Hello girls ! Me voilà de retour avec un new chapitre...Est-ce que ça a été si long que ça ? Désolée

J'espère que vous passez toutes de bonnes vacances, même pour celles qui se démènent au travail :(

Je tenais encore à vous dire combien j'étais touchée par vos commentaires, et merci à toutes celles qui m'ajoutent en favoris !

Guest : désolée pour les fautes, promis j'essaie de faire de mon mieux pour les éviter ! Merci pour ta review qui m'a fait très plaisir et aussi sourire. xoxo

anna : voilà la suite lol. je sais pas encore d'idée sur le nombre de chapitres avant l'épilogue. J'écris juste au feeling.

Guest, framboise07, moinini, bellaeva, birginie, Habswifes, Grazie, odrey010, nodame : merci pour vos reviews et vos encouragements qui m'aident toujours à avancer et mieux faire ! xoxo

Maryfanfictions : Je sais que je vous ai pas ménager niveau rebondissements, mais promis pour celui là, rien de catastrophique n'est prévu lol. merci pour ta review. xoxo

Anais88 : Est-ce que t'es au courant du fait que j'attends toujours avec impatience l'analyse de mes chapitres ! merci pour tes reviews. xoxo

CeriseBella : Merci merci merci pour ta review qui m'a fait très plaisir. J'essaie au mieux de rendre un truc agréable à lire, et savoir que vous appréciez ma manière d'écrire, c'est juste... !

Ilonka : Ps de souci pour un résumé. Par contre tu as dit l'histoire, donc je sais pas trop si il s'agit seulement du chapitre précédent ou carrément de toute la fiction ?

Pour ce qui est du PDV Edward : C'est la mauvaise rencontre avec deux hommes près d'un bar, qui lui a donné ce déclic et encourager à participer à ce genre de combats.

Dis moi ce qui ne va pas, et je me ferais un plaisir de te l'expliquer. Pas de souci chérie !

titiguizmo55 : c'est exactement ça que je voulais retranscrire. J'ai du mal avec l'idée qu'on puisse finalement se remettre de la mort de quelqu'un, c'est pour ça que malgré une amélioriation chez eux, je veux quand même garder cette douleur qui reste présente. merci pour ta review

calimero59 : j'ai moi même fantasmé en imaginant un Edward boxeur de 95kg...J'en bavais presque lol. merci pour ta review.

Merci vraiment pour vos reviews, et aussi à celles qui passent simplement par là !

Donc voilà un nouveau chapitre, qui j'espère vous plaira...


Leur histoire, c'est la théorie des dominos, mais à l'envers. Au lieu de se faire tomber, ils s'aident à se relever

Anna Gavalda

Teddy fulminait devant moi, furieux de la nouvelle reconversion de mon ex-professeur et petit ami. J'étais certaine qu'il pourrait me balancer par dessus son épaule et m'emmener à Madagascar, si il savait ce que je ressentais à cet instant. Observer avec attention et fascination mon homme – Mon homme – s'acharnait comme le plus sauvage des prédateurs avait attisé en moi une chaleur ahurissante. J'étais certaine d'être capable de mettre le feu dans tous le hangar. Ça n'aurait pas être du être aussi bon, ça n'aurait pas du me rendre aussi excité, fiévreuse. Je sortais de psychiatrie après avoir passé une éternité à combattre mes pulsions sauvages, et cet idiot venait à nouveau ravivait cette ardeur pour la bestialité. J'étais comme une sevrée, fière d'avoir pu s'en sortir mais si tentée par ses anciennes addictions. Difficilement, je tentais de rester impassible devant Teddy, ou au moins feinter la colère.

« Est-ce que je peux être seule avec lui ? » tentais-je, intimidée par son regard assassin

« Hors de question que je te laisse avec une brute pareille » pointa t-il furieusement du doigt Edward

« Je connais mes nouvelles limites, je n'aime pas autant que toi ce qu'on vient de voir » mentis-je. « Mais je dois lui parler »

« Tes nouvelles limites, Bells, tu es encore »

« Si tu oses dire fragile, je te jure que je vais m'énerver...Je vais bien, je contrôle mes émotions »

« Tu es sûre de ça ? »

« Je t'appelle dans une heure...Une heure, pour te dire ce qu'il en est et où nous sommes »

Je me servais de ma moue habituelle dont peu de personne résistait, et criais intérieurement de joie lorsque je le sentis me céder.

« Je suis déterminée à réussir la post-cure, même le psy l'a dit...Je sais que l'institut m'a protégé de l'extérieur mais je veux faire mes preuves auprès de toi, du juge et de papa, alors laisses moi gérer les choses, et me prouvais à moi même que j'ai réussi à en finir »

« Une heure ! »

« Une heure »

Il embrassa mon front et quitta le vestiaire non sans avoir chuchoté un mot à l'oreille d'Edward.

Seule, j'allumais une seconde cigarette, agacée par la présence des pimbêches qui gloussaient dans un coin de la pièce alors qu'un homme tout aussi imposant que lui semblait débriefer avec lui. Ses plaies soignées, il lui fut conseiller de passer quelques examens cérébraux pour écarter toutes hémorragies internes, malgré tout non suspectées pour le moment. Sur pieds, son regard s'encra au mien instinctivement. J'aimais ce qu'il y avait. J'avais aimé le voir anéantir cet homme et si ce connard avait crevé dans ce combat de chien, j'étais sûre d'y ressentir que de la fierté pour l'homme que j'aimais. Je ne pouvais pas renier mes instincts animales, certes développés depuis seulement deux ans, mais aujourd'hui profondément encrés en moi. Mes ardeurs prirent le dessus et je fus submergée par une tension cataclysmique.

