Chapitre 25 - Premier vrai rendez-vous

Rosie et Sirius s'étaient donnés rendez-vous derrière les serres de Poudlard. Les serres étaient rarement fréquentés pendant les week-ends. Néanmoins, avant d'y aller, Sirius jeta un rapide coup d'œil sur la carte du Maraudeur. On n'était jamais trop prudent.

Il retrouva Rosie en train de reprendre son souffle contre un arbre après sa course effrénée. Quand elle entendit des pas derrière elle, elle se retourna et vit Sirius. Celui-ci avait un grand sourire sur les lèvres. Elle lui sourit en retour et se jeta dans ses bras. Ils s'embrassèrent longuement.

- Ça a fonctionné, Sirius ! s'écria Rosie finalement.

- Oui, il était vert ! dit Sirius, en pouffant de rire.

- Mais comment tu as fait pour l'attirer dans cette ruelle ?

- Attends, je vais t'expliquer !

Il lui raconta tout, en omettant bien sûr le passage où il s'était caressé la poitrine. Rosie était mi-amusée, mi-écœurée. Comment Sirius avait-il pu jouer le rôle d'une fille, sans que cela ne le gêne outre mesure ?

- J'ai immédiatement senti que je lui faisais de l'effet, continua-t-il se rappelant avec ravissement l'attitude d'Abel Nott. Il n'a sûrement jamais été dragué de cette manière ! Tu aurais dû voir sa tête quand il regardait mes seins ! C'est un vrai pervers, tu sais ! Heureusement que tu ne vas plus te marier avec lui !

Il éclata de rire. Rosie rit aussi mais avec un peu moins d'enthousiasme que Sirius. Elle avait quand même un peu de peine pour Abel qui avait toujours été correct avec elle. De plus, leur plan n'était pas encore terminé puisque maintenant elle devait écrire à sa mère et la convaincre qu'un mariage avec Abel Nott serait une très mauvaise idée. Elle avait déjà préparé un brouillon et le sortit. Elle le tendit à Sirius pour qu'il le lise.

- Tu crois que ça va fonctionner avec ça ? demanda-t-elle.

Il le lut attentivement, puis, lui fit quelques commentaires.

- Tu devrais mettre un peu plus de détails comme "je l'ai vue caresser ses seins" ? Ou quelque chose de vraiment choquant !

- Oui, mais quand même… hésita-t-elle, rougissant.

- Ne t'inquiète pas ! dit Sirius comprenant l'attitude de Rosie. Passe moi une plume, je vais écrire les passages qui devraient être détaillés, puis tu recopieras.

Il prit quelques minutes avant de lui rendre le parchemin complètement raturé. Rosie le relut.

"Ma très chère mère,

Je vous écris aujourd'hui car je viens de vivre le jour le plus déshonorant de toute ma vie.

Comme vous le savez, j'avais donné rendez-vous à Abel Nott à Pré-au-Lard ce matin. Il n'était pas encore là quand je suis arrivée. Au bout d'un certain temps, je me suis inquiétée et j'ai commencé à le chercher dans le village sorcier, peut-être avais-je mal compris où nous devions nous retrouver et m'attendait-il dans un autre lieu ?

Ma surprise et surtout mon écœurement furent grands lorsque je l'ai vu dans les bras d'une autre fille. Abel et la jeune fille s'étaient cachées dans une ruelle sombre mais j'ai pu clairement voir ce qu'il lui faisait. Je vous prie d'excuser par avance mon langage cru mais il faut que je vous relate très exactement ce que j'ai vu pour que vous compreniez la situation. Abel Nott était en train de caresser les seins nus de la jeune fille. Et d'après son visage, il y prenait beaucoup de plaisir. Je suis restée choquée pendant quelques instants, puis, me suis enfuie. Il m'a courue après et il a osé prétexter qu'il n'y était pour rien, que la fille l'avait forcée. Mais les faits sont bien là, je l'ai bien vu dans les bras de cette fille. En tant qu'adulte et sorcier, si la jeune fille l'avait réellement piégée, il aurait pu tout à fait la repousser mais il ne l'a pas fait. Il l'a caressée... et sous mes yeux… en plein milieu des rues de Pré-au-Lard !

