Bonjour, je sais que vous en avez tous marre de cette peste de Mingletown XD. Ne vous inquiétez pas, elle sera un peu moins présente dans les prochains chapitres ;). Bonne lecture !


Chapitre 15 - Le Noël du Club de Slug

Les nouvelles allèrent très vite. En l'espace de quelques heures, Rosie se rendit compte que le regard des gens sur elle avait changé. Certains garçons l'observaient sans retenue en la détaillant de haut en bas, certaines filles la regardaient avec dégoût et chuchotaient sur son passage. D'autres, au contraire, l'inspectaient et la jaugeaient se demandant si elle était vraiment un bon coup. Elle marchait parmi toutes ces personnes, lançant des regards hautains comme à son habitude et bombant la poitrine. Maintenant qu'elle et Mingletown avaient menti, elles ne pouvaient plus reculer.

Elle retrouva la Serpentard au dîner du soir et lui fit un grand sourire. Cette dernière avait l'air perplexe se demandant quelle attitude adopter. Rosie décida de discuter avec elle le soir-même en privé. Il était trop tard pour se rétracter et Mingletown devait prendre ses responsabilités et adopter la même attitude que Rosie.

Les jours passèrent sans qu'aucun autre incident vienne troubler Poudlard. Finalement, Mingletown réussit à inviter Baggs pour la soirée du Club de Slug. Ce dernier, sachant que Rosie avait déjà un cavalier, accepta l'invitation avec réticence. Mais le sourire charmeur de la Serpentard avait fini par le convaincre. Et puis, il n'était jamais allé à une seule soirée du Club de Slug et souhaitait profiter de cette occasion.

Rosie, elle, avait un autre problème : elle devait trouver un cavalier et ce n'était pas chose facile, surtout chez les Serpentard. Aucun septième année n'était digne d'elle. Elle ne pouvait pas se permettre d'y aller avec un élève d'une autre maison. Néanmoins, ce souci fut vite réglé quelques jours après son faux "coming-out". Une Serpentard de sixième année, Maggie Simmons, vint la trouver dans la Bibliothèque. Elle s'assit à côté d'elle, ce qui surprit Rosie et lui glissa un mot sur la table.

"Salut, moi, c'est Maggie."

Rosie la regarda étonnée et la détailla. Elle connaissait un peu la Serpentard mais ne lui avait jamais parlé. Elle était en sixième année, préfète, la meilleure élève de sa classe et rendait les garçons fous car en plus d'avoir un joli minois, elle avait une énorme poitrine.

"Oui et alors ?" répondit Rosie, froide comme un glaçon. Elle n'avait pas envie d'être dérangée pendant sa traduction de Runes. Maggie ne se démonta pas et griffonna quelques mots sur le parchemin et le lui remit.

"Tu veux sortir avec moi ?" Rosie releva la tête en lisant ces mots et regarda la Serpentard avec un "Quoi ?" formé sur ses lèvres. Cette dernière reprit le parchemin, écrivit à nouveau et le lui rendit.

"Je te plais ou je te plais pas ?" Rosie avait envie de rire. Maggie avait présenté son corps de ses mains en guise d'illustration à ses mots.

"Cela ne m'intéresse pas ! Désolée !"

"Tu es sûre ?" Maggie la regardait avec des yeux plein d'espoir. Rosie réfléchit quelques instants. Elle n'avait pas du tout envie de s'afficher avec cette fille. Depuis sa possible relation avec Mingletown, ce n'était pas la première fois qu'elle avait ce genre de sollicitation. Pourtant, elle avait besoin d'un cavalier pour le Club de Slug... Pourquoi pas une cavalière ? Slughorn n'avait pas précisé qu'elle devait venir accompagnée d'un homme. Maintenant que sa réputation était entachée par cette révélation, elle pouvait bien sortir avec qui elle voulait tant que cela restait platonique. Elle cogita encore un moment, puis, prit sa décision.

"Allons à la soirée du Club de Slug ensemble ! Je t'invite ! Mais juste pour cette fois !"

Maggie repartit avec un air ravi sur le visage. Rosie ne savait pas si elle avait bien fait mais au moins, elle avait un problème en moins à régler.

