Hello chicas !
J'espère que vous profitez bien de vos vacances et de ce soleil quelque peu lourd mais tout de même appréciable !
Je sais, je suis encore et toujours en retard ! Manque d'inspiration (malgré beaucoup d'idées), peu de temps...Je suis vraiment vraiment désolée les filles !
J'ai peu de temps pour vous laisser ce chap, dc je répondrais surement aux reviews un peu plus tard, si ça ne vous gêne pas. Je vous crie quand même un énorme MMMMMMMMMMMMEEEEEEEEEEEEERRR RRRRRRRRRRRRRCCCCCCCCCIIIIII IIIIII pour vos reviews encourageanes ! Vous savez pas ce que je suis capable de faire pour vos belles reviews !
Donc voilà un new et long chapitre qui j'espère vous plaira. Dîtes moi sincèrement ce que vous en pensez, c'est toujours ce qui me permet de me corriger !
xoxo
Chapitre 23
Blessée par son silence, je ne m'en cachais pas et quittais le lit pour me rhabiller.
Quelle idiote !
Son deuil fait ne m'assurait pas qu'il puisse retourner là où sa famille était enterrée. On se démenait comme des fous furieux pour avoir un semblant de vie normale, le ramenait là où tout à commencer, là où il a tout perdu, s'était comme effacer toutes les étapes qu'il avait franchi et risquer une rechute. Je les connaissais ses craintes. M'investir dans une cure où l'institut résidait au pieds des hauteurs où j'avais passé les seize dernières années, avaient causé pendant plusieurs semaines mes crises d'hystérie incontrôlables.
Son sweat enfilé par dessus mes sous-vêtements, je gagnais la cuisine pour me jeter sur les pâtes aux fromages que j'avais préparé pour le déjeuner.
Comme si j'avais besoin d'un malaise maintenant !
Revêtu de son jean, Edward s'adossa à l'encadrement de la cuisine. Honteuse de réagir aussi impulsivement, je ne le regardais pas.
Fallait-il que je me mette constamment sous narcotique pour ne plus être ce volcan prêt à se réveiller à tout instant ?
Notre déjeuner servi, je récupérais mon assiette pour aller me poser sur la table basse du salon, non sans avoir ignorer la présence d'Edward qui n'avait pas décroché un mot. Et comme ci son silence ne suffisait pas, il s'installa près de moi pour déjeuner. Incapable de contenir ma déception, je voulus m'échapper pour ne pas afficher les larmes que je tentais de ravaler...avant que sa main ne me ramène brutalement à côté de lui.
« Voilà une des choses pour lesquelles tu m'as manqué » gémit-il, une bouchée de pâtes dans la bouche
« Ed, laisses moi partir s'il te plaît »
« Tu sais ce que c'est ton défaut » - dit-il sans lever les yeux de son assiette
« Autre que la centaine que je possède déjà »
« Tu es trop impulsive, regardes toi, tu t'apprêtes à pleurer pour une réponse que je n'ai pas donné »
Doucement, il m'obligea à le chevaucher pour lui faire face.
« Bells, regardes moi » dégagea t-il mon visage de mes boucles, qui me protégeait de ses jades intimidantes
« Non »
« Pourquoi ? »
« Je me sens idiote »
Depuis deux ans, j'avais toujours fait passé égoïstement mes besoins avant ceux des autres. Et je crois que pour la première fois, je réalisais que ses désirs étaient beaucoup plus important que les miens. Sans aucun doute, il primait sur tout le reste et j'étais certaine de pouvoir lui apporter n'importe quoi si il claquait simplement des doigts.
Contenter mon addiction, n'est-ce pas de toute façon ce que j'ai toujours fait...
« Et y a de quoi ! »
Vexée, je cognais mon poing contre son épaule alors que cet idiot affichait son sourire taquin, rendu si sex par la plaie qui lui fendait le coin des lèvres.
« J'ai encore du mal à faire la différence entre ce qui est réel et ce qui ne l'est pas...Un peu comme maintenant...Y a six mois, je t'ai laissé dans un centre psychiatrique avec un espoir énorme de te voir en sortir changée, prête à définitivement avancer...Et Teddy m'a appelé, juste une semaine après que t'y sois entrée...Le psy qui suivait ton cas, avait besoin de plus d'informations à ton sujet, pour mieux comprendre ce qui coinçait tant dans ton deuil »
« Pourquoi n'es-tu pas venu me voir ? » m'étonnais-je, plus que surprise par cette révélation
« Je l'ai fait, ton père était là aussi...Tu n'as pas idée de l'amour que peut te porter cet homme, tu t'étonnes de ma force tranquille, mais ton père est certainement l'homme le plus courageux que j'ai pu croiser...Il t'aime plus que n'importe quel père, il a peut être fait quelques mauvais choix, mais je peux t'assurer que c'était seulement pour te préserver »
« Je sais » balbutiais-je, la gorge nouée
« Ta première semaine de cure a été intense émotionnellement autant que physiquement...Ce qui était plutôt calculé, nous l'avions prévu et sans le savoir, je sais que tu l'as redouté quelques jours avant d'être interné...Mais quand je t'ai vu sur ce fauteuil, profondément éteinte » caressa t-il mes joues du bout des doigts, le visage tourmenté. « J'ai pensé que je t'avais perdu, définitivement perdu...On avait tellement misé sur cette cure, c'était notre dernière chance, non seulement pour toi, mais aussi pour nous, notre couple...J'ai regretté chaque jour, pendant presque deux mois de t'avoir laissé intégrer cet institut, j'aurais été capable de supporter tes ivresses ou tes crises parce que je sais que j'aurais eu en contre-partie une Bella, ma Bella éphémère, celle qui est drôle et si rayonnante »
« Il le fallait, j'avais besoin de t'offrir plus » appuyais-je sa caresse contre ma joue
« Je sais...Et c'est certainement pour ça que je ne pourrais jamais envisager m'éloigner de toi...On est une équipe tous les deux, on se soutient, on se redresse que par la force de l'autre, je l'ai puisé en toi la détermination de poursuivre mon sevrage ou l'obstination à retrouver tant une dignité...Jamais j'aurais pu imaginé il y a un an et demi, que l'arrivée d'une mignonne mais très grincheuse élève soit le déclic dont j'ai besoin pour vouloir m'en sortir »
Au souvenir, nous éclations de rire.
« J'ai passé des mois à t'imaginer dans cet appart » continua t-il. « Et quand j'y pensais très fort, je pouvais être sûr de t'entendre rire ou gueuler après moi pour mes fringues qui traînent...Alors quand tu es nue au dessus de moi à me demander de te suivre jusqu'à L.A, laisses moi le temps de me convaincre que t'es réellement en train de me proposer de vivre avec toi »
« Le procès sera sûrement très long, alors on n'y sera pas forcément dans quelques semaines, tu as tout le temps d'y penser...Je sais que Sarah et Anthony y sont enterrés, donc je peux comprendre toute la charge émotionnelle que ça implique d'y retourner...Et puis, L.A n'est pas notre seule option »
Même si c'est la seule que je voulais envisager…
« Ce que je veux, c'est qu'on est quelque chose qui nous appartient, qu'on se sente chez nous »
« Je vais bien » m'assura t-il. « J'ai fui un temps L.A parce que je ne pouvais plus supporter de ne pas voir Sarah et Anthony dans son parc préféré ou une terrasse de café comme nous avions toujours eu l'habitude d'y être...Mais les choses ont changés, regardes moi aujourd'hui, je suis capable de t'embrasser sans me sentir coupable...Les choses ont changés et je ne veux plus m'empêcher de vivre quoi que ce soit, j'aime L.A et je me sens capable d'y revenir »
Exaucée, j'aspirais son sourire dans un baiser. Et comme toujours envahis par la chaleur du contact, sa langue investit ma bouche avec ferveur. Pantoise, je glissais une main dans mes cheveux, toujours intimidée par son contact et les sentiments qu'il déchaînait en moi. L'intensité de mon amour était à la hauteur de ma souffrance. Tous les deux me malmenait si facilement et avec tant de force.
