Helllllllllloooooooo gIRLZ !

Hey non, ce n'est pas un poisson d'avril, mais un real new chapter ! après presque un siècle d'absence, promis je n'ai pas essayé de me faire désirer !

avant tout : THANXXXXX GIRLLZZZZ ! sérieux les filles, est-ce que je vous ai dit à quel point vous étiez géniales ! jamais assez, j'en suis sûre !

Aujourd'hui promis, je réponds aux reviews, je vous dois bien ça après tant de temps !

Hijiri-san : 29 chapitres en une seule fois woaw ! merci merci merci de cette review, je suis toujours surprise de pouvoir lire de telle chose au sujet de cette fanfic !

miangemidemon02 : je sais que tu lis actuellement "etrangers amis amants" je te remercie énormément de laisser un com à chaque chapitre. merci aussi beaucoup de m'encourager ainsi, ça aide beaucoup, je te l'assure !

kikoo97one, mirelle, Hera09, Guest, calimero59, CeriseBella, canada02, birginie, Grazie, minicath : merci BEAUCOUP les filles pour vos commentaires

bellaeva : j'avoue que ces chapitres concernant ce procès est terriblement long à écrire, et parfois difficile émotionnellement parlant. je te remercie d'une telle review, parler ainsi de mon travail me touche beaucoup

Anais 88 : voilà la suite chérie ! enfin ! je ne sais pas si ce chapitre est aussi long que le précédent, j'espère ne pas te perdre en chemin lol, parfois je n'ai juste pas la notion d'un bon chapitre en terme de mots. comme toujours j'aime lire l'analyse que tu fais de mon chapitre, ça m'aide toi comme les autres à le voir d'un point différent, et ainsi toujours essayer de mieux faire. jespère que ce chapitre te plaira aussi !

Maryfanfictions : Si je fais ressentir des choses alors ma mission est emplement accomplie ! :-) merci encore et toujours de me suivre et de commenter ainsi chaque fois que je poste un chapitre

J'ai certainement oublié plusieurs, mais je n'oublie pas de remercier toutes celles qui me suivent, qui me lisent, ou qui passent simplement parfois par là, merci beaucoup les filles, c'est énorme ce que vous faites !

Voilà, je vous laisse enfin avec ce nouveau chapitre qui j'espère vous plaira


« Maintenant je sais une bonne fois pour toutes qu'on ne chasse pas les images, et encore moins les brèches invisibles qui se creusent au fond des ventres, on ne chasse pas les résonances ni les souvenirs qui se réveillent quand la nuit tombe ou au petit matin, on ne chasse pas l'écho des cris et encore moins celui du silence » - Delphine de Vigan

« La vraie douleur est incompatible avec l'espoir » - Lautréamont


Chapitre 29

07 février 2013

Pourquoi avais-je la profonde impression que j'étais l'accusé ?

Les douze paires d'yeux rivés sur moi alors que j'enlevais pour la première fois mes Ray-Bans, je compris aussitôt que je ne devais pas prouver que Jesse était celui qui avait assassiné Sarah, mais les convaincre que je n'étais pas à l'origine de ce carnage.

Je connaissais la date de cette première audience. Je savais et je n'ai rien fait pour ne pas me retrouver sur ce putain de siège, le visage coloré d'hématomes.

Je n'étais plus l'une des victimes...mais suspect.

Me pardonnerais-tu ma puce si je ne te rendais pas justice ?

Moi non…

« Monsieur Masen » m'interpella mon avocat alors que j'entendais tout haut les soupçons du jury.

Je repoussais l'envie de fuir le tribunal, et le projet de mettre à exécution seul ma vengeance pour me tourner vers lui. Conscient de la terreur d'être ainsi mal jugé, Noah m'adressa un regard sévère mais rassurant pour me rappeler à l'ordre.

M'écouter quelques minutes plus tôt appeler au secours avait aussitôt pulvérisé tout le self-control que j'avais acquis ces dernières années. Enchaîné à la noirceur de son regard, j'y avais vu ma détresse l'assouvir, et l'humiliation de n'avoir su sauver ma famille le faire triompher une seconde fois. Les fêlures que j'avais tant cherché à masquer ces derniers mois n'avaient jamais été plus apparentes qu'aujourd'hui.

« Etes-vous prêt Edward ? »

Etais-je prêt à revivre mon enfer ?

Etais-je prêt à te revoir mourir bébé ?

Etais-je prêt après avoir mis si longtemps à t'enterrer ?

« Oui » dis-je malgré la terreur qui m'oppressa

« Bien…j'aimerais avant tout que nous discutions de votre relation entre Sarah et vous…Marié en 2008, votre femme a donné naissance au petit Anthony Masen seulement six mois avant qu'ils soient tous les deux assassinés…J'ai pu constater que tous les deux vous étiez marié très jeune, très tôt aussi »

« Va te faire foutre Masen ! J'en peux plus de tes putains de soirée » attrapa-t-elle Anthony qui se mit à pleurer

« Tu te fous de ma gueule ! Je passe mon temps à subvenir aux besoins de madame ! »

« Je n'ai pas besoin de toi ! » me poussa-t-elle pour rejoindre la cuisine. « Chéri, il faut que tu arrêtes de pleurer, maman est fatiguée mon cœur »

Depuis la naissance d'Anthony, c'était toujours les mêmes disputes à propos des mêmes conneries. Mes responsabilités que je déclinais soit disant pour rejoindre Emmett dans un bar, ou son congé maternité qui m'obligeait à faire des heures sup'.

Epuisée par les pleurs de notre fils, qui ne cessait de se plaindre la nuit, je la regardais poser Anthony sur sa table à langer. La salle de bains était trop petite pour accueillir tous ses changes et toutes les choses dont il avait besoin pour après que Sarah lui ai fait prendre un bain.

Ce n'était pas ce que nous voulions pour nous…

Ces responsabilités…

Ces dettes…

Ce bébé qui nous dépouillait de toute notre énergie…

Je n'étais pas prêt pour cette vie

Malgré l'amour que je ressentais pour les deux…

« Maman aimerait que je lui rende visite…je pense que ce serait bien que j'aille vivre chez elle quelques jours…le…le…le temps prendre une décision pour nous deux »

« Hors de question ! Cette salope pourrait te convaincre de ne plus revenir »

« C'est de ma mère dont tu parles Masen »

Fatigué par le rythme infernal que nous faisait prendre Anthony et ces incessantes altercations, je soufflais pour me détendre et approchais Sarah.