Le soir de la fameuse fête, Rosie et Mingletown se préparèrent dans leur dortoir. Rosie aida la Serpentard à parfaire sa tenue. Malheureusement, cette dernière n'avait aucun goût pour ses tenues vestimentaires et il avait fallu une bonne dose de patience et de nombreux arguments avant que Mingletown n'entende enfin raison et n'écoute Rosie. Quand elles furent toutes deux présentables, elles descendirent les marches de leur dortoir. Baggs attendait sa compagne. Il avait revêtu un costume noir avec un noeud papillon et avait coiffé ses cheveux en arrière. Il avait fier allure et Mingletown l'observa de haut en bas, appréciant ce qu'elle voyait. Elle était aux anges. Elle prit le bras qu'il lui tendit et partit sans jeter un regard vers Rosie. Cette dernière attendait Maggie dans la Salle Commune. Au bout de cinq minutes, celle-ci descendit enfin de son dortoir et ce que vit Rosie l'affligea : Maggie Simmons avait décidé de porter une robe moulante très courte avec un décolleté plongeant qui mettait en avant sa forte poitrine. Rosie soupira d'exaspération. Maggie arrivait vers elle avec un grand sourire sur les lèvres.

Sans même demander son avis, Rosie sortit sa baguette et fit apparaître un châle qu'elle cala sur les épaules de la jeune Serpentard.

- Non mais que fais-tu ? lui demanda Maggie, qui se débattit pour retirer le châle sur ses bras.

- Il est hors de question que tu t'habilles comme ça ! s'écria Rosie impérieusement.

- Je m'habille comme je veux ! s'indigna la Serpentard.

- Pas quand tu sors avec moi ! dit Rosie d'une voix glaciale. Je n'ai pas envie de m'afficher avec une fille qui ressemble à une catin !

Et sans ajouter un mot, Rosie rajusta le châle pour cacher la poitrine de Maggie, lui enleva sa barrette rose de ses cheveux qui lui donnait un faux air de jeune fille de bonne famille et rallongea sa robe d'au moins vingt centimètres. Elle retira également le fard à joues rose vif ainsi que le rouge à lèvres rouge qu'elle s'était mis. Sa compagne était trop choquée pour dire quoi que ce soit.

- Maintenant, c'est beaucoup mieux ! dit Rosie. On y va ?

Maggie fit la moue mais la suivit néanmoins. Rosie arriva devant le bureau du professeur Slughorn et frappa à la porte. Un serveur ouvrit, Rosie présenta son carton d'invitation et il les firent entrer.

Le bureau du professeur avait été réaménagé en une grande salle de bal qui pouvait contenir une centaine de personnes. Il n'y avait pas autant d'invités, juste une quarantaine de sorciers triés sur le volet : ses élèves appartenant au Club de Slug (à peine dix personnes), leur cavalier et quelques sorciers renommés qui avaient accepté de faire le déplacement. Rosie se dirigea directement vers sa tante qui était venue avec son mari Otto.

- Bonsoir ma tante ! dit-elle en l'embrassant sur la joue.

- Bonsoir ma Rosie ! Comment allez-vous ma chère enfant ?

- Très bien ! lui répondit-elle en souriant. Je vous présente mon amie Maggie.

Cette dernière hocha la tête timidement mais ne dit rien. Elle était impressionnée de rencontrer Griselda Jenkins, la fameuse cheffe sorcière.

- C'est très gentil de votre part d'avoir accepté l'invitation du professeur Slughorn, continua Rosie.

- Il est rare que mon emploi du temps me permette de venir à ce genre d'évènement mais aujourd'hui, je ne voulais rater cette soirée pour rien au monde !

Tante Griselda regarda autour d'elle, puis, prit le bras de sa nièce.

- Pouvons-nous discuter quelques instants, en privé ? demanda-t-elle.

- Mais bien sûr. Maggie, tu peux aller te servir à boire. Je te rejoindrai plus tard.

Et sur ces mots, elle suivit sa tante qui la maintenait toujours par le bras. Elles marchèrent jusqu'à un endroit calme, loin des oreilles indiscrètes. Elles s'assirent sur un canapé en velours rouge. Tante Griselda prit les deux mains de Rosie dans les siennes et la regarda dans les yeux.

- Ma soeur m'a appris pour votre mariage ! dit-elle sans préambule.

Rosie fut interloquée.

- Ne soyez pas si surprise, c'est d'ailleurs pour cela que je voulais venir ce soir, continua sa tante. Comment allez-vous ma chère enfant ?

Rosie en eut la gorge nouée. Elle ne voulait pas penser à son possible mariage avec Abel Nott et avait tout fait pour l'oublier. Malheureusement, la date de sa rencontre avec son futur fiancé se rapprochait à grands pas. Ses yeux commencèrent à lui piquer mais elle ne pleura pas, elle ne voulait pas que sa tante s'inquiète pour elle.

