Sur le cul, je réalisais la baise que nous venions d'avoir. Je pouffais de rire, heureuse de retrouver mon fiancé. A côté de moi, je ramassais la cigarette qui était tombé alors que je la gardais dans mon décolleté, et l'allumer. Les lèvres figées dans une espèce de sourire post coital, je ramassais ma robe pour me rhabiller. Un bref aller dans la salle de bains, pour vérifier que tout était en place, je fixais un instant mon reflet.
"J'aurais tellement voulu que tu sois là maman"
J'essaie de vivre normalement maman. J'essaie de trouver la vie belle, et l'amour réconfortant. J'essaie de toutes mes forces d'apprendre à vivre sans toi. J'essaie de souffrir en silence, j'essaie de supporter la douleur toujours aussi vive. J'essaie de la supporter pour m'endurcir et l'apprivoiser. Mais c'est dur maman, parce que la douleur ne t'endurcit pas. Elle t'use, t'essouffle et se nourrit de chacun de tes battements de coeur pour être plus forte. Je ne sais plus à quoi ressemble ton parfum, ni à quel point ta peau était douce, ou l'odeur de tes cheveux. Mais Jesse a tout emporté avec lui, tout. Et il ne me reste que les cris et la douleur.
Tu vois comme je suis pourrie de l'intérieur. L'homme que j'aime est revenu, et je ne peux pas m'empêcher de penser à toi. La boule dans ma gorge voulu éclater dans un sanglot explosif, mais je ne pouvais pas. Pas maintenant. Plus tard. Quand il fera plus noir, quand il n'y aura personne pour m'entendre. J'attrapais la fiole de vodka que j'avais gardé dans ma pochette et en but plusieurs gorgées pour brûler le chagrin, puis masquais rapidement l'odeur avec un des bains de bouche laissé ici, avant de quitter la chambre.
Partie pour rejoindre la fiesta, je m'arrêtais aussi net en haut de l'escalier lorsque je découvris Angela, accompagnée d'Alice et de Rose. Elle était sublime, vêtue d'une longue robe rouge qui formait une espèce de traînée de sang derrière elle.
Qu'est ce qu'elle foutait ici chez les Cullen ?
"Qu'est ce qui se passe ?"
"Avant que tu ne descendes, il faudrait que tu portes ça" me tendit Alice la chaîne de maman, celle que j'avais donné à Edward avant son séjour en prison.
Surprise, je ne compris pas pourquoi Edward le lui avait donné.
"Tu avais besoin de quelque chose de vieux" sourit elle, en l'attachant autour de mon cou, Rose porta mes cheveux alors que j'étais dans une totale incompréhension
"Angie ?" voulus je chercher des réponses auprès de ma meilleure amie
Elle se contenta de sourire, les yeux brillants.
"Je pense que tu aurais besoin de porter ça aussi" me tendit elle un bouquet de roses bleus
"Ok, d'accord...c'est quoi le délire ?!" m'énervais-je en les voyant toutes le sourire aux lèvres et les yeux brillants
"Et enfin, il te faut quelque chose de prêté...Emmett m'a offert ce porte jarretelle le jour de notre mariage, je te le prête pour ce soir"
Figée par l'incompréhension, je me laissais faire alors qu'elle passa les mains sous ma robe pour m'enfiler l'accessoire. Perdue, je ne pus empêcher les larmes me montaient aux yeux.
"On a acheté ça aussi"
Rose ouvrit un petit écrin qu'elle alla chercher sur un des meubles du couloir. Elle l'ouvrit pour que j'y découvre deux petits anneaux en or blanc. Avec l'aide d'Angie, elle me les attacha aux oreilles. Rose et Alice me fixèrent toutes les deux encore une minute, puis quittèrent la pièce pour me laisser avec Angela.
"Angie, qu'est ce qui se passe ?"
Elle releva les yeux, comme pour empêcher que les larmes ne lui coulent le long des joues.
"Aujourd'hui c'est un jour spécial, tu le sais"
"Angie, s'il te plait" finis je par laisser les larmes coulaient.
