Chapitre 14 - Devenir populaire, mission impossible

Les semaines passèrent sans que Rosie ne s'en rende compte. Elle était encore plus débordée que les mois précédents. Sa surcharge de travail avait doublé à cause des parchemins qu'elle devait rendre et de ses devoirs de préfète mais surtout, à cause de cette face-de-rat de Mingletown. Elle devait l'aider dans ses propres devoirs et même pendant les cours. Elle lui écrivait secrètement les bonnes réponses sur le parchemin enchanté qu'elle lui avait remis.

Rosie était souvent atterrée par l'ignorance scolaire de la Serpentard et se demandait comment elle avait pu se retrouver en septième année mais elle ne disait rien. Elle n'avait pas envie de s'attirer ses foudres. Mingletown pouvait être terrifiante quelques fois quand elle la regardait avec ses yeux noirs. Et puis, il y avait les menaces qui planaient toujours au-dessus de sa tête.

Grâce à Rosie, la vipère se démarquait enfin des autres élèves : elle avait changé son look de fausse gentille fille à papa à celle d'une jeune fille jolie mettant en valeur ses charmes. Les garçons de sa maison et même d'autres maisons commencèrent à la remarquer. Elle aurait pu avoir encore plus de succès si elle n'avait pas cet air odieux qu'elle n'arrivait pas à totalement effacer de son visage. Les professeurs avaient également remarqué sa nette progression et approuvaient ses progrès. Le professeur Slughorn avait même félicité Rosie à la fin de l'un de ses cours car il avait remarqué que cette dernière passait plus de temps avec Mingletown et son influence avait certainement eu un effet bénéfique sur la Serpentard. Cette dernière n'avait pas été ravi par les compliments que le directeur de leur maison avait fait à Rosie. Elle souhaitait que son succès ne relève que de ses propres capacités (ce qui était totalement impossible, dans la réalité des faits) et en voulait à Rosie d'être toujours le centre de l'attention. Même Baggs s'y était mis en complimentant Rosie.

- Je te jure que je fais ce que je peux, lui dit Rosie, un soir alors qu'elles étaient seules dans leur Salle Commune. Mingletown menaçait Rosie en pointant sa baguette vers son oeil.

- Oui, mais c'est pas assez ! criait la vipère. Je suis sûre que tu le fais exprès !

- Mais non, Josepha chérie !

- Pas de ça avec moi alors qu'on est que toutes les deux ! Je sais que tu me détestes ! Et tu fais tout pour saboter ma propre gloire.

- Pas du tout !

Mingletown la menaçait toujours de sa baguette.

- Que dois-je faire pour te faire comprendre que tu dois m'obéir ? réfléchit la garce.

- Mais je fais ce que tu me dis, se plaignit Rosie.

Rosie se détestait quand elle suppliait Mingletown mais elle n'avait pas trouvé d'autres moyens pour l'amadouer. Chaque jour, sa réputation ne tenait qu'à un fil : au-delà de ce que les révélations de Mingletown pourraient avoir comme conséquence pour elle, se plier à ses quatre volontés lui coûtait beaucoup. Désormais, les Serpentard ne la respectaient plus comme avant : certains filles d'années inférieures la regardaient d'un air ironique et Rosie remarquait souvent les rires en coin que lui lançaient certaines personnes. Elle restait toujours estimée car son niveau scolaire n'avait pas baissé et les professeurs, dont le professeur Slughorn, continuaient à la regarder avec respect. C'était d'ailleurs pour cette raison qu'elle s'échinait toujours à étudier correctement quitte à se coucher plus tard que ses camarades, parfois à 2 ou 3h du matin. Elle était épuisée mais tenait avec les nerfs et la conviction qu'elle était obligée de faire ce qu'elle faisait.

Rosie inspira profondément, elle devait trouver un moyen pour retrouver la confiance de Mingletown.

- Dans un mois, il y aura la fameuse soirée de Noël du Club de Slug, s'écria-t-elle brusquement. Je te ferai inviter.

- Et tu vas faire comment ? demanda une Mingletown douteuse.

