Toc Toc Toc...

Hello girlz ! Ai-je une fois de plus abuser de votre absence ?...J'ai bien peur que oui !

Pour les non-inscrites : Guest, Nana10, Ilonka, Grazie, littleangelordevil93, calimero59, CeriseBella, birginie, Habswifes et Nodame - merci vraiment de prendre le temps de laisser une trace de votre lecture, c'est toujours plaisant de lire vos remarques !

Maryfanfictions : Jspr que ce chapitre te plaira, et en particulier le marathon que je n'ai pas entièrement détaillé, ce serait abuser de trop de lemon...xoxo

bellaeva : réponses dans ce chapitre qui j'espère te plaira...xoxo

titiguimoz55 : merci d'être aussi patiente, ça m'aide beaucoup à prendre du temps pour mieux écrire...xoxo

Anysia19 : je suis heureuse de savoir que le chemin long de la guérison ne soit pas frustrant, j'aime rester réaliste...je ne suis pas sûre de t'offrir une confrontation Charlie/Edward dans ce chapitre, celle dans la caféteria de l'hôpital suffit à elle seule pour mettre les choses au clair, il ne leur reste plus que le temps d'apprendre à se connaître...Pour le procès, je pense l'écrire pour le 27ième chapitre, le suivant est un PDV d'Edward, je pense (pas encore écrit) avant d'entamer le procès

Anais88 : Coucou ! Toujours aussi pressée de lire tes remarques ! J'ai un peu de mal à écrire des moments de légèreté entre nos deux personnages, j'ai toujours plus de facilité avec le chagrin (trop bizar !) Je suis heureuse de lire ton PDV sur le couple Sarah/Edward, ça m'aide à mieux comprendre comment est perçu leurs histoire. Merci bcp pour tes encouragements, tu peux savoir le bien que ça fait ! Quand aux citations, j'essaie au mieux d'adapter chacune d'elle au récit, me permettant ainsi de donné une idée générale du chapitre et je suis ravie que ça plaise ! Merci encore de prendre du temps pour ses remarques qui m'aide réellement ! xoxo

Je n'ai oublié personne ?

Je voulais aussi remercié celles qui me suivent, m'ajoutent en favoris, que ce soit sur cette fanfic ou les autres !

Je vous laisse donc lire ce chapitre très long ! J'ai bien tenté de le couper, mais ça n'était pas nécessaire...j'espère que je ne vous lasserais pas au fil des lignes.

Bonne lecture !


Chapitre 25

« Ça fait mal d'apprendre à quitter ceux qui nous quittent, d'apprendre à les aimer en silence, le dos tourné, les yeux baissés. De devoir apprendre à son cœur la force de se vider tout en demeurant habité. Apprendre à pleurer en souriant, à s'en aller en aimant »

Philippe Besson


A l'extérieur du bâtiment, je retrouvais Edward visiblement furieux face à son père. Lui comme Charlie devait probablement condamnait notre relation. Mais malgré les apparences et les convictions de mon père, Carlisle était certainement celui qui devait plus craindre de notre histoire. J'étais le démon dans notre duo, celle aux humeurs instables et aux influences toxiques. Edward ne savait rien, il était comme aveuglé par l'amour qu'il me portait. Il n'y avait qu'à compter les multiples fois où je l'avais quitté, puis ramener à mes côtés sans difficulté. J'avais le monopole de sa souffrance, et j'en retirais un profit inconscient peu importe le mal que je lui faisais.

Si il y a un an et demi, j'étais encore l'une des habitués des urgences du petit hôpital, pour qui il avait de la compassion, aujourd'hui j'étais aussi nuisible à son fils que l'avait été son addiction. Il me détestait et il en avait tous les droits.

Je n'eus pas le temps d'observer leurs échanges, Edward m'aperçut alors qu'il repoussait son père d'un doigt accusateur. Peut être que je devrais m'entretenir avec le docteur pour essayer de le rassurer, quitte à lui mentir. Lui parler du travail acharné que j'avais produit en thérapie, et le convaincre que je n'étais plus une adolescente destructrice. Lui confier avec conviction que j'acceptais ce qui est arrivé. Je pouvais le faire, je pouvais lui assurer être heureuse et épanouie, si ça pouvait l'aider à retrouver son fils. Le docteur Cullen tourna la tête, et j'étais certaine que le diable ne lui aurait pas inspiré autant de haine à cet instant. Je baissais la tête, fuyant son regard bleu perçant qui pouvait à coup sûr me traverser et voir en moi ce que je voulais tant lui cacher. Cachée sous une forte obstination à pouvoir m'en sortir, il percevait cette fragilité qui était encore palpable et capable de prendre le dessus sans crier garde.

Ma peine était devenue un tueur à gage, prête à me buter à bout portant.

Quand je m'y attendrais le moins.

Quand je finirais par penser que le passé n'a plus de raison de resurgir.

J'avançais vers Edward qui passa un bras par dessus mes épaules pour nous ramenait jusqu'à sa voiture. Lui dire que nous devions reculer notre retour à Seattle de quelques heures, allait être compliqué. Dans la voiture, il ne dit rien, son visage furieux ne m'incitant pas à lui parler de l'invitation de Charlie. J'hésitais même à lui demander de faire demi-tour pour refuser finalement de me rendre chez lui.

« Est-ce que ton père n'était pas censé être sur la liste des parias de la ville ? »

« Un carambolage mortel près de la falaise, ils ont eu besoin de plus de médecins...Est-ce que les choses se sont arrangées ? » demanda t-il sans se détourner de la route

« Je crois...Il...Il nous a invité à dîner chez lui, enfin chez eux...ce soir »

Je priais pour que son pied ne vienne pas brutalement s'abattre sur la pédale de frein, et nous voir déboulait sur la falaise que nous traversions. Mais il ne fit rien, ne dit rien non plus.

« Je comprendrais que tu ne veuilles pas, je t'avais promis que nous serions à Seattle avant la nuit »

« Nous ? » fut tout ce qu'il dit

« Euh...ouais, je crois qu'il veut cerner tes intentions vis à vis de moi...qui sont forcément mauvaises pour lui, parce qu'il est impossible qu'un homme de 26ans puisse s'intéresser réellement à une fille de presque 10ans son cadet »

« Il devrait savoir que la fille en question est loin d'être banale » dit-il toujours sans quitter notre chemin

Réaction instinctive dès qu'il me complimentait, mes joues s'empourprèrent. C'était encore insensé d'être ainsi intimidée, touchée par sa présence ou ses mots.

Pathétique.

« Je suppose qu'on va devoir squatter encore ici »

Je souris, satisfaite de savoir qu'il était capable d'affronter Charlie pour peut être m'aider à retrouver sa confiance.

« On y restera qu'une heure ou deux, on pourrait reprendre la route ensuite et être à Seattle vers une ou deux heures du matin, ça ne sera pas si tard »

« C'est pas prudent de rouler en pleine nuit avec ce temps, on attendra jusqu'au matin pour bouger et décamper vite fait de ce bled » sentis-je le besoin pressant de quitter cet endroit pour profiter des derniers jours qu'ils nous restaient

Me remplir des petits moments intenses avec lui pour qu'ils puissent me protéger de la noirceur qui pourrait m'envahir l'esprit pendant le procès.

« Il ne nous reste que deux jours avant que nous repartions pour Phœnix, ce serait perdre trop de temps en restant ici…Et puis on aura moins de chance d'être vus par les paparazzis »

Soudain stoppés sur le bas côté de la route, il scruta un instant mon visage y cherchant certainement la raison de mon empressement.

« Dis-moi ce qui y a ? »

« Rien, j'ai juste envie qu'on retrouve quelques jours l'intimité de ton appartement »

« Bells »

Je soufflais, irritée de ne pas être capable de lui cacher mes pensées. J'avais toujours eu tant de facilité à me protéger des interrogations agaçantes des autres, me permettant ainsi de masquer mes doutes ou mes craintes. J'avais besoin que mon esprit lui reste fermé, pour ne pas parfois le décevoir, pour ne pas lui faire de mal.

« On ne se verra pas pendant je ne sais combien de temps à cause du procès...et...et je suis terrorisée à l'idée de supporter ça seule...Passer un maximum de temps avec toi m'aidera à emmagasiner plus d'ondes positives, de pensées qui me permettront de te tenir quand je douterais »

« Tu seras entourée » glissa t-il une main dans mes cheveux

« Charlie sera là, mais Angie, Paul, Jake, ils seront tous absents...Et...Et tu es sans doute le seul doté cette capacité à me faire changer d'humeur en quelques secondes, et pas parce que je ressens quelque chose pour toi, tu le faisais bien avant que je ne tombe amoureuse »

Les yeux baissés sur mon pull que je triturais nerveusement, j'allais rapidement évincer du revers de la main mes larmes incessantes.

« Bells, regardes moi » m'obligea t-il à relever le menton. « Tu t'es préparée à ça depuis des mois, il ne se passera rien d'autre que ce tu as déjà prévu »

« J'ai...Je suis terrifiée à l'idée d'être complètement tétanisée, de ne pas savoir riposter aux attaques de son avocate »

« Et Calvin est là pour ça, cette nana est une tigresse, tu la connais mieux que quiconque, elle ne laissera pas cette chienne te détruire, elle se battra deux fois plus pour rendre justice à ta mère et qui plus est sa meilleure amie...Tout se passera bien, les preuves sont incontestables, les jurés ne douteront pas de sa culpabilité »

« Elles ne sont que matérielles, rien ne prouve réellement qu'il était là »

« Sauf nos témoignages, nos portraits robots qui coïncident étrangement bien »

Comme la veille, il tira sur sa manche pour effacer mes larmes puis déposa un long baiser sur mon front.

Combien de temps encore devra t-il éponger ma peine ?

« Quelque mois de plus, juste quelques mois de plus, ensuite on pourra enfin respirer » me berça t-il, fermement retenue contre lui

Consolée par ses balancements, ma peine se tut pour me laisser de nouveau souffler.

« Est-ce que tu pourrais t'arrêter devant chez moi ? J'aimerais voir quelque chose » dis-je en quittant ses bras

« T'as besoin de récupérer quelque chose ? »

« Pas vraiment »

J'y avais laissé des centaines de cartons dans cette maison. Des centaines de choses qui me reliaient fragilement à un bonheur passé. Même après la thérapie, je n'étais pas prête à abandonner toutes ces choses. Accepter qu'ils soient morts, je ne peux me résigner à l'idée que notre bonheur n'ait pas existé. Porter leurs alliances, le médaillon de ma mère au cou et les tee-shirts de Phil, c'était comme imaginer que leurs essences y étaient rattachées, et que d'une manière, ils se trouvaient avec moi, peu importe l'endroit où je me trouvais. J'ai un temps était heureuse, et je ne devais pas l'oublier, je ne devais surtout pas l'oublier.

Apprendre à son cœur la force de se vider, tout en demeurant habité...

« Bells »

« Hum »

« On y est »

Je tournais la tête, atterrée de voir par dessus lui la neige recouvrir la cave. Le reste avait disparu dans les flammes dévastatrices que je pouvais imaginer. Suffocante sous le choc asphyxiant, je quittais la voiture, les jambes tremblantes pour m'apercevoir de près ce que j'avais encore une fois perdu. Derrière moi, Edward vint aussitôt appréhender la détonation de ma peine en m'enlaçant fermement.

