Chapitre 37 - Premier jour à l'hôpital

Rosie se préparait devant son miroir. Elle ne savait pas quelle tenue elle devait porter pour son premier jour de travail. Bien sûr, elle porterait la robe verte désignant les guérisseurs, néanmoins, elle devait bien porter quelque chose en-dessous. Et quelles chaussures devaient-elles mettre ? Pourtant, au fond, cela n'avait pas beaucoup d'importance.

Elle choisit finalement une robe longue et des bottines avec des petits talons et sortit de sa chambre pour se rendre dans la cuisine.

Sirius était parti depuis trois jours et il lui avait fallu un peu de temps avant de prendre ses marques dans la maison. Elle n'était pas très grande, néanmoins, elle ne se sentait pas encore totalement chez elle. Elle était passée discrètement dans un magasin d'ameublement sur le Chemin de Traverse et avait fait des courses rapides. Depuis que Voldemort avait proclamé sa volonté de renverser le Ministère de la Magie actuel, il n'était plus raisonnable de se promener dans les lieux sorciers. Rosie avait transplané dans une petite ruelle juste à côté de la boutique, avait choisi ses meubles et ses décorations vite fait et avait demandé une livraison pour le lendemain. Puis, elle était repartie tout aussi rapidement.

Elle avait également reçu un courrier de la guérisseuse Winger lui indiquant que l'hôpital avait pris des précautions de sécurité. Tout d'abord, le transplanage n'était pas possible aux abords de l'institut. Il fallait que les guérisseurs et autres travailleurs transplanent à cinq rues, ce qui avait indigné les employés. Mais la peur d'une attaque était tellement forte qu'ils renoncèrent et acceptèrent les conditions mises en place par l'hôpital.

Les employés pouvaient encore utiliser leur cheminée pour accéder à l'hôpital mais chacune était surveillée et répertoriée avec soin. En cas d'urgence, les sorciers accidentés ne pouvaient même pas y entrer directement, devant utiliser l'entrée du public. Cela compliquait les interventions mais le directeur de l'hôpital, Anatole Strout, avait été intransigeant. La sécurité avant tout !

Rosie se prépara du thé et deux toasts qu'elle beurra de marmelade. Un hibou venait d'arriver pour lui déposer la Gazette du Sorcier et elle prit le temps de le lire. Elle s'était levée très tôt, comme elle avait l'habitude de le faire à Poudlard. Mais aujourd'hui, son stress avait été tellement grand qu'elle avait à peine fermé l'œil de la nuit. Pourtant, elle n'était pas fatiguée et lut les gros titres ainsi que les articles qui l'intéressaient d'un œil alerte. Bien sûr, elle passait toujours par la rubrique nécrologique pour voir qui avait disparu ou était mort. Certains jours, aucun nom n'y figurait, mais à d'autres moments, la liste était longue. Fort heureusement, aujourd'hui, aucun sorcier n'était mort. Elle referma le journal et soupira de soulagement.

Elle finit de manger ses toasts, prit sa tasse de thé et décida de prendre quelques temps pour écrire à son bureau. Depuis qu'elle était arrivée au cottage, elle écrivait dans un journal qu'elle adressait ce journal à son frère disparu, Archi. Elle savait bien qu'il ne le lirait jamais mais elle avait besoin de coucher sur papier ses sentiments du moment, comme s'il allait lui répondre un jour. Quand elle eut fini d'écrire tout ce qu'elle avait à dire, elle décida d'envoyer un courrier à Lily pour lui proposer un déjeuner.

Elle n'avait pas trouvé de moyen pour contacter Sirius. Elle avait tenté d'ensorceler les anciens parchemins qu'ils avaient à Poudlard mais elle savait que leur portée n'était pas assez grande. Elle avait besoin de l'aide d'une grande ensorceleuse. Elle était douée en sortilèges mais apparemment pas suffisamment. Elle en parlerait à Lily quand elle la verrait.

Elle sortit pour aller dans la volière de son hibou Malcom et lui remit la lettre pour son amie. Ce dernier accepta les caresses de sa maîtresse en fermant les yeux. Puis, il lui cogna sa main de sa tête et dans un grand battement d'ailes, partit faire son travail de hibou.

