Bonjour,
Merci d'être arrivé jusqu'à ce chapitre. Tout va maintenant s'accélérer :)
J'espère que vous aimerez la suite ! Bonne lecture !
Chapitre 18 - Bonne ou mauvaise décision ?
Rosie fut choquée par la demande impromptue d'Abel Nott. Comment pouvait-il la demander en mariage ? Maintenant ? Alors qu'ils se connaissaient à peine ! C'était trop tôt pour elle.
- Abel, hum… commença-t-elle, choisissant ses mots. Ce que vous voyez aujourd'hui, cette robe, cette tiare, ce n'est pas moi. C'est juste ma mère qui m'a habillée ainsi.
- Oui, je sais, indiqua le jeune homme en la détaillant de haut en bas. Vous êtes très belle mais pas que : vous êtes intelligente, vous avez beaucoup de classe et j'aime votre ambition. Je sais que vous serez la partenaire parfaite pour moi !
- Mais… hésita-t-elle. C'est trop tôt pour moi. Nous ne nous sommes rencontrés qu'une seule fois, en plus, dans des conditions spéciales, vous ici dans le manoir de mes parents, avec les vôtres.
Abel réfléchit quelques instants. Puis, il lui fit un grand sourire.
- Et si nous nous rencontrions à nouveau, en dehors de cette maison, et sans nos parents ? lui demanda-t-il.
- Je ne sais pas… dit Rosie, incertaine.
- Ne me dites pas non, Rosamund, laissez-moi une chance s'il vous plaît !
Ses yeux brillaient d'espoir, il voulait lui prouver qu'il était digne d'elle. Rosie ne pouvait pas repousser un homme tel que lui. Elle se décida.
- D'accord, dit-elle finalement.
Abel soupira de soulagement, il semblait moins tendu.
- Nous pouvons peut-être nous voir ce week-end ? proposa-t-elle. Je dois travailler samedi car je ne travaille pas la veille, à cause de Noël. Nous pourrions nous voir après ma journée à l'hôpital de Sainte Mangouste. Peut-être dans un café sur le Chemin de Traverse ?
- C'est une très bonne idée ! accepta Abel. A quelle heure ?
- Je pense pouvoir sortir vers 18h, donc, si vous le souhaitez, venez me chercher à la sortie !
- C'est entendu !
Le jeune homme lui fit un grand sourire. Sans s'expliquer pourquoi, le coeur de Rosie fit à nouveau un soubresaut. Elle avait du mal à ne pas succomber aux charmes d'Abel Nott.
Comme pour conclure leur discussion, leurs parents ainsi que ses frères revinrent de leur promenade dans les serres.
- Tout se passe bien, ma chère Rosamund ? lui demanda sa mère, en marchant vers elle.
- Oui, Mère, répondit Rosie avec un sourire.
- Parfait ! Aimez-vous le whisky pur feu, Gerald ?
Rosie tiqua : sa mère appelait déjà Monsieur Nott par son prénom. C'était à prévoir, non ?
La soirée se termina une heure plus tard après le départ des Nott.
- Alors, Rosamund, demanda sa mère, impatiente, comment avez-vous trouvé cet Abel Nott ?
- Ma chère, vous devriez laisser un peu de temps à notre fille, la disputa son mari avec un sourire.
- Nous avons décidé de nous revoir samedi prochain, dit Rosie, ne laissant aucun suspense.
Ses parents et ses frères furent surpris.
- Vraiment ? s'écria sa mère d'un air ravi.
- Oui, répondit Rosie. Nous n'avons encore rien décidé mais nous allons nous revoir.
- Très bien ! dit son père, avec un grand sourire. Très bien !
- Si cela ne vous dérange pas, je souhaite monter me coucher, la journée a été éprouvante.
- Mais bien sûr, ma chérie !
Rosie embrassa son père et sa mère et monta directement dans sa chambre. Mais elle savait qu'elle ne serait pas seule longtemps car elle avait capté le regard insistant d'Archi. Il avait écarquillé les yeux lorsqu'elle avait fait son annonce. Une explication s'imposait.