« Bells »
« Ouais »
« Ces pâtes sont trop succulentes pour que je les laisse refroidir »
Je riais doucement avant de quitter ces bras pour le laisser manger.
« Attends de voir le dessert que je t'ai préparé...Quoi que c'est pas très conseiller pour un sportif comme toi »
« J'ai décidé de prendre ma retraite » me révéla t-il
« Déjà ? » demandais-je, malgré tout terrifiée de le voir poursuivre ces combats
« Je suis arrivé là où je voulais être, je n'ai plus rien à prouver »
Rassurée de savoir que les images de la veille étaient les dernières que je garderais en tête, je glissais une main dans ses cheveux pour capter son regard.
« Je ne veux plus jamais, tu m'entends, plus jamais, te voir mettre aussi facilement ta vie en danger...Peu importe le plaisir que tu as pu ressentir pendant ces combats, je ne veux plus être spectatrice de ce genre de scène »
Nos lèvres prêtes à se sceller, des coups sur la porte d'entrée vinrent nous interrompre. Je voulus me relever pour aller ouvrir mais Edward m'en dissuada en posant une main sur mon épaule. Près de la porte, je vis pour la première fois un écran de contrôle restait jusque là cacher par une petite porte. Surprise, je me redressais pour m'apercevoir que celui ci donnait une image du palier. Teddy, Alice et Jasper s'y trouvaient.
« Tu leur as dit où je créchais ? » m'engueula Edward
Après qu'il se soit endormi la veille, je m'étais extirpée du lit pour appeler sa petite sœur, et les rassurer brièvement.
« Ils s'inquiètent pour toi et tu n'as rien fait pour les rassurer » me défendis-je
Debout, je soufflais alors que cet idiot restait planter près de la porte. Face à celle ci, je cherchais la serrure de la porte en acier, mais ne trouvait rien qui pourrait actionner l'ouverture. Les yeux rivés sur Edward qui ne bougeait pas, je le menaçais d'un sourcil arqué d'ouvrir cette putain de porte. Il souffla avant d'entrer le code qui ouvra l'entrée. Face au visage tuméfié d'Edward, Lili étouffa un cri dans ses mains.
« Qu'est-ce qui s'est passé ? »
« C'est moins grave que ça en l'air » la rassurais-je rapidement
Derrière elle, je m'étonnais du visage fulminant de Jasper.
« Je suis juste venu la déposer » dit-il le regard vissé sur les ecchymoses d'Edward, torse nu
Edward ne dit rien et je vis son meilleur ami nous quittait rapidement pour rejoindre l'ascenseur. Je me précipitais aussitôt dehors pour le rattraper, furieuse de voir cet idiot restait planter sur le pas de la porte.
« Jazz, laisses lui le temps de t'expliquer »
« Tu te fous de moi ! Je me suis inquiété pendant tout ce temps de ne pas le voir pendant des jours, presque des semaines, et j'apprends que finalement il créchait juste à quelques blocs du notre...J'ai supporté ces putains de crises à la con, je l'ai même hébergé pour éviter qu'il retombe dans ses merdes, des types ont failli le rendre paraplégique et c'est moi qui ai pris soin de lui pendant un mois...Tout ça pour qu'il finisse par se tirer en douce, QU'IL AILLE SE FAIRE FOUTRE ! » cria t-il par dessus les murs
Furieux, il me contourna pour appeler l'ascenseur qui arriva aussitôt. Impossible pour moi de voir ces deux là fâchés, je réintégrais rapidement l'appartement.
« Une seconde » dis-je en passant près de Teddy, lui aussi en colère. « Masen, dans la chambre, tout de suite ! »
Cet idiot s'était carrément ré-installé devant le reste de son déjeuner, comme si rien ne s'était passé. Je récupérais le sac que m'avait amené mon tuteur et rejoignais la chambre.
« Tu t'habilles et tu vas le rattraper »
« J'en ai rien à foutre de son cul ! »
« Son cul a sauvé le tien un nombre incalculable de fois, son cul t'a hébergé pour s'assurer que tu ne replonges pas...Tu es celui qui a merdé, tu l'as écarté de ta vie depuis trois ans et demi, alors que tu représentes pour lui ce qui se rapproche le plus d'un frère...Je refuses que tu le rejettes pour je ne sais quelle raison d'ailleurs ! »
« Pendant six mois, il m'a rabâché que je n'étais qu'une gonzesse qui faisait des choix beaucoup trop facile »
« Te lancer dans ces combats de coqs n'est pas la meilleure idée que tu es eu ! »
« C'était toujours mieux que de continuer à jouer les profs pathétiques ! »
« On en parlera plus tard de tes projets, je refuse que tu reviennes sur ta décision »
« J'ai accepté de te suivre à L.A »
« Dehors Masen ! » ordonnais-je en pointant du doigt la porte
Je dus le menacer d'un regard assassin avant de le voir sortir et entendre la porte d'entrée claquée. Cet idiot têtu et beaucoup trop fier pour assumer ses fautes, je craignais de savoir que les choses ne s'arrangeront pas. Mais j'avais foi dans le calme et les capacités de compréhensions de Jazz pour voir ces deux là se rabibocher.
En attendant, je devais moi aussi expliquer les motivations de mon petit ami avec Teddy, et le persuader qu'il n'y avait, qu'il n'y aurait aucune répercussions sur les nouvelles limites que je me dressais. J'attrapais un jean et un tee-shirt pour paraître plus décente avant de regagner le salon où s'étaient installés Alice et Teddy. Je vérifiais qu'ils n'aient pas déjeuner et aller chercher deux couverts supplémentaires pour que nous puissions déjeuner tous les trois.
« Est-ce que tu es sûre qu'il est toujours clean ? » s'inquiéta Lili
« Je te le promets, je les repère à des kilomètres les mecs qui se défoncent »
J'avalais quelques bouchées avant d'affronter le regard insistant de mon tuteur.
« Ce n'est pas ce que tu pense »
« Il a presque abattu un homme sous nos yeux, en a même ressenti du plaisir, mais ce n'est pas ce que je pense ! »
« Il n'a pas fait ça pour jouir simplement des coups qu'il donnait...Il avait besoin de le faire »
« Besoin ? » s'écria t-il, saisi par les mots que j'employais
« Qu'est ce que tu veux dire Bella ? » intervint Alice
« Il...Il s'est fait agressé il y a quelques mois »
« Je sais » dit-elle, visiblement toujours marquée par l'agression. « Tu l'aurais vu, Jazz a insisté pour qu'il porte plainte, mais il n'a jamais voulu parler des hommes qui l'ont presque battu à mort »
« Les meurtres de Sarah et Anthony ont refait surface...Il s'en veut toujours de ne pas avoir pu intervenir, et abattu Jesse »
« Ça n'est pas sa faute, il était drogué »
« Je sais, mais tu ne peux pas nous enlever la culpabilité d'avoir été spectateur de leurs massacres Lili »
« Vous n'auriez rien pu faire, cet homme voulait que vous souffriez et la culpabilité que vous ressentez lui fait certainement plaisir...Mais vous n'êtes pas responsable de ce qui s'est passé » affirma t-elle, avec assurance
Sensible à ses convictions, je relevais les yeux pour ne pas me laisser déborder par mes émotions. Savoir ce qu'elle pensait de notre place dans ce qui s'est passé, c'était croire, comprendre que personne nous en voulait de ce qui s'était passé. Nous étions des victimes, au même titre que Sarah ou Renée...même si malgré tout, nous avions quelques difficultés à nous en persuader. Il était mort et nous vivant, c'était tout ce que nous constations.
