Bonjour,
J'espère que vous aimerez les plans de Sirius ;). Ils sont peut-être un peu bancals mais Rosie y croit ! On va retrouver dans ce chapitre une vieille connaissance. C'est un petit clin d'oeil à notre héroïne préférée XD. Merci en tout cas pour votre fidélité.
Bonne lecture !
Chapitre 22 - Connivences entre Serpent et Griffon
Le lendemain matin, à 7h pétante, Rosie frappait à la porte de son directeur de maison. Ce dernier fut surpris de la voir mais l'invita néanmoins à entrer dans ses appartements.
- Professeur, lui dit-elle, d'un air contrit, je souhaiterais m'excuser pour mon attitude d'hier.
- Mais ne vous excusez pas, Miss Greengrass, lui répondit le professeur Slughorn légèrement embarrassé. C'est plutôt à moi de m'excuser. Je ne connaissais pas votre situation. Ce n'était pas une très bonne idée, ce Veritaserum.
- Mais, pas du tout ! Ce n'est pas votre faute !
Rosie semblait désemparée. Slughorn était encore gêné par ce qui s'était passé la veille, il ne voulait pas être si indiscret. Néanmoins, il sentit que son élève avait besoin de lui parler.
- Asseyez-vous, Miss Greengrass, je vais vous préparer une tasse de thé.
- Ce n'est pas nécessaire…
- Non, c'est moi qui vous invite ! Nous allons prendre notre petit-déjeuner ensemble, comme la dernière fois.
- Merci, professeur, dit-elle d'un air soulagé.
Son directeur lui servit une tasse de thé Earl Grey et lui proposa des toasts ainsi que de la marmelade. Rosie se servit avec enthousiasme. Son professeur remarqua qu'elle avait repris des couleurs. Très bien !
Puis, brusquement, Rosie s'arrêta de manger et il vit des larmes couler le long de ses joues. Le professeur s'affola.
- Ne pleurez pas, ma chère ! tenta-t-il de la consoler. Il fit apparaître un mouchoir qu'il donna à son élève.
Rosie le prit en le remerciant et essuya ses larmes.
- Je suis vraiment désolée, professeur ! Je suis bête d'être aussi sensible, fit-elle d'une voix larmoyante.
- Mais non…
Slughorn lui tapota l'épaule. Il semblait mal à l'aise devant des larmes et ne savait pas quoi dire ou faire.
- Professeur, comme vous avez pu le constater, ma vie est en grand chamboulement, dit Rosie d'une voix tremblante, je ne sais vraiment plus où j'en suis.
- Oui, je vous comprends…
- Ce mariage avec Abel Nott… vous savez que je ne souhaite pas me marier mais j'y suis malheureusement obligée… de plus, vous avez entendu ma pire confession…
Slughorn réfléchit. Oui, c'est vrai qu'elle lui avait dit qu'elle aimait Sirius Black. Le jeune Black était plutôt beau garçon mais il avait renié sa famille et son nom. C'était évidemment un très mauvais parti pour une Greengrass...
- Ne vous inquiétez pas, cela va s'arranger, dit-il tentant de la rassurer.
- Non, malheureusement…
De nouvelles larmes coulèrent sur les joues de Rosie. Elle se moucha.
- Non, professeur, c'est de pire en pire ! En plus, il y a Josepha Mingletown. Vous savez ce qu'elle m'a fait, n'est-ce pas ?
Le visage du directeur s'assombrit. Grâce au Veritaserum, il avait découvert que Josepha Mingletown avait truqué toutes ses bonnes réponses depuis plusieurs mois car elle avait obligé Rosamund Greengrass à les lui souffler en la faisant chanter. De plus, la Serpentard avait forcé sa camarade à la faire inviter à la soirée du Club de Slug et à l'aider à sortir avec Stephen Baggs. Il était très en colère contre Miss Mingletown et lui avait donné deux mois de détention ainsi que l'interdiction formelle de nuire à Miss Greengrass, au risque d'un renvoi définitif de Poudlard.