Ce changement était pour le moins très inattendu. Il émanait de lui une aveuglante virilité, qui me rendait si fière de lui, si béate et...amoureuse, pathétiquement amoureuse. Il renvoyait l'image de l'homme par excellence. Le confort, la fierté, la sécurité...La sécurité. Voilà un sentiment qui m'avait brutalement quitté il y a deux ans, et depuis l'instabilité dans laquelle je vivais, était quelque chose qui m'avait continuellement effrayé. J'avais perdu la seule personne qui pouvait répondre à mes attentes, les satisfaire avec qualité. Personne n'avait su le faire après elle. Pourtant ce soir, devant le seul homme qui avait su tirer de moi une volonté de s'en sortir, était aussi celui qui saurait apaiser mes craintes. Alkyle disait que ma personnalité borderline faisait de moi quelqu'un de très exigeant émotionnellement, et je ne pouvais lutter contre. J'avais besoin d'une force à mes côtés et en moi pour me soutenir chaque jour et me certifier que j'étais en plus d'être aimer comme je le méritais, être aussi sécuriser. Edward était cette force. Il était cette conviction que j'étais quelqu'un d'aimée, forte et rassurée.

Sans bouger, il ordonna – sans me lâcher des yeux - à celui que j'avais identifié comme son mentor, de virer toute la clique de salopes qui se pavanaient autour de lui. Ces putes que j'avais toujours pour habitude d'assimiler aux affreuses sangsues qui vous collaient à la peau, se firent plus obstinés, et je frissonnais sous le plaisir de voir Edward les pousser furieusement à l'extérieur.

Je jetais le mégot de ma cigarette et sautais de mon perchoir, restant tout de même à distance de ce connard. J'étais consciente être à l'origine de cette longue séparation alors qu'il m'avait supplié rester auprès de lui. Il avait tout les droits de me tourner le dos, mais je ne supportais pas l'idée qu'il ait pu vouloir en finir avec nous. Je ne supportais pas l'idée qu'il se soit retrouvé dans les bras d'une de ses putes. Il m'appartenait. J'étais celle qui avait été auprès de lui lorsqu'il était sous l'influence de ses addictions, j'étais celle qui lui avait permis de faire le deuil de sa femme. Aucune de ses nanas ne savaient qui il était, et ce qui l'avait tant motivé ce soir à anéantir son adversaire. Il ne pouvait pas être heureux auprès d'une femme, autre que moi.

Rhabillé, il fit les quelques pas qui nous séparaient alors que je contournais la table pour buter contre le mur. Furieuse de voir son visage craché autant de prétention, je le laissais pourtant venir jusqu'à moi. Parmi mes centaines de faiblesses, son regard si intense et expressif était sans doute en tête de liste pour me faire flancher à une vitesse déconcertante. Quoi qu'il ait pu faire, j'étais incapable de m'imposer devant lui. Surtout cette nuit. Surtout face à sa putain de perfection.

Le cœur affolé, mes tripes se tordant durement, je cessais de respirer quand sa main vint enlacer doucement mon cou.

« Six putains de mois » articula t-il durement

« Je sais » déglutis-je difficilement

Sans ajouter quoi que ce soit, il attrapa ma main et nous ramena précipitamment à l'extérieur. Dans une luxueuse Range Rovers noire, il me fit monter avant de s'installer derrière le volant et de quitter rapidement le parking de l'entrepôt et de rejoindre la route. Se préoccupant peu de la vitesse à laquelle il roulait, nous gagnâmes le quartier de Belltown pour descendre dans le parking sous-terrain d'un grand immeuble résidentiel. Garés sur un emplacement près des ascenseurs, je descendais et laissais Edward s'emparer de nouveau de ma main pour nous guider jusqu'à l'étage où se trouvait son appartement. J'imaginais que vivre seul, lui évitait de répondre aux inquiétudes de sa famille. A l'intérieur de l'appartement, je n'eus pas le temps de faire un pas, que je fus brutalement plaqué contre le mur, assailli par la bouche inquisitrice d'Edward qui me dépouilla de mes moyens. Ses mots soufflés une heure auparavant prirent tous leur sens. Les efforts fournis en thérapie m'avait totalement vidé de mes souvenirs, et plus particulièrement de la chaleur de ses baisers. Avec autant de ferveur dévoratrice, je répondis à son baiser tout en le débarrassant avec empressement de son sweat et de son tee-shirt. Les mains plaqués contre le mur derrière moi, je me retrouvais à moitié nue à mon tour, avant d'être transporté dans ses bras jusqu'à la chambre où il me jeta sur le lit. Mes mains sur la fermeture de ma jupe en cuir, je la défis quand il me dégagea de mes Doc Martens pour m'extirper plus facilement de ma jupe. Six putains de mois. Son short à terre, il vint se caler entre mes jambes pour jouer vulgairement avec ma langue. Je convulsais sous le plaisir douloureux alors qu'il attisa un feu qui me ravagea les tripes. Le buste relevé, il ôta furieusement mon soutien-gorge qu'il jeta derrière moi. A bout de souffle, il me manqua pourtant quand il promena ses lèvres sur ma peau, abordant avec tout autant de désir ma poitrine dont il titilla de la langue les bouts.

« Edward » l'appelais-je, torturée par le plaisir douloureux qu'il me procurait

Sa bouche quitta mes seins, et je convulsais quand son souffle chaud percuta le bas de mon ventre. Ses doigts sur l'ourlet de mon tanga, une quantité déconcertante de sang afflua vers mon cerveau en l'observant déshabiller mon corps plus qu'il ne l'était. Cette étincelle dans le regard, voilà ce pourquoi je vivais, pour faire perdurer cette putain de magnifique étincelle. Il quitta le lit une seconde pour se dégager de son boxer et laisser son érection me pointer sévèrement. Je n'avais jamais autant convoité son corps qu'aujourd'hui. Il se glissa de nouveau entre mes jambes, et la rencontre entre nos deux sexes m'arracha un souffle rauque. Le feu fut plus dévastateur, destructeur et il nous fut impossible de prolonger de quelques secondes les préliminaires. Une main cherchant aveuglément quelque chose dans le tiroir de sa table de chevet, je l'arrêtais.

