Bonjour à tous,
Vous devez vous demander comment Sirius va réagir à la révélation de notre chère Rosie. C'est par ici :).
Très bonne lecture à tous ! Et j'espère que vous apprécierez la suite !
Chapitre 20 - La grande révélation
Le professeur Slughorn et Sirius restèrent sans voix pendant quelques instants. Puis, le directeur se reprit plus rapidement que le jeune homme et proposa à Rosie de boire une boisson. Cette dernière, les yeux dans le vague, prit le verre entre ses mains et le but. Subitement, cet air de vide se dissipa : tous ses sentiments déferlèrent en elle aussi vite qu'ils avaient disparu. Son cœur lui fit mal, son ventre se tordit. Il avait été si doux de ne plus rien ressentir pour une fois. Puis, elle se rappela de ce qu'elle venait de confesser et devint aussi blanche qu'un fantôme. Sa gorge était sèche, elle ne pouvait plus parler. Et elle ne voulait surtout pas tourner la tête vers Sirius qui, elle le savait, la dévisageait.
- Hum… Miss Greengrass… bredouilla Slughorn. Je… Félicitations pour vos fiançailles !
Rosie le regarda interloquée. Une larme, puis, deux, coulèrent sur son visage. N'en pouvant plus, elle se leva et se dirigea vers la porte de sortie en lançant un "Excusez-moi, Professeur !".
Elle s'enfuit dans les couloirs de Poudlard. Elle ne savait pas où elle allait. Fort heureusement pour elle, il n'y avait aucun élève dans les couloirs, tous étant encore en cours. Elle se perdit et arriva finalement dans un couloir sans issue. Elle n'eut plus la force de courir, ses jambes lui faisant défaut et de désespoir, s'écroula sur le sol et se mit à pleurer à chaudes larmes.
Au bout de quelques instants, elle entendit des pas derrière elle. Quelqu'un l'avait suivie. Elle jeta un œil et fut désespérée de voir Sirius. Surtout pas lui !
Elle voulut se relever mais ses jambes ne la tenaient plus. Elle resta alors à pleurer sur le sol, comme une enfant. Sirius s'approcha d'elle et s'assit à ses côtés.
- Que fais-tu là, Black ? lui lança-t-elle entre deux sanglots. Va-t-en !
Il ne dit rien et resta là, sans un mot. Au bout de plusieurs minutes, les larmes de Rosie se tarirent enfin. Sirius avait déposé un mouchoir sur sa jambe, elle le prit et se moucha bruyamment. De toute façon, elle avait perdu toute sa fierté, donc, elle n'en avait que faire si son bruyant mouchage pouvait déranger quelqu'un. Elle hoqueta encore un peu mais les larmes ne coulaient plus. Elle pouvait enfin reparler.
- Va-t-en maintenant, Black ! cria-t-elle. Je ne veux pas de toi ici !
Elle essaya de le repousser mais il ne s'en alla pas. Au contraire, il se rapprocha d'elle et lui enleva les quelques mèches qui lui étaient tombées sur le visage. Rosie fut surprise par ce geste et ne bougea plus. Les doigts de Sirius se dirigèrent ensuite sur sa joue droite. Il la caressait doucement. Son cœur frappa plus fort dans sa poitrine mais en ressentant un courant d'électricité passer sur son corps, elle se figea et reprit ses esprits en frappant sa main.
- Ne me touche pas, Black ! s'écria-t-elle.
- Pourquoi ? demanda-t-il, perdu.
- Car je ne comprends pas pourquoi tu veux me toucher.
- Pourtant, ce n'est pas si difficile à comprendre.
Et sur ce, il se rapprocha d'elle. Rosie se crispa.
- Que fais-tu ? Pourquoi ? Pourquoi maintenant ?
- Parce que…
Sirius n'était plus qu'à quelques centimètres de son visage et la regardait intensément. Rosie ne comprenait plus rien. Pourquoi agissait-il ainsi ? Pourquoi restait-il à ses côtés ? Il se rapprochait encore plus d'elle et posa ses lèvres sur les siennes. Rosie ouvrit grand les yeux. Mais que faisait-il ? Le baiser de Sirius était doux. Finalement, elle se laissa porter et y répondit favorablement. Elle ferma enfin les yeux et posa ses mains autour de sa nuque. Ils s'embrassèrent pendant un temps indéfini. Puis, ils se relâchèrent haletants.
Rosie observa longuement Sirius. Elle ne comprenait pas ce baiser.
- Pourquoi ? demanda-t-elle finalement.
- Parce que… je sais que c'était toi à la soirée de la Confrérie, dit-il d'une voix douce. J'ai reconnu le bouton que je t'avais donné.