"Laisses moi parler, s'il te plait...Je sais que depuis qu'elle n'est plus là, tu ne veux plus fêter ton anniversaire, mais ce soir, c'est le premier jour du reste de ta vie"
"Angie" la suppliais je à nouveau, la gorge nouée
"Ce soir, elle va te manquer comme elle ne t'aura jamais manquer...mais il le faut, il faut que tu avances pour qu'elle puisse reposer en paix, toi et moi croyons en la vie après la mort, depuis toujours, alors j'aimerais que tu puisses juste ce soir faire comme si elle était à tes côtés" dit elle
Nos mains tremblantes entremêlées, elle me tira vers l'escalier avant de me lâcher et de descendre. Mon père fit soudainement son apparition, fringué dans un somptueux costume noir. C'était la première fois que je le voyais habillé pareil. Il me tendit une main, un sourire crispé aux lèvres. Je ne saisissais pas encore ce qui se passait. Etais-ce le fait que j'avais 21ans ce soir qui les rendait si dramatique et cérémonieux.
"Prête chérie ?"
J'attrapais sa main pour qu'il la passe sous son bras, et nous descendions l'escalier.
"Qu'est ce qui se passe papa ? Je ne t'ai jamais vu aussi élégant"
Ok là c'était trop bizarre !
« Papa »
« Coucou chérie » me sourit-il avant de m'embrasser le front, « Tu es magnifique »
Nous marchons jusqu'à la baie vitrée qui menait à l'arrière de la maison. Les lumières de l'intérieur reflètent notre couple, m'empêchant d'y voir plus clair derrière la baie. Ma main retenue dans celle de mon père, je la serrais aussi fort que je pus. J'eu un mouvement de recul quand celle ci s'ouvrit soudainement. Mon cœur s'arrêta littéralement de battre, juste une seconde. Juste une seconde, le temps de me retrouver dans les cieux. Alors que je découvre les larmes aux yeux le tableau époustouflant d'une nuit étoilée, et les douces notes lancées par une guitare et une trompette qui accompagnèrent mon cœur relancé. Le jardin avait été transformé en un spectaculaire décor rempli d'étoiles et de nuages de fumées qui cachaient toute la pelouse. Des guirlandes illuminaient les visages de mes proches, tous émus par la cérémonie qui se tramait sans doute depuis longtemps. Je reconnus presque tout Forks. Face à moi, un parterre de pétales blanches ramena mon regard jusqu'à mon ange.
Edward !
Il avait organisé notre mariage…
Je ne pus garder plus longtemps mes larmes. C'était trop. Les émotions se bousculaient une à une, toutes voulant se dégager du corps qui les emprisonnaient. Un mélange de surprise, de joie, de bonheur et de tristesse finirent par déborder.
Papa me poussa à avancer. C'était surréaliste qu'il soit là. Les mains tremblantes, je nommais mentalement chacune des personnes présentes. Rien n'avait fuité. Ils avaient tous gardés le secret, pour m'offrir ce cadeau inestimable. Nous marchâmes doucement jusqu'à mon amour. Dans un geste symbolique, mon père remis ma main dans celle d'Edward qui m'amena à ses côtés, en face du prêtre qui nous regardait ému. Je dus mettre une main sur mon cœur, pour l'inciter doucement à se calmer au risque de lâcher.
« Je crois que la surprise est réussie » dit le prêtre pour sans doute essayer de me soutirer un sourire
C'était impossible ! Les larmes coulaient à flots. C'était trop pour moi. J'étais incapable de m'arrêter. Edward me ramena contre lui, et mon oreille sur sa poitrine, c'était comme la toute première fois, lorsqu'il m'avait bercé dans le cagibis du lycée. Il nous fit danser d'un pied à l'autre. Il n'y avait personne d'autre que nous. Mon cœur fut doucement cajolé par la tendresse de mon ange, et la musique qui nous accompagnait.
« Est ce que tu es prête ? » demanda doucement Edward à mon oreille
Je quittais ses bras, et lui offrit un sourire pour lui dire oui. Rose vint rapidement réarranger mon maquillage. Sous le rire attendri de nos invités, je la laissais faire avant de faire face au prêtre.