« Il a pensé qu'il serait incapable d'avoir le moindre geste défensif si on venait à m'agresser » expliquais-je en me tournant vers Teddy. « Alors il s'est engagé dans des combats clandestins jusqu'à ce qu'il obtienne ce qu'il veut »
« C'est à dire ? » chercha t-il à savoir
« Ré-acquérir sa virilité, une dignité...Il pense avoir atteint son but hier après avoir vaincu celui qui a toujours dominé ses adversaires »
« Est-ce que tu crois qu'il en a réellement terminé ? » demanda Lili
« J'ai proposé à ton frère de rejoindre L.A après le procès, pour que nous puissions y vivre...et il a accepté, je suppose donc que rien ne le retient ici...MAIS » fis-je à l'encontre de Teddy. « Je sais que se sortir de ce genre de milieu est compliqué, alors je vais m'assurer qu'il ne risque réellement rien en quittant Seattle »
Ses craintes devancées, je souris avant de me retourner vers Lili, dont les yeux bleus pétillaient. J'en conclus que notre possible déménagement ne lui posait aucun problème. Je riais contre son cou après l'avoir réceptionné dans mes bras.
« Il va vraiment bien grâce à toi »
« Tu es sûre de ne pas m'en vouloir de l'emmener loin d'ici ? »
« L.A est ce qui a de plus fantastique pour s'épanouir...Je n'en ai pas encore parler à Jazz, mais j'aimerais aussi pouvoir rejoindre Los Angeles »
Elle défit notre étreinte pour m'expliquer les raisons de cette envie.
« Tu sais que depuis un an et demi, je travailles pour Elle »
« Mais tu souhaites plus que tout rejoindre VOGUE » finis-je pour elle
« Exact, ce qui reste impossible pour le moment »
« Ce qui est injuste puisque tu es talentueuse styliste »
« Ma meilleure amie m'a tellement manqué » feignit-il l'émotion en plaquant une main contre son cœur
« Dis moi que tu as tout de même eu une meilleure proposition que celle que tu avais reçu de Grazia ou Marie Claire »
« Le Harper's Bazaar ! » m'annonça t-elle, avec une excitation débordante
« Tu rigoles ? » m'étonnais-je d'entendre un magazine aussi prestigieux
« Ils ont entendu parler des couvertures et des choix que j'avais pu faire pour Katy Perry, Sienna Miller et Gisèle Bundchen, alors ils ont voulu en savoir plus et ont consulté mon blog »
« Tu es sûre que c'est pas une mauvaise blague faite par une de tes lectrices ? »
« Aucune chance, Glenda Bailey m'a appelé en personne et tiens toi bien »
Debout, elle récupéra une enveloppe dans son sac à main, qu'elle me tendit. Avant de l'ouvrir, je fus surprise de voir Teddy absent à côté de moi. Trop enthousiaste par nos projets communs, je ne m'étais même pas aperçu de son départ. Avant que je ne puisse ouvrir l'enveloppe, je reçus un message de lui sur mon portable, m'informant que la presse squattait le trottoir de l'hôtel et qu'il valait mieux que je reste ici, pour éviter toutes indiscrétions. Heureuse de me retrouver seule avec Alice, j'ouvrais l'enveloppe et découvrais avec surprise que l'un des plus célèbres magazines de modes, si ce n'est le premier a être publié aux États-Unis, lui proposait une entrevue au siège de l'entreprise.
« Qu'en dit Jazz ? »
« Il n'en sait rien »
« Lili »
« Il travaille depuis des années pour le Post Intellegencer, je peux pas lui demander de tout quitter parce que j'ai une chance de réaliser mon rêve...Et puis, nous avons déjà survécu la distance quand j'étais en Italie » tenta t-elle de se convaincre que l'éloignement ne fragiliserait pas leur couple
« Tu devrais quand même lui en parler »
« Tu penses qu'il refusera de me laisser partir ? »
« Il t'aime et il sait plus que n'importe qui ce que représente ce job alors, je pense pas que t'aies à t'inquiéter »
La demi-heure qui suivit, je fus heureuse d'être interroger sur les projets que j'avais pour son frère et moi. Me projeter dans l'avenir m'aidait toujours à me convaincre que celui ci sera toujours meilleur que les deux dernières années. La simple idée qu'Edward et moi puissions partager une routine, fit chahuter mes battements de cœur. L'appréhension était excitante.
Jasper et lui finirent par revenir en milieu d'après-midi, visiblement réconcilier. Edward vint m'enlacer et j'attrapais son visage pour embrasser furtivement ses lèvres.
« Tu vois que c'est pas si difficile d'admettre ses torts »
« La ferme Swan »
Je riais avant de me dégager de ses bras et m'engouffrer dans ceux de Jasper.
« Merci, merci, et encore merci d'avoir pris soin de lui »
« Et je devrais te remercier pour avoir encore une fois pu aller le chercher, je vais finir par croire que tu lui as foutu une puce au cul pour le retrouver avec tant de facilité »
« Chut, il n'est pas au courant » plaisantais-je
« Bon, dehors vous deux, j'ai ce petit monstre pendant une semaine » les expédia Edward vers la sortie
Seuls, Edward s'assura que la porte soit bien verrouiller alors que j'allais chercher le fondant au chocolat que j'avais cuisiné quelques heures auparavant. Contre les lèvres de mon ange qui me rejoignit, j'éclatais de rire alors qu'il fut surpris par tout ce que j'avais pu préparer en son absence. Il attrapa le dessert et nous ramena dans la chambre. Combien de nuits, de jours avais-je fantasmé sur un dimanche aussi paisible. La scène était parfaite. Charmés par le bruit de la pluie torrentielle que nous entendions derrière les stores, je me glissais sous les draps que je tirais jusqu'à la taille après m'être désapée. Edward me tendit notre dessert pour se déshabiller à son tour sous mon regard envieux. Il était si...parfait, viril. Il n'y avait rien d'excessif dans sa prise de poids. Juste ce qu'il fallait pour me faire saliver. Dénudé, je fus curieuse de le voir saisir dans le tiroir de sa commode, une grande enveloppe en papier craft. A cheval au dessus de moi, il s'amusa de mon empressement alors que je tentais de récupérer le paquet.
« Pas touche Swan »
« Je suis prête à négocier ce délicieux gâteaux au chocolat » fis-je en présentant la gourmandise avec des gestes de mains. « Contre cette enveloppe »
« Marché conclu »
Excitée, il me laissa m'adosser légèrement au lit avant de me tendre le paquet.
« Un cadeau ? » demandais-je avant de l'ouvrir
« Pour nous »
Curieuse, j'ouvrais et découvrais avec étonnement plusieurs brochures sur l'île de Bora Bora et...et deux billets d'avion ouverts.
« Qu'est-ce que tu as fait Masen ? »
« Je me suis dit que se retrouver là-bas serait une bonne idée après le procès » dit-il avec calme, comme si ce n'était pas si surprenant qu'il nous offre quelques jours sur l'une de mes îles préférés !
« Est-ce que c'est une manière détournée de te débarrasser de moi ? » lui montrais-je l'une des activités proposées par l'île, qu'il avait soigneusement entouré au feutre rouge, et qui n'était autre que le parachute
« J'avais oublier ta peur du vide » se moqua t-il les dents recouvertes d'une épaisse couche de chocolat
« Ma phobie...Phobie Masen, ce qui veut dire que je suis incapable d'envisager la simple idée de m'envoyer en l'air »
Amusée par le chocolat qu'il avait toujours sur les dents, il se pencha sur mes lèvres, une étincelle que je connaissais parfaitement dans ses jades.
« Tu ne te montres pas aussi trouillarde quand tu le fais avec moi »
Il déposa le dessert sur la table de chevet près de lui, avant de me rejoindre doucement sous les draps. Contre moi, j'enlaçais son cou, amoureuse de son corps, ses lèvres et même du chocolat qui le rendait abruti. Son air malicieux disparut quand il écrasa ses lèvres contre les miennes et investit ma bouche avec ferveur. Avec gourmandise, je léchais les résidus de cacao.