Rosie avait encore du temps devant elle mais elle décida de partir pour l'hôpital. Elle préférait arriver en avance. Elle prit sa cape et se dirigea vers le grand chêne au fond du jardin pour transplaner. Sa cheminée n'était pas encore connectée avec l'hôpital et elle devait la faire enregistrer en tant qu'employée avant de pouvoir l'utiliser. Comme l'avait averti Sirius, elle regarda autour d'elle pour voir si elle ne voyait pas de personne suspecte dans les environs. Elle était bien seule. Elle arriva au pied de l'arbre et transplana aussitôt dans une petite ruelle à sens interdit dans les rues de Londres. Ses bottines claquèrent sur la rue pavée. Rosie décida de les ensorceler. Il n'était pas question que les gens l'entendent arriver. Elle décida également de se lancer un sort de désillusion. On n'était jamais assez prudent, comme lui disait constamment Sirius.

Il était encore tôt à Londres, seulement 8h du matin. Pourtant, les rues étaient bondées de moldus qui se dirigeaient vers leur voiture ou leur station de métro pour aller travailler. Rosie ne fit pas attention aux personnes autour d'elle et marcha d'un pas assuré pendant une dizaine de minutes vers l'hôpital de Sainte Mangouste.

Elle arriva enfin à destination et se rendit à l'entrée du public. Elle n'avait pas encore son badge officiel et ne pouvait accéder par l'entrée des travailleurs. Elle retira son sort de désillusion quand elle arriva devant la vitrine et se présenta à l'un des mannequins, qui la fit entrer.

Elle se retrouva dans le grand hall d'accueil, des sorciers et sorcières allant d'un côté ou de l'autre. Elle devait retrouver la guérisseuse Wyrma Winger au premier étage, au service des Blessures par Créatures Magiques.

Elle trouva cette dernière dans son bureau, comme la toute première fois qu'elle l'avait rencontrée pendant son stage de Noël.

- Bonjour Wyrma, dit Rosie, après avoir toqué quelques coups à la porte de la médicomage.

- Ah bonjour Rosie ! s'écria Wyrma avec un grand sourire. Je ne t'attendais pas aussi tôt ! Tu as au moins une demi-heure d'avance !

- Oui, désolée, je n'avais pas envie d'être en retard, répondit-elle d'un air gêné.

- Ne t'inquiète pas ! On va dans ce cas prendre un café ou un thé dans la salle des employés ! Ton tuteur n'est pas encore arrivé, donc, tu peux prendre ton temps.

- D'accord. Mais et toi ? Tu n'as pas du travail ?

- Oh, c'est juste de la paperasse…

Wyrma regarda le tas de papiers qui était posé sur son bureau avec regret.

- Je déteste faire la paperasse, lui dit-elle dans un soupir. Je procrastine… et ensuite, je m'en mords les doigts car je dois rendre les rapports quasiment tous en même temps.

Rosie compatit pour la guérisseuse. Elle la comprenait bien qu'elle n'ait jamais eu à faire de la "paperasse".

- Tu connais déjà la maison ? s'écria Wyrma.

- Oui, pas besoin de me refaire une visite, rit Rosie, même si je sais que tu préfères ça à tous tes papiers.

- Oui… soupira-t-elle à nouveau.

Rosie sourit.

- Bon, allons d'abord boire un café ! s'exclama Wyrma.

Et Rosie la suivit tout au bout du couloir. La guérisseuse ouvrit une porte où une pancarte "Privé" était indiquée. Elles entrèrent dans une grande salle aux murs blancs : une dizaine de tables rondes étaient installées ainsi que des chaises mais également des fauteuils et des tables basses. Il y avait même trois grands canapés qui servaient parfois de lits pour des guérisseurs trop fatigués par leur service pour rentrer chez eux. Une dizaine de médicomages étaient déjà présents : certains lisaient le journal du jour, d'autres discutaient entre eux sans faire trop de bruit et d'autres encore buvaient tranquillement leur café en lisant un livre.

- Bonjour ! lança Wyrma à la cantonade.

Certains sorciers levèrent la tête et en la reconnaissant, lui dirent bonjour également. D'autres continuaient leur conversation sans faire attention à l'intervention de la guérisseuse.