« Elle disparaît...Tout ce qu'elle a laissé finit par disparaître » pleurais-je face aux cendres

« Elle survit toujours en toi »

« C'est pas vrai…Je la sens plus...je ne ressens plus le parfum sur sa peau, je n'arrive même plus à savoir à quoi ressemble sa voix »

« Tu sais que ça n'est pas vrai »

Doucement, il m'obligea à me tourner vers lui.

« C'est son sang qui coule dans tes veines, c'est de toutes petites parties d'elle qui battent en toi...Tu ne peux pas l'oublier, même si tu le voulais de toutes tes forces, tu ne pourrais pas oublier chaque seconde où tu as été auprès d'elle »

« Le temps est long sans elle...et je suis terrifiée à l'idée qu'un jour il arrivera où je me rendrais compte avoir passé plus de temps seule qu'auprès d'elle »

Ses jades aussi embuées que mon regard, je sus qu'il ne pourrait rien dire cette fois pour me rassurer, me conforter dans l'idée que j'avais tort. Il me voulait, il me voulait auprès de lui aussi longtemps qu'il le faudra...et le temps passé à ses côtés est un temps où je ne suis pas près d'elle.

Je me libérais de son étreinte et remontais dans la voiture, bataillant toujours intérieurement pour calmer mon désespoir.

Pourrais-je un jour faire mieux que l'endormir à coups d'antidépresseurs…

Les rafales cinglantes du vent disparues au matin, le temps fut étonnement doux aujourd'hui. Je demandais à Edward de nous arrêter une nouvelle fois, cette fois sur le parc pour enfants où nous avions eu l'habitude certains soirs de nous retrouver pour respirer l'air froid de la nuit. Mes émotions enflammées, presque corrosives m'amenaient à passer parfois des heures face aux agitations climatiques de Forks pour essayer de les calmer. Près des balançoires enneigées, Edward débarrassa l'une d'entre elles pour s'y poser, je souriais me rappelant cette manière que nous avions de nous retrouver l'un en face de l'autre. A l'époque où la frustration de ne pas pouvoir exprimer clairement nos sentiments, le moindre contact était primordial pour apaiser quelque peu le manque. J'attrapais les deux chaînes pour pouvoir chevaucher Edward. Il s'assura que nous ne tombions alors que j'enlaçais son cou, mon nez frottant doucement contre sa courte barbe.

« Ils pointeront tous et toujours du doigt mes faiblesses, mes défauts, attendant de pieds ferme que je fasse un faux pas pour se convaincre un peu plus qu'on ne mérite pas de croire en moi » dis-je après un long silence, où je profitais des brises relaxantes du vent. « Ne te bats pas à persuader les autres que je vais bien, c'est se battre pour rien »

« J'en peux plus de les voir se focaliser sur tes faiblesses »

« Un jour, les autres arrêtent de comprendre, de te plaindre et de compatir...Ils n'envisagent pas une seconde ce qui nous détruit depuis des mois, des années alors il faut juste que nous aussi on arrête de se lamenter, de leur montrer ce qui nous fait tant de mal » m'arrêtais-je pour embrasser ses lèvres. « Toi c'est différent, tu pénètre mon âme comme aucun autre ne pourrait le faire, et tu arrives à voir ce qu'il y a de meilleur en moi »

« Tu me restes parfois étrangère »

« Où ça nous mènerait nous deux, si nous n'avions pas de secret pour l'autre...On s'ennuierait ferme et on finirait par ne plus trouver de l'intérêt dans l'autre »

Il glissa une main dans la poche arrière de mon jean pour raffermir notre étau.

« Si je ne suis pas morte à cette époque, c'est à cause d'une petite phrase banale. Puis de la voix qui l'avait prononcé. Puis du beau visage sur lequel cette bouche se trouvait » citais-je Grégoire Delacourt, un écrivain français

Sa bouche vint aussitôt enlacer doucement la mienne.

« Je t'aime » souffla t-il avant que je ne ferme les yeux quand il nous balança doucement

« Tu ne m'as pas dit que Lauren était censé y tenir la caisse ? » s'arrêta Edward sur le parking de la grande épicerie, qui nous servait aussi de supermarché à Forks

« Elle doit être en cours à cette heure ci »

Il était presque dix-huit heure trente quand je demandais à Edward de faire un détour par la supérette avant de nous rendre chez Charlie. J'avais prévu d'y faire quelques courses, pour les quelques jours qui me restait avec Edward. A Seattle, il m'aurait été impossible d'être aussi discrète qu'ici, qui plus est en compagnie d'Edward.

« Avoues que c'est Candice que tu veux rendre furieuse »

« Ton assurance m'exaspère parfois Masen »

« T'étais déjà en mode Mike Tyson dès qu'elle m'approchait » passa t-il un bras par dessus mes épaules alors que je prenais de l'avance

« T'insinuerais que la seule raison pour laquelle je t'ai obligé à descendre de la voiture, c'est pour montrer à cette petite pute que l'homme le plus canon qui est été en ville dans les cinquante dernières années sort avec moi »

« Hum...c'est ça »

« Tu te trompes...Tu me serviras juste à porter les sacs, t'engloutis autant de nourriture que lorsque j'étais obèse, c'est à se demander où peut aller toute cette graisse que t'ingurgite »

« Entre les jambes de ma petite-amie »

Il se moqua en me relâchant alors que nous entrions dans le magasin. Un sourire fier sur mes lèvres, Candice se redressa de sa caisse pour nous fixer avec stupeur. J'attrapais un panier et poussais mon homme vers les rayons. J'avais du supporter la vulgarité de cette nana, et son obstination à vouloir mettre Edward dans son lit, chaque fois que nous avions traversé séparément ses portes. Alors j'agissais peut être comme une midinette en m'affichant fièrement à son bras, mais son air abruti le valait bien.

Les rayons désertés me permirent calmement d'acheter ce dont j'avais besoin, sans faire face aux jugements et autres ragots. Je n'avais plus rien à faire ici, mais Charlie s'y trouvait déjà et il n'avait pas besoin qu'on lui rapporte que sa fille s'affichait fièrement au bras de son ancien professeur et accessoirement père de son bébé perdu. Ma liste de repas terminée, nous passions par ce qui restait mon rayon favoris. Nous cessions tout bavardage quand nous vîmes Andréa Flynn et Serina Nicole entrées dans le magasin. Nous ne pouvions pas pire tomber que sur les deux mégères de la ville. Je pensais que la neige pouvait au moins arrêter ces deux là. Si je m'étais exilée ici de la pression médiatique, je n'étais pas moins protégé des rumeurs. Faut croire que ce bled situé au milieu de nulle part incitait les habitants à créer leur propre divertissement.

« Tout le monde va finir par croire que j'ai une mauvaise influence sur les personnes équilibrées » dis-je doucement en relevant la tête vers Edward, qui avait croisé ses bras autour de mon cou. « J'ai détourné la fille du pasteur, puis le gentil professeur de philosophie »

Il ne dit rien, se contentant de baiser doucement mes lèvres.

« Je n'ai jamais été aussi équilibré que depuis que je te côtoie » confia t-il contre ma bouche

Toujours insensible aux voyeurs, je laissais finalement Edward me plaquer contre la paroi des produits frais pour m'embrasser. Nos six mois de séparation nous rendaient définitivement hermétique au monde extérieur. Cette bulle que nous avions toujours réussi à former était notre seule façon de nous protéger, nous évader. Et le temps nous était compté avant cette distance obligatoire que nous devrions respecter pendant toute la durée du procès. Sa main dans ma nuque, je me délectais avec toujours autant de désir et de plaisir, de cette emprise qu'il avait sur moi. Il me rendait dingue tout en étant mon garde-fou. Haletante, je repoussais mes limites dans un dernier baiser langoureux avant de le repousser.

« J'aurais du te sauter dans cette putain de chambre d'hôtel » se plaint-il contre mes lèvres, avant d'y insinuer une nouvelle fois sa langue

« C'est toi qui préférait qu'on soit chez toi pour prendre ton temps »

« J'avais donc raison » entendîmes-nous derrière Edward

Surpris, il se retourna pour que nous puissions voir Lauren, étrangement calme.

« Qu'est-ce que tu fous là ? T'es pas censé être en cours ! » l'attaquais-je, toujours aussi agacée par sa présence

« Fitzgérald est absent »

« Allons-y » pris ma main Edward pour me tirer derrière lui

Lauren vint aussitôt nous devancer pour nous stopper.

« Attendez...Je ne suis pas là pour vous juger, j'en ai rien à faire que vous soyez ensemble ou pas »

« Quoi ? Tu ne penses plus que Masen est coupable de ton redoublement » avais-je appris par Angela

« J'ai été stupide, j'en ai conscience »

« Stupide ?! T'as insulté ma mère ! » lui fis-je face pour pointer un doigt accusateur contre elle

« Et je m'en veux parce qu'elle vaut sans doute mieux que n'importe qui ici...Écoute, tu ne pourras sans doute pas me pardonner et je le comprends...J'en avais juste marre que tu nous maltraites à longueur de journée, mais je crois qu'on a eu...que j'ai eu tendance à oublier ce que tu as vécu »

Les yeux exorbités, choquée de ce retournement de situation et de son changement d'attitude, je reculais pour scruter une once de malhonnêteté dans son regard.

« Je suis sincèrement désolée Bella »

« Tu mens encore ! »

Elle baissa un instant les yeux, comme blessée avant de m'affronter de nouveau.

« Je ne vais pas t'embêter plus longtemps...mais...je voulais t'informer que l'avocat de Jesse McDonald m'a appelé à témoigner et j'ai accepté »

Elle était l'une des filles que j'avais battues violemment l'année dernière. Son témoignage pourrait à coup sûr me discréditer aux yeux du jury.

« Tu...Tu ne peux pas » reculais-je, les mains sur ma bouche pour étouffer un sanglot

Elle ne pouvait pas. Elle ne pouvait pas anéantir mes chances d'enfermer mon bourreau.

« Je ne compte pas te descendre » voulut-elle me rassurer rapidement. « J'ai aussitôt voulu joindre ton avocate, Charlie m'a donné le numéro, je voulais lui demander son avis, savoir ce que je pouvais faire ou dire pour que les jurés ne pensent pas que tu puisses être une fille violente...Elle m'a conseillé de dire la vérité, que de toute façon elle saurait te défendre des préjugés que pourrait créer la défense...J'ai été une putain de grosse chienne avec toi depuis...depuis qu'ils sont partis, alors ils ne pourront pas me faire dire que tu n'es qu'une petite opportuniste incapable de contrôler ses pulsions, d'après les dires de cette avocate »

Interloquée par ses révélations, je baissais les armes et approchais pour l'enlacer timidement.

« Ils me les a pris et si...si tu pouvais me permettre de me défendre des attaques, je ne pourrais jamais te remercier assez »

« Si je peux t'aider à envoyer ce chien dans le couloir de la mort, alors je te promets de faire tout mon possible pour y participer » me serra t-elle plus fermement contre elle

Émue par sa détermination, je la gardais contre moi une minute de plus.

« Bells, faut qu'on y aille » me rappela Edward

« Ouais...j'ai failli oublier » me défis-je des bras de ma camarade

« Je suppose qu'on se verra bientôt »

« Ouais...à une prochaine fois » la saluais-je discrètement, toujours étourdie par son attitude

Toujours dans l'émotion de cette rencontre surprenante, je laissais Edward me guider vers la voiture pour que nous gagnions le lac qui longeait la forêt.