« C'est moins dangereux avec toi, mais tout aussi affolant » soufflais-je avant de quémander un autre baiser
Taquin, il recula et attrapa une petite part du gâteau pour me la fourrer gentiment entre les lèvres. Sa bouche recouvrit la mienne et nous dégustions avec délectation le fondant.
« Six putains de mois » répéta t-il une énième fois
En un an, j'avais fait six mois de taule, et six autres mois de désintox...N'étais-ce pas complètement surréaliste de croire que je me trouvais réellement dans le pieu de l'homme que j'aimais, pour un banal dimanche confortable.
Sous les draps, Edward vint se caler entre mes jambes pour inverser doucement nos positions. Je libérais mes cheveux que j'ébouriffais légèrement avant de choper une cigarette.
« Je me pose des questions au sujet de notre emménagement à L.A »
« Lesquelles ? »
« Je sais que je n'ai jamais côtoyé le monde dans lequel tu t'es immergé ces six derniers mois, mais de ce que j'ai pu en voir hier, tout ces gens t'acclamaient et empochaient des milliers de dollars de paris m'amènent à me demander si quitter brutalement ses entrepôts ne te causera pas de soucis avec ce Kellan ou les boss qui mettent des millions pour organiser ce genre de show »
« Kellan est un mec clean...J'ai été clair avec lui comme avec les types qui organiser les combats, je m'arrêterais quand je l'aurais décidé »
« Ed » commençais-je septique
« T'as aucun souci à te faire bébé, tout est nickel »
Son regard vissé sur mes lèvres, je réalisais qu'il n'écoutait pas vraiment ce que je lui demandais. Attiré par la fumée que je rejetais, je sentis autre chose en lui. Du désir.
« Un problème Masen ? »
« J'ai juste en tête la façon dont nous fumions nos cigarettes, et cette obsession que j'avais de vouloir te sauter, chaque fois que je rejetais la fumée dans ta bouche »
Avertie de son abstinence en ce qui concerne le tabac, je ne pus pourtant me résigner à abandonner ces instants incandescents où le désir nous dévorer les tripes. Les fesses relevées alors que je mettais pencher sur ses lèvres, il glissa doucement ses mains pour les caresser durement.
« Tu pervertis mon esprit Swan » se redressa t-il pour me libérer de mon soutien-gorge
« Je suis une très vilaine fille »
Ces bonnes résolutions le quittèrent, pour le laisser librement me piquer mon mégot et tirer dessus. Je récupérais ma clope avant d'enlacer étroitement son cou pour le laisser expirer lentement contre ma bouche. Il m'était impossible à cet instant d'éloigner la pensée d'un joint, ou d'un shu-bang qui nous apporterait la sensation supplémentaire de plénitude.
« Tu devrais te trouver une gentille fille, Masen » me frottais-je vulgairement contre lui, pour accentuer le feu qui me consumait. « Une fille saine d'esprit et de corps » finis-je ma cigarette avant de l'éteindre contre le bois du lit et la jeter sur la moquette et d'en rejeter le parfum dans la bouche de mon homme
« J'ai baisé assez ce genre de filles pour savoir qu'elles sont incapables de me faire bander aussi durement que tu le fais »
Ses mains posées jusqu'alors sur ma poitrine, je me tendis instinctivement quand l'une d'elle vint doucement se glisser sous mon tanga en dentelle pour caresser mon clitoris.
« Ne flattes pas mon ego bébé » grimaçais-je quand son doigt vint doucement s'insinuer en moi.
Extirpé de son boxer, sa queue vint prendre la relève et m'invita doucement à la couvrir. Contre ses lèvres, je laissais échapper une longue plainte en roulant des yeux, toujours surprise par la taille imposante de sa verge.
« Dis moi que tu me sens bien ma puce »
J'étais incapable de prononcer autre chose que des couinements de petite chienne, qui me rendait furieuse de paraître aussi vulgaire entre ses bras. J'étais juste défoncée, le regard vitreux, et la bouche entre ouverte. Ses mains contre mes hanches inculquaient de lents mouvements, pour m'anéantir un peu plus. J'étais littéralement en train de souffrir le martyr, presque au bord des larmes de ressentir un plaisir aussi furieux. Prisonniers des murs qui brûlaient sous l'embrasement de nos corps suants, Edward me ramena contre les oreillers où il souleva mon bassin pour me baiser plus profondément.
Un jour, il me tuera, ce putain de feu qu'il propage en moi en quelques secondes pour me rendre complètement hors de contrôle, me tuera...Je mourrais d'un putain d'orgasme !
A bout de souffle, je me redressais sur un coude pour poser mes doigts sur son membre gorgé de sang. Faire durer nos putains d'ébats était quelque chose de douloureux, mais le mal y était si grisant. Il nous procurait ainsi une jouissance explosive. Du bout des doigts, j'appuyais son gland contre mon clitoris quelques secondes avant de rouler des yeux en l'enfonçant de nouveau en moi.
« Je te sens venir » souris-je, totalement stone mais glorieuse de le voir lutter pour ne pas jouir
« Tu me serres tellement fort »
Il finit par s'abandonner en moi, sa poigne doucement relâchée autour de mes jambes, qui marqueraient sûrement dans quelques heures. Ma jouissance finit par m'apaiser quelques secondes après lui. Je souris quand Edward retira mon tanga pour déposer un baiser juste en dessous de mon ventre avant de s'allonger près de moi.
Le lendemain,
J'émergeais brusquement quand l'orage gronda à l'aube. Instinctivement, Edward souleva mon bras pour passer dessous et chatouiller mon épaule de sa petite barbe. Le tonnerre était sans doute ce que j'aimais le plus après le soleil californien. Il était habituel de l'entendre précédé une pluie torrentielle, ici dans l'état de Washington. Je ne comptais plus les journées que nous avions passés Edward et moi, à observer la foudre frappée plusieurs fois de suite avant de voir la pluie diluvienne nous apaisait.
« Je pensais rejoindre Forks dans la journée » dis-je doucement, pour ne pas briser notre moment d'accalmie
« Tu n'as toujours pas réussi à joindre Charlie ? »
« Toujours pas »
Ma sortie de cure prévue initialement qu'en fin de semaine, Teddy avait décidé d'informer Charlie après que j'eus envie de gagner Seattle pour voir Edward. Mais après une dizaine d'appels donnés par mon tuteur, mon père ne répondait toujours pas et je m'inquiétais des raisons. J'avais conscience de mes fautes, et notamment des derniers mots blessants que je lui avais craché à la gueule, après avoir appris ma fausse couche. Couper les ponts, c'était sans doute ce qui expliquer son silence. Malgré tout, j'avais un espoir, infime mais tout de même présent, de le persuader de m'écouter. Convoqué au début de ma thérapie, Edward m'avait bien révélé que Charlie ne m'en voulait pas pour toutes mes frasques. C'est en tout cas ce qu'il avait ressenti lorsque mon père avait du détailler les mois qui avaient suivis les meurtres. Peut être que j'avais encore une chance de le convaincre de me réintégrer dans sa vie. Peu importe ce que j'ai pu penser il y a quelques mois, j'avais besoin de lui...surtout à l'approche du procès. J'aurais toujours besoin de lui.
