Par cette soirée inspirante, j'ai décidé de vous livrer mon dernier chapitre écrit. Il y en aura un autre, je sais pas quand (désolée). Je vous ai encore fait attendre longtemps, mais j'ai toujours besoin de temps pour écrire. Parfois ça vient naturellement (la musique y est pour beaucoup aussi), et parfois c'est la page blanche. Mais voici un nouveau chapitre qui j'espère vous plaira.
Merci ENORMEMENT de me suivre encore et toujours, c'est impressionnant d'avoir encore des lectrices après tout ce temps !
Bisous !
"L'espoir est une étrange chose à plumes qui se pense dans notre âme, chante des chansons sans paroles, et ne s'arrête jamais." Emily Dickinson.
"La vengeance est une justice sauvage." Francis Bacon.
"Veuillez vous levez à l'entrée du juge Jefferson"
Coincée entre mon avocate et Edward, j'ignorais les paroles du policier, trop concentrée par ce qui se passait en moi. Ou plutôt l'absence de tout ce que je devrais ressentir à cet instant. Le jury s'apprêtait à donner son verdict après plusieurs heures de concertation.
Où étais le stress ? les tremblements ? les palpitations cardiaques ? Pourquoi n'arrivais-je pas à cerner ce qui se passait réellement à l'intérieur ? Pourquoi avais-je tant de mal à comprendre cette absence de sentiment ?
Le poignard qui était coincé dans le coeur et qui m'empêchait jusqu'à ce jour de respirer correctement, était toujours là. Il n'était pas plus lourd que d'habitude, malgré les dégâts causés depuis tout ce temps. Près de moi, je sentais toute la tension qui animait Edward. Il était nerveux, pressé. Pressé d'en finir ? Est ce que le jury rendra un jugement en notre faveur ? Et si c'était le cas ? Est ce qu'on pourrait enfin vivre une nouvelle vie ?...C'était tellement stupide. Comme si de simples mots pouvaient effacer notre enfer, nous extorquer de tous nos souvenirs pour nous donner un nouvel élan. Et pourquoi pas ? Nous serions enfin vengés. N'est ce pas ce que nous voulions ? Bien sûr que si, j'avais attendu ce moment depuis tellement longtemps. Un "non coupable" n'était pas envisageable. Malgré des mois de procès, de doutes et de confusions, je savais que Jesse serait déclaré coupable. C'était inévitable. Pas après l'étalage de ces nuits d'enfer. Les yeux rivés vers Jesse, j'attendais patiemment que le jury adresse son verdict. Je scrutais chacun de ses mouvements faciales. Fascinée par le stress feint par cet enculé. Je connaissais le monstre qui se cachait sous ce visage angélique. J'étais presque admirative d'une telle contenance. Comment pouvait-on taire, masquer une âme aussi noire ? J'étais sur que l'immensité de mon chagrin pouvait égaler la noirceur de son âme. Pourtant il avait tant de facilité de passer d'un personnage à un autre.
J'espérais juste que le jury soit aussi clairvoyant que moi...
"Est ce que tous les membres du jury en sont venus à un verdict ?" questionna gravement le juge
"Oui, monsieur le juge" répondit une vieille femme, considérée comme le porte parole de l'ensemble du jury
"Pour le premier chef d'inculpation de meurtre au premier degré avec acte de barbarie sur Erin Wookid, sa mère Jeanne Loan, et les enfants Wookid ?"
"Nous déclarons Jesse McDonald coupable"
"Pour le second chef d'inculpation de meurtre au premier degré avec acte de barbarie sur Sarah Masen et son fils Anthony Edward Masen ?"
"Nous déclarons Jesse McDonald coupable"
"Pour le troisième chef d'inculpation de meurtre au premier degré avec acte de barbarie sur Phil Dywer et sa femme Renée Dywer ?"
"Nous déclarons Jesse McDonald coupable"
Exclue de la tension qui régnait sur la salle d'audience, je sentis malgré tout le soulagement des gens, d'Edward, mon père et tous les autres. Je ne comprenais pas ce qui se passait. Le poignard était toujours fermement coincé ! Non ! Pourquoi moi aussi je n'avais pas le droit à l'explosion du soulagement ? Pourquoi n'y avais-je pas droit ? Allo ?! Pourquoi je n'arrivais pas à associer la décision du jury à une quelconque réaction physiologique qui serait similaire à du soulagement !