« I mois, ce jeune homme est venu me voir pour me demander de réaliser une seule chose » commença t'il en regardant Edward. « Faire en sorte que le temps d'une nuit nous puissions être au plus proche du ciel, faire en sorte que l'amour qu'il porte à sa belle puisse les mener loin de ce monde, pour qu'elle puisse juste une nuit croire qu'elle a toujours été heureuse » m'adressa t'il un regard attendri. « On dit que les cœurs meurtris donnent les amours les plus pures, et je n'ai jamais été plus convaincu qu'aujourd'hui, c'est un immense honneur pour moi de vous unir pour l'éternité »
Le groupe qui continuait de jouer derrière, joua un peu plus fort et mon amour se tourna vers moi. Il me ramena à nouveau contre lui, et souffla les premiers mots d'une chanson française. C'était ça ! J'avais craqué pour cette chanson alors que nous étions sur le voilier. La radio passait une chanson française, nous avions aussitôt demandé au capitaine lui même français de nous traduire les paroles. Longtemps...
Et je voudrais que ça dure cent ans, que jamais la raison n'atteigne cet aveu, cette envie de rêver quand même, jusqu'à ce que nos deux yeux s'éteignent...
Bercé par la voix rauque de mon ange, il nous fit à nouveau danser. C'était sa façon à lui de me transmettre ses vœux. Le prêtre nous déclara mari et femme. Bercé par cet instant hors du temps, nous finîmes par traverser l'allée sous une pluie de pétales blanches. Nous rejoignimes un autre coin du jardin qui servait de lieu de réception, suivis par nos invités qui riaient alors qu'Edward me porta pour nous faire tournoyer avant de me reposer doucement.
C'était tout simplement irréel...
Dans les bras de mon mari, j'oubliais que nous n'étions pas seuls.
« Tu caches bien ton jeu Masen » lui dis je dans le creux de l'oreille, alors que nous dansions
« Bon anniversaire ma Bella » répondit il avant de m'embrasser à nouveau sous les applaudissements de nos invités.
Nous dansions sous les yeux attendris de nos invités, qui finirent par nous rejoindre un peu plus tard.
Ce qui se passait à cet instant était insensé. Emprisonné à des kilomètres de chez nous, Edward avait tout organisé. Il avait tenu sa promesse. M'épouser cette année, et m'offrir une soirée inoubliable. J'aimais cet homme que j'avais rencontré dans la douleur. Je l'aimais si intensément qu'il m'obligeait chaque jour à choisir entre lui et maman. Et parfois même, il arrive que le choix est d'une évidence. Notre histoire n'aurait jamais dû commencer. A la minute, où je l'ai rencontré, j'aurais du me tirer, j'aurais dû le rejeter. Ça n'a pris que quelques jours avant que je comprenne qu'il prendrait trop de place, qu'il était dangereux pour la suite. Il a scellé sa vie à la mienne, alors que j'aspirais à ne plus exister. Certains diront que c'est ma mère qui l'a envoyé pour me maintenir en vie, d'autres que c'est simplement le fruit du hasard. Pour ma part, je n'en sais rien, et je m'en contrefous. Je ne sais toujours pas si le temps guérit les blessures, les pansent ou agit d'une quelconque manière sur les chagrins. Les années passent, et je ne peux me débarrasser des images qui me hantent chaque jour. Je pense qu'une part de moi veut les préserver au maximum. Elles sont le dernier souvenir que j'ai de mes parents. Elles sont aussi ce qui me tuent à petit feu. Malgré mes sentiments dévorants pour Edward, je sais que parfois ça ne suffit pas. J'ai perdu ma raison d'être lors d'un massacre insoutenable, je l'ai perdu trop jeune.
Elle aurait dû être là pour ce grand jour.
Elle me manque tellement...
Ce mariage était somptueux. Mon mariage était un rêve éveillé.
