Hello girls ! Je suis de retour après je pense un long moment ! Je m'en excuse encore !

Merci à Guest, birginie, Grazie, Ilonka, calimero 59, CeriseBella, vanina63 pour vos reviews encourageantes !

Maryfanfictions : merci bcp pour cette review très agréable à lire. je suis heureuse d'avoir un tel PDV sur leur histoire, je suis ravie de voir qu'ils sont ainsi perçus ! C'est tout ce que je voulais transmettre. merci encore. xoxo

TheBlondeWithCurlyHair : T'envoyer Edward ? Hum, il te faudra un ticket chérie lol. J'ai déjà toute une file d'attente, à qui je dois le confier le temps d'une nuit lol ! Ouais, je te rassure, il s'agit de la play-list d'Alice, n'allons pas décribiliser toute virilité chez notre petit Jasper ! Merci pour ta review ! xoxo

Anais88 : merci encore d'être toujours aussi fidèle ! Je suis vraiment contente de savoir que mes lemons sont appréciés, j'espère que ce sera aussi le cas pour celui ci ! merci encore de m'encourager ! xoxo

Titiguizmo55 : Encore une fois, je suis très heureuse d'avoir les impressions sur leur relation, qui est ce que je cherchais. ouais, c'est vrai que je suis loin du pays des bisounours ! pour l'instant, ça s'annonce compliqué ! merci encore ! xoxo

Merci vraiment à toutes de continuer ainsi à me suivre ! merci aussi à celle qui m'ajoute en favoris !

je vous laisse donc avec ce nouveau chapitre, qui j'espère vous plaira, n'hésitez pas à commenter si vous en avez le temps

xoxo girls !


« L'homme croit aux miracles. Même dans les circonstances les plus dramatiques, il croit encore qu'il peut s'en sortir. C'est sans doute pour ça qu'il parvient à tenir debout dans l'enfer. »

Laurence Tardieu

« Le trouble de mon âme étant sans guérison, le vœu de vengeance est un vœu légitime »

François de Malherbe


Chapitre 27

Transpirant, je reposais un instant ma joue contre la sienne pour récupérer un souffle régulier

« Je devrais sans doute les couper » soufflais-je alors qu'elle tirait mes cheveux en arrière

Je n'accordais que peu d'importance à mon image. Trop occupé à m'entraîner, j'avais laissé mes cheveux poussaient, et ils commençaient à boucler.

« Surtout pas...Ton sex appeal n'en est que plus renversant ! » rit-elle

Je relevais la tête et allais puiser un peu plus dans mes réserves pour l'embrasser.

« Faut que j'aille prendre une douche et sans doute aller à la banque...Est-ce que je peux te laisser ici une heure ou deux ? »

« J'en profiterais pour dormir » répondit-elle, presque somnolente

J'embrassais une dernière fois son front puis quittais le lit pour me glisser sous la douche. J'étais prêt une vingtaine de minutes plus tard, quand j'enfilais un jean et pull-over par dessus mon tee-shirt. Dans le couloir, j'aperçus Jasper face à la grande baie vitrée du salon et de la cuisine.

« Depuis quand t'aimes baiser le matin ? » me salua-t-il

« Depuis quand tu baises sur du Britney Spears » me moquais-je en allant me servir le café, qu'il avait préparé

« Je n'avais pas mon Ipod sur moi, Lili est entièrement en cause »

Je le rejoignais face à la vue panoramique qui donnait au loin sur le port de Seattle.

« Est-ce que Bells compte se lever ? Ses pancakes aux fruits rouges m'ont manqué »

Je retenais une gorgée de café dans ma bouche, surpris par un rire.

« Pas avant une bonne heure...Amènes ton cul, je t'invite »

Je récupérais mes clés et nous quittions l'appartement que je verrouillais derrière moi pour rejoindre le parking.

« Comment t'as pu t'acheter un appart et cette bagnole ! Je traîne la carcasse de ma vieille Chevrolet depuis des années ! »

« Ce sont les connards qui ont parié sur moi, qui m'ont permis de m'offrir ce luxe »

« Est-ce que tu comptes le revendre ? »

« Bells s'y plaît, alors elle m'a suggéré de le garder…pour qu'on puisse s'y retrouver quelques semaines dans l'année »

« Parce que vous comptez revenir ? » l'étonnais-je

« Nos vieux vivent ici et puis…il se trouve que le connard qui sort avec ma petite sœur est aussi mon meilleur pote, alors Seattle est sans doute devenue ma première résidence »

Je vis du coin de l'oeil le soulagement libérait sa poitrine d'une tension.

Malgré la neige et la circulation, nous pûmes rapidement arriver à la banque. Renflouer mon compte en banque me permettrait de ne pas avoir à m'inquiéter une fois que nous serons à Los Angeles. Je n'avais encore aucune idée de ce que je ferais une fois là-bas. Retrouver un poste d'enseignant était sans doute la chose à faire la plus évidente, malgré le manque de motivation, mais j'aimais savoir que j'avais du temps pour y penser. Peut-être qu'en convainquant Bells, je pouvais tout aussi participer à des combats de boxe légaux. Je m'étais trouvé un réel intérêt dans ses fights qui en plus de me permettre de renforcer ma self-défense, et ma virilité, m'apportait de bons revenus. Heureux de voir que je n'avais pas à m'éterniser dans une longue file d'attente, ce fut rapidement mon tour. Pressé de rejoindre Bella, je bousculais un homme à la sortie de la banque. M'excusant aussitôt, je fus surpris de voir qu'il s'agissait de Carlisle.

« Papa »

« Edward, Jasper…bonjour »

« Bonjour Carlisle »

« Salut…Euh, je venais juste déposer un chèque » me justifiais-je pour combler le silence gênant

« Idem »

« Tu as reçu l'invitation d'Emmett » remarqua Jasper, le carton d'invitation qu'il retenait dans sa main

« Oui…Rose, va certainement le foutre à la porte quand elle va avoir ce qu'il trafique »

« C'est ce qu'on lui a dit…Il faut qu'on y aille, je dois encore préparer certaines choses avant de partir »

« Oui, bien sûr…Ta mère et moi serons à Phœnix à l'aube »

« Oh, bien, je n'y serais qu'en milieu de matinée, donc c'est cool »

« Je vous laisse les garçons, je veux éviter une trop longue file d'attente »

Sans ajouter un mot, nous le contournions et partions regagner la voiture. Je m'arrêtais finalement après quelques pas pour héler mon père, resté sur le trottoir. J'avais besoin de savoir que nous pouvions mettre nos malentendus de côté, au moins pendant ces quelques semaines déjà porteuses de tension.

« Je sais…Je sais que ça fait longtemps que nous ne l'avons pas fait…mais si tu n'es pas de gare et que maman est dans le coin, on…on pourrait se retrouver devant la télé pour supporter Emmett ce soir »

« C'est une excellente idée » fit-il instantanément. « Ta mère et moi sommes libre, alors nous serons là »

« Je vis sur la troisième avenue sur Belltown, dix-huit heures est ce que ça te convient ? »

« C'est parfait »

« Cool…Lili sera avec nous, Bella aussi » le prévins-je avec un regard entendu

« Bien, je préviens ta mère » dit-il impassible

« Bien, à ce soir »

« A ce soir fils »

Soulagé, je remontais dans ma voiture où était déjà installé Jasper. Cette soirée leurs montrerait sans doute que Bella est loin d'être la dégénérée dont ils se font le portrait. J'étais persuadé qu'ils finiraient par percevoir son obstination, sa détermination dont elle faisait preuve pour remonter la pente doucement.

Faire appel à Charlie, serait sans doute aussi une bonne idée. Avoir dans la famille, une des vedettes du football rendait les évènements comme le Superbowl, aussi important que Thanksgiving ou les anniversaires. Il nous permettait de nous réunir d'abord devant un bon dîner, puis devant la télé où nous supportions énergiquement Emmett. Je suppose que ça devait être aussi le cas chez les Swan. Dîner avec Charlie m'avait permis de voir qu'il vouait une véritable passion pour ce sport et notamment l'équipe de mon frère. L'inviter me permettrait de gagner d gagner quelques points et par la même occasion faire plaisir à Bells.

Je redémarrais alors que Jasper saluait mon effort. Je m'arrêtais de nouveau pour petit déjeuner dans un petit café où j'avais toujours eu l'habitude de retrouver Kellan avant nos entraînements. Au souvenir, je décidais de l'appeler pour nous retrouver une dernière fois. Il n'avait pas seulement été là pour m'aider à mieux m'imposer face à mes adversaires. Il avait été un véritable mentor, un soutien psychologique, ma psy en quelques sortes et une seconde cure. J'avais gagné en confiance grâce à lui, et je ne pourrai sans doute jamais assez le remercier de m'avoir pris sous son aile. Dans le coin, il ne fallut que quelques minutes avant que je ne le vois passer les portes du café. Les présentations faites, je fus ravis de raconter à Jazz comment ce connard m'avait fait enduré le pire pour m'amener à arrêter la cigarette et mieux gérer ma consommation d'alcool.