OH ! Il allait pourrir en prison !
Paniquée à l'idée de ne rien ressentir, je luttais pour ne pas laisser échapper un cri de douleur. Confuse par mon corps qui me trahissait, je m'échappais des bras qui voulurent me réconforter pour quitter à la hâte le tribunal et rejoindre ma voiture. Traversant la horde de journaliste grâce à mes gardes du corps très réactifs, je m'engouffrais dans ma voiture, soufflant au chauffeur de partir. Teddy réussit à se jeter à mes côtés, avant que la voiture n'ait pu démarrer.
"Bells" m'appela t-il doucement
"Je ne ressens rien Teddy, pourquoi je suis pas soulagée que ce connard soit en prison ?"
Teddy avait toujours réponse à tout, j'espérais du regard qu'il puisse m'apporter une réponse concrète.
"Je sais pas chérie" fit il doucement, triste et...résigné
Les doigts crochetés aux sièges en cuir, ma cage thoracique se resserra soudainement sur mes poumons. Je n'arrivais plus à respirer correctement. Et les larmes vinrent enfin, à flots, intensifiant mon manque d'air.
Le chagrin…
Malgré la décision libératrice du jury, le chagrin pesa une fois de plus sur ma poitrine. Et je compris instantanément, la détonation tardive de mes émotions.
"Elle est morte Teddy, elle...elle...elle est vraiment morte !" suffoquais-je
Elle était définitivement partie. Et tout cet enfer était réel.
Le chagrin explosa. Fort et bruyant. J'hurlais de tout mon soul. Autant que je le pouvais. Mais ça ne suffit pas. Des milliers d'explosions suivirent, comme un chant de mine traversé par un éléphant. Je n'en pouvais plus. Mon coeur battait trop fort, et je n'avais rien pour le supporter.
De retour à la clinique psychiatrique, j'avais demandé à l'un des infirmiers de me laisser une heure ou deux près de l'arbre en face de l'étang. On m'avait sédaté à mon retour du tribunal pour étouffer mon chagrin. A cet instant, alors que je marchais vers l'étang, j'avais la sensation de marcher dans une espèce de brouillard. Arrivée, je me posais sur la pelouse et m'adossais à l'arbre avant d'allumer une cigarette.
Je ne suis pas bête. Je n'ai jamais eu la stupidité de croire que mon boulet de chagrin disparaîtrait, serait moins lourd si on enfermerait l'assassin de mes parents. C'est juste que parfois on se laisse faire par l'espoir, on se laisse tromper. On espère, un petit peu, puis chaque jour un peu plus fort que tout ne tient qu'à ça. Je réalise en fait qu'il ne se passera pas un jour sans que son absence m'explose à la gueule. Je réalise que je ne cesse d'attendre ce jour où le chagrin sera plus supportable, que seul les quelques jours qui précèdent la date de sa mort seront difficile et pas tous les jours de l'année. Peut être que j'étais trop jeune ou trop têtue, mais je restais convaincue que mes nuits seront toujours hantées par mes cauchemars, que je ne pourrais jouir d'un réel silence toujours perturbée par les cris et la douleur. Et lorsque le jour se réveille, et qu'il m'offre ses plus beaux rayons de soleil, et qu'il m'arrive d'oublier ce qu'il s'est passait alors mon esprit s'assure que tous les souvenirs reviennent, brutalement et clairement. Le son et l'image. Le vide fait partie de moi. Je suis éteinte, morte avec elle. Je ne vis pas, plus rien n'est et ne sera pareil. Elle n'est plus là, et je ne cesse de me demander la vie que j'aurais pu avoir si elle était toujours là.
Quand Edward ne suffira plus pour que je sois heureuse, je la rejoindrais aussitôt.
Aussitôt.
Quelques mois plus tard...
La pièce embuée à cause de l'eau chaude qui coulait dans la baignoire, j'ouvrais le balcon pour évacuer les vapeurs. Le soleil envoyait déjà des rayons brûlants. J'avais attendu cet instant depuis des semaines. Depuis la toute première seconde où Edward avait évoqué l'idée en fait. Je récupérais la télécommande posée sur la table de chevet dans ma chambre, avant d'aller tirer le bras télescopique qui maintenait le grand écran plasma.
C'était parfait !
