Hello sweeties ! vous ne rêvez pas, je suis bien là, deux semaines (je crois) après le post de mon dernier chapitre !
Je me suis dit que c'était pas la peine de vous faire attendre, après toutes les bonnes choses que vous m'écrivez !
titiguizmo, Ilonka et nana10 - MERCI POUR VOS REVIEWS !
Alors voilà un nouveau chapitre qui comme toujours j'espère vous plaira...Bonne lecture
« Je t'aime, pas seulement pour ce que tu es, mais ce que je suis quand je suis avec toi »
Roy Croft
Chapitre 24
« Bella ! »
A grande vitesse, je fuyais vers l'extérieur pour lui échapper et chercher la voiture d'Edward sur le grand parking.
« Bella, je t'en supplie arrêtes toi ! »
Le visage ravageait par mes larmes, je courrais toujours malgré le froid agressif qui me rongeait le visage. Il ne pouvait pas m'oublier de cette façon, il ne pouvait pas décider subitement d'éviter mes appels, abandonner et faire semblant que je n'avais pas existé.
Je n'étais pas un échec, je n'étais pas un putain d'échec !
La Range Rover trouvée, j'ouvrais précipitamment la porte pour sauter sur le siège passager.
« Bells, qu'est ce qui se passe ? » s'affola Edward
« Je t'en supplie, partons d'ici » convulsais-je sous le poids des larmes
« Bébé »
« Il...Il me laisse tomber »
Derrière les vitres, je le vis posté près de moi, son regard me suppliant de l'écouter.
« Va t'en ! »
« Laisses-moi-t'expliquer chérie »
« NON ! » hurlais-je par dessus la fenêtre. « Comment as-tu pu me faire ça ? Tu m'as abandonné, tu m'as rayé de ta vie, alors que j'ai passé six putains de mois dans une putain d'HP pour accepter que maman est morte...Et toi, toi tu as décidé que ça ne valait plus la peine d'espérer...JE TE DETESTE, JE TE HAIS ! » Crachais-je contre la vitre
A bout de souffle, mes larmes redoublèrent d'intensité alors qu'il continuait de rester planter là. Il me poignardait dans le dos, alors que je me relevais à peine d'une putain de guerre.
« Va t'en ! » répétais-je, quand je l'entendis monter à l'arrière. « Fais le sortir Edward, je t'en supplie »
« Je ne t'ai pas abandonné » dit doucement ce traître
« Tu mens...T'avais pas le droit de me faire ça ! »
« Tu es égoïste Bella...Elle est partie, et s'est remariée...J'ai du supporté leur couple chaque fois que je passais devant les stands à journaux, chaque fois que tu revenais à la maison pour raconter à Angela combien cet homme te rendait heureuse...Tu ne peux pas me reprocher d'avoir eu le courage de passer enfin à autre chose »
« Tu l'as fait derrière mon dos ! » me retournais-je rapidement vers lui avant de revenir sur mon siège. « Tu l'as fait alors que je n'ai pas encore réussi à lui rendre justice, tu l'as fait alors que ton esprit aurait du resté concentré sur maman, j'avais besoin de toi pour lui prouver qu'on pense à elle chaque seconde »
« Elle est toujours là »
« Non, tu mens ! Tu as voulu l'oublier, tu as voulu m'oublier !...Je t'ai appelé des heures pour te demander de m'écouter, te dire que j'étais désolée d'avoir été si méprisable et si infernale, je suis entrée en cure de mon propre chef, parce que j'avais envie de te prouver que je pouvais être capable de changer »
« Tu m'as affirmé la même chose lorsque tu étais sous liberté conditionnelle, quand tu es sortie de prison Bells, pourtant tu as tenté de te suicider, tu as fait une overdose quelques jours seulement après que tu en sois sortie...Et j'apprends que tu es tombée enceinte de ton professeur, qui se droguait devant toi »
« Tu ne comprends rien...Tu n'as jamais voulu essayer de comprendre, je l'ai vu mourir, je l'ai vu partir et toi...Tu as juste voulu que je me réveille un putain de matin, avec un putain de sourire pour te dire que je passais à autre chose »
« Tu te trompes...Je ne t'ai jamais reproché ta dépression, j'aurais seulement voulu que tu gères ton deuil d'une autre manière »
Enragée contre lui, moi, cette petite pute de Sue, ce qu'avait fait Jesse, je frappais contre le tableau de bord. Jamais rien ne ça s'arrangera, peu importe comment je me démenais pour reconstruire les choses autour de moi.
« Bells » retint mes poings Edward qui s'apprêtaient à recommencer, avant de me ramener contre lui
« Je veux qu'on s'en aille, dis lui de partir, je t'en supplie » pleurais-je contre son cou
« Monsieur Swan, s'il vous plaît »
La porte claqua fortement et je ravalais avec beaucoup de difficulté mes larmes. Il avait décidé d'éloigner sa plus grande erreur, sa plus grosse déception, je devais être capable d'en faire de même, et me persuader que j'avais perdu aujourd'hui mes deux parents. Sans un mot, Edward démarra alors que je me cachais sous mon bonnet pour masquer le chagrin qui forçait le passage. J'aurais du comprendre que je n'avais plus de place auprès de lui.
La voiture ne s'arrêta que quelques minutes plus tard, près d'une auberge. Edward éteint le contact et vint me chercher de l'autre côté pour que nous puissions rejoindre le petit hôtel. A l'abri des regards, la peine m'écrasa les poumons brutalement et contre Edward, mes sanglots finirent par éclater bruyamment.
« Il...il m'a laissé...tomber » suffoquais-je
« Dis-moi ce qu'il s'est passé »
« Elle était enceinte, Sue Clearwater est enceinte »
Edward ne dit rien, se contentant simplement de me retenir contre lui alors que je débattais. Il m'avait abandonné parce que j'étais un putain de regret dans sa vie, que je n'avais pas su être à la hauteur. J'étais entrée en psychiatrie pour Edward, mais aussi pour lui, principalement pour lui. Prostrée une heure par jour sur un canapé, je m'étais chaque fois mutilée l'esprit pour aller au bout de cette putain de thérapie, qui me forçait à atteindre le putain de stade d'acceptation. Je m'étais chaque putain de jour fait violence pour m'habituer à son absence. M'habituer ! N'étais pas insensé ! Vous vivez avec une personne que vous aimez profondément, que vous chérissez fortement parce qu'il est impensable pour vous de vivre autrement qu'auprès d'elle…Et un jour, elle disparait, il n'a suffit de quelques heures pour qu'elle vous quitte brutalement. Vous avez beau fermer et ouvrir les yeux des centaines de fois, convaincue que rien n'est réel…Il ne s'est passé que quelques heures entre le dernier moment où elle vous promet que demain elle sera là et l'instant où son âme abandonne subitement un corps déshumanisé. Vous niez, vous marchandez pour la ramener de nouveau auprès de vous, mais rien n'y fait ! Elle était morte, et je devais juste, simplement, presque agir de façon insensible et m'habituer à ce qu'elle ne soit plus là. Et malgré cette idée absurde que je pouvais réussir à oublier ce qui s'est passé, je l'avais fait, j'avais fait taire cette petite voix qui ne cessait de me répéter que ça n'était pas logique. Parce que le deuil n'était pas une question de temps mais une question d'envie...Elle était morte, j'étais en vie et ça n'était pas logique. Pour lui, j'avais peut être trop tard décidé d'en finir et avancer. Trop tard, j'ai eu envie d'en finir et avancer. Mes espoirs fous de retrouvailles, et son abandon, véritable crève-cœur, il me fut impossible de calmer l'ouragan qui me dévastait de l'intérieur et je m'en voulais d'infliger une telle scène à Edward. Pourtant, je fus incapable de m'arrêter. Mon père avait définitivement cessé de s'inquiéter pour moi. Son alliance qu'il affichait fièrement sur sa main gauche, et le ventre rond de sa pute. Ses espoirs d'être heureux résidaient à présent dans la naissance de ce rejeton. Il avait décidé de fonder une nouvelle famille, enterrant une bonne fois pour toute son ancienne vie.
