Chaptire 43 - La Confrérie Secrète des Sorciers de Poudlard
Sirius guida Rosie parmi les invités. Elle ne reconnut pas les premiers visages qui se présentèrent à elle et avait du mal à déterminer leur âge car ils portaient des masques d'animaux qui leur couvraient partiellement le visage. Ils portaient également des perruques pour cacher leur identité. Mais certains, comme Sirius, laissaient leurs cheveux nus. Puis, elle aperçut un éclat vert derrière le masque de biche d'une des femmes : c'était Lily. Celle-ci lui souriait mais ne faisait pas mine d'aller vers elle. D'ailleurs, personne ne s'approchait d'elle, elle suivait juste Sirius qui l'amena finalement face à un homme masqué d'un certain âge.
Ce dernier avait caché ses cheveux sous une perruque blonde, les traits au coin de sa bouche étaient ridés, son masque représentait un singe.
- Bienvenue parmi nous, Mrs Black ! dit-il d'une voix forte.
Les quelques chuchotements qu'elle avait entendu se turent.
- M... merci ! répondit Rosie, troublée.
- Nous sommes heureux de vous accueillir parmi nous ! Veuillez me suivre, s'il vous plaît !
Rosie lança un regard inquiet vers Sirius qui hocha la tête lui demandant de suivre l'homme. Celui-ci se dirigea vers une pièce attenante mais personne ne les accompagna. Elle se retrouva seule avec lui.
La pièce contenait une gigantesque bibliothèque qui remplissait quasiment trois pans de murs. Un canapé et des fauteuils en cuir faisaient face à une cheminée. Ils s'installèrent sur le grand sofa. L'homme lui proposa de thé, ce qu'elle accepta. Elle huma néanmoins la tasse par prudence. L'homme eut un petit rire.
- Ne vous inquiétez pas, je n'ai pas mis de poison dedans ! dit-il les yeux pétillants.
- Eh bien... je préférais vérifier... désolée... mais je ne connais pas la Confrérie, ses intentions, ce que je fais ici... de plus, nous sommes en temps de guerre... même si mon mari fait partie de cette organisation, je me dois d'être prudente.
- Et vous avez tout à fait raison ! renchérit l'homme. Je comprends votre prudence. Nous sommes en guerre, comme vous le dites. Et je dois vous avouer que normalement, nous n'aurions pas accepter de vous faire entrer dans notre organisation. Actuellement, les choses sont compliquées dans le monde sorcier. Néanmoins, quelques-uns de mes confrères ont longuement négocié votre intégration. Je pense que vous savez de qui je dois parler. Remerciez-les !
Rosie eut un petit sourire en pensant à Sirius et Lily.
- Je pense que vous n'avez jamais entendu parler de la Confrérie Secrète des Sorciers de Poudlard. Pourtant, elle vous est familière, n'est-ce pas ?
- Oui, en effet. J'ai été invitée lors de ma septième année à une soirée de la Confrérie.
- Tout à fait ! Cette année-là, il nous a semblé essentiel de vous convier. La Confrérie est une organisation d'érudits qui a été créée il y a presque mille ans par les descendants des fondateurs. Vous connaissez les quatre maisons de Poudlard et les valeurs de chacune. Cette organisation a souhaité aller encore plus loin en y intégrant les élèves les plus doués de chaque génération, et ce peu importe leur appartenance à telle ou telle maison. Elle permet de partager les connaissances de chacun et de faire avancer le monde magique. Il n'y a aucun caractère politique ou commercial, nous souhaitons juste échanger pour nous améliorer. C'est ceci le seul but de cette confrérie. Ici, vous trouverez des anciens étudiants de toutes les maisons, peu importe leur origine. Bien sûr, nous ne pratiquons pas la magie noire mais nous ne la prohibons pas. La magie noire n'est ici qu'un sujet d'études et non de pratique.
- Mais pourquoi moi ? Pourquoi maintenant ? demanda Rosie, ne pouvant plus s'empêcher de parler.
- Chaque nouveau sorcier apporte son propre savoir. Vous avez été choisie pour vos compétences en tant que potionniste mais aussi pour vos talents dans tous les autres domaines. Depuis que nous sommes en guerre, depuis deux ans, nous n'avons admis aucun nouveau sorcier dans la Confrérie. Cette guerre a affecté nos rangs et nous avons préféré nous préserver. Néanmoins, comme je vous l'ai dit auparavant, certains confrères ont contribué à votre venue. Après de longues discussions, il a été décidé de vous intégrer.