Partageant une longue conversation, je n'oubliais pas qu'il s'agissait de ma dernière journée avec Bella. Ce soir, elle repartirait à l'hôtel pour se préparer à rejoindre Phœnix. Moins d'une semaine qu'elle était là, et sa présence m'était devenue trop indispensable pour la voir repartir si tôt.

Je saluais et remerciais une dernière fois Kellan, lui promettant de l'appeler lorsque je reviendrais. Et une dernière fois, il me répéta les conseils donnés pour gérer ma colère, et faire preuve de calme en toutes circonstances.

De retour à l'appartement, nous retrouvions Bells qui fumait sur le balcon, le téléphone à l'oreille. Je jetais mes clés sur l'îlot central de la cuisine où était posée une assiette de pancakes aux fruits. Jasper se jeta littéralement dessus alors que j'avançais vers la baie vitrée, curieux de savoir si l'idiote têtue qui lui servait de meilleure amie avait fini par lui répondre. Depuis notre retour de Forks, elle n'avait cessé discrètement de la rappeler, et cette salope ne répondait toujours pas. Les stores fermés et la baie coulissante ouverte, j'en profitais pour tendre l'oreille.

« Salut, c'est Bella…Bella, la salope hystérique qui s'en est pris à sa meilleure amie en juillet dernier...Tu es sans doute la dernière personne que j'ai voulu blesser…mais…mais, je l'ai fait avec Charlie, alors pourquoi ne pas rallonger ma liste d'ennemis en y ajoutant ma meilleure amie »

Je détestais la voir tant se démener pour obtenir un pardon qu'elle méritait largement. Ces connards qu'elle s'obstinait à réintégrer dans sa vie, semblaient avoir oublié la cause de tout ce désordre.

« Je n'ai probablement aucune excuse pour le geste impulsif que je t'ai infligé...Tu voulais seulement me protéger...Me protéger de moi-même pour me garder avec toi...Pourquoi j'ai été incapable de comprendre que tu ne souhaitais que m'aider ! »

Elle s'arrêta un instant pour souffler, furieuse contre elle.

« Aucun mot ne pourrait pardonner mes gestes, je le sais, mais je veux quand même te demander d'envisager une seule seconde d'excuser ce fossé que j'ai creusé entre nous depuis qu'elle est morte...J'ai merdé avec tout un tas de gens, mais certainement bien plus avec toi, je t'ai entraîné dans ma déchéance...Ton père a finalement raison, je n'étais qu'une petite peste prétentieuse qui cogne tous ceux qui osent la regarder...J'ai...J'ai tiré sur ta main pour que tu puisses me suivre dans mon enfer, parce qu'il n'y avait aucune raison pour que tu ne sois pas toi aussi malheureuse...Maman t'aimait...tu...tu étais comme sa seconde fille, et je crois que j'ai voulu que tu la pleure autant que je le faisais...J'ai été égoïste et je me rends compte aujourd'hui que je le suis encore, parce que j'ai la prétention de croire que mes six mois de cure te convaincront que tu dois me pardonner...C'est totalement stupide, je sais...Mais...Tu me manques, tu me manques parce que toi et moi, on est viscéralement liées...Et...Et je suis incapable de vivre sans toi »

Elle pouffa par-dessus ses larmes que j'entendais dans sa voix chevrotante.

« Ça sonne comme une déclaration d'un de ses vieux soaps à vomir...Mais il n'y a que ces mots pour te dire ce que je ressens...J'accepterais que tu fasses de moi ce que tu veux si je peux réussir à regagner ton amitié...Est-ce que ce serait totalement dégueulasse de jouer sur la corde sensible et te dire que je ne pourrais probablement jamais témoigner sans que tu ne trouves dans ce putain de tribunal...Ouais, c'est vraiment dégueulasse...Je vais probablement faire la conversation à ton répondeur une partie de la journée...Alors, je vais raccrocher et t'harcelait tant que la pute de ce foutu répondeur ne me dira qu'il est plein à craquer...Je...Je t'aime Angie »

Elle raccrocha et je la ramenais aussitôt à l'intérieur pour effacer les larmes qui perlaient le long de ses joues. Elle se blottit plus étroitement contre moi alors que je la berçais pour calmer ses sanglots.

« Je suis désolée...C'est notre dernière journée ensemble et tout ce que je trouve à faire, c'est de chialer » recula-t-elle pour sécher ses pleurs

Je ne dis rien, ne sachant trop quoi dire pour la réconforter. Je ne connaissais pas cette nana, ni l'endroit où elle se trouvait pour la forcer à ramener son cul à Phœnix. Elle me repoussa et sécha ses larmes avant de m'adresser un sourire franc et d'aller pester contre Jasper.

J'en profitais pour récupérer mon téléphone dans ma poche et m'isoler sur le balcon pour appeler Charlie.

« Bonjour chérie » répondit-il à la première sonnerie

« Bonjour Charlie...C'est Edward...Edward Masen »

« Oh...Est-ce qu'il est arrivé quelque chose à Bells ? » s'affola-t-il aussi vite

« Non, elle va bien, très bien...Elle ne sait pas que je vous appelle »

« Qu'est-ce qui se passe ? »

« Euh...Ce soir, c'est la finale du Superbowl...Et...Et je pensais que vous pourriez être un peu plus tôt à Seattle, pour...pour passer la soirée avec nous, enfin avec Bella...Je sais qu'elle affectionne particulièrement ses moments où vous regardiez le football ensemble...Alors je me disais que vous pourriez faire le trajet jusqu'ici »

« Je suis d'accord » dit-il en m'interrompant

Surpris, je bégayais un instant.

« J'habite sur la troisième avenue du quartier de Belltown » finis-je par dire

« Bien, j'y serais certainement en fin de journée »

« Prenez votre temps, on vous attends »

Sans ajouter quoi que ce soit, il raccrocha. Je retournais à l'intérieur, où Bells et Jazz s'étaient installés dans le salon. Je m'allongeais et allais me reposer sur les jambes de ma belle.

« Où est Lili ? » finit par remarquer Bells, l'absence de ma petite soeur

« Son sanctuaire » fronça les sourcils mon meilleur ami, visiblement irrité. « Comme toujours »

« Des problèmes ? » m'enquis-je à mon tour

« On s'est disputé à propos de ses conneries »

« Lesquelles ? »

« Vivre en Italie ne lui a pas suffi, mademoiselle envisage encore une fois de mettre de la distance entre nous »

Je vis dans le regard de Bells, qu'elle comprit rapidement où il voulait en venir.

« C'est-à-dire ? »

« Le Harper's Bazaar souhaite l'intégrer à son équipe »

« Où est le problème ? »

« Leurs bureaux sont à L.A »

« Est-ce qu'elle a accepté ? »

« On parle du Harper's Bazaar, le premier magazine publié aux États-Unis » dit Bella. « C'est le comble pour une styliste aussi jeune »

« Elle t'en a parlé ? » l'interrogea mon meilleur ami

« Je lui ai dit qu'Ed et moi partions nous installer dans quelques mois à L.A, et elle m'en a parlé...Elle était excitée à l'idée qu'on puisse passer du temps ensemble, mais elle pense sérieusement refuser »

« Elle m'a hurlé au visage qu'elle avait déjà accepté »

« C'est faux...Elle craint autant que toi cette distance, elle sait combien ça a été difficile de survivre à des milliers de kilomètres, son rêve ne la rend pas insensible »

« Tu crois que je devrais la pousser à partir ? »

« Pas si tu penses que ça vous fera du mal, elle pourrait te le reprocher »

« On se voit déjà peu entre mes articles et ses voyages à travers le pays...Ça ne pourrait qu'être pire en vivant sur deux états différents »

« Pourquoi ne pas postuler pour un journal californien ? »

« J'ai mis des années avant de convaincre mon boss de me mettre sur des enquêtes d'investigations, je peux pas tout recommencer même si c'est pour suivre ma petite amie à l'autre bout du pays »

« Accepte alors qu'elle puisse vouloir aussi s'épanouir dans sa carrière...Ce job est important pour elle, c'est une chance inespérée pour une fille qui travaille pour Elle et commente les tapis rouges sur le net »

« Qu'est ce qui ne va pas avec le Elle ? » demandais-je

« Elle n'est qu'un petit magazine...Inscrire un contrat avec le Harper's sur son curriculum va lui permettre de se retrouver dans l'équipe du magazine de la prêtresse Anna Wintour »

« Faut croire qu'il y a une véritable gonzesse sous cette enveloppe corporelle » la taquinais-je, étonné qu'elle en sache autant

J'avais compris que la mode et Bells étaient deux choses complètement incompatibles. Il n'y avait qu'à voir les photos d'elle qui circulaient sur le net, qui la montraient se débarrasser de sa robe de grand couturier et ses hauts talons, une fois que ces apparitions publiques étaient terminés.