La chambre communiquait avec la salle de bains, de sorte à ce que les deux forment presque une seule et même pièce. Tout devait être parfait.
J'en avais des papillons dans le ventre…
Presque prête, j'allais chercher mes cigarettes et mon briquet sur la table de chevet pour enfin aller m'installer dans mon bain. Je quittais mon peignoir, et glissais doucement dans l'eau chaude et parfumée. Je relevais mes cheveux dans un haut chignon.
Rien ne devait gâcher le moment…
J'allumais ensuite une cigarette, pour finir par allumer l'écran et chercher le fichier déplacé sur la clé USB que j'avais branché sur la télé la veille. Quelques clics plus tard, je vis apparaître le visage de mon ange.
"Bonjour chérie" dit enjoué mon amoureux. Je souriais à son sourire en coin. Malgré les conditions dans lesquelles il devait vivre en ce moment, il était encore plus beau. "Avant tout, bon anniversaire mon amour, 21 ans...je crois que maintenant je peux te baiser dans tous les états de ce pays, en toute légalité" déclara t-il avec sourire. J'éclatais de rire à sa remarque. Il me manquait tellement. Trois mois qu'on étaient séparés, et il ne passait pas un jour sans que mon esprit se demande si il était en sécurité, ou du moins pas ennuyé par ses camarades de chambre. Soudain, mon coeur battit plus fort lorsque j'entendis qu'il n'était pas seul. Il se filmait sans doute avec le téléphone que je lui avais acheté et donné avec la complicité de ses gardiens. Mais j'avais du mal à savoir d'où il se filmait. Sur la vidéo, on ne percevait que les murs de bétons gris. "Comme tu le sais, j'ai beaucoup travaillé pour obtenir ton cadeau d'anniversaire"
Il y a quatre mois, quand Edward m'avait parlé de cette idée complètement absurde et dingue, je n'ai rien dit pendant une heure au moins. Choquée qu'une idée pareille lui ai traversé l'esprit, mon visage devait se trouver dans une espèce de paralysie faciale. Je n'étais pas seulement choquée par l'idée qui avait certainement germé depuis un bout de temps, mais par ce dont il était capable simplement par amour. Bien sûr qu'il y avait une idée de vengeance là dessous. C'était certainement même le but premier de sa pensée, mais la manière dont il m'avait exposé tout ce qu'il avait en tête. C'était me dire, jusqu'où il était prêt à aller pour assouvir mes désirs les plus noirs.
"Alors avant de te l'offrir, regarde avec moi tous les accessoires que j'ai pu avoir juste pour que ce soit comme tu voulais"
Je coinçais ma cigarette dans le coin de mes lèvres, et me penchais en avant pour mieux voir. Je fus scotchée, littéralement captivée par la vue. Sur un bureau, se trouvait une dizaine d'accessoires ou plutôt d'outils de torture : cigarette, taser (je crois), briquet évidemment, une pince, un couteau, un...un rat ? dans une petite cage fabriquée maison se trouvait un rat qui s'agitait. Je n'étais pas particulièrement pour la défense des animaux, enfin si. J'étais carnivore, pour sûr, mais je ne supportais pas l'idée qu'on puisse faire du mal à un animal domestique ou tout être sauvage.
Sauf si ça doit servir mes intérêts…
Disons que je faisais du cas par cas. Juste à côté se trouvait un bol en inox. Edward se contenta juste de filmer toute sa panoplie. Il ne commenta pas, me laissant tout le loisir d'imaginer à quoi pourrait servir chaque chose.