- Mais dans le train, tu m'as demandé qui me l'avait donné. Et je t'ai dit que je l'avais acheté.
- Oui et après ce que j'ai entendu dans le bureau de Slughorn, je sais que tu m'as mentie ! J'avais aussi cette preuve. Tu te rappelles ?
Sirius sortit le bracelet que Rosie lui avait donné avec les lettres RJG.
- "Rosamund Jane Greengrass", c'est ton bracelet, n'est-ce pas ? Il m'a fallu du temps avant d'en venir à cette conclusion.
Rosie prit le bracelet entre ses mains et hocha la tête. Il lui fit un doux sourire.
- Et le fait que tu aies dit que tu m'aimais, dans le bureau de Slughorn. C'était une dernière preuve de ton amour pour moi. De là, je ne pouvais plus te laisser t'échapper.
Il lui caressa le visage et sans attendre, l'embrassa à nouveau. Ce baiser fut comme celui qu'elle avait ressenti lors de la soirée d'Halloween. Il n'avait rien à voir avec celui d'Abel Nott. Non, il était plus doux et en même temps, plus intense, plus électrisant. Elle ressentit une certaine euphorie. Quand ils se lâchèrent enfin, Rosie soupira à regrets.
- Mais nous ne pouvons pas être ensemble, dit-elle finalement.
- Comment ça ? demanda Sirius, interrogateur.
- Maintenant, tu sais que je suis fiancée.
- Des fiançailles peuvent se rompre.
- Oui mais je ne suis pas comme toi, Sirius. Je ne sais pas si j'aurais la force de tout quitter.
- Si, tu pourras, si tu es avec moi !
Le cœur de Rosie explosa. Sirius avait envie d'être avec elle. Comment était-ce possible ? Elle avait tellement rêvé de ce moment mais elle avait enfermé cet espoir à double-tour dans son cœur. Toutefois, Rosie se ressaisit.
- J'ai besoin de temps, Sirius ! Je ne peux pas… pas tout de suite.
Sirius fut pensif. Il comprenait et en même temps, il était frustré car maintenant qu'il était honnête avec ses propres sentiments, il avait envie de crier au monde entier qu'il sortait avec Rosie, de dire qu'elle était sa petite amie, de s'afficher avec elle.
- Et tu sais bien que nous ne pouvons pas sortir ensemble comme cela ! Je suis à Serpentard…
- Et moi à Gryffondor, je sais…
- Tu sais ce qui est arrivé à des couples de maisons aussi différentes ?
- Oui…
Il avait l'air mortifié. Il avait enfin pu embrasser Rosie et maintenant, il était comme un enfant qu'on retire son jouet…
- Cela se passerait vraiment mal, dit subitement Rosie, oui vraiment mal ! Tu sais bien que cela fait partie des interdictions non-officielles entre nos deux maisons.
Sirius était dégoûté.
- Nous devons nous cacher, absolument, continua-t-elle.
- Ce sera dur, tu sais.
- Oui, je sais mais c'est soit ça, soit nous ne pourrons pas être ensemble. De plus, je dois réfléchir à ma situation. Tu sais bien que cela me demandera du temps.
- N'y avais-tu pas pensé lorsque tu as dit oui à cet incompétent d'Abel Nott ?
Il avait dit ses mots d'un ton aigre. Qu'entendait-elle ? Sirius était-il jaloux ? Elle ne savait pas pourquoi mais elle se sentit brusquement flattée. Sirius était jaloux parce qu'elle était fiancée à Abel Nott !
- En fait, quand j'ai dit oui à Abel Nott, tu ne faisais pas partie de l'équation à ce moment-là, désolée…
- Quand même ! Te marier de force ! C'est quoi cette méthode rétrograde ? Une vraie méthode de "sang-pur-je-pète-plus-haut-qu'un-cul-de-troll" !
- S'il te plait, Sirius, l'invectiva Rosie. Ce sont de mes parents dont tu parles.
Sirius ne s'excusa pas mais serra le poing à la place. Elle connaissait ses convictions et étaient en accord pour la plupart. Mais de là à insulter ses parents…
Il se détendit subitement, prenant sur lui et ayant pris sa décision.
- Alors, pour l'instant, on ne dit rien ? lui demanda-t-il, l'air triste.
- Oui, s'il te plait ! Pour l'instant. Ce ne sera que temporaire, je te le promets. Peut-être juste le temps de notre dernière année à Poudlard.
- Mais c'est si long !
- Qu'est-ce que six mois dans une vie ?
Il lui sourit de façon ironique.
