser à eux...Vous n'avez jamais voulu mourir »
« OK ! On en a finit pour aujourd'hui » me relevais-je de ma chaise, lassée par cet entretien
« Vous fuyez, pourquoi je ne suis pas surpris » esquissa un sourire narquois cet enfoiré
« Allez vous faire foutre ! » m'emportais-je, furieuse
« Changez de refrain Isabella...Acceptez pour une fois ces vérités que vous fuyez tant »
« Quelles vérités ? Vous débitez autant de conneries que l'ont fait les autres ! »
« Vous aviez une arme sous votre oreiller, et pourtant vous êtes toujours là...Vos soit-disantes tentatives de suicide, ces mises en scène toutes plus terrifiantes les unes des autres, n'étaient qu'une façon pour vous de crier aux autres : « regardez-moi, regardez à quel point je souffre »...Vos parents ont toujours répondu aux moindres de vos caprices, votre mère vous as quitté, et son attention aussi...Vous ne supportez pas que vos proches puissent avancer malgré ce que vous avez vécu, vous aviez perpétuellement besoin d'attirer leurs regards sur votre souffrance, que vous cultivez, vous me parliez de Sue, il y a quelques jours, une amie proche de votre père, n'est ce pas, c'est elle qui est venu préparer chacun de vos repas, pendant plusieurs mois, lorsque vous êtes venue vivre chez Charlie, une amie qu'appréciez beaucoup votre père »
« Enfoiré ! » crachais-je, piquer à vif
« Vous n'en vouliez pas seulement à votre père d'être vivant, vous lui en vouliez de vouloir revivre auprès d'une autre femme, qu'il ait besoin de souffler et ne veuille ressentir le soutien de quelqu'un d'autre...je pourrais dire la même chose de vos amis, qui sont pour la plupart en fac en ce moment, des amis que vous avez rejeté aussi, parce que malgré toute la compassion qu'ils vous ont porté, ils continuaient de faire des projets, de sortir...sans vous...Vous ne vouliez pas de ce bébé, mais c'était l'occasion rêvée pour vous, de faire souffrir votre entourage, leur faire profondément mal »
« Vous ne savez pas de quoi vous parlez ! »
« Et puis, il y a Edward...la dernière victime de vos manipulations...Prétendre entrer en clinique pour vous en sortir, c'est très bien joué de votre part...Vous jalousiez votre petit ami, pas seulement parce qu'il a réussi à faire le deuil de sa famille, mais parce qu'il était capable d'avancer, de ne plus avoir besoin de vous constamment à ses côtés, vous doutiez de lui, de ses sentiments...La séparation, était le seul recours pour vous de savoir, espérer qu'il redevienne cet homme brisé et dépendant...Dîtes moi combien de fois avez-vous espéré qu'il traverse les portes de la clinique ? »
« On en a finit pour aujourd'hui » quittais-je son bureau, sans attendre une minute de plus, et lui offrant à contre cœur ses putains de réponses
« Tu accorderas du temps au silence. Tu ne te laisseras plus envahir par le bruit assourdissant de ton âme en souffrance. Tu poseras les armes de ta lutte intérieure. Pour trouver en toi, par toi, avec toi, la paix si nécessaire à ton cœur. » Catherine Bensaid – La musique des anges.