« Est-ce que t'as tenté de contacter le poste de police ? »
« Ouais, et chaque fois je manque de peu de l'avoir, il est soit sur le terrain, soit en entretien »
« Et tu penses qu'il t'évite »
« J'en suis sûre, j'ai merdé en lui révélant que tu étais le père du bébé que j'ai perdu, qui plus est en t'exposant comme mon actuel petit ami...Tu étais un homme discret pour toute la ville, tout le monde sentait que tu souffrais de quelque chose, mais respectait ton silence, tout comme ils respectaient le fait que je ne veuille pas croiser les stands de journaux, ou que personne ne devait t'informer de qui j'étais, ni ce qui s'est passé, qui plus est tu étais celui qui avait rendu les cours de philo intéressant...Se côtoyer en dehors des cours, coucher ensemble, c'est l'ultime trahison pour mon père »
« Les choses ne pourront s'arranger que si on se séparait...Il n'approuvera jamais notre relation »
« Je ne lui demande pas sa bénédiction, juste de m'écouter »
« Est-ce que tu en as parlé à Teddy ? »
« Non, mais je me suis dit que tu pouvais m'y emmener, je pourrais toujours l'appeler en chemin »
Les yeux clos, je les ouvrais quand Edward quitta mes bras pour reprendre sa place et me faire face. Je l'imitais, et pris un instant pour caresser son visage tuméfié.
Combien de temps avant que toutes ses colorations morbides ne disparaissent...
« Qu'est ce qui y a ? »
« Je suis loin d'être le bienvenu à Forks »
« Tu crois que Charlie a colporté ta paternité ? »
« J'en suis sûr...Il » - il hésita quelques secondes avant de reprendre. « Mon père faisait une consultation, quand ton père est arrivé fou furieux pour lui demander comment il avait pu être témoin de la relation malsaine que nous avions, comment j'avais pu te mettre enceinte sous son toit »
Surprise, je me relevais pour étouffer un cri dans mes mains.
« Je suis désolée, j'étais tellement furieuse à l'idée que tu me quittes que je n'ai pas réfléchi »
« Il fallait de toutes façons qu'il sache...Enfin, mes parents ont décidé de déménager, les vipères de ce trou perdu ne cessaient de cracher leur venin, et mon père a fini par reprendre son rôle à plein temps au Harboview »
Ahurie par les dégâts que j'avais une fois de plus laisser derrière moi, j'envisageais pour la première fois l'idée que mon père puisse réellement me bannir de sa vie.
« Tu viens avec moi » dis-je brusquement avant de quitter le lit et gagner la salle de bains. « Je veux pas lui mentir sur notre relation, j'ai 18ans et je suis capable d'assumer mes choix...Il...Il comprendra que tu n'es pas un simple flirt, ou un pervers détraqué »
Je chassais ma mauvaise haleine quand Edward me rejoignit pour se glisser dans la douche.
« Il n'essaiera pas Bells, tout ce qu'il verra c'est notre différence et mon ancien statut qui te positionne en tant que victime de mes supposés abus »
« Il a vu par quoi je suis passée quand j'ai emménagé chez lui, je lui expliquerais que nous traversions la même chose, et que nous ne faisions que discuter...Cette soirée était juste la seule et l'unique, un malheureux accident »
Ma toilette terminée, j'entrais sous la douche habillée pour aller quémander un baiser de mon homme. Ses lèvres dominaient les miennes avec ferveur et gourmandise, m'obligeant à me cambrer. Il me porta finalement et je tirais doucement ses cheveux en arrière quand ma bouche se fit plus exigeante, pour satisfaire mon cœur palpitant. J'étais addict de ses sensations douloureuses mais si plaisantes que me procuraient ses caresses.
« Il faut que j'aille préparer le petit déjeuner » haletais-je contre ses lèvres
« Il est encore tôt, je pourrais abuser de toi une heure ou deux » me déposa t-il à terre pour me débarrasser de mon tee-shirt
« On a de la route à faire »
« Ton père m'aura couper les couilles et la queue dès qu'il comprendra que nous sommes toujours en couple » fit-il tomber mon tanga, avant de me plaquer contre la paroi en plexiglas. « Pire quand il saura que nous prévoyons de vivre ensemble »
Un sourire tiré dans le coin de ses lèvres, je laissais une main s'aventurer vers son érection que j'enlaçais fermement, sans le quitter des yeux. Effrontée, ma bouche se posa sur sa poitrine pour y laisser une cascade de longs baisers. A genoux, prête à lui offrir une fellation, je souris à l'incendie qui voilà son regard.
« Je te déteste Swan ! » gémit-il rauquement, alors que j'enfonçais son membre dans la bouche
Une poigne dans mes cheveux, il me releva alors que je le pompais durement. Fou furieux, ses lèvres contre les miennes, je cognais le plexiglas de la douche sous son assaut brutal. Ravagée par l'incendie qu'il causa en fléchissant les jambes pour frotter son érection contre mon clitoris, j'abandonnais notre baiser pour expirer bruyamment contre ses lèvres.
« Levrette ? » souffla t-il contre mes lèvres
Je hochais la tête hâtivement, avant de le laisser me retourner. Dos à lui, je me cambrais vulgairement et me soutenais sur le siège de la douche pour écarter les jambes. Attirée par la glace qui reflétait ma position de soumise, je vis Edward tout aussi excité par l'image qui lui permettait de jauger mes réactions. Ses mains sur mes hanches, il inculqua de lents mouvements en moi et qui m'arrachèrent plusieurs soupirs éraillés. Je l'avais si profondément en moi. Quelques jurons qu'il laissa échapper, je me tournais vers lui pour quémander un baiser qu'il m'offrit avec fougue.
« Baise moi plus fort »
Il se redressa et je fus aussitôt malmenée par des coups de reins sauvages. Mes plaintes ne furent jamais aussi bruyantes qu'aujourd'hui. Les râles d'Edward se firent plus rauques et je sentis enfin sa jouissance me remplir avant je ne le fasse autour de lui. Le souffle erratique, je me laissais glisser contre le mur, la vision remplie de petits points colorés.
Débarrassée des traces de mon orgasme, je laissais Edward et retrouvais la cuisine pour préparer notre petit déjeuner. Nous avions plus de quatre heures de route avec la neige qui tombait toujours et la circulation dense, il était bon que je nous cuisinais une dizaine de pancakes à la myrtille. Surtout avec mon ogre de Masen. M'écartant des réflexions qui ne cessaient d'anéantir tout espoir de communication avec mon père, j'appréciais retrouver cette habitude que j'avais de toujours cuisiner, prendre soin d'Edward...comme je le faisais avec Renée. J'esquissais un sourire moqueur à l'idée qu'il soit aussi facile d'être heureux. Se battre pour le bonheur ? N'étais-ce pas complètement stupide de penser que j'avais passé six mois en psychiatrie pour me battre pour être heureuse. Le bonheur ne consiste t-il pas à se laisser juste aller...Appréhender le chagrin n'était-ce pas la meilleure chose à faire, il nous forçait tant à lutter.
Prêt, je profitais qu'Edward soit en train de déjeuner pour aller me préparer. Un large jean replié enfilé, je passais mon pull en cachemire bleu marine et mes converses avant de me poser devant la glace pour tenter de dompter mes boucles. De manière surprenante, la sérénité mentale presque acquise lors de ma thérapie avait changé mon reflet, qui semblait aujourd'hui plus reposée. Mon regard débarrassé de ses marques violacées qui l'avaient tant ternis, j'étais aussi heureuse de voir mes longueurs chatouillaient le creux de mes reins. Jamais je n'avais voulu avoir à faire aux dégâts que pouvait avoir les ciseaux d'une coiffeuse, j'aimais voir maman passait des heures à s'amuser avec ma crinière. Mes reflets flamboyants disparus par mes addictions, hier je m'étais permis pour la première fois de donner une teinte cuivrée, toute en posant une teinte très noire dans la nuque.
Un nouveau style pour une nouvelle vie...ça sonne bien !