« Faut croire que le garçon manqué que je suis, a réussi à te faire bander toute une nuit connard »

« On peut revenir deux secondes à moi, je suis dans une putain d'impasse les gars »

« Donnez-vous une période d'essai, voir ce que ça donne » lui conseilla Bells. « Je veux dire, regardes les parents de Ed, l'un est chirurgien en traumatologie et l'autre, décoratrice d'intérieur avec une renommée mondiale et ils sont ensemble depuis quoi... »

« Trente ans » terminais-je pour elle. « Elle a raison »

« Est-ce que tu doutes de tes sentiments ? Parce que là ce serait une autre histoire »

« Tu penses bien qu'avant de révéler à ce connard que j'étais amoureux de sa sœur, je me suis posé la question de savoir à quel point je l'aimais »

« Vous y survivrez, j'en suis certaine » le conforta-t-elle.

Dubitatif, il tira fortement ses cheveux en arrière, en soufflant. Doté de cette éternelle humeur imperturbable, c'était la première fois que je le voyais si anxieux. Chacun déterminé à entreprendre une carrière, l'un dans le journalisme, et l'autre dans le stylisme, aucun d'eux ne s'était réellement inquiété d'être ainsi séparé au début de leur relation. Je savais que pour tous les deux, leur histoire était passé au second plan lors des deux dernières années. Mais maintenant que les choses s'étaient concrétisés, ils pouvaient enfin se focaliser sur l'autre...et cette distance ne les aiderait sûrement pas.

« J'ai invité papa à venir nous rejoindre ce soir » finis-je par informer Bella

« Le bon vieux temps » se rappela mon meilleur ami, qui finit par éteindre ses inquiétudes pour tenter de se détendre

« Tu ne crois pas que je devrais m'éclipser pour une soirée en famille ? » s'inquiéta-t-elle

« Tu fais partie de la famille Bells » répliqua Jasper. « Comment tu comptes leur expliquer le fait que tu possèdes un appart sur Belltown ? »

Et merde ! J'avais totalement omis ce détail !

« L'assurance vie de Sarah...ils n'ont jamais su ce que j'en ai fait »

« Je reste convaincue que ce n'est pas une bonne idée que je sois là...J'avais carrément l'air d'être le diable quand ton père m'a vu, et ta mère ne doit pas non plus être ravi que l'hystérique junkie et ex-taularde soit encore dans les pattes de son fils »

« Et je reste convaincu que tu devrais juste fermer la bouche quand c'est pour débiter autant de conneries »

« Va te faire voir Masen ! » se vexa-t-elle, en me repoussant pour rejoindre la chambre

Je soufflais, coupable de l'avoir blessée. Je la suivais, surpris de la voir faire son sac.

« Bébé »

« C'est notre dernière journée ensemble avant des semaines, ce soir je repartirais pour l'hôtel !...Pourquoi les avoir invité ? Tes parents me détestent bien plus que Charlie et toi ! » ragea-t-elle en ramassant ses affaires jetées un peu partout

« Ils ne te détestent pas »

« Masen, j'étais carrément une chienne enragée la dernière qu'ils m'ont vus...Ils me détestent ! »

Je l'arrêtais et allais me poser sur le lit pour la caler entre mes jambes.

« Ils ne te détestent pas...Ils pensent juste que nous sommes incompatibles, nuance »

« Tu te fous de ma gueule ! C'est la même chose ! »

« Ils savent très bien que tu es seulement amochée par ce qu'il t'arrive...Ils sont juste inquiets pour moi, et c'est pour ça que j'insiste pour leur montrer que je ne vais jamais aussi bien que lorsque je suis avec toi »

« Oh, comme lorsque tu jouais à la bagarre avec des monstres de stéroïdes »

« Je t'ai déjà dit que ça n'avait rien avoir avec toi »

« Ton père a certainement dû apprendre que je souffre d'un désordre émotionnel »

« Que tu traites »

« Je déteste l'idée qu'ils puissent me juger...Je n'en ai jamais rien eu à faire de ce qu'on pouvait penser de moi, mais ce sont tes parents, et j'ai l'impression que quoi que je fasse, ils l'interpréteront comme une faiblesse »

Je me relevais aussitôt, irrité de voir des larmes perlaient dans le coin de ses yeux. Cette nana ne devrait jamais à voir à pleurer après ce qui lui était arrivé. J'enlaçais son cou d'un bras et relevais son visage pour capturer son regard.

« Ils ne le feront pas...et tu n'as pas à t'enchaîner mentalement pour devoir leur plaire...Je ne veux pas devoir lister toutes les qualités qui font que je t'aime, qui font que Jasper et Alice t'aiment, tout comme mon frère et Rose pour te dire que eux aussi finiront par t'apprécier »

« Pourquoi pas ? » sourit-elle sous ses larmes que j'effaçais du pouce

« Ça ne ferait que gonfler ton ego, et je trouve que tu prends assez de place comme ça » claquais-je d'une main son cul

Faussement outrée, elle me repoussa contre le lit. Je rattrapais sa main à temps alors qu'elle voulut quitter la chambre. Je la ramenais contre moi pour nous renverser et la chevaucher.

« Ton cul restera ici toute la journée, c'est déjà assez pénible de savoir que nous devrons jouer les étrangers une fois que tu seras en bas de l'immeuble »

Mon sourire disparu, elle me toisa un instant d'un œil suspicieux, pour finir par se redresser.

« Nous avons toujours abordé comment je me sentais à l'approche de ce procès, mais tu as toujours réussi à détourner mon attention pour que je ne sache pas comment tu te sentais toi »

J'avais tus mes faiblesses pendant des mois, camoufler les cris de désespoir, pour afficher une force inébranlable. En une seconde, elle avait réussit à percevoir ce que je masquais tant, et c'était déconcertant, presque dégueulasse de sa part.

« Je vais bien » la convins-je en la regardant droit dans les yeux

« Masen...Toi et moi savons que ça n'est pas vrai, douze personnes vont devoir se contenter des photos de corps totalement dénaturés, mais nous savons ce qui nous passera à l'esprit lorsqu'on va devoir confronter à nouveau ces images...Tu ne vas pas bien »

Les mains tremblantes contre ses hanches. Je contenais difficilement la rage qui bouillonnait en moi à l'idée d'être en présence de Jesse.

« Bébé »

« Il... » remontais-je une main jusqu'à sa gorge, incapable de faire cesser les tremblements. « Il a violé ma femme, elle...elle était ce que j'avais de plus précieux, la chose la plus pure que je possédais...Ce fils de...Ce...Elle l'a supplié de l'achever pour ne pas qu'il me touche » enserrais-je son cou, m'empêchant de le presser fort, subitement frappé que son visage remplace le sien. « Et il s'en ait moqué...Je ferais buter cet enfoiré si je ne peux pas le faire moi-même »

« Edward...Ed, tu me fais mal » l'entendis-je me supplier

Sans que je ne m'en rende compte, Jasper m'avait déjà ramené loin d'elle.

« Ed, est-ce que ça va ? »

« Je suis désolé...je ne voulais pas, excuses moi » m'approchais-je, réalisant le geste terrible que je m'apprêtais à lui infliger

Son regard noyé dans ses larmes, elle se jeta aussitôt dans mes bras pour me serrer fermement contre elle. Terrifiée, je resserrais l'étau et m'excuser une dizaine de fois à son oreille.

« Pour rien au monde, je ne voudrais te perdre dans le fond d'une cellule, pas même pour les venger ! » releva-t-elle les yeux vers moi. « Je te promets qu'un jour il arrivera où ce sera son tour de supplier quelqu'un de l'achever...mais je ne veux pas que son sang puisse te salir les mains, tu vaux mieux que lui, bien mieux...Cet enfoiré crèvera comme le chien qu'il est »

« Elle a raison Ed » tenta de me conforter mon meilleur ami

« Je sais » finis-je par dire alors que la pression retombait doucement.

Je relâchais Bella et allais me jeter sur le lit.

« Je crois que je suis juste à cran » passais-je ma main sur mon visage fatigué. « J'attends de confronter cet enfoiré depuis le début et maintenant qu'on y est, je ne suis plus sûr d'être capable de simplement le regarder »

Bella s'approcha et vint se poser près de moi. Ses doigts perdus dans mes cheveux, je collais mon visage contre son ventre, pour qu'elle puisse m'apaiser.

Pourrais-je me passer de ses qualités d'anti-stress pendant ce procès ? Impossible !