« J'espère que tu as conscience que je mets clairement ma vie en danger, en traversant le pas de cette porte »

Garé près d'un vieux pavillon en pierres blanche, je me moquais des craintes d'Edward vis à vis de ce dîner avant de me focaliser sur le cottage où emménager aujourd'hui mon père. Malgré l'excès de verdure qui me rebutait toujours autant, je fus surprise de voir les aménagements faits pour offrir un impressionnant panorama, ce qui me faisait douter de l'identité des habitants. Charlie n'avait jamais eu pareil goût pour l'endroit où il vivait. Conséquence de son célibat et de son emploi du temps chargé. Il était certain qu'une femme demeurait ici. Un chemin tracé de dalles de pierres protégeait les plantations colorés présente de chaque côté de l'allée, le tout gardé sous le toit d'une magnifique véranda.

Charlie finit par sortir pour nous accueillir.

« Je préférais qu'on évite de lui parler de Los Angeles, laissons le digérer la matinée » dit une dernière fois Edward avant de quitter la voiture

Les tripes nouées, j'avançais vers un Charlie aussi nerveux que Sue, sa...sa femme qui nous accueillait avec un sourire crispé. Ma mère encore à mes côtés, il fut un temps où je l'avais qualifié de seconde figure maternelle. Aujourd'hui, je ne pouvais oser l'imaginer prendre sa place.

« Salut » fis-je timidement. « J'ai...J'ai apporté ça » tendis-je vivement la tarte aux abricots, achetée chez Martha

« Merci Bella...entrez, il fait beaucoup trop froid pour qu'on s'éternise » prit les devants Sue, face à Charlie qui fut raide, toisant d'un mauvais œil Edward

J'intégrais la première la grande demeure, exaltant face à la chaleur propagée par le feu de cheminée que je percevais du couloir où je me trouvais.

« Laissez-moi vous débarrasser » tendit Sue les mains dans mon dos

Timidement, je la laissais m'extirper de mon manteau avant qu'elle n'en fasse de même avec Edward. J'ôtais mon bonnet et mon écharpe pour les lui tendre à mon tour.

« Asseyez-vous, je vais chercher de quoi boire »

Edward et Charlie s'installèrent sur les canapés, campés au milieu du salon alors que j'avançais vers les cadres posés sur le bord de la cheminée. Je reconnus ceux présent chez Charlie, surprise qu'ils n'aient pas disparus dans l'incendie.

« Ils proviennent de mon bureau » entendis-je Charlie dire derrière mon dos.

« Est-ce qu'il s'agit de l'ancienne propriété du vieux Garry ? » demandais-je, curieuse de savoir comment il avait pu acquérir un tel terrain, avec sa paie de fonctionnaire

« Tim a fait une récolte après que la maison ait brûlé, Garry l'a légué à Martha, qui a décidé de nous en donner le titre de propriété pour une somme symbolique »

« Pourquoi ne pas cohabiter avec Sue ? »

« Nous l'avons fait pendant un mois, puis nous avons découvert ce que la ville traficotait depuis l'incendie...Il y a plus de place ici, pour le »

« Pour le bébé » finis-je pour lui, contenant difficilement la jalousie qui me transperçait la gorge

« Oui, mais aussi pour Seth et...et toi ? »

Surprise, je me retournais.

« Je...Je ne savais pas si tu comptais revenir un jour mais...mais nous avons aménagé une chambre »

Ne sachant quoi dire face à l'espoir qui transparaissait dans son regard, je me détournais de nouveau pour me focaliser sur mes premiers pas figés sur l'une des photos. L'époque où passait du temps dans cette ville n'était pas un fardeau, mais des instants où je pouvais profiter de mon père semblaient révolus. Les choses avaient changé, les lieux que j'avais tant chéri étaient teintés aujourd'hui par la noirceur de ma dépression. Et je n'étais plus sûre de pouvoir être à nouveau heureuse ici...qui plus est dans cette nouvelle famille, où je m'y sentais étrangère.

« Où est Seth ? »

« Dans sa chambre, il s'est endormi il y a deux heures, il viendra nous rejoindre pour le dîner »

Je décidais d'aller regagner le sofa où s'était installé Edward, le soulageant ainsi du regard assassin que lui renvoyait mon père.

« Comment tu vas depuis...depuis que tu es sortie? » m'interrogea Charlie

« Mieux...Le psy a donné son autorisation de sortie une semaine plus tôt, afin que je puisse préparer le procès avec Erika, il est convoqué dans un ou deux mois pour témoigner »

« Témoigner ? »

« La défense pourrait utiliser mes délires hallucinatoires pour mettre en doute la véracité de mes déclarations »

Sue revint avec un plateau de soda et cafés pour nous réchauffer.

« Un ou deux mois ? » intervint Sue en s'installant prudemment aux côtés de mon père

« Je suis la dernière victime de Jesse, chaque affaire est traitée dans un ordre chronologique pour ne pas brouiller les esprits du jury » avais-je appris cette après-midi par mon avocate

« Pourquoi te préparer tout de suite au procès ? »

« La défense sait que j'ai été l'une des élèves d'Edward...ce qui pourrait théoriquement faussé nos déclarations faites à New -York...Erika pense qu'il serait plus judicieux de me préparer aux attaques et...et au face-à-face avec Jesse »

« Co...Comment vous-sentez vous monsieur Masen ? » s'intéressa étrangement Sue

Edward me regarda brièvement avant de s'éclaircir la voix pour répondre.

« J'appréhende »

« Pour quelle raison ? » demanda aussitôt mon père

« Je...Comme Bella, je suis entré il y a un an en cure de désintox, et ça pourrait s'avérer être en ma défaveur »

« J'ai...Charlie m'a dit que maître...maître Calvin avait gagné presque tout ses procès » balbutia Sue face au visage fermé que j'affichais

Confortablement calée contre mon père, je ne pouvais m'empêcher de ressentir une pointe de colère me transperçait les côtes. Mon côté raisonnable me poussait à penser que c'était complètement absurde de me sentir ainsi offensée. Je n'avais jamais eu à rejeter Phil lorsqu'il est entré dans nos vies. Il rendait heureuse maman et c'était tout ce qui comptait.

Leur mariage, je l'avais envisagé des tas de fois avec Seth. Sue était veuve depuis une dizaine d'années et Charlie était l'homme dont elle était le plus proche. La tension entre eux était palpable et je ne pouvais qu'être exaucée en participant à leur union officiel. Mais les circonstances étaient différentes aujourd'hui, comme ci l'idée qu'on puisse être heureux sans qu'elle ne soit présente, ne serait-ce que dans ma vie, nous condamne à être éternellement malheureux.

« Maman était sa meilleure amie, elle obtiendra l'injection létale ! » fis-je acerbe

Elle s'empourpra aussitôt face à l'agressivité dont je faisais preuve à son égard.

« Je suis désolée...Je ne sais pas pourquoi j'agis de manière aussi enfantine »

« Te blesser n'est certainement pas ce que nous voulions...Mais nous ne savions pas non plus comment nous devions agir avec toi »

« Vous auriez du m'en parler, je ne vous aurais certainement pas sauter au cou pour vous féliciter, mais ça m'aurait éviter ce genre de surprise...Je l'ai ressenti comme un poignard de votre part, comme si je ne faisais plus parti de cette famille, parce qu'il est clair que tu faisais partie de ma seconde famille...Je me suis toujours sentie bénie d'être toujours aussi bien entourée malgré le divorce de papa et maman...Aujourd'hui, j'ai la sensation d'y avoir été délibérément exclu pour que je ne trouble pas votre petit bonheur et la santé mentale du bébé »

Une énième fois, mes larmes refirent surface.

Hum, quel soulagement d'être dehors, n'est ce pas...C'est à croire que le monde fou ne se trouve pas dans cet asile, mais bien dehors..

« Tu n'as jamais quitté nos cœurs chérie » voulut me rassurer Sue. « Ce bébé aura son grand frère mais aussi sa grande sœur, je compte sur toi pour lui transmettre ta passion pour la littérature...Seth ne pense qu'à lui apprendre le skateboard, et Charlie, ce n'est pas mieux, il ne parle que de base-ball et d'après-midi de pêche »

J'esquissais un sourire alors que mon père relevait les yeux.

C'était donc un petit garçon...

« Nous n'avons jamais pensé un seul instant que tu puisses être absente pour le jour de sa naissance, ou ses anniversaires...Tu es la fille de Charlie, et pardonnes moi si je te heurte quand je te dis penser que tu es comme la mienne aussi...Tu as ta place dans ce foyer Bella »

Touchée par sa déclaration, mes larmes redoublèrent d'intensité. Je détestais cette overdose de sensibilité dont je faisais preuve par moment. Je me cachais un instant dans les bras d'Edward pour me calmer et reprendre contenance.

« Nous t'aimons Bella, Charlie t'aime quand tu pleure ou quand tu ris...Pardonnes lui son impuissance pendant ta dépression, mais il n'a jamais imaginé un jour t'abandonner »

Mes larmes épongées, j'affichais pour la première fois un sourire franc face à mon père que je sentis soulagé.

« Je crois que Bells est devenue trop sensible » entendîmes nous du couloir avant de voir apparaître Seth en fauteuil roulant

« Chéri, tu devais rester au lit » se releva aussitôt Sue pour aller caresser le visage de son fils

« Je mourrais de faim et je voulais voir Bella »

« On va passer à table dans quelques minutes » disparut-elle dans la cuisine

« Où peut stocker une asperge comme toi tout ce que tu bouffes » raillais-je Seth

« Tiens Kim Kardashian dans mon salon...t'as pas pris un peu de cul » surenchérit-il

Je me levais aussitôt pour courser ce petit con, à travers le salon

« Je suis en fauteuil ma petite, t'es pas prête de me rattraper »

« Seth, Bella, vous allez finir par casser quelque chose » dit calmement Charlie

« Dis lui de retirer ce qu'il vient dire »

« Je suis sûr que Masen pense la même chose »

Tous tournés vers Edward, nous attendions sa réponse.

« Oses un instant penser qu'il a raison et fais une croix sur... » m'arrêtais-je subitement avant de révéler ses pensées perverses

« Tu lui fais du chantage, c'est pas du jeu ! »

« Je préfère m'abstenir de toute réponse »

« Je préfère aussi » dit sévèrement Charlie

« A table ! » nous appela Sue, nous permettant de détourner l'attention de mon père, qui ne cessait de fusiller du regard mon petit ami.

Affamés, je laissais Edward et Seth suivre Sue, pour intercepter mon père.

« Je t'en prie, ne soit pas dur avec lui »

« J'essaie...mais tu ne peux pas me forcer à accepter que ton professeur de philosophie, est aujourd'hui ton petit ami »

« Il est avant tout un ami sur qui j'ai pu compter...Tu serais étonné de savoir le nombre de choses ou de concession qu'il a fait pour moi...Il y est pour beaucoup dans le succès de cette cure, alors évites de le juger comme le pervers qu'il n'est pas » le prévins-je avant de rejoindre la table garnie

Installée près d'Edward, je fus ravie de pouvoir être face à Seth. Doté d'une éternelle joie de vivre, il arrivait à relativiser en toutes circonstances. Avoir son soutient aujourd'hui m'aiderait peut être à me rapprocher d'Angela. Sa présence dans mon futur était indispensable.