« Je sais que je t'aide pas beaucoup »

« Bien sûr que si » se raisonna-t-elle. « J'aimerais juste que tu sois juste un peu plus présent…je ne suis pas sortie depuis un mois »

« Je veux pas te perdre bébé »

« Tu sais bien que c'est plus la même chose entre nous » osa-t-elle en relevant les yeux. « Peut-être que ce mariage était une erreur »

« Tu sais bien que c'était le mieux pour Anthony »

« Tu n'as pas confiance en moi Edward »

« C'est en ta mère que je n'ai pas confiance, cette vipère a osé insinué que j'avais une relation avec Kate…Elle serait capable de tout pour vous enlever à moi…Je ne veux pas vous perdre »

« Tu sais bien que je ne pourrais jamais éloigner ton fils de toi »

« Ecoutes…j'ai quelques économies de côté, on pourrait l'utiliser pour que tu rejoignes Kate en Floride »

« Mia et Loane sont plus proche » étira-t-elle un sourire en coin en évoquant ses deux sœurs ainées

« Madame Masen ne me contrariait pas…je garderais Anthony pendant toute la durée du voyage »

« Et le travail ? »

« Je m'en occupe et puis Emmett est pas loin »

« Je ne veux pas que mon fils soit exposé dans ces journaux à scandale »

« Et Emmett le sait très bien…Pars tranquille, j'assurais comme un chef, une vraie mère célibataire »

Elle pouffa de rire avant de m'embrasser le bout du nez comme elle avait l'habitude de le faire. »

Malgré nos sentiments amoureux disparus, nous avions su devenir amis pour notre fils.

« Je vous mentirais si je vous disais qu'Anthony était ce que nous voulions…nous étions jeune et pas du tout près à ce genre de responsabilité, mais quand il est arrivé, on a fini par s'adapter et vivre avec ce bout de chou…Je crois même que ça nous a plu uni que ne l'a fait le mariage »

« Vous vous disputiez souvent ? »

« Sarah détestait ça, elle disait que ceux qui crier était seulement ceux qui avaient tort…Je ne dis pas que nous étions toujours d'accord sur tout, mais on s'en est toujours sorti »

Une partie de moi souhaitait plus que tout l'oublier. Mais ce serait oublier aussi que j'avais été heureux avec elle, et que j'avais connu un bref moment grâce à elle les joies de tenir dans mes bras le plus beau et le plus pur des trésors.

Ma vie passée revue et analysée à la loupe, je n'omettais aucun détail de notre relation. Évoquer nos problèmes de couples, tout en n'oubliant pas de rappeler au jury que j'aimais et que j'aimerais Sarah éternellement était selon Noah la meilleure chose à faire. Je sentais malgré tout, toujours, le regard accusateur du jury qui portait peu attention à mon témoignage mais à mes hématomes. C'était insupportable et déstabilisant. Et me détacher d'eux pour chercher un réconfort dans le regard rassurant de ma famille ne suffit pas.

Celle dont j'avais besoin plus que tout à cet instant n'était pas là. Sa main qui s'était liée à la mienne quelques heures plus tôt, alors que cet enfoiré se foutait ouvertement de ma gueule, m'avait aidé à canaliser ma colère et ne pas sauter brutalement au dessus de la table pour arracher à main nue le cœur de ce fils de pute. Conscient que son soutien m'était primordial pour surpasser cette épreuve, son regard ne me manqua jamais autant qu'à cet instant.

Et face à ces incessantes accusations toutes plus absurdes les unes que les autres, tout finit par resurgir.

Oublier les promesses...

Submergé par la douleur vive des plaies qui se déchirent, l'amas de nuits blanches, où les dents serrées dans l'oreiller, je dois supporter les cris assourdissants, le manque retentissant, les spectres qui tournent autour, et le silence insoutenable.

Je comprends enfin l'enfer que vit Bella.

Je comprends que les blessures ne se referme pas, malgré tous les efforts,

Que l'on ne peut pas apprivoiser la douleur, vivre avec et apprendre à oublier,

Qu'on ne contrôle plus ce qui nous arrive,

Que rien ne sert de rejoindre la surface, les sentiments nous prennent toujours au dépourvus pour nous tirer toujours plus vers le bas,

Que l'espoir ne nous aide pas à avancer, mais au contraire nous tue à petit feu.

Sarah ne reviendra pas, peu importe à quel point je veux que tout ça ne soit qu'un cauchemar, peu importe à quel point ma femme me manque...elle ne reviendra pas.

« A votre place, je fermerais ma putain de gueule » n'en supportais-je pas plus

« Est-ce une menace monsieur Masen ?...Est-ce que c'est ce qu'il s'est passé avec Sarah, elle aussi à oser vous contredire, vous mettre en face de votre reflet monsieur Masen...Est ce que c'est ce qui a coûté la vie à votre femme et votre fils »

« Allez vous faire foutre !Vous n'avez aucune idée de ce que j'ai du supporté pendant ce chien violait mon bébé »

« Pourriez-vous me dire ce qui est à l'origine des ecchymoses que vous portez monsieur Masen ? »

« Allez vous faire foutre par ce fils de pute que vous défendez ! » répétais-je au bord du craquage nerveux

« Monsieur Masen, je vous demanderais de garder votre calme et des propos décents » me rappela à l'ordre celui qui présidait l'audience

« C'est trop demander à notre cher témoin quand on sait qu'il ne supporte pas qu'une femme le domine »

Fou furieux face aux provocations cette petite pétasse, j'avais fini par lui jeter au visage mon verre d'eau, qu'elle évita de peu. Le juge avait aussitôt décidé de suspendre l'audience jusqu'à lundi, non sans me rappeler que si lors de la poursuite de mon témoignage, je venais à récidiver, il serait alors dans l'obligation de m'arrêter.

Des mois à préparer ce procès, à me préparer aux attaques et je n'avais pas su retenir en laisse la chienne qu'était ma rage. Humilié par cet enfoiré quelques minutes auparavant par son jeu d'acteur, j'avais perdu tous mes moyens et n'avais su gérer le débordement d'émotions qui m'avait noué la gorge.

« J'ai besoin de faire le plein...attends moi ici »

Hors de la voiture, je la regardais dans le rétroviseur contourner la voiture pour s'exécuter.

Elle m'en voulait...et pourtant elle n'avait pas hésité à accourir lorsque je l'avais appelé il y a deux heures. Même après m'avoir vu en direct sur les chaînes infos agressé l'avocate de ce fils de pute. Envahi par la culpabilité de n'avoir su garder mon sang froid, je n'avais cessé de faire les cents pas dans ma chambre d'hôtel, à la quête d'un moyen de rattraper l'immense faute commis cette après-midi.

Devenu fou, j'avais ressenti soudain le besoin urgent de la retrouver. J'avais besoin d'elle, besoin qu'elle me convainque que tout n'était pas perdu.

Mais j'avais merdé...

J'avais perdu le contrôle, et mis sa putain de vie en danger...

Je n'avais pas pu fermer ma putain de gueule alors que cette salope m'incriminait...