« J'ai passé des mois à me pourrir la vie avec cette idée » me confia t-elle, en déposant un baiser dans mes cheveux. « Je vais devoir passer ma vie à ressasser ce qu'il a fait, à me contenter de cette demie-seconde avant le réveil, où je crois encore que ma mère est encore vivante...Je l'ai vu à New York, j'ai vu que je n'obtiendrais jamais de lui un pardon, un regret, une culpabilité...Ce chien a fait coulé énormément de sang, et nous...nous devrons simplement, presque impassiblement laissé douze personnes, douze jurés à qui on octroie le droit de juger si ce connard est coupable ou non, douze personnes qui n'ont aucune idée de ce que nous avons vu, et de ce qui nous hante encore aujourd'hui...Mais...mais, je l'accepte...J'accepte que notre justice ne soit plus aussi punissable qu'au temps de la guillotine...Putain, je peux t'assurer que j'aurais buté le type qui l'a abolit !...On ne peut pas laisser cette vendetta nous empoisonner la vie, sinon ce serait se démener pour rien de vouloir rejoindre L.A, ou de rêver déjà de Bora Bora »

« Bora Bora ? » l'interrogea Jazz

« Deux billets » s'enthousiasma aussitôt Bells. « Lui, moi dans un de ces magnifiques cabanons suspendus au dessus de l'océan »

« J'ai proposé à Bells de partir deux semaines là bas après le procès...histoire qu'on puisse souffler »

« Putain, t'es carrément passé de l'autre côté »

« De l'autre côté ? » arquais-je un sourcil, curieux

« Tu fais partie de ces friqués qui ont besoin de souffler aux Seychelles ou à Bora Bora...Pendant que ton vieux pote devra se contenter de San Diego »

D'abord surpris, Bells et moi éclations de rire alors qu'il quittait la chambre théâtralement, vexé.

« Jazz chéri » le rejoignit Bella dans le salon où monsieur boudait

Je la suivais, larmoyant par le fou rire. Assise près de lui, elle lui souffla quelque chose à l'oreille. Ce qui le fit sourire instantanément.

« Swan, je te jure que si t'es en train de lui faire une proposition indécente, je tue ce connard qui est en train de sourire comme un abruti »

Cette petite conne se contenta de sourire, se relever et de rouler de son cul jusqu'à la cuisine, où elle s'attela à préparer notre déjeuner.

« Hale, jures moi qu'elle... »

« Désolé, ta petite copine m'a fait promettre de ne rien dire et je ne veux pas la contrarier...C'est toi après tout, qui m'a conseillé de ne jamais le faire » me nargua cet enfoiré

Je tournais la tête vers Bella, et fondis comme une petite pucelle alors qu'elle me soufflait sérieusement un « je t'aime ».

Conneries de sentiments !

J'abandonnais alors que ce traître me proposait de s'affronter sur des jeux vidéos. J'appréciais discrètement pour ma part de retrouver cette complicité avec lui. Le temps où nos esprits n'étaient pas aussi tourmentés qu'aujourd'hui et nos vies vécues au jour le jour était révolus, mais j'espérais encore une fois qu'on puisse retrouver cette époque de sérénité lorsque nous obtiendrons justice dans quelques mois. Je refusais d'envisager une seule seconde que cet enfoiré puisse être acquitté. Il ne s'agissait plus là de Bella ou moi, de l'enfer vécu ces dernières années, mais de Sarah, de mon fils, de Renée, Phil et la famille Levi. Leur tortionnaire devait être reconnu publiquement. Chaque jour passé dans les quatre mètres carrés de sa cellule, j'espérais que les cris qui nous avaient si longtemps hantés, et qu'ils le font parfois encore aujourd'hui, allaient pouvoir le hanter à son tour et le faire sombrer dans l'aliénation.

Installés autour d'une pizza napolitaine, Jasper et moi nous délections encore une fois des talents cuisiniers de ma petite amie.

« Je ne t'ai jamais demandé si ton prénom avait une réelle origine italienne ou est-ce que c'était juste parce qu'il sonnait bien ? » m'intéressais-je, constatant qu'elle avait un réel intérêt pour la cuisine italienne

« Mes arrières grands parents maternels étaient originaires de Naples, j'ai hérité du prénom de Nonna »

« Nonna ? » demanda Jasper

« Grand mère en italien, mais comme je n'ai pas connu ma grand mère, je l'appelais comme ça...J'ai pu me rendre un bon nombre de fois en Italie grâce à Phil, et chaque fois s'était pour la retrouver, Angie et moi étions ses bambinas...Je passais des heures à la regarder cuisiner et c'est comme ça que j'ai appris...Elle vit encore à Naples...Je ne sais pas encore comment elle a fait pour survivre après la mort de maman...Ma grand-mère est morte dans un accident de voiture, quelques mois après avoir mis au monde maman, c'est Nonna qui a pris la relève avant que son oncle ne vienne aux Etats-Unis pour y vivre, lorsqu'elle avait 13ans »

« Pourquoi ne pas t'être exilé en Italie ? » l'interrogea à nouveau Jasper

« Mon père avait officiellement ma garde...Je regrette aujourd'hui qu'on n'est pas pu s'épauler l'une l'autre...Le médecin lui déconseille formellement de prendre l'avion à cause de son anxiété aiguë »

« Donc tu es à moitié italienne ? » fut tout ce que je retins

Pourquoi ce simple détail était capable de me faire bander !

« Est-ce qu'il y a un souci ? » m'interrogea t-elle, un sourcil relevé

« Non...je me demandais juste si tu pouvais être plus attrayante que tu ne l'étais »

« Il Signore Masen, siete un vero bel parlatore » battit-elle des cils

« Putain Swan, peu importe ce que tu viens dire, redis le »

Elle éclata de rire et Jasper dû sentir l'air saturé d'une tension sexuelle parce qu'il choisit ce moment, pour prétexter aller rechercher Alice et par la même occasion mettre les choses au clair. Je m'enfonçais dans le canapé pour l'accueillir. A cheval au dessus de moi, elle se pencha sur mes lèvres. Mes mains vinrent aussitôt se glisser sous son short. A leur place.

« Fammi l'amore » susurra t-elle contre mes lèvres

La transparence des mots me permit d'accéder rapidement à sa demande. Flattant chaque parcelle de sa peau, je me plaisais une énième fois à la contempler nue. Ses pupilles dilatées par le désir. Ses boucles chatouillant le bout de ses seins, comme pour m'inciter à les dégager du rideaux de cheveux pour y poser le bout de langue. Son ventre qui se contracte sous ses palpitations cardiaques. Je n'osais imaginer que cette nuit, nous devrons une nouvelle fois nous quitter. A demie allongée à l'angle du canapé, je laissais tomber le bas pour me poster entre ses jambes, et l'investir doucement. Éternellement fasciné par la manière qu'elle avait d'épouser parfaitement ma queue, je relevais les yeux quand je l'entendis souffler discrètement un « fuck ». Les joues empourprées, quelques mèches sur le visage, ses lèvres roses et légèrement gonflées, je pouvais parier ma vie qu'il n'y avait pas plus belle vision. J'allais crocheter le haut du canapé au dessus de son visage, et me déhanchait lentement contre elle, pour l'amener doucement au paroxysme.

Lui faire l'amour, n'était pas seulement assouvir une envie, un désir, un besoin, c'était plus complexe, plus important, nécessaire. Certains diront que le sexe reste quelque chose de sale, et de souillant...pour moi, c'était l'acte le plus purifiant que j'avais à exécuter. Je ne sais comment, Bella arrivait à m'exorciser de mes démons, à me vider totalement tout en me remplissant d'un sentiment paix.

Rejeté sur le côté, elle masqua un sourire avec sa main avant de relever, d'enfiler le tee-shirt que je portais quelques minutes avant et d'aller s'installer à terre près du balcon, pour griller une cigarette. Le regard vitreux, je récupérais doucement un souffle régulier, en observant mon ange.

Son air béat disparu, je la surpris à regarder les scarifications qu'elle porte des poignets jusqu'aux creux des coudes.

« Bébé »

« Hum » releva-t-elle la tête

« Est ce que ça va ? »

« Ouais » étira t-elle un sourire faux

Elle mentait et je ne sais comment, je sus ce qu'il l'a tracassé à cet instant. Peut être à cause de notre entente parfaite ou parce que j'étais habité des mêmes doutes.

Aborder aussi vite ce procès, alors qu'elle sortait de cure était sans une mise à l'épreuve elle, nous, les autres. Et malgré tout les espoirs mis dans cette thérapie, et les résultats que j'avais pu voir ces derniers jours...je savais que l'autre Bella pouvait à tout moment refaire surface. Je le craignais et je sais qu'elle aussi. Je suis capable de sentir cette peur qu'il l'habite à cet instant. Elle est terrifiée à l'idée de perdre pieds, sombrer, et répondre de nouveau à ses pulsions auto-destructrices.