« Stérilet » marmonnais-je contre ses lèvres

Aussitôt, il enserra sa queue, un sourire soulagé aux lèvres, et mon corps s'arqua instinctivement en sentant son gland venir doucement s'immiscer en moi. Son regard verrouillé au mien, il me pénétra doucement, jaugeant dans mes yeux le moindre mal. Le manque des derniers mois m'en épargna et rapidement son souffle chaud contre mes lèvres entre-ouvertes accompagna son ascension en moi. Mes mains dans ses cheveux, je ne pus m'empêcher de pleurnicher plusieurs fois son nom contre ses lèvres. Six putains de mois. Les yeux relevés sur les siens, je reconnus le même regard que lorsqu'il planait et c'est toute la pièce qui brûla. L'idée de savoir que le sexe entre nous était à la hauteur des trips que nous avions connu me submergea. Nos lèvres formant un large « O », il inculqua contre moi des mouvements de bassins incontrôlés. Mon corps souffrit sous le feu qui fut plus agressif qu'atténué. Nos corps réclamant une jouissance qui elle seule pourrait nous soulager, je renversais nos positions. Les mains de mon homme sur mes hanches, son regard s'accrocha au point de notre union quelques secondes, visiblement fasciné par la manière dont sa queue avait de m'investir férocement et avec une vitesse déconcertante. Notre ébat bestial finit par nous ramener jusqu'à une jouissance sismique qui nous apaisa tout les deux. Hors d'haleine, la poigne d'Edward sur mes hanches se fit moins forte alors que je dégageais mon front transpirant de mes cheveux. Sans un mot, je me redressais pour apercevoir son sperme coulé le long de mes cuisses. Je quittais le lit, les jambes tremblantes et allais trouver la salle de bains pour m'en débarrasser. Dans la grande douche italienne, je me laissais glisser contre la paroi vitrée, dont le froid me fit du bien. Edward vint me rejoindre, restant tout de même dans l'encadrement de la douche.

« Y a un truc entre nous...je veux dire sur le plan sexuel, un truc vraiment très... » tentais-je de chercher mes mots, les yeux dans le vague

« Explosif ? »

« Ouais...une fusion si »

« Volcanique »

« Ouais » souris-je béate

« Est-ce que tu doutes toujours de moi ? »

Étonnée, je relevais les yeux vers lui.

« Combien de fois as-tu envisagée tuer les salopes qui m'attendaient ? »

« Trente cinq fois, et de trente cinq manières différentes » ris-je

« La thérapie semble avoir fait des miracles »

« Faut croire »

« Swan » redevint-il sérieux

« Ouais »

« C'est la dernière fois que j'accepte que tu me reviennes, je veux pas à revivre les six derniers mois, et si t'avises de vouloir te tirer de nouveau, alors ce sera la dernière fois...Je n'imagine pas aimer ou baiser une autre nana que toi, mais si tu continus de me fuir, je me contenterais de quelqu'un d'autre, que j'aimerais certainement moins, mais auprès de qui je n'aurais pas à m'inquiéter perpétuellement de la voir me faire souffrir »

« Je sais »

« Je dois rejoindre quelques amis, alors on devrait se doucher et se rhabiller, pour qu'on puisse être ensuite tranquille »

Il m'aida à me relever et nous nous débarrassions rapidement des traces de notre ébat. Mes cheveux épargnés par l'eau, je les relâchais après avoir revêtit mes vêtements. Prêts, Edward s'arrêta avant que nous ne sortions.

« Qu'est-ce qui y a ? »

« Tu m'as manqué »

Je souris avant de me redresser sur la point des pieds pour embrasser ses lèvres.

Stoppés dans une des avenues du quartier de Belltown, Edward tendit sa main pour que je l'attrape, alors qu'il m'attendait de l'autre côté de la voiture. Voulant échapper rapidement au froid agressif de la nuit, Edward nous fit courir jusqu'à l'arrière d'un bar où il ne lui fallut frapper qu'une fois avant qu'un homme vienne nous ouvrir. Le vent de chaleur soufflé par la foule présente dans ce qui ressemblait à une immense maison, me fit du bien et je me permis de retirer mon écharpe. Au milieu de la cinquantaine voir centaine de personnes présentes, Edward ria alors que tous criaient en répétant son pseudo. Toute cette attention égalait finalement la prétention qu'avait tant craché son visage une heure auparavant. Une grande rousse, aux cheveux aussi sauvagement bouclé que les miens s'approcha pour enlacer Edward qui lâcha ma main pour répondre à son étreinte. J'en fus jalouse. Pas d'eux, mais d'elle. Elle était magnifique. Son corps moulé dans un jean noir, son décolleté certes moins fourni que le mien fut malgré tout joliment mis en valeur. L'idée qu'il ait pu me tromper avec elle, au vue de l'accolade chaleureuse qu'ils échangeaient, refit surface, mais cette fois avec la pensée qu'il aurait eu raison. Je n'avais rien de sa classe. Ce petit con avait toujours décidément réussi à bien s'entourer. La jeune femme nous tendit deux coupes de champagnes, que me retira rapidement Edward des mains, avant qu'elle ne siffle pour attirer l'attention des gens présents dans la pièce.

« Quand j'ai entendu dire que Kellan comptait entraîner cette asperge...Enfin, de ce qu'il en reste » détailla t-elle Edward avec un sourire moqueur, qui fit rire toute l'assemblée. « Je me suis dit que ce petit con allait se faire bouffer tout cru »

« Et c'est ce qui s'est passé! » se moqua Kellan, que je reconnus près d'elle

« Qui aurait pu croire que ce petit con devienne cette magnifique chair fraîche, n'est-ce pas les filles ! »

Mes poings étaient prêt à cogner chacune des salopes qui venaient de crier.

« Je voudrais qu'on porte un toast à notre sexy bad boy, qui en plus de nous avoir divertit pendant près de 4mois, nous as permis de s'assurer un plan retraite »

Son verre en l'air, il tinta avec l'un de ceux que tenaient Edward. La musique repris et la jeune femme remarqua enfin ma présence. Je tournais ma casquette quand elle vint chaleureusement me serrer contre elle.