Elle avait à peine retiré sa tiare et sa robe pour se mettre en robe de nuit qu'elle entendit des coups à sa porte. Elle l'ouvrit et sans grande surprise, y trouva Archi, avec un sourire ironique sur les lèvres. Rosie lui offrit de s'asseoir sur un des fauteuils devant sa cheminée. Elle avait demandé à Alfie de lui apporter une infusion avec deux tasses, ainsi que des biscuits à la cannelle. Son frère ne fut pas surpris de voir que sa soeur l'attendait. Ils s'assirent et elle lui servit une boisson chaude.
- Va-t-il falloir que je te supplie de me raconter ce qui s'est passé ? Ou consentiras-tu à m'épargner cette épreuve ? lui demanda Archi de but en blanc.
Rosie lui sourit. Elle n'avait rien à lui cacher et décida de relater la discussion qu'elle avait eu avec Abel Nott.
- Mais tout ça ne me dit pas le principal, s'exclama son frère après avoir écouté le récit de sa soeur. Te plaît-il ? Car pour moi, c'est la question la plus importante !
Bien sûr que c'est ce que souhaitait savoir son frère et en réalité, elle aurait bien voulu le savoir elle-même. Elle n'était pas sûre. Elle trouvait Abel attirant, il semblait être un vrai gentleman et il ferait certainement un très bon mari. Malgré tout, elle avait quelques réserves. Elle lui en fit part.
- Tu doutes de ses sentiments ? lui demanda Archi.
- Je ne sais pas, je ne suis vraiment pas sûre ! Peut-être parce que tout va trop vite ! Je le connais à peine.
- En effet, cela va vite ! Mais si tu dois te marier avec lui dans six mois, il faut bien accélérer les choses.
A cette pensée, Rosie sentit son ventre se nouer. Marier à Abel Nott dans six mois ? Pourrait-elle vraiment franchir ce pas ? Et ses sentiments pour Sirius ? Ces derniers étaient encore là, enfouis tout au fond de son coeur mais bien réels. En pensant à lui, elle eut un pincement au coeur. Archi dut voir le trouble sur son visage.
- Que se passe-t-il, Rosie ? lui demanda-t-il.
- Non, rien, Archi, dit-elle dans un souffle.
- Non, il y a autre chose, c'est sûr !
Rosie inspira profondément et releva les yeux vers son frère. Peut-être qu'elle pourrait lui dire… enfin, pas toute la vérité… rien qu'un peu… cela lui permettrait sûrement de démêler tous ses sentiments.
- En fait… hésita-t-elle. Il y a quelqu'un dans mon coeur.
- Qui ? demanda brusquement Archi.
- Je ne peux pas te le dire, dit-elle abruptement. C'est juste que je suis amoureuse de lui depuis longtemps mais je sais que nous ne pourrons jamais être ensemble.
Archi l'observa longuement.
- Si tu ne peux pas être avec lui, continua-t-il, cela signifie qu'il n'est pas digne de ton rang, n'est-ce pas ?
Rosie hocha la tête.
- Mais je sais que c'est impossible entre nous, renchérit-elle. Il ne m'aime pas, c'est sûr. De plus, comme tu l'as dit, je ne pourrai jamais me marier avec lui car il… n'est pas digne des Greengrass… J'essaie d'enfouir ces sentiments profondément, tu sais… mais avec cette histoire de mariage, cet Abel Nott qui a l'air de sortir tout droit d'un conte de fées, je ne sais quoi penser.
Archi lui sourit, et lui prit la main droite pour la rassurer.
- Je te comprends, Rosie. Mais si tu te maries avec Abel Nott, je souhaite que tu le fasses en toute connaissance de cause. Tu sais ce que les liens du mariage impliquent. Et je voudrais vraiment que ma soeur adorée soit heureuse !
- Oui, je sais ! répondit Rosie, au bord des larmes.
- Donc, rencontre ce Nott autant de fois que tu veux. Réfléchis bien ! Et prends ton temps pour décider.
- Mais Mère n'attendra pas éternellement, tu le sais bien !
- C'est sûr, mais c'est de ton avenir que nous parlons. Si Nott ne te semble pas sérieux, tu peux lui en faire part ! Il n'est pas question que tu te maries avec un bon à rien ou un coureur de jupons !
- Tu n'es pas très juste Archi, ce n'est pas ce que j'insinuais par avoir des doutes !
- Oui mais il a intérêt à être un homme de valeur ! Ou sinon…
- Tu ne feras rien Archi !
