From Past, with love...
Note :
Que dire à part WAW ! Tout ça comme reviews ? oO Vous êtes géniaux ! :D Je ne pensais pas que cette fic recevrait un tel accueil ! Et je vous remercie tous, si je n'ai pas répondu à votre review, signalez-le moi, ce ne serait pas volontaire, juste un oubli, je réponds toujours !
Merci aux reviewers anonymes qui peuvent me laisser une adresse mail s'ils souhaitent que je leur réponde plus personnellement Shana, Lala, Marion, Jessy, nepheria4, Line et Bya-kun ( Contente que le pairing plaise et surtout que ma version étrange de Salazar vous accroche autant ! Merci beaucoup =D).
Je le répète encore, j'ai voulu donner à cette fic une lenteur calculée et douce. Pour moi les gens doivent « s'apprivoiser » dans une relation et c'est d'ailleurs cette approche qui me fascine dans une relation. Les moments où on partage pour la première fois une certaine complicité, de la tendresse, des rapprochements discrets, la recherche permanente de l'autre. C'est quelque chose qui se fait très lentement ! Alors voilà vous êtes prévenus, le début sera doux et pas plein d'action et de sang qui gicle ! J'espère que j'arriverais à vous faire percevoir ce que je souhaite à travers cette fic !
Encore une fois, je me corrige moi-même et il doit surement rester quelques fautes qui ont échappées à ma vigilance.
Bonne lecture !
Chapitre Troisième
Légende Assombrie
Le cœur d'Harry manqua un battement et ses yeux s'écarquillèrent.
– Wow wow wow ! Doucement vous ! Salazar Sly… Non, mais… Quoi… ? Mais…mais attendez une minute ! Salazar Slytherin est mort il y a plusieurs siècles ! dit-il en reculant instinctivement.
Il avait d'ailleurs un mauvais souvenir des traces de l'homme à Poudlard. Après tout c'était lui le cinglé qui avait enfermé un serpent géant dans une école remplie d'élèves... ! Il fallait être complètement siphonné et avoir des envies de meurtre mal gérées !
On racontait qu'il était un mage reconnu pour sa pratique des Arts Noirs et plus encore pour sa haine des moldus.
Mais bordel... Si cet homme face à lui était bien celui qu'il prétendait être, alors rien que son sourire démentait toutes ces histoires.
– A l'évidence non, répliqua-t-il, un sourire malicieux sur les lèvres. Enfin en théorie si, mais en débarquant ici, je crois que j'ai très certainement bouleversé quelques menues règles impliquant les propriétés complexes du temps, un certain nombre de paradoxes et tout plein de choses très compliquées !
Cet homme était un dingue. Pire que lui, c'était certain ! Et pourtant, Merlin savait à quel point il avait joué avec les rives de la raison les derniers temps, parlant à un tableau et se laissant presque crever. Quelque part, il trouvait presque ça rassurant. Quelque part.
– Vous vous rendez compte que vous prétendez être un homme venu d'un lointain passé. Un homme complètement fondu et à la réputation plus que douteuse ? souleva Harry au bord de la crise de nerf.
– Vraiment ? Par Merlin, où me suis-je raté dans ma vie ? se demanda-t-il sérieusement semblant en un instant regretter l'intégralité de ses choix de vie.
– Partout. Mais alors partout ! répondit le jeune sorcier en se pinçant l'arête du nez.
– Dommage ! Tant pis !
Un silence s'installa et Salazar le fixa, attendant une réaction, sentant la tempête sous-jacente.
– En bref vous venez de pourrir le cours du temps en débarquant ici ?
– C'est encore à déterminer mais il y a de fortes chances, oui. Désolé ! s'excusa-t-il, moins sincère qu'un arracheur de dent.
– Non, non, merci en fait, lui répondit Harry en songeant que ça ne pouvait pas être pire.
L'homme sembla un peu étonné de sa réponse, mais se reprit vite.
