Bonjour,
Merci à mes fidèles lectrices (The ProudHufflepuff et AJENA) qui suivent avec assiduité cette histoire :). Merci également aux nouveaux followers et à tous ceux qui sont arrivés jusqu'ici. Je sais que cela va vite entre Rosie et Sirius. Donc, dans ce chapitre, vous aurez quelques explications.
J'espère que vous avez quand même apprécié les derniers évènements et que la suite continuera à vous plaire.
Très bonne lecture !
Chapitre 21 - Confidences
- Je sais que tu n'es pas comme ta mère, lui dit Sirius, mais j'ai besoin de savoir ce que tu penses des sang-purs, des moldus et de tout le reste… Nous n'en avons jamais vraiment parlé et c'est très important pour moi.
Rosie réfléchit quelques instants. Son regard était sérieux et il semblait plein de doutes.
- Je ne suis pas comme ma mère, je peux te l'assurer, Sirius, dit-elle enfin en lui souriant pour le rassurer. Je ne me suis jamais sentie supérieure comme elle, juste parce que nous venons d'une vieille famille de sorciers. Pour moi, peu importe que tu sois issus de moldus ou de sorciers, ce sont tes actions et tes compétences en magie qui importent le plus. C'est tout.
Rosie s'arrêta de parler et réfléchit quelques secondes. Elle n'avait pas vraiment donné une bonne image d'elle-même ces dernières années.
- Alors, c'est vrai... je déteste Lily Evans !
Sirius faillit dire quelque chose mais il se retint.
- Mais ce n'est pas parce qu'elle vient d'une famille de moldus. Non, c'est parce que je déteste son air supérieur ! Elle m'énerve à être la préférée des professeurs ! Et elle me fait de l'ombre.
Rosie regarda Sirius, incertaine. Elle était en train de lui montrer son plus noir visage. Voudrait-il continuer à sortir avec elle après ça ? Mais maintenant qu'elle avait commencé, elle devait finir. Elle inspira profondément pour se donner courage.
- Je sais que je suis odieuse avec mes camarades, les élèves plus jeunes, ceux des autres maisons. Mais j'ai vraiment du mal à accepter leur médiocrité ! J'ai l'impression qu'ils sont tous indignes d'être ici. Et peu importe d'où ils viennent. Pour me protéger en tant que sorcière, je me dois d'être parfaite : d'exceller en cours et de tenir un rôle digne d'une Serpentard. Tu ne sais pas ce que c'est que d'être dans cette maison.
- Oh, si, je peux imaginer…
- Mais pas autant que tu ne le crois, renchérit Rosie. Tous les élèves de cette maison sont en compétition du moment où ils y entrent. Soit tu es dominant, soit tu es dominé. Et pour ne pas me faire marcher sur les pieds, je me dois d'avoir une attitude exécrable envers plus faibles que moi. J'inspire le respect car je suis douée mais pas que… ça ne suffit pas. Grâce à mon nom, j'ai toujours eu droit à un traitement de faveur. Tu sais de quoi je veux parler, n'est-ce pas ?
- Oui, je peux comprendre… dit Sirius, pensif.
Ce dernier avait renoncé à son nom et tous les privilèges qui en découlaient. Rosie réfléchit longuement.
- J'ai profité de mon nom, j'en suis consciente, et je ne sais pas si je serai assez forte pour renoncer à tout ça, dit-elle, légèrement honteuse.
- Tu ne pourras jamais abandonner ton nom, alors ? lui demanda-t-il l'air triste.
Rosie soupira. Que voulait-elle au fond ? Garder le nom des Greengrass, rester une Serpentard exemplaire et devenir la femme d'Abel Nott ? Ou désirait-elle être avec l'homme qu'elle aimait ? Subitement, elle n'eut plus de doute. La réponse était évidente.
- J'ai envie d'être avec toi, dit-elle d'une voix ferme. Et si être avec toi signifie abandonner mes privilèges, je pense que j'en serai capable… Mais il y aura des conséquences. Et dans ma maison, on ne pardonne pas facilement.
Sirius resta pensif pendant de longues minutes. Rosie était angoissée. Allait-il lui dire qu'ils ne pouvaient plus être ensembles ? Son cœur palpitait fort. Mais finalement, il releva la tête et lui fit un grand sourire. Son ventre se détendit. Sirius lui prit la main et la rassura.
- Je te soutiendrai quand le moment sera venu ! dit-il, avec des yeux intenses. Et je ne permettrai à aucune personne de te faire du mal ! Je te le promets.