L'image de sa main dans la sienne, le couple parfait par excellence, me hantait toujours quand mes sanglots finirent par cesser au milieu de la nuit. Allongés sur le lit, je relevais la tête pour regarder Edward.
« Je suis désolée » dis-je en caressant du doigt ses lèvres, consciente d'être dans un sale état
« Comment tu te sens ? »
« Fatiguée »
« Je devrais aller acheter quelque chose à manger avant que tu ne t'endormes »
« Je n'ai pas faim, je veux juste qu'on retourne chez toi »
« Attendons demain matin pour pouvoir bouger, il est plus de deux heures du matin »
« Je vais aller me passer de l'eau sur le visage, est-ce que tu peux trouver du paracétamol, j'ai mal à la tête »
« J'y vais »
Il embrassa mon front avant de se relever et quitter la chambre. Je me débarrassais de ma veste et de mes chaussures avant de rejoindre la petite salle de bains où j'essayais de faire descendre ma fièvre avec de l'eau froide. Mais leur bonheur parfait revint me terrasser. A genoux dans la salle de bains, j'attrapais mon flacon d'antidépresseurs dans la poche de mon jean, pour le jeter contre le mur. Tout ça n'avait servi à rien. Dans quelques mois, il s'extasiera devant un putain de bébé, pour qui il donnera tout. Un enfant sain d'esprit et bien portant, qui saurait lui donner ce que je n'ai pas pu lui rendre. J'étais entièrement fautive, j'en avais consciente et contrairement à ce qu'il pouvait penser, je ne lui en voulais pas de reconstruire une vie auprès d'une autre femme. Ce que je lui reprochais, c'est de ne pas m'y inclure.
Mes bras enlaçant fermement ma taille pour supporter mes sanglots, je vis Edward ramassais une à une mes pilules pour les ranger dans leur tube, avant de se poser devant moi. Il tira sur mes jambes et vint m'entourer de ses bras pour me bercer. Je reniflais grossièrement contre son cou, quand mes sanglots s'éteignirent doucement. Apaisée par son étreinte forte et rassurante, je relevais la tête pour le regarder. Malgré mon visage bouffi, il tira ses manches pour virer les traces du tsunami sur mon visage avant de déposer un baiser sur mes lèvres gonflées.
« Il a raison, tu ne peux pas lui reprocher de s'être marié...Peut être que cet enfant était juste un accident, comme ce qu'ils nous aient arrivés »
« Il aurait du s'en débarrasser ! »
« Tu n'es pas sérieuse Bells...Tu t'es précipitée à l'hôpital dès que tu as su que ce Seth, qui si je me souviens bien est le fils de cette Sue, et que tu considères comme ton petit frère, y était »
« Tu peux pas comprendre »
« Il ne t'a pas abandonné, et ce bébé n'est pas une sorte de chance pour se convaincre qu'il peut être un bon père »
Surprise qu'il sache aussi bien lire en moi, je le fusillais du regard. Pour une raison inconnue, je n'aimais pas l'idée qu'il puisse être capable de déchiffrer mes pensées. On l'avait trop souvent mal fait...Je ne devrais plus être surprise que lui soit le seul à si bien s'immiscer en moi.
« Pas très beau Swan, d'être jalouse d'un bébé » nous releva t-il pour nous ramener jusqu'au lit où il se débarrassa de ses chaussures
« Je ne suis pas jalouse de ce... » Grimaçais-je à l'idée de prononcer le mot « bébé »
« Petit frère ? Petite sœur ? »
« Masen, tu peux perdre tes couilles à tout moment, ne me provoque pas »
Cet idiot ria dans mes cheveux avant d'y déposer un baiser. Il défit un instant notre étreinte pour me tendre une plaquette de paracétamol et une bouteille d'eau.
« Il n'oubliera jamais ta mère, ton sourire et l'étincelle dans tes yeux quand tu es heureuse, lui rappellera d'où tu viens » reprit-il avec sérieux. « C'est son premier amour, et certainement le dernier, peu importe la femme qu'il côtoiera, ta mère restera son unique amour et c'est sans doute pour cette raison qu'il a mis si longtemps avant de s'engager auprès d'une autre »
« A cause d'elle, il ne viendra pas au procès »
« As-tu vu de combien de mois elle était enceinte ? »
« Non, mais cette pouf était énorme » fis-je consciente d'être mauvaise
Edward releva aussitôt mon visage.
« Respectes la femme qui a pris soin de toi quand tu as débarqué ici »
« De quel côté es-tu ? » fronçais-je les sourcils, étonnée de le voir défendre mon père encore une fois
« Du tien, mais ça n'est pas une raison pour cracher sur cette pauvre femme »
« Pauvre femme ?! »
« Elle va devoir te supporter en tant que belle-fille, et je la plains déjà » dit-il malicieusement avant de s'écarter
J'attrapais un des oreillers posés derrière moi pour le lui balancer maladroitement.
Quelle idée de croire que je pourrais supporter de vivre avec un tel abruti !
« Demain, on s'arrangera pour le retrouver et tu lui parleras calmement de ce qui t'effraie, il comprendra, il l'a toujours fait »
« Je ne pourrais pas accepter qu'il ne soit pas avec moi la semaine prochaine »
« Et moi, je suis certain qu'il y sera, il sait à quel point c'est important pour toi »
Encouragée par ces certitudes, je me promis silencieusement d'arranger définitivement les choses avec Charlie.
Mal à l'aise dans nos vêtements pour dormir, Edward et moi nous déshabillions pour entrelacer nos jambes et me permettre de me coller contre lui. Mes bras enroulés autour de son cou, je me détendais doucement contre ses lèvres. L'esprit continuellement envahi par des tensions électriques, il était presque perturbant de me sentir portée par des centaines de bonbons à la guimauve à son contact.
