From Past, with Love
Le cercle des reviewers anonymes :
Nyx : Haha l'évolution va se faire à un rythme assez lent mais ça évoluera, promis ! :D Je vais essayer de poster vite, promis !
Le mieux c'est que tu te créées un compte et que tu l'ajoutes en Follow :) Tu sauras automatiquement quand je poste un nouveau chapitre !
Merci beaucoup en tout cas !
A bientôt !
Guest :
Intéressant ? Ah ? :P Ouaip il permet quelques explications sur le cas de Harry et d'autres menues petites choses ! Il est pas très long mais bon, il servira à l'intrigue principale !
Je posterai au plus vite comme ça les chapitres courts n'attendront pas longtemps la suite !
Merci beaucoup ! A bientôt !
cha910 :
Ah oui effectivement ! Fan ! Y en a pas beaucoup qui connaissent la plupart de mes histoires ! :D Merci en tout cas, très contente que ça te plaise ! Tu en auras encore vu qu'il y a 44 chapitres de prévus pour cette fic !
La suite arrivera au plus vite, je vais essayer de me dépêcher pour la poster !
La personnalité de Salazar, pareil vous allez en manger pas mal haha ! Vous allez lui découvrir pas mal d'autres traits également !
Je suis d'accord avec toi ! C'est très rare même mais le peu qu'il y a est assez cool( sauf une dont je me souviens plus le titre haha) !
Celle d'Eros arrive sous peu et celle-là aussi :D
Merci beaucoup de me lire en tout cas, c'est super sympa !
A bientôt !
Note :
Merci beaucoup pour cette reprise de post en grande pompe ! Vous êtes trop bons avec moi :'(
Je vous signale que ce chapitre fait toujours partie du stock que j'avais en avance il y a plus de deux ans. Il a été retouché mais voilà ! Attention également, il est dense. Genre vraiment. Y a un paquet d'infos donc accrochez-vous !
Bonne lecture !
Chapitre Dixième
La famille Slytherin
Salazar se tourna à nouveau vers lui sans un mot. Il s'approcha avec une lenteur calculée, une lueur étrange dans ses yeux argentés. Silencieusement, il s'assit au bord du lit et fixa le jeune homme. Harry détourna le regard lorsqu'il ne put le soutenir davantage. Il s'en serait giflé de se montrer à la fois si mal à l'aise et si détendu en présence du mage. Comme si rien dans ce qu'il ressentait en sa présence ne pourrait être simple un jour. Toujours cette ambivalence difficile à démêler, à comprendre.
– Vas-tu réellement dormir ainsi vêtu ? interrogea soudainement Salazar et Harry célébra mentalement le retour de ce sourire si malicieux sur les lèvres du serpent.
Harry jeta rapidement un coup d'œil à ses vêtements et entreprit d'enlever son t-shirt. Il se stoppa brutalement, anormalement gêné par la présence de l'autre homme qui l'observait se déshabiller, l'œil taquin.
Celui-ci éclata de rire devant le regard éloquent que le jeune sorcier lui lançait, le poussant à se détourner. L'homme dirigea son regard vers l'autre bout de la pièce sans se départir de son sourire moqueur. Harry resta un moment immobile avant de pester contre son t-shirt tandis qu'il se dépêtrait avec, semblant coincé quelque part.
Ne gardant pour pyjama que son boxer noir, il se blottit dans les couvertures, assis, l'oreiller remonté derrière son dos pour atténuer la rigidité du montant du lit.
Salazar s'assit en tailleur face à lui, trop près de lui, l'air follement amusé par la situation, comme si quelque part, il lui faisait payer le fait de lui avoir demandé de rester avec lui ce soir. Un silence s'installa et chacun savoura l'ambiance paisible et un peu irréelle qui régnait dans la pièce.
D'un mouvement de la main, le fondateur alluma une bougie, conscient qu'Harry ne tenait pas particulièrement à dormir. Pas tant qu'il n'aurait pas atténué le flux continu de questions dans son esprit.