- Ne vous inquiétez pas, Miss Greengrass ! la rassura son professeur. Miss Mingletown ne vous embêtera plus. Je vous en fais le serment !
- Mais ce n'est pas suffisant, Professeur ! Bien sûr qu'elle ne me nuira plus devant vous mais elle le fera quand même à votre insu. Je connais sa perfidie !
Slughorn soupira. Il n'avait pas envie de gérer ce genre d'histoires. Rosie le ressentit et tenta de changer de stratégie. Elle devait mettre son professeur de son côté, pas le braquer...
- Professeur, je ne peux plus dormir sous le même toit qu'elle ! déclara-t-elle directement.
- Comment ?
- Je n'ai plus confiance en elle ! Elle va essayer de me faire du tort, et quand vous serez au courant, ce sera trop tard.
Elle éclata maintenant en sanglots.
- Vous savez que je suis en train de traverser une mauvaise passe, continua-t-elle entre deux larmoiements. Et avec elle, sur mon dos, je ne pourrai plus continuer très longtemps ! Je n'arrive plus à dormir ! J'ai perdu du poids et j'ai tout le temps peur ! S'il vous plaît, professeur, faites quelque chose !
Slughorn bredouilla des mots mais sa voix se perdit. Il ne savait plus quoi dire.
- Je sais que vous ne pouvez pas la renvoyer, je comprends. Alors, s'il vous plaît, pouvez-vous faire en sorte que nous ne soyons plus ensemble, que nous ne dormions pas dans le même dortoir ?
A cette demande, le professeur reprit un peu ses esprits.
- Mais ce n'est pas possible, Miss Greengrass, dit-il d'une voix mal assuré. Vous devez dormir dans le même dortoir que vos camarades de septième année.
- Alors, je ne pourrai pas tenir jusqu'à la fin de l'année, dit-elle d'une voix tragique.
Elle regarda Slughorn de ses yeux rouges, embués de larmes.
- Ne dites pas ça, ma chère ! Je ne peux malheureusement rien faire pour vous !
- Vous êtes pourtant le directeur de Serpentard, professeur ! Je suis sûre qu'il y a un moyen.
Slughorn se sentait gêné mais commença à ressentir un peu de pitié pour cette pauvre enfant. Il réfléchit à la situation. Il n'était pas du genre à accepter les requêtes mièvres de ses élèves. Mais cette fois, cela provenait de son élève préférée de Serpentard, Rosamund Greengrass. Il ne voulait pas la voir abandonner ses études, juste à cause de la perfidie d'une camarade. De plus, elle vivait une situation familiale tendue. Ne pourrait-il pas lui faire une fleur, juste pour quelques temps ? Il avait été déçu de ne pas pouvoir la promouvoir préfète-en-chef. Elle en avait l'étoffe. Malheureusement, le professeur Dumbledore avait préféré Lily Evans.
Et puis... il y avait les petites faveurs qu'elle lui préparait de temps en temps… Oh bien sûr, il savait que ce n'était que pour le flatter mais il devait avouer qu'il aimait vraiment les gâteaux de sa tante Griselda.
Si maintenant, il n'accédait pas à sa demande…
Rosie jeta un coup d'œil vers son professeur et l'observa. Elle imaginait très bien toutes les pensées qui fusaient dans sa tête. Gagnerait-elle ? Slughorn releva la tête, elle se moucha, tentant de cacher son visage.
- Parce que c'est vous, Miss Greengrass, je vais y réfléchir, se résolut Slughorn. Je ne vous promets pas que j'arriverai à répondre à votre demande, néanmoins, je vais l'étudier et je vais en parler au directeur. Est-ce que cela vous convient-il ?
- Merci infiniment, professeur, dit-elle les yeux plein de reconnaissance. Vraiment !
- Ne me remerciez pas maintenant, je n'ai encore rien fait !
Rosie lui sourit et il lui sourit en retour.
- Vous reprendrez bien un peu de ces toasts, n'est-ce pas ?