Elle avait connu maman, et je devais préserver ce lien pour perpétuer son souvenir dans ma mémoire...

« Alors, comment ça s'est fait vous deux ? » demanda ce qui était à présent mon demi-frère. « Je veux dire, est-ce que vous saviez l'un pour l'autre au sujet de Jesse ? Parce que faut avouer que c'est hyper bizarre que deux victimes d'un même meurtrier se retrouvent dans le même bled ! »

« Seth cesse de parler de cet homme ! » le réprimanda Sue

« Je veux juste savoir s'ils étaient au courant »

« Pas un seul instant » répondit Edward. « Je n'ai d'ailleurs compris que récemment pourquoi toute la ville la surprotégeait tant »

« Vous ne vous êtes jamais demandé ce qui a pu tuer Renée ? »

« J'ai soupçonné la maladie, jamais le meurtre »

« Parlez d'autres choses les garçons » répéta Sue, face à mon malaise

« Vous n'avez jamais entendu parler de Phil ? Ou des exploits de ce type dans le base-ball ? » surpassa Seth l'ordre de sa mère

« Je ne suis pas un grand fan de base-ball, plutôt de basket »

« Lakers ? »

« Ouais »

« La blessure de Bryant inquiète »

« Il s'en sortira » lui assura mon petit ami

Le sport. Une fois lancé sur le sujet, les hommes sont incapables de s'arrêter. Débattant de la prochaine saison, je fus même surprise de voir mon père intervenir plusieurs fois.

Le sport apaisait définitivement les mœurs…

Soulagée de voir l'ambiance se réchauffait doucement, je me penchais vers Sue.

« Est-ce que je peux ? » montrais-je du doigt son ventre rond

Elle prit aussitôt ma main pour la poser dessus.

« Je me suis toujours demandé ce que ça faisait d'avoir des frères et sœurs, Seth a Leah, Angie a ses petits jumeaux, Jared ses grandes sœurs, idem pour Jake »

« Est-ce que tu en as déjà parlé avec Renée ? »

« Pas vraiment, je crois qu'elle aimait que je sois sa fille unique, elle craignait de ne pas être à la hauteur d'un second bébé, lui consacrer autant de temps qu'elle l'a fait avec moi »

« Tu as toujours été sa petite princesse »

« Il paraît que pour financer ses études de maîtresse des écoles, elle avait trouvé un job de barmaid...Elle était incapable de me refiler à une nourrisse alors elle cachait mon couffin sous le bar pour pouvoir garder un œil sur moi »

« A l'époque, je me souviens du nombre de recommandations qu'elle me refilait pour que je prenne soin de toi, au cas où Charlie ne pourrait pas être là toute la journée...J'avais fini par fourrer un téléphone dans mon soutien-gorge pour pouvoir répondre chaque fois qu'elle appelait...Viens avec moi, je veux te montrer quelque chose » finit-elle en se relevant

Ma main dans la sienne, nous quittions la table, transparentes aux yeux des garçons. Sans un mot, nous abordions un grand et large couloir criblé de cadres photos de notre famille recomposée. La solidarité surprenante dont avait fait preuve toute la ville m'émut et à défaut de l'avoir délaissé depuis un an et demi, j'étais heureuse de le savoir si bien entouré, si bien épaulé. Sue s'arrêta brusquement devant une porte où était inscrit en lettre calligraphique mon prénom. Elle lâcha ma main et ouvra, m'invitant à entrer la première.

A l'intérieur, mes démons mis en quarantaine surgirent en force face aux innombrables photos qui recouvraient les trois murs, ainsi que le plafond. Son sourire, ses yeux pétillants me regardaient faire mes premiers pas, m'endormir dans ses bras ou souffler mes seize bougies. Figée, j'agonisais pourtant sous la douleur intolérable du manque.

Te souviens-tu Bella de ce que tu ressentais quand elle te caressait ? Est-ce que tu te rappelles de cette manière qu'elle avait de t'enquiquiner quand tu ne te réveillais pas le matin pour te donner ton premier cours ?

Je secouais la tête, incapable de me rappeler de toutes ces choses.

Parce que tout ce dont je me souviens c'est ses supplications.

Ses sanglots insupportables.

Son corps nu étendu sur le lit.

Son corps totalement déshumanisé.

La lueur de ses yeux marron qui s'éteint.

Son âme qui fuit l'humiliation, et l'enfer.

Son cœur qui m'abandonne pour laisser le vide me broyer de l'intérieur.

« Bella » sortis-je de ma torpeur pour entendre Edward m'appeler, le regard inquiet

Apprendre à pleurer en souriant…

Les poings crispés le long de mon corps, je ravalais le feu et les cris de douleurs pour le rassurer. Il n'avait pas besoin de voir, comprendre que la thérapie m'a aidé, mais n'a pas fait de miracle.

« Je suis désolée » osais-je un sourire en coin. « Je me suis perdue dans mes souvenirs, mais tout va bien »

« Tu avais disparus »

« Je suis là, j'essayais juste de comprendre comment maman a pu me persuader de porter une chose aussi immonde » pointais-je du doigt une photo où je portais un pull over rose

Il se tourna et sourit à mon visage enfantin qui s'extasiait devant l'océan.

« Allons manger un dessert » ordonna Sue avec enthousiasme, pour faire disparaître le vent de panique que j'avais soufflé

Edward embrassa mon front avant de suivre ma belle-mère. Sur le pas de la porte, Charlie et Seth continuaient de scruter la moindre arrivée d'eau. J'approchais et m'engouffrais dans les bras de mon père pour qu'il me réchauffe de son étreinte paternelle.

« Je vais bien »

« Maman ne voulait pas te blesser, elle pensait juste que ça te ferait plaisir de savoir qu'elle ne voulait pas prendre la place de Renée » me rassura Seth dans mon dos

« Je sais…j'ai juste été surprise, désolée de vous avoir affolé »

« Je sais qu'elle te manquera toujours, mais j'ai besoin que tu ailles mieux » resserra Charlie l'étau autour de moi

« La Bella d'avant n'aurait-elle pas tout saccagé avant de partir comme une enragée » plaisantais-je en relevant la tête

Mon père sourit contre mon front.

« Montes sur mes genoux JLo, je suis sûr que de trimbaler un cul pareil est un exploit de tout les jours…Tu pourrais servir de toboggan avec un cul pareil ! »

J'adressais mon majeur à cet enfoiré, avant de monter prudemment sur ses genoux. Charlie rouspéta en nous poussant vers le salon.

Aveuglée par ma peine, j'avais occulté cette famille dans laquelle j'avais grandi et qui aujourd'hui en plus de s'agrandir, m'offrait peut être des jours meilleurs.

La sonnerie de la porte retentit quand nous arrivions dans le salon. Charlie partit ouvrir alors que je me relevais. Le sourire retrouvé, la présence de Jake dans le salon me l'arracha des lèvres, furieuse de le voir ainsi me poursuivre.

« On va y aller » décidais-je brutalement pour échapper à un énième conflit

Ce connard se posta immédiatement devant moi pour m'arrêter.

« Attends, je suis venue pour m'excuser »

« De quoi ? D'avoir insinué que je serais toujours une putain de junkie ? Ou d'avoir frappé un homme que tu ne connais même pas ? »

« Les deux…J'ai merdé, je le sais…Mais quand je t'ai vu, je me suis rappelé de l'état d'Angie la dernière fois qu'on s'est vus et ça m'a rendu fou de rage, parce qu'elle a toujours fait en sorte de te comprendre et de te protéger, et si elle ne t'a rien dit de ce bébé, c'est pour pas que tu ne sombres plus profondément »

« Je sais » fuyais-je son regard pour ne pas afficher la peine qui vint instinctivement troubler la vue au souvenir de notre violente altercation

« Alors pourquoi tu l'as rejeté aussi brutalement ? »

« Elle était malade, elle souffrait ! » me défendit Seth

« Seth »

« Dis lui que tu vas bien aujourd'hui ! »

Sa gorge nouée, je pouvais la ressentir. La peine de m'avoir vu fuir encore une fois, de m'avoir vu les abandonner.

Fatiguée de devoir encore rendre des comptes pourtant nécessaire, je m'agenouillais un instant pour ravaler mes larmes dans mes bras.

Le repos éternel était-ce dont j'avais besoin pour ne plus avoir à me battre…

J'avais merdé et je devais accepter que remonter la pente soit si éreintant. Je me relevais et lui fit de nouveau face.

« Rien ne pourrait justifier ce que je vous ai fais, ni à elle, ni à vous…J'étais en colère, folle de rage de la voir mourir chaque fois que j'ouvrais les yeux, vous n'y étiez pour rien mais j'ai fini par vous haïr d'être là ou de ne pas l'être assez, d'être en vie, pourquoi elle et pas vous, j'avais mal, profondément mal ici » appuyais-je mon poing contre mon ventre. « Et Edward n'y était pour rien »

« Tu t'es tirée l'année dernière à cause de lui et tu as un accident de voiture, vous vous êtes retrouvés en juin, et comme par hasard tu fais une overdose chez lui...Ce type n'est pas fait pour toi, il t'enfonce » scanda t-il

« Je me suis tirée parce que je ne me sentais plus à ma place avec vous, parce que vous aviez beau faire semblant que rien ne s'était passé et que nous étions toujours la même bande de potes, rien ne changeait Jake, j'allais toujours un peu plus mal »

« Il n'avait pas le droit de t'approcher, il était censé se tenir de l'autre côté de la ligne !…Il se droguait sous tes yeux, comment peux-tu le côtoyer alors qu'il pourrait replonger et te faire retomber avec lui »

Je sentis dans mon dos, Edward vouloir intervenir mais je l'arrêtais rapidement d'une main.

« Edward n'a jamais rien eu avoir dans mes problèmes...J'étais une junkie avant de le connaître, j'étais une épave avant qu'il n'arrive, et vous le savez tous très bien...Tu ne le connais pas…Cet homme a certainement plus de volonté que je n'en ai eu dans toute une vie, je n'ai pas à te prouver quoi que ce soit Jake, il n'a pas à te prouver quelque chose…Vous lui donnez tous le mauvais rôle, sans penser que son deuil, comment pouvez-vous occulter le fait qu'il ait du supporter le viol et le meurtre de sa femme et de son fils » expirais-je bruyamment, consterné par son attitude, leur attitude, cette insensibilité dont ils faisaient preuve à son égard. « Son courage et sa putain de force sont ceux qui m'ont poussé à m'investir deux fois plus dans cette cure, qui m'ont permis de réaliser que me planter une lame dans les tripes était lâche et honteux…Qui sait ce qui aurait pu se passer si il ne s'était pas trouvé sur ma route…J'ai une confiance aveugle en lui »

« Sors d'ici si t'es venu foutre ta merde » intervint une nouvelle fois Seth. « Moi je l'aime bien ce type, il l'a rend heureuse et ce n'est pas ce qui compte après tout ce temps où elle a morflé ! Si il venait à lui faire du mal, alors je serais le premier à le buter, mais pour le moment, il l'a rend juste heureuse alors viens pas la chercher avec tes putains de reproches »

« Seth, ton langage ! » le réprimanda Sue

Les yeux vissés sur le visage déconfit de Jake, nous attendions qu'il quitte le salon pour retrouver une ambiance plus calme.