C'était comme si nous étions éternellement au bord du gouffre. Risquant à tout moment de vaciller sur une pierre, et d'être capable de tomber à tout moment.

Je me relevais, m'approchais d'elle et me penchais sur son visage.

« C'est possible » dis-je doucement contre ses lèvres

« Quoi ? » passa t-elle une main sur ma barbe

« Ce pourquoi on lutte depuis tout ce temps...Jesse finira par être en taule »

« Je le sais »

« Peu importe ce que dira son avocate, peu importe la manière dont elle voudra nous détruire...On obtiendra justice »

« Je le sais »

« Redis moi ça avec un peu plus de conviction » l'incitais-je avec sourire

« Je le sais...Parce que je veux croire que la vérité puisse le faire tomber...Je le sais, parce que je sens d'ici déjà l'air, cet air de liberté si pur, cet air que lui ne pourra plus respirer...Je le sens si fort au fond de mes poumons et ça ne peut être que le présage d'une justice obtenue »

Rassuré mais surtout touché par ses convictions, j'heurtais ses lèvres pour les embrasser avec ferveur.

...

« Arrêtes de bouger Masen, sinon je vais être obligé de tout raser et tu ressembleras à un de ces puceaux imberbe » en enroulant ses jambes autour de ma taille

Installé dans la salle de bains depuis cinq minutes, après que nous ayons partagé une douche commune, j'avais demandé à Bells de tailler ma barbe, que je n'avais pas touché depuis son retour. Je n'étais pas sûr de l'impact qu'aurait mes blessures sur les questions de la défense – je savais que cette pétasse pouvait interpréter cela pour mon supposé penchant pour la violence – je préférais au moins paraître moins débrayer.

Je grimaçais alors qu'elle pressait sur l'un de mes hématomes.

« Désolée »

« C'était très douloureux »

Cernant l'étincelle malicieuse dans mon regard, elle tira sur mon tee-shirt pour m'embrasser. Je la ramenais aussitôt contre moi pour loger ma langue dans sa bouche.

« A quand Bora Bora et ces courbes dans un bikini » glissais-je un doigt le long de sa hanche

« Est-ce que mon échancré noir portait en piscine te manquerait-il ? »

« Ces heures de surveillance vont beaucoup me manquer »

« Je suis toute à toi maintenant, mon corps n'a plus vraiment de secret pour toi »

« Ça ne change rien au fait que j'aime le voir dans ces petits bouts de tissus »

« Ça ou m'observer réarranger mon décolleté » me rappela t-elle en remontant sur la table

Rêveur, je me perdais dans mes souvenirs d'obsédé. A l'époque, ces deux heures où je guettais sa sortie de l'eau pour apercevoir son corps ruisselant était un vrai supplice pour ma queue. Observer chaque perle glissait le long de sa chute de rein puis sur son cul potelé était une véritable torture, tout comme la voir empaumé son sein sous son maillot de bain pour le replacer dans le tissu.

Combien de fois avais-je envisagé de la coincer dans l'un des vestiaires pour jouer à détacher les ficelles des triangles qui recouvraient ses monts alléchants...

Je passais une main sur mon duvet parfaitement taillé, après qu'elle ait terminé.

« Comment je suis ? »

Installée sur le marbre près des lavabos, elle me ramena de nouveau entre ses jambes. L'une de ses mains vint prendre en coupe mon visage, et je me laissais faire alors qu'elle m'embrassait à pleine bouche.

« Putain Swan ! » exaltais-je contre ses lèvres

« Calmes tes ardeurs Masen, on a encore des tas de choses à faire » rejeta t-elle la main qui cherchait son sein

A l'approche du dîner, elle finit par me réquisitionner pour l'aider à préparer le dîner. Couper des dés de tomates étant dans mes compétences, elle en profita pour discuter au téléphone avec un certain Zac, dont j'avais beaucoup de mal à cerner l'identité. Et pendant plus d'une demie heure, elle donna plusieurs coups de fils, se battant pour je ne sais quoi parfois, avant de raccrocher pour de bon.

« Qui sont tous ces gens ? » finis-je par demander

« Zac était le garde du corps qu'avait engagé Phil, pour assurer ma sécurité lorsque je sortais pour des déplacements professionnels...J'espérais pouvoir le récupérer, et il m'a assuré m'attendre dans ma chambre d'hôtel lorsque je partirais pour l'aéroport...Elena est ma conseillère en image, reclus à Forks, elle s'est occupée de refuser toutes interviews ou conférence de presse ces deux dernières années, mais maintenant que je suis obligée de revenir sur le devant de la scène, elle me permettra de faire les bons choix, elle viendra avec Lola, ma styliste, qui m'aidera pour mes apparitions publiques et la première impression faite aux jurés et Chlo ma coiffeuse et maquilleuse » énuméra t-elle

Je déglutis, perturbé par la Bella, professionnelle que j'avais sous les yeux. Décidément, j'avais toujours du mal avec cette facette d'elle, pas habitué à la voir prendre si sérieusement les choses en main.

« Est-ce que ça va ? »

« Laisse moi le temps de m'habituer à la Bella business woman »

« Business woman ? Je ne fais que gérer mon image »

« Je pensais que tu n'en avais rien à faire de ce que les autres pouvaient bien penser de toi »

« C'est le cas...Je me...mais je me sens déjà comme épiée...Mon beau-père était l'un des meilleurs joueurs de sa génération, ma mère une sorte de mère Théresa...et j'ai l'impression d'être sous la loupe de tout le pays, confrontée à leur regard critique...comme si l'héritage qu'ils m'avaient transmis m'obligeait à agir comme une jeune fille modèle »

« La petite chérie d'Amérique a grandi...Je pense pas que les gens qui te suivent, te jugeront sévèrement »

Elle haussa les épaules, incertaine.

« Approche »

Je laissais mes dès de côté une minute, pour ouvrir grand les bras. Elle s'y engouffra aussitôt, un sourire aux lèvres.

« Je peux pas imaginer me passer de ça » releva-t-elle les yeux

Les lèvres en cul de poule, j'y déposais plusieurs petits baisers.

« On s'est est sortis plutôt bien ces six derniers mois »

« Je sais »

« On s'est battus pour se construire un mental d'enfer et je sais que c'est le moment de vérité pour savoir si nous avons réussi à le faire...On s'y est préparés, nous appréhendons chaque minute que nous passerons à l'intérieur et à l'extérieur de ce tribunal...On a passé six mois à apprivoiser nos fantômes, et nos émotions, tout ce que nous avons à faire, c'est de continuer...Se répéter que la justice est de notre côté et que Renée, Sarah, Phil, Anthony, la famille Levi pourrons être fiers que nous ayons pu se battre pour leur rendre justice...Nous ne devons pas craindre Jesse, ni son avocate...Ok ? »

Elle se contenta de hocher la tête. Je la sentis malgré tout convaincue. Se rassurer mutuellement tout au long de la journée, pourrait nous permettre de mieux envisager les jours à venir.

Un coup d'œil jeté sur l'écran de contrôle du couloir, j'aperçus Jasper et Lili qui arrivaient. J'embrassais le front de ma belle et allais ouvrir avant qu'ils ne sonnent à la porte. Même si je ne l'avais pas vu partir ce matin, je compris au sourire rayonnant de ma petite sœur, que Jasper avait finalement accepté de faire quelques compromis. Elle me salua puis rejoignit Bells pour lui sauter dans les bras et lui annoncer la nouvelle. Je tapais amicalement l'épaule de mon meilleur ami pour lui exprimer tout mon soutien. A mes côtés lors du procès pour me soutenir, et rendre un papier sur le déroulement du jugement, il pourrait très bien rejoindre Los Angeles en à peine trois heures, si Lili devait prendre ses dispositions tout de suite.

Tous les quatre dans la cuisine, Jasper et Alice participèrent à la préparation du dîner. Discrètement, je conseillais à Bells de prévoir plus de nourriture, prétextant pouvoir me resservir tant son osso-buco à la milanaise avait l'air délicieux. Malgré l'incertitude face au bon déroulement de ce dîner, j'espérais malgré tout que la présence de mes parents ainsi que de son père, nous permettent une dernière fois de mettre les choses au clair, et peut être même les rassurer.

A l'approche de leur arrivée, Alice préparait la table alors que Bella nous peignait Jazz et moi de l'emblème des Giants. Même si je n'étais pas un supporter assidu, j'appréciais revoir mon frère remettre un pied sur le terrain, qui plus est pour un titre aussi prestigieux. D'après Jasper, il avait fait un retour grandiose après un an d'absence. Je savais que l'excitation était bien plus forte chez lui. Après une dure bataille pour voir grandir sainement sa fille, il pouvait enfin reprendre sereinement son poste de quaterback.