"Avant que je ne commence bébé" prit il soudain une voix grave et sérieuse. "Je ne veux pas que tu aies peur de moi, cette idée était la mienne, et je sais que c'était ce que tu voulais aussi...On en avait besoin tous les deux, mais je ne veux pas que tu me craignes, je ne pourrais jamais te faire quoi que ce soit, ni à toi, ni à personne d'autre que Jesse"
Il n'était plus en face de ces mecs qu'il avait du combattre dans son fight club. C'était une autre dimension. Il n'était plus face à un homme, ni un animal. Il était face à notre monstre, notre boureau, Satan en personne. Il devait se montrer à la hauteur. Ses actions devaient se montrer à la hauteur des actes de Jesse. J'imagine tout le contrôle qu'il a du rassembler pour pouvoir patienter, se trouver en sa présence et ne pas laisser ses pulsions explosaient avec fureur. Le temps qu'Edward stabilise l'image, et mon coeur s'arrêta de battre à la vue rapide du corps nu de Jesse. Quand mon fiancé a eu l'idée folle il y a quatre mois, de tout tenter pour se faire enfermer dans la même prison que Jesse, j'étais pleine d'espoir mais sceptique quand au fait qu'il y arrive. Lorsque Edward a provoqué volontairement une bagarre à la sortie d'une boîte de nuit de Phoenix, on voulait que sa cible porte plainte. Que le délit soit suffisamment grave pour aller en prison, mais qu'il n'y ait pas de conséquence mortelle, pour que la peine ne soit pas lourde. Qu'il soit commis à Phoenix, afin qu'il soit enfermé dans la prison de la ville. Nous avions engagé Erika afin que la variable peine de prison n'excède pas six mois. Nous étions fou mais pas bête au point de vivre si longtemps éloignés.
Edward stabilisa la caméra, et tout mon corps se figea à la vision du corps nu de Jesse.
L'image était si nette !
Je mis "pause" instantanément. Ma cigarette consumée, je la jetais dans mon bain que je quittais pour m'approcher de l'écran plasma. C'était un moment d'anthologie. J'enviais Edward, je l'enviais à en crever d'être si proche de lui.
Sentir sa peau chaude…
Toucher son corps…
Sentir son coeur battre…
Être face à lui, et savoir qu'il ne regarde que moi…
Tout mon corps était prisonnier d'une soudaine tension. Chaude et électrique. Je ne saurais décrire précisément ce qui m'animait à cet instant. Je regrettais juste qu'on ait pu encore inventé la téléportation. Je crevais tellement d'être face à lui à cet instant. Plus que n'importe quand.
Ses yeux étaient rouges. Comme si il n'avait pas pu dormir des nuits et des nuits entières.
Edward avait-il déjà commencé ?
Les veines de son cou ressortaient comme si il avait hurler si fort. Son regard suivait un Edward absent à la caméra.
Et les festivités commencèrent…
Dans le jardin face aux vallées de Los Angeles, une quantité incalculable d'adrénaline circulait encore dans mes veines. Les images, la cruauté dont était capable Edward m'avait à la fois choqué et fasciné. Ce n'est pas la peur que je ressentais vis à vis de lui. Non, pas du tout. Je crois que quelque part je n'ai jamais pu l'imaginer si cruel et barbare. Ce film était comme l'expression imagée d'une douleur qu'il avait si longtemps enfouie. Edward et moi avions des façons différentes de pleurer nos attaches décédées. J'étais le feu, un champ de mines où chaque pas mené à une explosion bruyante, douloureuse et désastreuse. Il était le silence, une espèce de tsunami qu'on ne verrait arriver qu'au dernier moment. Ca faisait des heures que j'avais arrêté la vidéo sur les hurlements de Jesse et je n'avais pas à redescendre de cet espèce d'état de haute tension. La vengeance a un goût si électrique. Inconsciente, je décidais de fêter l'évènement comme il se devait. Comme je le devais. Dans l'un des tiroirs de ma table de chevet, je récupérais ce qui était ma dose d'urgence. Personne ne le savait évidemment qu'il m'arrivait par quelques soirées de fumer un joint ou deux. Mais le silence est cruel lorsqu'il fait nuit, et je ne suis pas assez forte pour l'affronter certains soirs. Alors allongée sur la moquette de ma chambre, je redémarrais la vidéo, pour laisser résonner les cris de Jesse dans toute la villa. La vengeance a un goût si sucré.