Coiffée, je me couvrais d'un bonnet d'Edward un peu trop grand, et de ma veste. Prêts, Edward s'assura n'avoir rien oublié avant de refermer derrière nous. Contrairement à la veille où notre arrivée fut précipitée, je pus m'apercevoir que le luxe de la grande résidence permettait un service de sécurité à disposition des habitants. Son choix n'avait pas été fait sur la beauté des lieux, mais entièrement sur ce service. Un homme tenait l'accueil dans le hall qui était criblé de caméra de surveillance. Edward ne parlait pas, ses actes, ses choix le faisait pour lui. Dans le hall, Edward lia nos mains avant de s'adresser au réceptionniste, afin de l'informer de son absence. Quelques recommandations refilées, Edward nous ramena jusqu'au parking où une femme, qui se dirigeait vers nous, le héla.
Je quittais à peine les services psychiatriques, je pouvais pas m'y faire de nouveau enfermée parce que mon mec avait le don de s'entourer de nanas qui réveillait mon talent pour les brutaux ravalements de façades...
Perchée sur des Daddofil noirs, la grande blonde pressa le pas pour enlacer mon homme.
Mon homme ! Devais-je faire tatouer mon nom sur son front pour que ces petites putes sachent qu'il m'appartient !
Une accolade certes brève, ils échangèrent quelques banalités sans que cet idiot ne prenne le temps de me présenter. Cette salope qui était l'une de ses voisines, finit par nous contourner et s'insérer dans l'ascenseur alors que je lâchais la main d'Edward pour gagner furieusement sa voiture.
« Bébé » m'appela cet idiot, un sourire dans la voix
Les portes déverrouillées, je montais et attendais que monsieur me rejoigne. Contre ma jambe, je retenais difficilement ma main qui voulait broyer son sourire en coin.
« Est-ce que t'essaies de m'envoyer un putain de message, en embrassant toutes ces connasses...genre bébé, tu me plais mais tu pourrais être plus sexy ou plus féminine »
« Tu n'as rien à envier à ces filles »
« Te fous pas de moi Masen ! Sarah, Tanya, J.J, elles sont l'incarnation même de la beauté...Je porte un jean qui me tombe sur les hanches, et des converses, mon mec est le type le plus hot que la terre ait mis au monde, et moi je fais même pas l'effort de porter quelque chose qui ait un minimum de classe »
Son sourire disparut alors qu'il se penchait sur mes lèvres. Son souffle chaud sur ma peau affola mon rythme cardiaque et je fus complètement envoûtée par ses lèvres.
Putain de faiblesses !
Doucement sa main vint caresser mon ventre légèrement à la vue de tous.
« Tu vois cette façon que t'as de toujours laisser ton ventre légèrement à l'air en portant tes jeans sur les hanches »
Haletante, je me contentais de hocher doucement la tête.
« Tu peux pas savoir le bordel que ça fout dans mon jean, le nombre de putain d'érections que j'ai eu quand tu débarquais en cours habillé de cette manière...T'es un monstre de sexe, tout en restant le plus simple...Ces filles ont besoin de stilettos, et de décolleté plongeant pour dégager quelque chose, quand toi tu le fais en glissant tes doigts – manucurés, ce qui je trouve est très féminin - dans les cheveux »
« Est-ce que tu viens sérieusement de dire stilettos ? » fus tout ce que je trouvais à dire
Son rire détendit son visage et j'accrochais son pull pour embrasser le trésor que j'avais entre les mains. Peut être que j'avais besoin d'une chorale ou d'une sorte de bande annonce pour me rappeler chaque matin que j'étais chanceuse d'avoir à mes côtés, un type aussi patient !
« Savoir que tes fringues cachent le cul le plus pulpeux que j'ai jamais vu, et que tes seins sont capable de me donner la meilleure branlette espagnole, me convint qu'aucune des femmes que je croiserais sera à ta hauteur »
Ahurie, je me tournais vers lui alors qu'il arborait un air détaché en allumant le contact de la voiture.
...
Sur le ferry pour rejoindre Bainbridge Island, Edward fit glisser son siège pour me ramener sur ses genoux.
« Hier, quand Jazz et moi discutions après mis les choses au clair, je lui ai dit que je regagnerais Los Angeles après le procès »
« Qu'est-ce qu'il en pense ? »
« Il a cru un instant que je le laissais tomber une fois de plus, mais c'est pas la première fois qu'on se retrouve sur deux états différents, et on s'est toujours arrangés pour se voir »
« Il pourrait postuler pour le L.A Times, ses articles sont toujours clairs, constructifs, un tantinet provocateurs et très passionnants »
« Comme celui pour le centre de détention juvénile de Seattle...Pourquoi tu ne m'en as pas parlé ? »
« Parce que ça n'était pas nécessaire » effaçais-je mon sourire, au souvenir de l'enfer vécu pendant mon incarcération
« Si j'avais pris tes coups de téléphone, j'aurais pu t'en faire sortir »
« Tu sais bien que non, je me retrouvais devant le juge pour la troisième fois, je savais ce qui m'attendait »
« Si tu en as parlé à Jazz, c'est parce que tu savais que ce n'était pas juste »
« Est-ce qu'on peut parler d'autres choses, j'ai assez de séquelles pour y penser tout les jours »
« Il m'a aussi parlé de ton...héritage »
« Héritage ? » arquais-je un sourcil, curieuse de savoir où il voulait en venir
« Des choses que t'a laissé ton beau-père »
« Serais-tu un homme vénale Masen ? Aurais-tu le projet de m'assassiner pour empocher le pactole Masen ? »
« Pour ça il faudrait que je t'oblige à m'épouser »
« Est-ce qu'il y a un problème ? »
« Je voudrais juste que tu me répondes sincèrement »
« A propos de quoi ? »
« Je sais que Phil t'a légué une somme que je ne préfère pas estimer, et quelques trucs comme ses marques de sport »
« Où veux-tu en venir ? » le coupais-je
« Je sais que tu possèdes une résidence sur West Hollywood, et je sais aussi que tu devais y emménager avec ta mère et Phil avant que... »
« Si tu t'inquiètes de savoir que j'ai tout prévu, ou que je pensais te persuader t'y habiter, ce n'est pas le cas...J'ai...Je sais que j'ai du mal à me débarrasser des souvenirs, ou des choses qu'ils m'ont laissé, mais j'y arriverais...Je trouverais un agent immobilier pour m'en séparer »
« Je ne veux pas »
« Pardon ? »
« Je ne veux pas que tu t'en sépare...Je t'avoue avoir du mal avec cette partie de toi, l'argent, les spotlights...Mais, je ne veux pas que tu rejettes tout ce qu'ont pu te léguer tes parents, ça fait partie de toi, de ton passé...Et je ne veux pas que tu renies ton passé »
« Tu en es sûr ? Parce que je le ferais si tu me le demandais ? »
« Bells »
« Je peux...Je ne peux pas m'en séparer, aux yeux des autres toutes ces choses sont matérielles, mais chacune d'entre elles représentent un morceau, un beau morceau de la vie que nous avions et je ne peux pas » avouais-je finalement
« Je ne te promets rien...Mais, on...on pourrait faire un essai »
« Qu'est ce que tu veux dire ? »
« Emménager là-bas et voir ce que ça donne, je ne te promets pas de m'y sentir entièrement à l'aise »
« On trouvera autre chose si c'est le cas, je ne veux pas que tu te forces à faire quoi que ce soit »
Je dédierais un livre, une chanson ou n'importe quoi d'autre à cet homme un jour..Juste pour que le monde sache qui il est.
…
« Tu as des dépenses astronomiques, nous sommes partis une semaine à San Diego et tu as dépensé plus de dix milles dollars »
Avec précaution, Edward quittait le ferry pour que nous puissions rejoindre le Hood Canal Bridge alors que nous nous disputions sur visiblement ma main si dépensière.