L'amour était aussi dégeulasse mais tellement bon que ces conneries...Pfff !
« A quoi tu penses ? »
« J'essaie de me demander ce qui me plaît tant chez toi, comprendre ce qui a fait que je t'ai aimé au premier regard, ce qui a pu te rendre à mes yeux si important pour que je ne continue pas de me foutre en l'air »
« Mes cheveux ? »
« Non » souris-je contre ses lèvres
« Mes lèvres ? »
« Non plus »
« Mon corps ? »
« Non »
« Mes yeux ? »
« Ils y sont pour beaucoup mais non »
« Je sais...ma manière si sexy de sniffer de la coke »
Je reculais, surprise avant de m'emporter dans un rire résonnant.
« Alors quoi ? » me ramena t-il contre lui
« J'hésitais entre tes faux airs de je-m'enfoutiste ou ce talent que tu as en arrivant si facilement à me faire changer d'avis ou encore cette sensation que j'ai de me sentir complètement essoufflée à chaque fois que tu me regardes ou que tu me touches...Mais je crois que ce n'est même pas ça, pour une raison qui m'est totalement inconnue, tu exerces sur moi une force qui m'empêche de te rejeter et continuer ma vie comme je le faisais avant que ta gueule d'ange ne débarque »
A ma confession, ses lèvres prirent férocement possession des miennes, rendant folles mes palpitations.
« J'ai un billet d'un dollar dans la poche, tu crois que je pourrais m'offrir une berceuse pour m'endormir »
« Mes prestations valent bien plus qu'un vulgaire dollar mademoiselle Swan »
« Je suis prête à vous offrir tout ce qui vous fait envie monsieur Swan »
« Gardes en tête cette dette bébé, je pourrais y revenir quand nous serons à Seattle...Qu'est ce qui ferait plaisir à mon bout de chou ? »
« Malgré l'horrible voix posée sur cette chanson » fis-je avec ironie. « Je rêve de t'entendre sur You are my sunshine » mordis-je ma lèvre inférieure, pour avoir plus de chance qu'il accepte
Juste après l'avoir perdu, je n'avais cessé de demander à mon père de me raconter encore et encore son histoire d'amour avec maman. Johnny Cash était sans doute ce qui avait permis à mon père de la charmer. Moins sérieux qu'aujourd'hui, mais toujours aussi timide, j'aimais l'imaginer adolescent fou amoureux de la brunette sauvage qu'était ma mère.
J'éclatais de rire, quand cet idiot se releva pour retirer son sweat et exécuter quelques vocalises. J'en profitais pour me débarrasser de mon soutien-gorge et de mon jean. Étroitement calée contre lui, le rouge me monta instinctivement aux joues à l'écoute des premiers mots soufflés contre mes lèvres.
03 février 2013 - 06heures
« Edward » ris-je en me tortillant, quand cet idiot s'insinua sous mon sweat pour baiser mon ventre
Réveillés depuis dix minutes, il n'avait rien trouvé d'autre que de me torturer avec ses mains.
« Il fait bon là dessous »
« Ed...Je vais mourir d'un putain de fou rire si tu continus »
Ce bêta finit par sortir pour s'écraser lourdement contre moi. Visiblement monsieur s'était réveillé avec une humeur très taquine.
« Je sens quelque chose là »
« Où ça ? »
Mon rire résonna de nouveau quand sa main vint glisser sous mon pull pour aller se poser sur mon sein.
« Hum, est-ce de la contrefaçon mademoiselle Swan ? »
« Désolée monsieur Masen, mais ils sont certifiés vrais »
« J'ai des doutes...J'ai besoin d'une palpation approfondie, histoire de vérifier, tu comprends je ne voudrais pas découvrir que tu me mens sur des choses aussi importantes »
« Hum, tes intentions sont purement techniques donc, aucune arrière-pensée ? »
« Purement technique »
« Bien »
Il se redressa et je soulevais le sweat. Sous son regard curieux, j'empaumais mon sein gauche.
« Si mes seins étaient faux, tu aurais pu constater une cicatrice ici » traçais-je une ligne sous ma poitrine. « Ou là, et là ça n'est pas le cas »
J'éclatais de rire quand je me recouvrais et repoussais cet abruti pour rejoindre la salle de bains. C'était la première fois que j'esquivais l'une de ses avances et il lui fut impossible d'en rester là. Coincée dans la petite pièce, je le laissais me plaquer contre le lavabo pour se pencher sur mes lèvres. Lutter ne servirait à rien, et sentir son corps se pressait contre le mien était une sensation que j'aimais beaucoup trop ressentir pour lui échapper. Malgré seulement quelques heures de sommeil, ça nous permettait au moins de ne pas avoir à se débarrasser d'une mauvaise haleine.
« Tu es insatiable Masen »
J'entre-ouvrais les lèvres, et le laisser posséder ma bouche avec ferveur.
La thérapie ne m'avait pas aidé à oublier, tourner la page, elle a juste tenté de m'aider à supporter le poignard qui reste coincer dans ma poitrine...C'est tout.
Ce même poignard qui pourrit mes entrailles encore et encore...Et malgré le poison qui s'en dégage, ce venin qui coule continuellement dans mon sang et qui me pousse parfois à m'écorcher pour m'en débarrasser, aujourd'hui je pouvais affirmer être heureuse. Mes démons n'étaient pas partis, la thérapie m'avait proposé de tourner la page, pas de la déchirer, mais je ne pourrais rien faire de plus que de m'habituer à la douleur. Edward m'aide à faire ça. Il retire le poignard et subitement tout se panse, tout se régénère et je respire de nouveau profondément. Mon reflet dans son regard me plaît, mes sourires sont sincères et rien ne vient voilait mes émotions. Le bonheur peut enfin m'atteindre et je peux enfin jouir du plaisir intense de vivre à fond les choses...Mais le bonheur n'est jamais très long, et Edward enfonce de nouveau la lame du couteau jusqu'au fond de mon âme, et la douleur de chacun de mes muscles se déchirant revient. Peut être qu'il arrivera un jour, où il ne sera plus obligé de l'enfoncer. Peut être qu'un jour le poignard deviendra une partie de moi et que je n'en ressentirais plus aucun mal.
« Tu me dois un rapport pour chaque douche froide que j'ai du prendre en ton absence »
« Oh...Donc en comptant les six derniers rapports que nous avons...Est-ce que tu as une estimation pour le nombre de douche froide ? »
« Cent quatre vingt quatre » affirma t-il avec sérieux
« Oh ! » fis-je surprise. « C'est...enfin bref, ce qui fait un rapport par jour, moins les six rapports que nous avons eu depuis samedi...Génial, dans six mois je pourrais t'interdire complètement mon vagin »
« Impossible, je gère les entrées et les sorties de ton vagin »
« Je te poursuivrais pour esclavage sexuel »
Vanilla Ice l'arrêta avant qu'il n'ouvre la bouche. Je m'échappais dans un fou rire pour aller attraper mon téléphone.