La sonnerie assourdissante de la porte d'entrée, fit sursauter Bells que j'essayais à mon tour de maquiller dans la salle de bains.

« Jazz, tu veux bien aller ouvrir » demandais-je, en effaçant un trait raté

Je croisais le regard angoissé de ma belle, qui lissait une énième fois les plis de son pull rose. Elle détestait cette couleur, mais penser que ça pouvait peut être l'aider à faire bonne impression, tout comme l'espèce de gros beignet stricte qui retenait ses longues et épaisses boucles sauvages. Mon démon avait été carrément remplacé par une sorte de petite pucelle de quinze ans. Je déposais les crayons de couleur sur le bord du lavabo, pour coincer les épaules tendues de ma belle.

« Quelques heures, c'est tout ce qu'ils nous restent, alors je ne veux pas voir ce regard effrayé de tout le dîner…Cesse de penser une seconde, qu'ils te voient comme un cas pathologiquement dangereux, tu vas bien et je veux que tu puisses leur prouver que tu es à nouveau en paix avec toi-même »

« Je crois que je vais vomir » gesticula-t-elle, en passant une main sur son ventre

« Est-ce que tu en es sûre ? »

« Oui…non…Je pourrais me cacher ici, jusqu'à ce qu'ils partent »

« Ton vol est prévu dans six heures, est ce que c'est vraiment ce que tu veux ? »

« Non »

« Bien…Dehors Swan » la poussais-je hors de la chambre

Dans le couloir, elle tira sur mon pull pour me faire passer devant. Je soufflais, exaspéré par son comportement. Dans le salon, je retrouvais ma mère qui vint aussitôt se jeter à mon cou pour me serrer contre elle. Je l'accueillais tout aussi chaleureusement et désespérément. Béni d'avoir pu être adopté et choyé dans un foyer comme le sien, j'avais toujours été très reconnaissant, proche d'elle, et je regrettais d'avoir été si distant, de l'avoir jeté lorsque j'avais sans doute le plus besoin d'elle.

« Maman »

« Comment as-tu pu me laisser sans nouvelle ! »

« Je suis sûr que Jazz l'a fait »

« Jasper a toujours menti pour toi »

Ses yeux ambrés embuées, elle recula pour mieux examiner mes contusions au visage.

« Ce n'est rien maman, ce n'est pas aussi douloureux que ça en a l'air »

« Ne me mens pas Edward ! Tu es méconnaissable ! »

« Je vais bien maman, c'est juste superficiel ! »

Je tirais sur son bras pour la ramener de nouveau contre moi. La gorge nouée de l'avoir tant inquiété.

« Tu n'as pas appelé une seule fois…j'avais besoin d'entendre mon fils…Et toi, tu n'as même pas pris le temps de m'appeler…Sais-tu à quel point je me suis fait du souci pendant tout ce temps ! »

« Je suis désolé maman » la berçais-je contre moi

« Tout ça c'est de ma faute madame Cullen » intervint Bella, près de moi. « Bonjour monsieur Cullen » baissa-t-elle les yeux face à mon père

« Swan refais un pas en arrière si c'est pour sortir une telle connerie ! »

« Ed ! » me réprimanda Carlisle, derrière maman

« Tu n'y es pour rien…N'est-ce pas maman, papa » insistais-je du regard, pour les convaincre de bien se tenir

On sonna de nouveau à la porte avant que je n'ai pu m'assurer de leur silence. J'aperçus Charlie accompagné de Jacob Black sur l'écran de contrôle. Je n'attendais pas cet enfoiré, mais je pouvais ranger mes poings qui démangeaient au souvenir de celui qu'il m'avait envoyé à Forks, pour faire plaisir à Bella.

« Bonsoir Charlie » l'accueillis-je d'un sourire maladroit

Avant que celui-ci n'ai pu répondre à ma main tendue, Bells me bouscula, surprise de voir son père. Je fus soulagé de la voir sauter à son cou pour l'enlacer.

« Qu'est ce que tu fais là ? »

« Edward m'a invité pour qu'on puisse regarder le Superbowl ensemble »

Elle se tourna vers moi quelques secondes, pour me remercier discrètement. Je les invitais à entrer et les débarrasser. Charlie salua discrètement mes parents alors que cet enfoiré de Jake étreignait fermement Bella.

« Passons à table, sinon on ratera le début de la cérémonie » dit Alice, en allant s'installer à table

Nos paternels chacun assis en bout de table, je fus soulagé de me retrouver près de ma belle.

« Si vous le permettez...j'aimerais dire le bénédicité »

« Nous t'écoutons Bella » l'encouragea ma mère, en nous invitant à lier tous nos mains

« Pardonnes moi seigneur d'avoir si longtemps mis de côté ma foi...Avant de te remercier pour ce repas et m'avoir permis de réunir les gens que j'aime, j'aimerais te demander quelque chose...Je sais que Sarah, le petit bout Anthony, maman et Phil, mais aussi la famille de Dylan Levi reposent en paix chez toi, et que rien ne perturbera la vie sereine qu'ils ont à tes côtés...Je sais aussi que ta justice est impitoyable envers ceux qui n'ont eu aucune humanité ici, mais j'aimerais te demander une faveur, une faveur qui je pense nous permettra Edward et moi de tourner la page, j'aimerais que les 12jurés qui prononceront le verdict puisse être clair dans leur jugement, lucide afin de s'apercevoir que la cruauté peut se trouver dans le visage le doux qu'il soit, je t'en supplie »

Sa main dans la mienne, je la pressais légèrement, touché par ce bénédicité.

« Dis aussi à nos familles que nous les oublions pas, rassures Sarah et Anthony, Edward les aimes toujours...Dis aussi à maman qu'elle me manque, beaucoup, chaque jour et que je regrette profondément qu'elle ne soit pas là ce soir pour partager notre repas, et Phil aussi, je ne pourrais jamais oublier ce qu'il a fait pour moi...A part ça, je te remercierais jamais assez de m'avoir permis de réunir tout ce monde, je n'aurais pu rêver mieux pour me rappeler que je devais profiter de ceux qui étaient là, bénis les je t'en supplie, ils ont été si patients, si bon et généreux, bénis aussi ce repas, je sais à quel point nous sommes privilégiés de pouvoir réunir autant de nourriture sur cette table...Amen »

Nous la suivions dans sa dernière déclaration avant de nous passer les plats.

« Je voudrais encore dire quelque chose, si vous le permettez...je promets de me taire ensuite »

« Dépêches Swan, je meurs de faim ! » la coupa son meilleur ami

Elle le fusilla une seconde du regard, s'abstenant de l'insulter.

« Je voudrais m'excuser auprès de vous monsieur et madame Cullen...J'ai conscience de ne pas être la meilleure personne pour votre fils, et je comprends tout à fait vos craintes...Mais, j'aimerais que vous me donniez la chance, comme Charlie le fait en me pardonnant, de vous montrer que je peux être quelqu'un de meilleur »

« Nous ne souhaitons que de vous faire confiance à tous les deux Bella...mais vous ne pouvez nous empêcher de nous inquiéter, nous ainsi que Charlie, de vous savoir ensemble »

« Nous ne remettons pas en cause votre...votre amour » intervint Charlie. « Même si je reste encore … quant au fait que tu fréquentes un homme de son âge »

« Et je reste persuadée que les points communs qui renforce votre entente, finiront par vous portez préjudice » dit ma mère, calmement.

A côté de moi, je vis Bella se tendre, masquant sous la table le mal que lui faisait cette conversation.

« Si vous le permettez tous » intervint Jasper. « Je pense que nous ne pouvons les juger pour ce qu'il s'est passé ces dernières années...Nous avons tous une idée de ce qui a bien pu les amener difficilement à faire le deuil...Je conçois qu'il est encore difficile de les juger apte à se relever et se reconstruire une vie sur des bases saines, mais j'ai vu chacun d'eux au fond du gouffre, même Bella que je ne connais que depuis deux ans, je les ai vus touché le fond et creuser un peu plus leurs tombes...puis je les ai vu doucement s'apercevoir que s'empoisonner le sang à longueur de journées, ou de se pourrir l'esprit continuellement n'étaient pas la solution...Vous jugez quelque chose auquel vous n'avez pas participer...J'ai vu le mètre soixante de cette fille de 17ans, se battre corps et âme pour réconforter mon meilleur ami, l'écouter toute une nuit supplier que Sarah revienne, l'empêcher de sortir pour qu'il n'aille pas se jeter de la falaise, le garder auprès d'elle pour qu'il n'aille pas retrouver son dealer »

« Jazz » l'arrêta Bella, mal à l'aise

« Et ça a marché...Je ne nie pas les nombreuses erreurs qu'ils ont fait l'un ou l'autre...Mais, je ne peux nier que celle que vous prenez pour une hystérique pathologique et une ex détenue qui n'a aucune morale »

« Nous ne l'avons jamais insinué Jasper » dit maman

Jasper lui lança un long regard, lui rappelant notre altercation en juillet dernier.