- Alors, maintenant, tu veux vivre avec moi toute ta vie ? demanda-t-il, l'air taquin.
- Ce n'est pas ce que j'ai dit, répondit Rosie, les joues en feu.
- Ah bon ? Car ce n'est pas l'impression que ça donnait ! lui chuchota-t-il à l'oreille.
Son souffle était si proche que Rosie ressentit de l'électricité à nouveau et recula.
- Ne t'approche pas aussi près ! dit-elle d'une voix mal assurée. Elle n'était pas habituée par sa soudaine proximité et ne savait comment réagir.
- Vraiment ? Tu veux que j'arrête ?
Sirius commença à avancer vers elle à quatre pattes. Rosie essaya de reculer mais elle se retrouva contre le mur du couloir. Il continua et se mit par-dessus elle avec un air lubrique sur le visage. Rosie était horrifiée et en même temps… excitée ?... Son corps réagissait.
Brusquement, ils entendirent des claquements de pas dans le couloir. Ils se relevèrent aussi rapidement qu'un hibou volant sur sa proie et rajustèrent leur uniforme.
- Sauvée par le gong, on dirait ! lui lança Sirius d'un air narquois.
- Tais-toi ! s'écria Rosie, les joues toujours rouges de honte.
Ils laissèrent passer les étudiants qui traversèrent le couloir sans les regarder.
- Ce soir, à minuit, dans la salle des Trophées, lui lança Sirius, en remettant en place son sac.
- Mais j'aurais du mal à sortir de ma Salle Commune sans que cela se voie ! chuchota Rosie.
- Ne t'inquiète pas, on trouvera un moyen ! Et j'ai envie que l'on parle sérieusement de tout ça !
Sirius regarda autour de lui et l'embrassa d'un baiser chaste, puis, il partit en direction de sa Salle Commune. Rosie décida de prendre la direction opposée. Son cœur faisait des soubresauts dans sa poitrine. Elle avait besoin de se remettre de tout ce qui venait de se passer. Il était 16h, elle pouvait aller à la Bibliothèque. Elle se dit que ce serait le meilleur endroit pour réfléchir à la situation car personne ne viendrait la déranger. Elle s'y dirigea d'un pas ferme.
Installée autour de trois livres qu'elle avait disposé sur la table et de son parchemin de Runes, Rosie put enfin réfléchir à la situation. Elle avait avoué qu'elle aimait Sirius Black à cause du Veritaserum et contre tout attente, il avait l'air d'avoir la même inclinaison envers elle. Son cœur palpita à cette pensée et elle se sentit rougir. Il avait découvert qu'elle était cette fameuse fille déguisée avec qui il avait passé la soirée du 31 octobre. Pourtant, elle n'y croyait toujours pas. Comment ses sentiments avaient-ils pu changer aussi vite ? Avec un pincement au cœur, elle se demanda si ce n'était pas une mauvaise blague de la part de Black. Il avait l'air si sincère. S'il se moquait d'elle, elle devrait le démystifier ce soir. Elle penserait aux autres "problèmes" plus tard. Une chose à la fois…
Il était 23h30 et Rosie était installée sur la table de sa Salle Commune. Tout le monde était déjà parti se coucher. Elle regarda autour d'elle et lança un sort de révélation de personne mais tous les élèves étaient déjà dans leur dortoir. Elle était vraiment seule. Elle rangea alors ses affaires, se lança un sort de désillusion ainsi qu'un sort de silence sur ses chaussures et sortit prudemment de la Salle Commune des Serpentard.
Elle marcha en silence et avec lenteur dans les couloirs sombres de Poudlard. Elle devait allumer sa baguette pour y voir à plus d'un mètre et même si elle connaissait bien son école, elle ressentait une certaine peur. Si elle rencontrait un professeur ? Rusard ? Un fantôme ? Ou même Peeves, l'esprit frappeur ? Les conséquences seraient terribles pour elle et pour sa réputation. Mais par chance, elle ne rencontra personne. Elle arriva devant la Salle des Trophées. Qu'allait-elle y trouver ? Sirius serait-il vraiment là ? Était-ce une farce ? Dans la Grande Salle, ils ne s'étaient pas regardés de peur d'éveiller les soupçons de leurs camarades respectifs. Mais maintenant ? Lorsqu'elle ouvrit la grande porte, sa main trembla un peu.
Elle entra dans la Salle des Trophées et avec soulagement, y trouva Sirius qui l'attendait, un parchemin à la main. Elle ferma rapidement la porte et se dirigea vers lui. Celui-ci avança également vers elle et la prit dans ses bras. Ils s'embrassèrent longuement. Rosie apprécia sa chaleur et son odeur, un mélange de savon, un autre parfum indéfinissable et… une odeur de chien ? Elle fut légèrement surprise mais ne lâcha pas son étreinte.
