Bonjour à tous,

Voici un chapitre soft. Peut-être trouverez-vous les prochains chapitres un peu lents mais j'avais envie de dépeindre une forme de vie quotidienne malgré la menace de Vous-Savez-Qui. J'espère que ce chapitre ainsi que les suivants vous plairont.

Bonne lecture !


Chapitre 36 - Le cottage de Mumbles

Rosie resta longtemps devant le cimetière, plongée dans ses pensées. Sirius ne pourrait jamais la trahir, pas elle. Elle se reprit et décida d'aller rejoindre son mari.

Quand elle rentra dans le manoir de sa tante, elle le retrouva en train de faire les cent pas dans leur chambre. Dès qu'il la vit, il se jeta sur elle pour la prendre dans ses bras. Rosie le serra fort. Comment la mère de Sirius pouvait-elle penser qu'il l'abandonnerait un jour alors qu'ils s'aimaient autant ? Ce n'était pas possible. Elle resta longtemps la tête posée contre son épaule sans rien dire.

Elle lui raconta ce qui s'était passé, sauf sa rencontre avec sa mère. Elle ne voulait pas le rendre furieux ou encore malheureux, pas maintenant. Cela n'était pas nécessaire.

Puis, elle commença à préparer ses valises. Maintenant que Rosie allait mieux, même si elle se sentait encore faible de temps en temps, ils avaient décidé de quitter le manoir des Jenkins pour aller dans leur propre maison, un vieux cottage qui se situait à Mumbles, un petit village côtier, au sud du Pays de Galles. Ce cottage appartenait à Alphard Black, l'oncle de Sirius qui était mort l'an passé. Ce dernier avait légué une forte somme d'argent à son neveu préféré ainsi que deux propriétés. Vu qu'il était majeur, il pouvait en profiter comme il le souhaitait. Sirius savait que sa mère avait été particulièrement outrée par le testament de son frère et avait tenté de récupérer son héritage mais ce dernier avait rédigé ses derniers voeux bien avant sa mort. Tout avait été fait dans les règles. Elle ne pouvait rien faire.

Cet été, avec l'aide de ses amis, Sirius était parti rénover le cottage des Mumbles afin qu'il soit habitable pour lui et Rosie. Ils avaient notamment "rafraîchi" la maison en changeant les tapisseries et les meubles. Lily, qui avait des dons certains en décoration, les avait aidés.

Rosie avait hâte de découvrir sa nouvelle maison et surtout de vivre seule avec Sirius.

Dans l'après-midi, ils dirent au revoir à sa tante Griselda et son oncle Otto, ainsi que sa cousine Elsa qui ne put s'empêcher de pleurer en voulant la retenir. Rosie lui promit de venir la voir le plus souvent possible.

Puis, ils transplanèrent aux Mumbles. Sirius avait envie de lui faire visiter le petit village côtier avant d'aller dans leur maison. C'était encore les vacances, et les gallois profitaient du soleil pour aller bronzer sur les grandes plages qui bordaient la côte. Rosie admira les belles maisons aux couleurs pastels, la verdure environnante, le grand phare qui guidait les bateaux, sur la baie de Swansea.

Quand ils arrivèrent devant une grande plage, Rosie jeta ses chaussures pour aller tremper ses pieds dans l'eau. Elle était fraîche mais le sable était agréable. Elle apprécia le va-et-vient des vagues sur ses chevilles. Elle se retourna vers Sirius qui était resté à quelques mètres d'elle et l'obligea à venir dans l'eau. Il n'avait pas envie de se mouiller les pieds mais Rosie insista tellement qu'il finit par accepter. Comment lui retirer le grand sourire qu'elle avait depuis qu'elle était arrivée ?

Le soleil commençait à se coucher. Ils décidèrent enfin de se diriger vers leur nouvelle maison. Sirius lui montra un papier indiquant l'adresse du cottage. Il ne voulut pas lui dire qui était le gardien du secret. Rosie fut un peu vexée mais comprit les réticences de Sirius. Depuis qu'il travaillait pour l'Ordre du Phénix, il était devenu de plus en plus suspicieux. Pour l'instant, cela ne l'avait pas beaucoup affectée. C'était juste des petites choses ça et là : des regards jetés derrière lui ou des questions parfois méfiantes.

Une petite maison de campagne avec un étage apparut devant elle. Il y avait un jardin qui permettait de faire cultiver des fruits, des légumes ou encore des fleurs. Sirius lui dit qu'elle pouvait en faire ce qu'elle voulait. Et Rosie avait déjà quelques idées, aimant beaucoup la botanique et certaines plantes pouvaient être très utiles pour concocter des potions.

- Tu penses que je pourrai faire construire une petite serre ici ? lui demanda-t-elle, ayant déjà des plans dans la tête.