- Laisse-moi faire ! Le professeur Slughorn t'apprécie désormais. Tu as vu comment il t'a félicité pour la potion Wiggenweld ! Il est encore temps pour que tu te fasses remarquer et qu'il te convie à la soirée.

La vipère la regardait d'un air songeur. Devait-elle faire confiance à Rosie ? Elle la jaugeait du regard.

- D'accord, dit-elle au bout de quelques instants. Mais tu n'as que deux semaines ! Si je ne reçois pas mon invitation dans ce laps de temps, je te ferai passer un sale quart d'heure ! Je ne révélerai pas ton plus grand secret (sur ces mots, Mingletown l'avait regardée de façon narquoise) mais j'ai d'autres cartes en main.

Rosie frémit. Qu'avait en tête cette face de rat ? Sur ces derniers mots, Mingletown partit se coucher.

Rosie réfléchit toute la nuit sur un plan pour convaincre le professeur Slughorn d'inviter la Serpentard. Ce dernier ne conviait à son club que les élèves qu'ils trouvaient les plus méritants et qui auraient un bel avenir devant eux ou bien ceux qui avaient des relations avec des sorciers renommés.

Mingletown venait d'une famille de sorciers ordinaires. Son père était un simple journaliste de la Gazette du Sorcier et sa mère une nutritriomage sans renom. Son niveau scolaire était désastreux et elle n'avait pas vraiment brillé pendant ses six années à Poudlard. Elle se rattrapait enfin cette année mais ce n'était pas suffisant, voire peut-être trop tard. Comment l'élever pour qu'elle devienne exceptionnelle aux yeux de son directeur ?

Au-delà du fait d'être une Greengrass, Rosie était une sorcière douée et sa tante était une cheffe sorcière reconnue dans le monde entier. Son intégration au Club de Slug avait été quasiment automatique, dès son arrivée dans l'école. En pensant à sa tante, elle eut une soudaine inspiration.

Quand vint le matin, Rosie avait trouvé un plan. Elle se leva très tôt et écrivit un mot qu'elle déposa sur la table de chevet de Mingletown pour l'avertir qu'elles se retrouveraient directement à leur cours de Botanique. Elle détestait prévenir la vipère quand elle allait quelque part mais elle n'avait plus le choix, cette dernière l'ayant obligée à lui indiquer tous ses faits et gestes.

Elle se dirigea vers les appartements du professeur Slughorn et frappa à sa porte. Ce dernier mit du temps à lui ouvrir, ne s'attendant pas à ce qu'une personne vienne le déranger de si bon matin. Quand il découvrit Rosie devant sa porte, il lui fit un grand sourire et lui proposa d'entrer.

- Je n'ai pas l'habitude de recevoir de si bon matin, lui dit le professeur. Mais vous êtes toujours la bienvenue chez moi, Miss Greengrass.

- Merci professeur, lui répondit-elle d'un air amical. Je suis vraiment désolée de vous déranger aussi tôt.

- Non, ce n'est pas grave. J'étais en train de me préparer pour aller prendre mon petit-déjeuner mais pourquoi pas le prendre ici dans mon salon, en votre compagnie. Qu'en pensez-vous ? Cela nous changera de la Grande Salle.

- Ce serait une idée fabuleuse, merci !

Rosie s'assit sur la chaise que le professeur lui proposa. Puis, Slughorn fit apparaître d'un coup de baguette un petit-déjeuner digne d'un hôtel quatre étoiles : toasts, confiture, porridge, miel, oeufs brouillés, saucisses grillées, céréales, lait et autres boissons à profusion. Elle fut étonnée par autant de diversités. Elle se servit en toast et en confiture sans aucune honte. Elle pourrait enfin manger correctement ce matin ! Mingletown surveillait systématiquement tout ce que Rosie ingurgitait et cette dernière avait toujours faim. Elle avait d'ailleurs perdu quelques kilos.

Le professeur Slughorn l'observa.

- Je vois que vous avez un bel appétit, dit-il avec un sourire. J'ai remarqué que vous aviez un peu maigri et vous sembliez fatiguée. Tout va bien pour vous ?

Rosie fut surprise. Il était rare que son directeur lui pose ce genre de questions personnelles.