« Edward ne s'est jamais mieux porté que lorsque cette nana est entrée dans sa vie...Tout comme il s'est battu chaque jour pour la persuader que c'était tout à fait légitime cette période de deuil tumultueuse, mais que si elle voulait s'en sortir, il fallait qu'elle bouge sérieusement son cul...Elle aurait pu vouloir en finir définitivement, tout foutre en l'air, et rejoindre la terre, mais elle s'est posté un jour dans les services psychiatriques, en disant qu'elle avait besoin d'aide...Trois semaines seulement après l'opération de sa tumeur...On parle de cette nana totalement folle alliée et petite marginale...L'un de tes séminaires Carlisle, ne portait pas justement sur les conditions nécessaires pour qu'une thérapie puisse aboutir sur un résultat permanent...Accepter que nous ayons un sérieux problème, n'est pas l'une de ces conditions...Elle savait qu'elle avait un sérieux souci avec son penchant pour l'excès et malgré tout, elle a accepté de s'enfermer dans une cellule capitonné pour affronter ses démons, les buter un à un pendant six mois...Jamais personne ne s'était volontairement emprisonné pour une simple addiction »

« Tu ne peux pas tout ramener à son addiction Jasper » le coupa mon père. « Le principal problème chez l'un comme chez l'autre, reste leur dépression, qui peut à tout moment les faire tomber...Ils ne sont pas objectifs vis à vis de l'autre, ils ont besoin de quelqu'un qui soit capable d'appréhender cette rechute et les arrêter avant que tout ça ne dégénère...Si l'un ou l'autre venait à faiblir, et revenir avec une dose de coke, ou d'héroïne en prétextant qu'il ne va pas bien, et qu'il ne s'agit là que d'un écart, que ce passera t-il en sachant qu'ils penseront éternellement devoir souffrir pour ce qu'ils ont perdu »

Jasper fut incapable de lui répondre, et je décidais qu'il était temps d'intervenir dans ce match stupide d'arguments pour ou contre.

« Nous n'avons jamais eu besoin de votre bénédiction pour se fréquenter...alors, je propose qu'on s'arrête tout simplement là de se battre pour savoir si vous devez ou non nous faire confiance...Bella et moi avons déjà pris nos dispositions afin de démarrer une nouvelle vie à la fin du procès...Pour le reste, vous avez le choix de nous faire confiance ou non, mais pensez bien que nous n'ayons plus la force de se battre pour quoi que ce soit, nous l'avons déjà fait contre des choses bien plus dérangeantes que votre refus de nous savoir ensemble...Le procès terminé, je me contenterais de me focaliser sur elle, sur ce qui est le mieux pour elle, comme elle le fera pour moi, je n'en doutes pas...Plus rien ne parasitera nos vies, soyez en sûr » finis-je en me relevant pour aller récupérer la bouteille de vin resté sur l'îlot de la cuisine.

Le sujet définitivement clos, un long silence pesa sur la table avant que ma mère ne décide de le dissiper.

« C'est délicieux Bella » la complimenta t-elle

« Merci madame Cullen…Ed m'a dit que c'était l'un de vos plats favoris lorsque vous vous trouviez en Italie » décida Bells, de la suivre dans sa tentative

« C'est exact, tu sens Carlisle…la sauce est aussi succulente, que ce restaurant où nous sommes allés, il y a quelques années »

« Bella est très douée…la grand-mère de Renée, lui a beaucoup appris lorsqu'elle venait lui rendre visite à Naples » dit Charlie, fier

« Pour ton plus grand plaisir » le taquina Bells

« Il est plus grognon qu'avant depuis que tu es partie…aucune nana n'a encore su le combler culinairement » se moqua Jacob

« Même pas Sue ? »

« Sue fait de très bon plat mais pas aussi bon que les tiens »

« L'invitation était aussi valable pour elle, pourquoi ne pas l'avoir amené ? » demandais-je, courtois

« Elle subit un bilan gynécologique avant d'obtenir l'autorisation de voler »

« Comment va le bébé ? » s'intéressa ma mère

Ce qui surprit Charlie. Carlisle lui en avait certainement parlé à son retour de Forks. D'abord timide, il demanda d'un regard l'approbation de Bells, de pouvoir aborder le sujet. Celle-ci lui sourit sincèrement, en l'invitant à montrer l'échographie qu'il gardait dans son portefeuille. Ma mère fondit carrément à la vue de la petite photo très mal pixelisé. Et pendant plus d'une heure, Charlie, Carlisle et elle, s'échangèrent leurs souvenirs de parents, et leur bon conseil pour que le chef Swan puisse aborder sereinement les premières semaines de son fils. Étonnamment, je vis Bella très fière d'accueillir ce nouveau-né. Elle semblait tout à coup pressée de tenir son rôle de grande sœur. J'imaginais qu'accepter la situation était l'un des points de son plan, pour récupérer sa place auprès de sa famille. L'un après l'autre, nous finîmes par raconter les pires choses que nous avions pu faire endurer à nos parents. Un instant, je pris le temps de réaliser l'ambiance bonne enfant qui régnait autour de la table, plus que satisfait de voir une partie de nos familles, faire finalement l'effort de s'entendre pour notre bien à Bella et moi. Le dîner terminé, Lili et ma puce dont le sourire ne s'effaçait pas, amenèrent la tarte aux fraises qu'elles avaient confectionnée. Assis l'un à côté de l'autre, Jake pris une photo de Bella et lui avec le dessert pour faire languir Seth, resté à la maison pour un meilleur rétablissement.

« Jazz et moi pensions envoyer une photo à Em, pour le soutenir…Ce serait bien que tu puisses poser avec nous » proposais-je à mon père

« Je ne suis pas aussi beau supporter que vous » sourit mon père, en pointant nos visages

« Ça peut s'arranger, c'est Bells qui nous as aidé…Bella, tu veux bien ? »

Elle pâlit un instant avant de se tourner vers mon père.

« Si…si vous permettez monsieur Cullen »

« Bella, combien de fois t'ai-je répété de nous appeler par nos prénoms » la réprimanda ma mère

« Je suis désolée mada…Esmée…Je vais aller chercher ma trousse de maquillage »

« Est-ce que je peux te parler une minute ? » invitais-je Jacob sur le balcon

Méfiant, il me suivit quand même à l'extérieur.

« Qu'est ce qui se passe ? »

« Je ne peux pas croire que toi et Seth n'ayez aucune nouvelle d'Angela depuis qu'elle est entrée à Stanford…Je sais que Bella lui a fait beaucoup de mal, mais est-ce que vous pourriez faire un effort pour la convaincre de joindre Bella…Elle a passé ces dernières vingt-quatre heures à l'appeler, sans succès et ce n'est sans doute pas ce dont elle a besoin à l'approche du procès »

D'un œil sceptique, il me toisa un instant.

« Vous promettez de ne rien dire à Bells ? »

« A quel sujet ? »

« Angela attendra Bells à Phoenix demain matin…Nous avons pensé avec Paul et Seth que ce serait cool de lui en faire la surprise, ce silence radio s'est juste pour ça…Angie n'a jamais eu l'intention de la laisser tomber, elle et Paul ont même décidé de suivre leurs cours à distance lorsque son tour viendra de témoigner »

Surpris, je soufflais, littéralement soulagé.

« Je ne dirais rien » promis-je alors que nous rentrions

Assis sur une chaise, je souris en observant ma belle peignait soigneusement le visage de mon père. Elle détourna un instant son attention, pour m'interroger du regard sur l'échange que je venais d'avoir avec son meilleur ami. Je balayais ses inquiétudes en approchant pour baiser son front, puis me réinstaller à table. A tour de rôle, Charlie et Jake finirent aussi bien maquillé que nous, même maman passa entre les mains de ma petite amie. Elle qui était toujours si impeccable, c'était agréable de la voir si enjouée.

Une fois de plus, ma belle croulait sous les compliments, et je pus la voir se détendre définitivement au fil des heures. Le dessert pris sur la table du salon, j'allumais l'écran plasma pour que nous puissions participer au début de la cérémonie.

« Laisses moi t'aider Bella » se releva ma mère, en observant Bells se dirigeait vers la grande table du salon, pour débarrasser la table

« Laisses maman, je vais le faire »

Je me relevais et allais aider.

« Je peux très bien le faire après ton départ »

« Tu es incapable de faire fonctionner ce lave-vaisselle et tout doit être nickel avant demain matin »

Leur attention à tous prise par leur conversation, je crevais d'envie de l'embrasser. Heureux de la voir finalement si détendue. Mais ce loft n'offrait aucune intimité, et je savais que se diriger vers la chambre, était une très mauvaise idée.