J'étais consternée qu'il ne puisse pas être capable de me soutenir, voir que je me démenais pour retrouver leur putain de confiance, et ainsi aller de l'avant.

Il releva finalement une main après une interminable minute qu'il tendit vers Edward, et que mon petit ami accepta aussitôt.

« Bien » fis-je profondément soulagée.

Quelques mètres encore à parcourir avant de nous retrouver au complet...

« J'ai faim, on le mange ce dessert »

Réinstallés sur les canapés du salon, la conversation tourna principalement autour du procès, avant que Charlie ne s'intéresse à nos projets, et plus particulièrement les miens.

« Est-ce que tu comptes toujours suivre un cursus en littérature ? »

« Teddy a une nouvelle fois fait les démarches, et Stanford accepte de m'intégrer à la rentrée prochaine…Je compte m'installer à L.A pour pouvoir habiter dans la résidence que m'a légué Phil, ce qui m'oblige à suivre mes cours à distance, mais pourrait me permettre de me reposer un an avant que je ne vive près du campus »

« Seule ? Je veux dire, tu habiteras seule dans cette résidence ? »

« Oui…enfin, je crois »

Son regard perçant, identique à celui qu'il affichait certainement pour soutirer quelques informations aux suspects de ces affaires, je savais déjà que mes lèvres traîtresses lui diront ce qu'il veut t'entendre.

« Bells »

« Edward a une vie à Seattle, nous ne… »

« Bells »

« Il ne veut pas, ok…Il ne veut pas qu'on s'installe ensemble, parce que ça pourrait blesser l'ego de monsieur de vivre dans une maison qu'il n'a pas acheté » mentis-je

A moitié !

« Je t'ai déjà dit que j'aurais l'impression désagréable de me faire entretenir » répondit calmement mais durement mon idiot de petit ami sous l'œil étonné de mes proches. « Cette villa respire le luxe et la fortune, je veux pas qu'elle puisse me rappeler chaque fois que je marche sur son marbre que je ne suis qu'un petit professeur de lycée qui gagne moins de 2000$ par mois »

« Vous êtes trop bizarre ! » s'étonna Seth, regardant Edward comme ci une deuxième tête venait de lui pousser sur le front. « Qui se plaindrait d'avoir un distributeur pour copine ! »

« Seth, c'est de ma fille dont tu parles » rouspéta Charlie

« Désolé papa » se moqua cet idiot

Ce mariage et devenir officiellement mon demi-frère semblaient beaucoup l'amuser. Charlie roula des yeux, exaspéré.

« On en reparlera plus tard » conclus-je. « Il est minuit, on devrait rejoindre Port Angeles » remarquais-je sur l'horloge au dessus de la cheminée

« Ce n'est pas prudent que vous preniez la route maintenant, le temps a sûrement du rendre la route impraticable » s'inquiéta Charlie. « Tu as ta chambre, et Edward pourrait dormir ici »

Edward ? Plus de « vous », ni de « pervers », « détraqué » ou « junkie » ?

Un petit pas pour l'homme, un grand pas pour l'avenir…

« Edward est prudent et à installer des chaînes aux roues…J'aurais voulu pouvoir m'éterniser, mais je dois encore préparer tout un tas de choses avant de rejoindre Phœnix »

« Tu es sûre ? Charlie a raison Bells, c'est dangereux » intervint Sue

« Certaine, nous ne roulerons que jusqu'à Port Angeles, ensuite on reprendra la route à l'aube…C'est vraiment nécessaire »

J moins deux avant le procès. Edward et moi n'avions pas de temps à perdre avant de faire face à une nouvelle séparation.

« Est-ce que ça vous dérange si je récupère quelques trucs pour le procès dans ma penderie ? »

« Non, vas-y, tu verras que tout est rangé comme tu le faisais » répondit Sue

« Edward, tu veux bien m'aider à tout prendre pour les porter à la voiture »

« Ouais, bien sûr »

Au delà du fait que ce procès annonçait ma première apparition publique, me présentait en talons hauts et jupe crayon devait avant tout me permettre d'afficher une certaine maturité. Mes déboires derrière moi, l'avocate de ce psychopathe n'hésiterait pas à revenir dessus, pour prouver une mon instabilité mentale et ainsi mettre en doute mes déclarations. Alors il devait émaner de moi aujourd'hui une certaine sagesse. Dans la chambre, je tirais les cintres qui portaient mes vêtements de tout les jours sur le côté droit de la penderie pour faire le tri dans ceux que j'avais vêtis lors de grandes occasions.

C'était une autre époque...

« Est-ce que t'as réellement porté ça un jour ? » attrapa Edward l'une de mes paires de Louboutin

Sur quatre grandes étagères, Daddofil, Divinoche, Highness, et trente autres répliques de semelles rouges y étaient étalées. Sue avait vraiment fait du bon boulot. Cette penderie était digne des plus belles résidences. J'effaçais le sourire de cet idiot en enfilant la paire qu'il me tendait pour défiler sur l'espace vide de la chambre.

Marcher avec 16centimètres de talons était un des grands exploits dont j'étais fière…

« Jures moi un jour de les porter quand je te ferais l'amour » me ramena t-il brutalement contre lui

« N'importe quoi pour toi »

Le coffre de la Range Rovers chargée de housse de vêtements et de chaussures, Edward et moi étions prêt à partir.

« Attends-moi là » prévins-je mon homme. « Je vais aller border mon petit frère »

« Je t'emmerde Bells »

« Seth ! » cria Sue, sous nos rires

Suivi de près par Jake, je ramenais Seth dans sa chambre. Tous les trois allongés sur son lit, nous contemplions un instant son plafond, avant que tous les deux ne se tournent vers moi.

« Est-ce que tout va redevenir comme avant Bells » demanda Jake. « Je veux dire les délires, les soirées, les vacances ? »

« Je vous le promets, j'en ai fini, vraiment fini » assurais-je avec conviction. « Mais pour ça, j'ai besoin que vous me rameniez Angie, je n'arrive pas à la joindre, j'ai laissé un tweet et elle n'y répond pas »

« Elle doit seulement être occupée avec ses cours » voulut me rassurer Seth

« J'ai vraiment besoin de lui demander pardon » mendiais-je subtilement son numéro de téléphone

« Seth a raison, elle doit surement être très occupé, et puis ça doit bien faire un an qu'elle ne s'est connecté à ce compte…Elle est constamment sur messagerie ces derniers temps, Paul aussi »

Jake fouilla dans la poche de ma veste pour attraper mon téléphone et y enregistrait le numéro de mes deux meilleurs amis.

« Tu pourras toujours essayer de la joindre »

Je l'espérais de tout cœur…

« Il paraît que vous serez présent à Phœnix malgré votre dernière année de lycée ? »

« On est sûr d'obtenir notre diplôme de fin d'année » m'assura Seth

« Même en ratant quelques semaines de cours ? »

« Les profs nous ont autorisés à s'absenter, si on continue de tenir la route avec les cours qu'ils enverront par mail »

« Vous ne pourrez jamais vous concentrer avec le procès »

« Sue s'occupera de nous faire cours…Et elle ne plaisante pas quand il s'agit d'avenir »

« Imaginons que vous obteniez ce diplôme...Qu'est ce qui se passera ensuite ? »

« Maman et Billy ont économisé pendant 17ans pour nous offrir la fac, nous avons été tous les deux accepté à UCLA » annonça Seth avec un sourire fier

Surprise, je passais un bras derrière eux pour les enlacer fortement.

« Bells, tu nous étouffes » souffla Jake en se débattant

« Je suis si fière de vous » versais-je une petite larme

« Tu ne le seras plus si tu nous étrangles jusqu'à ce que mort s'en suive »

Je les relâchais à contre cœur.

« Je n'arrive pas à croire que nous allons tous nous retrouver en Californie...Je suis si pressée qu'on se retrouve pour un café sur West Hollywood, une vidéo sur twitter ou des vacances à des milliers de kilomètres de ce trou » rêvais-je

Pendant près d'une heure, nous débattions des meilleurs endroits de L.A, que nous connaissions pour les nombreuses visites rendues lorsque je m'y trouvais.

Edward vint s'adosser à l'encadrement de la porte, lorsqu'il se fit tard.

« Prends soin de toi » conseillais-je à Seth que j'embrassais, avant de me tourner vers Jake. « Vous êtes ma famille, ni lui, ni personne d'autre ne pourra changer ça, l'oublies pas »

Il m'offrit une longue étreinte puis me relâcha pour que je puisse rejoindre Edward.

« J'appellerais dès demain pour vous réserver une chambre près de la mienne, je supporterais pas de vous avoir trop loin » embrassais-je mon père sur le pas de la porte

« Est-ce que tu as bien enregistrer le numéro de mon téléphone ? »

« Oui, je t'appellerais une fois que j'aurais atterri »

« Bien »

« Sue »

« Prends soin de toi chérie »

« Et toi de ce bout de chou, il n'y a pas meilleur endroit que le ventre de sa mère »

« Promis »

Une dernière accolade, et nous quittions l'allée pour reprendre la route.

Jesse avait échoué...Il ne m'avait pas tout enlevé...J'avais une famille, unie, forte...

Loin de la maison, Edward profita de notre arrêt au feu tricolore pour se pencher sur mes lèvres et m'embrasser.

« Comment sait-tu que le sol de cette maison est en marbre ? »

« Vous les riches avez tous les mêmes goûts de luxe »

Je roulais des yeux, exaspérée parce cette perpétuelle différence qu'il faisait entre nous.

« Est-ce que notre petite comédie a marché ? »

« Ton père a carrément salué ma fierté de ne pas profiter de tes moyens expansifs »

« Une fois installés, on trouvera un moyen de lui dire que je t'ai convaincu de vivre avec moi »

Arrivés à Port Angeles, j'attendais qu'Edward contourne la voiture pour prendre sa place derrière le volant. La pression retombée après ces vingt quatre heures exténuantes, je m'étais endormie pendant la première heure de notre trajet. Nous relayer sur le trajet permettrait de nous offrir une nuit où nous pourrions nous retrouver intimement.

Il fut près de deux heures du matin, lorsque nous rentrions dans le parking souterrain. Les bras chargés, je croulais sous les provisions et vêtements quand Edward voulut récupérer son courrier et s'informer auprès du gardien éveillé d'éventuelles visites. Seul Jasper était venu pour nous refiler une enveloppe en carton.

« Mon frère nous invite à son mariage » ouvra Edward la petite enveloppe, sans se préoccuper de savoir si j'avais besoin d'aide

« Est-ce que Rose et lui ne sont pas censé déjà être mariés ? »

« Il parlait l'année dernière de renouveler ses vœux, et fêter par la même occasion la guérison de Léo »

« La promesse pour le meilleur et pour le pire prend tout son sens dans leur mariage »

Dans le couloir, cet idiot finit par tout de même récupérer les sacs de courses qui me cachaient la vue avant de déverrouiller la porte. J'abandonnais aussitôt tailleurs, robes et chaussures sur l'un des canapés du salon puis me jetais sur l'autre, heureuse de retrouver cet appart. Edward rangea nos vivres avant de venir lourdement me surplomber.