« Bonjour major Holligan, j'imagine qu'il vous un rapport de la veille ? »
« T'as tout compris Swan »
« Je n'ai pas pu voir Charlie » mentis-je pour ne pas m'étaler sur les évènements de la veille. « Mais Tim m'a promis qu'il serait au poste aujourd'hui »
« OK, est-ce que Masen est avec toi ? »
« Il se masturbe dans la salle de bains » ris-je à pleine voix face à Edward, qui m'adressa fièrement son majeur
« Tu aurais pu t'en passer, je veux juste que tu reviennes demain, il ne reste que deux jours avant que Calvin t'aide à préparer le procès »
« Je serais à Phœnix en temps voulu »
« Bien, je te rappelle ce soir...Swan »
« Ouais »
« C'est bon d'entendre rire »
« Et c'est bon de vous entendre tout court major » fis-je d'une voix aguicheuse
« Bye Swan »
Je raccrochais pour balancer mon téléphone à côté de moi.
« Bon, mon cul est à toi pour les dix prochaines minutes, même si il te faut moins de deux minutes pour jouir et te rhabiller » plaisantais-je une énième fois
A court de répartie, il souffla avant de se cacher dans la salle de bains pour se doucher.
Il nous fallut, enfin il me fallut plus d'une vingtaine de minutes avant que je ne sois prête. L'endroit déserté de tout café, nous décidions de braver les langues de vipère de Forks pour déjeuner. Si les rumeurs et les regards ne me gênaient pas, je fus étonnée de voir Edward plus détendu que lorsque je lui avais annoncé hier matin vouloir rejoindre Charlie. Stationnés devant le seul café de la ville, je gueulais contre ma maladresse quand je glissais sur le verglas.
« Swan, si ton trip c'est de baiser sur la glace, on essaiera plus tard, pour l'instant j'ai juste envie de caféine »
Se moquant du regard assassin que je lui renvoyais, il m'aida à me relever.
« On se trouvera un moment dans la journée pour réchauffer ton cul » m'adressa t-il un clin d'œil
Malgré ses allusions foireuses, je rougis avant de pouffais de rire. Avant que nous n'atteignions le restaurant, il prit mon visage dans sa main pour m'accorder un baiser vorace.
« J'aime quand tu rayonnes »
« Je ne rayonne que grâce à ta chaleur »
A l'intérieur du café, il nous fallut pas plus de quelques secondes avant d'être assailli par le regard d'une vingtaine de clients. Godzilla aurait à coup sûr pu passé inaperçu à côté de nous. Nous aurions pu entendre un flocon tombé à terre face au silence qui pesait autour de nous.
« C'est de sortir avec Isabella Swan qui leur fait tant d'effet » souffla discrètement Edward devant moi
« Des tas de types m'ont offert leurs faveurs avant toi, tu es chanceux »
« Et j'en suis conscient »
J'avais carrément l'impression de revivre mon premier jour au collège de Phœnix, en déambulant à travers les tables pour gagner le comptoir. Comme depuis une dizaine d'année, je fus ravis de voir Martha s'occupait de nous. Elle était bien la seule de ce trou perdu à avoir sa langue dans sa poche.
« Tiens donc, voilà l'une de mes petites préférées mais que je n'ai pas vu depuis trop longtemps » s'essouffla t-elle
Surnommée la grosse Martha, il était encore étonnant de la voir en vie avec son mètre soixante, ses quatre vingt dix kilos et ses soixante dix huit années. Son éternelle bonne humeur était certainement ce qui lui assurait longévité.
« Salut Martha »
« Bonjour chérie, bonjour monsieur Masen » le regarda t-elle timidement. « Ne faites pas attention à tous ces nigauds, ils n'ont pas eu de scandale depuis votre départ, donc vous êtes comme de l'eau en plein désert »
« Bonjour Martha »
« Qu'est ce qu'il vous faut mes enfants ? »
« On prendra un cappuccino avec beaucoup de crème, un thé au citron, et quatre beignets aux sucres »
« Je vous prépare ça, allez-vous installer »
« Merci Martha »
Nous balayons rapidement la salle du regard, avant d'aller nous installer sur une banquette près des fenêtres.
« Je suis terrifié à l'idée de savoir que l'attention sur nous n'en sera que décuplé quand tout le monde saura qu'Isabella Swan sort non seulement avec son ex professeur, mais aussi avec la première victime de Jesse » dit-il doucement alors que nous étions toujours criblés par les regards
« J'aimerais te rassurer, mais ça ne servirait à rien...Nous serons les proies idéales pour les paparazzis »
« Tiens, je me sens beaucoup mieux »
« On n'évitera simplement de leur donner ce qu'ils veulent, on est pas obligés de s'afficher comme des amoureux transis, s'embrassant à tout bout de champs »
« Ça ne les empêchera pas de nous suivre »
Ses craintes m'inquiétèrent de savoir qu'il pourrait revenir sur sa décision de me suivre en Californie.
« Je sais que les paparazzis sont l'une des raisons pour laquelle tu vois peu ton frère »
« Je ne compte pas partir ou te fuir Bells, je savais dès le départ en m'engageant auprès de toi »
« Non...parce que tu ne savais qui j'étais quand tu es tombé amoureux de moi »
« Tu te débarrasseras pas de moi Swan » s'amusa t-il à rabaisser l'ourlet de mon bonnet. « Il nous suffira juste de rester cloîtrer chez nous, on se nourrira de boîtes de conserves et d'eau du robinet »
Je frappais la tête de cet idiot avec le menu, avant de débarrasser la table pour laisser Martha nous servir.
« Merci Martha, ça fait du bien de voir que certains ne changent pas »
« T'en fais pas pour eux, ils portent un œil critique sur des choses dont ils ne savent rien »
« Tu veux bien dire ça à voix haute, ils vont finir par avoir une sécheresse oculaire s'il continue de nous fixer de cette manière »
Elle ria avant de se permettre de se poser près de nous.
« Est-ce que ça va Martha ? »
« Oui, je voudrais te parler de Charlie quelques minutes, je ne te dérangerais pas longtemps »
« Je suis au courant pour Sue et lui...et le bébé » dis-je mal à l'aise
« Je suis passée rendre visite à Elizabeth, cette empotée s'est encore brisée le bras en glissant sur la glace »
Je fusillais du regard Edward qui pouffa légèrement.
« Nous devons avoir des gênes en commun »
« J'en suis sûre » se moqua la vieille femme. « J'ai croisé Charlie devant la chambre de Seth » aborda t-elle doucement ce qui me restait encore en travers de la gorge. « Il était terrifié à l'idée de te parler de ce mariage ma puce »
« Je ne comprends pas pourquoi...J'ai toujours voulu qu'il puisse à nouveau s'épanouir dans une vie de couple, maman l'a fait avec Phil, et ce n'était pas juste que lui s'empêche d'être heureux »
« Il était si amoureux de ta mère »
J'avalais une gorgée de mon café, gênée.