« Es-tu réellement en train de me présenter ta petite amie et celle qui accessoirement attise la jalousie de toutes les nanas de cette ville » taquina t-elle Edward

« J.J, c'est Bella, Bells je te présente J.J barmaid et amie » finit par faire les présentations cet idiot

« Ravis de te rencontrer, maintenant je sais pourquoi il a tant voulu cacher ton identité »

« Le plaisir est partagé » fis-je poliment

« Personne ne t'embêtera ici, donc profiter de la soirée »

« Merci » dis-je timidement

Mal à l'aise vis à vis d'elle, je fus très vite obligée d'abandonner l'idée que cette fille en voulait à Edward. Animée par une certaine folie, notre échange fut extrêmement douloureux pour mes côtes qui souffraient sous les multiples fous-rires qu'elle me procurait. Après s'être moqué des premières performances d'Edward, qui avait tout au long essayé de la faire taire, elle aborda avec précaution ma vie d'avant, la passion que j'avais de revisiter avec humour les titres les plus célèbres, mais aussi des exploits de Phil. Pour je ne sais quelle raison, la thérapie peut être, parler de lui me fit du bien. Lui révéler l'homme qu'il était en dehors de la presse me rappela que je n'ai pas toujours été malheureuse.

C'est une bagarre à quelques mètres de nous, qui finit par nous interrompre et obliger J.J à s'excuser pour aller s'occuper des deux hommes. Edward en profita pour nous isoler contre le coin d'un des autres salons de la grande maison. Le dos tourné aux autres, Edward nous octroya un petit moment d'intimité, pour prendre mon visage dans sa main et me soutirer un long baiser.

« Dis moi encore que tu m'aimes et que je suis la seule qui compte, peu importe le fait que ces filles te méritent certainement mieux que moi » exigeais-je sévèrement

Il ne répondit pas, et au lieu de ça sa langue vint s'insinuer doucement dans ma bouche, pour m'enlever cette fois une caresse plus brutale, un baiser plus dévorant. A bout de souffle, ses jades furent celles qui me coupèrent réellement le souffle. J'avais la sensation que tout l'amour qu'il ressentait pour moi n'avait jamais jailli aussi fort qu'aujourd'hui. Son visage était dur, et pourtant je ne pus nier jouir du mal que ça lui faisait de m'aimer. Il aurait voulu pouvoir faire autrement, je le savais. Avoir pu m'abandonner dans ce centre et reconstruire une vie qui serait beaucoup plus saine et moins éprouvante que celle que je lui offrais. J'aurais voulu l'en libérer, je n'étais certainement pas ce dont il avait besoin après Sarah, pourtant...J'en ressentis de la satisfaction.

Enjouée alors que « How we do » de la britannique Rita Ora résonné dans toute la pièce, et que l'effervescence monta d'un cran, je piquais le verre que tenais Edward pour le boire cul sec, lui redonner et me mettre à danser devant lui, ce qui le fit rire. Et sous son regard brillant et amusé, je fus comme frappé par une révélation...C'était ça ! Le bonheur, c'était ça ! Mon bonheur n'était pas ce que je pensais. Il n'était pas une joie constante, qui m'amenait à me sentir bien à partir du moment où je me réveille, jusqu'à la fin de ma journée. Mais à cet instant, ce moment intense où j'avais la sensation que rien n'entachait mon sourire. Kennedy Douglas avait de meilleurs mots pour expliquer ça. Une parenthèse...Une parenthèse pendant laquelle j'arrivais à me fuir, à ne plus être Bella l'orpheline ou la dépressive, mais juste une fille de 18ans qui s'éclate avec son petit ami. C'était ça le bonheur, une parenthèse dans mon enfer. Et je crois que ça suffisait à me persuader que je pouvais aimer la vie.

Et alors que j'oubliais avoir assuré à mon tuteur l'appeler quatre heures auparavant, mon téléphone finit par vibrer dans mon soutien-gorge.

« Teddy m'appelle, je vais sortir quelques minutes pour le rassurer » prévins-je Edward

« Je viens avec toi »

« C'est pas la peine, j'ai juste besoin de sortir quelques secondes pour qu'il évite d'entendre tout ce monde »

Il ne m'écouta pas. Sa main dans la mienne, il prévint son mentor de son départ pour que nous puissions nous rendre à la voiture.

« Mon portable était dans mon sac » mentis-je à Teddy. « On discute chez lui, sur la 3ième avenue du quartier de Belltown »

« Tu devais revenir à l'hôtel Swan ! » cria t-il

« Je suis mieux ici ! Je n'ai transgressé aucune règle, alors laisses moi passer une soirée tranquille, je contrôle les choses, je n'ai pas besoin que tu joues les chiens de garde, je t'appellerais demain matin pour que tu puisses te rendre compte par toi même que je vais bien » finis-je par raccrocher

Ma conversation terminée, Edward démarra pour joindre son appartement.

« Il pourrait lancer un avis de recherche »

« Je gère ma vie comme je l'entends, ce type m'étouffe »

« Il pense que je pourrais t'influencer et réduire tous les efforts produits en thérapie, ça peut se comprendre »

« Je ne suis pas une petite chose innocente ! »

Stoppés à un feux tricolore, il se tourna vers moi. Son regard encré au mien, quelque chose dans ses émeraudes fit monter une soudaine chaleur en moi.

« Tout à l'heure...ce qu'il y avait dans tes yeux était si bandant »

Sa main glissa le long de ma cuisse, et mon cœur s'affola sous sa caresse lente.

« Tu n'étais pas en colère » se pencha t-il sur mes lèvres

Cet homme signerait à coup sûr ma mort un de ces jours !

« Tu étais excitée, tu avais ce même regard lorsque tu es au bord de l'orgasme »

« Je n'aurais pas du ressentir ça » soufflais-je contre ses lèvres, totalement ensorcelée par sa voix rocailleuse

« Pourtant tu l'as ressenti ce putain de truc qui te tord les tripes, et cette frénésie ici » caressa t-il la peau sous mon sein gauche.

« Je ne peux pas ressentir ça »

« Je voulais juste que tu te sentes en sécurité avec moi »

« Tu nous protégeras » lui assurais-je

« Toujours »

Mes mains dans ses cheveux, sa langue accueillit la mienne avec ferveur.

