Bonjour, Wow, je viens de dépasser les 1000 vues sur cette histoire ! Merci :). J'espère que la suite vous plaira ! Très bonne lecture !
Chapitre 12 - Le vrai visage de la vipère
C'est avec le coeur lourd que Rosie se rendit dans la Salle des Trophées le lendemain soir, peu avant minuit. Qui m'a envoyé ce mot ? Qui a mon sac ? Qui est au courant ? Elle s'était posée toutes ces questions depuis la veille et n'avait pas réussi à trouver le sommeil. Elle était épuisée et c'est d'une main tremblante qu'elle ouvrit la porte de la Salle des Trophées. Il n'y avait encore personne et Rosie décida de se diriger vers le fond de la salle, face à la porte d'entrée. Son coeur battait fort.
Elle attendit. La personne qui lui avait donné rendez-vous n'était pas en avance. Minuit quinze passé. Il n'y avait toujours personne. Rosie commença à s'impatienter. Lui avait-on fait une blague ?
Puis, au moment où elle se décidait à partir, la porte s'ouvrit. Sans grande surprise, elle se retrouva face à Mingletown et ses deux acolytes. Elle se doutait que les auteurs du vol ne pouvait être que ses camarades de Serpentard. Elles avaient fait en sorte qu'elle ne se rende compte de rien mais plus Rosie y avait réfléchi, plus cela avait été évident.
Mingletown affichait un sourire triomphant et avançait vers elle d'un pas décidé, suivie de Mary et Victoria qui avaient le même air. Des lueurs d'envie brillaient dans leurs yeux.
Rosie ne perdit pas la face et releva la tête haute. Elle s'avança également vers Mingletown et décida de parler la première.
- Tiens, tiens ! s'écria-t-elle avec un sourire ironique sur les lèvres. Josepha ! Mary et Victoria ! Quelle surprise de vous voir !
- Oui, vraiment ? répondit Mingletown. Tu savais que nous étions derrière tout ça, n'est-ce pas ?
- J'ai eu quelques doutes, j'avoue. Mais tu es une très bonne actrice.
Le sourire de Mingletown s'agrandit.
- Oh, et tu ne sais pas à quel point !
Rosie ne répondit pas. Elle jaugeait du regard les trois Serpentard. Elles allaient enfin montrer leurs vrais visages.
- Peux-tu me rendre mon sac, s'il te plait ? demanda Rosie, d'un air innocent.
- Pff, dit Mingletown en riant. Bien essayé, Greengrass !
- Je ne suis plus ta Rosie chérie maintenant ? ironisa Rosie.
- Tu ne l'as jamais été.
- C'est bien ce qui me semblait !
Et sans attendre, Rosie lui posa la question qui la taraudait depuis que son sac avait disparu.
- Que veux-tu ? demanda-t-elle de façon directe. J'imagine que tu ne m'as pas volé mon sac juste pour qu'on échange des banalités.
- En effet, Greengrass. Tu es très directe et intelligente. Tu sais déjà ce que je veux.
Rosie réfléchit quelques instants. Depuis le moment où Mingletown avait posé le pied dans cette pièce, elle savait pertinemment ce que recherchait sa camarade, ce qu'elle avait en fait toujours recherché depuis qu'elle était entrée à Serpentard.
- Tu veux prendre ma place, n'est-ce pas ?
Mingletown lui répondit par un grand sourire.
- Et si nous nous asseyions ? demanda cette dernière brusquement.
Et d'un geste de baguette, elle fit apparaître une petite table ronde ainsi que deux chaises. Elle invita Rosie à s'asseoir sur l'un des sièges. Elles s'assirent en même temps, ne se perdant pas de vue. Mary et Victoria restèrent debout derrière Mingletown.
- Ne brûlons pas les étapes, s'il te plait ! dit la vipère de Serpentard d'un air ravi.
Du thé fumant ainsi que deux tasses apparurent et elle servit Rosie. Cette dernière prit la tasse et huma la boisson. Du simple thé Darjeeling.
- Ne t'inquiète pas ! dit-elle. Je n'ai pas ensorcelé le thé. Si tu veux, je bois la première.
Mingletown but une première gorgée. Rien ne se passa. A demi-rassurée, Rosie commença à boire sa tasse.
- Ce sac, il est à toi, n'est-ce pas ?
Mingletown sortit de sous sa cape la minaudière de Rosie mais elle était enfermée dans une petite cage.