– Racontez-moi comment c'était à votre époque ? J'ai du mal à imaginer… à peu près tout, demanda finalement Harry à voix basse. Et je ne peux pas ignorer le fait de côtoyer un… personnage légendaire de l'Histoire sans vous torturer de questions…
Salazar détourna un peu le regard, l'expression floue.
– Que veux-tu savoir ? Précise-moi ta pensée ? demanda-t-il avec un sourire mélancolique, un sourire adressé au néant qu'il fixait ou peut-être aux souvenirs qui affluaient à l'entente de la question presque naïve.
– Tout ? laissa échapper Harry avant de remuer inconfortablement contre son oreiller lorsque le regard du fondateur revint sur lui sans qu'il ne pivote vraiment la tête, lui donnant un air profondément malicieux. Que faisiez-vous ? A quoi ressemblait votre quotidien ?
Salazar émit un rire indulgent, affectueux, et effleura doucement sa main qui reposait sur la couverture pour le rassurer. Ils frissonnèrent.
– J'ai voyagé. Pendant des années. L'avantage d'être un sorcier à mon époque résidait principalement dans l'accès illimité à toutes les terres que les moldus ne pouvaient qu'entrevoir en rêve, commença-t-il, la voix basse, posée, ses yeux brillant à la lueur dansante de la flamme. J'étais curieux, désireux d'apprendre. De connaître ces autres dieux que chérissaient autrefois les romains, les grecs. Plus qu'avides d'apprendre ce que les hommes du Nord cherchaient sur nos terres et pourquoi mon oncle les avait si longtemps appelés « païens », « sauvages », « barbares ».
– Les hommes du Nord… ? Attendez une seconde, j'en ai entendu parler ! Ils…
Harry fit un geste, portant une main vague à sa tête pour se souvenir. Son regard s'éclaira soudain.
– C'est ça ! Des vikings ! Les sorciers vivaient parmi eux à cette époque, n'est-ce pas ?! lança-t-il, fébrile.
– C'est exact. J'ai vécu parmi eux, pendant un temps. Les sorciers pensaient que… Ils croyaient en des dieux, tu dois en connaître certains.
– Thor, Odin, Freya, Loki…, récita Harry, surpris que le peu qu'il avait tiré des cours de Binns devienne si fascinant tout à coup. Vous…
Il s'arrêta pris d'un doute.
– Vous… croyez en ces dieux ?
Salazar grimaça, hocha la tête puis dénia la seconde d'après. La question semblait devoir amener une réponse complexe dont Harry n'obtint qu'un ersatz :
– J'ai vu des choses qui me feraient croire en chacun des Dieux que les hommes et les sorciers ont pu vénérer. Qu'ils soient uniques ou multiples. Mais je ne suis pas homme à m'incliner bien que je les respecte à ma manière. Je crois en leurs présages et en leur présence inquiétante et bienveillante au-dessus de nos têtes. Je crois en leur ombre dans nos pas, parfois, à la poussée qu'ils exercent dans notre dos pour nous précipiter dans le bon comme le mauvais.
Harry hocha la tête, comprenant que le sujet était personnel et qu'il n'en saurait sans doute jamais plus.
– Vous parliez de votre oncle, l'Angleterre était envahie par des raids vikings à cette époque ? Quand êtes-vous né pour qu'il les ait connus et puisse vous les raconter ? Où ?
Il se tut sous l'afflux de question et Salazar rit de nouveau alors qu'Harry souriait d'un air désolé.
– Très bien, Monsieur Potter, accrochez-vous bien si c'est absolument tout que vous souhaitez savoir. Je suis né en l'an 954, le vingt-cinq Décembre, plus précisément, de Céleste Constance Althéa et de Silas Alastair Slytherin. Ma mère m'a mis au monde en Francie, sous le règne de mon cousin Lothaire, lui débita doucement Salazar, sondant ses réactions. A l'époque mon père faisait partie de la cour de Francie, introduit en toute discrétion par son frère Louis IV depuis plusieurs années…
Harry se figea et épingla le regard de Salazar qui se tut. Louis IV ? Cour de Francie ?
– Oh. J'aurais dû commencer par-là, n'est-ce pas ? dit-il avec un sourire amusé.
