Bonjour tout le monde ! Je ne sais pas si vous aimerez l'attitude de Rosie ou ses choix pendant ces deux prochains chapitres. Mais voilà, on a tous nos faiblesses ! Bonne lecture !


Chapitre 13 - Faux-semblants

Rosie ne pleura pas. Elle était juste affligée. Elle s'en voulait de sa bêtise : elle n'avait pas été assez prudente avec son sac. Elle pensait avoir été discrète mais c'était sans compter la perfidie de Josepha Mingletown. Elle resta dans la Salle des Trophées plus des cinq minutes que la vipère lui avait laissé. Puis, elle inspira profondément et sortit de la pièce. Elle retrouva sa baguette juste à l'entrée et la ramassa. Elle n'avait pas envie de retourner dans son dortoir : dormir avec les trois Serpentard lui répugnait. Malheureusement, elle n'avait pas d'autres endroits où aller.

Quand elle se retrouva dans son lit, elle ferma ses rideaux et écouta les sons autour d'elle. Ses trois camarades étaient déjà en train de dormir : leur souffle était long. Elles étaient sûrement ravies de leur tour et dormaient maintenant à poings fermés, sachant que Rosie ne pouvait rien leur faire. Elle regarda longuement le plafond sans trouver le sommeil mais finalement, elle s'endormit d'épuisement.

Le lendemain matin, elle fut brutalement réveillée par la voix grinçante de Mingletown.

- Debout ! lui lançait-elle.

Cette dernière avait ouvert ses rideaux et regardait Rosie d'un air menaçant. Rosie, l'air hagard, mit du temps avant de se souvenir des évènements de la veille. Puis, plus par habitude que par envie, elle se leva, se doucha et s'habilla tranquillement. Les trois Serpentard l'attendaient, impatientes.

- Tu en a mis du temps ? s'écria Mingletown, hors d'elle.

- Calme-toi, Josepha, dit Rosie d'une voix douce. T'énerver te marque le visage.

- Qu'est-ce que tu dis ? gronda cette dernière.

Rosie s'approcha de la Serpentard et la fit s'asseoir devant un miroir. Et sans dire un mot, elle massa vigoureusement le visage.

- Non, ne bouge pas ! dit-elle impérieusement. Je te montre un des secrets de la famille Greengrass. Nous tenons notre beauté grâce à ce massage matinal.

Et Rosie continua ses mouvements de mains déformant le visage de Mingletown, le pinçant, le caressant vigoureusement, écartant ses joues. En secret, elle prenait un malin plaisir à la torturer ainsi. Jamais elle ou sa mère se massait le visage. Du coin de l'oeil, elle vit Mary et Victoria se toucher le visage, essayant d'imiter ses gestes, et rit sous cape.

- Voilà, c'est mieux ! lança-t-elle après avoir deux petites claques sur les joues de Mingletown. Maintenant, changeons ta coupe !

- Quoi ? Ma coupe me convient parfaitement ! s'écria la garce d'une voix outrée.

- Non, elle ne va pas du tout ! dit Rosie d'une voix toujours calme. Désolée d'être aussi brusque avec toi mais tu m'as demandé de t'élever dans les rangs des Serpentard, n'est-ce pas ? Donc, il va falloir que tu arrêtes de te coiffer de cette manière.

Rosie lui arracha son ruban rose hideux, déboucla ses longs cheveux blonds d'un coup de baguette et releva sa chevelure dense en une queue de cheval haute.

- Tu as un joli front et de belles oreilles, pourquoi les cacher ?

Puis, prise d'une soudaine inspiration, Rosie se dirigea vers sa boîte à bijoux et sortit deux boucles d'oreilles longues argentées. Mingletown avait les oreilles percées et portait d'horribles boucles en forme de coeur rouge. Rosie les remplaça par deux longues boucles sans diamants et fioritures.

- Je te les offre, lui dit-elle.

Rosie termina son relooking par rehausser la couleur des joues de Mingletown et rougir légèrement ses lèvres.

- Il faut que ton maquillage reste naturel et subtil, sinon, cette harpie de McGonagall te lavera ton visage avec de la bave de bicorne. Maintenant, relève toujours légèrement le menton, redresse tes épaules (Rosie lui fit un léger massage du haut de son dos, l'obligeant à se tenir droite) et c'est terminé !

Elle regarda son chef d'oeuvre. Mingletown était enfin digne d'être regardée. Cette dernière s'admira devant le miroir et fit un sourire narquois.

- C'est pas mal !

- Il faudra que tu travailles sur ce sourire, dit Rosie.