« Tu nous fais perdre du temps Swan » ria t-il avant de redémarrer, le feu passé au vert depuis quelques minutes

Allumée par les caresses de ce petit con qui s'amusait de mon excitation douloureuse à contenir, c'est avec empressement que nous rejoignions son appartement pour un second round plus énergique que le précédent. Haletant, nous restions une longue minute à nous toiser. Pour ma part, envahi par un sentiment déconcertant de me sentir enfin libre. A contre cœur, j'avais du abandonné la partie de moi qui se battait à contre courant, contre son passé, pour laisser place à une Bella plus mature, plus aguerri. Je ne serais jamais probablement plus heureuse que lorsque ma mère était auprès de moi, mais je ne serais jamais plus malheureuse que ces deux dernières années. C'était fini. Aujourd'hui pour la première fois depuis près de deux ans, j'avais réussi à m'évader de l'enfer qu'était mon existence. J'avais réussi à abandonner l'espoir que ma mère me revienne, abandonner toutes sources de plaisir empoisonné, et l'idée que Jesse me surveillait peu importe où je me trouvais. J'en avais fini, Jesse n'était pas encore en taule, mais je ne me ferais plus de mal pour cet enfoiré. Ni à moi, ni à ceux que j'aime.

Notre souffle repris, Edward enroula de nouveau sa langue dans ma bouche pour me soutirer un langoureux baiser.

« Comment tu te sens ? » finit-il par me demander, en caressant mon nez du sien

Pendant quelques secondes, j'hésitais à lui révéler la pathologie dont je souffrais. Il avait tant supporté de moi, j'étais effrayé à l'idée de lui dire que ma personnalité instable pourrait nous causer d'autres soucis. Mais il avait besoin de savoir, et d'avoir confiance en moi.

« Le psy a dit que mes penchants marginaux relevaient d'une personnalité borderline...C'est souvent présent chez les ados qui ont eu un manque de leurs parents plus jeunes, mais il pense que la perte de l'excès d'attention de ma mère a déclenché ça...Il pense aussi que c'est pour ça que j'ai tant mis à l'épreuve mon père ou mes amis...J'ai du mal avec l'idée qu'on me refuse quelque chose, ou que quelqu'un que j'aime ne soit pas constamment focaliser sur moi, c'est ce qui a donné mes tentatives suicidaires ou mes crises de colères »

« Qu'est ce que t'en pense ? »

« J'ai eu un choc quand il m'a révélé que j'étais une sorte de manipulatrice capricieuse...mais il a eu raison, j'ai agi de la même manière avec toi...Quand je suis entrée dans ce programme, je voulais d'une manière te faire du mal aussi, tu t'en sortais mieux que moi et j'en suis devenue jalouse, j'ai cru que tu finirais par me laisser tomber en réapprenant à vivre, alors j'ai voulu te tester...J'ai honte de ce que j'ai pu être, ça m'a rendu malade pendant des semaines avant que je n'accepte que ce qu'il dise soit vrai »

« Je ne suis pas en colère contre toi, je l'ai été mais ce soir, je suis heureux de savoir que tu es là »

« Je vais bien, je te le promets » m'empressais-je de dire. « J'ai des antidépresseurs qui marchent vraiment bien...Je ne vois plus un couteau comme une possible façon pour moi de me faire du mal, et le docteur Alkyle m'a aidé à trouver une excellente manière de contrôler mes colères, j'ai eu des séances de boxe qui m'ont beaucoup aidé à faire face à mes subites crises de rage, je te le jure »

« Je te crois ma puce »

« Je veux pas que tu t'enfuis, ou que tu crois que tout ça n'a servi à rien »

« Teddy m'a informé chaque mois de tes progrès, et je suis heureux de t'entendre me dire la vérité, parce que j'ai appris trop tard que tu me mentais à moi aussi sur tes états d'âme, tu ne m'as jamais dit que tu te sentais persécuter par Jesse »

« Je voulais pas que tu me crois folle »

« Je ne t'ai jamais cru folle »

« Je sais...Mais Charlie m'a assuré longtemps la même chose et il a finit par croire ce que les autres pensaient »

Pendant un long moment, nous restions silencieux, profitant juste d'une longue étreinte amoureuse.

« Comment as-tu su pour l'entrepôt ? » finit-il par me demander

« Je suis passée chez Jazz, parce que c'est la dernière adresse que tu as laissé à Teddy »

« Tu aurais du me prévenir que tu étais libre »

« Pour que tu puisses me mentir ? »

« Je ne fais rien de mal Bells » fronça t-il les sourcils

« Mais ça ne t'aurais pas empêché de me mentir...Tu aurais pu mourir Edward, qu'est ce qui s'est passé pour que tu te retrouves dans ce genre d'arènes ? »

Son visage blêmit à ma demande. Pas décidé à justifier son nouveau choix de vie, il se déroba et se releva pour enfiler son boxer. Sa fuite ne fit qu'accentuer mes interrogations. Je me relevais à mon tour pour remettre mon tanga et mon soutien-gorge. Dans la cuisine, je fus étonnée de le voir ouvrir avec une clé, la porte d'un grand placard à nourriture caché derrière un mur.

Comment oublier que Jesse avait réussi à nous maîtriser en empoisonnant le dernier repas de nos familles...

Il s'empara d'une bouteille d'eau, alors que je me plantais devant lui. Je n'eus pas le temps d'aligner deux mots, qu'il posa son eau sur le plan de travail, aménagé au centre de la cuisine, pour caresser ma joue. Les règlements de compte n'étaient définitivement pas pour cette nuit.

« J'ai fait ça pour nous, pour toi » dit-il doucement

« Je comprends pas, qu'est ce que le « nous » vient faire dans cette histoire »

« Est-ce que tu aurais préféré retrouver la petite vierge effarouchée que j'étais » haussa t-il le ton, irrité que je ne sois pas si heureuse de le retrouver dans cet état

Sa répartie me surprit.