– Votre père était… membre de la famille Royale de France ?
– Membre ? Non, bien sûr que non. Il était apparenté à la famille royale. Un bâtard pour être plus exact. Et un cadet, donc peu éligible au trône, tu en conviendras, expliqua Salazar d'une voix douce avant de l'interroger : France… ? C'est le nom que vous donnez au Royaume des Francs désormais ?
Il se pencha en avant, effleurant Harry qui se tendit. Puis d'un mouvement leste, il attrapa le petit chandelier pour amener la bougie à lui, la tenant dans une main et jouant avec la flamme de l'autre. Harry cligna des yeux, tentant de se défaire de la sensation étrange que l'effleurement avait généré.
– Ce n'est plus un royaume. C'est… une démocratie.
– Mmh ? souleva Salazar, le regard dans le vague. A la manière d'Athènes ?
Harry faillit se frapper le front du plat de la main. Salazar devait tout ignorer du sens que les moldus donnaient eu terme démocratie.
– Un peu différent d'Athènes. Un président est élu et « règne » pendant une durée déterminée par les lois, bien qu'il ne détienne pas tous les pouvoirs. C'est très différent d'un roi. L'Angleterre a toujours une reine cependant, mais c'est un premier ministre qui prend toutes les décisions politiques.
Salazar éclata de rire.
– Vraiment ? Etonnant ! se moqua-t-il doucement, passant son doigt à travers la flamme sans que celle-ci ne semble le brûler.
Le silence s'étendit et Salazar releva la tête, comprenant qu'Harry attendait patiemment qu'il continue. L'homme sourit et reprit :
– Mon père est né deux ans après son aîné, Louis, futur roi des Francs. Leur mère, Edwige du Wessex, avait eu Louis de son union avec Charles III. Puis elle s'était exilée en 922 avec leur fils dans sa famille, dans le Wessex, lors de l'emprisonnement de son époux.
Il tiqua à l'évocation d'une Edwige, lui ramenant le souvenir douloureux de sa chouette, disparue l'an dernier dans des circonstances plus qu'étranges. Il ne releva pas vraiment le hasard étrange d'entendre ce prénom évoqué dans une conversation avec Salazar.
– Le Wessex ? releva Harry.
– Un royaume d'Angleterre situé entre la Domnonée à l'ouest, la Mercie au nord et les royaumes de Kent, de Sussex et d'Essex à l'est, expliqua Salazar en détail, bougeant ses mains pour le situer, le regard perdu dans le néant, brillant.
– Ce n'est pas tellement plus clair…, murmura Harry en se sentant profondément demeuré.
– C'est un royaume au Sud-Ouest de l'Angleterre, si tu préfères, consentit à éclaircir le fondateur avec un sourire bref. Charles III, le père de Louis avait été incarcéré, évincé du trône, d'où l'exil de son héritier. Mais ce n'est pas l'unique raison qui a poussé Edwige à fuir. Alors que Charles croupissait en prison, elle a découvert qu'elle attendait un enfant depuis seulement deux mois. Un enfant qui ne pouvait être celui de Charles alors emprisonné depuis plus de trois mois. Il était le fruit d'une aventure qu'elle avait eu avec un étrange messager du nom d'Alastair Slytherin, venu lui apporter des nouvelles du Roi Edouard du Wessex, le père d'Edwige.
– Elle est partie pour couvrir sa grossesse. Son père l'a protégée ?
– Bien entendu. Edwige était une très jolie femme, forte de la beauté de sa mère, Elfleda. Il n'était pas vraiment étonné que des hommes y succombent bien que cela mette en danger non seulement sa fille, mais aussi le fils à venir de celle-ci. Edouard est mort deux ans après l'arrivée de sa fille et c'est Athelstan, le frère d'Edwige, qui est monté sur le trône. Alastair fut recherché, mais jamais retrouvé et Edwige confia l'éducation de mon père à Athelstan qui le fit élever en toute discrétion à la cour du Wessex. Il s'est avéré que mon père a rapidement manifesté des dons plus qu'étranges et ce n'est qu'à ce moment-là que le secret de la nature d'Alastair a surgi : un sorcier. Mon père était donc un sorcier lui aussi. Un sorcier de sang royal qui plus est. Rien n'était plus dangereux que cela. Aussi l'éloigna-t-on au maximum de son frère aîné, Louis, pour éviter toute jalousie malvenue. Pourtant ma grand-mère a toujours gardé un lien étroit avec mon père. Elle l'aimait beaucoup, pas comme une reine aime avec froideur un bâtard qui ne peut que la mener à la disgrâce, mais comme une mère aime son enfant sans condition.