J'avais quitté un instant la foule pour prendre l'air à l'abri des regard, dans un coin de l'immense terrain des Cullen. J'avais besoin de faire le point sur les évènements de ces cinq dernières années. Depuis si longtemps, ma vie représente un chaos que je ne sais toujours pas gérer. Faute de quoi ? de courage ? de motivation ? Parfois ça ne suffit pas. J'y ai perdu mon essence dans cette histoire, et je peux affirmer que Jesse a scellé mon sort cette nuit là. Edward était arrivé dans ce chaos, comme un cheveux sur la soupe. Je peux affirmer qu'il ne changera pas l'issue de cet enfer. Il l'a juste repoussé. Mon regard se perdit dans les mouvements du lac qui me faisait face. Même d'ici, nous entendions encore la musique.
"Félicitations madame Masen" entendis-je la voix d'un homme derrière moi
Je me retournais et découvris Teddy, fringué dans un magnifique costume noir. Je ne l'avais jamais vu dans pareille vêtement.
"Moi qui pensais que tu réserverais ce costume pour mon enterrement" souris-je
Il releva les yeux en haut, consterné par ma remarque.
"M'accorderais-tu une danse ?" me tenda t-il sa main droite
Je l'attrapais et m'approchais afin qu'il pose l'autre sur ma taille.
Son front posé sur le mien, il ne me quitta pas du regard.
"Tu sais que je ne pourrais jamais t'aimer comme toi tu m'aimes"
Au fil des mois, des années, j'avais saisi toute l'ampleur de notre relation. Teddy était quelqu'un de bien, de fort, et je sais que notre relation était totalement différente de ce qu'il avait pu connaître avec les jeunes dont il s'était occupé avant moi. Nous avions noués depuis tout ce temps une relation particulière. J'avais compris que lui aussi avait eu ses blessures, que si il était si important à nos côtés, nous coeurs anéantis, c'est parce qu'il avait dû subir son lot de malheurs lui aussi.
Edward était la personne que j'aimais le plus au monde. Sans aucun doute ! Mais une part de moi ressentait quelque chose pour l'homme qui me regardait intensément à cette seconde. Je ne pourrais pas poser de mot là dessus. Je savais juste que je ne pouvais pas le laisser disparaître. Il fallait qu'il reste. J'avais besoin qu'il soit tout près.
"Je le sais"
Les yeux fermés, le visage posé sur son torse, je le laissais mener la danse juste le temps de quelques minutes. Mais une fraction de seconde, Teddy s'échappa brutalement de mes bras, bousculé par un Edward fou furieux. Teddy à terre, Edward le chevaucha pour lui foutre son poing au visage. Tant bien que mal, je le forçais à s'arrêter.
"Edward arrêtes ça" tentais-je de le tirer en arrière
"Pourquoi m'avoir dit oui si tu es amoureuse de lui !" hurla t-il, alors qu'il se releva
"Va te foutre !" lui criais-je à mon tour au visage
Il nous quitta aussi vite qu'il était arrivé, et je revelais Teddy dont la lèvre avait été abîmée.
"Je suis désolée"
"T'en fais pas pour moi, je n'aurais jamais dû débarquer"
"Tu t'en vas déjà" demandais-je déçue
"Je suis l'homme de l'ombre, ne l'oublies pas"
"Je t'aime Teddy" lui avouais-je, une larme coulant le long de ma joue
Il m'embrassa le front, et me quitta. J'allais chercher aussitôt Edward, en espérant qu'il n'ai pas fait de scandale. Près de la villa, je vis les lumières de sa chambre allumée et courais dans les escaliers pour le rejoindre. Je le retrouvais dans sa chambre, assis sur le canapé du balcon, alors qu'il portait un joint sa bouche, la main blessée. Je décidais de retirer ma robe au risque de la salir. Il tourna la tête vers moi, le regard rouge de colère et les mains tremblantes. En lingerie, je le rejoignais.
"Dégages Swan !"
"Madame Masen, ta vie est liée à la mienne jusqu'à ce que mort s'en suive" souris-je, la main affichant mon alliance
Il m'en fallait plus pour me faire sortir. Il le savait. Ses jambes légèrement écartées, je me faufilais pour m'agenouiller entre elles.
"Je ne suis pas amoureuse de Teddy" lui dis-je doucement
Je ne comprenais pas pourquoi il doutait tant de nous. Ça a toujours été comme ça. J'aurais à lui prouver chaque jour qu'il est tout ce que je veux.