« Je sais Martha »
« Je comprends que tu lui en veuilles de t'avoir cacher une chose aussi importante, mais je sais que tu l'aimes plus que tout et que tu ne peux pas l'abandonner...Depuis que tu es toute petite, tu viens ici chaque été pour passer un peu de temps avec lui, et entre toi et moi passer un été ici, n'est pas vraiment du luxe »
Je souriais, attendrie par ses inquiétudes.
« Je veux arranger les choses plus que tout Martha, je suis venue ici pour ça, pour le convaincre que j'essaie de m'en sortir doucement »
« Je sais chérie » glissa t-elle une main maternelle dans mes cheveux
« J'ai essayé d'appeler la maison, mais il ne répond pas...Est-ce que tu penses qu'il m'évite ou qu'il est simplement resté à l'hôpital ? »
« Seth nous as fait une trouille bleu avec cette appendicite, Sue ne l'a pas quitté de la nuit, je pense que ton père est auprès d'elle »
« Merci Martha »
« Je t'en prie chérie...Monsieur Masen »
« Appelez-moi Edward, Martha »
« Et bien mon cher Edward, si j'avais trente ans de moins, j'aurais tout fait pour vous arracher à cette jeune fille, vous êtes terriblement craquant » lui offrit-elle un clin d'œil avant de se lever pour quitter notre table
Nous éclations de rire alors qu'elle adoptait une démarche aguicheuse en retournant derrière son comptoir. Occultant notre public, je glissais sur la banquette pour m'installer sous son bras. Exposée notre relation n'était pas ce que je voulais, mais j'avais passé six mois loin de lui, dans quelques jours nous seront de nouveau séparés pour témoigner, ces langues de vipères ne m'atteignaient pas. Non surprise de me voir en première page du journal qu'avait attrapé Edward sur une autre table, ce fut le cas pour lui qui apparaissait figé lors d'un footing avec Kellan. Son lien avec Emmett, le célèbre quaterback des Giants et le mannequin Rose McCarthy mis en évidence.
« On dirait que tu es leur nouvelle coqueluche Masen » me moquais-je en arrachant la photo
« Je peux savoir ce que tu fais Swan ? »
« C'est pour mon album »
« Ton album ? »
« Je suis qu'une stupide nana amoureuse, j'ai...j'ai tout un tas de trucs qui viennent de nos rendez-vous secrets ou de nos soirées l'année dernière…j'aime bien les souvenirs, ça m'aide à me faire du bien »
« Oh...quand tu dis te faire du bien, tu veux dire »
Captant l'étincelle malicieuse dans ses jades, je frappais dans les côtes de ce pervers. Il ria brièvement contre mes lèvres avant d'introduire doucement sa langue dans ma bouche. Je crochetais instinctivement son manteau pour l'inciter à continuer.
« J'espère vraiment que t'es décidée à arranger les choses avec ton père Swan, j'avais des projets qui impliquaient ton cul, un bain et de l'alcool aujourd'hui »
« Encore quelques heures, et tu feras ce que tu veux de moi »
Mon thé légèrement refroidi, je pouvais enfin entamer mon petit déjeuner quand Edward pestait contre la blessure de Bryant, possiblement absent de la prochaine saison.
« Je sais que tu m'as interdit de t'offrir quoi que ce soit pour ne pas blesser ton stupide ego, mais j'ai un abonnement pour les Lakers, alors si ça te dit on pourrait se rendre sur quelques play-offs »
Je souris à son air hébété.
« Tu veux dire des places pour les voir en direct ? » bégaya t-il
« Ouais, je m'y rendais d'habitude avec Phil quand on se trouvait à L.A, et je sais que tu en es fan »
« Dis-moi que tu plaisantes Swan »
« Est-ce que je peux modifier la condition stupide qui m'interdit de t'offrir des choses sous peine de te mettre mal à l'aise ? »
« Seulement pour les matchs de baskets, rien d'autre » s'entêta t-il
Je soufflais, exaspéré par son stupide comportement d'homme de Cro-Magnon.
« On y va » tira Edward un billet de dix dollars de sa poche
« Je te suis »
Il demanda à une serveuse d'emballer notre petit déjeuner pour que nous puissions quitter le restaurant. Avant que nous puissions atteindre la sortie, je loupais un battement de cœur à l'arrivée de Jake. Son regard se posa instinctivement sur moi avant de remonter jusqu'à Edward et de redescendre sur nos mains liées. Cet idiot allait surement s'en donner à coeur joie devant toute la ville.
« Putain, t'as honte de rien ! » pouffa t-il avec un air dur
« Laisses-nous passer Jake »
« Faut croire que t'as tiré le gros lot mon pote » s'adressa t-il en faisant face à Edward, qui le dépassait d'une bonne tête. « Canon et riche en plus…Tu pourras te payer la meilleure came comme ça »
« Jaloux ? » m'étonna Edward, en lui offrant un sourire en coin. « T'as eu ta chance, et t'as pas su la saisir…Faut croire qu'elle aime les hommes avec un peu plus de poils » caressa t-il brièvement le menton de Jake
Surpris par la répartie de mon homme, Edward en profita pour que nous le contournions. A quelques pas de notre voiture, je me tournais vers ce connard de Jake qui cogna le visage d'Edward, qui heurta sa voiture, sa lèvre de nouveau ouverte.
« T'es inconscient ! » criais-je au visage de ce salop. « Dégages d'ici ! » le poussais-je brutalement
« J'arrive pas à croire que tu puisses nous rejeter pour un connard pareil »
« Je ne vous ai pas rejeté ! Merde ! Quand vas-tu comprendre que je n'ai jamais voulu vous laisser tomber » criais-je, lassée d'être ainsi mal juger
« Tu plaisantes ! Angie a passé des heures à pleurer dans les bras de Paul à cause de ton putain de cul » me hurla t-il au visage
« Et je suis entrée en cure, parce que je ne supportais plus ce que je suis devenue avec vous »
« Faut croire que ça n'a rien changé…Ce type t'a éloigné de nous et tu oses encore te pointer ici avec lui »
« Je me suis isolée de vous bien avant qu'il n'arrive, et vous le savez tous...Je n'étais une junkie, j'étais une alcoolique et une enragée incapable de garder ses mains dans ses poches avant que je ne le rencontre...J'étais à des milliers de kilomètres de vous depuis déjà longtemps, lui n'y ait pour rien »
Déçue de voir qu'il ne changerait pas d'avis vis-à-vis de notre relation, je fis demi-tour pour rejoindre Edward. Qu'en serait-il d'Angie, Paul, Seth ou Jared, si lui avait tant de mal à me pardonner. J'étais terrifiée à l'idée d'avoir perdu toutes mes chances de les ramener à nouveau près de moi.
« Merci de ne pas avoir riposté » lui tendis-je un mouchoir pour couvrir sa lèvre fendue
« Maman m'a toujours dit de ne pas frapper plus petit que soi »
Je pouffais de rire avant de contourner la voiture pour que nous puissions retrouver l'hôpital.