Je n'avais pas pu me résigner à la laisser exposer ses foutus suppositions...

Dans le rétroviseur, le regret ressentit au cours des dernières heures ne fut pas aussi douloureux que maintenant. Alors que je la voyais elle. Celle pour qui je devais me battre aussi. Ses Ray-Bans sur le nez, sa capuche sur la tête, elle ne m'avait pas adressé un mot depuis qu'elle était venue me récupérer à mon hôtel.

« Je ne peux pas Swan ! » articulais-je sévèrement contre ma main qui la muselait. « Je ne peux pas m'occuper de toi alors que ce fils de pute vient de se foutre de ma gueule »

Rappelée à l'ordre une seconde fois par le juge, celui ci avait suspendu l'audience une première fois après que Bella est réagi violemment au corps inerte d'Anthony dans mes bras. Je détestais savoir que ses...réactions puissent tant faire jouir ce fils de pute. Je ne pouvais pas accepter que cet enfoiré puisse se satisfaire des cendres que nous étions. Il avait tout prémédité, peut être même ce cirque médiatique mais je refusais qu'il ait le contrôle sur mes émotions. Je refusais qu'il voit mes putains de faiblesses perlaient dans le coin de mes yeux. Je refusais d'ouvrir la bouche et libérer la putain de détresse qui me soulevait le cœur, ou traverser les quelques mètres qui me séparaient de cet enfoiré, pour lui révéler les plaies qui saignent encore abondamment.

Isolés dans une innombrables pièces du tribunal, je m'étais discrètement glissé pour lui rappeler l'enjeu de ce face à face. Ce n'était plus seulement obtenir justice, c'était regagner une dignité.

Malgré moi, ma vue se brouilla alors que je fis face au regard embué de Bella.

Ce procès va l'anéantir...

« Je n'ai pas le droit de penser à toi, alors qu'il se moque de Sarah, qu'il jouit en regardant mon bébé ! »

Ses larmes redoublèrent d'intensité au rappel des atrocités que j'avais du supporter pendant des heures, en même temps que ses mains qui crochetèrent ma chemise. Ma main étouffa un peu plus durement ses sanglots alors qu'elle se débattait.

« Tu peux pas me faire ça Swan » la suppliais-je la gorge nouée.

« Sortez d'ici ! Vous allez la tuer ! » tenta de nous séparer son père

« Tu m'as promis que je pourrais compter sur toi »

Des putains de promesses foutues en l'air, alors que nous nous trouvions aux premières heures du procès. Je venais de souffler sur l'espoir fou que nous pourrions endurer ce théâtre et affronter la tête haute notre bourreau.

Le combat que nous avions longtemps engagé pour se débarrasser du poison de la souffrance, et dont nous pensions sortir victorieux il y a encore à peine quelques heures n'était qu'une putain de blague de nos esprits naïfs.

J'étais celui qui allait rendre la liberté à cet enfoiré...

J'étais celui qui allait foutre une balle dans le crâne de celle qui avait tant misé sur ma putain de force intérieure feinte depuis des mois.

Nous roulions depuis déjà deux heures, et je n'avais aucune idée de l'endroit où elle nous emmenait. Nous avions quittés l'état pour rejoindre visiblement la Californie. Son silence plus qu'éloquent m'avait dissuadé de lui demander notre destination. Elle m'en voulait d'avoir craqué alors que j'étais celui qui était supposé être le roc dans notre duo.

Après la désintox, j'avais fait des efforts considérables pour étouffer les cris, et me nouer les tripes pour ne pas m'effondrer sous le poids des larmes. J'avais ressenti le besoin absolu et soudain de continuer à avancer, si ce n'est seulement mettre chaque matin un pieds devant l'autre et occulter la douleur. C'était sans compter l'ombre de Sarah qui me pourchassait sans cesse. Mais j'avais compris que se rouler en boule dans un coin sombre et croire que pleurer soulager, n'était pas le remède. Accepter était finalement LA solution.

Accepter que les choses puissent disparaître subitement...

Accepter que l'on puisse tout perdre sans raison...

Accepter que le monde continue toujours de tourner malgré ce qui vous arrive...

Et puis accepter, être fort, pour que celle que vous aimiez, celle que vous ne pensiez pas rencontrer au milieu du champ de mine qu'est votre vie, puisse aussi compter sur vous, aspirer votre force et ainsi se relever elle aussi.

J'avais réussi. J'avais réussi à lui prouver que nous pouvions surmonter cela et grâce à moi, elle avait assumer de s'enfermer pendant six long mois afin d'accepter à son tour, que les choses ne reviendront, mais aussi accepter qu'elle puisse cette fois anéantir à son tour l'origine de tout ce mal.

Perdre toutes mes défenses devant ce fils de pute, c'était comme l'avoir trahi aujourd'hui, l'avoir trompé sur l'homme que j'étais censé être depuis déjà un an. Et je ne supportais pas le reflet que son regard me renvoyer.

Le plein fait, elle ressortit de la station avec un paquet de bière et un sachet de nourriture. Je décidais de prendre sa place derrière le volant, conscient qu'elle devait être probablement exténuée. Elle ne dit rien toujours rien mais tira sa capuche en arrière alors que je quittais la station de service. Ses lunettes jetées sur le tableau de bord, la colère me poignarda encore en plein cœur en jetant un œil à son visage.

Elle ne semblait jamais aussi jeune et vulnérable que lorsque ses poches apparaissaient sous son regard noyé par la détresse. La couleur cadavérique de son visage me rappela cet instant où je m'étais retrouvé face à elle. Elle que j'avais cru perdre définitivement à la suite de son internement. Celle à qui j'avais fait promettre de se battre contre ses démons. Celle à qui j'avais fait promettre il y a encore quelques jours de tout faire pour enfermer ce fils de pute. Celle que je venais de trahir sans penser une seule seconde que je serais celui qui permettrait à cet enfoiré de respirer le même air que nous. Sans penser une seule seconde que je l'avais probablement déjà perdue.

Une cigarette à la bouche, je supportais sans oser un geste voir ses mains tirées inlassablement et nerveusement ses cheveux en arrière.

« Je crois que je ne sais pas vraiment où je vais » finis-je par murmurer

« Contentes toi de suivre L.A » fut tout ce qu'elle dit

Cette tentative de lui soutirer ne serait ce qu'un reproche fut la seule. J'étais beaucoup trop lâche et effrayé à l'idée de la voir me cracher à la gueule mon attitude.

Les trois heures qui nous séparaient de Los Angeles furent toutes aussi longues et éprouvantes. Bella n'avait pas décroché un seul mot, ni même un seul regard.

C'était la première fois...