« Quel est le problème ? »
« J'ai l'impression que tu n'as pas besoin de moi »
« Génial, tu fais dans le machisme maintenant ! »
« Tu es »
« Quoi ? Indépendante ? C'est ça qui te gênent, que je n'attende pas sagement que tu subviennes à mes besoins »
« Tu as payé une note monstrueuse à la fin de notre séjour sur la côte, j'ai voulu que le sol s'ouvre sous mes pieds pour me cacher, l'hôtesse me regardait comme ci j'étais une sorte de gigolo, un homme entretenu par une fille qui n'a que 17ans »
« Notre différence d'âge te gêne maintenant ! »
« Tu sais que non, mais comprends moi...J'ai toujours subvenu aux besoins de ma famille, j'ai toujours été celui sur lequel ma femme et mon fils pouvaient se reposer »
« Je ne suis pas Sarah...Mon beau-père, un homme que j'aime profondément m'a laissé tout ce qu'il possédait et tu me demandes aujourd'hui de faire une croix dessus pour ne pas blesser ton égo ! »
« Tu sais que ça n'est pas ce que je veux »
« OK, j'écoute les conditions de monsieur pour qu'il ne se sente pas mal à l'aise dans notre relation »
« T'es sérieuse ? »
Je fouillais dans la boite à gants devant moi pour y retirer une carte routière et un bic noir, pour appuyer mes dires.
« Charte de bonne relation, condition numéro 1 ? »
C'était complètement absurde !
« Tu ne paies pas d'addition »
« Masen, t'es pathétique ! »
« Condition numéro 2, je m'occuperais de nos réservations pour nos escapades »
« Je te ruinerais avant la fin de l'année Masen, l'avion est comme une deuxième maison »
« Condition numéro 3, pas de déplacement sans moi »
« Où est le rapport avec les deux conditions précédentes ? »
« C'est une charte de bonne relation, ça implique d'autres sujets que l'argent »
« Comptes tu me garder en laisse ? »
« Tant que Jesse ne sera pas exécuté, je te quitterais pas des yeux Swan »
« Ce qui n'arrivera pas avant 15 ou 20 ans »
« Plus de drogues non plus, ni de TS, et tout ce qui implique un séjour en prison »
« C'est évident, quoi d'autre ? »
« Tu me feras part de chacune de tes pensées, je ne veux plus être à l'écart de ce qui se passe dans ton esprit de détraqué »
« Va te faire foutre Masen ! »
« Je veux que tu respectes ces putains de règles Swan » coinça t-il mon visage dans une main, lorsque nous abordions un carrefour. « Je veux pas avoir à rentrer chez nous et te voir les poignets ouverts dans une baignoire, ou complètement stone dans notre lit, ou encore savoir que tu es en taule parce que t'as pas su garder tes mains dans tes poches »
« Je t'emmerde Masen, si je suis tant un boulet, tu peux toujours te tirer » me dégageais-je de sa poigne
« Te fatigues pas chérie, ton cul restera à moi un bon bout de temps »
…
« Je t'ai menti »
Bercée par la voix de Corinne Bailey Rae qui fredonnait son « Like a star », je me redressais pour me tourner vers Edward, qui arborait un visage sérieux et...torturé.
« Je t'ai menti à propos de Sarah...de moi...de notre mariage »
Surprise, je ne dis rien. Je suppose qu'il avait juste besoin d'en parler.
« Quand...Quand on s'est rencontrés, j'avais juste besoin d'oublier que mon ex venait de me tromper dans mon pieu...C'était une fille posée, intelligente, quelqu'un de stable en qui je pouvais avoir confiance...J'ai cru que c'était ce qui me fallait, mais...mais je crois...je crois que je n'ai jamais pu en tomber amoureux, nous étions l'opposé et nos personnalités différentes m'avaient amené à dormir des dizaines de fois chez mon frère...Quand j'ai pris la décision qu'on devait y mettre fin, elle m'a annoncé qu'elle était enceinte »
« Pourquoi avoir voulu te marier, vous auriez pu être tous les deux là pour Anthony, sans que vous ne soyez coincés dans un mariage sans amour »
« J'avais peur que la mère de Sarah la persuade de ne m'enlever mon fils, Carmen a toujours été contre notre relation, elle me trouvait trop volatile même si je n'ai jamais voulu tromper Sarah...Je faisais juste souvent la fête avec Jazz, ils nous arrivaient même de partir sans prévenir pour une destination quelconque...Je me suis longtemps consacré à mes études, ce qui m'a valut de sauter une ou deux classes avant d'obtenir mon diplôme et j'ai eu besoin un peu tard de m'amuser »
« Pourquoi devenir prof et pas te lancer dans quelque chose qui te passionnait ?»
« Pour la sécurité que procurait ce boulot, et puis interagir avec des ados étaient encore ce que j'aimais, il y a quelque temps »
« J'imagine que le mariage n'a pas été très joyeux »
« Un aller-retour vers Vegas, Sarah était enceinte de 6mois »
« Tu crois qu'elle sentait que les choses n'allaient pas ? »
« Quelques jours avant qu'elle n'apprenne sa grossesse, nous en avons parler, elle aussi comprenait que nous étions incompatible sur le plan amoureux...Contrairement à ce que j'aurais pu penser, il n'y avait pas de haine de son côté, elle acceptait que nous ne soyons que des amis...Tu te souviens de ce qu'a dit cet agent du FBI quand il nous a révélé que Jesse nous suivait depuis un moment »
« Il enviait notre bonheur »
« J'aimais Sarah, et j'aimais mon fils...mais »
Touchée par ses révélations, je glissais une main dans ses cheveux et l'attirais doucement à moi, alors que nous nous arrêtions à un feux.
« Tu n'es pas responsable de ce que ce chien a fait, peu importe ce qu'il y a pu se passer entre ta femme et toi, tu n'es pas responsable de sa mort, ni celle de ton fils »
« Peut être que si nous avions divorcé, ou même séparé, il n'aurait pas eu à les toucher »
Mes tripes se nouèrent à ses jades embuées.
« Et peut être que la vraie raison de ce carnage n'est pas celle que nous as révélé le FBI...Ce chien préparait son truc depuis des mois, on ne parle pas de jalousie mais d'une envie calculée et réglée à la seconde près d'assouvir un plaisir inhumain...Il...C'était nous, peu importe les six milliards d'hommes qui se trouvait autour de nous, c'était nous »
C'était nous...
Renoncer à en connaître les raisons, je crois que c'était l'une des étapes que j'avais tant de difficultés à franchir. Aurais-je des réponses lors du procès, j'ai l'intime conviction que non...et je pense que c'est l'une des raisons pour lesquelles j'ai tant de mal avec mon deuil.
Perdu dans ces éternelles réflexions, Edward m'en extirpa en caressant mon nez du sien. Je souris, pas décidée à faire de cette journée une énième torture mentale.
« On fait une pause, je meurs de faim »
« Je te suis »
Garés sur le parking d'une auberge, Edward attrapa ma main et nous ramena rapidement à l'intérieur du restaurant où la chaleur nous fit du bien. Nous cognâmes nos chaussures contre le tapis à l'entrée pour nous débarrasser de l'épaisse couche de neige avant qu'une hôtesse nous accueille chaleureusement d'un sourire.
« Bienvenue au Mama's boobs, je suis Léa, que puis-je faire pour vous ? »
Surpris par le nom, il nous fallu une minute avant de comprendre qu'elle ne plaisantait pas.
« Euh...on voudrait une table pour déjeuner, si possible à l'écart s'il vous plaît » demanda Edward
« Oui, suivez moi »
A travers les quelques tables prises, nous déambulions jusqu'au fond de la salle, dans un coin, où l'hôtesse nous permit de prendre place.
« Je vous laisse faire votre choix, je reviendrais plus tard pour prendre votre commande »
« Merci » fîmes-nous, en lui gratifiant d'un sourire aussi enthousiaste que le sien
Seuls, nous nous débarrassions de nos couches de vêtements pour être plus à l'aise.