29 décembre 2012 – Centre psychiatrique de Phœnix – Internée depuis 140jours - Salle de consultation du Dr Alkyle
« J'ai la sensation d'avoir le cœur emprisonné sous des chrysanthèmes » confiais-je au docteur Alkyle, en me grattant frénétiquement sous mon sein gauche. « C'est douloureux, tout le temps et je crois que c'est ça qui me rend si impulsive et hors de contrôle…J'étouffe » m'arrêtais-je au milieu de la pièce, expirant lourdement. « J'ai cru qu'avoir Edward à mes côtés m'aiderait à aller mieux...mais je lui ai mentis, je me suis mentis…L'aimer ou me sentir si importante à ces yeux ne change rien…Avant qu'il n'arrive, trop de merde s'est encré en moi, tout mon sang n'est que poison, et ça faisait trop longtemps que tout ça me faisait souffrir pour que sa simple intrusion dans ma vie ne me guérisse » avouais-je une boule dans la gorge, anéantie à l'idée de savoir que rien ne me sauvera. « Je sais pas comment lui à réussir à se tirer de tout ça, comment il a pu faire en sorte de se détacher de Sarah, auprès de moi, j'ai la sensation que sa femme n'a pas si compté que ça…Je crois que j'ai trop regardé « Monk », et j'ai tendance à visualiser tous les veuf de cette manière » souris-je, consciente d'être stupide. « Je veux juste souffler, vivre en prenant du temps, parce que j'ai l'impression que tout s'enchaîne et que je n'ai aucun contrôle...Je ne maîtrise même plus mes envies » fis-je allusion à mes antécédents de junkie. « Je veux du temps, et assez de paix pour en profiter…Je veux prendre le temps de me réveiller, sortir avec des gens, en rencontrer, boire pour m'amuser et non pas pour ne plus avoir mal…Je veux tout ça, j'en ai besoin…J'ai la sensation de passer à côté de tout, que mes parents n'étaient pas les réelles victimes de Jesse, mais moi, c'est monstrueusement égocentrique, n'est ce pas ? » relevais-je les yeux vers mon psy qui m'écoutait attentivement, sans dire un mot. « J'ai besoin d'oublier d'où je viens, de passer à autre chose…J'ai besoin de ne plus sentir la main de Jesse m'enserrait le cou toute la journée, parce que c'est ça que je ressens à chaque fois que je respire lourdement par la bouche…Je veux respirer par le nez…J'ai besoin de guérir, de panser tout ce qui s'est déchiré en moi…Je ne sais pas si vous comprenez ? C'est si compliqué à expliquer »...Ce n'est pas seulement mon cœur qui s'est lacéré, c'est partout que ça saigne…J'ai besoin d'en finir, que tout se répare…J'ai besoin d'une vie tranquille, j'ai besoin de ressentir les choses vraiment, que tout ce qui m'empoisonne la vie ne face plus barrage et m'oblige à feindre un sourire ou une joie…Je veux une vie tranquille avec mon mec, une putain de vie à deux, je veux tout ce qui comporte une vie en couple, ce qui est plutôt stupide à mon âge...Je n'ai que 18ans, je sais, et il y a encore deux ans, me caser aussi rapidement n'était certainement pas ce que je voulais…J'ai toujours été indépendante, mes amis à Forks m'ont aidé à me socialiser, et à garder les pieds sur terre malgré tout ce qui m'entourait, je voulais devenir une auteur douée, faire ressentir des choses comme le font les plus grands, m'amuser à des concerts, baiser avec un ou deux connards qui m'auraient sûrement brisés le cœur, mais qui m'auraient certainement assurer de bonnes ventes, après tout les ruptures font toujours les belles chansons, les plus belles citations…Jesse m'a arraché tout ça, il m'a enlevé toutes ces perspectives, et cette facilité si jouissante que m'a offert Phil…J'ai 18ans, et j'ai l'impression d'en avoir 10 de plus, j'ai pris 10années de plus en quelques mois, et mon futur a changé…Je ne dis pas que je n'aime pas Edward…Il est une des dépendances dont je ne veux pas m'en défaire, parce que celle-ci est saine, en dépit de ce que les autres peuvent dire, je suis dingue de ce type, de ce qu'il dégage »
Je m'arrêtais un instant, épuisée par la vitesse déconcertante qui rythmait ma vie.