- Je l'ai mise dans cette cage, continua-t-elle, car je savais que quand tu te rendrais compte de sa perte, tu essaierais de la retrouver. Vois-tu, cette cage a été ensorcelée pour contrer les sorts d'attraction. Mais maintenant que j'ai ce qu'il me faut, je peux te la rendre.
Elle ouvrit la cage et le sac, comme mué par une force invisible, se dirigea vers Rosie. Cette dernière l'attrapa et le serra fort contre elle.
- Tu veux savoir comment j'ai volé ton sac ? demanda Mingletown.
- Je suis toute ouïe !
- J'ai volé du Polynectar lors du cours de potion. C'était facile puisque j'ai réussi à amadouer Evans pour qu'elle me fasse confiance. Ce matin-là, avant de terminer la potion, et sans que cette idiote d'Evans ne me voie, j'en ai subtilisé un peu. Te rappelles-tu des deux Poufsouffle qui t'ont bousculé ce soir-là ?
Rosie s'en souvenait très bien. Cela faisait un moment qu'elle pensait cet évènement en lien avec le vol de son sac. Ses doutes étaient maintenant confirmés.
- Mary et Victoria ont pris l'apparence de deux élèves et t'ont bousculé à dessein. Tes affaires se sont éparpillées. Et pendant que tu étais en train de les invectiver, j'ai dérobé ta minaudière sans que tu ne t'en rendes compte.
Mingletown lui fit un grand sourire.
- Je convoite ce sac depuis très longtemps, tu sais. Un soir, pendant que tu étudiais seule dans la Salle Commune et que je t'observais, je t'ai vu le sortir et y déposer des parchemins. Au début, j'ai pensé que c'était juste un quelconque sac dans lequel tu y plaçais tes cours et tes devoirs. Cependant, je l'ai tout de suite reconnu lorsque tu es arrivée à la soirée secrète de la Confrérie.
Elle avait un air satisfait.
- Je pense que tu m'as reconnu, n'est-ce pas ?
- Tu étais la fille aux cheveux bouclées avec une robe rouge qui parlait avec Black quand je suis arrivée.
- Oui tout à fait ! Je ne t'ai pas reconnu car personne n'aurait fait le rapprochement entre la studieuse Rosamund Greengrass et la jeune femme blonde dans cette tenue époustouflante. Mais ce sac t'a trahi.
Mingletown s'arrêta de parler pendant quelques instants, comme pour apprécier ce qu'elle allait lui dire ensuite. Rosie sentit son ventre se tordre.
- Depuis le début de l'année, continua-t-elle de son air le plus ravi, je te trouve étrangement proche de Black. Tu ne te comportes pas avec lui comme tu le fais avec les autres. Bien sûr, vous êtes binômes de potions mais je n'ai pas compris ta soudaine cordialité avec lui. Que retires-tu de tout ça ? Et puis, il y a eu cette soirée et tout est devenu plus clair pour moi : le regard que tu lui as jeté. J'ai immédiatement su qu'il ne t'était pas du tout indifférent. Bien au contraire ! Et la soirée que vous avez passé ! Je me suis délectée de vous voir si proches l'un de l'autre.
Son sourire était si grand que Rosie en eut des frissons. Elle avait presque un air de démente.
- Oui, cela m'a plu de vous voir ainsi car à partir de ce moment, je connaissais la plus grande faiblesse de Rosamund Greengrass... LA Rosamund Greengrass, préfète de Serpentard, de sang-pur, héritière d'une des familles les plus nobles de Grande-Bretagne et la plus douée de toute sa maison… Cette Rosamund Greengrass est amoureuse de Sirius Black, le déshérité, la honte sur son sang, un Gryffondor de surcroît.
Mingletown avait dit ces mots avec un air revanchard sur le visage. Elle se réjouissait de tout ce qu'elle lui disait.
- Sors ta baguette et pose-la sur la table ! dit Mingletown brusquement d'une voix ferme et impérieuse. Elle avait perdu son sourire.
- Quoi ? s'écria Rosie, surprise.
- Ta baguette ! Maintenant !
Rosie avait la gorge sèche. Elle regarda Mingletown ainsi que ses deux gorilles. Pouvait-elle les attaquer toutes les trois en même temps ? Oui, mais Mingletown savait pour Sirius. Quelles étaient ses preuves ? Rosie déglutit et sortit sa baguette de sa poche. Elle la déposa lentement sur la table. Mary l'attira vers elle d'un coup de baguette et la rangea dans sa poche. Rosie était maintenant désarmée.
