Bonjour à tous !
Allez, moins de Mingletown et de Black et un peu plus Greengrass dans ce chapitre. J'espère que cela vous plaira ! N'hésitez pas à me donner vos avis !
Très bonne lecture !
Chapitre 16 - Retour au manoir des Greengrass
Rosie était dans le wagon des Serpentard. Les vacances de Noël avaient commencé et à son plus grand désespoir, Mingletown l'avait forcée à venir s'asseoir en face d'elle. Comme si elle avait envie de passer la dernière journée du trimestre avec elle… Il était fini le temps où elle pouvait rester seule dans un compartiment. La vipère parlait joyeusement avec ses deux gorilles sans prêter attention à Rosie qui ruminait dans son coin.
- J'ai hâte de visiter Dublin ! lança Mingletown, d'un air ravi.
- Il paraît que la ville est magnifique, tu as vraiment de la chance ! continua une Mary, mi-enjouée, mi-jalouse.
Rosie savait que la gorille faisait tout pour se démarquer des autres en léchant les bottes de la vipère. Mingletown adorait ce petit jeu, se sentant flattée. Baggs était assis juste à côté de Mingletown et lui tenait la main. Le couple s'était formé juste après la soirée du Club de Slug. La Serpentard paradait fièrement avec son nouveau petit ami, sous les regards haineux de ses camarades.
Rosie les regardait avec dégoût. Au moins, Mingletown avait eu ce qu'elle voulait et la laisserait tranquille pour un temps. Maggie Simmons passa dans le compartiment, en ignorant Rosie. Tant mieux ! se dit-elle. Le lendemain de la soirée, elle avait vertement hurlé sur la sixième année dans la Salle Commune, devant tous ses camarades : elle l'invitait pour une soirée et l'autre se comportait comme une traînée ! Tous les Serpentard s'étaient délectés de cette dispute. Rosie ne se donnait généralement pas en spectacle mais Simmons lui avait tellement fait honte qu'elle n'avait eu aucun scrupule à la détruire. Cette dernière était partie se réfugier dans son dortoir en pleurant. Depuis, elle rasait les murs dès qu'elle voyait Rosie.
En la voyant sortir du wagon l'air triste, Rosie eut néanmoins un pincement au coeur. Elle dénigrait la plupart des gens de sa maison mais elle n'avait jamais été aussi odieuse avec une personne. Depuis que Mingletown la faisait chanter, elle ne se reconnaissait plus : elle était toujours la Serpentard la plus douée de sa maison mais à part cela, elle n'était plus vraiment ce qu'elle était. Elle avait toujours été respectée par ses camarades, son haut statut n'avait jamais été remis en cause et la plupart des élèves, bien qu'ils avaient de temps en temps peur d'elle, la trouvait juste, honorable et l'enviait car elle semblait parfaite.
Mais depuis qu'elle s'était associée avec la vipère, tout avait changé. Elle léchait les bottes d'une parvenue, elle explosait de colère devant toute sa maison, ne s'empêchait pas d'insulter ceux qui essayaient de la contredire et elle ne les regardait plus avec un air hautain mais plutôt avec colère, comme si elle avait envie de tout casser. Avant, son aura était entouré de mystère et de puissance, maintenant, il n'y avait que froideur et haine. Elle sentait que les autres élèves ne la regardaient plus de la même manière. Elle avait perdu de sa stature et certains même la méprisaient. Cela se voyait dans leur regard.
Rosie se sentait perdue. Comment allait-elle pouvoir échapper à ce cercle vicieux ? Elle jeta un oeil vers Mingletown qui avait tout simplement englouti la bouche de Baggs dans la sienne. Elle avait envie de vomir. Elle décida d'aller aux toilettes. Plutôt mourir que d'assister à ça !