Mère, je n'ai pas de mots pour exprimer mon désespoir ! Comment a-t-il pu me faire cela ? J'avais déjà quelques doutes à Noël sur la sincérité d'Abel Nott, mais avec ce que je viens de voir, je ne peux plus lui faire confiance. Nous ne sommes pas encore mariés et il se comporte déjà comme cela ! Je ne peux pas l'accepter !

J'ai donc mis fin à notre relation car je ne peux pas me marier avec un homme qui m'a autant humiliée ! Qui peut se permettre d'agir avec autant de légèreté ? Non, vraiment, je ne peux pas être avec un homme tel que lui.

J'espère que vous me comprendrez et surtout, que vous cautionnerez ma décision. J'attends votre hibou.

Bien à vous,

Votre fille, Rosamund"

- Tu trouves que je n'en fais pas trop ? demanda encore Rosie.

- Non, ça ira comme ça ! affirma Sirius. Il faut que tu sois ferme et lui démontres que c'est un homme qui n'est pas digne de toi !

Rosie soupira, puis, sortit un parchemin vierge pour recopier le brouillon. Quand elle eut fini, elle rangea le parchemin pour l'envoyer un peu plus tard dans la journée. Elle savait qu'ils avaient mis en marche un plan qu'ils ne pouvaient plus arrêter. Tout ça pour leur amour !

Elle inspira profondément et regarda Sirius dans les yeux. C'était pour lui qu'elle faisait tout ça ! Son cœur se serra ! Et s'il me quittait ? S'il se rendait compte qu'il ne m'aimait pas ? Rosie n'avait pas vraiment confiance en elle. Le Gryffondor dut sentir le combat intérieur que menait sa petite amie car il s'approcha d'elle et la prit dans ses bras.

- Tout va bien se passer ! Ne t'inquiète pas ! la rassura-t-il. Je suis là.

Rosie ne répondit pas. Elle le serra juste encore plus fort. Ils s'embrassèrent encore. Au bout de quelques minutes, elle releva la tête vers Sirius.

- J'ai un cadeau pour toi, lui dit-elle en souriant.

- Vraiment ? Tu n'aurais pas dû ! s'écria-t-il surpris.

Elle fouilla dans son sac et sortit une boite en velours noir.

- Tiens !

Sirius prit la boîte dans ses mains et l'observa. Il ne savait trop quoi dire, il n'avait pas l'habitude qu'on lui fasse des cadeaux.

- Vas-y, ouvre ! insista Rosie. Ça ne va pas te manger ?

Il l'ouvrit et découvrit une chaîne en or. Il l'admira.

- Merci ! dit-il, légèrement ému. Tu n'aurais pas dû !

- Non, de rien ! J'avais envie que tu portes quelque chose qui vienne de moi. Elle te plait au moins ?

- Oui, beaucoup !

Sirius tenta d'ouvrir le crochet mais n'y arriva pas. Rosie prit la chaîne de ses mains, ouvrit le loquet et mit le bijou autour de son cou. Le jeune homme avait légèrement ouvert sa chemise et Rosie put admirer le scintillement de la chaîne sur sa clavicule. Cela lui allait à ravir. Sirius la prit dans ses bras à nouveau et l'embrassa doucement.

- Et si tu m'invitais dans ta chambre ? demanda-t-il en chuchotant.

Le ventre de Rosie se noua. Son cœur palpita. Elle n'était pas prête pour cette question.

- Euh ? Maintenant ? s'exclama-t-elle, l'air indécis.

- C'est le meilleur moment ! Lily est avec James à Pré-au-Lard, ils ne reviendront pas avant des heures et tu as tout l'appartement pour toi !

Rosie blêmit.

- Je ne sais pas, je… bredouilla-t-elle.