- Oui, tout va bien, professeur, lui dit-elle entre deux bouchées, remise de son étonnement. Il est vrai que j'étudie beaucoup. Nous avons beaucoup de devoirs en septième année.

- En effet, votre planning est très chargé. Ne vous fatiguez pas trop, tout de même. Vous devez tenir jusqu'à vos ASPIC. De plus, vous passez beaucoup de temps à aider Miss Mingletown ainsi que Monsieur Black pour votre devoir de potions. C'est très généreux de votre part. Vous devez être bien occupée.

- Oh ne vous inquiétez pas pour ça ! Sirius m'est d'une aide précieuse pour les projets de potions, je n'ai pas grande chose à lui dire. Et Josepha apprend très vite.

Slughorn fronça légèrement les sourcils. Il n'avait jamais remarqué que Mingletown était une élève remarquable.

- Elle fait beaucoup d'efforts en ce moment, vous savez. Je pense que vous avez remarqué ses dernières prouesses.

- Certes !

- D'ailleurs, c'est pour cela que je souhaitais vous voir ce matin.

- Ah oui ? demanda le professeur, surpris.

- Justement, Josepha s'applique à travailler beaucoup. Elle a fait de grand progrès en tant que maîtresse de Potions ces dernières semaines.

- En effet.

- Et je souhaiterais l'encourager dans cette voie ! Voyez-vous, ses talents se sont révélés depuis que vous l'avez mise en binôme avec Lily Evans et maintenant que je l'aide dans ses études, je me rends compte que nous l'avions tous sous-estimée. Avec un petit coup de pouce, je suis sûre qu'elle pourrait réaliser de grande chose !

- Un petit coup de pouce ? Qu'attendez-vous de moi, Miss Greengrass ? demanda le professeur, ne sachant pas du tout où voulait en venir son élève.

- Josepha progresse vite mais elle manque cruellement de confiance en elle. Je viens vous voir car j'aimerais votre aide. Je suis vraiment désolée de vous demander ainsi votre assistance et je m'excuse par avance de mon audace. Mais… je pense que si vous la conviez à la prochaine soirée privée du Club de Slug, elle pourrait progresser encore plus vite car elle se rendrait compte que ses efforts ne sont finalement pas vains. Oui, je sais que ma demande est étrange et cela vous surprend mais pour avoir longtemps observé Josepha, je suis sûre que c'est ce qu'il lui faut pour devenir encore meilleure.

Rosie arrêta enfin de parler. Elle avait dit ces mots avec beaucoup de ferveur et elle espérait avoir touché son professeur. Elle inspira profondément.

- Vous me prenez par surprise, Miss Greengrass, dit enfin Slughorn, remis de sa stupeur. Il ne s'attendait pas à ce que Rosie lui tienne ce discours.

- Professeur, vous n'avez pas à me donner votre réponse aujourd'hui, continua Rosie. Je sais que ma position ne me permet pas de faire ce genre de demande.

- Laissez-moi y réfléchir, dit-il finalement. Je n'ai pas pour habitude de répondre positivement à ce genre de demande mais venant de vous, Miss Greengrass, cela ne m'étonne pas au fond. J'ai toujours su que vous aviez l'âme d'une personne dévouée. Malgré ma surprise, je suis ravi de voir votre attachement envers Miss Mingletown et j'apprécie également ce que vous faites pour elle. Miss Mingletown a vraiment beaucoup de chance de vous avoir comme amie.

- Je vous remercie, professeur.

Rosie n'avait pas pu s'empêcher de rougir aux mots du professeur. Bien qu'elle faisait semblant d'être amie avec Mingletown car celle-ci lui faisait du chantage, elle était émue par les paroles de Slughorn. Elle espérait ne pas le décevoir par la suite.

Ils continuèrent à manger leur petit-déjeuner en parlant de choses et d'autres.

- Professeur ! s'écria-t-elle avant de le quitter. J'ai failli oublier de vous remettre ceci.

Rosie prit sa minaudière et en sortit un gros paquet.

- Je voulais également vous voir car ma tante Griselda m'a envoyé ce gâteau pour vous.