« Tu...Tu n'étais pas une vierge effarouchée ! »

« Comment t'appelles le fait que j'ai été incapable de me défendre contre des petits connards ! »

« C'est donc ça qui t'as amené ici ? »

« Je voulais juste récupérer une dignité...Et me confronter à ces hommes était pour moi le seul moyen de me persuader que je pouvais être à nouveau un homme...Un homme capable de te protéger »

« Je n'ai jamais douté de la sécurité que tu pouvais m'offrir » attrapais-je son visage pour capter son regard fuyard

« Ne mens pas Bells...Tu...Tu dormais avec une artillerie, même lorsqu'on dormait ensemble »

« Pas pour me défendre...Je voulais pouvoir buter Jesse, parce que je pensais un jour avec la chance le confronter et venger mes parents » relevais-je les yeux pour stopper mes larmes fugueuses

Sa colère disparut devant mon regard embué, et j'appréciais ses énormes bras m'engloutir dans un étau rassurant.

« Je suis bien avec toi » lui assurais-je. « Je suis furieuse que tu aies pu mettre aussi facilement ta vie en danger, mais ne dis pas à Teddy que je suis fière d'avoir récupéré un mâle » fis-je avec une voix grave, ce qui le fit sourire.

« Je ne veux plus que personne te fasse de mal »

« Qui pourrait en t'ayant à mes côtés »

« J'aime être avec toi parce que je ne m'ennuie jamais. Même quand on ne se parle pas, même quand on ne se touche pas, même quand on n'est pas dans la même pièce, je ne m'ennuie pas. Je ne m'ennuie jamais. Je crois que c'est parce que j'ai confiance en toi, j'ai confiance en tes pensées. Tu peux comprendre ça ? Tout ce que je vois de toi et tout ce que je ne vois pas, je l'aime. Pourtant je connais tes défauts. Mais justement, j'ai l'impression que tes défauts vont bien avec mes qualités. Nous n'avons pas peur des mêmes choses. Même nos démons vont bien ensemble !

Toi, tu vaux mieux que ce que tu montres et moi, c'est le contraire, moi, j'ai besoin de ton regard pour avoir un peu plus de matière »

Anna Gavalda

Réveillée par les sirènes d'une ambulance, j'émergeais brusquement d'une nuit trop courte mais d'un sommeil malgré tout réparateur. Malgré une nuit à assouvir la frustration des derniers mois, je me sentais reposée, apaisée. Les yeux sur la gueule d'ange qui dormait profondément à côté de moi, je rougis de la liberté que nous avions mis dans nos ébats. Edward avait définitivement changé ma façon de faire l'amour. Jake m'avait appris tout ce que je savais du sexe, que j'avais appris à plaire tout en me faisant plaisir. Il avait du respect pour moi, il était doux et prévenant. Edward était différent. Le sexe n'avait rien de propre. Edward ne craignait pas me balancer sur une table pour me prendre furieusement ou m'obliger à me cambrer et m'arracher une jouissance dans une levrette. Mon amour pour lui ne me consumait jamais autant que lorsque je me retrouvais nue contre lui. Et je n'étais jamais aussi vivante que quand il me faisait sienne.

J'esquissais un sourire amer, en constatant que mon premier sentiment de plénitude ne perdurait pas.

Maman...

Déjà deux ans. Deux ans sans toi...Deux ans sans toi et je n'y arrive pas. Il y a une chose qui a manqué dans mon éducation. Tu m'as appris beaucoup de choses maman. Mes premiers pas. Dormir sans la lumière. Traverser seule la rue. Être forte face aux critiques. Rire pour vivre. Profiter pour ne pas regretter. Partager pour mieux recevoir. Mais tu ne m'as pas appris à faire face à ton absence. Tu ne m'as jamais dit qu'un jour il arriverait où tu disparaîtrais. Tu ne m'as jamais dit que la seule raison qui me donnait assez confiance pour éteindre la lumière, c'est parce que j'étais sûre que tu te trouvais au bout du couloir. Je n'ai pas eu le temps. Je n'ai pas eu assez de temps avec toi. Ton sourire me manque. Tes conseils et ton éternel optimisme.

Affamée, je quittais doucement le lit pour rejoindre la salle de bains et y faire un brin de toilette. A moitié nue devant la glace, je restais un long moment à contempler mon reflet. L'absence du chagrin qui a si longtemps ravagé mon visage devrait-elle m'inquiétait maman ? Est-ce que c'est ça le deuil, oublier volontairement que mon monde a tourné autour de vous pendant un temps ? Ta perte a si longtemps aspiré mon horizon, je ne suis plus sûre d'être prête pour vivre de nouveau à la lumière du jour...J'ai peur...Peur que le deuil avale nos souvenirs et m'empêchent un jour de ne plus me remémorer ce que nous étions, ce que nous avions. Je ne veux pas te laisser partir...et toi seule sait pourquoi. J'ai peur maman, peur de ce qui se passera après. Peut être que ton visage ne survivait qu'au travers de mon enfer. Peut être que je ne devrais pas tant m'efforcer à ne plus avoir mal. J'ai peur que chaque rire que m'offre Edward efface doucement les tiens. Je veux pas. Je ne veux pas me vider entièrement de toi...Pourquoi n'ai-je pas pu t'avoir lui et toi ? Pourquoi dois-je me séparer d'une partie de moi, pour faire vivre l'autre ? J'aurais tant voulus vous avoir tous les deux.

Ne pas lutter à contre courant...Ne pas lutter à contre courant...Ne pas lutter à contre courant

J'effaçais une énième explosion silencieuse de mon éternel chagrin, avant de me débarrasser de mon affreuse haleine, des vilaines traces de mon maquillage, et des nœuds dans ma tignasse. Au rappel de mon ventre criant famine, je regagnais la chambre d'Edward, lui piquant discrètement la clé gardée sous son oreiller, avant de rejoindre la cuisine et ouvrir la seconde pièce cachée qui contenait les vivres. Peu importe tout ce que nous tentions de faire pour oublier l'intrusion de Jesse, il avait marqué éternellement nos vies, nos habitudes. M'attelant à préparer des pancakes et deux cafés frappés, j'allumais la télévision pour avoir un peu de compagnie. Non surprise de voir mon retour à Seattle faire la une des journaux télévisés, j'éteignais le feu avant de m'approcher de l'écran, qui faisait défiler mes déboires depuis plus d'un an. Le procès était proche. Dans une semaine, je devrais me présenter à la cour de grande instance de Phœnix pour témoigner. Les jurés avaient été sélectionnés et enfermés dans un hôtel sans l'influence du monde extérieur pour interférer dans leur jugement, m'avait informé Erika. Nous y étions presque. Les médias prévoyaient déjà des semaines avant d'arriver au verdict, au vue de l'affaire complexe. Prise d'une soudaine...excitation à la vue du visage de Jesse, transporté à la prison de l'état d'Arizona, mes mains tremblèrent. J'avais hâte, pour je ne sais quelle raison. Si la condamnation à mort était prononcée, je n'aurais d'autant pas assouvi ma soif de vengeance, pourtant ce fut tout ce que je ressentis. De l'appréhension, une montée d'adrénaline qui fit violemment pulser mon cœur.