« Je t'aime » dit-elle doucement, alors qu'elle débarrassait les assiettes des restes pour me les tendre

« Je sais »

J'osais malgré tout m'approcher, pour laisser un peu plus longtemps mes lèvres sur son front…jusqu'à ce que je voie Charlie me fusiller du regard.

La cérémonie terminée, nous regagnions le salon après qu'elle ait rendu le salon et la cuisine clinquantes. Comme prévu, Jasper, Carlisle et moi envoyons une photo de nous, surpris de la voir apparaître sur un des écrans géants installé au-dessus du stade de la Nouvelle-Orléans. Visiblement nouveauté de cette année, pour recevoir les encouragements de tout le pays. Presque pendant une minute, nous vîmes aussi Rose et leurs trois enfants, dont Noah qui avait bien grandi, passés à l'écran.

Se retrouvant pour la deuxième année consécutive face aux Patriotes de la Nouvelle-Angleterre, le premier kick off fut donné par Tynes pour donner le coup d'envoi. Tous instantanément envahis par l'euphorie du match, je fus malgré tout surpris d'entendre crier Bella à Bradshaw de courir plus vite, après qu'il ait reçu un ballon d'Emmett. Surpris parce qu'à cet instant, elle était le plus sexy des supporters, malgré ses gueulantes dans lesquels l'accompagnaient Charlie et Carlisle.

Une première mi-temps compliquée, je vis Bella faire le choix intelligent de boire un verre d'eau, alors que nous étions tous servis d'une bière. Du coin de l'œil, je captais la surprise, puis la fierté dans le regard de son père. Certes non abstinente, j'avais malgré tout remarqué la baisse de sa consommation ces trois derniers soirs et j'en étais tout aussi ravi.

Le match repris une vingtaine de minutes plus tard, et cette fois les Giants menèrent le score de douze contre dix, malgré une forte collision qui fit vaciller Emmett et fit flipper ma mère, qui me broyait littéralement le bras. Les dernières minutes génèrent plus de stress que sur tout le match, tous inquiets de savoir que notre équipe favorite ne puisse pas obtenir le Vince Lombardi, qui dut jouer les prolongations, égalé par les Patriotes.

Le souffle retenu à la dernière minute de jeu, Jacobs avait plus de quatre vingt dix millions de paires d'yeux plus les notre focalisés sur lui, alors qu'il courrait pour inscrire un touchdown. Le pari réussi, nous hurlâmes notre joie tout comme les coéquipiers d'Emmett qui sautait sur Jacobs. Pour la deuxième année consécutive, les Giants remportaient le trophée en argent.

Euphorique, nous regardions rapidement les vainqueurs et plus particulièrement Emmett soulevait le ballon ovale. Au même moment, sur les grands panneaux d'affichage électronique, il demandait publiquement à Rose de l'épouser...encore une fois, eu t-il bon de préciser. Le visage surpris de ma belle-sœur fut hilarant, tout comme la palette de couleur rouge qui peignait son visage d'une colère facile à percevoir.

Ce type avait pris de sérieux risque en faisant suivre sa victoire de sa demande. Il n'en profiterai sans doute pas longtemps. Rose détestait ce genre de surprise, qui plus est ce genre de déclaration publique.

Malgré cette effusion de joie, je ne pus oublier l'horloge accroché au dessus de l'écran, me signalant, nous alertant Bella et moi, que nous devions nous séparer maintenant, afin qu'elle puisse préparer son vol, alors que tous débattait des meilleurs moments du match. Ce n'était plus les cris précédemment poussé à la victoire des Giants qui me couper littéralement le souffle, mais ce départ insupportable, cette frontière que nous devrons en aucun cas traverser ces prochaines semaines.

Je fis signe à Bella de me suivre jusqu'à notre chambre pour qu'elle puisse récupérer son sac, et par la même occasion nous isoler. Sans un mot, je l'aidais à enfiler sa veste, et son écharpe puis aller m'asseoir sur le lit pour la ramener entre mes jambes. Mes palpitations frénétiques m'empêchèrent de sortir le moindre son. Ce n'était finalement pas une bonne idée ces retrouvailles avant le procès. Elles n'avaient fait que me rappeler à quel point elle était essentielle au maintien de mon mental. Me rappelant presque qu'il ne valait sans doute pas que je surestime mes forces, parce que sans elle, j'étais incapable d'affronter Jesse, sans risque de me jeter à son cou, pour m'occuper personnellement de rendre justice.

« Tu m'as rappelé depuis ce matin, que Jesse serait incapable de me détruire, peu importe ce qu'il dira ou fera, j'ai la justice de mon côté...Je veux que tu puisses te souvenir de ce que tu as ressenti chaque fois que tu as mis à terre ces chiens que tu combattais, cette puissante force, cette invincibilité lorsque tu seras face à lui »

« Je te le promets » soufflais-je contre ses lèvres, la voix beaucoup trop faible pour le lui assurer avec détermination. « En échange, je veux que tu t'engages à prendre soin de nous...Je sais qu'ils surgiront en force une fois que tu seras seule face à lui, je sais que tu voudras tout faire pour leur échapper, mais j'ai besoin de savoir que tu occulteras leurs présences, que tu les empêcheras de nous faire du mal »

« Je te le promets » laissa t-elle échapper quelques larmes, qui ne me rassuraient pas

Tout ça n'était que de stupides promesses que nous oublierions bien trop vite dans l'avion. Je le savais. Je n'étais pas si naif. Cette prétendue sérénité que nous avions tenté d'acquérir au cours des mois, n'était qu'une putain de façade pour masquer les voix, les dizaines de voix qui nous rappelaient que nous n'étions plus que des cendres depuis bien trop longtemps pour croire pouvoir en renaître et confronter sereinement notre bourreau.

« Je t'aime...si fort, et il est primordial qu'on se retrouve à la fin de cette rupture momentanée, tu m'entends ? »

« Je te le promets »

Ses doigts dans mes cheveux, elle cogna ses lèvres contre les miennes pour les baiser avec ferveur. Je ceinturais sa taille un peu plus fortement pour la sentir quelques secondes se fondre en moi.

« Il faut que j'y aille » décida t-elle d'y mettre fin, haletante

S'éterniser n'était sans doute pas une bonne idée. Il fallait qu'elle s'éloigne vite. J'avais besoin subitement qu'elle s'en aille rapidement pour qu'elle ne voit pas terrifié à l'idée d'aborder le procès. Elle déposa un dernier baiser sur mes lèvres, puis récupéra son sac qu'elle passa par dessus une épaule. Elle se couvrit de la capuche de sa veste puis quitta la chambre pour rejoindre Charlie et son meilleur ami, qui l'attendaient sur le pas de la porte, recevant les derniers encouragements de mes parents.

« Je suis prête »

Jasper vint aussitôt l'enlacer, lui soufflant quelques mots à l'oreille que je n'entendis pas. Lili en fit de même, incapable de retenir les chutes qu'elle avait sous les yeux.

Ce n'était pas une simple séparation. C'était un départ pour l'enfer.

« Un taxi vous attend sur le parking des visiteurs » leur rappelais-je

Mes parents lui adressèrent aussi une accolade et quelques mots avant qu'elle ne décide pour de bon de quitter l'appartement. Je déverrouillais les mains tremblantes la porte d'entrée, et regarder Charlie et Jake sortir. Sur le pas de la porte, les yeux vissés sur le palier, la boule dans ma gorge ne fut que brûlante en observant Bella lutter pour s'engager dans le couloir. J'attrapais doucement sa main et l'accompagnait jusqu'à l'ascenseur qu'avait appelé son père. A contre cœur, elle relâcha ma main et s'y engouffra. Je retenais les portes en gardant un doigt sur le bouton qui bloquait la fermeture de la cage.

« Il doit payer pour ce qu'il a fait et il n'y a qu'une seule façon de s'en assurer »

« Je sais » murmura t-elle difficilement, une jambe tremblante

« Nous ne devons donner aucune raison au jury de douter de nous » fis-je sous entendre

« Je sais »

Malgré les regards que nous sentions l'un l'autre dans notre dos, elle s'approcha et passa une main dans ma nuque pour m'embrasser.

« Je t'aime » souffla t-elle avant qu'elle ne m'oblige à relâcher le bouton pour laisser l'ascenseur se refermait

Je rassemblais le peu de virilité qu'il me restait en la regardant disparaître derrière les portes, pour ne pas chialer comme une gonzesse.

Des mois à s'échapper de notre enfer et maintenant il allait falloir y remettre les deux pieds pour rappeler les images, les cris et leur perte à nouveau.


J'hésite encore sur le prochain PDV, mais soyez sûres qu'il s'agira de la première audience du procès !

xoxo Junessa.