La première fois qu'elle me tournait ainsi le dos dans cette épreuve que nous traversions tout les deux depuis tant de temps. Et j'étais déçu de voir que son désir de vengeance était bien plus fort que l'empathie qu'elle avait toujours vis à vis de mon histoire. Comme si finalement je n'étais qu'un accessoire qui lui servait à obtenir justice.

« Prends la prochaine sortie » fut tout ce qu'elle finit par dire

Curieux de savoir pourquoi nous avions subitement pris la route en pleine nuit pour rejoindre la Californie, au lieu de se terrer dans un vieil hôtel insalubre, qui nous aurait moins assurer l'anonymat, ou peut être même le parking d'un vieil entrepôt...je finis par être surpris de nous voir passer le panneau qui indiquer que nous entrions dans la ville de Pasadena.

Je n'y étais pas revenu depuis ce soir où j'avais décidé de brûler les souvenirs qui me rattachaient tant à mon passé. Ainsi pouvoir entamer une nouvelle vie après une longue cure et faire peau neuve.

Ses indications nous menèrent finalement jusqu'à un endroit reculé que je localisais mal...à...à...à cause de …

« Je ne t'ai pas dit de t'arrêter ! » dit durement cette traîtresse

« Va te faire foutre Swan ! »

Arrêté à plusieurs mètres du portail de San Gabriel Cemetery, cette salope m'avait mené jusqu'à l'endroit où ma belle-famille avait décidé d'enterrer mes deux bébés.

Hors de la voiture, je voulus faire demi-tour, furieux que cette petite pute ait osé me ramener jusqu'ici.

« Je veux que tu lui dises qu'elle ne pourra jamais reposer en paix ! » m'arrêta t-elle en se pointant devant moi

Je la plaquais aussitôt contre le coffre de son Hummer, subitement enragé par le culot qu'elle avait.

« Une dernière fois Swan, va te faire foutre ! »

« Par ta faute, il va être libéré ! » cria t-elle, le regard ravagé par les larmes

Ses putains de larmes étaient toujours ma putain de faiblesse !

Je flanchais instantanément à la vue de ses yeux submergés par la colère de m'avoir vu faillir. Testé son tempérament de petite salope glaciale ces cinq dernières heures, ne m'empêcha pas de la ramener contre moi, alors qu'elle se débattait violemment.

« Je suis désolé...si tu savais comme je suis désolé »

« Tu lui as donné ce qu'il voulait...on s'était promis que ça n'arriverait pas ! »

« Je sais ma puce » finis-je par pleurer avec elle, épuisé par cette première audience

« Pourquoi tu as fais ça alors ? »

« Je n'ai jamais frappé Sarah...jamais je n'aurais pu lui faire de mal »

Elle finit par réussir à me repousser.

« Va le lui dire alors ! » pointa t-elle furieusement le cimetière. « Va dire à Sarah que tu te feras pardonner, que tu réussiras à faire enfermer ce fils de pute...Parce qu'elle compte sur toi...et...et moi aussi je compte sur toi »

Sa voix se cassa, et mon cœur fut broyer par sa détresse. Ce n'était pas seulement pour moi que je devais arriver à bout de ce procès, mais aussi pour elle, surtout pour elle. Elle n'avait que dix huit putains d'années, et n'avait certainement pas à endosser autant de peine.

Je n'étais pas allé là-bas depuis presque trois ans, et je craignais ne pas pouvoir rejoindre leurs tombes pour supplier ma femme de me pardonner. Pourtant il fallait que je le fasse, où qu'elle soit il fallait qu'elle entende mes regrets, mais aussi ce profond désir de lui rendre justice. Je le ferais quoi qu'il me coûte.

Munis d'une lampe torche, que Bella récupéra dans le coffre de sa voiture, nous déambulions à travers les pierres tombales, jusqu'à trouver l'emplacement où se trouvait ma famille. Léthargique à la suite du traumatisme, c'est Maria la mère de ma femme qui s'était occupé de tout. Anéantie par la mort de sa fille, cette vipère m'avait entièrement fait endossé la responsabilité de ce massacre et avait donc décidé d'écarter mes proches des funérailles. C'est Kate, qui nous avais alors permis de nous recueillir ici.

Face à leurs sépultures, mes jambes tremblèrent aussitôt jusqu'à me foutre sur les genoux. Suppliant mon amour, celle dont je m'étais fait la promesse de protéger contre le mal, l'absence de réponses ne fit qu'accroître la douleur.

« Elle sait que tu l'aimes » entendis-je la voix enrouée de Bella, qui glissa une main dans mes cheveux

Et si les larmes n'allège pas l'âme, j'en ressentis malgré tout le besoin. Adossée à la pierre tombale de Sarah, Bella m'avait finalement ramené contre ses genoux, retrouvant ainsi ces gestes réconfortants qu'elle m'avait prodigué au début de notre relation.

Je finis malgré tout par me calmer doucement, et ressentir un mal de tête alors que Bella se tendait derrière moi.

« Sortons d'ici » décida t-elle après avoir vu la faible lumière d'une lampe torche

Je me relevais aussitôt et nous fuyons vers l'extérieur pour ne pas être vus ensemble. Dans la voiture, Bella démarra en trombe pour quitter l'endroit. Encore remué par ce qu'il venait de se passer, je m'enfonçais dans mon siège me promettant mentalement que ces larmes seront les dernières que je verserais. Je devais à tout prix retrouver cette rage, et cette soif de vengeance qui m'avait tant animé lors de mes combats.

Peu curieux de savoir où nous nous rendions, je fus malgré tout surpris lorsque nous nous retrouvions devant le portail d'une impressionnante résidence. Avant que je n'ai pu interroger Bella, celle ci en actionna l'ouverture d'une télécommande. Je me redressais, le souffle coupé quand les lampadaires s'allumèrent un peu partout autour de nous et que je reconnus notre pieds à terre. Celui qui semblait dix fois plus grand que ce que j'avais vu sur ces photos. Bella arrêta la voiture juste devant ce qui semblait être le garage. Le portail refermé, nous quittions l'habitacle pour rejoindre l'intérieur par un pont de verre. Frappé par l'immensité de l'endroit, je me dévissais le cou pour apercevoir chaque détail du pavillon déjà meublé. Je perdais un instant de vue Bella, impressionné par le décor paisible et sensationnel qu'offrait la villa...qui...qui lui appartenait aujourd'hui.

Décidément, je ne m'y ferais jamais à cette partie d'elle...

Je la revis brièvement passer près de moi alors que je nommais mentalement les pièces par lesquelles je passais. Le salon prêt à accueillir tout l'état de Californie, la cuisine me rappelait celle que je possédais à Seattle. La tendance inox avait toujours quelque chose de très luxueux. Les bras chargés des courses qu'elle avait rapidement fait à la station service, elle les déposa sur l'îlot central.