Une seconde fois, je me retrouvais devant Liz, dont le regard fut exorbité par la présence d'Edward...à moins que ça ne soit ses ecchymoses qui attirent tant l'attention
« On a besoin d'une infirmière »
« Patientez »
« Je voudrais aussi savoir où est la chambre de Seth »
« 101, les visites sont pas avant une heure »
« Cool »
Je lui adressais un sourire forcé puis me diriger vers la salle d'attente. Cette mégère colportait les rumeurs plus vite que TMZ.
« T'aurais pas du le provoquer » dis-je quand Edward s'étendit sur un des sièges de la salle d'attente
« Tu plaisante ! Ce connard a carrément insinué que j'abusais de toi et de ton fric »
« T'aurais quand même du te taire, je vais devoir me donner deux fois plus de mal pour m'excuser »
« T'as pas à t'excuser d'être entrée en cure, tout le monde oublie que t'y es entrée de ton propre chef, ce simple fait devrait te disculper de tout ce qu'ils te reprochent ces deux dernières années»
Sensible à ces mots qui me rappelaient qu'il était mon premier supporter, je dégageais sa main qui retenait le saignement de sa lèvre pour l'embrasser, léchant par la même occasion du bout de la langue sa plaie.
« Hum, vous faites une délicieuse infirmière »
« Je vous conseillerais des examens complémentaires monsieur Masen, pour vérifier qu'il n'y ait pas d'autres dommages, lorsque vous serez à Seattle »
Il souffla, exaspéré, laissant tomber sa tête en arrière. Je riais en glissant une main dans ses cheveux. Je savais ce qui l'irritait.
« Fais pas ce genre d'allusions Swan, je rêve de ton putain de cul depuis des heures »
« On sera chez toi avant la tombée de la nuit »
Une infirmière finit par nous appeler, et soigner sa blessure. Nerveuse, je décidais au dernier moment de gagner la petite boutique de la clinique, pour acheter quelque chose qui afficherait clairement ma…béné...bénédiction. Le premier étage atteint, nous trouvâmes rapidement le numéro de la chambre où des voix se firent entendre. Je prenais un instant pour souffler et paraître calme et détendue.
« C'est peut être pas une bonne idée qu'on entre à deux, je suis pas le bienvenu ici et je ne veux pas qu'on ait à forcer les choses »
« On a la chance de notre côté, il s'est marié et il ne m'en a pas touché un seul mot, niveau trahison on est à égalité »
« Swan, t'es tarée »
J'embrassais furtivement cet idiot avant de frapper et d'entrer dans la chambre. Instinctivement, mon regard se figea sur le ventre rond de Sue. Malgré toutes les bonnes résolutions prêtes à adopter, je ne pouvais nier la détester à cet instant. Elle portait en elle l'attention qui m'était réservée.
« Bella » fit surpris mon père, qui se trouvait au côté de Carlisle, visiblement tout aussi étonné par notre présence et particulièrement celle de son fils
Edward m'avait pourtant dit la veille que les vipères de ce bled les avaient expulsés de la ville pour nos fautes.
« Edward »
« Avant que quelqu'un ne dise quoi que ce soit... »
Je m'approchais de Seth, qui souriait. Soulagée de son accueil chaleureux, je l'enlaçais prudemment.
« Salut sœurette »
« On dirait que tu planes » me moquais-je avant de l'embrasser
« Carrément et tu sais quoi, je comprends que tu sois si obsédée par ces trucs »
J'éclatais de rire, non vexée, sous le regard effaré de nos parents.
« Attends de voir ce que fait un peu de morphine »
Consciente de mon erreur, je relevais aussitôt les yeux pour m'excuser.
« C'était juste pour plaisanter...enfin bref, j'ai apporté ça » tendis-je à Sue, mal à l'aise le petit ours en peluche, ce qui la surpris avec Charlie
« J'ai...J'ai été prise de court, je sais que ce n'est pas très original »
« C'est très bien » dit-elle vivement. « Merci Bella » esquissa t-elle un sourire timide
« Est-ce qu'on...on pourrait parler, tous les quatre » me tournais-je vers Charlie et Carlisle. « Si vous pouvez nous accorder un moment bien sûr docteur Cullen »
« Oui, bien sûr »
Dans un coin de la cafétéria, nous nous installions sur les banquettes, Edward à mes côtés. Chacun faisant face à son paternel.
« Qu'est ce qui s'est passé ? » interrogea Carlisle doucement son fils
« J'ai...Un type s'est fait agressé la nuit dernière, et j'ai essayé de l'aider »
Pas certaine de savoir par où commencer, un long silence pesa autour de la table. Il y avait des tas de choses à dire, du moins j'avais des tas de choses à dire. Mais face à lui, j'avais comme perdu tout les codes de mots, je ne savais pas par quoi commencer, par quoi terminer ou pire encore, quoi dire. Ce fut finalement Charlie qui finit par prendre le premier la parole.
« J'ai besoin de savoir la vérité Bells, pour à nouveau essayer de te faire confiance...Que s'est-il passé pour que tu en viennes à partager le même lit que ton professeur ? Tu es tombée enceinte Bella, ce n'est pas rien...Imagines toi la réaction que j'ai eu en apprenant que tu étais enceinte de trois semaines, trois semaines Bells ! J'ai appelé Jake et il m'a dit que vous n'aviez plus... » Secoua t-il la tête, toujours mal à l'aise avec le fait que je puisse avoir des relations sexuelles. « Enceinte, tu étais enceinte et tu as fui au lieu de me dire la vérité ! »
« Je ne le savais pas » marmonnais-je les yeux baissés sur mon pull que je triturais
« Tu sais pourquoi je t'ai abandonné si facilement dans ce centre de détention, parce que je ne pouvais plus rien faire pour toi Bells, je ne te reconnaissais plus...Tu as eu des rapports je ne sais dans quelles circonstances, sans même te protéger, tu savais que je n'étais pas pour que tu aies une vie sexuelle aussi jeune, mais je l'ai accepté quand tu m'as promis que tu te protégeais, je l'ai accepté parce que je connaissais Jake...Et j'apprends finalement que c'est ton professeur, un homme que je pensais sérieux et droit, qui était le père de ton enfant, tu m'as menti en me disant chaque soir que tu allais chez cette Alice Cullen ! »
« Nous ne l'avons fait qu'une seule fois » me défendis-je maladroitement
« Qui es-tu Bella ? Est-ce que tu as décidé définitivement de rester cette fille irresponsable, et autodestructrice ? Est-ce que je vais devoir continuer à te regarder jouer avec le feu, jusqu'à finalement espérer que tu puisses rejoindre ta mère ? »
« J'ai changé » finis-je par laisser mes larmes déborder
« Changé quoi ? Ta coupe de cheveux ?...J'ai du mal à te croire Bells, tu m'as dit avoir changé après ta sortie de prison, et ce n'était pas le cas »
« Je pensais vraiment avoir changé, ce centre a été pire que tout »
« L'article de ce Jasper Withlock est vrai ? »
« Entièrement vrai, ces types font de nous ce qu'ils veulent sous prétexte que nous ne sommes que de petites chiennes qui n'ont aucun respect pour les autres...Ce centre a passé plusieurs mois à me dresser, sans chercher à comprendre ce qui me rendait si agressive...Je suis désolée d'avoir réagi de manière si proportionnée chez vous monsieur Cullen, j'ai conscience d'avoir été insolente et irrespectueuse »
« Esmée et moi ne t'en avons jamais tenu rigueur Bella » me pardonna t-il, malgré tout le visage fermé
Je ne pouvais dire ce qui le rendait si froid à mon égard. Ma crise d'hystérie ou ma relation avec son fils. J'avais omis d'interroger Edward au sujet de l'impact qu'avait eu ma grossesse sur leurs relations, mais je pouvais deviner que celles-ci semblaient tumultueuses.