Rosie le remit à Slughorn dont le visage s'était illuminé.

- C'est sa fameuse tarte aux myrtilles ?

- Plus que cela ! dit Rosie d'un air de conspiratrice. C'est une toute nouvelle recette et ma tante voulait vous la faire goûter en exclusivité !

Le directeur des Serpentard prit le paquet avec un air de pur ravissement sur le visage. La veille, quand elle avait réfléchi sur un plan pour convaincre le professeur, Rosie avait envoyé un message en urgence à sa tante qui y avait répondu presque immédiatement. Cette dernière qui appréciait beaucoup sa nièce avait accepté de lui envoyer ce cadeau.

- Vous remercierez infiniment votre tante pour ce gâteau, dit Slughorn, un grand sourire sur les lèvres, les yeux brillants.

- Oui, je lui dirai, professeur. Je vous remercie pour ce petit-déjeuner et nous nous reverrons pour le prochain cours de potions.

- Mais je vous en prie ! Passez une très belle journée, Miss Greengrass ! Et revenez quand vous le souhaitez, vous savez que vous êtes toujours la bienvenue !

Rosie partit vers son premier cours de la journée, le coeur léger. Son entrevue avec Slughorn n'avait pas été un désastre, bien au contraire ! Son stratagème avait l'air d'avoir fonctionné. Maintenant, elle n'avait plus qu'à attendre.

Le plan de Rosie fonctionna : une semaine après son entrevue avec le professeur Slughorn, Mingletown reçut une carte d'invitation de son directeur de maison lors du petit-déjeuner. Rosie ne put s'empêcher de remercier son professeur qui mangeait à la table des professeurs. Elle lui fit un grand sourire et il lui répondit par un hochement de tête. Mingletown était tellement aux anges qu'elle montra à tous sa lettre.

- Regarde, Stephen ! s'écria-t-elle à l'attention de Baggs qui mangeait devant elle. Je suis invitée pour le Noël du Club de Slug.

- Félicitations ! dit Baggs émerveillé mais avec une pointe de jalousie dans la voix.

Ce dernier n'avait jamais été invité à l'une de ces fameuses soirées et il regardait la carte avec envie. Mingletown avait capté son regard et son ravissement fut encore plus grand. Rosie l'observait. Elle avait envie de lui enlever ce sourire niais sur le visage. Cela gâchait tous ses efforts. D'autres Serpentard regardaient aussi Mingletown avec désir, elle capta aussi quelques regards de haine. Sa surprise fut encore plus grande quand elle vit que certains regards noirs étaient aussi tournés vers elle. Quelques élèves de sa maison n'approuvaient pas que Rosie ait perdu sa neutralité pour devenir amie avec Mingletown. Celle-ci était détestée par beaucoup de personnes et il leur était incompréhensible que la plus brillante élève de Serpentard puisse l'aider. Mais elle avait ses raisons et leur renvoya à tous un regard hautain. Qu'ils pensent ce qu'ils veulent ! Je n'ai pas à me justifier auprès de ces moins-que-rien ! pensa-t-elle l'air revêche. Néanmoins, son ventre se noua.

- Tu sais que je dois venir accompagner pour cette soirée ? dit Mingletown à l'attention de Baggs, elle lui fit un sourire charmeur, elle tentait de minauder.

- Hum, oui, répondit Baggs, sans trop de convictions. Tu sais déjà avec qui tu veux y aller ?

- Oui, j'ai déjà ma petite idée, fit-elle toujours avec ce sourire, elle cligna des yeux rapidement montrant par la même occasion ses longs cils recourbés.

Rosie avait envie de la frapper. Mingletown ne pouvait-elle pas être plus subtile ? Quelle idiote ! Elle est en train de tout gâcher !

- Et toi, Rosie, tu comptes y aller avec quelqu'un ? demanda Baggs, à son attention, il la regardait à son tour d'un air charmeur.

Et maintenant, Baggs s'y mettait aussi. Rosie avait envie de l'envoyer balader mais elle ne le pouvait pas. Elle afficha son sourire le plus conspirateur.

- Oui, j'ai déjà mon cavalier ! dit-elle.