"Je vais tuer cet homme"
"Si tu vas en prison, je me tuerais" embrassais-je sa main enflée
Doucement, je remontais jusqu'à la ceinture de son pantalon que je défis.
"Pourquoi tu me fais ça ?" me demanda t-il la gorge nouée
Il m'aimait plus que de raison, et j'écartais un instant son émotion déchirante pour comprendre qu'il n'en avait jamais aimé aucune autre comme moi.
La main sur la bosse qui se formait involontairement sous son caleçon, il me regardait durement. Il était réellement blessé par la relation que j'entretenais avec mon tuteur.
"Teddy était là, quand tu as décidé de m'écarter de ta vie"
Je savais ces mots lui ferait mal, mais c'était la vérité.
"Je ne peux et ne veux pas qu'il s'en aille" continuais-je à caresser sa queue qui durcissait de plus en plus sous son pantalon. "Teddy est mon meilleur ami"
"Il est amoureux de toi, et tu le sais" dit-il doucement alors qu'il voulut se relever.
Je sautais aussitôt sur ses genoux pour l'en empêcher.
"Comment je peux t'aider à avoir confiance en moi ?" demandais-je contre ses lèvres
"Je ne veux plus que tu ne lui parles, ni que tu ne le voies"
"Teddy est important, il m'a aidé à remonter la pente, à supporter le centre" soufflais-je contre ses lèvres, alors que j'essayais contrôler le bien qu'il me faisait
Il m'avait tant manqué. Et c'était pareil pour lui. Notre intimité m'avait manqué. Tellement.
Timidement, je défis sa ceinture pour fourrer ma main sous son boxer. Il me regardait, durement, toujours énervé par la venue de Teddy. Mais, il me laissa faire alors que je délivrais son érection. J'avais besoin de lui, et je ne pouvais pas laisser ma timidité interférée. Il m'intimidait toujours lorsque nous voulions faire l'amour. J'étais une toute petite chose qu'il pouvait manipuler à sa guise. Chaque fois que j'avais envie de lui, c'était mon coeur qui paniquait à l'extrême. Cette fois, je décidais que non. Notre baise de toute à l'heure n'était pas suffisante, et je sais que la nuit serait longue avant que l'on puisse s'offrir un moment rien que tous les deux. J'espérais qu'il ne me rejette pas. J'écartais mon string, et guidais sa queue jusqu'à l'intérieur de moi, où il trouva douloureusement sa place. Surpris par la sensation, il siffla contre mes lèvres, les sourcils froncés. Il fixait notre point d'union. Les mains encrées à mes hanches, il s'enfonça un peu plus dans le canapé, accentuant son inquisition.
"Il ne t'arrivera jamais à la cheville, personne d'autre que toi ne peut tourmenter mon âme comme tu le fais" le rassurais-je alors que le plaisir me torturait chaque fois un peu plus.
Tourmenté, son plaisir prit le dessus et il força mon bassin à aller et venir à sa guise. Je m'agrippais au dos du canapé, ma joue collée à la sienne. Toujours en colère, il me baisa jusqu'à ce que mon ventre convulse sous la jouissance. Il se figea à son tour pour jouir en fond de moi. Sans un mot, il me posa à côté de lui et me quitta pour rejoindre la salle de bains. Je l'y suivis. Cette situation ne devait pas s'éterniser. Mon mariage devait être un souvenir chaleureux, pour les jours sans.
Par dessus le lavabo, il se débarrassa des traces de notre ébat. J'en fis de même avant de le rejoindre dans la chambre à nouveau. Assis sur le lit, la tête penchée en arrière, il masqua d'un sérum oculaire ses pupilles dilatées par le joint. Je décidais de remettre ma robe qu'il vint refermer derrière moi.