« Je suis désolée d'avoir pu oser te tirer dessus » repris-je en me tournant vers Charlie. « Tu peux pas savoir à quel point je m'en veux d'en être arriver à ce point, de t'avoir fait tant de mal ou encore de t'avoir dit que je ne voulais plus de toi dans ma vie »
« Bells »
« Je l'ai vu tu sais…ce point de non-retour, je l'ai senti pour la première fois quelques jours avant d'entrer en cure…Subitement, tout m'est revenu en pleine face, la drogue, l'alcool, mes crises de violence incontrôlable où j'en viens à faire du mal à ceux que j'aime...Pour la première fois, j'ai ressenti un besoin urgent d'en finir »
« Mais tu es toujours obstinée à vouloir ce Masen à tes côtés » cracha t-il, les yeux rivés sur mon petit ami
« Notre relation avant que je ne fuis Forks n'était pas aussi malsaine que tu le crois, on passait réellement du temps à discuter, certes c'était énormément de temps, mais je peux te jurer qu'il n'y a jamais rien eu de malsain »
« Bells, ce bébé n'est pas »
« C'était juste une nuit » le coupais-je vivement. « Où nous étions moralement très éreintés, nous avions bu et ça c'est passé » me défendis-je, omettant le fait que c'était la coke qui nous avais réellement mis dans un état second
« Jamais tu n'aurais du l'approcher ! » pointa t-il du doigt Edward
« Papa »
« Peux-tu comprendre mes craintes Bella ! Cet homme a des années de plus que toi, qui plus est avec les mêmes faiblesses que tu as eu vis-à-vis de la drogue...Cet homme n'est pas fait pour toi, et le fait qu'il ait pu surpasser ses fonctions de professeur ne m'incite pas à cautionner votre relation »
« Jamais nous n'avons eu l'intention de créer de tels discordes en se côtoyant, on avait juste besoin de parler de chose que seul l'autre pouvait comprendre »
« Pourtant tu savais qu'une relation avec ton professeur aurait des conséquences »
« Quand Edward et moi avons commencé à nous voir pour discuter, je ne pensais pas que c'était mal...On ne faisait d'ailleurs rien de mal à part discuter »
« Discuter, tu m'as menti Bells en me disant que tu dormais chez sa petite sœur, tu t'absentais des nuits entières, des week-ends pour le voir se défoncer sous tes yeux »
« Vous avez raison monsieur Swan, nous n'aurions jamais du franchir les limites...mais votre fille n'a aucun tord dans cette histoire » intervint Edward
« Pourtant vous n'avez pas hésité à l'inviter chez vous ! Dans votre lit » fit avec dégoût mon père
« Quatre mois avant d'arriver à Forks, j'ai touché le fond en devenant addict à la cocaïne, je pourrais vous sortir des tas de raisons qui ont fait que j'en vienne à cette solution pour faire taire tout ce qui me torturait, mais ce n'est pas le sujet...Bella l'a remarqué tout de suite, la drogue, le deuil »
Gêné de devoir ainsi se mettre à découvert pour justifier notre rapprochement, je supportais mal le voir passer plusieurs fois sa main dans ses cheveux, pour cacher son malaise profond.
« Quand votre fille a été transporté à l'hôpital, ce n'était pas pour avoir voulu jouer ou tenter de suicider monsieur...c'est moi qu'elle essayait de sauver »
« Pourquoi avoir dit que tu t'y étais jetée ? » s'étonna mon père
« Il venait de débarquer en ville, je ne voulais pas que tout le monde sache qu'Isabella Swan n'était pas la seule cinglée et suicidaire du comté »
« Après ça, nous avons commencé à discuter, sans jamais parler de ce qui avait tué nos familles »
« Nous ne savions pas que Jesse était à l'origine des quatre meurtres »
« Je n'aurais certainement pas du continuer de travailler avec mon addiction, ni approcher votre fille, je le conçois monsieur...Mais tout ce que j'ai pensé à cet instant, au fil des jours, c'est que Bella était probablement ce qui m'aidait à aller mieux »
« Ça n'était pas son rôle de gérer votre dépendance ! » gronda Charlie
« Je sais » dit Edward. « Je vous jure que mon intention n'était pas d'abuser de votre fille »
« Elle était en période probatoire, en sevrage ! » le coupa Charlie. « Ça n'était pas elle de vous aider, alors qu'elle était fragile » rétorqua mon père
« Dîtes le Charlie » intervint Carlisle. « C'est de ma faute, je n'ai pas su être auprès de lui, et j'ai failli à mon devoir de père »
« J'ai conscience que votre fils a du beaucoup souffrir après le drame auquel il a du participé, mais ma fille n'aurait jamais eu à s'approcher de lui, si vous aviez pris du temps pour lui, votre femme et vous »
« J'ai vu ces photos, vous savez, les photos prises par la police scientifique et j'en ai eu des cauchemars...Quand j'ai deviné que mon fils me fuyait parce qu'il avait honte de son addiction, j'ai décidé qu'il fallait qu'il vienne pour que sa mère et moi nous en occupions, pour le persuader qu'une cure de désintoxication l'aiderait à aller mieux...mais quand il est arrivé, je n'avais plus autant la même détermination »
« Pourquoi ? » demanda exaspéré mon père
« Quelques semaines avant son arrivée, la mère d'une patiente est venue me voir totalement bouleversée, en m'accusant d'avoir tué sa fille, quelques mois auparavant j'ai du lui faire un lavage d'estomac parce qu'elle avait ingéré une dose conséquente de neuroleptiques, elle venait de perdre son frère jumeau dans un accident de voiture et il était intolérable pour elle de vivre sans lui...J'ai conseillé à sa mère de la faire admettre au centre de désintoxication de Seattle, qu'elle y serait mieux traitée »
Sa main tira légèrement dans ses cheveux, je reconnus le tic nerveux d'Edward. Détournant le regard, alors que j'avais deviné la fin, je croisais celui de Charlie. Même s'il ne s'agissait pas du même cadre thérapeutique, moi aussi j'avais tenté de mettre fin à mes jours dans un centre où l'on pensait que chacun des pensionnaires était en sécurité et bien traiter. Vous êtes tout sauf en sécurité dans ces endroits, en plus de vous battre contre le personnel qui s'obstine à vouloir vous bourrer de médocs pour que vous fermiez votre gueule, vous deviez gérer vos fantômes qui se faisaient plus présent, plus nombreux.