Soufflé, le jeune homme ne pipa pas un mot, tentant de comprendre ce qu'avait pu être la condition d'un sorcier à la cour du Wessex en ce temps. Lié, qui plus est, au futur roi des Francs.
– Edwige a été rappelée en Francie en 936, ainsi que Louis, surnommé d'Outremer en raison de son exil prolongé dans le Wessex natal de sa mère. Couronné depuis quelques années, il fit néanmoins appeler mon père à sa cour et en fit le précepteur de ses enfants. Il présentait l'avantage diplomatique d'être en bons termes avec le Wessex et la Francie. Très érudit, mon père parlait également plusieurs langues et était d'une rare éloquence verbale comme écrite. Il y est resté jusqu'à ce qu'il rencontre ma mère, une simple paysanne de Bretagne, lors d'un voyage d'affaire. Il quitta la cour et c'est peu de temps après que je suis né.
Un silence s'étendit, seulement brisé par le bruit feutré de leurs respirations.
– Et votre grand-père, Alastair ?
– Mon père l'a revu. Des années après. J'étais né à cette époque. L'homme ignorait tout du fait qu'il avait eu un fils et est mort peu de temps après avoir rencontré sa descendance, lui qui ne souhaitait pas particulièrement en avoir. L'important étant que les Slytherin étaient une famille de sorcier ancienne, respectée, descendant d'une lointaine branche des héritiers de la fée Viviane et de Merlin. La branche directe, issue de leur héritier mâle, avait disparu il y a des siècles de cela, mais mon père a toujours tenu à ce que nous ayons une attitude digne de nos illustres ancêtres tant du côté de son père que de sa mère. Il aimait beaucoup son oncle, Athelstan et respectait assez l'Histoire des sorciers pour établir que son sang était unique. J'imagine que, bien qu'il accepte que Merlin soit notre aïeul, il supportait mal la malice qui nous venait droit de Viviane qui séduisit Merlin et l'enferma pour le lier à elle éternellement. Notre sang est loin d'être pur, mais notre affiliation à Merlin semble nous donner un statut tout particulier alors même que Merlin était le fils de ce que l'on appelait à l'époque un… « Faetog ».
Salazar sonda sa réaction lorsqu'il lâcha le mot, comme s'il s'agissait d'une sorte de bombe à retardement. Harry haussa un sourcil à son attention.
– Un faetog ? interrogea-t-il, un peu hésitant.
Salazar soupira, comme si l'explication allait lui coûter une certaine énergie. Il se releva et entama les cent pas dans la chambre avant de reprendre la parole :
– Littéralement il s'agit d'un homme fée, mais au fond c'est plus complexe que cela, dans le cas de Merlin le sang de la jeune sorcière qu'était sa mère a, il semblerait, pris le dessus, bien qu'il ait hérité certaines caractéristique de son père.
Le jeune homme tiqua au « plus complexe que cela » mais se réfréna, se faisant violence pour ne pas attraper Salazar par le col et le secouer jusqu'à ce qu'il crache enfin la vérité qui semblait lui démanger sans arrêt les lèvres.
– Mais avec le sang de la fée Viviane ? Vous avez quand même par deux fois le sang de… créatures magiques, comment pouvez-vous ne pas en être affecté ?
Le visage de Salazar se crispa. Trop curieux.
– Le sang de sorcier prend immanquablement le dessus, répondit Salazar d'un ton assuré.
Harry hocha la tête, inconscient de l'étrange émotion qui planait dans les pupilles argentées de Salazar tandis qu'il achevait sa réponse avec un sérieux mortel.