« J'aurais voulu connaître Edward à un autre moment de ma vie...Ne pas dépendre de quelqu'un et de ce qu'il m'apporte, avant que je n'ai eu le temps de regarder, de foncer droit devant, sans me préoccuper de ce qu'il y a derrière moi » effaçais mes larmes qui finirent par déborder, opprimée par une vie qui n'était pas celle que je voulais. « Mais, il est là et c'est une bonne chose...Je sens qu'il n'est pas encore lui-même avec moi, le vrai Edward, je le ressens quand il me fait l'amour, Jesse l'a rendu vulnérable et l'a rabaissé d'une manière si brutale, si cruelle, il passe son temps à vouloir passer inaperçu sous ses lunettes et sa capuche, comme si il avait honte d'être encore en vie…J'ai besoin de guérir pour moi, mais aussi pour lui…Parce que si on se sépare, ça nous sera forcément fatale, et je veux pas que Sarah me le reprenne, j'ai attendu si longtemps pour qu'il accepte de me regarder, de m'embrasser sans ressentir de la culpabilité vis-à-vis de sa femme…Je veux pas qu'elle me le reprenne, il m'appartient aujourd'hui…Je veux guérir pour lui donner ce qui nous as manqué depuis tout ce temps, il le mérite tellement...Charlie le mérite aussi, peut être plus que les autres qui espèrent me voir en meilleur état...Il m'a vu dans des états, qu'un père ne voudrait jamais voir...La coke m'aidait à me détendre, mais l'ecsta ou les hallucinogènes me mettait dans des états d'euphorie inqualifiable, on n'a aucune idée de ce que nous fait faire ces trucs...Faut croire qu'à chaque fois, j'étais assez défoncée pour me retrouver dans l'une de ces cellules...Tout le monde disait que je devais entrer en cure, lui plus que les autres le pensait aussi, mais je n'arrêtais pas de le berner, en lui répétant que je m'en sortirais, ça n'a marché que quelques semaines, ensuite j'en suis venue aux menaces...Vous savez le suicide, ça aussi ça m'a aidé à le dissuader que la désintox serait une bonne chose...La goutte d'eau, ça a été l'arrestation, j'étais complètement stone et ivre, les flics m'ont arrêtés en possession de marijuana, quelques jours plus tard, je passais devant le juge...la désintox a été un enfer, un véritable enfer, pire que la première semaine passée ici » lassée de faire les cents pas, je finis par me laisser tomber sur le sofa installé au fond de la pièce. « Et puis, d'une certaine manière, vous aviez raison...Ils ne peuvent pas éternellement souffrir avec moi et je n'ai pas supporté de les voir refaire leurs vies »
« Etes-vous consciente Isabella que vous n'avez jamais été plus sincère envers vous même, que vous ne l'avez été aujourd'hui »
« A quel moment le passé cesse t-il d'être un théâtre d'ombres et de spectres ?...Quand nous sommes capables de vivre avec lui » - Douglas Kennedy
31 janvier 2013, 21heures - Aéroport de Seattle
Ma main maintenu fermement par celle de Teddy, nous tentios tant bien que mal de nous frayer un chemin à travers la horde de paparazzi qui me photographiais sous tous les angles, en criant mon nom. Ma prise de recul à l'institut psychiatrique de Phœnix avait pris fin en milieu d'après midi, après six mois d'internement. Une longue introspection assez rude en soit, mais pour le moins très productive. J'avais eu tort de rabaisser la profession de psy, à cause des connards précédant que j'avais côtoyé, et qui se contentaient d'hocher la tête toutes les deux minutes. Les séances où me maltraitait le docteur Alkyle sans aucune pitié ni délicatesse, semblaient avoir porté leurs fruits. Ce type m'avait obligé à fouiller au plus profond de moi, pour comprendre mon penchant pour les drogues, la violence, ou mes crises de démence. Confortablement installée dans ma souffrance où je fréquentais chaque jour mes plus sombres démons, la drogue, la dépression, les cauchemars, l'agressivité, je m'y étais habituée et me sentais finalement bien dans cette marginalité pour ressentir l'envie, la force de vouloir m'en sortir. Cette obstination à vouloir attirer l'attention des autres, ne reflétait que la douleur d'avoir perdu le regard maternel de ma mère. Quand aux coups que je portais, ils révélaient finalement mon acharnement à vouloir que le monde souffre avec moi. Je n'étais pas le centre du monde et mes parents n'y représentaient finalement qu'une infime partie. Mais aussi une immense culpabilité de ne pas avoir pu les sauver des griffes de Jesse. Aidée par mes antidépresseurs qui avaient considérablement freiné mes envies suicidaires, voir éradiquer ce mécanisme d'autodestruction qui avait contrôlé si longtemps mes gestes. Le monde continuait de tourner, et malgré l'incicatrisable plaie qui déchiré mon cœur, je devais avancer, je devais évoluer. En plus du traitement que je suivais, Alkyle avait trouvé un excellent biais pour canaliser toute cette mauvaise énergie qui servait à me battre contre les autres. Plusieurs fois par semaine, j'avais eu le droit de cogner sur un sac de sable pour me défouler les poings. Certains de nos entretiens avaient d'ailleurs eu lieu pendant ces séances de sport intense. Je n'oublierais jamais ce qu'à fait Jesse, et je vivrais toujours avec cette question de savoir pourquoi son choix pour se délivrer de ses pulsions sadiques s'est porté sur ma famille...mais, j'avais 18 ans, j'avais des amis qui malgré mon comportement excentrique avait toujours été là, j'avais toujours mon père auprès de moi, et par-dessus tout, j'avais la chance que quelqu'un soit assez fou pour vouloir passer un long moment à mes côtés. Je devais profiter de ça, eux m'aideraient à me reconstruire.