- Je vous présente Rosamund Black, dit-elle en présentant Rosie.

Tous les sorciers, cette fois, se turent et la dévisagèrent. Rosie se sentit subitement gênée et ses joues se teintèrent de rouge. Forcément, l'histoire de son nom l'avait précédée : tout le monde était au courant dans le monde magique que la famille Greengrass n'avait pas perdu un enfant mais deux avec le reniement de leur fille. Tous connaissaient Agatha Greengrass, la trésorière des Sœurs Sorcières de la Charité de l'Hôpital de Sainte Mangouste. De plus, Rosamund Greengrass avait choqué les mères "bienveillantes" des familles de sang-pur en se mariant avec un mauvais garçon, le célèbre Sirius Black, également renié par sa propre famille.

Rosie vivait recluse depuis deux mois chez sa tante et maintenant dans son cottage et elle ne s'était pas rendue compte qu'elle était devenue célèbre malgré elle. Néanmoins, elle ne se démonta pas devant tous ces regards ahuris, surpris ou même méprisants. Elle avait affronté la haine de sa maison à Poudlard et dernièrement, avait réussi à rester debout avec fierté face à Walburga Black. Elle n'allait pas se laisser marcher sur les pieds par ces guérisseurs, même s'ils étaient plus expérimentés et plus âgés qu'elle.

Elle releva la tête et se tourna vers Wyrma qui avait compris sa bourde et se sentait un peu mal à l'aise.

- Alors, ce thé ? s'écria Rosie vers son amie.

- Oui, bien sûr ! Viens ! dit son interlocutrice avec un sourire.

Elles se dirigèrent vers le grand buffet. Rosie avait apporté sa propre tasse et la remplit d'eau chaude après avoir mis un sachet de thé noir. Elles allèrent s'asseoir sur une table au fond de la salle. Les regards étaient toujours tournés vers elles mais les discussions avaient repris. Ça y est, les ragots commencent ! se dit Rosie, de façon narquoise.

- Malheureusement, ça ne doit pas trop te changer de Poudlard, dit Wyrma, d'un air triste.

- Non, ne t'inquiète pas ! J'ai l'habitude maintenant ! affirma Rosie. Je pensais juste qu'en travaillant à l'hôpital avec des adultes, tout ceci serait derrière moi.

- L'école n'est malheureusement qu'un écho du monde adulte.

Elles soupirèrent en chœur et se mirent à rire.

- Comment vas-tu ? demanda Wyrma, d'un air sérieux.

- Oui, ça va, tenta de la rassurer Rosie.

- Tu es sûre ? J'ai l'impression que tu as encore maigri depuis que je t'ai vu la dernière fois.

- Mais pas du tout, je mange mes trois repas par jour.

Myriam la dévisagea. Rosie inspira.

- C'est vrai que sans Sirius à la maison, confia-t-elle, ce n'est pas pareil. Je me sens un peu seule.

- Je te comprends. Je n'ai toujours pas compris ce qu'il faisait comme travail, en revanche, je ne suis pas vraiment sûre que ce soit une bonne idée de te laisser seule comme ça, surtout après la mort de ton frère.

- C'est bon, je suis une adulte, Wyrma, je sais me débrouiller.

- Oui, c'est ce que tu dis ! Quand même, cela fait même pas deux semaines… Enfin, tu sais que tu peux compter sur moi, n'est-ce pas ? S'il y a le moindre problème ? Ou si tu te sens un peu seule ?

- Merci Wyrma.

Rosie toucha le bras de son amie et le serra de sa main pour montrer sa reconnaissance. La guérisseuse releva la tête et reconnut quelqu'un.

- Ah tiens, Christopher ! s'écria-t-elle.

Elle se leva de sa chaise et lui fit un grand signe de la main pour qu'il les rejoignent. Le Christopher en question était un bel homme d'une vingtaine d'années aux cheveux blonds courts et aux yeux verts. Il était carré au niveau de ses épaules et très grand. Il fit un grand sourire et Rosie remarqua ses dents blanches parfaitement alignées. Elle avait un vague souvenir de cet homme. Il avait sûrement été à Poudlard pendant sa scolarité. L'homme se servit une grande tasse de café et avança prudemment vers les deux femmes sans en faire tomber une seule goutte.