Rosie le regarda avec intensité, puis l'embrassa sur la joue.
- Merci pour tes conseils ! Bon, maintenant, je dois aller me coucher, dit-elle d'une voix autoritaire.
Il la laissa tranquille et sortit de sa chambre. Rosie se sentit plus soulagée après cette discussion et réussit à s'endormir rapidement.
Comme il lui avait promis, Abel Nott attendait Rosie à la sortie de l'hôpital Sainte Mangouste, le samedi qui suivit, à 18h. Rosie était habillée d'un simple pull en laine, d'un jean et de petites bottines en cuir, ainsi que d'un manteau en tweed. Elle n'avait plus rien de la petite princesse d'il y a quelques jours. Abel lui fit un grand sourire quand il la vit. Son style plus simple n'avait pas l'air de le déranger.
- Vous ne m'avez pas attendu trop longtemps ? demanda Rosie.
- Bien sûr que non ! répondit-il. Où voulez-vous aller ?
- Je ne sais pas, réfléchit-elle. Où vous… peut-on se tutoyer ? demanda-t-elle subitement.
- Oui, cela ne me dérange pas.
- C'est juste que je n'ai pas très envie du même genre de relation que mes parents, vous… tu vois ce que je veux dire !
- Oui, tu as raison, dit Abel, d'un air ravi. Le vouvoiement fait un peu vieux-jeu ! Cela te dit d'aller sur le Chemin de Traverse et ensuite on verra ?
- D'accord.
Rosie prit le bras qu'il lui tendit et l'accompagna dans une ruelle sombre pour aller transplaner dans la fameuse rue sorcière. Ils choisirent de s'installer dans un café et commandèrent de quoi boire, ainsi que de quoi grignoter vu l'heure tardive.
- Comment s'est passé ton Noël ? lui demanda-t-il.
- Oh très bien, lui répondit-elle. Ma tante Griselda et mon oncle Otto sont venus hier pour déjeuner avec nous. Ils étaient accompagnés de leur fille Elsa, qui n'a que sept ans. Je n'ai plus mes grands-parents mais je suis contente de pouvoir revoir ma famille lors de ce genre d'évènement.
- Je te comprends ! lui dit Nott. Je n'ai malheureusement qu'une petite famille mais j'ai toujours ma grand-mère Georgia et nous allons toujours fêter Noël chez elle, dans le comté du Devon, en bord de mer. Es-tu déjà allée dans le coin ?
- Pas du tout !
- Il faut que tu y ailles, c'est très joli ! Surtout lorsque le temps est clément et que l'on peut se promener au bord de la plage. C'est très agréable !
- Oui, j'imagine.
Et ils continuèrent à discuter de tout et de rien. Rosie remarqua qu'elle passait une bonne soirée : Abel était quelqu'un d'agréable qui avait l'air de l'écouter et de faire attention à ce qu'elle disait. Il était intelligent, avait parfois de l'humour et restait correct à tout instant. Elle se surprit à l'observer. Son visage était vraiment beau avec ses yeux bleus foncés en amande, son nez droit, ses pommettes hautes, ses lèvres charnues et sa mâchoire carrée. Le regard de Rosie se reporta sur ses lèvres. Que ressentirait-elle si elle l'embrassait ? Elle se rappelait de son premier baiser avec Sirius. Eprouverait-elle les mêmes sensations si elle embrassait Abel ? Elle ne se rendit pas compte que son interlocuteur avait arrêté de parler et l'observait également. Au bout de quelques secondes, elle fut comme réveillée de sa rêverie. Abel lui fit un grand sourire.
- Tu étais encore dans tes pensées, lui dit-il, d'un air taquin.
- Oui, désolée ! tenta de se rattraper Rosie.
- Je ne veux pas paraître prétentieux mais j'avais l'impression que tu observais mes lèvres, continua-t-il, toujours avec cet air mutin dans le regard.
Rosie rougit aussitôt et se maudit en même temps d'être si sensible à ce genre de remarques. Désormais, il allait vraiment penser qu'elle regardait ses lèvres, ce qui était vrai mais il n'avait pas besoin de le savoir.
- Si tu veux, je peux te donner un avant-goût ? lui proposa-t-il, toujours de cet air badin.