– Vois-tu, ceci est une sorte de passage. Quelque chose comme un lien permettant un seul et unique voyage à travers le temps. J'étais las de mon époque. Je l'ai bricolée pas moins de quarante ans ! Mais aucun résultat avant aujourd'hui. Aucun résultat avant toi et ta magie ! Je ne…
– …Attendez... quarante ans ? le coupa brutalement Harry interloqué.
Il n'était pas ce qu'on pouvait appeler une flèche en maths, mais pas besoin d'être un génie des chiffres pour comprendre que quelque chose n'allait pas. Cet homme avait l'apparence d'un sorcier de moins de trente ans et prétendait avoir construit ce…machin pendant quarante ans !
– Oh, je vois ! S'exclama-t-il devant l'air incrédule du garçon. Les sorciers puissants vieillissent bien moins vite que le reste de la population sorcière. Si l'on part du principe qu'à la base les sorciers, de manière générale, dépassent souvent les cent ans, ajoute juste à l'équation la puissance de la magie qui maintient en vie… Bien sûr il y a des variations selon les origines du sang et quelques maladies sorcières légèrement ennuyantes… Il faut également prendre en compte le…
– Oui et ? Pour faire court ça donne quoi ? le coupa de nouveau Harry d'une voix fatiguée, un peu perdu, n'arrivant plus à comprendre un traître mot de ce qu'on lui disait tant les informations à assimiler étaient démentes.
– J'ai soixante-dix ans, lâcha l'autre avec un sourire ravageur.
Un ange passa. Puis un deuxième.
– Certes, dit Harry, esquissant un sourire nerveux, posant sa main sur sa bouche pour le dissimuler.
Il y avait comme une surcharge là. Les sorciers de soixante-dix ans n'avaient pas ce physique-là. Leur vieillissement s'arrêtait juste lorsque le corps ne pouvait plus vieillir davantage sans que le sorcier ne meure. La magie maintenait en vie à partir de cette étape. Un sorcier de soixante-dix ans devait donc en théorie avoir l'apparence d'un homme moldu de soixante-dix ans.
Or le sorcier face à lui ne semblait pas touché par le phénomène et se portait comme un charme dans un corps ayant l'apparence d'une personne d'une petite trentaine d'années tout au plus. Pimpant. Défiant chaque idéal de beauté.
– Vous ne les faites pas, ajouta Harry en l'observant, un sourcil relevé avec un calme effrayant.
– Tu dis ça parce que tu ne m'as jamais vu aux aurores, vil flatteur ! répondit joyeusement l'homme en tournoyant sur lui-même, semblant se délecter de tout ce qu'il voyait et entendait depuis quelques minutes.
Si c'était là l'effet que survivre lui faisait, Harry aurait voulu connaître à nouveau la sensation. Le jeune homme le toisa d'un œil méfiant tandis que l'autre souriait toujours avec malice. Il le dévisagea, évitant soigneusement ses yeux, ne voulant pas perdre le peu de raison qui lui restait.
L'homme qui s'agitait devant lui avait une carrure de celles que l'on n'oublie pas. Un port altier sans qu'il n'en devienne prétentieux. Il avait juste une prestance à couper le souffle. Une silhouette mince, élancée par des jambes d'une longueur incroyable. Il n'en était pourtant pas moins bâti correctement, des épaules larges et ses jambes bien que fines semblaient musclées. Il paraissait... irréel. Comme en décalage dans ce monde.
Harry s'attarda sur ses mains aux longs doigts graciles…mais n'eut pas le temps de finir son analyse.
– L'inspection est-elle satisfaisante, Harry ? susurra l'homme aux yeux d'argent en lui décochant un clin d'œil.
Harry se figea et surchauffa légèrement, peu habitué à recevoir ce genre de questions gênantes. L'homme éclata d'un grand rire clair. Harry en déduisit donc que ses petites piques de drague étaient sans conséquences. Gênantes, mais juste moqueuses.
Les questions n'arrivaient pas vraiment dans l'ordre dans sa tête et il ne put en empêcher une de plus de franchir ses lèvres :
– Quel est cet endroit ?