– Merlin…, murmura Harry. Je ne pensais pas qu'il ait pu avoir une descendance connue. On en sait si peu sur son compte !
– Il était talentueux, c'est ce qui lui a valu sa renommée. Il a défendu les valeurs de l'Ancien Temps plus que quiconque, aux côtés d'Arthur.
– Sa mère devait descendre d'une puissante lignée ?
Salazar hocha à demi la tête, les lèvres pincées.
– Adhan, sa mère, avait… une puissance du cœur. Il s'agissait d'une âme extrêmement généreuse et pure. Sage. Tout comme celui avec qui elle conçut Merlin, Morfryn, bien que celui-ci ait mal tourné par la suite, à la mort prématurée d'Adhan. Les légendes en ont fait un démon chrétien et seuls les sorciers savent qui il était vraiment et quel chagrin l'a poussé à la folie. Le statut de Vivianne est nébuleux également. La seule chose que mon père a bien voulu me confier est qu'elle a enfermé Merlin pour toujours dans une prison d'air, scellée par l'arbre le plus ancien de la forêt de Brécheliant. Celui-là même où ils avaient l'habitude de se retrouver, loin de Camelot, loin du poison de Morgause. Les raisons qui l'ont poussée à le faire disparaître ainsi sont floues, mais la folie l'avait sans doute consumée et cela a entraîné la chute d'Arthur peu après. On suppose encore à mon époque qu'ils sont en vie, quelque part, et s'aimeront pour l'éternité. Leurs enfants n'ont jamais pu transmettre à mes ancêtres quoi que ce soit de plus, n'ayant eux-mêmes jamais pu déterminer ce qu'il était advenu de leurs parents. Davantage encore parce que les enfants se sont séparés peu après pour mieux se protéger de quiconque leur voudrait du mal en raison de leur ascendance toute particulière.
Harry acquiesça en silence, réfléchissant ces informations sans doute totalement inédites. Les cours de Binns, déjà bien ennuyeux, lui parurent soudain complètement absurdes tant il avait conscience de la valeur des mots du fondateur.
– Quoi qu'il en soit, j'ai été élevé dans des coutumes nobles et respectueuses. Ma mère avait un caractère particulièrement vif, une intelligence subtile et une connaissance des remèdes qu'elle tenait de sa mère qui la tenait elle-même de sa mère et ainsi de suite. Ma mère était descendante d'une lignée de sorcières qui n'ont eu que des filles. Il s'agissait de femmes extrêmement libres et indépendantes, émancipées de l'autorité masculine. Elle m'a souvent raconté qu'elle pensait logiquement mettre également une fille au monde. Mais la grossesse fût compliquée et l'accouchement dangereux pour elle comme pour moi. Nous aurions pu mourir tous les deux ce jour-là.
Harry l'écoutait attentivement, tentant de se représenter du mieux qu'il pouvait les personnages que lui présentait Salazar. Et c'était comme écouter un conte lointain, à peine ancré dans le réel. Et l'atmosphère avait changé entre eux, le récit de Salazar les reliant imperceptiblement.
– Elle et mon père ont été surpris lorsqu'elle a difficilement mis au monde un garçon, reprit-il après avoir inspiré une lourde bouffée d'air. Malheureusement pour elle, cette grossesse a été la première et la dernière, les complications avaient laissé des séquelles trop graves pour qu'elle puisse enfanter à nouveau. Elle a pris soin de moi et m'a transmis son savoir malgré l'opposition qu'y a marqué sa propre mère, ma grand-mère Clarinda. Je n'étais pas une femme et son savoir ne se transmettait que de femmes en femmes depuis des générations.
– Vous… Vous en parlez beaucoup trop au passé… Vos parents sont-ils morts à votre époque ? demanda Harry d'une voix hésitante et avec une douceur craintive.
Même en prenant en compte l'âge avancé de Salazar, il était largement probable que ses parents aient été encore en vie à son époque. Mais quelque chose dans le ton de Salazar lui faisait redouter un peu sa réponse.