- Et maintenant ? Que va-t-il se passer ? Que cela signifie-t-il de faire partie de cette Confrérie ?
- Nous nous réunissons une fois par trimestre pour échanger sur l'actualité, les avancées magiques, les points de blocage. Nous aidons tous ceux qui ont besoin d'aide. Vous serez conviée à ces réunions. Bien sûr, vous n'avez pas à vous présenter à chaque fois. Nous avons tous des emplois du temps chargés. Mais nous demandons à tous nos confrères de venir au moins à 2 réunions par an, c'est très important. De plus, nous organisons chaque année le légendaire bal masqué du 31 octobre à Poudlard. Nous n'y invitons que les élèves de sixième et septième années qui nous semblent dignes d'intérêts. Ces élèves sont repérés par des confrères élèves ou professeurs. Nous les testons. Puis, nous décidons entre confrères si ces élèves peuvent faire partie de cette organisation ou non. Je vous conseille très fortement d'assister à ce bal car cela vous permettra de rencontrer de futurs talents. Peut-être y rencontrerez-vous un sorcier hors norme en potions que vous voudrez voir évoluer à vos côtés. Ces réunions sont aussi le moyen d'échanger et pourquoi pas de commencer une collaboration avec un Confrère, ce qui n'aurait pas été possible sans cette organisation. Une fois par an, nous nous réunissons pour choisir les nouveaux Confrères. Des Confrères proposent de potentiels adhérents, puis, un vote est réalisé. Il faut rassembler 80% des voix pour qu'une nouvelle personne vienne rejoigne nos rangs. Il est donc très ardu d'y entrer.
L'homme s'arrêta enfin de parler. Il reprit son souffle. Rosie resta pensive. La Confrérie semblait intéressante. Néanmoins, comment être sûre de ses intentions ? De plus, en temps de guerre, n'était-ce pas risqué de s'associer à une telle organisation ?
Son interlocuteur sentit ses doutes. Il lui sourit et fit apparaître un parchemin.
- Ne vous inquiétez pas, nous ne vous obligerons en rien, à part faire acte de présence de temps en temps, si vous ne souhaitez pas participer à des recherches. Ici, nous ne faisons rien de répréhensible. Vous trouverez ici les règles de notre confrérie. Sachez que dès que vous l'aurez lu, si vous souhaitez toujours faire partie de cette organisation, vous devrez signer le contrat avec votre sang et nous ferons un serment inviolable. Si vous refusez et vous en avez toujours le droit, nous effacerons purement et simplement votre mémoire et vous pourrez rentrer chez vous. Nous ne vous forcerons jamais. Je vais donc vous laisser pendant une demi-heure. Lisez ce document, réfléchissez bien et je reviendrai ensuite vous demander votre réponse.
L'homme se leva et la laissa enfin seule. Rosie lut le règlement de la Confrérie. Le parchemin répétait les mots de l'homme en précisant certains termes. Les notions de tolérance et de bienveillance étaient mises en avant et la Confrérie ne tolérait aucune discrimination ce qui la rassura.
Rosie relut de nombreuses fois le parchemin. Le règlement était simple et clair. Cela ne lui semblait pas compliqué, ni dangereux. Néanmoins, elle aurait bien voulu en discuter un peu avec Sirius avant de se lancer définitivement. Finalement, elle ne savait pas réellement ce que cette confrérie allait lui apporter.
Au bout de trente minutes, l'homme revint avec une sorcière qui portait un masque de cygne.
- Mrs Black, avez-vous pris votre décision ? lui demanda-t-il avec un léger sourire en s'approchant d'elle.
- J'accepte de faire partie de la Confrérie, répondit-elle après avoir inspiré longuement.
Elle avait décidé de faire confiance à son mari. Elle était certainement présente dans ce lieu car Sirius avait poussé sa candidature. Et s'il avait proposé son nom, c'était certainement parce qu'il pensait que sa femme était digne de rentrer dans cette organisation et qu'elle pourrait apporter sa pierre à l'édifice.
- Merveilleux ! Nous allons donc procéder au serment inviolable. Etes-vous prête ?
- Bien sûr !
Elle se leva et se mit face à l'homme. La femme se plaça entre eux deux. Rosie avait pris la main droite de l'homme et la sorcière pointa sa baguette sur leurs deux mains ainsi liées.
- Rosamund Jane Black, vous engagez-vous à faire partie de la Confrérie Secrète des Sorciers de Poudlard ? lui demanda-t-il.