« Mama's boobs, sérieusement ? »
« Peut être que dans dix secondes, une septuagénaire viendra nous faire un show seins nus » se moqua cet idiot
« Des révélations à me faire au sujet de tes pornos préférés Masen ? » arquais-je un sourcil
Hilare, j'attrapais l'un des menus posés sur la table, pour comprendre avec dégoût d'où venait l'origine de l'appellation de ce restaurant. Tout les produits laitiers dont se servait le personnel de cuisine pour préparer milk-shakes et sorbets, étaient constitués de lait maternisés, tirés si je puis dire, de mamans qui le vendaient.
C'était écœurant...
« Les couguars sont de véritables tigresses au lit, elles savent parfaitement ce qu'elles font quand il s'agit de te suc... »
Le retour de la serveuse l'empêcha de terminer sa phrase et moi de commenter les fantasmes nauséeux de cet idiot.
« Je prendrais un hamburger et une soupe aux potirons »
« Un soda ? »
« S'il vous plaît »
« Je vais prendre la même chose avec votre milk-shake à la vanille »
Face à la serveuse, je me retenais de toute grimace de dégoût. Notre commande enregistrée, elle repartit vers les cuisines alors que je cognais l'épaule de cet idiot.
« Hey, qu'est ce qui te prends ? »
« Du lait maternisé, hors de question que tu m'embrasses après avoir bu ce truc ! »
« C'est rempli de vitamines »
« Tu vois ce que je vois...C'est toi en train de téter les seins d'une septuagénaire fripée et perverse »
Cet idiot éclata de rire.
« Je pourrais tout aussi téter les tiens, on a failli avoir un bébé, il doit bien y avoir quelques restes» lorgna cet idiot ma poitrine avec envie
« Effaces tout de suite ces images de ton esprit » relevais-je son menton
Notre repas servi, je gémis en mordant dans mon sandwich.
Cinq cents succulentes et merveilleuses calories !
« Ne fais pas ça Swan »
« Faire quoi ? »
« Gémir comme ci tu avais un putain d'orgasme »
« Jaloux Masen ? »
« D'un sandwich qui n'a aucun goût...faudrait qu'on soit ce soir chez nous pour que tu puisses me cuisiner un truc meilleur »
« Ne joues pas les machiste Masen »
« J'aime que tu t'occupes de moi, t'es la meilleure pour ça »
« C'est fou ce que je me sens flattée » fis-je avec ironie.
« Tu aimes ça prendre soin de moi, parce que tu sais que je t'aime »
« Vous m'aimez ? »
« Beaucoup trop »
« Ou pas assez »
« Je nous ai acheté des billets pour Bora Bora »
« Ce n'est pas suffisant »
« J'ai accepté de tout quitter pour te suivre à L.A » surenchérit-il
« Parce que rien ne te retient ici et que je suis tout ce dont tu as besoin »
« J.J pourrait faire l'affaire »
Choquée qu'il envisage cette option, j'en fus bouche bée.
« Oh mon chou » m'enlaça t-il
« Ne me touches pas »
« Je t'aime »
« Va te faire voir »
« Tes seins sont magnifiquement dans ce pull »
« Ne parles plus de seins, de lait ou de tes fantasmes écœurants, parce que je te jure de t'en foutre une si tu continus »
Notre déjeuner terminé, nous reprîmes la route. La cinquantaine de kilomètres restants traversés, nous finîmes par dépasser le panneau de bienvenue à Forks. Edward pouffa de rire, étonné qu'il n'y ait pas nos photos sur un panneau interdit. L'angoisse des retrouvailles m'envahit brutalement. Mes mains posées contre mes jambes s'affolaient et il me fut impossible de les calmer.
J'étais stupide de croire, espérer qu'il m'ouvrira les bras et me pardonnera pour tout ce que je lui avais fait subir ces deux dernières années ! J'avais franchi les limites, lui renvoyant clairement au visage son incompétence à gérer mes états d'âmes...Débarquer comme une fleur, en prétextant que tout était terminé, c'était absurde !
« Bells » s'inquiéta Edward
« Ça va, j'ai juste un peu froid »
« OK...Je vais devoir faire un plein, alors on va devoir s'arrêter là » bifurqua t-il vers une station d'essence
« Je descends avec toi, j'ai besoin d'aller aux toilettes »
Le moteur éteint, nous descendions.
« Restes là, je paierais notre plein...Nick est un ami de Charlie » fis-je référence au pompiste qui gardait la station
Cachée sous mes Ray-Bans, j'entrais, un nœud dans les tripes. La voiture tape à l'œil avait déjà attiré le regard des cinq hommes qui se trouvaient à l'intérieur de la station. Je reconnus Tim, Nick, Kendall, le maire de la ville, Rob et Paul, les serveurs du seul bar de Forks. La porte grinça derrière moi et je fus pétrifiée face aux cinq hommes, dont le regard fut à la fois surpris et interrogateur. Je ne sais pas combien de minutes s'étaient écoulées avant que je ne décide d'ouvrir la bouche.
« J'ai...J'ai...Je voudrais juste...Je voudrais juste payer et repartir » bégayais-je, haletante sous l'angoisse
Comptant mentalement jusqu'à cinq, je me poussais à marcher jusqu'à la caisse pour sortir difficilement mon porte-feuille de mon sac.
« 50$ »
« J'ai...J'aimerais trouver Charlie avant que la nuit ne tombe...Est...Est-ce que tu pourrais me dire où...où il se trouve ? » demandais-je à Tim sans lever les yeux
« Il...Il n'est pas en ville »
« Je veux juste lui parler...Je demande rien d'autre que de lui parler » consciente qu'il me mentait
Il ne dit rien.
« Tim, ramènes ton cul dehors, le chef Swan veut nous voir, Seth va mieux, il va bientôt sortir du bloc » braya l'un de ses collègues derrière moi
« Seth ! » m'écriais-je, terrifiée . « Qu'est ce qui s'est passé ? »
Aucun de ces connards ne répondit. Furieuse, je me précipitais à l'extérieur pour rejoindre Edward.
« Qu'est ce qui se passe ? » paniqua t-il
« Seth est à l'hôpital »
« Qui ? »
« Je t'en supplie Ed, démarres ! »
Il s'exécuta avec prudence face au verglas.
« Bells »
« Je sais pas ce qui s'est passé, ils n'ont rien voulu me dire...Seth est...Il est comme mon petit frère »
Edward finit par arrêter la voiture devant le petit hôpital.
« Appelles moi pour me dire ce qui se passe ? »
« Promis »
Je quittais rapidement l'habitacle de la voiture pour me précipiter dans l'enceinte de la clinique.
« Seth Clearweather »
« Bella ! » s'étonna Liz, la standardiste
« S'il te plaît, dis moi où est la chambre de Seth ? »
« Je »
« Bella ! » entendis-je une voix masculine me hélait
Je me tournais et découvrais sans surprise Jake. J'accourais, heureuse de le savoir ici.
« Qu...Qu'est ce que tu fais là ? »
« Dis moi d'abord comment va Seth et puis ce qui s'est passé ? »
« Rien de grave, cet idiot a fait une crise d'appendicite aigu »
Soulagée, je cognais le mur sous l'angoisse qui retomba. Une simple appendicite.
« Je peux savoir ce que tu fais là ? T'étais pas en désintox ? » fit-il acerbe
« Va te faire foutre Jake !...Je suis juste venir voir Charlie »
« Subitement tu te rappelles que t'as une famille...Qu'est ce qui y a ? C'est l'autre junkie qui t'a plaqué ? Ou c'est ta troisième désintox qui t'as remis les idées en ordre ? »
« Je te jure que je pourrais te buter à mains nus si tu continus » pointais-je mon doigts sur son torse
« Quel dommage, encore une cure qui n'aura rien changé, toujours aussi tigresse » m'alluma ce connard
Mon poing prêt à le défigurer, mon regard fut attiré par les portes qui s'actionnèrent quelques mètres plus loin derrière lui.
« Bella »
Dîtes moi que je rêve !