- Bonjour Wyrma, lança-t-il d'une voix grave mais chaleureuse.

- Salut Chris ! Comment vas-tu ?

- Ça va pas mal !

Il sourit à nouveau à Wyrma et Rosie pensa immédiatement qu'il devait avoir du succès auprès des femmes.

- Rosie, je te présente le guérisseur Christopher Stills ! dit la guérisseuse à son attention. Ce sera ton tuteur pour ton apprentissage.

Rosie la regarda avec des yeux ronds. Son tuteur ? Elle se leva brusquement de sa chaise et tendit la main vers le guérisseur Stills de façon officielle. Ce dernier ne put s'empêcher de rire, se leva et prit la main qu'elle lui tendait. Sa poigne était ferme et énergique.

- Et voici Rosamund Black, dit Wyrma en terminant les présentations.

- Enchantée !

- Enchanté !

Rosie se sentit soudain gênée. Elle ne s'était pas attendue à rencontrer son tuteur à cet instant, alors qu'elle prenait tranquillement son thé.

- Le guérisseur Stills te suivra pendant tes deux ans d'apprentissage, expliqua Wyrma. Comme tu le sais, tu passeras quatre mois et demi dans chaque département de l'hôpital. Christopher est dans le service des Empoisonnements par potions et plantes. Je crois que c'est un service qui t'intéresse beaucoup.

- Oui, en effet !

- Wyrma m'a dit que vous étiez une maîtresse de potions douée, dit le guérisseur Stills.

- Oh non, pas du tout… Enfin, je me débrouille.

- Rosie est trop modeste, lança Wyrma. Elle était l'élève préférée du professeur Slughorn.

Le guérisseur Stills fut impressionné.

- Ensuite, à la fin de tes deux ans d'apprentissage, continua Wyrma, tu passeras l'examen final pour devenir Guérisseuse et tu pourras choisir ta spécialisation.

Rosie hocha la tête. Elle ne put empêcher la question qui lui traversa l'esprit.

- Vous avez été diplômé de Poudlard en quelle année ? lui demanda-t-elle avec curiosité, elle avait posé cette question les oreilles en feu.

- En 1973, répondit Stills sans s'offusquer de la question.

- Je me disais que je vous avais déjà vu.

- Tu verras, le guérisseur Stills est très doué, il a vite monté les échelons.

- Tu me flattes, Wyrma !

- Mais pas du tout ! Tu étais à Serdaigle, n'est-ce pas ?

- Oui. Et vous ? Vous étiez dans quelle maison ? demanda-t-il à l'attention de Rosie.

Un an auparavant, elle aurait répondu fièrement Serpentard, mais depuis le début de son histoire avec Sirius, elle ne savait plus si c'était une bonne chose. Elle savait comment les autres maisons méprisaient la sienne. Néanmoins, elle ne put lui mentir.

- Serpentard.

Stills eut un sourire en coin. Pourquoi cette information le faisait-il rire ? Il vit qu'elle l'observait d'un air choqué et se défendit.

- Excusez-moi si je vous ai offensé, se reprit-il. Mais j'ai entendu dire que tous les Black allaient à Serpentard. Il y en a juste eu un…

- Oui, Sirius Black, dit Rosie d'un air froid.

- Tout à fait, à part lui…

- Sirius Black est mon mari, s'écria-t-elle d'une voix ferme. C'est pourquoi je porte son nom.

Le guérisseur Stills fut surpris. La jeune fille devant lui avait l'air tellement jeune. Puis, il fit enfin les bonnes connexions dans son cerveau. Il n'était pas porté sur les ragots mais il avait entendu parler d'une histoire sur les Black et les Greengrass…

- Ah, fit-il l'air bête.

Rosie ne put s'empêcher d'éclater de rire en voyant la tête ahurie du guérisseur. Ce dernier rougit subitement et elle remarqua enfin que l'homme n'était pas forcément beaucoup plus âgé qu'elle. Wyrma se joignit à son rire.

- Je suis désolée, guérisseur, s'excusa Rosie en s'essuyant les yeux. Mais votre tête !