- Oui, dit-elle.
Une mince flamme étincelante jaillit alors de la baguette et s'enroula autour de leurs mains comme un fil de fer chauffé au rouge.
- Vous engagez-vous à suivre le règlement de la Confrérie ?
- Oui, j'accepte.
A chaque nouvelle question et à chaque nouvel assentiment, une langue de feu fusait de la baguette et s'entrelaçait avec la précédente, formant une chaîne fine luisante.
Finalement, la cérémonie se termina. Rosie lâcha la main de l'homme et ce dernier lui fit un grand sourire.
- Bienvenue officiellement parmi nous ! lui lança-t-il. Voici votre baguette que nous vous avions confisqué.
Le sorcier lui remit le précieux bâton. Rosie le prit dans ses mains avec gratitude. Elle s'était sentie nue sans baguette. Quand on était sorcier, on devenait dépendant de cette arme puissante.
- Une dernière chose, vous avez récupéré un cahier avec votre nom dans le bureau, n'est-ce pas ?
Rosie hocha la tête en rougissant légèrement. Elle avait eu l'impression de l'avoir volé...
- Ce cahier est le vôtre, il vous permettra de communiquer avec la Confrérie. Vous devrez choisir un mot de passe lors de votre première utilisation et devrez toujours l'utiliser chaque fois que vous voudrez ouvrir ce cahier.
- Merci, dit-elle simplement.
Comme s'ils n'avaient attendu que ce moment, trois personnes entrèrent dans la bibliothèque. Rosie reconnut immédiatement Sirius et Lily. Elle alla tout de suite vers eux et les enlaça chaleureusement. Elle en profita même pour voler un chaste baiser à Sirius bien que leurs masques les empêchaient de lier correctement leurs lèvres. Le troisième sorcier, à leurs côtés, parla enfin.
- Bienvenue Rosamund !
Rosie reconnut immédiatement son professeur de potions, celui qui l'avait emmené à l'autel le jour de son mariage, celui qui se rapprochait le plus d'un père pour elle désormais : Horace Slughorn. Elle lui fit un grand sourire et accepta le baiser qu'il lui donna sur la joue.
- Merci ! Mais quelle surprise ! s'exclama-t-elle. Depuis combien de temps êtes-vous dans la Confrérie ? Je sais pourquoi vous ne m'en avez jamais parlé, mais pourquoi aujourd'hui ? Qu'y faites-vous ? Est-ce grâce à vous que je suis là ?
- Stop ! lança brusquement Sirius en lui posant un doigt sur les lèvres pour l'empêcher de continuer de parler. Allons d'abord boire un verre et ensuite, nous pourrons discuter ! Nous fêtons chaque nouveau membre comme il se doit.
Sirius lui proposa son bras et la guida dans la grande pièce dans laquelle il lui avait remis son masque. La vingtaine de sorciers masqués étaient toujours présents autour d'un grand buffet qui était apparu pendant son absence.
Sans vraiment comprendre ce qui lui arrivait, Rosie se retrouva vite avec un verre à la main et fut présentée à d'autres sorciers. Un homme blond masqué s'approcha d'elle. Il lui semblait familier.
- Bonjour Rosie ! lui dit-il.
Et elle reconnut immédiatement Christopher Stills, son tuteur et ami à l'hôpital de Sainte Mangouste. Il portait un masque d'ours brun. Elle l'enlaça et n'hésita pas à le présenter à Sirius.
- Rosie ne me parle que de vous ! s'exclama son mari, ravi d'être enfin présenté officiellement au collègue de sa femme.
- Vraiment ? Cela m'étonne !
- Ah bon ? Pourquoi ?
- Rosie n'est pas très expansive sur sa vie privée. Elle me parle peu de vous car je pense que ce n'est pas dans sa nature. Mais je ne pensais pas qu'elle vous parlerait de moi.
- Je suis son mari, néanmoins ! fit Sirius, légèrement sur la défensive. Je suis content qu'elle ait des amis comme vous ou Wyrma.
- Merci ! En tout cas, vous avez beaucoup de chance ! ne put s'empêcher de dire Christopher en regardant Rosie les yeux plein de bienveillance. C'est une sorcière exquise.
- Arrête, Christopher ! dit la jeune femme en lui tapant le bras. Tu vas me faire rougir.
- Oui, je sais, répondit simplement Sirius.
Il observa sa femme et le guérisseur et fut légèrement irrité par leur familiarité. Il détailla un peu plus intensément Christopher en fronçant les sourcils.