- Je vais bien ma tante, dit-elle en lui serrant les mains, ne vous inquiétez pas !

- Etes-vous sûre ? Vous êtes encore jeune et je vous connais, une telle annonce a dû vous bouleverser.

- En effet, quand je l'ai appris, cela a été dur mais petit à petit, je me suis faite à l'idée. Et puis, je vais rencontrer mon fiancé à Noël, cela me donnera une idée de la personne qu'il est. Vraiment, vous n'avez pas à vous inquiéter.

Sa tante soupira et prit sa nièce dans ses bras.

- Sachez que je serai toujours là pour vous, si vous avez besoin, lui chuchota-t-elle.

- Merci, ma tante ! Je sais que je peux compter sur vous !

Rosie inspira profondément et tourna la tête vers la soirée.

- Et si nous allions boire de cet hydromel dont le professeur Slughorn vante toujours les mérites ! s'exclama-t-elle en souriant.

- Oui, allons-y !

Et elles partirent main dans la main. Rosie retrouva Maggie qui avait une coupe à la main et qui la buvait sans retenue et observa enfin les invités qui étaient présents. Elle vit Mingletown et Baggs qui discutaient avec Mathilda Cheasepeak, la rédactrice en chef de Sorcière Hebdo. Rosie la connaissait car elle l'avait déjà rencontrée lors des soirées mondaines organisées par sa mère. Elle fit le tour des autres convives et vit également la fameuse chanteuse Celestina Moldubec en grande conversation avec le professeur Slughorn ainsi que Christopher Gilbert, le chef du département de la Coopération Magique Internationale, discutant avec Evans-face-d'ogre et Potter-le-péteux. Alors, ils étaient bien ensemble ces deux Gryffondor ! Rosie les regarda avec dégoût. Il n'y a pas couple plus mal assorti, pensa-t-elle.

A sa grande surprise, elle remarqua que Sirius était également présent. Il ne faisait pas partie du Club de Slug malgré les nombreuses invitations de son directeur de maison, les ayant toutes déclinées. Qui avait bien pu l'inviter ? Et que faisait-il là ? Rosie savait bien qu'il détestait ce genre de soirée. Il buvait un verre d'hydromel et se promenait dans la salle en observant les invités, tout comme Rosie. Brusquement, il releva la tête vers elle et lui sourit. Puis, il se dirigea vers elle. Elle en fut surprise. Jamais Black ne lui souriait de cette manière : ils ne se parlaient que pour leur devoir de potions.

- Salut ! lui dit-il.

- Salut… répondit-elle d'un air suspicieux.

- Belle soirée, n'est-ce pas ?

Rosie le regarda, d'un air ironique.

- Tu es venu pour me demander ça ?

Sirius sourit. Non, il n'était pas venu pour ça. Il avait quelque chose à lui dire. Rosie le pressentit.

- J'ai entendu des rumeurs assez étranges sur toi, dit-il finalement.

- Tu parles des rumeurs sur mon homosexualité ? demanda-t-elle de but en blanc.

Il la regarda surprise. Elle n'aimait pas tourner autour du pot, il devait le savoir à force.

- Alors, c'est vrai ? l'interrogea-t-il.

Rosie éclata de rire.

- Et donc ? Cela t'intéresse de connaître mes goûts sexuels ?

- Eh bien, je sais pas, c'est assez étonnant, non ?

Il hésita, puis lui demanda franchement.

- Tu aimes vraiment les filles ?

Sirius était sérieux et posait ses questions avec curiosité. Elle inspira profondément. Elle avait envie de le voir s'enfoncer plus loin mais décida de s'arrêter là.

- Il ne faut pas croire tout ce qu'on entend, Black !

Et elle le laissa méditer sur sa dernière phrase.

Rosie retrouva Maggie qui dansait seule sur la piste de danse : elle avait retiré le châle que Rosie lui avait donné et tous les hommes autour d'elle observaient son décolleté, un air vicieux dans le regard. Elle donnait l'impression d'avoir bu un peu trop d'hydromel.

- Oh Rosie, ma chérie ! lança la Serpentard en la voyant, elle voulut la prendre dans ses bras mais elle trébucha.

Oui, elle est vraiment bourrée ! pensa Rosie. Elle fulminait intérieurement : premièrement, Maggie venait habillée comme une racoleuse et maintenant, elle était ivre et se donnait en spectacle devant tout le monde. Rosie la prit par la taille et tenta de l'emmener vers l'un des canapés en velours. Mais elle était lourde et Rosie eut du mal à la porter. Elle faillit tomber avec elle, toutefois, le poids de la Serpentard fut subitement plus léger : Sirius qui l'avait vue se débattre avec Maggie était venu l'aider la porter.