Je ne sais pas si l'agression de Jesse fera du bruit. Après qu'Edward m'ai parlé de son plan, il nous fallait des complices une fois qu'il serait en prison. Offrez quelques milliers de dollard à des gardiens pénitenciers sous payés et vous pouvez obtenir ce que vous voulez. Un à un, j'avais provoqué une rencontre avec le personnel de la prison de Phoenix. Juste les gardiens, je n'avais pas besoin que le directeur soit au courant. Edward et moi nous étions enfermés des mois ici afin de parfaire notre plan. L'idée était folle mais pas impossible. Le tout était de prévoir chaque détail. Et j'avoue que le destin a chaque fois tourné en notre faveur. Comme un encouragement. Bien évidemment, personne d'autre que nous n'étions au courant. A coup sûr nous verrions Teddy, ou tous les autres déboulés pour nous convaincre que c'était totalement insensé et malsain de mettre sur pieds un tel plan. D'ailleurs quand TMZ a fait tourner l'info concernant l'arrestation d'Edward devant le Karamba NightClub, et révéler par la même occasion ma possible liaison avec mon ancien professeur de lycée, une victime de Jesse et le frère du joueur de baseball Emmet McCarthy, Teddy et toute ma famille m'avait aussitôt appelé pour comprendre ce qu'il s'était passé. Inutile de dire que j'avais mis mon téléphone en mode avion pour éviter le harcèlement. Comme si ça pouvait empêcher quoi que ce soit, Teddy avait débarqué avec Erika le soir même. En comparution immédiate, Edward avait été condamné à trois mois de prison pour coups et blessures.
Depuis j'étais restée enfermé à la villa, pour éviter ces connards de parasites. Les sites et journaux people ne cessaient de faire tourner toutes sortes de rumeurs sur notre relation. Une relation passionnelle vécu dans les vestiaires de la piscine municipale de Forks, des soirées passés à se droguer. J'étais tantôt une victime puis la pute du professeur. Mon père m'avait appelé pour me prévenir que des connard avaient même débarqué chez lui pour en savoir plus. Forks n'était pas la grande ville, débarqué avec vos questions et votre appareil photo et vous ferez à un mur de silence et quelques fusils. J'étais désolée pour lui et Sue, je ne voulais pas qu'ils soient atteints par ses enfoirés. Même si je m'étais écarté de toutes ses langues de vipères presque des années, j'avais déjà anticipé l'engouement médiatique. Parfois je regrettais si fort de m'être débarassé de mon bracelet électronique, j'avais toujours l'impression que mon enfer était moins pire que maintenant. Dans mon enfer, il y avait quelques heures de bon moments. Mes amis me manquaient, nos soirées. L'arrivée d'Edward, nos moments cachés. En attendant, j'avais Teddy et j'avoue que ça me faisait le plus grand bien qu'il soit à mes côtés. Il avait pu retrouver ses fonctions de tuteur pour mon plus grand bonheur. Je sais que pour beaucoup de monde, notre relation est ambigue. Mais ce n'était pas ce genre du tout.
C'est juste que…
Teddy dit un truc à mon sujet. Paraît il que je fais naître des sentiments extrêmes lorsque les personnes se trouvent à mon contact. Sauf qu'avec lui, ça ne ressemble pas à ce que j'ai avec Edward. Non loin de là. Teddy est mon meilleur ami. Il est une espèce d'autre moitié de moi. Je l'aime, plus que j'aime Jake ou les autres. Et je sais que cette relation que j'ai avec mon tuteur rend fou de rage Edward. Il refuse tous mes appels depuis des semaines. Depuis qu'Edward est en prison, les journaux ne cessent de décrypter la relation que je partage avec mon tuteur. La police s'est même rendue chez moi, pour enquêter. Teddy n'est pas en droit de franchir certaines limites. J'ai donc été obligé de les mettre dans la confidence quant à ma relation amoureuse avec mon ex professeur de philo.
A sa sortie de prison, je saurais le rassurer et me faire pardonner.
Ce soir, je retrouverais Forks pour le mariage d'Emmett. Loin d'Hollywood, il avait décidé que le renouvellement de leur voeux aurait lieu loin des hélicoptères et des corbeaux. J'avais hâte. Je regrettais juste que mon fiancé ne soit pas là. La sortie d'Edward était prévu en début de semaine. Le mariage le soir même. Ce soir, il ne s'agirait que d'un dîner prénuptial. J'avais hâte. Il me manquait tellement. Avant de me rendre chez les Cullen, je décidais de rejoindre la maison de mon père. Heureux de me voir, je supportais encore avec difficulté le ventre rond et prêt à exploser de Sue. Je sais pas pourquoi j'avais encore autant de mal avec ce qui serait dans quelques jours mon demi-frère.
Mon père était trop vieux pour ses conneries, merde !
Tout le monde savait bien évidement que je ne fêtais plus mon anniversaire, alors tous se contentèrent de m'offrir une longue accolade.