L'homme tourna avec une lenteur calculée vers lui et le fixa, ses yeux pétillant comme s'il venait subitement de réaliser quelque chose. Puis il s'approcha à pas vifs, saisissant son menton entre ses doigts et tourna sa tête à droite puis à gauche. Harry resta figé, trop perdu pour réagir. Salazar plongea ses yeux dans les siens avant de reculer de quelques centimètres, l'air cryptique.
– Tiens donc... Un Fourchelang, murmura-t-il et son visage s'illumina tandis que le pétillement infernal de ses yeux s'accentuait.
Harry ne parvenait plus vraiment à détacher son regard de ses pupilles lumineuses. Il bascula soudain, ses jambes cédant sous son poids. Il ne sentit pourtant pas le choc inévitable avec le sol tandis qu'il sombrait dans l'inconscience.
Il s'éveilla plusieurs heures plus tard dans un lit chaud aux draps doux comme de la soie. Il papillonna un instant puis se redressa en vitesse. Un mal de tête atroce lui vrilla le crâne. Le soleil n'avait pas encore montré le bout de son nez à en juger par l'obscurité régnant dans la pièce.
Il chercha à tâtons ses lunettes et ne les trouva pas. Étrange... Il les posait pourtant toujours sur sa table de nuit à gauche de son lit. Il regarda autour de lui. Ce n'était pas son dortoir ! Un frisson d'adrénaline le secoua. Puis soudain les évènements de la veille le rattrapèrent et il retomba mollement dans son lit, tentant de voir plus clair dans cette affaire. Avait-il rêvé ? Si oui comment expliquer la façon dont il avait atterri dans cette chambre ? Et quelque chose en lui hurlait en continu qu'il fallait que tout cela soit réel.
– Bien dormi ? demanda une voix dans un coin de la pièce.
Harry sursauta et plissa les yeux pour tenter d'apercevoir quelque chose mais n'y parvint pas.
Un silhouette se leva du fauteuil avec élégance et s'approcha de lui en silence, se dessinant de manière plus claire : Salazar Slytherin. Si c'était bien lui. Cela semblait si étrange. En tout cas, il était certain à présent de ne pas l'avoir rêvé et un étrange soulagement le prit à cette pensée. Il ne savait comment interpréter cette vague d'apaisement qui montait en lui. Surtout face à un sorcier à la réputation plus que ténébreuse. Pourtant, il était certain de ne connaître absolument rien ni personne de plus lumineux que Salazar.
– Comment te sens-tu ? demanda-t-il tandis qu'il s'avançait vers le lit.
Il s'assit avec précaution sur le bord du matelas, tournant la tête vers lui. Et, même sans ses lunettes, Harry distingua dans la pénombre ses yeux qui luisaient doucement.
– Bien, enfin je crois, répondit-il d'une voix hésitante, rendue plus grave par son réveil.
Il ne cessa pas un seul instant de fixer cette lumière dansante dans les pupilles de l'homme.
– Tu t'es évanoui à cause de la surcharge d'énergie que tu as dépensée en me faisant venir ici. C'était un bel exploit, dit-il d'une voix basse et douce.
Harry subit de nouveau un flot de questions qui se bousculèrent dans sa tête.
– Tu as fait un pic de fièvre dans la nuit, reprit Salazar.
Harry hocha la tête, recueillant l'information avec distance.
– Tu ne te sens plus fiévreux ? Continua-t-il.
Et, sans attendre de réponses, il plaça le dos de sa main sur son front, dégageant ses mèches et la cicatrice. Il évita cependant cette dernière, plaçant sa main plus loin de manière à ne surtout pas la toucher. Sa main était fraîche, douce et agréable. Personne n'avait jamais eu ce genre de gestes envers lui. Sa tante Pétunia n'était pas ce qu'on pouvait appeler une femme aimante. Et encore c'était un euphémisme !
Il se laissa aller à ce doux contact, savourant sa rareté et l'apaisement qu'il lui procurait. L'homme lui fit un sourire, semblant comprendre, et retira sa main. La fraîcheur de sa peau laissa pourtant comme une trace brûlante sur son front.
– Tu es encore un peu chaud, la fièvre devrait partir dans la matinée, dit-il et sa voix, bien qu'ils ne soient que deux dans la chambre, était basse comme s'il avait peur de l'effrayer. Recouche-toi, il n'est que quatre heure du matin, tu as grandement besoin de récupérer.