Le guérisseur Stills rit à son tour. Ce fou rire acheva de sceller leur amitié.

Quelques jours plus tard, Rosie se rendit dans un café au nord de Londres. C'était un café moldu et n'ayant pas l'habitude de fréquenter ce genre de lieu, elle se sentait perdue et regardait tout autour d'elle. Cependant, Lily lui avait donné rendez-vous dans cet endroit assez incongru. Son amie ne voulait sûrement pas la rencontrer sur le Chemin de Traverse ou dans un restaurant sorcier. Il était dangereux de se montrer dans ces lieux.

Rosie s'installa sur une table avec deux chaises et quand la serveuse vint la voir pour lui demander ce qu'elle voulait boire, elle demanda simplement de l'eau. Elle détailla le menu qui était devant elle. Elle connaissait la plupart des plats indiqués, ce qui la soulagea. Elle entendit le bruit de la clochette de la porte, releva la tête et aperçut une jeune fille aux cheveux auburn et aux yeux verts qui lui faisait un grand sourire. Rosie se leva et prit son amie dans ses bras. Leur étreinte fut longue, elles ne s'étaient pas revues depuis le mariage.

- Comment vas-tu ? lui demanda Rosie.

- C'est à moi de te poser la question ! s'écria Lily. Alors ces premiers jours à Sainte Mangouste ?

- Fantastique !

Rosie lui raconta tout : sa rencontre avec son tuteur, ses débuts en tant qu'apprenti-guérisseuse au service des Accidents Matériels, ses collègues, ses patients… Lily l'écoutait avec un grand sourire sur les lèvres. Elle était ravie de la voir aussi réjouie. Elle ne lui posa pas de question indiscrète sur son frère ne voulant pas plomber l'ambiance. Pourtant, quand le sujet tomba sur Sirius, Rosie effaça la joie qu'elle avait sur le visage.

- Cela fait une semaine qu'il est parti en déplacement, lui dit-elle d'un air triste.

Lily lui serra la main, comprenant sa peine.

- Moi aussi, je ne vois pas beaucoup James en ce moment, s'écria-t-elle. Il part beaucoup en missions.

Rosie comprit avec ces quelques mots que James était également dans l'Ordre du Phénix, ce qui n'était pas étonnant. Lily la comprenait donc parfaitement.

- Et ton travail ? demanda Rosie. Tu ne m'as pas vraiment dit ce que tu faisais.

- Oh moi, au ministère, répondit évasivement Lily. Ce n'est pas très intéressant.

Rosie plissa des yeux. Elle sentait que son amie ne lui disait pas tout. Mais vu que tout le monde avait maintenant ses secrets, elle n'insista pas.

- J'ai une grande nouvelle à t'annoncer, lança Lily l'air plus réjoui. Devine !

Rosie réfléchit quelques instants, puis une seule idée lui vint à l'esprit.

- James t'a demandé en mariage ? demanda-t-elle d'un air taquin.

- Eh oui ! s'exclama Lily en lui montrant sa main gauche.

Elle portait une bague de fiançailles. Rosie l'admira.

- Quand ?

- A la fin de l'année, le 15 décembre. Tu es bien sûr invitée ! Et tu recevras une carte officielle et tout ça !

- Wow, c'est fantastique ! J'ai hâte !

- Oui, moi aussi ! Mais je ne savais pas que c'était aussi fatigant d'organiser un mariage, soupira Lily. Comment, toi, tu as fait ?

- Je t'avoue, c'est ma tante qui a quasiment tout fait pour moi !

- La chance ! Et James qui ne peut pas m'aider !

- En même temps, tu n'es pas obligée de faire un grand mariage, dit Rosie.

- Oui, c'est vrai, mais tu me connais, j'ai toujours rêvé d'un mariage de princesse !

- Je sais, Lily.

Rosie prit ses mains dans les siennes et les serra fort. Elle était très heureuse pour son amie. Elles déjeunèrent en se racontant les derniers ragots. Quand elles se quittèrent au bout de deux heures, Rosie regretta de n'avoir connu que très tardivement l'ancienne Gryffondor. Mais celle qu'elle était un an auparavant n'aurait jamais pu envisager passer un agréable moment avec Lily Evans.