A l'approche de la soirée, Rose et Alice qui avaient eu connaissance de mon arrivée, vinrent me rejoindre chez mon père pour m'aider à me préparer. Je n'avais pas besoin d'aide particulière, je comptais juste enfiler une robe et m'attacher les cheveux, mais les filles insistaient pour que je sois resplendissante. C'est vrai qu'elles avaient mis elles même le paquet.
Le temps d'une seconde, je fus projeté dans le passé, me rappelant l'engouement de maman lorsque nous devions nous rendre à ses galas de bienfaisance, ou aux grandes cérémonies de remise de prix. Je n'eus pas à faire la conversation. Assise sur ma chaise haute, cigarette coincée entre les lèvres, je discutais sur mon téléphone avec Teddy, alors que Rose s'attelait à dompter mes boucles. Enfermée depuis des mois, Lili me fit part pour la première fois concernant ses idées pour m'offrir un mariage grandiose.
"Je ne veux rien de particulier Lili...si je devais choisir un endroit pour épouser ton frère...ce serait sans doute ici" avouais-je nostalgique. "Là où tout à commencer"
Une centaine, des milliers d'images, de souvenirs me vinrent aussitôt devant les yeux.
"Hey Bell's" me ramena Lili au présent. "Il sera là dans 3jours"
"Je sais" souris je brièvement
Il me manquait tellement.
Après un ravalement de façade en profondeur, je me glissais dans une robe blanche au corset ajusté, et à la traîne fluide. Rose voulait que ses demoiselles d'honneur soit aussi en blanc. Nous avions ris alors qu'elle se comparait à la prêtresse Kim Kardashian. Même si il ne s'agissait là que d'une soirée prénuptial, elle disait que ça nous ferait du bien de se mettre sur son 31 après toutes ces années. Je crois que la guérison de sa fille, et l'emprisonnement de Jesse l'avait épuisé, elle avait besoin de passer à autre chose. Vivre à nouveau.
Nous quittions la villa, après que Sue nous ai photographié sous tous les angles.
C'était la première fois que je revenais ici depuis longtemps. Le regard perdue dans les arbres sombres qui défilaient, Lili monta le son de l'autoradio quand Sia souffla les premiers mots de "Helium", et je me perdis un peu plus dans mes souvenirs.
"Bella arrêtes toi ! Je t'en supplie" cria Edward alors que je m'enfonçais dans la forêt
La poitrine enserrée par le chagrin, j'étais sortie pour rejoindre la forêt et hurler de tout mon saoul, ma souffrance. Maman ne cessaient d'hurler, et je ne rêvais que d'une seule chose : retrouver son assassin pour l'abattre comme un chien. Aujourd'hui, il est enfermé, et maman crie toujours lorsqu'il fait trop noir.
Nous arrivâmes à la villa, et il me fut une minute avant que je ne puisse intégrer le pavillon. Elle enfermait tellement de cris, de douleurs, de rires aussi, mais beaucoup de souffrance.
"Tires Bella, je t'en supplie TIRES !" m'obligea Edward les mains sur les miennes, les miennes qui tenaient fermement le berreta de mon père. "Bella, je t'en supplie" me supplia à genoux, essouflé par les larmes. "Mets y fin, je t'en supplie"
Je pris tant que bien que mal contenance, et décidais de rejoindre le reste de la famille. Absente, trop englouti par les films d'une vie passée, je me contentais de quelques sourires et acquiescement pendant le dîner. C'était insupportable.
Soudain, je le vis. Et dans ma tête, toute pensée disparut. Plus rien, juste la surprise et l'amour. Beaucoup d'amour.
Debout dehors, dans la nuit. Je crus à une nouvelle hallucination ou un souvenir trop vif, mais il était différent. Si différent. Sans un mot, je quittais ma place pour courir à l'extérieur. J'étais certainement folle de croire qu'il se trouvait ici, mais j'avais besoin de vérifier. Je m'arrêtais en haut des marches qui menait à la porte d'entrée, pour juste attendre que l'image parte.
Mais...Mais, il l'était là. Dans un costard noir, portant une fine cravate, ses cheveux en vague coiffés rapidement. Une boucle lui tombait sur le visage. Et si ça devait être qu'un mirage, alors je passerais pour folle à nouveau mais j'avais besoin de savoir si il était vraiment là. J'approchais finalement, rapidement, trop vite, car ma poitrine cogna la sienne.
Pour réaliser qu'il était vraiment là…