Harry secoua la tête alors que l'autre commençait à se lever du rebord du lit. Il se sentait vide et fatigué et savait qu'il allait sûrement passer son samedi à dormir, mais sa curiosité empoigna sa fatigue et la traîna de force dans la salle d'attente de son cerveau.
– Non… S'il vous plait, j'ai besoin de comprendre…, murmura-t-il dans un souffle à peine audible.
Mais Salazar l'entendit puisqu'il stoppa son mouvement et se rassit en douceur. Il sortit sa baguette de l'une de ses poches et Harry eut un léger mouvement de recul.
Pourtant, il se contenta simplement d'allumer une bougie posée sur la table de nuit. A présent, son visage était éclairé par la flamme dansante et donnait à ses yeux une lueur encore plus particulière, si c'était possible. Inconsciemment, Harry fixa de longues secondes le reflet doré de la flamme jouant sur la joue à la peau diaphane de l'homme.
Il se tourna à nouveau vers lui.
– Ça va être une longue histoire, Harry Potter, dit-il en esquissant un sourire désolé.
Il s'installa en tailleur sur le lit, face à Harry à présent assis, les jambes repliées contre sa poitrine et le dos appuyé contre un oreiller moelleux. L'homme le fixa et ne le lâcha plus du regard. Le jeune homme, lui, détourna les yeux, gêné, ratant ainsi le sourire en coin qui plissa les lèvres du fondateur.
– Tout d'abord, comme tu as l'air sceptique je me permets d'insister et te prie de croire que je suis bel et bien Salazar Slytherin. Je dois être, à mon humble avis, plus ou moins célèbre à ton époque puisque Poudlard est encore sur pied…, commença-t-il. Salement célèbre si j'en crois les termes en lesquels tu m'as décrit hier !
Il se figea soudain et planta davantage ses yeux dans ceux d'Harry et lança, le regard brillant comme un enfant à qui l'on annoncerait Noël avant l'heure :
– En quelle année sommes-nous ?
Il jubilait presque en prononçant cette simple question.
– Le douze Octobre mille neuf-cent-quatre-vingt-seize..., répondit Harry l'œil suspicieux, se préparant à la tempête qui allait déferler sur lui.
Salazar se tut à sa réponse. Puis son sourire s'étira, formant des fossettes sur ses joues. Ses yeux d'argent s'illuminèrent davantage si cela était possible… et la tempête s'abattit :
– Aha ! J'avais raison ! Bien que tu ne m'aies jamais parlé d'une date précise ! dit joyeusement Salazar à un débit impressionnant tout en lui collant une légère pichenette sur le bout du nez tous les trois mots. Incroyable… Mille neuf cent-quatre-vingt-seize ! Ça va être une belle année, Monsieur Potter ! Magnifique ! Je me retrouve soit près de mille ans après mon temps ! Et toi, Harry Potter, tu peux être fatigué ! Réussir à créer un portail spatio-temporel élargi sur mille ans ! Quand je dirai ça à ce crétin de Godric ! Lui qui pensait que jamais ma splendide et complexe invention ne fonctionnerait ! Enfin, je ne pourrais pas lui dire puisqu'un retour est TOTALEMENT inenvisageable ! Premièrement parce que je ne le souhaite pas et deuxièmement parce que je ne l'ai conçu que pour un aller simple et à moins d'y passer les quarante prochaine années de ma vie...
Quoi quoi quoi... quoi ? Harry, sonné, peinait à saisir le sens des mots que l'autre déballait à toute vitesse. L'homme dût voir l'incompréhension sur son visage, car il se stoppa avec un sourire d'excuse. Puis un détail l'interpella soudain et il se figea :
– Attendez, qu'est-ce que vous entendez par « tu ne m'as jamais parlé d'une date précise » ? demanda Harry, perplexe, les sourcils froncés.
Pourtant, un embryon d'idée se formait dans sa tête et cette hypothèse le laissait confus. Dans un sens, elle l'effrayait mais une partie de lui ne pouvait s'empêcher de s'en réjouir. Mais il avait bien peur de comprendre où l'homme voulait en venir.