« Est-ce qu'on est légalement en droit d'être ici ? » m'inquiétais-je de savoir que nous aurions à quitter les lieux précipitamment

Elle n'avait que dix huit ans. Peu importe l'amour que lui portait son beau-père, il ne pouvait lui léguer un tel bien.

Elle ne répondit pas, se contenta juste d'attraper une bière dans le pack qu'elle arracha puis marcha à l'extérieur. Je récupérais les cinq autres bières et me précipitais à sa suite pour ne pas la perdre de vue. J'en profitais pour jeter un œil derrière les baies vitrées, et me rendre compte encore une fois de l'héritage inestimable de ma petite amie. Nous arrivions dans une salle de sport, où j'imaginais déjà les heures que je pourrais passer ici à me défouler. Étonnement, il me fut facile de ravaler mon ego et envisager que je puisse être très heureux de vivre ici. La pièce remplie d'équipements sportifs tels que des tapis de courses, vélos et punching-balls. Je déposais doucement les bouteilles à terre en observant Bella se déshabillait lentement. Vêtue d'une brassière Nike noire et de son jogging, elle s'approcha d'un des sacs de sable contre lequel elle commença à frapper. Je retirais mon sweat et mon débardeur avant de m'approcher d'elle pour l'arrêter.

« Tu vas te faire mal si tu continus »

Je compris aussitôt dans le feu qui animé son regard, que c'était ce qu'elle voulait.

Remplacer la douleur mentale par une souffrance physique, ça avait toujours été son truc pour s'échapper des réflexions qui nous faisaient saigner les méninges.

« Se défouler contre ces trucs c'est frustrant...aucune réaction »

Dans le coin de la pièce, j'avais remarqué quelques secondes auparavant, la présence d'un tapis épais bleu. Je retirais mes baskets, elle m'imita avant que je ne la ramène sur le revêtement.

« Frappes moi » la surpris-je

Elle souffla et voulut retourner à son punching-ball. Je rattrapais aussitôt son bras.

« T'es furieuse contre moi, je le sens encore et je sais que tu essayes de te prouver que tu peux supporter ce qui se passe en toi après avoir vu ces photos » la sentis-je tendue entre mes mains. « Me frapper ça t'aidera à évacuer tout ce bordel émotionnel et plus tard mieux te contrôler »

« Oh comme lorsque tu le faisais ces derniers mois, avant de faire croire à ces connards que tu pouvais potentiellement être coupable du meurtre de Sarah » fit-elle blessante

« Fais pas ça Bells, tu sais mieux que les autres ce que j'ai pu ressentir quand cette salope a insinué que j'ai violé et éventré Sarah »

Les épaules relâchées, je la sentis prête à exploser et libérer la rage qui l'avait prise à la gorge depuis la découverte du corps de sa mère et son beau-père.

« Me dis pas que t'as peur de te battre maintenant Swan »

Un sourire aux lèvres, je la plaquais aussitôt au sol lorsqu'elle voulut m'infliger un coup au visage. Je me détendais pour la première fois depuis ce soir où nous avions du nous séparer, alors qu'elle me fusilla du regard.

« Je n'ai jamais dit que je ne me défendrais pas » déposais-je un bref baiser sur ses lèvres avant de nous relever. « Pas de pitié Swan, parce que j'en aurais pas vis à vis de toi »

« Aucune ? » arqua t-elle un sourcil pour me défier

« Aucune ! »

Si je m'étais mis tout de même quelques limites pendant les heures qui suivirent...elle, n'en avait aucune. Je lui avais tout rappelé de ne pas s'attaquer à ma gueule d'ange, pour que je puisse éviter de m'enfoncer auprès du jury. D'abord timide, au fil des heures, nous avions finis par ne plus contrôler nos gestes. Chaque coup qu'elle me portait était suivi d'un reproche.

Mes faiblesses...

Ma perte de contrôle...

Mes défenses pulvérisées par le regard d'un homme qui avait tout d'un gamin...

Et quand ce fut trop. Quand je ne pus supporter de l'entendre me reprocher presque de souffrir, je finis par ne plus voir en elle ma petite amie, mais simplement un adversaire. Dans un geste incontrôlé, je finis par abattre furieusement ma main contre son visage et l'envoyais valser contre la glace qui longeait le mur derrière elle. Je pris aussitôt conscience de la violence de mon geste, et me précipitais jusqu'à elle pour voir les dégâts, mais elle me repoussa brutalement pour constater sa lèvre entaillée et son arcade enflée.

« Pardonnes moi »

Elle ne me laissa toujours pas m'approcher, et quitta rapidement la pièce.
Furieux de mettre laisser emporter, je cognais mon poing contre la glace qui se brisa.

Ce n'était pas la première fois que je la blessais – certes pas physiquement – et je détestais voir notre relation tourné si vite à l'orage. Savoir que j'avais potentiellement mis entre ses mains le couteau qui lui servira à se tuer si Jesse venait a être déclarer non coupable...c'était au delà de ce que nous avions traversé jusqu'ici. Je refusais que ce procès finissent par faire de nous que des ennemis.

Je décidais finalement de la retrouver. A l'étage, je me perdais aussitôt dans les différentes branches du couloir. Je suivais finalement la voix de Rihanna que je reconnus à travers une chaîne stéréo. Je débouchais enfin sur une immense chambre, aux couleurs reposantes. Un coup d'œil sur ma droite, je fus surpris de voir que nous surplombions la ville illuminée à cette heure ci. Cette résidence isolée de la civilisation et au milieu de la flore très riche était un véritable havre de paix pour nos âmes tourmentées. Je détournais la tête, et fus aussitôt paralysé par la vision angélique du corps nu immergé dans un bain fumant.

Les yeux tachés de son khôl, du sang coulait encore de sa lèvre inférieure esquintée. Cela ne l'empêcha pas de porter à sa bouche, une cigarette à peine entamée. Sa poitrine supportant difficilement son mal être et sa souffrance plus qu'oppressante, j'aurais pu me sentir en colère à la vue du chagrin qui perla le long de sa joue...mais je ne pouvais pas m'empêcher de la trouver plus belle que jamais.

La douleur n'avait jamais été aussi séduisante et délicieuse...

La main dans ma poche, je récupérais mon téléphone et capturais son visage meurtri avant de le jeter sur le lit. Le cœur agité par tant de beauté, j'avançais mécaniquement vers elle. Son regard perdu dans l'eau, elle se contenta de rejeter la fumée de sa cigarette sans relever les yeux vers moi. Conscient qu'elle devait être furieuse de mon geste ou encore de ma perte de contrôle à l'audience, je me déshabillais malgré tout pour la rejoindre dans le bain chaud. Ajustant ses jambes de sorte à me laisser un peu de place, je ramenais ses pieds contre ma poitrine, cherchant chez elle rien qu'une petite réaction...ne serait ce qu'un rejet.