– Bien trop tôt oui, bien avant que je n'aie pu les connaître en tant qu'homme et femme plutôt qu'en tant que père et mère. Et je le déplore. Il y a bien des choses, même à mon âge, que j'aurai aimé apprendre d'eux.
Le silence s'installa. Compréhensif et pourtant pesant, comme si des tas de non-dits devenaient soudain palpables.
– Pendant des années, je n'ai pas été capable de comprendre pourquoi de l'amour unissait ainsi mes parents. Ma mère si douce et attentive, plus que patiente et mon père si sanguin, noble, presque froid. Pourtant ils s'aimaient. Mon père a courtisé ma mère deux années entières avant qu'elle ne daigne poser un regard sur lui, elle était si… fière de son indépendance. Ils se sont mariés à vingt-deux ans. Ils m'ont permis de venir au monde à vingt-cinq ans. Ils sont morts lorsque j'avais à peine seize ans. Il y a une éternité de cela. Il y a une vie d'homme de cela.
Harry ferma les yeux, analysant les paroles du fondateur, attentif à ce qu'il entendait, décelant des subtilités que les mots laissaient dans leur sillage.
– Votre père vous a-t-il aimé ? demanda-t-il soudain.
Salazar lui lança un regard surpris. Bref.
– Oui, il m'a aimé, mais je ne l'ai compris que trop tard. Silas Slytherin m'a aimé de son mieux. De la seule manière dont il était capable.
– Comment sont-ils morts ? osa-t-il enfin demander après un silence méditatif.
Salazar se tourna légèrement vers lui, le regard troublé.
– Ce qu'il faut que tu saches c'est qu'entre les grandes familles de sorciers il y a toujours eu des rivalités, parfois de grandes ampleurs, souvent sanglantes.
– Ça n'a pas tellement changé… commenta Harry en repensant aux querelles entres les Weasley et les Malfoy.
Salazar hocha la tête et reprit.
– Mon père était lié à Merlin, bien que descendant d'une fille si oubliée de l'enchanteur et de la fée que son affiliation n'a jamais été révélée au grand jour. Pourtant une personne l'a découverte. Une personne très bien placée pour surveiller les descendants de Merlin et Viviane. Un ennemi naturel et perfide, persuadé que l'enchanteur était un usurpateur.
Harry comprit soudainement, se remémorant les éléments de la légendes arthurienne.
– Mordred ? souffla-t-il n'en revenant pas d'évoquer ainsi des personnages qu'il avait longtemps perçu comme fictif et qui prenait tout à coup une aura différente.
– Mordred, confirma Salazar en sifflant sans s'en rendre compte en Fourchelang.
Harry frissonna violemment. C'était la première fois qu'il l'entendait. La langue lui appartenait, elle vibrait dans sa gorge de façon naturelle et entière. Son propre parlé du Fourchelang lui paraissait gauche et inhabile à côté. Il inclina légèrement et involontairement la tête sous la force du respect qu'il ressentait à l'égard de cet homme. Choqué, il lança un regard de détresse à Salazar qui le rassura d'un regard.
– Plus précisément ses descendants, reprit-il plus calmement, en anglais courant.
– Qui était Mordred ? Nous parlons de lui parfois, mais je… commence à douter du bien-fondé des sources historiques que j'ai toujours reçue.
Salazar hocha la tête avec un sourire entendu. Il se laissa tomber avec grâce dans un fauteuil, croisant ses jambes avec élégance dans le mouvement.