- Oui, tu peux faire ce que tu veux ! C'est ta maison maintenant ! Viens !

Il lui prit la main et l'entraîna vers l'entrée. Et brusquement, il la souleva pour la porter dans ses bras. Rosie poussa un cri.

- Mais que fais-tu ? s'écria-t-elle.

- Il paraît que chez les moldus qui se marient, il faut franchir le seuil de sa maison de cette façon ! C'est Lily qui me l'a dit !

- Mais nous sommes des sorciers !

- J'aime bien cette tradition ! Pas toi ?

Rosie regarda Sirius, puis acquiesça. Cela lui faisait tellement plaisir qu'elle n'eut pas le courage de le contredire. Content, il s'avança, ouvrit la porte et ils franchirent ensemble l'entrée de leur nouveau domicile. Rosie rit et leva la tête pour l'embrasser.

Sirius la déposa par terre sans arrêter leur baiser. Ils se serrèrent dans les bras l'un de l'autre. Ils étaient enfin chez eux. Rosie regarda à peine autour d'elle, elle ne voyait que Sirius. Ils n'avaient pas pu être aussi intimes depuis des jours.

- Et si tu commençais la visite de la maison par notre chambre ? demanda-t-elle avec un sourire aux lèvres.

- Si c'est ce que souhaite Mrs Black ! s'exclama Sirius, réjoui.

Il la souleva à nouveau dans ses bras.

- Mais Sirius, je peux marcher ! lança Rosie, moitié indignée, moitié inquiète.

- J'ai envie de te porter jusqu'à notre lit ! Cette coutume m'a donné des idées.

Elle éclata de rire et ne pouvant discuter avec lui quand il avait une idée en tête, le laissa faire. Sirius prit l'escalier à gauche de l'entrée qui menait certainement vers leur chambre.

Il était tard dans la nuit, mais Rosie et Sirius étaient encore éveillés mais pensifs. Ils étaient allongés sur leur lit et avaient rabattu la couverture sur eux. Malgré l'été, les nuits restaient fraîches au Pays de Galles.

Sa tête posée sur l'épaule de son mari, Rosie jouait avec les quelques poils que Sirius avait sur son torse. Au bout d'un moment, il lui prit sa main.

- Je vais devoir partir dans deux jours, lui dit-il enfin, d'une voix triste.

- Déjà ? s'écria-t-elle.

- Oui… j'avais prévu de rester toute cette semaine avec toi et elle est presque terminée. Avec ce qui s'est passé, j'ai l'impression de ne pas avoir profité de notre temps.

- C'est vrai… c'est passé beaucoup trop vite, répondit Rosie, maussade. Sais-tu quand tu rentreras ?

- C'est difficile à dire, soupira Sirius. Les missions peuvent se terminer en quelques jours mais parfois, ça peut durer plusieurs semaines. Pour l'instant, je n'ai fait que des petites missions, mais je crois que Dumbledore a besoin de moi pour des affaires plus sérieuses.

- Est-ce qu'il y a d'autres personnes que je connais dans l'Ordre du Phénix ? demanda soudain Rosie.

Elle pensait aux autres Maraudeurs et à Lily. Son amie en faisait-elle partie ? Cette dernière ne lui avait rien dit.

- Je ne peux rien te dire, malheureusement ! dit-il. Cela vaut mieux pour toi !

Rosie soupira. Mais elle comprenait.

- Nous allons devoir parler de ta protection pendant que je ne serai pas là ! continua-t-il d'un air sérieux.

- Je n'ai besoin de personne pour me protéger, s'indigna-t-elle. Je sais me défendre.

- Rosie, il le faut ! insista-t-il d'une voix ferme. Tu es maintenant ma femme et tu sais très bien ce que pensent les Mangemorts de moi, tu as renié les Greengrass, ton frère est mort car il était contre Voldemort. Tu vas devenir une cible, malgré toi.

Rosie en avait assez. Cette guerre lui avait déjà pris son frère, n'était-ce pas suffisant ? Pourtant, ce n'était que le début, elle le savait.

- Que veux-tu faire ? lui demanda-t-elle, après un long soupir.

- Nous avons déjà lancé quelques sorts de protection avec Remus et James mais il faudra les renforcer. Tu devras transplaner dans un endroit précis du jardin pour aller d'un point à un autre. Mais il faudra que tu évites le plus de déplacements possibles. J'aimerais que la cheminée ne soit reliée qu'à l'hôpital Sainte Mangouste, pour te rendre à ton travail.

- Comment ? s'écria Rosie en sursautant.

- Oui, tu ne pourras pas l'utiliser pour aller au Chemin de Traverse ou un tout autre lieu. Je préfère que cela reste ainsi.

- Et tu penses que transplaner là-bas est moins dangereux ? demanda Rosie l'air dubitatif.