Le buste à demi caché par le bain, je perçus malgré tout son cœur tentait de fuir son âme tourmentée.

Elle n'avait jamais l'air aussi petite, fragile et vulnérable que dans ses silences où seul le son de la douleur était assourdissant.

Je pouvais supporter l'absence. Je pouvais supporter le manque. Les images et la douleur. Je pouvais supporter les cris puis le silence. Je pouvais supporter … puis le néant. Je pouvais supporter une vengeance inassouvie, et la culpabilité. Je pouvais supporter tout ça mais il m'était impossible d'accepter qu'elle puisse subir ce fardeau. Pas elle. Pas à son âge.

Le visage penché en arrière, elle coinça sa cigarette entre ses lèvres pour pouvoir libérer ses cheveux de son énorme chignon.

Elle seule était capable de faire frémir ma queue de ce simple geste...

Ses boucles retombèrent autour de son visage avant qu'elle ne les tire en arrière, comme pour chasser les voix dans sa tête. Je le savais parce que j'avais exactement les mêmes cris qui me hantaient.

Le visage relevé, elle pouffa de rire.

« C'est pas carrément merdique ces chansons sur une prétendue force en nous qui nous oblige à nous relever même dans un foutu champ de guerre » finit-elle par dire

« Chacun ne porte pas le même poids sur les épaules »

« Pourquoi j'ai l'impression alors qu'on nous oblige à nous sortir de ce merdier...Tout ça n'est qu'une putain de perte de temps ! »

« Toi comme moi avons pensé que ta mère et Sarah ont été égoïste d'abandonner, nous ne pouvons simplement pas faire la même chose avec nos familles »

Je n'eus pas le temps de la voir venir, qu'elle m'avait déjà sauté dessus pour m'infliger une gifle monumentale.

« Va te faire foutre Cullen ! » coinça t-elle mon visage dans sa main. « Ce fils de pute a planté dix cinquante trois putain de fois son couteau dans la poitrine de ma mère, je t'interdis de dire qu'elle m'a abandonné, elle a agonisé pendant des heures, elle a lutté pour survivre alors je t'interdis de dire qu'elle m'a abandonné »

Furieux qu'elle ose s'attaquer ainsi à moi, je fus tout aussi brutal en la repoussant violemment de l'autre côté de la baignoire.

« Grande nouvelle Swan ! » criais-je. « Tu n'es pas la seule à avoir vu ce que t'a de plus cher disparaître ! Cet enfoiré a violé Sarah, a posé ses putains de pattes sur le cou de mon fils ! MON FILS ! Mon fils qui a pleuré pendant SEPT putain de minutes avant de céder à ce fils de pute ! »

« Tu sais bien que j'ai toujours pris en compte ta souffrance »

« Non ! »

« J'ai été ta putain d'épaule pendant deux mois ! »

« Va te faire foutre Bella ! Combien de temps encore vas-tu me rappeler sans cesse quelle fille formidable tu as été pendant toutes ces semaines ! J'en peux plus ! Je suis crevé »

« Je suis aussi fatiguée ! »

« C'est bon ! J'ai compris ! »

Je quittais le bain, lassé par cette discussion qui ne menait à rien.

« On devait supporter cette épreuve cet ensemble ! Pas se foutre sur la gueule pour savoir qui souffre le plus de nous ! J'ai merdé aujourd'hui, crois moi tu peux pas savoir à quel point je me sens coupable à l'idée que cet enfoiré s'en sorte grâce à moi...mais quand je t'ai appelé je m'attendais à un peu plus de soutien de la part de ma putain de petite amie ! Cette salope qui m'a juré encore la semaine dernière me soutenir ! Cette salope qui prétendait m'aimer ! Va te faire foutre Swan ! »

Furieux d'avoir pu enfreindre les règles en la contactant, la déception de voir ce nouveau visage antipathique fut déchirant. Je ne tolérais pas cette Bella avide de vengeance, qu'elle en oubliait l'importance de se soutenir à un tel moment.

Rhabillé, je décidais finalement de rejoindre le salon pour tenter de retrouver le calme.

Je détestais cette distance plus qu'irrespirable...

Épuisé, je n'avais pas fermé l'œil depuis que j'avais posé pieds à Phœnix. Des heures de préparation, de yoga pour finalement craquer aux premières heures de ce qui s'annonçait être long et pénible.

Les cris de Sarah ne cessaient de faire écho en moi, et le petit corps de mon bout de chou semblait encore pesé dans mes bras. J'étais éreinté par ce flot constant d'images qui me faisaient saigner les tripes. Les mains tremblantes, je repoussais inlassablement les bienfaits que pourraient avoir juste quelques poussières de cocaïne, ou une injection d'héroïne. Ce procès ne m'était pas seulement à l'épreuve la force que j'avais acquis ces derniers mois, mais aussi et surtout mon abstinence.

J'avais besoin d'oublier, seulement d'oublier quelques heures qui j'étais. Et si j'avais toujours trouver plus de raisons pour ne plus approcher ces anesthésiants, aujourd'hui, la balance penchait fortement de l'autre côté.

Chevauché par un corps, j'ouvrais instantanément les yeux pour apercevoir les prunelles submergées de mon petit bout de femme.

« Je suis une vraie salope n'est ce pas ? »

« Tu as vu ces photos...Jamais je n'aurais pu faire une telle chose »

« Cette petite pute essaiera par tous les moyens de nous faire passer pour le mari indigne, et la tarée bipolaire qui ont assassiné leurs familles pour une question d'honneur ou d'héritage...Elle sait ce qu'il faut faire pour sortir ce qu'il y a de plus noir en nous »

« Je me rattraperais, je te le jure » voulus-je lui promettre encore une fois

Alors que je m'enfonçais dans le canapé, elle se pencha doucement sur mes lèvres.

« Je le sais, je te fais confiance »

Si je m'étais promis de respecter la mémoire de ma femme, et ainsi de me focaliser entièrement sur « Tu ne les entends pas » ramena t-elle ses mains agitées contre ses oreilles. « J'en peux plus de les entendre hurler ! Je peux plus les supporter ! »

elle pendant les mois à venir, en m'interdisant tous contacts physiques trop poussés avec Bella. Je ne pus m'empêcher d'aller caresser ses jambes repliées contre moi, alors que nos souffles se confondaient. Son regard toujours inondé par son chagrin, finit par verser quelques larmes sur ma joue.

« Parles moi bébé »

« Je peux pas » souffla t-elle contre mes lèvres

« A moi, tu le peux...tu as toujours pu » relevais-je les mains pour prendre son visage

Les yeux clos, je la vis longtemps hésiter avant d'aller chercher dans sa poche un flacon orange. Je le récupérais pour découvrir qu'il s'agissait de l'oxycodone qu'elle prenait lorsque sa jambe la faisait souffrir.