« Je pensais que tu serais moins crevée après avoir dormi toute l'après-midi à l'hôtel et dans la voiture »

« Je ne le suis pas, est-ce que tu l'es ? » tirais-je doucement ses cheveux en arrière

« Non »

« Donc… » attendis-je ses propositions

« On pourrait s'amuser un peu »

« S'amuser ? »

« Exécuter tes idées perverses »

« Mes idées perverses ! Qui a proposé qu'on entame une sorte de marathon sexuel pendant vingt quatre heures pour que tu puisses oublier le nombre de fois où tu as du utilisé ta main pour assouvir tes besoins »

« Tu es celle qui m'a perverti...J'étais un homme aux pensées chastes »

« Oh, si j'ai bonne mémoire...Tu es celui qui m'a offert un peu de coke pour abuser de moi »

« Je n'ai jamais eu besoin de coke pour abuser de toi...Une œillade suffit à m'offrir tes courbes voluptueuses »

« Je suis si faible »

« Tu n'es qu'une femme amoureuse » fit-il presque compatissant

Un fou rire me secoua aussitôt.

« Tu devrais aller nous préparer quelques cocktails désinhibant pendant que je vais me débarbouiller » le repoussais-je pour rejoindre la salle de bains

Face à mon reflet déplaisant, je relevais rapidement mes cheveux pour me rincer le visage à l'eau de rose pour redonner lui redonné son aspect vivant.

Ces dermatos font des merveilles en matière de cosmétiques…

Peu de temps pour démêler mes cheveux sous une douche, je vaporisais mes boucles de mon spray fruité pour éliminer les odeurs de cigarettes qui pourraient le repousser, avant de passer un furieux coup de peigne dessus. Quelques cheveux encore sur la tête, je me penche et jette plusieurs fois ma tête en avant pour leur donner cet effet décoiffé que j'affichais souvent. Surprendre Edward était l'objectif que je devais atteindre en moins de dix minutes. Avant d'enfiler de quoi le faire languir, j'hésitais une seconde devant le rose à lèvres qu'utiliser maman pour sortir avec Phil. Je n'avais jamais ressenti le besoin de m'en servir. Ce tube avait touché ses lèvres et je voulais que ses traces restent indélébiles. Je décidais finalement d'utiliser le rouge pétant que j'avais acheté à l'institut de beauté avant de m'envoler pour venir ici, et apprécier pour finir le contraste avec ma peau blanche. Fait, je revenais rapidement dans la chambre pour revêtir une lingerie en soie et dentelle noire. Je ne m'éternisais pas dans le choix de mon déshabillé et attrapais une courte robe toujours en soie noire, au dos nu profond.

Est-ce que j'avais déjà porté un truc pareil en public ? J'en doutais fortement !

Habillée, je me perchais sur mes Louboutin puis vérifier une dernière fois mon reflet dans la glace avant d'ouvrir la porte derrière laquelle m'attendait Edward avec tout un coktail de breuvages alcoolisés.

« Je me suis dit que t'avais le droit à un peu de réconfort après avoir été si malmené ces derniers temps » l'invitais-je à entrer

Fière de l'effet escompté, je retenais difficilement un rire au visage hébété de cet idiot pour l'installer sur une chaise que j'avais collé contre la vitre du balcon. Je n'étais pas très douée pour jouer les strip-teaseuses sensuelles mais je pouvais essayer d'improviser une petite danse pour faire grimper sa tension. Je pressais le bouton de la chaîne stéréo et laissais la voix érotique de Lana résonnait dans la chambre. Je m'empêchais encore une fois de rire quand je vis Edward retirer vivement son tee-shirt. Prête, j'abandonnais toute décence, pour avancer lascivement vers le brasier qu'était devenu mon homme et me dandinais lentement au rythme de la mélodie enivrante. Ses jades ne m'avaient jamais autant convoitée. Me dérobant toujours de ses mains baladeuses, je m'éloignais quelques secondes pour laisser tomber innocemment ma robe à terre. A bout de souffle, la frénésie qui demeurait sous ma poitrine n'avait aucune limite. J'espérais pouvoir ressentir toute une vie cette putain de sensation. Poussant l'indécence un peu plus, je lui tournais le dos pour me déhancher sensuellement tout prêt de lui, ne luttant plus cette fois pour garder ses mains le long de son corps. Mon désir finit par prendre le dessus et je me retournais rapidement pour le chevaucher. Je fus aussitôt dépouillée de mon soutien-gorge pour que ses mains puissent en prendre en coupe chacun de mes seins. Habitée par le feu irrépressible du désir qui me ravageait chaque parcelle de mon corps, nous restions pourtant quelques secondes à nous toiser, n'écoutant que nos souffles chauds se confondre. Je laissais finalement sa langue investir furieusement ma bouche pour débattre longuement de mes capacités respiratoires alors que je me frottais vulgairement contre son érection. Haletants, il me porta jusqu'au lit où il m'y déposa doucement avant de se débarrasser de son jean et de son caleçon. Telle une affamée, je me relevais vivement pour enlacer d'une main sa verge dressée. Toujours aussi audacieuse, je pointais le bout de la langue pour pourlécher mes lèvres avant de titiller son gland sans quitter une seconde son regard envieux. Mon nom expiré rauquement de ses lèvres fut une énième décharge électrique dans le bas de mon ventre.

Être maîtresse de son plaisir était un aussi exploit dont j'étais fière…

Il glissa une main dans mes cheveux et j'enfonçais sa queue dans ma bouche pour l'obliger à me rappeler encore et encore. Captant l'étincelle glorieuse qui traversa mon regard, il me jeta brusquement contre le lit pour retirer mon string et se faufiler entre mes jambes. J'écartais aussitôt celles-ci pour mieux ressentir son érection frottait contre mon clitoris. Son nom m'échappa dans un souffle plaintif alors qu'il se redressa légèrement pour baiser mon cou.

Fuck…

Une main posée contre mon cœur palpitant, il tira légèrement mon téton entre ses dents tout en malaxant durement l'autre. Avide du moindre contact avec ses mains, sa bouche, sa queue, je me cambrais pour mieux le ressentir. J'étais littéralement en train de brûler quand il aborda lentement le bas de ventre qui convulsa sous son souffle chaud, avant d'appréhender douloureusement ses lèvres contre mon clitoris qu'il taquina du bout de la langue.

« Edward ! » soufflais-je presque trop bruyamment

Ses mains retenant mes jambes loin l'une de l'autre, j'agrippais les draps aussi fort que je pouvais alors qu'il me lécher avec gourmandise.

« S'il te plaît bébé » empoignais-je ses cheveux pour tenter de le ramener contre moi

Il finit par obéir et m'accorder une seconde de répit dans ma souffrance. Penché au dessus de moi, il étira un sourire machiavélique quand il pénétra un doigt en moi, puis un second pour me caresser plus profondément. La bouche grande ouverte, il y colla la sienne, se moquant en m'imitant alors que je gémissais comme une petite pucelle. L'une de ses mains disparus entre nous et mon corps s'arqua de nouveau contre le sien lorsqu'il me combla entièrement de sa putain d'érection.

« Est-ce que quelque chose t'a déjà fait autant de bien ? »

Je secouais vivement la tête pour lui répondre que non.

« Promets-moi que tu ne m'abandonneras plus jamais »

« Je te le promets »

Satisfait, il renversa brutalement nos positions afin que je puisse prendre le dessus ou plutôt qu'il ait une vue imprenable sur la manière dont je me déhanchais contre lui. Soutenue sur sa poitrine, il agrippa mon cul pour conduire mes mouvements qui prirent une toute autre cadence quand le plaisir nous consuma un peu plus. Repoussant l'orgasme de plusieurs minutes, je me relevais doucement pour aller nous servir deux shots de tequila. Toujours perchée sur mes talons, Edward m'obligea à écarter légèrement les jambes pour s'introduire de nouveau en moi. Un air défoncé sur le visage, je me retenais contre le bois de sa commode pour me tourner vers lui. Dire que cette putain de nuit ne faisait que commencer ! Sa main plaquée contre mon ventre, il me ramena contre lui pour déposer du sel dans le creux de mon cou alors que je coinçais un bout de citron entre mes lèvres. Le shot ingurgité, il lécha le sel avant de mordre dans le citron que je jetais pour l'embrasser.

« Est-ce que je peux espérer un jour me passer de toi ? »

« Pas même si tu le voulais profondément » répondis-je avant de me pencher de nouveau pour le laisser me baiser avec brutalité

L'orgasme finit par m'anéantir quand il se répandit en moi. Haletants, Edward me garda un moment contre lui pour reprendre son souffle contre mon cou. Les jambes tremblantes, je me déchaussais.

« Je vais aller faire nous faire couler l'eau » balbutia t-il avant de me relâcher et de disparaître dans la salle de bains

Encore plongée dans une espèce de kaléidoscope, je couvrais ma bouche quand un petit rire m'échappa. Aucune promesse d'abstinence dont je devrais m'inquiéter, j'ingurgitais à mon tour une tequila, profitant de la chaleur du liquide dans ma gorge avant de chercher un tee-shirt que je pourrais enfiler. Couverte, j'allais à la cuisine pour nous préparer un en-cas en dix minutes puis retourner dans la chambre que je traversais pour rejoindre la salle de bains.

Plongé dans un bain chaud fumant, la tête reposée sur le rebord doublé d'un coussin confortable, les yeux clos, je restais un instant sur le pas de la porte, fascinée par la plénitude qui émanait de son visage. J'avais rêvé pareille scène, de le savoir un jour dépossédé de ses démons pour un jour pouvoir être paisible.

Je déposais notre collation sur l'étagère vissée près de la baignoire ovale, puis retirer mon tee-shirt. Edward tendit une main vers moi et je l'attrapais pour le rejoindre dans l'eau qui m'arracha un gémissement.

Los Angeles était définitivement une destination pour une fille qui ne supportait ni le froid, l'humidité et la maladresse que ça provoquait.

Ses jades dévorant chaque parcelle de mon corps, un sourire s'étira dans le coin de mes lèvres lorsque je sentis sa virilité très éveillée contre mon clitoris. Confortablement installés, ses effleurements le long de mes côtes malmenèrent mon cœur qui battait douloureusement dans ma poitrine. Mes mains posées à plat sur son torse, je fus rassurée de ressentir la même frénésie chez lui.

Partageant un baiser qu'il dominait avec ferveur, je me frottais sans vergogne contre lui alors qu'il caressait avec envie ma poitrine.

« Revenir malgré la nuit, était une excellente idée » souffla t-il en coinçant ma lèvre inférieure entre ses dents

Focalisée sur le feu que je répandais volontairement dans chacune de mes putains de veines, je ne répondis pas et m'accrochais à sa nuque quand il enroula sa langue autour de la mienne, toujours avec autant d'avidité. Il finit par me relâcher quand l'air nous manqua, sans pour autant que je n'arrête de m'agiter contre sa queue, aidée par ses mains venues gouverner mes déhanchements.

« Tu transpires l'addiction » sourit-il en remontant une main vers ma poitrine

Tout était une question de dépendance entre nous. Il n'y avait pas de juste milieu, les choses prenaient toujours des proportions phénoménales.

Notre amour.

Nos absences.

Tout était une question de démesure pour tenter de compenser les manques.

J'attrapais un des verres de vodka redbull que j'avais préparé et le but sous l'œil désireux de mon amant.