- C'est mieux comme ça, merci ! fit Mingletown qui avait retrouvé le sourire. Désormais, nous allons pouvoir discuter.
Cette dernière sortit les courriers de Rosie ainsi que son costume.
- J'ai appris beaucoup de choses grâce à ces courriers, dit-elle. Alors comme ça, tes parents comptent te marier à Abel Nott, ce gringalet qui ne ressemble à rien ? Ma pauvre Rosie !
Mingletown n'avait pas l'air triste pour elle. Au contraire, elle affichait un air ravi sur son visage.
- Si seulement ils savaient que leur fille aimait Sirius Black... Que se passerait-il ?
Rosie n'avait pas besoin de lui répondre car Mingletown connaissait pertinemment la réponse.
- Je souhaite plusieurs choses et toi, Rosie, tu vas m'aider à les obtenir.
- Que veux-tu, Mingletown ? On en revient à ma première question.
- Oui, c'est vrai. Tout d'abord, pas de Mingletown avec moi. Tu me montreras un peu plus de respect. Et cela n'est pas une demande mais une obligation.
Rosie serra les poings.
- Comment veux-tu que je t'appelle ? demanda cette dernière.
- Josepha suffira. Tu devras passer tous tes moments libres, je veux parler des repas et de tous les moments en public, avec nous. Oui, nous deviendrons les meilleures amies du monde !
Mingletown avait dit ces mots avec ravissement.
- Ensuite, tu vas faire en sorte que je devienne la DIVA de Serpentard, continua-t-elle toujours du même air. Tu vas tout faire pour m'élever au-dessus de toi : deviens mon faire-valoir auprès des professeurs et des élèves. Je veux également faire partie du Club de Slug. Tu devras m'aider dans mes devoirs de potions et même pendant les cours. Tiens !
Mingletown lui tendit un vieux parchemin.
- Tu écriras toutes les bonnes réponses sur ce parchemin. Et fais-le discrètement, je ne voudrais pas qu'on nous accuse de tricherie.
Rosie prit le parchemin entre ses mains. Elle faillit le mettre en boule et le jeter mais se retint. Une sueur froide commença à perler sur son front.
- Ah, encore une chose, fais en sorte que Black te déteste !
- Comment ?
- Oui ! Cela ne me plait pas du tout que vous vous entendiez bien. Un Gryffondor et un Serpentard qui s'entendent bien, on aura tout vu ! Je ne veux pas de ça !
- Je ne peux pas à cause des projets de potions !
- Peu importe ces projets ! Tu n'as pas besoin d'être sympa avec lui. Vu que tu traineras désormais avec moi, il est hors de question que tu aies une relation de près ou de loin avec lui.
Rosie n'en pouvait plus de toutes ces demandes rocambolesques. Comme si elle avait un quelconque pouvoir ? Et Sirius ? Elle avait enfin trouvé un certain équilibre dans leur relation et elle devait détruire tout ça...
- Et enfin une dernière chose ! Baggs, il est à moi ! Donc, tu vas faire en sorte qu'on devienne plus que des camarades. Est-ce bien clair ?
Rosie inspira profondément. Mingletown, voyant son hésitation, secoua les courriers et le costume qui étaient posés sur la table afin de lui rappeler ce qui était en jeu.
- Oui, répondit Rosie, simplement.
- Oui, qui ? demanda Mingletown.
- Oui, Josepha, dit Rosie d'une voix d'élève qui répond à son professeur.
- C'est mieux ! Mais la prochaine fois, prend un air plus réjoui !
Mingletown se leva. La discussion était terminée.
- Pas un mot à qui que ce soit, dit-elle comme si elle devait le lui rappeler. Nous allons sortir de la Salle des Trophées. On déposera ta baguette à la sortie mais tu devras attendre cinq minutes avant de partir. Pas d'entourloupes. Je garde ces preuves avec moi (elle montra les parchemins et son costume). Elles seront sous très bonne garde et tu ne pourras pas les retrouver. Si tu me trahis, tu le regretteras amèrement.
Mingletown fit disparaître le service à thé, la table et les chaises, puis, accompagnée de ses deux gorilles, partit sans dire un mot, laissant Rosie seule dans ses pensées.