Elle sortit du wagon des Serpentard et respira un bon coup en appréciant l'air qui emplit ses poumons. L'air dans leur compartiment n'était pas vicié mais elle n'en pouvait plus de respirer sous le même toit que ces infâmes moins-que-rien ! Elle en profita pour se dégourdir les jambes et traversa les wagons sans se préoccuper des élèves qui étaient dans les couloirs se racontant les derniers ragots. Comme à leurs habitudes, les gens s'écartaient sur son passage mais elle notait néanmoins une petite différence : certains la regardaient d'un air narquois. Si les autres maisons s'y mettaient également…
Au bout de quelques wagons, elle arriva enfin dans celui des Gryffondor. Le couloir n'était pas bondé, seuls quelques élèves discutaient entre eux calmement. Rosie les dépassa sans leur prêter attention mais s'arrêta net : elle vit Sirius au bout du couloir, en train d'observer le paysage par la fenêtre. Il semblait pensif. Elle eut envie de rebrousser chemin voulant éviter toute discussion avec lui. Elle l'avait fui pendant toute la dernière semaine de cours après la soirée du Club de Slug. Ce n'était pas qu'il lui avait couru après mais elle savait qu'il voulait lui parler et elle n'avait aucune envie de l'affronter.
Elle s'apprêtait à se détourner lorsqu'il releva la tête et posa ses yeux gris sur elle. Merlin, qu'il est beau ! se surprit-elle à dire dans sa tête. Ses yeux s'illuminèrent, il l'avait vue, elle ne pouvait plus fuir. Elle déglutit et s'approcha de lui.
- Salut ! lui lança-t-il d'une voix neutre.
- Salut ! lui répondit Rosie de la même manière.
Elle voulut le dépasser pour ne pas engager la conversation mais il se retourna vers elle et lui bloqua le passage de son corps.
- Peut-on parler deux minutes ? lui demanda-t-il.
- Non… je n'ai pas vraiment le temps, là… mentit Rosie, gênée.
- Eh bien, on va parler quand même !
Et sans ajouter un seul mot, il la prit par le bras et l'entraîna entre deux wagons. Il n'y avait personne. S'ils devaient avoir une conversation, personne ne pourrait les écouter, les roulements du train étant amplifiés. Sirius s'approcha d'elle pour qu'ils puissent s'entendre. Rosie sentit son souffle chaud sur sa joue et son coeur palpita malgré elle.
- Tu m'évites, n'est-ce pas ? s'écria-t-il. Il n'avait pas parlé avec colère mais Rosie sentit une certaine tension dans sa voix.
- Hum… peut-être… dit Rosie prudemment.
Elle leva les yeux vers Sirius. Il était trop proche d'elle, il devait absolument reculer, sinon, elle allait défaillir. Il ne fit pas attention à sa réponse et continua.
- Ce bouton qui était dans ton sac et que j'ai trouvé lors de la soirée du Club de Slug ! Qui est la fille qui t'a donné ce bouton ?
- Hum… je ne sais pas… mentit Rosie, de plus en plus mal à l'aise. Ses jambes tremblaient.
- Qui ?
Cette fois, Sirius lui prit l'épaule et la serra fort. Ce contact fit sursauter Rosie. Il insista en serrant encore plus fort. Il rapprocha son visage du sien.
- Je ne sais plus… vraiment… dit Rosie, perdue. Je l'ai achetée comme ça. Elle avait caché son visage.
- Quoi ?
Rosie releva la tête à nouveau et vit le regard de Sirius, il était pressant, furieux et en même temps, il avait un air désespéré sur le visage. Elle ne put en supporter plus et le repoussa vivement.
- Oui et alors ? s'écria-t-elle, furieuse. J'ai ce bouton maintenant ! Qu'est-ce que ça peut te faire ?
Sirius avait l'air perturbé. Il leva des yeux malheureux sur elle.
- Tu es pathétique, Black ! lui lança-t-elle. Puis, elle prit la direction du wagon des Serpentard.
Le coeur de Rosie allait défaillir. Pourquoi cette conversation la mettait-elle dans tous ses états ? Elle s'enferma dans les toilettes les plus proches, s'assit sur la lunette et posa sa tête contre le mur. Oui, elle savait pourquoi elle avait mal ! A aucun moment, Sirius n'avait pensé que ce bouton lui appartenait. Il lui avait demandé directement qui avait pu lui donner. Il ne lui avait pas demandé s'il lui appartenait… non… Les larmes coulèrent sans qu'elle puisse les arrêter cette fois.
Quand ils arrivèrent à la gare de King's Cross, Rosie fut surprise mais en même temps heureuse de voir son frère Archi qui l'attendait sur le quai. Elle se jeta littéralement dans ses bras.
- Que je suis contente de te voir ! lui lança-t-elle.
- Et moi de même ! rit-il en la serrant fort.
- Mère n'est pas venue ?