« Est-ce que l'alcool n'est pas proscrit pour une ancienne alcoolique ? »

« Je n'ai pas fait vœu d'abstinence, je dois seulement me tenir éloigner d'une bouteille quand je suis triste, boire pour ne pas penser ou ne plus avoir mal, c'est ça qui est problématique…Boire avant de me faire baiser, c'est recommandé » répondis-je en cajolant son érection

Il me piqua mon verre pour y boire puis s'en débarrassa avant de me ramener contre lui.

« Le sexe…ne devrait pas être si…excitant » souffla Edward en grimaçant contre ma poitrine. « Nous ne sommes que deux corps qui s'emboîtent »

Complètement en transe, je pleurnichais dans des putains de plainte que je lâchais dans ses cheveux alors que ses mains s'enfonçaient dans ma peau.

« On ne devrait pas être si dépendant de cette putain d'endorphine qui pourrait nous tuer »

« Nous naissons dans un orgasme, pourquoi nous ne pourrions pas mourir de la même façon…Je vais jouir bébé si tu continus » l'arrêtais-je quand il me guida plus fermement

Il m'obligea aussitôt à me relever doucement pour interrompre le feu dévorant de notre plaisir.

« Attrapes moi si tu peux » souris-je contre ses lèvres, stone

Je quittais notre bain et allais me sécher dans une serviette chaude pour fuir rapidement la pièce et me cacher dans le sellier de la cuisine.

« Promenons-nous dans les bois pendant le loup n'y est pas » l'entendis-je chantonner

Son corps nu et athlétique se balada dans chaque pièce de l'appartement, alors que je lui échappais discrètement. Excitée par notre cache-cache, je finis par être appréhender sur le balcon du salon.

« Si le loup y est, il nous mangera » surgit-il brusquement, la démarche prédatrice

Je riais dans ses bras quand il nous ramena dans la chambre où il me fit l'amour.

« Le petit chaperon rouge fait d'excellentes gâteries » me fit glousser cet idiot

Souillée, j'allais me glisser sous la douche pour me laver quelques minutes et laisser la place à Edward. Légèrement saoule, je ne me préoccupais pas du bordel que nous avions laissé et aller enfiler un vieux tee-shirt pour fumer une cigarette sur le canapé près du balcon. Edward débarqua dans la chambre ruisselant pour revêtir un boxer. Il alluma l'écran plasma en face du lit et récupéra la coupe de fruits exotiques que j'avais préparé puis vint s'installer derrière moi, actionnant le repos pieds du convertible.

« Rappelons que Jesse McDonald, l'auteur présumé des meurtres a été appréhender dans l'État de New-York suite à une arrestation en état d'ébriété et excès de vitesse »

Les JT tournaient en boucle.

Si le procès débouchait sur un verdict impitoyable, j'espérais que nous pourrions enfin nous bricoler une vie paisible...

Je zappais sur une rediffusion du dernier épisode « Vampire Diaries », lâchant un soupir d'exaspération. Ce truc était carrément à chier et pourtant il était le nouveau fantasme à la mode. Alors que le monde était un gros foutoir financier et politique, la vie éternelle restait un illusion désirée et tentante.

L'éternité. Mon enfer.

« Le sexe »

« Pardon ? » relevais-je les yeux vers Edward

« Les vampires attirent parce qu'ils incarnent une sorte de fantasme sexuel, ils dégagent un certain magnétisme, réveillent des pulsions...Le mystère attirent toujours aussi »

« Des révélations à me faire Masen...T'as l'air calé sur le sujet »

« J'avoue avoir un faible pour True Blood » révéla t-il en feintant une gêne sarcastique. « Eric Northman incarne un certain idéal masculin...pour ce qui est de la première saison en tout cas » continua t-il avec sérieux

J'attendais qu'il me dise plaisanter, mais il ne dit rien et mon corps se tordit sous le fou rire.

« C'est bien la dernière fois que je te révèle quelque chose d'aussi personnel » se vexa t-il

Il me repoussa pour aller se débarrasser des restes de son repas.

Je calmais mes rires larmoyants et profitais de ce moment de quiétude, pour aller récupérer mon dépotoir à sentiments, ou plus communément journal intime, pour faire un bilan de ces premiers jours en liberté. Murée dans un silence, encore réfractaire à la thérapie, Alkyle avait un matin jeté sur mon lit un calepin aux reliures dorées. Comme si l'esthétique du cahier aurait pu m'inciter à confesser ce que je gardais sous scellées. Celui-ci était le quatrième que je remplissais de mon écriture illisible. Je m'étais prise au jeu du « Cher journal », quelques jours après être sortie d'une lobotomie effrayante, trouvant en ce « confident » une manière de me décharger des pensées noires ou inavouables qui m'oppressaient tant. J'avais tendu mes premières pages noircies au psychiatre quelques semaines après lui avoir révélé être prête à lui parler. Lors de cette séance où j'angoissais de le voir lire ces mots qui me faisaient tant honte, il avait décidé de définir quatre critères pour me permettre de conclure de chaque jour passé à l'institut.

Le manque.

Le chagrin.

La joie.

L'invincibilité.

Sur une échelle de zéro à dix, je devais de cette manière mesurer les dégâts du trou béant dans ma poitrine.

Ainsi savoir si le manque a été supportable ou non.

Mesurer le poids des larmes versées au cours de la journée, savoir si j'avais pu repousser les ténèbres quand je n'avais qu'une envie de s'était m'y engouffrer, trouvant ainsi plus facile de me laisser aller.

Se rendre compte des instants où il m'arrive de sourire, de me réchauffer d'un souvenir, d'une pensée ou d'un espoir.

L'invincibilité étant le critère qu'il m'était facile de juger atteint ou non. Le zéro répété au fil des pages, témoignait de mon insécurité constante. Jesse avait brisé ce sentiment d'insouciance. Le puits de mon enfer n'avait pas de fond, tout pouvait encore basculer et m'y noyer plus profondément.

Edward vint se jeter lourdement à côté de moi quand je commentais mes retrouvailles avec ma famille.

« Masen, c'est privé » m'arrêtais-je, alors qu'il lisait par-dessus moi

« Je veux juste savoir si tu vas bien » finit-il par s'installer sur le dos. « Je finirais de toute façon par le lire à un moment donné »

« Tu ne me fais pas confiance ? »

« Non, sinon pourquoi ressentirais-tu le besoin d'écrire sur ce truc, alors que tu peux me parler »

Cet idiot se vexa, ce qui était ridicule. Je jetais le calepin sur la table de chevet, pour m'allonger contre lui.

« J'ai besoin d'une trace écrite pour savoir que j'évolue »

« Je n'aime que tu me puisses me cacher ce qui te tracasse »

Penchée sur ses lèvres, je les étreignais langoureusement pour tenter de le rassurer.

« Je vais bien, et si tu persistes à scruter mes défaillances, qui est ce que tu reproches tant aux autres » lui rappelais-je notre conversation dans le parc. « Je risque de me mettre en colère parce que tu ne me fais pas confiance »

Je ne réussis pas à calmer ses inquiétudes, qu'il ravala pour me serrer contre lui.

« Douter de moi, c'est comme douter de mon amour » dis-je en caressant son épaule

« Ce n'est pas ça…J'ai juste peur de te voir m'échapper encore une fois, sentir que tu envies plus une vie auprès de ta mère, qu'auprès de moi et que tu finisses par m'abandonner pour de bon »

« Je peux imaginer notre avenir, mais je ne sais rien de la vie après la mort…Tu prends de la place, de plus en plus chaque jour…J'aime ce qu'il s'est passé aujourd'hui, ces moments aussi court soit-il lorsque tu nous transportes hors du temps, et que j'ai la vive sensation d'être heureuse…d'être invincible…J'ai carrément l'impression d'être une warrior à tes côtés, prête à construire une vie stable et épanouie, nous ne sommes pas à l'abri des larmes, mais je me sens capable d'avancer…J'ai hâte qu'on puisse s'installer ensemble, que je puisse enfin entamer un cursus universitaire pour obtenir ce que j'ai tant voulu depuis que ma mère m'a présenté Jane Austen, passer nos premières véritables vacances ensemble, prendre un café avec ma meilleure amie, je veux de cette vie, j'en crève d'envie » finis-je, les tripes tortillaient sous l'appréhension excitante

Je relevais la tête, pour percevoir dans ses jades scintillantes sous l'émotion que j'avais réussi à le réconforter dans la certitude que je serais là, aussi longtemps qu'il le faudrait. Il glissa une main dans ma nuque et m'obligea à me pencher sur ses lèvres, que j'entre-ouvrais en y insinuant ma langue. Toujours envahis par nos pulsions dévorantes à la moindre caresse poussée, il m'obligea à me relever pour me débarrasser de mon tee-shirt qu'il jeta au pied du lit, puis libéra mes cheveux qui tombèrent autour de nos visages. Je frissonnais alors que ses mains traçaient des arabesques dans mon dos.

Je me révélais être une véritable nymphomane entre ses mains…

« Je me pose des questions » repoussais-je le feu qui me dévorait les tripes

« A quel sujet ? » retomba t-il sur les oreillers

« Il est évident que ta carrière de boxeur de rue est définitivement terminé, et je ne pense pas que tu puisses un jour vouloir reprendre tes cours…Alors que feras-tu une fois en Californie ? »

« Pourquoi ne pourrais-je pas reprendre mes cours ? »

« Parce que je pense que tu n'es pas fait pour enseigner, même si tu es très doué pour ça »

« Est-ce l'élève ou la petite amie qui le pense ? »

Je me couchais contre lui.

« L'élève aurait rêvé que tu la prenne contre ton bureau » soufflais-je à son oreille avant de me redresser. « Sérieusement, toi et moi savons que débattre des théories cartésiennes n'est pas ta passion »

« A quoi tu penses ? »

Il dégagea son érection de son boxer, qu'il retira en tortillant les jambes. J'y posais mes mains instinctivement pour la titiller.

« Je pense que tu me caches quelque chose »

« Comme ? »

« Je sais pas encore, il me reste quelques zones d'ombres à l'intérieur de cette délicieuse enveloppe corporelle » me cambrais-je pour pointer le bout de la langue sur son gland. « Mais je me disais que tu pouvais m'aider à savoir ce qui te permet de t'évader, comme le fait la littérature avec moi »

Il se releva et me ramena brutalement contre les draps. Un sourire étiré dans le coin des lèvres, je captais aussitôt ses intentions alors qu'il me chevauchait. Sa queue empoigné, il empauma mon sein pour titiller mon bouton rose.

« Le vieux fantasme de la branlette espagnole est-il resté inassouvi avec tes anciennes conquêtes »

Sa queue entre mes seins, il alla et vint doucement, avant de se branler frénétiquement pour étancher le feu. Le désir que provoqua son visage tourmenté par son plaisir m'incendia jusqu'au bout des orteils. Il se retira brutalement quand la pression sanguine lui dressa douloureusement la verge. Son désir devenu fou furieux, il se glissa entre mes jambes qu'il replia contre moi pour me pénétrer. Comblée douloureusement, je pleurnichais sous son regard noir. Il se retira un instant pour embrasser langoureusement mon clitoris puis revenir me remplir. Mon tortionnaire se rallongea ensuite contre moi, pour se déhancher doucement.