Vengeance

Étais-je si convaincue qu'un jour, il puisse se retrouver entre mes mains ? Finirais-je par m'abreuver de son sang, et rendre réellement justice à tous ceux qu'il a supprimé ? Alkyle avait peut être réussi à éradiquer mes envies suicidaires, quelques uns de mes cauchemars...mais ma vengeance était quelque chose d'insurmontable. Je me souviens encore avoir entendu Frankie, dans « Million dollar baby », certaines blessures sont trop profondes, trop près des os, on a beau faire, elles ne s'arrêtent jamais de saigner. Pour chaque jour, où mes blessures saigneront plus que d'autres, j'enfoncerais un pieu dans ses tripes. Pour chaque jour où le regard éteint de ma mère hantera mes heures, je massacrerais d'une lame aiguisé son putain de regard noir. Je devais le faire pour elle, pour eux, pour moi.

Les mises en scène de torture se bousculant dans ma tête, j'éteignis l'écran rapidement. Ce n'était pas bon pour moi ce genre de...pensées pulsionnelles. Je tentais de me calmer avant de rejoindre Edward, toujours endormi. Sur le petit canapé, près du balcon, j'allais m'installer pour allumer une cigarette. Etendu sur le lit, le drap épousant parfaitement sa virilité éveillée, je me perdais une énième fois dans la contemplation de son corps si transformé. Devais-je avoir honte d'avoir penser un jour qu'il ne serait jamais capable de confronter Jesse, lorsque j'avais appris qu'il était lui aussi l'une de ses victimes. Au travers des images que nous avait profondément fait encré Jesse à l'esprit, il avait réussi à nous achever sans même toucher. A faire de nous de simples corps sans humanité. Et si j'avais toujours été animé par la vengeance, je ne pouvais pas en dire autant d'Edward. Il avait toujours été cette dérangeante force tranquille, n'exprimant jamais son envie de punir Jesse. Il avait toujours été si longtemps traîné l'humiliation de ne pas avoir su protéger sa femme et son fils, pensant par la même occasion avoir perdu toute virilité. Découvrir la nuit dernière, que sa souffrance qui avait fini par détoner, était susceptible de détruire quelqu'un, presque l'exécuter de manière si inhumaine m'impressionna...me rassura. Ce n'était pas tant son corps si imposant que je dévisageais, mais toute la fureur et la détermination qui enverraient Jesse jusqu'à l'injection létale.

« Bells » me fit sursauter Edward qui venait d'émerger

« Je suis là bébé »

Je jetais le mégot de ma cigarette dans le reste de mon café et aller chevaucher mon homme, allongé sur le dos.

« J'ai préparé le petit déjeuner »

« Est-ce que je suis en train de rêver ou dans un trip hallucinatoire ? »

Je riais doucement avant d'embrasser sa nuque.

« Si tu serais dans un trip hallucinatoire, on serait sur une plage à se dorer la peau et pas à se geler à Seattle »

« J'aime les mauvais temps quand tu es là, ils me permettent de t'avoir toute la journée dans les bras »

Poussant sur ses bras, j'enlaçais son cou pour ne pas tomber, puis mes jambes à sa taille alors qu'il se levait.

« Maintenant que je suis là, tu vas m'avoir sur le dos très longtemps »

« Ça me dérange pas » ria t-il en gagnant la salle de bains

Sa vessie vidée, il se posa devant la glace pour se brosser les dents. Débarrassé de son haleine matinale, il me ramena devant lui.

« Bonjour monkey girl »

« Bonjour »

Ses lèvres contre les miennes, je goûte à mon meilleur antidépresseur, ma meilleure drogue, le plus délectable des alcools. Aveuglément, il nous ramena dans la chambre alors je me plaisais à dominer notre baiser. Dans la chambre, il nous allongea doucement sur le lit pour jouer une énième fois avec avec mon corps.

« Pas encore rassasié Masen » ris-je entre deux baisers, alors qu'il ouvra mon gilet pour en écarter les pans

Son visage penché sur le mien, il prit le temps de me dévisager quelques secondes avant de me rendre captive de ses émeraudes si débordantes de vie, d'amour, et de désir.

« As-tu au moins conscience de ce que tu dégages ? »

Surprise, j'en rougis furieusement.

« Chaque jour où tu n'étais pas là, je me suis épuisé à me demander ce qui me ramenait chaque fois auprès de toi...et chaque fois que j'ai tenté de me persuader que si j'avais pu remplacé Sarah, je pouvais y arriver avec toi aussi...Comme si c'était possible » frôla t-il mes lèvres des siennes. « Je dépends entièrement de toi, de ce que tu me procures »

La lèvre inférieure pincée comme à chacun de ses aveux, il me força à entre-ouvrir les lèvres pour y insinuer sa langue gourmande et exigeante. Les baisers enchaînés, ses caresses plus audacieuses, je finis par expirer chaudement son nom contre ses lèvres lorsqu'il me pénétra doucement. Mon corps malmené par la rafale d'étincelles qu'il m'infligea en me possédant, je finis par jouir, malgré tout soulagée de mettre fin à mon plaisant supplice. Incapable de me rendre tout de suite à la salle de bains pour me débarrasser des traces de notre jeu, je restais allongée, yeux fixés sur le plafond.