Me le répéter m'aiderait à m'en convaincre...
Pour ma première apparition, ces chiens n'avaient pas hésité à ameuter un maximum de leurs congénères. Ils étaient plus d'une vingtaine à tenter de figer mon visage, après que je ne sais quelle source les ai informé que je quittais le centre psychiatrique de Phœnix. J'étais certaine que la défense de Jesse et sa tentative de prouver qu'il ne s'agissait pas de l'homme qui avait tué mes parents se baserait essentiellement sur mes multiples allers retours en institut. Erika m'avait assuré que sa plaidoirie était en béton et que je ne craignais rien, mais je ne pouvais pas m'empêcher d'avoir des doutes. A l'extérieur de l'aéroport, je montais en compagnie de mon tuteur dans la voiture qui nous attendait.
Passée six mois loin d'Edward avait aussi rendu ma cure quelque peu difficile. Savoir qu'il était quelque part à m'attendre avait quelque peu rendu mon enfer moins éprouvant, mais pas assez pour que je puisse oublier son manque. Mes maux s'effaçant doucement, son amour semblait prendre plus de place, surgir en force. Son regard m'obsédait, et j'étais certaine que l'image que j'en gardé ne reflétait pas assez l'intensité qui jaillissait de ses émeraudes. Incapable de patienter plus, j'avais décidé de rejoindre Seattle afin de frapper à la porte de l'appartement qu'il partageait avec Jasper, excitée à l'idée de lui faire la surprise de ma sortie. Mes idées quelque peu bousculée par ma nouvelle liberté, je n'avais pas vraiment de programme des semaines qui allaient venir. Je ne voulais pas y penser pour le moment, retrouver mon homme primait sur tout le reste. J'avoue que notre longue séparation avait provoqué un nombre incalculable de doute quand à notre relation. J'étais certaine qu'aucun n'était capable de supporter le dixième de ce qu'endurer Edward par ma faute, mais j'étais terrifiée à l'idée que cette thérapie soit le summum de sa patience, qu'il ait atteint ses limites.
Euphorique, Teddy tapota mon épaule pour me prévenir que nous étions arrivés devant le bâtiment où cohabiter Edward et son meilleur ami. Mon tuteur m'accompagna. Il me fallut frapper plusieurs fois, avant de découvrir Lili m'ouvrir en tenue légère. Les yeux exorbitants face à ma surprenante réapparition, elle finit par me sauter littéralement dans les bras, manquant de peu le crash au sol.
« Je suis ravie de te voir aussi Lili » dis-je pour la forme, malgré tout heureuse d'être ainsi accueillie
Toujours dans mes bras, je fus étonnée de la sentir craquer en pleurs contre mon épaule, comme si quelque chose la pesait depuis assez longtemps.
« Hey ma belle, qu'est ce qui se passe ? » la gardais-je contre moi
« Il est parti Bells »
« Qu'est ce que tu veux dire Lili ? » la forçais-je à me regarder, le cœur pulsant violemment dans ma poitrine, terrifiée à l'idée de ce qu'elle pouvait m'annoncer
Avant qu'elle ne me réponde, elle me ramena brutalement à l'intérieur de l'appartement. Teddy referma la porte, tout aussi inquiet, alors que je découvrais Jasper, torse nu, les yeux rivés sur son ordinateur. Il lui fallut quelques secondes avant de remarquer ma présence et de se lever pour m'embrasser. Tout comme sa petite amie, son étreinte fut perturbante.
« Jazz » l'interrogeais-je, les mains tremblantes
« J'ai besoin de toi Bells »
« Où est Edward ? »
« Je sais pas, depuis 4 mois il déserte l'appartement des jours entiers, et finit par revenir complètement changé »
« Est ce qu'il... »
« Je ne sais pas Bells » devina t-il ma question. « Il est...Il a prit du poids, il s'acharne toujours à prendre plus de muscle et...et pourtant j'ai chaque fois l'impression qu'on le ruait de coups, au début ce n'était que des bagarres de types ivres, et depuis 3mois, on dirait presque que ça lui fait plaisir, il affiche avec fierté des putains d'ecchymoses »
Fouillant dans la poche de mon sac, j'attrapais mon portable pour tenter de le joindre...en vain.