- Comment ? s'écria Mingletown.

- Oui, oui, bien sûr !

Rosie appuya son regard quand elle le porta vers la Serpentard. Il fallait qu'elle comprenne qu'elle n'avait pas de cavalier mais qu'elle disait cela pour que Baggs laisse tomber l'affaire. Mais Mingletown n'avait pas l'air de comprendre.

- Mais pourquoi tu ne m'as rien dit ? demanda cette dernière, l'air déçue.

- Je voulais te faire la surprise, dit Rosie en réfléchissant à toute vitesse à une excuse valable. Je voulais d'abord m'assurer que tu recevrais ton invitation. Tu sais bien que je n'y serais pas allée si tu n'y avais pas été convié.

Elle la regarda d'un air angélique. Mingletown sourit encore plus. Avait-elle enfin compris ?

- Oui, c'est vrai, fit cette dernière, avec prétention. Je sais que tu ne peux plus te passer de moi maintenant !

Et Mingletown lui caressa la main gauche. Rosie était outrée ! Mais comment peut-elle dire ça et me toucher devant tous les Serpentard ? Rosie avait envie de l'étrangler. Sa main droite qui tenait sa fourchette commença à trembler mais elle se reprit et arrêta le tremblement en inspirant profondément.

- C'est vrai que vous êtes très proches l'une de l'autre, maintenant ! remarqua Baggs, il avait toujours son air dépité par l'annonce de Rosie mais il s'était repris.

- Oui, c'est vrai ! dit Mingletown et elle se tourna vers Rosie en lui souriant.

Rosie comprit la stratégie de la Serpentard et fut hors d'elle. Cette dernière était en train d'insinuer devant toute sa maison qu'elles avaient (ou avaient eu) une relation toutes les deux. Comment osait-elle ? Rosie avait envie de hurler, de crier que c'était faux, qu'elle détestait cette imposture. Mais elle se retint à temps. La vipère la provoquait du regard : "Essaie de me contredire et tu verras", semblait-elle dire. Rosie avait les joues en feu mais releva la tête pour voir le désastre qui était en train de se former sous ses yeux. Elle vit que des élèves suivaient leur conversation avec intérêt, d'autres chuchotaient à l'oreille de son voisin en les montrant du doigt. Baggs quant à lui était atterré. Comment se sortir de cette situation ? Elle réfléchit puis prise d'une soudaine inspiration, prit la parole en tapotant la main de la vipère.

- En effet, dit-elle en regardant Mingletown avec un sourire. On n'a qu'une vie, non ? Mais on a vite compris que ce n'était pas pour nous, n'est-ce pas, Josepha ?

- Hum, oui, fit sa voisine l'air pensive, elle ne pensait sûrement pas Rosie capable de ce genre de réaction.

- Alors toutes les deux, vous avez… ? demanda Baggs, l'air incrédule.

- Je ne dirai rien ! s'écria Rosie. Je préfère te laisser imaginer.

Rosie le regardait avec un air charmeur, presque concupiscent. Baggs rougit car il était sûrement en train de se représenter dans son esprit une scène interdite aux enfants. Elle sourit.

- Je dois aller à la Bibliothèque, dit Rosie en se levant et en redressant son dos pour mettre en avant ses formes généreuses. On se voit tout à l'heure.

Elle caressa la joue de la vipère et partit sous les regards interdits de sa tablée. Quand elle sortit de la Grande Salle, elle faillit s'écrouler sur le sol. Stupide Mingletown ! Qu'avait-elle donc fait ? Rosie avait choisi de ne pas démentir les insinuations de la Serpentard pour ne pas perdre la face. Mais à cause d'elle, elle allait passer pour une fille avec des moeurs légères. Elle se rappela la gêne de Baggs et des autres élèves et se dit que ce n'était peut-être pas si grave que cela. Tous allaient se demander comment pouvait se dérouler une relation charnelle avec elle… À bien y réfléchir, ils auraient tous envie d'elle. C'était bien mieux que d'être détestée.

Elle se dirigea à son cours de Défense Contre les Forces du Mal d'un pas plus assuré bien que son ventre était toujours noué.