- Ne t'en fais pas, lui dit-il. On n'est pas obligés de faire quoi que ce soit. C'est juste que j'aimerais bien être avec toi sans avoir à me cacher tout le temps. On n'a jamais eu plusieurs heures juste pour nous.

Sirius avait raison. Elle réfléchit quelques secondes, puis accepta en hochant la tête. Le visage de Sirius était lumineux.

- Va dans ta chambre la première. Je te rejoindrai dans dix minutes !

Rosie l'écouta et s'en alla vers son appartement, le cœur palpitant. Elle allait se retrouver seule avec Sirius. Elle savait qu'il tiendrait parole et qu'il ne lui ferait rien si elle n'en avait pas envie. Mais finalement, de quoi avait-elle envie ? Elle savait que certains élèves de son âge avait déjà franchi le pas. Evans et Potter en étaient les plus grands exemples. Rosie en avait eu un léger aperçu.

Elle ne voulait pas paraître vieux-jeu devant Sirius mais dans son imagination, elle pensait qu'elle devrait plutôt se marier avant de passer le cap. Néanmoins, si elle disait cela au garçon qu'elle aimait, peut-être la rejetterait-il ? S'il était déçu, il voudrait sûrement se trouver une fille plus intéressante et surtout plus "ouverte" pour ce genre de choses. Elle savait qu'il avait beaucoup de succès, il pourrait facilement sortir avec une autre. Elle était sûre que beaucoup se damneraient pour offrir leur corps à Sirius Black.

Elle arriva enfin devant son appartement et ouvrit sa porte. Elle décida de boire un verre d'eau et d'attendre sur le canapé. Elle était encore plus stressée que lorsqu'elle avait trouvé Abel Nott dans les bras de la fausse Mingletown. Son cœur battait à tout rompre. Elle reprit une gorgée d'eau, vit sa main tremblée, et s'enjoignit à rester calme, sans y parvenir.

Au bout de quelques minutes, cependant, elle sentit le parchemin contre sa poitrine se réchauffer. Elle le prit et lut.

"Je suis là."

Rosie respira profondément et alla ouvrir à Sirius. Celui-ci se tenait contre le chambranle de la porte et la regardait avec un air malicieux. Par Merlin, qu'il est beau ! ne put-elle s'empêcher de penser.

- Entre ! dit-elle, embarrassée.

Il lui fit un large sourire et entra dans l'appartement des deux préfètes en chef. Il admira les lieux, faisant quelques pas dans le salon.

- Je n'ai que du thé à te proposer, lui dit Rosie. Désolée !

- Ne t'inquiète pas ! s'écria-t-il. J'ai pensé à tout !

Et il sortit de son sac une grande bièraubeurre, des sandwichs emballés ainsi qu'une tarte aux pommes.

- Juste avant de venir, je suis passé par les cuisines des elfes de maison et ils m'ont donné de la nourriture. La bièraubeurre, je la gardais pour une occasion !

- Tu es vraiment plein de surprises, Sirius Black ! s'exclama-t-elle, en lui faisant un bisou sur la joue.

- Et si tu me montrais ta chambre ? proposa-t-il. On pourrait pique-niquer sur ton lit ?

- C'est tellement romantique !

Rosie pouffa de rire. Elle l'emmena dans sa chambre où ils s'installèrent sur le grand lit à baldaquin. Elle y déposa une grande nappe et proposa à Sirius de s'asseoir. Ce dernier sortit deux grands verres et les remplit de bièraubeurre.

- A Abel Nott ! lança Sirius en levant son verre.

- Quoi ? Non, pas à lui !

- Mais si ! Je trouve qu'il mérite qu'on trinque en son honneur ! Il va devoir passer la Saint Valentin tout seul, la queue entre les jambes !

- Sirius ! l'apostropha Rosie.

- Si on ne peut plus rien dire…

- Trinque pour qui tu veux ! Moi, je trinque pour nous et pour cette belle journée !

Sirius sourit et ils firent s'entrechoquer leur verre avant de boire. Puis, ils mangèrent tranquillement tout en ressassant les événements passés. Le repas fut très plaisant et Rosie se détendit enfin. Quand, enfin, ils furent repus, Rosie retira la nappe et vit Sirius se coucher sur son lit en enlevant ses chaussures.