Le visage de Salazar redevint sérieux.
– Harry, comprend bien que j'ai essayé de te prévenir que ce tableau, bien qu'immobile, n'en était pas moins magique. Il est une sorte de gardien, je ne tenais pas à ce que le savoir ancestral que je conserve ici ne tombe entre de mauvaises mains. A vrai dire, il avait tout un tas de fonctions dont celle un jour de me transporter dans le temps, ce qui n'avait jusque-là jamais marché. Jusqu'à ce que tu arrives en tout cas, prononça-t-il avec une douceur surprenante après son effusion récente.
« Un jour » ? Quel homme étrange…Ces paroles atteignirent lentement le jeune homme et elles semblèrent l'envelopper en le berçant dans un étau de soulagement. Il n'avait peut-être pas rêvé. Il n'était pas devenu fou. Cependant, certaines choses restaient floues et il s'apercevait bien que les explications, bien qu'en apparence claires, étaient très vagues. Une autre information le percuta de plein fouet et il remit les éléments dans le bon ordre avec difficulté.
– Alors…ce rêve… ? Balbutia Harry.
– Oui, répondit-il en soupirant, l'air de savoir où Harry voulait en venir. Je voulais savoir qui était ce jeune homme qui avait investi si facilement mes quartiers dans le château. Il m'a fallu du temps pour rassembler assez d'énergie pour maintenir la communication. Malheureusement, le contact a été rompu avant même que j'ai pu en apprendre davantage sur la façon dont tu en étais parvenu à découvrir cette pièce. Je n'ai pu te prévenir.
Un silence s'installa pendant lequel Harry tentait de mesurer à quel point cet homme le connaissait, à quel point il connaissait la moindre de ses faiblesses, à quel point il avait vu l'humain triste, esseulé, derrière le masque du Survivant. A quel point cet homme savait presque tout de lui alors que lui ne savait rien.
– En aucun cas je ne t'aurai espionné contre ton gré. Tu m'as appelé. A travers le tableau, j'ai senti à quel point tu avais besoin de quelqu'un, continua l'homme avec douceur, saisissant le cours que prenait ses pensées.
Harry ne comprenait pas. Son cerveau refusait d'admettre qu'il s'était livré à un homme sans même le savoir. Que cet homme en savait davantage sur lui que ses propres amis. Qu'il avait désiré le voir prendre vie. Qu'il avait eu ardemment besoin de quelqu'un. Il se sentait mis à nu, absolument ridicule et blessé. Blessé de sa propre naïveté. Raaah ! Il aurait dû savoir que ce tableau ne pouvait qu'être spécial !
– Oui, Harry j'ai vu ta détresse, j'ai vu ce que tu appelles tes faiblesses, souffla l'homme en ancrant son regard dans le sien. J'ai entendu ton souhait... Et je viens à toi, dénué de tout jugement, je peux te le promettre.
Harry savait que Salazar n'avait sans doute même pas besoin d'user de Légilimencie et n'avait qu'à attraper au vol les pensées qu'il laissait s'échapper de lui par vagues, incapable de les retenir. Son trouble était tellement intense, il était tellement fatigué. Et toujours ce sentiment de soulagement impossible à expliquer.
– Je suis un crétin et vous... vous êtes... Salazar Slytherin, lâcha-t-il comme la chute d'une mauvaise blague avec un rire nerveux.
Il se tut une demi seconde et reprit :
– Fondateur de la maison qui a vu naître plus de mages noirs que de raison. L'Alchimiste, le Potionniste, le Legilimens accompli, le serpent, l'insensible, le rusé, l'ambitieux, l'ingénieux, le déterminé, l'exigent Seigneur des Arts Noirs, l'homme qui a placé la magie à un tout autre niveau, le fichu taré qui a collé un Basilic dans un château plein d'élèves..., dit-il lentement, fixant un point derrière l'épaule de l'homme.
Salazar effectua une légère révérence avec un sourire fin sur les lèvres.