"J'ai cru mourir tous les jours ces trois derniers mois, il avait beau me soutenir, j'avais besoin de toi et quand je me suis pointais en prison et qu'on m'a dit que tu ne voulais pas me voir, je t'ai détesté de me faire du mal, c'était comme retourner en arrière lorsque tu refusais mes appels" lui révélais-je
"Ca me faisait du mal de te voir avec lui dans les journaux"
"Mon corps et mon coeur t'appartiennent, quand tu m'as demandé de t'épouser c'était la plus belle chose que tu puisses m'offrir, jamais aucun autre ne pourra te remplacer, mon monde n'existe que parce que tu t'y trouves"
Il m'embrassa tendrement.
"Tu es l'amour de ma vie Edward, tu es arrivé dans ma vie lorsque plus rien ne m'y retenait"
"Tu me jures que tu es heureuse avec moi, malgré tout ce que l'on endure tous les jours"
"Je te le jure, j'aime chaque instant que je passe avec toi, même quand on se dispute"
"Je ne veux plus que tu vois Teddy quand je suis absent"recommença t il
"Bébé, tu n'as pas le droit de m'interdire de le voir, je t'ai expliqué pourquoi je ne pouvais pas"
"Il finira par t'avoir à l'usure"
"Tu n'as pas confiance en moi ?" me blessa t'il
"J'ai peur qu'un jour tu réalises que je ne suis pas bon pour toi"
Contrarié par ces propos, je le poussais à s'asseoir sur le lit pour mieux le regarder. Ses mains se posèrent aussitôt sur mes fesses. J'étais dingue de l'attraction qu'il y avait entre nos deux corps. Il avait besoin constamment d'avoir un contact avec moi. J'approchais mes lèvres des siennes, animée par quelques souvenirs.
Ce soir, nous avions pris le risque qu'Edward dorme chez moi. Ses parents se trouvaient à la villa, et nous ne pouvions pas nous afficher devant eux. Le docteur Cullen partageait sans doute la même rigueur que mon père. Il ne comprendrait pas que son fils puisse passer autant de temps avec une gamine de 17 ans. Personne ne comprendrait.
Charlie ne rentrerait que demain matin, mais j'ai quand même pris la précaution de verrouiller la porte de ma chambre.
Ca ne faisait qu'un mois que nous trainions tous les jours ensemble avec Edward, mais il était de plus en plus facile d'être à l'aise en sa présence. Malgré tout, c'était très dur de réfréner le désir que j'avais pour lui. La télé allumée pour avoir un fond sonore, j'étais allongée sur le dos, vêtue d'un des tee-shirt d'Edward. Edward était tout près de moi, les lèvres posées sur mon épaule nue, sa main encerclant ma taille et une jambe entortillée avec les miennes. Je nous lisais Emilie Bronte. Il était si facile d'être apaisée quand il était en ma présence. Il représentait un point d'accroche, un aimant qui me vidait quelques instants de mes problèmes, me laissant ainsi tout le loisir de me détendre. C'était simple avec lui. Et puis, j'avais remarqué son besoin viscéral de me toucher. Il fallait toujours que nos corps soient en contact, c'était primordial. Mon coeur s'affole toujours quand je me fais cette remarque. J'aime le savoir si dépendant de moi. Parce que j'étais tout aussi dépendante de lui."
"Ne fais pas ça" m'écartais-je pas trop loin
"Quoi ?"sourcilla t'il
"Parler comme les autres, ceux qui pensent qu'on finira par se séparer"
"Je ne veux pas qu'on se sépare, jamais !" fronça t-il les sourcils, énervé
"Alors aie confiance en nous, en moi, depuis le tout premier jour tu m'as rendu littéralement dingue de toi"
Incapable de rester à distance, je posais mon front sur le sien.
"Comment s'était ?" lui demandais-je enfin
Il encercla ma taille, et ses yeux verts me fixèrent intensément. Il était exténué. Je le voyais. Cette vengeance nous aura coûter cher. Je sais qu'il ne s'en remettra pas de si tôt, peut être même jamais.
"Plus aucun fantôme ne t'approchera"
Cette promesse me pinça le coeur, c'était tout ce que je voulais entendre. Mes lèvres s'accrochèrent aux siennes, pour lui transmettre tout l'amour qui débordait de mon âme. J'aimais cet homme plus que je n'aimais ma propre vie.