C'était aussi l'une des addictions pour lesquelles elle était entrée en cure l'année dernière

« Tu ne les entends pas » ramena t-elle ses mains agitées contre ses oreilles. « J'en peux plus de les entendre hurler ! Je peux plus les supporter ! »

« Bella non ! » l'arrêtais-je conscient de ce qu'elle voulait faire

« Elle...elle n'arrête pas d'hurler, pourquoi elle n'arrête pas d'hurler !...Est ce que tu l'entends ? Dis moi que je ne suis pas folle...je ne suis pas folle ! »

« Je l'entends aussi bébé »

« Pourquoi elle n'arrête pas...je suis fatiguée...je suis fatiguée Edward »

Le cœur broyé par ses suppliques, je la renversais contre le canapé pour capter son regard.

« On ne peut pas bébé, tu sais qu'on ne peut pas »

Mes larmes finalement confondues avec les siennes, je détestais voir agoniser ainsi.

Intolérable...

« Je n'en peux plus Ed...elle n'arrête pas de crier » pleura t-elle plus fort, convulsant contre moi. « Je t'en supplie Edward, dis moi qu'on peut arrêter ça...Dis le moi »

« On s'en sortira ma puce »

« Pas face à lui »

Des dizaines de pièces à conviction et aucune d'elle pourrait certifier que ce fils de pute était bien présent dans nos résidences respectives. Nous reprîmes nos places après cette première coupure et j'affrontais de nouveau le regard perçant et pénétrant de cet enfoiré. La question de l'alibi se posa enfin. Les dates trop éloignées pour qu'il prétende se souvenir de ces deux nuits, son avocate avait enquêté et fini par découvrir que ce fils de pute s'était trouvé à deux fêtes étudiantes. Si Calvin avait tant bien que mal essayé de démonter son alibi, le coup de massue fut donné par l'avocate de ce chien, qui fit apparaître sur l'écran plasma, plusieurs photos qui prouvaient à plusieurs heures de la nuit qu'il se trouvait bien aux côtés de différents étudiants comme lui lors de ces beuveries.

« Je veux juste les faire taire...juste aujourd'hui, juste quelques heures »

Je n'étais pas aussi fort que je le croyais.

Elle n'avait qu'à demander et j'étais certain de lui apporter ce qu'elle voulait.

Parce que j'étais incapable de supporter sa détresse assourdissante...
Parce que j'étais incapable de la voir agoniser ainsi...

J'allais récupérer le flacon rejeté à terre, pour éparpiller les pilules sur la table basse. Je me relevais pour aller chercher une des bières restées dans la salle de sport.

« Qu'est ce que tu fais ? »

Relevée, Bella se posa près de moi alors que j'écrasais les cachets avec la bouteille pour en faire une poudre fine.

« Inhalé, les effets seront semblables à l'héroïne » dis-je, alors que tout bon sens m'avait quitté

Je retrouvais mécaniquement ses gestes que j'avais mis tant de temps à me débarrasser. Séparé par l'une de mes cartes de crédits en deux lignes, Bella se pencha aussitôt pour respirer la première, je l'imitais après qu'elle soit jeté sur le canapé.

« Masen, je te parle » m'extirpa t-elle de mes pensées, en venant me chevaucher. « Redescends » esquissa t-elle un sourire. « A quoi tu penses ? »

Lévitant sur son lit incroyablement confortable, je cramais la dernière cigarette de mon paquet alors que ma belle se dandinait sur du vieux rock. Ses jambes galbées à demi-cachée par son sweat trop large était sans doute ce qu'elle devait assurer auprès d'une compagnie d'assurance. C'était la plus belle paire de gambettes que j'avais vu de toute ma vie.

« A quel point ma petite amie est chaude dans mon sweat »

« Est-ce que toi aussi tu penses que nos parties de baises sont toujours meilleures quand on se défonce ? »

« Est-ce que c'est ce que tu penses ? »

Perplexe, elle se redressa pour se débarrasser sans pudeur son sweat qu'elle jeta au pieds du lit. Ma cigarette coincé entre mes lèvres, j'allais instinctivement défaire mon jean pour découvrir ma queue raide.

« T'es nettement plus performant défoncé » se moqua t-elle en frottant son clitoris contre moi

Fasciné par les boutons roses de sa poitrine ronde, j'allais en titiller le bout alors qu'elle me parlait d'une étude sur la désinhibition.

Drogue ou pas, je la baisais toujours comme je le voulais. Le sexe avait une autre dimension avec elle. Bella n'était pas sexy, elle n'était pas juste bonne à tirer, elle faisait du sexe un besoin primaire. Un véritable purgatoire pour l'âme sombre que je traînais, m'exorcisant de mes démons.

Ma cigarette entièrement consumée, je la jetais dans l'une des bières vides pour que mes mains aillent trouver son cul charnu.

Ce corps était sans doute la plus belle création divine !

Son souffle heurté par les frictions dont j'accentuais doucement l'intensité, elle dégagea brutalement mes mains de ses fesses, pour guider doucement ma queue en elle.

J'aurais pu jouir en observant le plaisir la faire couiner et grimacer !

Un bras replié sous ma tête, je caressais sa jambe repliée pour la réconforter du plaisir douloureux que je lui infligeais.

Instinctivement, son souffle fut plus erratique, et mes pulsations plus frénétiques.

« Je devrais te haïr pour te désirer autant »

« Je convoite ce qui me plaît, peu importe qui le possède »

« Je ne suis pas ce que tu crois »

« Tu es exactement ce que je crois, pleures tant que tu veux ta femme, je sais chaque nuit qui tu désires baiser...Sarah possède ton amour, mais je suis responsable de chacun de tes fantasmes, chacune de tes érections » passa t-elle une main entre nous pour caresser la bosse sous mon jean.

Je ne pus me retenir de gémir, profondément enfouie en elle. Ses lèvres entre-ouvertes, elle supporta mal le plaisir qui semblait consumer lentement chaque partie d'elle. Nos lèvres se frôlaient et j'étais certain de pouvoir mourir tant mon cœur battait si vite dans ma poitrine.

« Bells » la suppliais-je de me baiser plus vite

« Dis moi à quel point tu me veux ? »

Mes mains vinrent immédiatement crocheter ses mains, pour renverser nos places. Entre ses jambes que je repliais contre elle, j'allais aussitôt la réinvestir, les yeux rivés sur son antre qui m'embrassait si bien la queue.