« Est ce que tu as une idée du bar où il traîne ? » demanda Teddy
« C'est un vieux bar, à deux pattés d'ici...J'ai tenté plusieurs fois d'aller le voir, mais il n'y est jamais...Je sais que ce n'est certainement pas le moment après tout ce que... »
« Ce type me fatigue ! » soufflais-je, l'interrompant. « Restez là, je vous appellerais si j'arrive à le trouver ce soir »
Edward Masen allait finir par me tuer. Ni la drogue, ni Jesse ne l'avaient fait, mais lui allait finir par me rendre complètement dingue !
Mon cul de nouveau posé dans un taxi, Teddy et moi partions en direction du bar en question. Je jure de le tuer de mes propres mains, si ce connard a finit par replonger dans ses putains d'emmerdes de junkie.
« Pourquoi j'ai l'impression d'être aussi le tuteur d'un idiot de 25ans » dit Teddy, consterné par l'attitude de mon merdeux de petit ami
Frottant mes mains contre ma jupe en tissu noir, j'essayais tant bien que mal de calmer mon anxiété. Pour sa putain gueule d'ange, j'avais du passé plus de deux heures trente dans un spa, pour réarranger mon reflet. Le bar en question, fut plein à craquer, ce qui n'était trop étrange pour un samedi soir. Teddy demanda à notre taxi de patienter, afin que nous puissions nous faufiler jusqu'au comptoir. La foule d'ivrogne et de putes se trémoussant sur les tables m'empêcha de jeter un œil aux alentours pour trouver Edward. Je décidais d'appeler l'un des barmen et lui tendais mon portable, où une photo de Masen servait de fond d'écran.
« T'es la belle-fille de Phil Dwyer, n'est ce pas ? » cria t-il par dessus la musique assourdissante
« J'ai vraiment besoin de le trouver »
« C'est un flic le type à côté de toi ? »
« C'est un copain...Je lui veux aucun ennui »
Il disparut quelques secondes, avant de glisser vers moi, une petite carte noire. Je fronçais les sourcils, intriguée par la carte absente de toute inscription. Il m'arracha mon portable des mains, et photographia la carte avant de me montrer l'écran de mon téléphone. Surprise, j'y découvrais l'adresse d'un entrepôt.
« Il fait le dernier show » m'informa l'homme
Déroutée, je lui adressais un bref sourire, récupérer mon téléphone et quittais le bar pour regagner notre taxi. J'informais notre conducteur de notre nouvelle destination, avant de tendre la carte à Teddy.
« Le barman vient de me dire, qu'il faisait le dernier show »
« Quel show ? »
« Je sais pas, j'ai...je sais pas » fis-je égarée
« Des combats clandestins » entendis-je notre taxi dire, me regardant brièvement dans son rétroviseur
« Excusez-moi »
« L'entrepôt est l'endroit où se passe les plus impressionnants combats clandestins » fut-il plus clair
Mon sang ne fit qu'un tour à l'entente des derniers mots. Je détachais ma ceinture pour me rapprocher du conducteur.
« Edward Masen, vous le connaissez ? »
« Masen, qui ne connaît pas Fireball, ce type ne pèse que 95kilos et il est capable de réduire en cendres n'importe quel type ! » fit-il visiblement fasciné. « J'ai gagné 200$ pour son dernier combat, ce type est carrément une arme de destruction...Regardez, nous y sommes »
Interdite, je me tournais vers Teddy, qui fut tout aussi décontenancé, que furieux. Notre voiture arrêtée, il grogna bruyamment avant de quitter précipitamment le taxi. Je me hâtais de le suivre, mes tripes se tordant d'appréhension alors que nous nous dirigions vers l'entrepôt, construit à l'abri des regards. A l'extérieur de l'immense façade, plusieurs hommes semblait s'assurer qu'aucun flic ne puisse pénétrer l'enceinte...L'endroit semblait assez insonorisé pour couvrir ce qui se passait à l'intérieur du hangar. Teddy attrapa ma main avant que nous puissions pénétrer l'entrepôt.
Il nous fallut faire un pas, avant de cesser tout battement cœur. Ahurie, je restais totalement suffocante sur place. Confiné dans un espace dont l'immensité était inqualifiable, une foule hystérique gueulait à l'unisson le pseudo d'Edward. Tous remuant frénétiquement en l'air un bout de papier noir. Le souffle coupé, Teddy me tira parmi les cris.