- Vraiment ? demanda Rosie, indécise.
- Oui, dit-il d'une voix affirmée.
Le cœur de Rosie chavira, elle avait les larmes aux yeux. Ne pouvant plus contrôler ses sentiments, elle le prit dans ses bras et le serra fort. Elle tremblait. Il répondit à son étreinte en lui caressant les cheveux.
- J'ai toujours été seule, lui confia-t-elle. Et savoir que tu seras là pour moi… c'est tellement inespéré…
Il lui sourit et lui toucha la joue doucement.
- Ne t'inquiète pas, je resterai à tes côtés.
Puis, il l'embrassa. Que ses baisers rendaient les choses si simples !
- Et toi ? demanda Rosie quand enfin ils se séparèrent. J'aimerais comprendre pourquoi tu as changé ton regard sur moi. Je pensais que tu me détestais, ou du moins, me méprisais !
Sirius sourit. Son changement d'attitude était soudain, ses questions étaient normales.
- Je n'ai jamais pensé à toi en tant que petite amie avant cette année, lui avoua-t-il. Les années précédentes, tu m'étais totalement indifférente. Je ne voyais en toi que la Serpentard et l'image de sang-pur que tu renvoyais à tous. Travailler avec toi sur les potions… franchement, cela ne me faisait pas plaisir au début ! J'ai pensé que Slughorn nous faisait une mauvaise blague. Nous mettre ensemble : un Black qui a renié son nom et une Greengrass au sang-pur, fière de ses origines ! Et puis, ton attitude au début ! Je ne pouvais vraiment pas te supporter !
Rosie rit en même temps que lui à ces souvenirs ! Elle avait tout fait pour qu'il la déteste !
- Pourtant, petit à petit, à force de te côtoyer, je me suis rendu compte que je t'avais mal jugé, juste à cause de ton apparence… quelle ironie ! Ce que je détestais le plus chez les sang-purs, je te le faisais subir. Je suis vraiment désolé, si j'ai été odieux avec toi.
- Ne t'inquiète pas pour ça, répondit Rosie avec un air doux sur le visage. Je n'ai pas été tendre avec toi aussi.
- Et ensuite, il y a eu ce bal masqué, continua Sirius, l'air rêveur. Je ne savais pas que c'était toi mais j'ai tout de suite été attiré par toi ! Tu m'as séduit dès le premier regard. J'ai été magnétisé et je dois dire que même si je ne savais pas qui tu étais, au fond de moi, je savais que je te connaissais. Tes yeux…
Il lui caressa la joue pour qu'elle relève la tête vers lui.
- Ils sont électrisants ! Du moment où on s'est quittés, j'ai compris que tu n'étais pas à Gryffondor et vu tes réponses évasives que tu avais donné sur ton origine, je me doutais que tu étais à Serpentard. De fait, à contre-cœur, je ne t'ai pas vraiment cherché ces derniers mois, n'espérant plus te revoir. Mais pendant la soirée du Club de Slug, quand j'ai vu ta minaudière qui me semblait familière, puis le bouton que je t'avais donné, les sentiments que j'avais ressentis se sont ravivés. Mais j'étais totalement perdu. Pourquoi avais-tu ce bouton ? Et pourquoi me fuyais-tu autant ? Je ne pouvais pas me faire à l'idée que tu étais cette fille qui avait fait chavirer mon cœur car rien n'indiquait que tu t'intéressais à moi. De plus, nos deux maisons étaient incompatibles. Arrivé chez les Potter, je ne savais plus où j'en étais. J'ai ressorti le bracelet que tu m'avais donné… RJG… La réponse était sous mes yeux. C'était si évident. Mais comment faire ? Tu es une Greengrass, une sang-pur et je suis un Black renié, le "traite à son sang" qui a trahi les siens.
Il la regarda avec des yeux tristes. Rosie sut que cette insulte, lancée par bon nombre de Serpentard à son encontre depuis bien des années, l'avait vraiment affecté. Elle sentit son cœur se serrer et voulut le prendre dans ses bras mais il n'avait pas terminé son récit.
- Enfin, il y a eu cette potion de vérité. Tu sais, je redoutais ce moment ! Et si je déballais tout devant toi et que tu me méprisais ensuite. Vraiment quelle idée ce Slughorn ? Je sais que tu l'aimes bien… oh non, ne dis rien, je sais que tu lui lèches les bottes !
Il avait dit cela d'un air sardonique en voyant Rosie réagir à ces derniers mots.