Rosie fit un O avec sa bouche. Quelle attitude devait-elle adopter ? L'indignation car une fille de sa stature ne devait jamais se comporter de cette façon ? La colère car il avait eu l'impertinence d'énoncer tout haut ce qu'elle avait pensé tout bas ? Ou encore… devait-elle abonder dans son sens ? A cette pensée, son coeur battit la chamade. Peut-être qu'en l'embrassant, serait-elle plus rassurée dans ses propres sentiments ? Lui ferait-il oublier Sirius et son baiser ? Ou la dégouterait-il tellement qu'elle ne voudrait plus jamais poser ses lèvres sur les siennes ?
Elle avait réfléchi à toutes ces questions en l'espace de quelques secondes. Puis, elle prit sa décision.
- D'accord, dit Rosie d'un air espiègle.
Abel lui fit un grand sourire qui découvrit ses belles dents blanches. Et sans se poser plus de questions, il approcha son visage du sien et l'embrassa tendrement. Le baiser ne dura que quelques secondes mais Rosie mit du temps à se remettre de la sensation chaude et mouillée sur ses lèvres. Son coeur avait battu la chamade, son corps avait réagi positivement et elle fut étourdie pendant un moment.
- Alors ? lui demanda Abel, avec un sourire malicieux.
- Et alors quoi ? s'écria Rosie, gênée.
Il rit à grand éclat. Son rire était franc et naturel, pour une fois. Rosie rougit.
- Rosamund Greengrass, vous êtes vraiment une jeune fille pleine de surprise ! dit-il d'un air enjoué.
- Mais non, pas du tout, bredouilla-t-elle. Je suis juste une fille normale.
- Parlons franchement ! dit-il subitement. Tu me plais de plus en plus et je souhaite réitérer ma proposition. Je sais que ma demande est un peu rapide pour toi mais je t'avoue que si nous nous fiancions, mes parents me laisseraient enfin tranquille. Ils n'arrêtent pas de me fatiguer avec diverses propositions de mariage. Personnellement, aucune des filles qu'ils m'ont présenté jusqu'à présent n'étaient digne d'intérêt. Mais aujourd'hui, j'ai enfin rencontré une jeune femme avec qui je souhaiterais aller plus loin. Mes sentiments sont sincères, Rosamund ! Je souhaite que nous confirmions nos fiançailles.
Rosie resta sans voix. C'était encore trop tôt mais en fait, quand le moment sera-t-il le bon ? Elle avait l'air de toujours repousser cette idée. Ce baiser avait été très convaincant. Alors, pourquoi attendre ?
- Tu sais, ce n'est pas parce que nous sommes fiancés que nous allons nous marier, lui dit-il pour la rassurer.
Elle haussa les sourcils de surprise.
- Nous avons encore le temps pour nous connaître, continua-t-il. Pendant les mois qu'il te reste à Poudlard, je pourrai venir te voir lors de tes sorties à Pré-au-Lard et nous pourrons y faire plus amples connaissances. Nous pouvons nous fiancer maintenant mais ne confirmer notre mariage que plus tard. Ce n'est pas pressé.
- Mais pourquoi tant d'empressement Abel ? demanda Rosie de but en blanc.
Ce dernier réfléchit quelques instants, ne sachant pas comment lui dire le fond de sa pensée. Il préféra la franchise.
- Car tu es une très belle femme ! dit-il d'une voix assurée. Je t'avoue, je ne te connais pas depuis longtemps et nous ne sommes pas ensemble mais je suis déjà jaloux de tous les hommes qui posent leur regard sur toi. Cela me rassurerait que tu confirmes ton inclinaison envers moi.
Il avait subitement l'air désespéré. Rosie inspira profondément. Elle avait déjà beaucoup réfléchi avant de venir à ce rendez-vous. Elle avait retourné le problème dans tous les sens et elle en était venue à la seule conclusion possible. Elle ferma les yeux pour se donner courage, puis, les rouvrit et regarda fermement Abel.
- J'accepte d'être ta fiancée, Abel ! dit-elle.
Ce dernier lui fit un sourire éclatant et sans lui demander son accord, il l'embrassa à nouveau, cette fois-ci plus passionnément. Elle répondit à son baiser avec des sentiments mitigés plein la tête.