« 25 ans, 95kilos, et plus de 37 victoires sur 40 combats, "
Avançant aveuglément, je fus liquéfiée par l'impressionnante cage qui trônait au milieu du hangar. Le décor était aussi semblable que ces « cage fighting » parfois programmé à la télévision...tout aussi effarant et cauchemardesque. Il était impossible que ce soit Edward, qui puisse se retrouver aussi affamé de sang.
Le cœur quelque part dans le hangar, mon corps irradiait sous la tension, l'appréhension, et la terreur alors que je vis Edward faire son apparition torse nu, vêtu d'un simple short noir. Acclamé par la masse en délire, il afficha fièrement son corps, si changé, robuste tout en déambulant parmi des putes qui se jetaient à son cou.
Ça...c'était impossible...Ça n'était pas Edward...Celui que j'avais quitté, était renfermé, il était...il n'était pas ça...
Il gagna la cage, alors que s'y trouvait déjà son adversaire. Lui offrant un sourire en coin, celui là n'avait rien de celui pour lequel je fondais. Tout en lui incarnait l'attitude prédatrice d'une bête assoiffée de sang. Ses poings cognant ceux de son rival, la foule s'éleva dans des encouragements tonnants. Tout près, trop près de la cage, le combat débuta et mon sang se glaça au premier coup donné. Edward venait de cogner avec force et férocité le visage de son ennemi qui concentra toutes ses forces pour ne pas tomber. En quelques secondes, il réussit à se reprendre, riposter et faire saigner l'arcade sourcilière d'Edward. Sous le choc, j'étouffais un cri dans mes mains. Le coup eu pourtant le don de le faire sourire, dans la seconde suivante il envoya dans la gueule de ce chien une missive presque meurtrière. Le visage de cet enfoiré cogna le sol et l'arbitre se précipita sur l'homme, qui finit par se lever au troisième rappel.
Les mains tremblantes, mon corps submergé par la peur, fut subitement envahi par un autre sentiment, en observant Edward s'acharnait à rendre son adversaire à l'état végétatif...L'excitation...L'excitation avait pris le dessus sur tout le reste. Mon penchant pour la frénésie et l'animosité qu'engendrait la colère revint en force et entendre les os de cet enfoiré se brisait sous les coups d'Edward, fut...jouissif, jubilatoire.
Ce petit connard malgré tout déterminé, le combat s'étala sur plusieurs rounds, avant que l'arbitre ne proclame mon homme vainqueur.
Son visage tuméfié et ensanglanté, il se tourna vers l'horde de parieur. Son regard croisant brutalement le mien, j'allumais une cigarette pour évacuer le trop plein d'angoisse et me diriger vers le passage libre par lequel il était passé sous son regard ébahi. Teddy sur mes pas, nous débouchions vers une remise qui avait été aménagé provisoirement comme vestiaire. Seuls, je me tournais quand plusieurs pouffiasses au physique vulgaire entrèrent.
« On peut savoir qui t'es ? » m'agressa l'une d'entre elles
« Aly va sucer ce petit con de Cole, il en a besoin » nous rejoignit Edward, accompagné d'un autre homme, retenant contre lui, un sac de secours
Coinçant ma cigarette entre mes lèvres, je montais sur une vielle table en acier, regardant cette pute se faire rembarrer. L'effervescence du combat redescendue, je pouvais réagir de nouveau normalement, furieuse de savoir qu'il ait pu côtoyer pendant tout ce temps ces petites putes. Qui sait ce qu'un homme est capable de faire quand il est en manque. Trop entourés pour dire quoi que ce soit, cet enfoiré se posa sur un des autres conteneurs de la pièce et laissa le petit infirmier de service lui suturer les plaies sur son visage. Son regard encré au mien, il ne sourcilla pas. Il transpirait une putain d'arrogance, qui sans le nier m'excitait atrocement. Je ne devrais certainement pas agir de cette manière. Il avait mis sa vie en danger, et la mienne par la même occasion dans cette cage. Pourtant…toute cette bestialité, cette virilité qu'il mettait dans nos rapports sexuels, venait subitement transparaître, exploser dans sa manière d'être aujourd'hui. Il n'était plus ce type humilié par le pire des monstres. Il n'avait plus honte, ni effrayé par l'extérieur.
Il…il était un putain de mâle en puissance.