- Mais tout de même, il est vicieux ce gars ! Tu l'as entendu avec ses questions ? Enfin, bref… j'avais peur de te révéler quelque chose de sérieux mais ce n'est pas arrivé. Heureusement pour moi ! Et ensuite, ce fut ton tour. J'ai appris que tu étais fiancée… J'ai reçu comme un coup de poing dans le ventre à cette annonce ! Et finalement, quand tu as dit que tu m'aimais, mes doutes se sont envolés… Je me suis rendu compte que je tenais à toi plus que je ne le pensais… Et tu connais la suite.
Il releva enfin la tête vers elle, les yeux perdus. Il ne s'était jamais confié de la sorte et se sentait dénudé. Rosie prit ses mains dans les siennes et les plaça sur son propre cœur.
- Je t'aime depuis que j'ai 13 ans, Sirius Orion Black, dit-elle sérieusement. Je suis prête à tout lâcher pour toi si vraiment tes sentiments sont sincères pour moi.
Elle tremblait comme une feuille. Son cœur battait fort, Sirius dut le ressentir. Il inspira profondément et s'approcha encore plus d'elle : leurs visages n'étaient plus qu'à quelques centimètres l'un de l'autre.
- Je veux être avec toi, Rosamund Jane Greengrass, dit-il les yeux plongés dans ceux de Rosie. Peu importe ce qui peut maintenant se passer.
Le cœur de Rosie explosa et elle franchit les quelques centimètres qui les séparaient pour l'embrasser. Leur étreinte dura longtemps, pourtant, pas assez à leur goût. Ils savaient qu'ils n'avaient pas terminé de régler certaines choses.
- Prenons les choses dans l'ordre, s'écria Rosie d'un air sérieux. Je suis fiancée à Abel Nott ! Et cela va poser un gros problème.
- Quand dois-tu le revoir ? demanda Sirius, légèrement mécontent.
- Pour la Saint Valentin !
- Vraiment, quel troll !
- S'il te plait, Sirius, s'exclama Rosie, mais elle ne put empêcher le sourire qui se formait sur son visage.
- Si tu le revois dans plus d'un mois, on a largement le temps ! dit-il l'air ravi.
- Largement le temps pour quoi ?
- Pour faire du Polynectar, par Merlin !
- Comment ? Pourquoi veux-tu refaire du Polynectar ?
- Pour le duper, bien sûr ! Cet Abel Nott, honnêtement, je ne sais plus à quoi il ressemble mais je me rappelle qu'il n'avait pas beaucoup de succès à l'époque...
- Oui, à l'époque, mais maintenant, c'est différent, dit Rosie, légèrement excédée.
- Peut-être ! Mais je suis sûre que c'est un frustré de l'entre-jambe.
- Quoi ?
- Désolé pour mon langage mais je suis certain qu'il n'a pas beaucoup d'expérience avec les filles.
- Tu ne sais pas ce que tu dis ! Tu ne l'as pas revu depuis longtemps !
- Il reste un homme, continua Sirus, sans vraiment faire attention à ce que Rosie disait. On va refaire du Polynectar, il nous reste des ingrédients n'est-ce pas ? Donc, ce sera facile et je connais un endroit discret où on pourra préparer la potion. Quand tout sera prêt, le jour de la Saint Valentin, Nott vivra le plus beau jour de sa vie ou peut-être le pire, tout dépendra dans quel sens il le prendra.
- Comment ça ?
- Une belle jeune fille blonde l'accostera dans la rue de Pré-au-Lard. Elle lui proposera ses charmes et forcément, il ne refusera pas ! Quand il sera dans la plus mauvaise posture, tu surgiras inopinément ! Il aura tellement honte ! Et ensuite, fini les fiançailles !
Rosie le regarda, interloquée. Elle avait dix-mille questions à lui poser car son plan avait quand même beaucoup de failles…
- Et qui jouera la belle jeune fille blonde ? demanda-t-elle, suspicieuse.
- Moi, forcément, puisque tu ne pourras pas être à deux endroits en même temps, répondit-il comme si c'était la chose la plus évidente.
- Tu vas te faire... "peloter" par Abel Nott ? s'écria Rosie, mi-dégoûtée, mi-énervée.
Sirius eut un rire machiavélique.
- Juste ce qu'il faut, c'est tout ! Et puis, ce ne sera pas vraiment moi mais une fille lambda ! Lui, il ne saura jamais que c'est moi ! Mais je serai une fille très convaincante, tu verras !