- Mais que fais-tu ? lui demanda-t-elle.

- Je fais une sieste ! répondit-il, un bras sous sa tête. J'ai vraiment trop mangé !

- Tu n'aurais pas dû reprendre une troisième part de tarte !

- Mais elle était tellement bonne.

Rosie décida de se placer à côté de Sirius, la tête tournée vers lui. Il se tourna également vers elle et lui caressa la joue. Puis, il se rapprocha et commença à l'embrasser. Sentant son baiser plus passionné et sa main libre lui caresser le ventre pour remonter petit à petit vers sa poitrine, Rosie ne put s'empêcher de l'arrêter.

- Sirius ! s'écria-t-elle. Euh… je ne suis pas sûre de vouloir aller plus loin… enfin pour l'instant.

- Tu veux dire, pas plus loin que nos baisers ? lui demanda Sirius, légèrement inquiet.

- Si, peut-être un peu plus loin, mais… je… ne suis jamais sortie avec un garçon avant toi… je ne veux pas… aller trop vite…

Rosie était inquiète. Elle lui avait finalement dit ce qu'elle pensait. Qu'allait-il arriver ? Elle releva la tête et vit qu'il lui souriait ce qui la rassura.

- Je t'ai dit qu'on n'était pas obligés de faire quoi que ce soit ! Cela me va de prendre notre temps ! Allons-y petit à petit !

Rosie hocha la tête et se pencha vers Sirius pour continuer à l'embrasser. Au bout de quelques minutes, sentant son corps en demander plus, elle prit la main de Sirius et tout en le regardant, la déposa sur un de ses seins. Ce dernier commença à le caresser tout en poursuivant son baiser.

Finalement, ils firent quand même une petite sieste sur le lit de Rosie. Ils étaient tous les deux fatigués, s'étant couchés très tard la veille et n'ayant pas fait une longue nuit. Rosie se réveilla la première et vit Sirius endormi à ses côtés. Combien de temps avaient-ils dormi ? Elle regarda par la fenêtre de sa chambre et vit que le soleil n'était plus très haut dans le ciel. Peut-être était-il 16 ou 17h ? Il était temps qu'ils se quittent. Les élèves allaient revenir de Pré-au-Lard dont Evans et elle ne voulait pas qu'elle trouve Sirius dans l'appartement. Elle se rapprocha de lui et le réveilla doucement. Il gémit au début voulant prolonger sa sieste mais à force de caresses et de baisers sur le visage, il ouvrit les yeux.

- Il faut que tu t'en ailles, Sirius, lui dit Rosie. Il est tard.

- Quelle heure ?

- Je ne sais pas, 16 ou 17h, peut-être ?

- D'accord mais seulement si tu m'embrasses une dernière fois !

Elle se pencha vers lui et lui donna ce qu'il voulait.

Ensuite, ils rajustèrent leurs vêtements, remirent leurs chaussures et rangèrent la nappe et les restes de leur repas dans le sac de Sirius. Ils avaient passé un très bon moment, très intime tout en étant "politiquement correct" et ils se sentaient plus proches l'un de l'autre.

Ce fut donc avec insouciance qu'ils sortirent de la chambre de Rosie sans penser à jeter un coup d'œil sur la carte du Maraudeur. Ils se tenaient par la main et avancèrent dans le salon mais s'arrêtèrent net.

James Potter et Lily Evans étaient en train de s'embrasser sur le canapé. Attirés par le bruit que firent les deux amoureux en sortant, Potter releva la tête et fut tout aussi surpris que les deux personnes qui les dévisageaient, lui et sa petite amie. Evans se retourna également étonnée par le regard ébahi de son amant.

Sirius se tenait debout et les dévisageait. Il tenait une fille par la main. Mais quelle fille ! Pas n'importe laquelle : une Serpentard, et de surcroît, la solitaire, arrogante et sang-pure, Rosamund Greengrass.