« Une fillette de 18ans ne devrait pas être si prétentieuse, quand elle n'a connu qu'un petit puceau pour la prendre n'importe comment » souffla t-il dans mon oreille

Déchaînée par le ton rauque de sa voix, mes mains sur son cul, je me cambrais pour approfondir la pénétration lorsqu'il maintint sur ses mains. J'étais folle de l'homme qu'il incarnait dans nos ébats. Il était arrogant, ferme et animal. Telle une affamée, je réclamais ses lèvres qu'il m'autorisa à baiser fiévreusement. Le plaisir qui m'anéantit l'esprit, et rendit mes palpitations hystériques, m'obligea à me contredire. Le plaisir était douloureux à supporter, et je devins soudainement folle de le repousser.

« Edward ! »

Conscient de mon conflit, il s'en moqua d'un sourire espiègle. Mes mains contre son torse, il me menotta pour les ramener au dessus de ma tête. Je réussis à m'en libérer et agripper ses cheveux quand il prit une cadence déconcertante, faisant résonner dans la chambre le claquement de nos deux bassins et mes plaintes chaque fois plus bruyantes. Transpirants sous l'effort et le feu qui nous consuma, Edward finit par se relever pour observer le liquide chaud coulé entre mes jambes.

Il récupéra une serviette dans la salle de bains pour venir m'en débarrasser. Assoiffée, je m'abreuvais du mojito qu'il avait préparé puis me rallonger.

« Va-t-on finir par s'endormir avant que tu ne m'achèves »

Edward se blottit contre moi, avant de ramener les draps sur nos corps enlacés.

« Aucune chance avec les red bulls qu'on a ingurgité dans la voiture »

« J'étais sérieuse tout à l'heure…Si enseigner est ce que tu aimes faire, alors je serais heureuse que tu puisses à nouveau t'épanouir là-dedans…C'est juste que j'ai la sensation que tu n'es pas entièrement satisfait de ce que tu as fait de ta vie jusqu'à aujourd'hui, et je voudrais que L.A puisse marquer un nouveau départ où nous pourrions enfin s'engager dans des choses qui nous plaisent »

Sensation ou ses révélations faites lorsqu'il était défoncé. Nos pensées coloraient par les drogues gardaient parfois un fond de vérité. Dans ses monologues parfois incohérents, j'étais parvenu à démêler les fils de ses pensées, et je pouvais assurer que la vie de l'homme qu'il était avant qu'il ne croise Jesse, n'avait certes rien de tragique, mais il s'était coincé dans une routine dans laquelle seules les couches de son fils et les devoirs à corriger rythmés ses journées. Et je n'avais pas envie que ça se reproduise, il méritait d'être heureux, pour lui, pour nous, sa famille, ses amis.

Il ne dit rien pendant près de cinq minutes, et je le crus endormi. Mais sa main vint se glisser dans mes boucles avec lesquelles il joua avant de me répondre.

« Quand j'ai eu mon diplôme de fin d'année au lycée, j'ai hésité entre la vie instable et vagabonde de musicien et la sécurité d'un métier comme professeur…Emmett entrait en école de commerce, malgré sa passion pour le football alors j'ai décidé de faire la même chose, de m'engager dans des études universitaires pour assurer un loyer, une indépendance...Esmée m'a appris à jouer du piano quelques mois après mon adoption, et j'en suis devenu fou, j'aimais la force émotionnelle que pouvait dégager ce simple instrument, quand j'ai eu l'âge de m'inscrire au conservatoire, j'ai échoué et je n'ai plus voulu en jouer…Mais ça m'a manqué pendant longtemps, et j'ai finir par entrer dans un bar un soir de scène ouverte, j'y ai jouer deux à trois soirs par semaine, quand je le pouvais…Sarah venait certains soirs pour me voir jouer ses morceaux préférés »

« Tu n'a jamais eu envie de créer tes propres mélodies, tes propres chansons ? »

« Si, j'en ai écrit quelques unes, rien de concluant…Jesse est arrivé…Plus rien ne m'atteignait, plus rien n'avait de sens, et d'importance à mes yeux…Plus de plaisir, de refuge »

Il s'arrêta quelques secondes pour souffler, comme soulagé de me raconter ces souvenirs.

« Et puis, je me suis ouvert, et j'ai appris à connaître un alien d'un mètre soixante, pas très moche mais très caractérielle »

Je riais discrètement.

« Je me suis surpris à griffonner des tas de choses sur tout ce que je trouvais, tout ce qui me passait par la tête…A l'exception de quelques mots pour mon fils et Sarah…Ils parlent tous de toi, de la colère de te désirer alors que j'avais enterré ma femme depuis seulement deux ans, des instants étranges où tu arrivais à m'emmener loin de mes problèmes, de cette addiction que j'avais développé pour toi »

La gorge nouée face à ce flot de révélations, je tentais de ravaler mes larmes quand il redressa la tête.

« Tu as pleuré de rire tout à l'heure pour True Blood, si tu continus de pleurer chaque fois que je te confesse quelque chose, je vais finir par ne plus rien dire »

« Je ne pleure pas » ris-je, le regard malgré tout embué. « Est-ce que tu me laisserais en voir quelques uns ? »

« Ce n'est pas une bonne idée, ces trucs sont médiocres et sans aucun sens »

« Si tu me laisse en lire quelques uns, je te filerais mon journal » proposais-je, consciente qu'il ne pourrait pas refuser

Il hésita une minute, puis finit par se relever pour aller fouiller dans le fond de sa commode. Il revint s'assoir en tailleur sur le lit, dans les mains un étui en carton bourré à craquer d'une cinquantaine de feuilles. Noircies au feutre noir ou au style bille, je mis mes lunettes de vue puis éparpillais sur les draps des bouts de papiers, emballages et serviette de tables. Toutes marquées par quelques phrases raturées, je me concentrais sur celles encore lisibles. J'attrapais l'une des feuilles, où avait survécu le plus de mots.

« Je ne devrais probablement écrire ce genre de choses, mais ça m'obsédait quand nous passions du temps ensemble et j'ai fini par la compléter quand nous avons couché techniquement pour la seconde fois ensemble » fit-il intimidé

Ce qu'il avait appelait « Ma poupée de porcelaine » récitait avec un certain érotisme rougissant mais subtil, nos ébats. Il flattait avec élégance ma chute de reins vertigineuses, ma peau laiteuse ou ma cascade de boucles visiblement affriolante.

« Est-ce que c'est réellement moi cette fille ? »

« Euh…ouais, est-ce que tu trouves ça dégradant ou pervers ? » gratta t-il sa nuque, gêné

« Non…c'est…c'est…je veux dire ok, c'est très osé et des radios pourraient carrément te censurer mais…Putain Masen, je pourrais avoir un orgasme rien qu'en t'écoutant chanter cette chanson »

« Tu es sérieuse ?! »

« Masen, je suis désolé de te dire ça…Mais t'as du potentiel mon pote, et tu vas devoir foutre ta timidité en l'air pour frapper à la porte d'une maison de disque »

« Tu n'es pas objective » me piqua t-il la feuille pour la rassembler avec les autres qu'il ramassait

Masen et la confiance en soi, sont deux choses visiblement incompatibles. Je le vis irrité, ce qui était complètement absurde.

Je l'arrêtais vivement, et récupérais presque tout le tas.

« Le seul souci, c'est qu'elle est trop courte, il te faudrait un refrain »

« Je sais, mais je suis incapable de trouver autre chose »

Je me relevais brusquement pour aller chercher mon premier journal écrit dans mon sac. Je retirais l'élastique, et sélectionner l'une des pages écrites lorsque j'étais en cure.

« Je peux ? » pointais-je sa feuille avec un stylo

« Je t'en prie »

J'étais incapable de pondre des paroles de manière commandée, mais ce journal me permettrait d'écrire quelques pensées spontanées que j'avais gribouillais à toute heure de la journée. La page du 20 septembre 2012, étayait l'une de mes frustrations liées à l'absence d'Edward. Je remaniais quelques phrases que je gribouillais sur le côté de son texte avant de lui tendre la feuille chiffonnée.

« Tu peux refuser, je veux pas entacher ton travail »

« Est-ce que je vais devoir partager des droits d'auteurs ? » fit-il sérieusement

Je pouffais de rire avant de lui répondre.

« La gloire et l'argent que tu en retiras te reviendra entièrement »

« Cool, je valide ses paroles…mais je ne pourrais pas chanter ton point de vue féminin, sur la manière dont tu ressens les choses quand je te fais l'amour »

« Quand tu te sentiras suffisamment prêt, et tu le seras » lui assurais-je en le fusillant du regard, pour faire taire ses doutes. « On pourrait proposer à Lana »

« L'alcool te fait délirer Swan »

« Je suis sérieuse, cette nana est parfaite…Sa voix est sensuelle, envoûtante, j'ai réussi à te faire bander sur ses chansons, elle est parfaite »

« Pourquoi une chanteuse aussi reconnue, pourrait accepter de chanter le texte d'un anonyme ? »

« Parce qu'il est doué…Tu sais combien de chanteur ont du se rabattre sur des paquets de cigarettes pour avoir une voix comme la tienne ! Tu sais combien paierait certains pour avoir un tel auteur, tu excelles dans l'art de l'écriture Masen »

« Encore une fois, t'es pas objective ! »

Furieuse, je le regardais de nouveau récupérer les pages volantes et courir hors de la chambre. Je le poursuivais aussitôt jusque dans la cuisine, où il jeta le tout dans l'évier, une arme redoutablement destructrice dans la main.

« Masen, poses ce briquet ! »

« J'aurais jamais du te faire montrer ces trucs ! »

« Pourquoi tu ne me fais pas confiance ! »

« Parce que tu n'es pas lucide ! Tu as bu et…et puis tu es ma copine, niveau objectivité, ça craint ! »

« Ou parce que tu ne crois pas en toi »

« Ce ne sont que de stupides pensées griffonnées pour décharger mes nerfs ! »

J'approchais doucement, sans attirer son attention sur mes pas, pour tenter de le désarmer.

« Alors pourquoi es-tu si en colère ! Tu me crois si stupide ! » réussis-je à choper le briquet

« De quoi tu parles ? »

« Du fait que tu sois un lâche, incapable de bouger ton cul pour prendre des risques…Tu te cantonnes à la vie minable d'un professeur...Tu as dit toi même que ton frère a choisi la sécurité, et a finalement décidé de réaliser son rêve de quaterback...Emmett a visiblement plus de culot que toi»

« Va te faire voir Swan ! »

Il mâchouilla aussitôt la feuille sur laquelle nous avions gribouillés.

Choquée, je me précipitais dans la chambre pour arracher une feuille blanche de mon journal et réécrire ses paroles.

« Qu'est ce que tu fais ? »

« Chut ! »

Les derniers mots écrits, je brandis la feuille dans un cri de joie, narguant cet idiot d'une petite danse improvisée.

« Tu t'en prendras à ma mémoire photographique »

Je le contournais et allais sauver les textes qu'il n'avait peut être pas brûlé. Edward toujours sur mes pas.

« T'es tarée Swan ! »

« Je crois juste en ta putain de gueule d'ange dans une salle de concert, tu me remercieras un jour »

Je rassemblais le tas de feuilles contre ma poitrine, fusillant du regard Edward en rejoignant la chambre. Sur le lit, je me focalisais de nouveau sur les bribes de papiers. Du coin de l'œil, je vis mon homme portait ses lunettes et s'installait derrière moi.

« Celle là est déchirante » lui montrais-je une déclaration faite à Sarah


Xoxo Junessa