« Promets moi qu'à partir d'aujourd'hui, il sera toujours aussi facile de se réveiller » me tournais-je vers mon amant essoufflé

« Je te le promets bébé » se jeta t-il avidement sur mes lèvres. « Je vais devoir te laisser une heure ou deux, pour régler quelques trucs avant qu'on puisse tranquillement profiter de la journée...Est-ce que ça te dérange de rester seule ici le temps que je revienne ? »

« Promets moi de faire vite »

« Promis »

Il m'embrassa une dernière fois, avant de se préparer.

« Emmènes le petit déj' que je t'ai préparé » criais-je avant qu'il ne quitte l'appart

« Déjà fait ! Je t'aime bébé » hurla t-il à son tour avant qu'il ne claque la porte

La vie devait se résumer à ça. Ma vie se résumerait à ça. Edward, un pieu et du sexe. Le reste n'aura jamais d'importance. Je ne laisserais plus le reste prendre de l'importance.

Seule, j'entreprenais de nettoyer la cuisine, la salle de bains et la chambre, découvrant par la même occasion les bons goûts qu'avaient Edward en matière de déco ou ceux du propriétaire. Le ménage fait, j'allais me poser dans le salon pour me rendre sur mon Mac et plus particulièrement sur le compte twitter de Paul, sur lequel nous avions posté plusieurs vidéos de soirées, souvenirs de vacances, ou lip-dub à mourir de rire. Contre ce genre de réseaux sociaux, j'avais pourtant fini par me prendre au jeu. Les jours suivant une thérapie consistait toujours à demander pardon aux personnes que nous avions blessé, et à défaut de joindre tout de suite Charlie, ma bande de pote de Forks étaient la première à qui je voulais adresser mes excuses. J'avais grandi avec eux, et ils étaient une valeur sûre à mon épanouissement. Je n'avais plus aucun moyen de les joindre, alors poster un tweet était ce qu'il y avait de mieux pour les atteindre.

« Parce que j'ai oublié d'où je venais, qui vous étiez, je me suis éloignée sans penser au mal que je vous infligeais...J'ai laissé Jesse m'emmener dans ses profondeurs, sans vous laisser une chance de me rattraper...Est-ce trop tard pour vous dire que vous êtes probablement tout ce dont j'ai besoin, vous dire que je vous aime...Parce que vous étiez là avant que je ne sois Isabella Dwyer, parce que vous étiez là pour me garder sur terre, parce que vous étiez là quand j'ai tout perdu,...Sortie de mon enfer, je vous demande pardon pour ces mots dit trop vite, et ces gestes infligés sans raison...Je vous aime. Xoxo »

Envoyé.

Je n'étais même pas sûre qu'ils puissent voir ce tweet. Depuis le temps, que nous avions déserté ce compte. Prête à éteindre l'écran, quand nous fûmes en début d'après-midi, un nombre incalculable de tweet apparu sur mon écran. Tous venant d'inconnus qui me soutenaient à l'approche du procès. Face à cet engouement, mon cœur se gonfla de joie. Le monde était aujourd'hui certain que Jesse était l'assassin de mes parents, et c'était sûrement l'une des choses qui me fallait pour témoigner avec certitude que Jesse McDonald était celui qui m'avait envoyé en enfer. Prise par cette déferlante de message d'encouragement, je ne pus m'empêcher d'y laisser un mot de remerciement avant de m'éloigner de mon ordinateur. Je pouvais y rester des heures si je continuais et Edward ne tarderait sûrement pas à rentrer.

Le déjeuner et le dessert prêt, je décidais de couvrir mes perpétuelles réflexions épuisantes par un de mes favoris exutoires : Bleed it out. Cette chanson du groupe Linkin Park avait toujours été un moyen pour moi de me libérer un bon coup. J'allais chercher mon Ipod dans mon sac avant de le brancher sur ses enceintes et de faire résonner fortement la voix de Mike Shinoda. Déchaînée dès les premières secondes, je sautais sur la table basse et m'improvisais chanteuse de rock.

« Going out of my fucking mind » hurlais-je, en attrapant la télécommande de la télévision

Survoltée, je ne vis pas tout de suite Edward, bras croisés contre le torse, un sourire moqueur aux lèvres en train de me fixer, alors que je ne portais qu'un gilet à capuche noir par dessus ma lingerie. Je ne me démontais pas et lui tendais en guise de micro la télécommande. Je n'étais pas certaine qu'il se lâche. De nous deux, il était le plus introverti et à part quelques berceuses qu'il m'avait fredonné, je ne l'avais jamais entendu sur des morceaux plus énergiques...Pourtant il m'étonna en attrapant le « micro » pour y hurler par dessus la voix de Chester:

« I bleed it out, digging deeper just to throw it away »

Tout aussi surexcité que moi quelques secondes auparavant, j'éclatais de rire alors qu'il exécutait une danse assez surprenante, bizarre...vraiment très étrange, tout en continuant de criant dans mon micro, qu'il finit par me rendre pour reprendre le second couplet. Dans un live intimiste, mon bassiste s'acharna sur sa guitare invisible, avant que je ne finisse par sauter dans ses bras aux dernières paroles prononcées. Torturée par un fou rire, Edward nous ramena dans sa chambre, où nous fîmes une seconde fois l'amour.

« Bébé » l'appelais-je, essoufflée, les yeux rivés sur le plafond

« Ouais » fut-il dans le même état

« M'en veux pas, mais je viens de coucher avec Chester Bennington »

« Est-ce qu'il était bon ? »

« Orgasmique...Edward »

« Ouais »

« Ne danse pas...Je veux dire, jamais, ne danse plus ou pas en public du moins » me moquais-je avec sérieux

Vexé, il me tortura en me chatouillant le ventre. Avec beaucoup difficulté, je réussis à m'échapper de ses mains, renverser nos positions, prendre le dessus et menotter ses mains des miennes.

« Pars avec moi à Los Angeles » dis-je spontanément, penchée au dessus de lui

Étonné, je vis son sourire s'effacer pour me dévisager sérieusement.