« Edward » arqua t-elle son corps sous le mien

« Tu me rends monstrueux aux yeux de Sarah...Pourquoi tu fais ça ? »

« Je veux qu'en me baisant, tu oublies que tu as été marié, je veux être la seule, je ne veux plus que tu la regrette, je veux que tu jouisses en moi chaque putain de nuit, en te disant que je suis et je resterais le meilleur coup de ta vie, je veux que tu ne puisses plus te passer de moi »

« Va te faire foutre »

« Je veux que Sarah voit le putain d'enculé que tu es...Regardes toi ! Tu n'es même pas capable de garder ta queue dans ton jean alors que tu devrais te battre pour lui rendre justice !...Elle n'est partie que depuis à peine trois ans, et tu trouves le moyen de baiser une de tes anciennes élèves »

Fou de rage qu'elle puisse ainsi dénigrer, j'allais enlacer brutalement son cou et la baiser comme un putain de connard qui s'arrêta quelques minutes avant qu'elle n'atteigne l'orgasme.

Cette petite pute était carrément en train de pleurnicher !

Malgré la douleur de mettre arrêter juste avant de jouir en elle, j'allais sur le balcon pour griller une cigarette que je volais dans son paquet.

Fier de la voir venir me chevaucher tel un chaton, j'appréciais de nouveau voir ma queue disparaître entre ses jambes.

Rien ne valait que je m'abstienne de la baiser, pas même pour respecter la mémoire de ma femme !

« Est-ce que tu baisais aussi bien Sarah ? » me demanda t-elle en grimaçant

Je ne répondis pas tout de suite, focalisé sur le plaisir que me procurer son corps qui enlaçait fermement le mien, la façon dont ses seins avaient de s'agiter, dont ses cheveux avaient de tomber sur son visage transpirants.

« Sarah était une salope frigide, qui se contentait d'écarter les jambes » soufflais-je entre ses seins

Elle se contracta aussitôt durement autour de moi, et j'enfonçais mes doigts dans ses hanches alors que je me libérais en elle.

Haletante, elle vint se reposer contre mon épaule. Je décidais de nous ramener sur le lit bien plus confortable.

« Est-ce que tu m'aimes plus que Sarah ? »

« Bien plus que ce tu penses » dis-je seulement avant de lui soutirer un long baiser

Un sourire sur les lèvres, elle se releva pour nous offrir une seconde ligne.

Je vais mourir !

De la bave de sangsue dans la bouche, je crois que j'ai servi de joujou sexuel à une ours ou un dragon. Constatant que je n'étais pas dans ma chambre d'hôtel, il me fut un certain moment pour réaliser que j'étais dans ce palace digne de ce reality show sur ces pétasses aux maris friqués.

Bella semblait avoir survécu, absente à mes côtés.

A moins qu'elle gisait quelque part dans ce château !

Une enclume à la place du crâne, je me relevais lentement pour poser un pieds à terre.

Depuis quand ne supportais-je plus quelques bières ?

Me retrouver debout sonna comme une première victoire. Je surpassais quelques vertiges avant de rejoindre tel un astronaute sur la lune la salle de bains, où je découvrir avec stupeur les hématomes qui tatouaient mon torse.

L'a partie de jambes en l'air avec l'ours semblait de plus en plus probable !

Je me glissais finalement le long de la parois de la grande douche pour me réveiller en douceur. L'esprit brumeux, je finis par me souvenir des évènements de la veille. J'avais deux jours pour retrouver la force d'affronter calmement cet enculé, sans avoir à regretter de le libérer.

L'eau devint froide, et je tentais une seconde fois l'exploit de me relever. Enroulé dans une des serviettes chaudes, je m'arrêtais un instant devant la vue stupéfiante.

Cet endroit était un véritable port du bonheur !

Contrôlant toujours les balancements de l'enclume, je descendais lentement les escaliers, chinant contre le fait que ce palace ne possède pas d'ascenseur. Ne sachant si je devais me rendre à gauche ou à droite, c'est la voix grave des journaux télévisés qui me décida. Je retrouvais enfin Bella dans la cuisine, alors qu'elle préparait le petit déjeuner, dos à moi. J'espérais qu'elle ne m'en veuille de la rejoindre pour l'embrasser.

Elle se trouvait beaucoup trop loin et la chaise près de l'îlot central bien plus près !

Consciente de ma présence, je la découvrais avec ces Ray-Bans sur le nez, la mine fatiguée mais surtout très dure. Mon corps se crispa en constatant les dégâts que j'avais causé la veille, en m'attaquant involontairement à son visage.

« Bonjour » tentais-je timidement

Elle ne répondit pas, se contenta seulement de me servir des pancakes.

Elle m'en voulait encore !

Et ça devenait plus que blessant de supporter ces prunelles glacées qu'elle ne me cacha plus.

« Éteins ce truc s'il te plaît » lui demandais-je, agacé par la voix du journaliste qui commentait inlassablement ma première audience

Elle obéit rapidement, avant de reprendre sa vaisselle.

Son silence plus qu'irritable, elle se tourna avant que je n'ai pu le briser. Elle quitta un instant la pièce pour revenir avec quelques papiers et son portable. Elle ne me regarda toujours pas alors qu'elle balançait jusqu'à moi ce qui semblait être un billet d'avion.

Un aller pour Phœnix !

« Les autres vont s'inquiéter, on est pas loin de l'aéroport donc tu pourras t'y rendre dans une vingtaine de minutes »

Surpris qu'elle m'en veuille au point de me chasser aussi vite, je finis par exploser.

« J'arrive pas à croire que je t'ai attendu six putains de moi, que je n'ai cessé de te rassurer et de te détendre avant ce putain de procès...Et maintenant tu joues les putains glaciales ! »

Elle me fit taire en balançant une seconde fois son portable, prêt à mettre en route une vidéo.

Pétrifié par l'image de nos visages sniffant ce qui semblait être de

« C'était mes dernières pilules d'oxycodone qui restait de mon traitement » me rassura t-elle partiellement

Ça ne pouvait pas être vrai !

On ne pouvait pas...pas maintenant...pas alors qu'on s'est battus des mois pour se débarrasser de ces merdes !

« Ce soir, je réintégrerais le centre psychiatrique » m'informa t-elle gravement.

« Ça nuira à ton témoignage »

« Pas plus que ce que tu as fait hier » me piqua t-elle. « Je ne veux aucun contact jusqu'à la fin du procès »

« Bien » acceptais-je, abasourdi par son ton froid et cette distance insoutenable

Je ne la supplierais pas alors qu'elle agit si implacablement !

« Je ne romps pas avec toi, seulement pour le moment, j'ai besoin de me concentrer sur les semaines à venir...mais si à l'issue du procès, Jesse venait à être innocenter...je serais obligée de te sortir de ma vie, je ne pourrais pas supporter de te voir en sachant qu'il se trouve dehors en partie par ta faute »