– Mordred était le fils incestueux de Morgause et du Roi Arthur. Morgause était à la fois sœur de Morgana et demi-sœur d'Arthur. Merlin prédit la naissance de l'enfant et il conseilla au roi de l'empêcher de vivre car Mordred serait destiné à devenir un être cruel, dépourvu de compassion, perfide, rusé. Il mènerait Camelot et son roi à sa perte. Il fut donc décidé par Arthur que l'enfant devait mourir. Mais il survécut et fut élevé loin de la cour jusqu'au jour où il y revint et apprit ses origines. Sa colère contre Arthur et Merlin fut sans borne. Il n'en dit rien et intégra le clan prestigieux des chevaliers de la Table Ronde. Mais sa personnalité se révéla être pire que ce que Merlin avait prédit, il était si arrogant, si fermé, nombre de femmes tombèrent sous son charme et il les brisa les unes après les autres. Il manipula Guenièvre et lui ravagea le cœur et le corps. Arthur était dans une colère inimaginable et Merlin se sentait coupable d'avoir peut-être provoqué les choses, Mordred aurait peut-être été différent s'il avait été élevé et aimé par Arthur. Ce fut la plus grande erreur de Merlin sans doute. Mordred mena presque Camelot à sa perte. Mais le roi parvint à lui perforer le cœur avant qu'il n'agisse, lors d'une bataille sanglante.
Peut-être qu'effectivement, Merlin avait provoqué tout cela en souhaitant l'empêcher. Tous ces détours pour éviter l'inévitable n'y menaient qu'avec plus de force. Même les plus grands pouvaient faire des erreurs en souhaitant bien faire. Il pensa furtivement à Dumbledore, mais il ne s'y attarda pas, pas maintenant. Il voulait prendre le temps de se reconstruire…
Salazar se pencha, faisant signe à Harry d'approcher. Celui-ci tendit son visage vers lui et le fondateur saisit son menton entre deux doigts avant d'approcher sa bouche de son oreille
– Pour qui sait tendre l'oreille, les plaines de Camlann résonnent encore de cette bataille. Mais gare à ne pas écouter plus que nécessaire la voix des morts, ils emportent parfois les vivants qui traversent ces landes. Je t'y emmènerai un jour, lui souffla-t-il. Mais c'est un secret.
Harry sourit et Salazar émit un rire grave qui le fit frissonner avant qu'il ne recule quelque peu. Salazar se réinstalla plus confortablement et reprit comme si de rien n'était.
– Mordred eut des descendants nombreux, mais les principaux sont issus d'une femme dont on ne connaît pas le nom. Certains pensent qu'ils seraient issus du viol répété de Guenièvre, mais je pense… Non, j'espère qu'il ne s'agit que de vaines spéculations. Et les faits sont qu'ils nous vouent, à nous autres héritiers de Merlin, une haine sans borne, génération après génération, c'est leur malédiction ainsi que la nôtre. Mordred les a condamnés à le venger éternellement et à souffrir d'une folie meurtrière incontrôlable à notre égard. Ils ont décimés les descendants de Merlin et Viviane les uns après les autres. Mon père nous a caché pendant des années grâce à ses aïeux qui s'étaient dissimulés d'eux bien avant nous, reprit Salazar, les yeux observant le vide, comme perdu dans les souvenirs que son récit lui apportait par vagues. C'est pour cette raison que je me suis toujours refusé à avoir un enfant. J'ai transmis mes dons aux Peverell, mais jamais je ne pourrais supporter de voir ma chair et mon sang subir ce que ma famille subit depuis tant d'années. Je serai le dernier de ma lignée et c'est une très bonne chose. Les descendants de Mordred trouveront également la paix ainsi.
Harry écoutait avec une attention non feinte le récit de Salazar, soufflé par le décalage entre légende et Histoire, entre leurs deux époques respectives. Entre ce que l'homme montrait et ce qu'il taisait.
– Ce sont eux qui ont piégés mes parents, déclara-t-il lentement.
– Comment ?
– Aucun mot sur ce souvenir ne saura me venir, je suis désolé. Mais je peux te montrer, proposa-t-il d'une voix douce et triste à la fois.
Pour la première fois depuis plusieurs minutes, Harry consentit à se tourner complètement vers Salazar. Il était d'une beauté à couper le souffle, entièrement dévoilé, les yeux plus expressifs que jamais. Il put y lire la confiance totale et immuable qu'il lui accordait. Il y décela une tristesse et une mélancolie sans fin, beaucoup de remords, de la tendresse. Une tempête d'émotions qui lui fit imperceptiblement retenir sa respiration. Il ne put que lui offrir un sourire qui, il l'espérait, serait assez éloquent. Plus que des mots.