Sur ce, il fit un geste très féminin de la main et balaya ses cheveux en arrière comme une femme le ferait.
- Mais tu crois vraiment que ça va marcher ? demanda Rosie, voulant effacer de sa mémoire les derniers mots et gestes qu'avaient fait Sirius pour revenir plus sérieusement sur le sujet.
- Je pense oui, dit Sirius avec sincérité. Abel Nott est un homme et il succombera forcément aux charmes d'une jolie femme ayant de très bons arguments (Sirius mima une poitrine, Rosie secoua la tête d'exaspération). Quand tu tomberas sur lui "par hasard", tu te mettras en colère et tu lui feras comprendre que tu ne peux pas être avec un homme aux mœurs si légères. Tu écriras ensuite à ta mère en lui indiquant que tu dois rompre tes fiançailles. Bien sûr, tu lui donneras tous les détails ! Connaissant Agatha Greengrass, elle ne pourra pas laisser passer l'outrage !
Rosie réfléchit quelques instants. Si ce plan se passait tel qu'il le décrivait, cela pourrait peut-être marcher. Sa mère réagirait très mal, c'est sûr. Avec du Polynectar et une fille plutôt jolie…
- Et si on prenait Mingletown comme fille ? demanda Rosie d'un air sournois.
- Quoi ? Cette gueuse ?
- Tu sais, elle est dotée de très bons arguments !
Rosie mima une poitrine disproportionnée. Sirius pouffa de rire.
- Et je t'avoue, j'aimerais bien lui faire regretter d'être née si tu vois ce que je veux dire, dit Rosie, d'une extrême froideur.
- Non, pas vraiment, en fait, dit-il d'un air songeur. Slughorn a insinué que tu as eu quelques soucis avec elle.
- Pas que des petits soucis ! Elle m'a fait chanter pendant deux mois !
- Chanter ? s'écria Sirius, surpris. C'est-à-dire ?
- Elle a découvert que j'étais amoureuse de toi et que j'allais peut-être me marier avec Abel Nott. Elle a menacé de tout révéler à ma maison !
- Et tu as succombé à ce chantage ? demanda-t-il d'un air ironique.
- Bah oui, au début ! Que voulais-tu que je fasse ? J'étais paniquée… Ne me juge pas, s'il te plait !
- Non, je ne te juge pas mais j'ai du mal à t'imaginer te pliant aux désirs de cette pimbêche..
- Je sais… c'était risible ! En fait, j'ai réussi à me débarrasser d'elle en début d'année. C'était simple finalement.
- Et donc, j'imagine qu'avec le Veritaserum, Slughorn a tout découvert.
- C'est ça !
- Il est fort ce prof, quand même ! s'exclama Sirius, un sourire aux lèvres. Je le déteste la plupart du temps mais parfois, il a quelques idées de génies, comme ça…
Rosie resta pensive. Elle n'avait plus pensé à Mingletown depuis cet après-midi et malheureusement, même si son directeur de maison avait découvert le pot aux roses la concernant, cela ne signifiait pas qu'elle ne lui ferait plus de mal. Si la Serpentard découvrait qu'elle sortait maintenant avec Sirius, cette dernière prendrait un malin plaisir à la refaire chanter ou même à le révéler à ses camarades de maison.
- Il faudra se méfier de Mingletown, dit subitement Rosie. Elle n'en restera pas là. Peu importe comment Slughorn la punira, elle voudra me faire payer d'une manière ou d'une autre.
Rosie sentit son ventre se tordre.
- Oui, en fait, Mingletown est notre plus grande menace, continua-t-elle. Comment vais-je pouvoir retourner dans mon dortoir et faire comme si de rien n'était ? Tu sais qu'elle fouille scrupuleusement toutes mes affaires ? C'est une vraie sangsue !
Sirius réfléchit quelques instants.
- C'est sûr, continua Rosie, affolée, elle va se rendre compte que je m'absente plus qu'à mon habitude le soir. Si je rentre tard trop souvent, elle va venir fouiner. Et elle découvrira notre relation...
Rosie se sentit désespérée. Comment allait-elle pouvoir se débarrasser de cette vipère ? Sirius était toujours pensif. Une idée folle commença à se former dans son esprit.
- J'ai peut-être trouvé un moyen pour qu'elle te laisse tranquille, dit enfin Sirius. Pas complètement car tu auras toujours cours avec elle mais cela vaut le coup d'essayer. Et cela dépendra de tes qualités d'actrice.
- Je suis toute ouïe.