« Elle s'est pendue et...et c'était de ma faute…Esmée a essayé de me convaincre que nous devrions tout de même faire quelque chose, mais au fil des jours, on l'a vu sourire...sincèrement, il allait de moins en moins à Seattle...On pensait que les choses s'amélioraient...sans savoir que ce changement était du à la présence de votre fille...Je suis sincèrement désolé Charlie que les choses se soient passées ainsi, qu'il y ait eu tant de dommages, mais ne m'en veuillez pas de vouloir remercier Bella, d'avoir donné une raison à mon fils de ne pas replonger »
Je fus surprise de l'entendre dire ces derniers mots. Il semblait si froid avec moi, et là tout à coup, c'est comme ci il me devait tout.
Avant que je n'aie pu reprendre la parole pour défendre à nouveau notre relation, le téléphone du docteur Cullen sonna.
« C'est ta mère...Elle s'inquiète pour toi »
« Je l'appellerais plus tard » hésita un bref moment Edward avant de lui répondre
Pas convaincu de la réponse donnée par son fils, il se contenta de nous saluer et de s'éloigner pour répondre. Au même moment, le téléphone d'Edward sonna à son tour.
« C'est Jazz, je t'attends dehors »
« Ce n'est pas imprudent que tu te ballades avec cet homme ? La presse vous suit » demanda mon père lorsque nous nous retrouvions seuls
« Ils pensent tous que je suis cloîtrée dans ma chambre d'hôtel et Forks est le bon moyen de se cacher »
Les yeux rivés sur son alliance, dont l'éclat réagissait trop à mon goût à la lumière des néons, mon poing se resserra sur le tissu de la banquette.
« Je ne voulais pas » capta t-il mon attention. « Je ne voulais pas que te blesser, j'ai imaginé des centaines de scénarios où je pourrais t'avouer calmement que je voulais passer à autre chose »
« Est-ce que tu seras là la semaine prochaine ? » le coupais-je, pas prête à discuter de leur union
« J'ai déjà un vol, nous avons une réservation dans un hôtel tout près du tribunal »
« Nous ? »
« Seth et…et Sue »
« Bien…j'imagine qu'on se verra là bas » dis-je avant de me relever
« Bells »
« Je suis désolée, j'essaie mais c'est…je suis désolée »
« Tu passeras toujours avant elle »
« Pourquoi ne pas avoir répondu à mes appels alors ? » m'arrêtais-je pour comprendre
« Depuis que tu es née, tu m'as toujours vu seul »
« Je ne t'en veux pas de vouloir refaire ta vie…Tu m'en as juste exclu, comme pour me dire que je n'avais plus aucun intérêt à tes yeux, que je n'étais qu'un terrible échec que tu tentes d'oublier dans la naissance d'un autre enfant »
« Ca n'est pas vrai…J'étais terrifié à l'idée de t'annoncer que je voulais me marier, j'ai appelé des centaines de fois le centre pour finir par raccrocher, parce que je ne voulais pas être un frein dans ta thérapie »
« Pourquoi ne pas avoir attendu que j'en sorte ? J'aurais accepté de t'entendre dire que tu aimais Sue, tout les deux vous vous tourniez autour depuis des années, combien de fois Seth et moi avons fait exprès de vous laisser seuls pour que tu te décides enfin à l'embrasser »
Il sourit brièvement, frottant ses yeux pour effacer les quelques larmes qui tentaient de s'échapper.
« Je ne voulais pas faire ça maintenant, derrière ton dos, j'ai eu beaucoup de mal à dire oui sans ta présence, j'ai toujours eu besoin de toi et te cacher une telle chose, je l'ai ressenti comme une trahison »
« Pourquoi alors ? »
« Parce que tes mots me sont revenus brutalement en tête, tu ne voulais plus de moi dans ta vie et j'étais convaincu que c'était ce que tu voulais…j'étais en colère et j'ai voulu en quelques sortes me venger, te prouver que je pouvais être heureux sans toi »
« Tu as une femme, bientôt un enfant, ça à l'air de fonctionner »
« Tu te trompes, Sue est enceinte depuis cinq mois et alors que je devrais passer mon temps à me préoccuper de son état, je suis incapable de faire autre chose que de penser à ma petite fille »
« Cette thérapie m'a foutrement amoché » voulus-je me confier pour lui expliquer combien celle ci, cette dernière chance que je m'étais donnée, avait finalement été bénéfique
« Tu as l'air d'aller mieux »
« Le psy a dit que je souffrais d'une personnalité borderline, avec un besoin constant d'attirer l'attention pour compenser mon insécurité interne…J'ai…je suis un traitement médicamenteux, ce qui m'aide à taire mes envies suicidaires ou éteindre mes effusions...La thérapie a aussi calmé ma paranoïa et donc mes délires…Le centre m'a préservé, j'attends de voir ce que ça donnera lors du procès »
« Je serais là si tu m'acceptes à tes côtés »
« J'ai besoin de toi » dis-je rapidement. « Vraiment besoin de toi, parce que j'y arriverais pas seule »
Il se releva pour se poser devant moi. Ses yeux n'avaient jamais reflété aussi bien toute la misère que je lui faisais endurer. Il était fatigué, littéralement éreinté malgré ses trente-six années.
« J'ai…Seth sort dans quelques temps, tu penses pouvoir…dîner avec nous…ce soir,…Ton…Masen est aussi invité, je voudrais discuter avec lui »
« Euh…ouais, bien sûr, je passerais à la maison vers 19heures, est-ce que c'est bon ? »
« Bella »
« Ouais »
« La…La maison a brûlé en octobre dernier...Sue et moi habitons un vieux cottage près du lac »
« Co...Comment ? » demandais-je en étouffant un cri dans ma main
« J'ai…J'ai laissé une casserole sur le feu avant de partir et…et »
« Les…les affaires de maman »
« Tout est intact, j'avais mis tout les cartons dans la cave, je les ai fait transporté jusqu'au cottage que nous avons acheté avec Sue » me rassura t-il rapidement
« OK…euh…à ce soir alors »
Timidement, je levais pour essayer de l'embrasser pas certaine qu'il accepte. Sur la pointe des pieds, je réussis à enlacer sa taille pour le serrer contre moi. Son étreinte paternelle vint aussitôt m'engloutir et en quelque sorte me dire qu'il ne m'avait jamais abandonner, même par la simple pensée.
Je finis par me détacher de lui pour embrasser sa joue et quitter le bâtiment.
Edward allait certainement m'en vouloir de reculer d'encore quelques heures notre marathon sexuel ! Qui plus est pour dîner avec mon père !