- Merci ! lui lança-t-elle, soulagée.

- De rien, dit-il.

Ils la transportèrent sur l'un des canapés, dans un recoin calme et l'allongèrent. Rosie récupéra le châle que Maggie avait laissé par terre et lui recouvrit le haut du torse. Sirius resta à ses côtés sans un mot.

- Tout va bien, Miss Greengrass ? demanda Slughorn en accourant vers elle.

- Oui, ne vous inquiétez pas, professeur ! répondit Rosie, confuse. Je suis désolée pour son attitude, je m'en occupe.

- Si vous avez besoin d'aide, n'hésitez pas à me demander !

- Ne vous en faites pas ! J'ai prévu une potion pour… vous savez… ce genre de moment.

- Je n'en doute pas, sourit-il en lui faisant un clin d'oeil.

Et il la laissa se débrouiller avec la Serpentard.

Rosie fouilla dans sa minaudière. Sirius l'observait, un regard étrange sur le visage. Elle trouva enfin la potion qu'elle voulait : une boisson qu'elle avait confectionné et qui permettait à une personne de dessouler rapidement. Elle prévoyait toujours une potion de ce genre pour ce type d'occasions, même si elle n'en avait jamais eu besoin. Elle s'agenouilla et fit boire Maggie, en lui ouvrant la bouche et en lui pinçant le nez pour qu'elle l'avale d'une traite.

Sans s'en rendre compte, elle avait fait tomber un objet de son sac et Sirius le ramassa.

La Serpentard s'éveilla peu à peu et grimaça. L'effet secondaire de la potion était un bon mal de tête.

- Qu'est-ce qui se passe ? demanda-t-elle, en se maintenant la tête.

- Tu as trop bu, répondit Rosie d'un air glacial. Reste encore allongée ici quelques instants. Sirius, peux-tu m'apporter un verre d'eau ?

Ce dernier ne lui répondit pas. Rosie releva la tête et vit qu'il observait attentivement un objet dans sa main droite. Elle se remit debout pour voir ce qu'il regardait et son sang se glaça : il tenait le bouton de manchette en forme de Sinistros qu'il lui avait donné lors de la soirée d'Halloween. Sans réfléchir, elle le lui prit des mains et le rangea rapidement dans son sac.

- Mais qu'est-ce que ça veut dire ? lui demanda Sirius, interloqué.

- J'ai besoin d'un verre d'eau, Black ! s'écria-t-elle en esquivant sa question.

- Mais… tenta-t-il.

- De l'eau ! Maintenant ! dit-elle d'une voix pressante.

Il reprit ses esprits et partit chercher le verre qu'elle lui demandait. Rosie était bouleversée mais tenta vainement d'effacer son désarroi en s'agenouillant à nouveau auprès de la Serpentard. Elle lui prit le poignet et vérifia son pouls. Cependant, Rosie n'arrivait pas à compter, elle avait l'impression de n'entendre que ses propres pulsations. En effet, son coeur battait fort dans sa poitrine.

Au bout d'un certain temps, peut-être une minute ou même dix, elle avait perdu la notion du temps, Sirius revint avec le verre d'eau. Rosie fit boire Maggie sans un regard pour le Gryffondor.

La Serpentard se remettait petit à petit. Elle n'était plus ivre et son mal de tête avait nettement baissé.

- Tu peux marcher ? lui demanda Rosie.

Maggie hocha la tête et tenta de poser un pied sur le sol.

- Je te ramène dans ton dortoir, alors !

Elle l'aida à se relever et elles se dirigèrent vers la sortie.

- Rosie, j'ai… tenta Sirius à son attention.

Rosie se figea. Elle ne savait pas quoi lui dire. Elle n'avait pas eu le temps d'y réfléchir, son coeur qui battait à tout rompre lui avait empêché tout raisonnement objectif.

- Je dois… ramener ma camarade dans sa maison, dit-elle.

- Oui, mais nous devons…

- Non, il n'y a rien à dire.

Rosie jeta un oeil vers Black. Elle le regarda l'air décidé. Il s'arrêta, hésitant.

- Il n'y a rien à dire, Black ! lui lança-t-elle, résolue.

Et elle prit la direction de sa Salle Commune sans un dernier regard vers lui.