Ils se séparèrent enfin, et se regardèrent dans les yeux.
- Nous devons parler, je crois ! dit enfin Sirius.
- Oui ! répondit simplement Rosie.
Il s'installèrent sur un grand canapé au fond de la Salle des Trophées. Sirius lança des sorts de silence afin de ne pas être entendu et à la grande surprise de Rosie, sortit le vieux parchemin qu'il tenait à la main quelques minutes auparavant et le posa sur la table basse en face d'eux. Elle y jeta un coup d'œil et avec étonnement, vit un plan de l'école et le nom des personnes de Poudlard qui bougeaient ou restaient au même endroit : les quelques personnes qui marchaient encore à cette heure tardive dans les couloirs comme Rusard ou le professeur McGonagall, les élèves qui étaient tous dans leur dortoir, à part Sirius et elle-même. Même le professeur Dumbledore était indiqué dans son bureau de directeur.
- Mais c'est fantastique ! Qu'est-ce donc ? demanda Rosie, surprise. Elle prit la carte dans ses mains et lut les noms qui défilaient.
- C'est une carte que j'ai créée avec mes amis, James, Remus et Peter, suite à nos pérégrinations dans le château, dit Sirius, l'air flatté.
- Et cela montre vraiment la position de toutes les personnes à Poudlard ?
- Oui, toutes les personnes ! Regarde, on est là.
Il lui montra les deux noms affichés dans la Salle des Trophées.
- J'imagine que cette carte vous a bien servi si elle montre la réelle position de tout le monde, s'exclama Rosie.
- Ça, c'est vrai ! C'est le secret de notre popularité et de nos farces aussi ! dit-il d'un air prétentieux. En revanche, il faut vraiment que tu gardes l'existence de cette carte pour toi ! Personne ne doit être au courant !
- Mais bien sûr ! Je suis vraiment époustouflée ! C'est de la grande magie !
- Merci !
Sirius sortit ensuite un autre petit parchemin qu'elle tendit à Rosie.
- C'est pour toi !
- Qu'est-ce que c'est ? lui demanda-t-elle, curieuse. Elle retourna le bout de papier entre ses mains mais rien n'était écrit dessus. Pour l'instant…
- C'est un parchemin ensorcelé, répondit Sirius en prenant le ton d'un professeur. Il nous permettra de communiquer entre nous. Regarde, tu écris dessus, et cela apparaît sur mon parchemin.
Sirius en sortit un deuxième et le mot "Salut" apparut sur son propre parchemin.
- Quand on se retrouvera la nuit et vu que tu n'as pas la carte du Maraudeur comme moi, je t'écrirais des instructions sur ce parchemin pour t'avertir si tu peux venir ou pas. Je te préviendrai aussi si je vois quelqu'un arriver vers toi. Aussi, on pourra utiliser ce bout de papier pour communiquer pendant la journée quand on voudra se parler.
Rosie regarda avec étonnement les deux papiers. Elle était époustouflée par l'ingéniosité de Sirius. C'est vrai qu'elle aurait pu penser à l'échange des parchemins, ayant utilisé la même méthode avec Mingletown mais elle avait été tellement perturbée par cette dernière journée qu'elle n'avait pensé à rien d'autre qu'à leur rendez-vous.
- Tu es vraiment fantastique, Sirius, s'exclama-t-elle. Tu as réussi à penser à tout ça en l'espace de quelques heures !
- J'avoue que quand c'est pour enfreindre des règles, je suis le plus ingénieux de la bande ! s'écria-t-il, tout fier.
Elle rit et releva la tête vers lui. Elle ne put s'empêcher de l'embrasser sur la joue, ce qui le fit sourire.
- Garde le parchemin sur ta poitrine, il chauffera dès que j'aurai écrit un mot, dit-il subitement.
- Ah bon ? Sur ma poitrine ?
- Bah oui, tu sentiras comme ça la chaleur et…
- Pervers ! lui lança-t-elle en se moquant de lui.
- Mais pas du tout ! C'est sérieux…
- Oui, oui…
Et sans un mot supplémentaire, Rosie glissa le parchemin dans son décolleté. Elle capta le regard de Sirius qui avait regardé avec intérêt le passage du papier sous sa chemise. Elle rit sous cape, se délectant de l'effet qu'elle lui produisait. Il se reprit néanmoins rapidement.
- Maintenant que je t'ai donné le parchemin, parlons de choses sérieuses !
Sur ce, il la regarda intensément dans les yeux.