- Non, je lui ai dit que je venais te chercher à sa place, elle a accepté. Donne-moi ta valise ! Ce soir, on fête ton retour avec toute la famille, même Père sera là !
Rosie était aux anges ! Les repas où elle pouvait profiter de ses deux parents et de ses frères étaient rares maintenant. Ils transplanèrent ensemble vers le manoir des Greengrass et malgré l'aspect lugubre de la demeure, Rosie fut ravie de revoir sa maison. A l'entrée, son elfe de maison Alfie l'attendait et accourait vers elle pour prendre le bagage qu'elle avait à la main.
- Bonjour maîtresse Rosamund !
- Bonjour Alfie ! lui dit-elle en souriant.
- Vous avez fait bon voyage ? lui demanda-t-elle par politesse, mais néanmoins avec un grand sourire sur le visage.
- Oui, ça a été, merci !
- Le repas sera prêt dans une heure !
- Je vais aller me débarbouiller dans ma chambre alors, me changer et je descends !
Sur ce, elle laissa son frère et partit directement dans sa chambre. Elle ne lui avait pas franchement manqué mais après tout ce qui s'était passé à Poudlard ces derniers mois, elle était contente de dormir dans un lieu familier, sans aucun Black ou Mingletown dans les parages. Elle se prépara tranquillement et descendit dans le grand salon du manoir, plus fraîche que jamais. Elle appréhendait un peu la rencontre avec ses parents mais elle devait bien les revoir un jour et ce moment était venu. Elle inspira une grande bouffée d'air avant de faire son entrée.
Elle trouva ses deux frères, Archi et Alex, en grande conversation autour d'une partie d'échec sorcier, un de leur jeux préférés. Elle embrassa Alex sur la joue et se dirigea vers ses parents : Agatha et Edouard Greengrass étaient installés sur des fauteuils, autour d'un grand feu de cheminée. Son père avait un verre de Whisky pur feu à la main et sa mère une coupe d'un liquide ambré, sûrement de l'hydromel.
- Bonsoir, Père, Mère ! dit-elle en s'approchant, un sourire ravi sur le visage.
Sa mère se tourna vers elle et lui sourit. Elle tendit sa joue pour que Rosie l'embrasse. Elle alla ensuite vers son père qui fut plus familier en la prenant dans ses bras.
- Comment allez-vous, ma chère Rosamund ? lui demanda-t-il.
- Très bien, Père, merci !
- Comment se sont passés ces quelques mois à Poudlard ?
- Magnifiquement bien. J'ai beaucoup de travail : nous préparons les ASPIC avec assiduité et je dois avouer que j'ai plus de devoirs que les années précédentes. Mais tout se passe pour le mieux.
- Nous avons reçu une lettre de votre directeur de maison ! dit subitement sa mère.
- Ah oui, vraiment ? s'écria Rosie, interloquée.
Qu'avait bien pu leur dire Slughorn ? Elle commença à paniquer mais essaya de ne rien laisser transparaître.
- Sa lettre était élogieuse, continua sa mère, ravie. Il souhaitait nous faire part de vos réussites. Il nous a également informé que vous aidiez activement une de vos camarades. Est-ce vrai ?
- Oui, mère.
- Qui est-ce ?
- Josepha Mingletown.
- Je ne connais pas de Mingletown.
- N'y a-t-il pas un Mingletown à la Gazette du Sorcier ? intervint son père.
- Si, c'est bien cela, dit Rosie.
La mère de Rosie la regarda songeuse. Elle se demandait si l'amitié de sa fille avec une Mingletown était malvenue ou non. Rien ne devait venir entacher leur nom ou leur popularité.
- Notre chère Rosamund, toujours à vouloir aider la veuve et l'orphelin ! s'exclama son père, sentant la réprobation de sa femme. Et si nous allions dîner ?
Il se leva et ce geste mit fin à la conversation. Rosie remercia son père du regard. Il lui fit un clin d'oeil en retour. Elle savait qu'elle avait toujours été sa préférée. Rosie jeta un regard vers sa mère qui avait retroussé ses lèvres. Agatha Greengrass n'avait pas dit tout le fond de sa pensée et Rosie entendrait très certainement parler à nouveau de cette histoire avant la fin de son séjour et ce, dès que son père serait reparti en déplacement.