Salazar restait une énigme à ses yeux et il sentait que ce qu'il lui disait n'était en aucun cas compromettant pour ses petits secrets qu'il conservait en toutes circonstances. Tout ce qu'il lui confessait… Ce n'était pas ce qui l'intéressait. C'était tout ce qu'il taisait encore qui lui tordait les entrailles d'impatience.
Il observa l'homme s'extraire du fauteuil, félin, sans le quitter des yeux. Il se positionna tout près de lui, et Harry replia ses genoux afin d'être en tailleur et de laisser la place à l'adulte de s'installer confortablement. Salazar effleura doucement sa joue avant de stabiliser ses deux mains dessus, les caressant distraitement de son pouce. Le front posé contre le sien, il plongea son regard dans le sien, profondément, et le jeune homme retint son souffle lorsqu'il sentit celui de Salazar effleurer ses propres lèvres. Il l'aspira doucement et le fondateur eut un mouvement étrange et pendant un instant il crut que…
– Prêt ? Demanda Salazar à mi-voix.
Harry hocha la tête, incapable de prononcer le moindre mot. Puis brusquement les yeux de Salazar changèrent, ses pupilles se dilatèrent, le regard étrangement absent et hanté tout à la fois. Harry détourna le sien.
– Regarde-moi, ordonna-t-il doucement.
Harry obéit et ancra ses yeux dans les siens, cessant de les fuir. Happé, il ne résista pas à la sensation tandis que plus rien ne comptait autour de lui. Aucun son autre que le souffle du fondateur, callée sur le sien. Aucune autre sensation que la chaleur de ses mains autour de son visage pris en étau. Aucune autre vision que celle qui l'aspira sans douceur.
A suivre…
Blabla de J' :
Oui je sais, c'est dense ! Après vous avoir emmerdé avec la philo/psycho/mythologie dans Eros et Thanatos, me revoilà avec de l'HISTOIRE ! Pardon, c'est mes pêchers mignons qui resurgissent !
Alors pour résumer les parents de Salazar sont Silas Slytherin et Céleste Althéa. Du côté de Céleste rien de particulier à noter, hormis le fait qu'il s'agisse d'une lignée de sorcière qui ne pondent que des filles. Une lignée pure et puissante.
Du côté de Silas, pas de panique, je sais que c'est dense ! Je vais essayer de résumer ça !
Alors la maman de Silas est Edwige du Wessex (elle a vraiment existé, j'ai pioché dans l'Histoire pour tout ça). Elle était mariée à Charles III, un roi Franc de qui elle a Louis (futur Louis IV). Edwige est la fille d'Edouard l'Ancien, roi du Wessex et la sœur d'Athelstan, celui qui succédera à Edouard sur le trône d'Angleterre ! Donc Edouard est l'arrière-grand-père de Salazar. Edwige est sa grand-mère. Athelstan est son grand-oncle. Louis IV est son oncle (à moitié) et Lothaire, le fils de Louis qui lui succédera sur le trône, est donc son cousin. Ça va ?
Silas est donc le fils d'Edwige et d'un vagabond sorcier, du nom d'Alastair Slytherin. Il est donc un bâtard de la famille royale et… un descendant de Merlin et Vivianne par son père. Merlin ayant été enfanté par Adhan, une sorcière, et Morfryn, une créature magique dont on ne sait pas grand-chose !
Voilà pour le résumé ! Je vous rassure, c'est surtout le côté « descendant de Merlin » qui nous intéresse. Le côté membre bâtard de la famille royale c'est surtout parce que j'adore l'Histoire de l'Angleterre et de la France avant 1200 ! Puis ça explique le comportement noble de Salazar ! Voilà, désolée pour le cours d'histoire !
Voilà voilà pour ce chapitre qui, je l'espère, vous éclaire un peu plus et mieux, qui vous embrouille un peu plus sur le genre de personne que peut être Salazar :D Ah puis, ouais, dans ma fic Hedwige est morte, je suis disoulée !
Merci d'avoir lu !
Plein de bisous et je vous dis à la prochaine !
Lots of Love,
Jelyel !