- Oui, merci !
Rosie sortit du bureau de son directeur quinze minutes plus tard. Elle rangea dans sa poche la potion qui l'avait aidée à pleurer si facilement et elle se mit des gouttes dans les yeux afin d'arrêter ses larmes. Puis, elle se dirigea d'un pas léger vers les toilettes du deuxième étage.
Avant de se quitter la veille, Sirius lui avait proposé d'amadouer le professeur Slughorn pour qu'il lui octroie une chambre particulière. Son plan avait peu de chances de fonctionner car seuls les préfets en chef avaient ce privilège mais le directeur des Serpentard adorait littéralement Rosie. Sirius savait aussi qu'il devait se sentir embarrassé par l'histoire du Veritaserum ainsi que celle de Mingletown. Même si cela ne marchait pas, au moins, ils auraient tout essayé. Et Rosie n'en ressortirait pas discréditée pour autant si elle jouait bien son rôle de jeune fille éplorée.
Ensuite, ils s'étaient donnés rendez-vous le lendemain matin dans les toilettes de Mimi Geignarde avant leur cours de Défense contre les Forces du Mal prévu à 9h ce vendredi. Rosie n'y était jamais entrée en six ans d'études à Poudlard car elle savait qu'elles étaient hantées par un fantôme pleurnichard et revanchard qui empêchait toute jeune fille de faire ses besoins. Vu que personne n'y entrait de peur de s'attirer les foudres de l'ancienne élève, Sirius s'y était souvent caché avec ses amis et il avait avoué à Rosie que Mimi Geignarde avait un faible pour lui. Selon lui, les toilettes seraient le meilleur endroit pour réaliser leur Polynectar*.
Avant d'arriver dans le couloir du deuxième étage, Rosie jeta un œil sur le parchemin enchanté que lui avait donné Sirius la veille en sentant sa chaleur sur sa poitrine.
"La voie est libre" lut-elle. Elle se dirigea sans hésitation dans les toilettes. Elle entendit immédiatement des voix dont le rire de Sirius. Il parlait avec quelqu'un. Elle s'approcha et vit son petit ami en grande discussion avec un fantôme qui avait l'allure d'une collégienne de 15 ans : elle portait l'uniforme de Serdaigle, était coiffée de couettes et avait des lunettes. Elle minaudait devant le Gryffondor.
- Vraiment, Sirius, tu ne devrais pas dire ça ! dit-elle avec un grand sourire sur les lèvres. Elle vola en faisant un tour sur elle-même.
- Si, si, insista-t-il. Tu m'as manquée et je suis vraiment désolé de ne pas être venu te voir plus souvent cette année.
- C'est oublié, mon griffon adoré ! s'écria Mimi Geignarde, un rire dans la gorge. Maintenant, tu es là !
Rosie se dirigea vers eux prudemment. Elle savait que le fantôme était très susceptible et Sirius l'avait prévenue de ne rien dire qui pourrait le contrarier.
- Bonjour ! lança-t-elle incertaine.
Mimi Geignarde arrêta son vol plané et se mit debout à côté de Sirius.
- Je t'ai parlé de mon amie Rosie, dit Sirius. Elle est venue te voir.
La fille fantôme la regardait de haut en bas, la jaugeant. Sirius avait omis de dire qu'elle était sa petite amie, ce qui valait mieux, vu comment elle l'observait.
- Bonjour, répondit Mimi, un air de suspicion dans la voix.
- Je suis ravie de faire ta connaissance, Mimi Geignarde, dit Rosie en s'approchant un peu plus. Merci de m'accepter dans… tes toilettes !
- Tu crois me flatter en disant ça, lança le fantôme, irrité.
Elle n'avait pas l'air d'aimer l'allure de la Serpentard. Rosie ne répondit pas.
- Je croyais que tu détestais tous les Serpentard, Sirius, s'écria Mimi, plaintive. Moi aussi, je les "déteste", surtout les filles !
Mimi Geignarde avait dit ses derniers mots en insistant bien sur "déteste".