Ils s'attablèrent tous sur la grande table de la salle à manger : ses parents étaient assis chacun au bout de la longue table, Rosie était au milieu et ses frères devant elle. Grâce au sort d'amplification de voix, ils pouvaient se parler comme s'ils étaient assis les uns à côté des autres. Rosie trouvait ce placement complètement stupide et inutile mais jamais elle n'avait remis en question les volontés de sa mère.
- Alex, comment se passe ton travail à la banque ? lui demanda Rosie en se servant en pommes de terre.
- Très bien, Rosie. Merci de t'en inquiéter, lui répondit Alex, d'un air légèrement pompeux. Mogrod, le directeur de la banque, m'a demandé de partir quelques mois à l'étranger pour réaliser des transactions financières avec quelques banques internationales. C'est un grand honneur. Je pars dans un mois.
- Fantastique, s'exclama Rosie. Elle était contente pour son frère mais pas vraiment étonnée. Elle savait que son ambition était grande et qu'il arriverait certainement à ses fins.
- Oui, mon frère va me laisser seul dans mon grand appartement ! s'écria Archi, l'air faussement triste.
- Comme si tu allais rester seul longtemps ! dit son frère, d'un air ironique.
- Shhh, le houspilla Archi. Il n'avait pas envie que ses parents sachent ce qu'il pouvait faire dans sa propre maison.
Rosie rit sous cape. Archi avait toujours été le séducteur de la famille : les jeunes filles avait longtemps défilé devant la Salle Commune des Serpentard quand ils étaient encore à Poudlard. Rosie s'en rappelait très bien. Heureusement pour lui, leurs parents n'avaient pas écouté leur conversation, ils discutaient du prochain voyage d'affaires de leur père en Asie. Rosie y prêta attention quelques instants.
- Cher ami, quand devrez-vous partir pour le Japon ? demanda sa mère.
- Après Noël, lui répondit son mari.
- Vous ne serez pas resté longtemps à la maison, fit sa mère, avec une légère moue dans la voix.
- Ne vous inquiétez pas, ma chère, je serai de retour dix jours plus tard.
- Néanmoins, le ministère vous fait souvent partir en ce moment, se plaignit-elle.
- Nous avons des affaires importantes à régler mais ce ne sera que pour un temps, lui dit son père.
Malgré la froideur de sa mère, Rosie savait qu'elle aimait son père et n'appréciait pas quand il partait trop longtemps loin de la maison. Elle le respectait et la seule personne qui pouvait lui faire entendre raison était Edouard Greengrass.
L'attention de sa mère se porta enfin vers Rosie.
- Rosamund, ma chérie, quand commencez-vous votre stage chez Sainte Mangouste ? demanda-t-elle.
- Dès lundi, Mère, répondit-elle.
- Pensez-vous pouvoir partir un peu plus tôt de votre travail mercredi prochain ?
- Hum… je vais en discuter avec Wyrma Winger, la guérisseuse en chef de mon service. Pourquoi ?
La question de Rosie était rhétorique puisqu'elle savait très bien ce qui était prévu mercredi prochain.
- Les Nott ainsi que leur fils viendront dîner ce soir-là, affirma sa mère, vers 19h et je souhaiterais que vous soyez au manoir assez tôt afin de pouvoir vous préparer.
- Je ferai de mon mieux. J'espère que vous n'avez pas fait des folies avec ma robe, s'écria Rosie, sentant que sa mère avait prévu de l'habiller comme une princesse.
- Ne vous inquiétez pas pour ça, rit-elle.
Bien sûr que sa mère avait fait des folies pour sa robe ! C'était la première rencontre avec son futur fiancé, Rosie se devait d'être parfaite. Son humeur baissa d'un cran. Elle capta le regard d'Archi, qui lui lançait un sourire d'encouragement. Son coeur se réchauffa un peu.
- Archi, Alex, serez-vous là mercredi aussi ? demanda-t-elle à ses frères.
- Bien sûr ! répondit Archi. On ne va pas laisser notre soeur adorée toute seule, n'est-ce pas Alex ?
Ce dernier n'avait pas l'air vraiment ravi mais il hocha la tête. Le ventre de Rosie se dénoua. Si ses frères étaient là, le repas avec les Nott ne se passerait peut-être pas si mal que cela.
La soirée continua sans qu'aucune fausse note ne vienne troubler le repas.