- Je préférerai d'une manière générale que tu évites tous les lieux sorciers !

- Mais je ne peux pas rester cloîtrer ici ! Je peux me défendre, protesta-t-elle une nouvelle fois. J'ai quand même eu un E en Défense Contre les Forces du Mal !

- Passer un examen n'a rien à voir avec la réalité, Rosie, crois-moi ! Et je ne peux pas te laisser sans protection.

- Mais…

- Il n'y a pas de mais, la coupa-t-il.

Rosie soupira à nouveau. Sirius était ferme et ne voulait pas céder. Elle capitula.

- Je souhaite pouvoir partir en mission sans avoir à m'inquiéter pour toi, reprit-il. Je te montrerai demain où tu pourras transplaner. Nous en profiterons pour renforcer les sortilèges de protection.

Le lendemain matin, elle fut réveillée par les rayons du soleil, qui filtraient par les rideaux tirés. Elle se retourna et découvrit Sirius encore profondément endormi. Il avait l'air serein. Elle ne voulut pas le déranger dans son sommeil et sortit du lit en silence. Elle s'habilla de sa robe de chambre sans faire de bruit et décida de sortir de la chambre pour explorer sa nouvelle maison. Elle n'avait pas encore visité le cottage.

Elle referma doucement la porte derrière elle et se retrouva dans un grand couloir. Le premier étage était composé de quatre pièces : leur chambre, deux autres pièces qui pouvaient servir de chambre ou de bureau et d'une salle de bain avec toilettes. Elle vit que seule leur chambre avait été confortablement aménagé. Sirius lui avait laissé la liberté de faire ce qu'elle voulait des autres pièces.

Elle descendit les escaliers et arriva dans un grand salon qui servait de salle à manger également. Grâce à Lily, la pièce était chaleureuse : il y avait des tableaux de paysages sur les murs, les lampes étaient d'allure victorienne, il y avait également une grande table en bois avec quatre chaises pour les repas. Dans le salon, un grand canapé moelleux décorés de coussins doux trônait, entourés de deux grands fauteuils et de sa table basse en bois vernis. Il y avait aussi une commode et une grande cheminée en pierre qui lui permettrait d'aller à l'hôpital chaque jour. Elle vit que Lily avait déposé des coussins à quelques mètres de la cheminée, sur un grand tapis à poils longs douillé. Elle avait peut-être pensé que Sirius et elle passeraient quelques soirées romantiques devant un feu. Rosie sourit à cette pensée. Elle devait absolument envoyer un hibou à son amie pour la remercier de ce qu'elle avait fait.

Rosie découvrit ensuite une grande cuisine où il y avait tous les ustensiles pour pouvoir cuisiner. Elle ouvrit le réfrigérateur et fut ravie de voir qu'il y avait déjà de la nourriture. Elle décida de préparer un petit déjeuner typiquement anglais.

Alors qu'elle surveillait la cuisson de ses saucisses, elle entendit du bruit dans l'escalier. Sirius arriva les cheveux complètement ébouriffés, en caleçon, t-shirt et pantoufles. Elle faillit éclater de rire devant son allure si débraillée car elle ne l'avait jamais vu aussi mal vêtu mais se retint. Maintenant qu'ils étaient mariés, ils pouvaient être naturels l'un envers l'autre. Néanmoins, cela lui fit quand même un choc. Adieu l'image du beau Sirius, les cheveux au vent, le visage éclatant !

- Bonjour, lui dit-il en souriant et en s'approchant pour l'embrasser.

- Bonjour, lui répondit-elle.

Il la prit dans ses bras et huma ses cheveux.

- Comment peux-tu sentir aussi bon dès le matin ? lui demanda-t-il.

- Ne dis pas n'importe quoi, répliqua-t-elle légèrement honteuse en se dégageant. Je sens les saucisses grillées !

- C'est pour ça que tu sens aussi bon !

Rosie entendit le ventre de Sirius gargouiller. Elle rit.

- Cela te va, tes saucisses avec des oeufs brouillés et des scones ?

- C'est parfait !

Rosie le fit s'asseoir et le servit. Sirius était ravi. C'était la première fois qu'elle cuisinait pour lui. Rosie avait également préparé du café et il se servit une tasse. Elle voulut s'installer devant lui pour manger mais elle entendit un bruit à sa fenêtre. Plusieurs hiboux attendaient d'entrer dans la cuisine.

- Assieds-toi, lui dit Sirius. Je m'en occupe.

Et ce dernier, d'un coup de baguette, ouvrit la fenêtre et les hiboux volèrent vers eux. Sirius sortit des graines d'un bocal pour les déposer sur la table et proposa du jus d'orange aux volatiles qui mangèrent et burent avec contentement. Pour leur premier jour de vie commune, ils reçurent plusieurs courriers, en plus de la Gazette du Sorcier. Tout d'abord, ils ouvrirent des cartes de félicitations en provenance de diverses connaissances qui n'avaient pu venir à leur mariage.