- Pourquoi ? demanda sa camarade d'un air revêche.

- Tu as toujours l'air trop crispé. Mais déjà, c'est nettement mieux avec la bonne coupe et les bons accessoires.

Mingletown n'aimait pas vraiment la façon dont Rosie la traitait mais elle jouait son rôle de coach. Elle douta de sa sincérité mais accepta ses remarques. On verra si tu as raison, Greengrass ! pensa-t-elle.

- Maintenant, sortons ensemble de la Salle Commune ! dit-elle avec un grand sourire.

Elle la prit par le bras et elles descendirent ensemble les escaliers qui menaient vers la sortie. Rosie détestait ce contact et cette proximité. Mais elle ne dit rien. Elle devait l'amadouer plutôt que la braquer.

- Bonjour Stephen ! lança Mingletown au Serpentard installé sur la grande table de la Grande Salle.

- Bonjour Josepha et... Rosie ! dit ce dernier.

Baggs fronça des sourcils : c'était la première fois qu'il les voyait toutes les deux ensemble, bras dessus, bras dessous. Elles s'assirent devant lui comme si de rien n'était. Il fit un grand sourire à Rosie. Celle-ci fuya son regard pour se poser sur Mingletown. Il remarqua alors l'autre Serpentard.

- Tu as changé de coupe ? demanda Baggs en remarquant la nouvelle mise en pli de la vipère. Ca te va plutôt bien !

- Merci Stephen, rougit Mingletown de plaisir.

- C'est moi qui lui ai offert ces boucles d'oreille, ajouta Rosie. Tu ne trouves pas que cela lui va bien ?

Baggs examina la langue de vipère et hocha la tête.

- Oui, c'est vrai ! C'est joli.

- Tu comptes aller à Pré-au-Lard samedi prochain ? demanda Rosie innocemment.

Le Serpentard releva la tête immédiatement. C'était la première fois que Rosie enchaînait une discussion sur plusieurs sujets avec lui. Il en fut ravi. Rosie remarqua la lueur d'espoir dans ses yeux. Son ventre se tordit. Elle n'avait vraiment pas envie de jouer à ce jeu-là, mais…

- Oui, je vais y aller et toi ? demanda Baggs avec espoir.

- Oui, avec Josepha, on compte visiter la Cabane Hurlante. Il paraît qu'elle y abrite les esprits frappeurs les plus viles de toute la Grande-Bretagne. Cela te dit de venir nous accompagner ? On aurait besoin de tes gros bras, vois-tu. Au cas où…

Rosie lui lança son sourire le plus charmeur. Baggs fut ravi de l'invitation et accepta sur le champ. Elle en fut ravie et commença à se servir en petit-déjeuner.

- Tiens, Josepha chérie, voici une salade de fruits !

Elle lui tendit une coupe et s'en servit une également. Elle aurait préféré manger des oeufs brouillés et des saucisses mais elle savait pertinemment que Mingletown la réprimanderait si elle la voyait faire. Dans un soupir, elle commença à manger ses fruits coupés.

- Cela te dit qu'on aille à la bibliothèque ensuite ? demanda-t-elle de son air le plus innocent.

- J'aurais préféré qu'on se ballade vers le grande lac, il fait encore beau aujourd'hui ! lança Mingletown, de son air faussement sympathique.

Rosie réfléchit quelques instants. Elle n'avait pas envie de prendre du retard dans ses cours à cause de cette vipère. Comment tourner la situation à son avantage ?

- J'emmènerais mes cours de potions alors ! J'aimerais qu'on révise sur le sérum de vérité ensemble.

- Vous allez réviser ensemble ? demanda Baggs surpris.

- Oui !

- Je peux venir avec vous ?

- Mais bien sûr !

Rosie lança un regard vers Mingletown. Cette dernière avait l'air enchanté.

Elles jouèrent à ce jeu pendant plusieurs jours. Rosie était loin d'être ravie mais elle faisait semblant d'apprécier la situation. Il n'était pas compliqué pour elle de rendre Mingletown plus jolie et plus attirante, ni de l'aider dans ses cours pour qu'elle soit appréciée par ses professeurs. Baggs était heureux d'être intégré à leur groupe et avait l'air d'apprécier de plus en plus la garce.

En revanche, il lui fut plus dur d'être plus froide avec Sirius. Comment lui faire comprendre sans lui expliquer ? Ses relations avec lui s'étaient nettement améliorées depuis le début de l'année ce qui avait été un grand pas pour elle. De plus, son projet de potions l'empêchait de l'ignorer. Et quelques fois, ses envies profondes l'emportaient sur sa raison et elle s'imaginait en couple avec Sirius. Il lui était désormais impossible de réaliser son rêve le plus secret.