– Que de compliments. Force m'est de constater que ma réputation me précède.
– Vous n'êtes pas vraiment conforme à l'image que je me faisais de vous.
Le silence se fit et les deux hommes se fixèrent un long moment puis Salazar soupira lui offrant un sourire indéfinissable.
– Le temps s'écoule et la vie d'un homme devient un mythe, le mythe une vaste légende. Puis le temps passe, la légende s'obscurcit, répondit-il d'une voix mesurée. Peu de gens prennent le temps de voir plus loin que les préjugés déjà bien ancrés dans la notion commune. Pourtant des réalités sensibles se cachent là où personnes ne cherche plus à discerner d'autres vérités que celle qui leur parait la plus évidente. Rien n'est entièrement noir ou blanc, juste un savant mélange, un équilibre infiniment parfait en toute chose.
Il se tut quelques secondes et poursuivit d'une voix toujours aussi douce :
– Je ne vous ai pas jugé Harry et je sais que vous ne le ferez pas non plus. Vous en avez trop souffert et vous aurez la force de voir au-delà des faits préétablis. Vous le sentez au fond de vous-même, je peux le voir. Mille ans d'Histoire nous séparent et pourtant nous nous comprenons assez pour tenir une discussion civilisée ici et maintenant. Nous parlons la même langue. Et c'est ce qui compte.
Harry ne répondit rien, perdu dans le flux de ses pensées qui n'étaient en rien arrangées par l'attitude étrange de l'homme face à lui. Ils restèrent un moment silencieux, méditant les mots prononcés, laissant les affirmations puissantes flotter agréablement entre eux.
Le silence s'épaissit et on entendait seulement le léger bruit du vent contre la fenêtre de la chambre. Harry frissonna et le regard de Salazar s'intensifia.
– Fatigué, jeune homme ? demanda-t-il d'une voix douce.
Et avant même que Harry n'ait pu protester, une main ferme s'appuya contre son torse. Une autre main glissa dans son dos et exerça une pression de façon à ce qu'il soit à nouveau couché. Le contact le tendit un peu avant qu'il ne se soucie d'autre chose.
– Mais… !
– Pas de mais ! Je ne parle pas aux gens fatigués, leur cerveau perd la quasi-totalité de leur capacité à la réflexion et il se trouve que parler à des légumes n'est malheureusement pas mon passe-temps favori. Alors au lit Monsieur Potter ! Dormez ; les réponses ne s'enfuiront pas. Pas cette fois. C'est une promesse !
Il ne prêtait pas vraiment attention à ces allers et venues entre tutoiement et vouvoiement mais sa boussole s'en trouvait complètement confuse. D'autorité, on lui rabattit les couvertures jusqu'au cou. Par Merlin… Voilà qu'il se faisait border comme un gosse par Salazar Slytherin lui-même. Le monde était fou. Salazar lui adressa un clin d'œil. Non, ils étaient sans doute tous les deux fous et cette perspective, bien que peu alléchante, le fit doucement rire.
– Je ne disparaîtrai pas si vous fermez les yeux, ajouta-t-il dans un murmure tandis qu'il penchait son corps en avant et soufflait sur la bougie.
L'obscurité emplit la pièce et le sommeil s'empara d'Harry à nouveau. Salazar effleura encore une fois le front du jeune homme d'une main fraîche, terminant sa course en lui fermant doucement les paupières d'une pression légère.
Non, il ne disparaîtrait pas. Enfin il l'espérait…
A suivre…
Blabla de J' :
Je vous ferai remarquer que ce chapitre est publié plus tôt ! Mais c'est exceptionnel, c'est parce que j'ai eu des reviews vraiment adorables et je m'attendais pas autant d'engouement =)
Question ! Pour vous, quel est le couple que vous adorez et qui est sous-représenté ou pas du tout représenté sur le fandom (d'office on retire le HP/DM, HP/SS etc…^^) ? Simple curiosité ! Lâchez-vous, parlez-moi même des plus improbables :D
Merci d'avoir lu !
A bientôt !
Lots of Love,
Jelyel :D
PS : chapitre corrigé au 16 septembre 2015 ! :)