- Mimi, Rosie est différente des autres Serpentard, dit Sirius, d'une voix douce. Et c'est mon amie. Je suis sûre qu'elle deviendra la tienne aussi !
- Même pas en rêve ! cria le fantôme.
Mimi alla se cacher dans l'une des toilettes et ne dit plus rien. Elle boudait très certainement. Rosie et Sirius échangèrent un regard de dépit.
- Et si nous commencions ? proposa-t-il.
- Tu es sûr, Sirius ? demanda-t-elle.
- Oui, ne t'inquiète pas, chuchota-t-il, elle s'en remettra. Et je suis sûr qu'à force, elle t'appréciera.
- D'accord, répondit-elle incertaine.
Rosie sortit sa boite d'ingrédients ainsi qu'un chaudron et une spatule qu'elle avait placé dans sa minaudière. Sirius prépara un feu au milieu de la pièce.
- Tu crois vraiment que personne ne viendra ici ? demanda Rosie, légèrement soucieuse.
- Vraiment personne, la rassura-t-il. Comme je te l'ai dit, je suis souvent venu ici et aucun élève ne vient jamais ! Au cas où, j'ai la carte avec moi et je garderai un œil sur les environs.
Il tapota la carte qu'il tenait à la main. Puis, il sortit sa baguette et fit apparaître une petite table sur laquelle il déposa une boîte à ingrédients et commença à les sortir.
- Nous avons à peine 1 heure 30 pour lancer la première étape de la potion ce qui sera suffisant, dit Rosie, reprenant son air sérieux. Découpe 4 sangsues dans le sens de la longueur. Oui, voilà comme ça.
Elle commença à faire bouillir de l'eau dans le chaudron et lança le Sisymbre qu'il lui restait de leur dernière préparation du Polynectar. Elle avait gardé ces plantes dans un bocal pour garder leur intégrité. Puis, elle rajouta le Polygonum et mélangea les plantes avec sa spatule.
- Quand tu auras fini avec les sangsues, broie les Chrysopes dans le mortier.
Sirius l'écoutait attentivement. Il savait que Rosie était une experte en potion. D'ailleurs, s'il avait réussi à avoir un O à chacun de ses devoirs cette année, c'était grâce à elle. Il l'observait pendant qu'elle ajoutait ingrédient après ingrédient avec précision. Son ventre tressaillit. Il trouva subitement que la distance entre la table et le chaudron était beaucoup trop grande et voulut se rapprocher d'elle pour la toucher mais il se retint. Pas ici, dans les toilettes de Mimi Geignarde. Il reprit son travail : écrabouiller des Chrysopes.
Plus d'une heure après, la température des toilettes avait monté et Rosie et Sirius, en sueurs, purent apprécier la couleur de leur potion : elle avait pris une teinte marron.
- Maintenant, dit Rosie, nous n'avons plus qu'à venir la vérifier tous les jours et la mélanger 3 fois dans le sens des aiguilles d'une montre, puis 5 fois dans le sens contraire. Et ceci, pendant 3 semaines.
- On alternera pour venir ici. Je te tiendrai au courant avec le parchemin.
- D'accord.
Ils n'avaient pas revu Mimi Geignarde qui faisait encore la tête.
- Au revoir, Mimi ! lança Sirius, d'une voix guillerette. Et encore merci de nous prêter tes toilettes. Je viendrai te voir demain !
Ils n'entendirent qu'un plouf en guise de réponse et décidèrent de s'en aller. Avant de sortir, Sirius vérifia son parchemin : il n'y avait personne dans le couloir. Rosie leur lancèrent un sort qui sécha leurs vêtements en un clin d'œil. Puis, ils sortirent des toilettes du deuxième étage. Chacun prit une direction opposée sans toutefois oublier de se donner un baiser.
Les deux premières parties de leur plan avaient été lancées. Ils étaient maintenant complices et liés à jamais par le destin.
*Gros clin d'œil pour le tome 2 ;)