Rosie reconnut ensuite l'écriture de Lily et ouvrit avec à la lettre qui était à son attention.

"Ma chère Rosie,

Toutes mes sincères condoléances pour la mort de ton frère. Quand je vous ai quitté, toi et Sirius, il y a quelques jours, j'avais vraiment peur pour toi mais je n'ai pas voulu te déranger en t'envoyant un courrier plus tôt. Sirius m'a prévenu que tu allais mieux, donc, j'en profite pour t'écrire aujourd'hui.

J'espère que votre installation aux Mumbles se passent bien et que tu as apprécié la décoration du logement. Je n'avais pas beaucoup d'objets à disposition, donc, j'ai fait ce que j'ai pu. En tout cas, c'est chez toi et tu pourras l'arranger comme tu voudras.

Je suis très prise en ce moment mais j'aimerais vraiment que l'on puisse se voir prochainement, pour discuter un peu car tu me manques. Qui aurait pu penser ça il y a un an ?

En tout cas, je te souhaite un très bon aménagement dans ta nouvelle maison et je voudrais te réitérer mes condoléances pour ton frère. Je sais que cela est très dur pour toi. Sache que je suis là, si tu as besoin d'en parler.

A bientôt !

Lily"

Rosie sourit et décida de répondre à son amie dans la journée.

- Ce serait bien qu'on invite nos amis à dîner, quand tu reviendras de ta prochaine mission, dit-elle d'un air enjoué.

- Oui, pourquoi pas ! répondit Sirius entre deux bouchées.

Il lisait la Gazette du Sorcier avec concentration. Rosie ne voulut pas le déranger davantage.

Après s'être douchés, Rosie et Sirius décidèrent de faire un tour dans le jardin afin d'améliorer les sortilèges de protection. Il lui montra également où elle pourrait transplaner sans aucun soucis au fond du jardin, près d'un grand chêne. Rosie en profita pour aménager l'extérieur dans sa tête. Elle avait une idée assez précise de ce qu'elle voulait faire et en fit part à Sirius.

- Là, tu vois, je construirais une petite serre où je ferai pousser toutes sortes de plantes. Et puis, ici, tu auras notre petit potager où nous pourrons cultiver des légumes. Là, je planterai bien quelques arbres fruitiers…

- Fais comme tu veux, ma chérie, rit Sirius devant le zèle de sa femme. Tout est à toi ici !

Rosie soupira devant si peu d'enthousiasme. Elle ne savait pourquoi mais il semblait ne pas être aussi ravi qu'elle.

Sirius resta comme ça, la tête ailleurs, toute la journée. Même si elle était un peu vexée, elle ne dit rien. Elle savait qu'il pensait beaucoup à ses missions pour l'Ordre et il se faisait certainement du souci.

Le seul moment où elle sentit Sirius pleinement avec elle était dans l'intimité de leur chambre, ce qui la vexa encore plus. Néanmoins, elle n'avait pas envie de faire une scène pendant leur deuxième nuit dans leur nouvelle maison, d'autant plus qu'il allait partir le lendemain. A cette pensée, le ventre de Rosie se tordit. Elle était allongée dans ses bras et avait une boule dans la gorge.

- Comment vais-je pouvoir te contacter pendant ton absence ? lui demanda-t-elle. J'imagine que je ne pourrai pas t'envoyer de hibou.

Elle crut qu'il s'était endormi car il mit du temps à lui répondre.

- Avec James, on communiquait avec des miroirs quand on était en vacances, répondit-il. Je pense qu'on pourrait trouver un système similaire.

- On a toujours nos parchemins, s'écria-t-elle. Ce serait bien qu'ils puissent fonctionner même si on est loin l'un de l'autre.

- On peut les perfectionner.

- J'y réfléchirai. De toute façon, il me reste encore quelques jours avant de commencer mon nouveau travail. Je ferai quelques tests.

Rosie resta pensive. Cela signifiait qu'elle n'aurait pas de nouvelles de Sirius pendant un temps.

- Si j'ai une urgence, qui puis-je contacter ?

- Le seul que tu peux contacter en toute confiance, c'est Dumbledore.

- Comment ? Je devrais écrire au directeur de Poudlard.

- Oui car c'est le seul qui saura où je suis.

- D'accord, dit-elle d'une voix penaude.

- Ne t'inquiète pas, tenta-t-il de la rassurer. Tout se passera bien.

Rosie enfouit son nez dans son cou et tenta de ne plus penser au départ imminent de son mari. Elle s'endormit finalement dans ses bras.