Lorsque son double-cours de potions arriva, elle tenta de faire comme s'il n'existait pas mais dès qu'il lui parla en lui lançant un sourire charmeur, elle lui répondit normalement, oubliant les menaces de Mingletown. Cette dernière, assise juste derrière elle, la surveillait et ne perdit pas une miette de la scène. Rosie sentit son regard d'acier sur sa nuque.

- Bonjour à tous, lança le professeur Slughorn à tous les élèves. J'ai examiné vos Polynectar et je suis fier du travail que vous avez effectué. Voici vos résultats que j'ai noté sur ce parchemin : je vous ai également indiqué quelques commentaires.

Slughorn passa au niveau de Sirius et Rosie et leur remit leur parchemin.

- Votre potion était superbe, dit le professeur en leur souriant ! Très bon travail !

Sirius et Rosie lurent leur parchemin : ils avaient reçu un O et Slughorn avait écrit quelques commentaires sur les ingrédients utilisés, les félicitant sur leur découpe. Rosie était aux anges ! Elle échangea un sourire avec son binôme mais se rétracta rapidement.

A la fin du cours de Potions, Sirius l'interpella.

- Peut-on se parler quelques minutes, Rosie ? demanda-t-il.

Rosie ne savait pas comment lui répondre. Elle jeta un bref coup d'oeil à Mingletown qui discutait avec Evans et hocha la tête vers Sirius. Elle ne devait plus être amicale avec lui, certes, mais elle devait quand même travailler sur son devoir de potions. Elle le suivit dans le couloir.

- Samedi matin, on a rendez-vous avec Hagrid à 9h pour cueillir les ingrédients pour le Veritaserum. Ça te convient ?

- Oui, oui, répondit-elle évasivement.

Rosie regarda la porte de la salle de cours de Potions. Elle ne voulait pas que Mingletown la voit discuter avec Sirius. Ce dernier capta son regard.

- Il y a quelque chose qui ne va pas ? lui demanda-t-il.

- Hum, non rien !

- Pourtant, ça n'a pas l'air d'aller.

- Si, si, ne t'inquiète pas ! s'écria-t-elle. Merci de t'être occupé du rendez-vous avec Hagrid. On se voit plus tard !

- Oui, à plus tard.

Rosie s'enfuit plus qu'elle ne partit du couloir. Elle sentait le regard brûlant de Sirius sur son dos mais ne voulait pas se retourner. Elle avait été totalement stupide face à lui. Quelle attitude devait-elle adopter ?

Elle attendit cette dernière devant le grand escalier qui menait vers le Grand Hall. Mingletown arriva vers elle, un grand sourire aux lèvres.

- Allons nous promener dans les jardins, lui chuchota-t-elle, en lui prenant le bras.

Rosie détestait toujours ce contact mais ne dit rien, comme à son habitude depuis deux jours. Elles arrivèrent dans le jardin où quelques élèves étaient installés sur des bancs. Elles continuèrent à marcher sans faire attention aux regards qu'on leur jetait. Il n'était pas habituel de voir la solitaire Rosamund Greengrass se promener avec une autre fille.

- Il va falloir que tu fasses mieux avec Black, lui murmura cette garce de Mingletown.

- Je ne peux pas, répondit simplement Rosie. Je dois sauver quelques apparences avec lui !

Mingletown lui serra le bras fort, à la limite de la douleur. Rosie ne lui montra pas qu'elle avait mal. Elle résista.

- Je dois travailler avec lui sur mes potions. Je veux bien t'aider pour que tu deviennes populaire et douée mais je me dois de garder un certain niveau en cours. Je suis ton faire-valoir, n'est-ce pas ?

- Oui, en effet.

- Alors, laisse-moi faire avec Black. Je ne sortirai pas avec lui ! Jamais ! Je peux te l'assurer !

- Tu me le promets ?

La vipère de Serpentard lui écrabouillait littéralement le bras. Mais Rosie ne tiqua pas même si elle souffrait.

- Oui, répondit Rosie dans un bref murmure.

- Oui, quoi ? demanda Mingletown, son visage très proche de celui de Rosie.

- Oui, je te le promets, Josepha !

Cette dernière relâcha enfin son étreinte. Rosie inspira profondément. Elle voulut se frotter là où la douleur était encore vive mais Mingletown lui tenait toujours le bras.

- Bon, je te laisse faire avec Black. Mais jamais je veux entendre parler d'un quelconque rapprochement avec lui !