Pendant quelques minutes, le paysage qu'ils voyaient ne changea pas, mais ils commencèrent rapidement à voir apparaître des arbres de plus en plus fournis. Ils se hâtèrent donc sur le chemin sinueux, jusqu'à ce qu'ils arrivent aux abords d'une forêt, aux pieds des montagnes. Ils virent le groupe de personne que Monobro avait aperçu et dont il se méfiait. Ils ralentirent leur rythme et lorsque l'un d'eux les aperçut, il cria à ses compagnons quelque chose que l'ange et l'elfe n'entendirent pas. Par contre, ils virent que chacun d'eux se préparait à un combat. Lorsqu'ils passèrent sous un pic rocheux, Monobro poussa subitement Violine sur le côté. Elle allait lui demander pourquoi il avait fait cela, lorsque quelqu'un sauta sur le dos de l'archange. Celui-ci ne se laissa pas faire et il fit basculer son agresseur par-dessus lui. Comme si c'était le geste que tous attendaient, ils foncèrent vers les deux voyageurs. Lorsque les agresseurs foncèrent vers eux, Monobro remarqua que ceux-ci étaient des garous, car certains avaient des griffes et des crocs, alors que d'autres avaient plein de fourrure. Se demandant pourquoi des créatures du Bien attaquait son raison des voyageurs, Monobro ne fit qu'apparaître son bouclier, pour ne pas les blesser. Après quelques instants de bagarres, le guerrier se rendit compte que Violine et lui n'avaient aucune chance de s'en sortir s'ils ne faisaient que se défendre. L'archange poussa un soupir et fit enflammer son bouclier.

• Reculez tous ou je vous fais brûler! Cria-t-il, ensuite.

Personne ne fit mime de reculer ou de s'arrêter. C'était comme s'ils ne voyaient pas ou n'avait simplement pas peur de lui. C'est à ce moment que Monobro vit la couleur des yeux d'une des créatures qui l'attaquait : ils étaient noirs, complètement noir, sans la moindre iris. C'était tout simplement un globe noir. L'archange compris qu'un puissant sorcier était à l'œuvre. Durant cette courte réflexion, il ne vit pas la créature qui s'était faufilée derrière lui. Elle passa son bras par-dessus l'épaule du héros céleste, mais celui-ci s'en aperçut et, rapide comme l'éclair, il agit. Il agrippa le bras de son attaquant et fit passer ce dernier par-dessus lui. Son adversaire n'eut même pas le temps d'essayer de se dégager, qu'il était déjà étendu sur le dos, au pied de Monobro. Lorsque la créature voulut se relever et reprendre ses esprits, l'archange ne le laissa pas faire et lui mit son pied sur le torse et le renvoya violemment contre le sol. C'est à ce moment qu'un cri retentit. Ce n'était pas un cri d'horreur, ni de détresse, mais plutôt un cri de fureur. Toutes les créatures s'arrêtèrent et ne bougèrent plus. Seul Monobro se tourna vers la foret, l'endroit d'où venait le cri. Tout se déroula alors très rapidement : des racines sortirent violemment du sol et virent s'enrouler autour de tous, les empêchant de bouger. Comme l'archange était encore tourné vers les bois, il ne manqua pas de voir une jeune elfe sortir des bois, une dague ensanglantée à la main. En la voyant, Monobro poussa un soupir de soulagement et s'écria :

• Violine! Est-ce que tu pourrais me libérer, s'il te plaît?

Violine se tourna vers lui et le dévisagea. Elle lui dit, d'une voix lugubre :

• Pourquoi je devrais te libérer? Et, qui es-tu, sale humain?

• Mais, c'est moi, Monobro… répondit celui-ci, autant surpris par la question que par son ton. Est-ce que ça va? Tu as une drôle de voix…

• Non, ce qui est drôle, c'est que tu as le même nom qu'un puissant archange céleste, dit Violine, en s'approchant.

Comprenant alors qu'il n'avait plus à faire avec son amie, le guerrier céleste fronça les sourcils et dit :

• Tu n'es pas Violine… Qui es-tu?

• Moi? Je suis le plus puissant sorcier de tous les temps! Je ne suis nul autre que le grand Abdel-Malek!

• Si tu veux mon avis, Adbel-Makel, ce n'est pas un nom très viril ou même menaçant pour un grand sorcier…

• C'EST ABDEL-MALEK, petit impertinent!

• Hey! On se calme! J'ai pas fini de parler! D'ailleurs, tu n'as vraiment pas l'air menaçant, si tu t'es fait tuer par une elfe…

• Pfff… Tu n'es pas en position de m'insulter! Si je voulais, je pourrais te brûler vif, à l'instant… D'ailleurs, c'est ce que tu mérites!

• Attends, je vais te faciliter la tâche…

Sur ce, Monobro s'enflamma. Le feu qui le couvrait s'empara des racines qui le tenaient prisonnier et le libéra. Une fois les racines en poussière, les flammes s'éteignirent. Tout cela devant le visage déconfit du sorcier.

• Mais… Comment… Qui…

• Un peu plus et tu faisais une phrase… Et maintenant, si tu le veux bien, j'aimerais récupérer mon amie…

Une lueur de haine apparu dans les yeux de « Violine », alors qu'un rictus malsain se forma sur ses lèvres. Il dit alors :

• Si tu veux récupérer ton amie, il va falloir que tu m'affrontes!

• Ok, emmène-toi, j't'attends!

Le sorcier leva sa dague et s'élança vers l'archange. À peine eut-il le temps de fait quelques pas qu'il s'arrêta : Monobro n'était plus devant lui. Il regarda autour de lui, mais l'archange était invisible. C'est alors qui entendit sa voix :

• Hey, monsieur le grand sorcier, je suis ici…

Adbel-Malek leva la tête au ciel et le vit. Enfin, il vit plus sa silhouette qu'autre chose, puisque Monobro se tenait devant le soleil et que celui-ci aveuglait le sorcier. C'est alors que ce dernier reçut quelque chose en pleine figure. Ce quelque chose se fracassa au contact de son visage, libérant un liquide. C'est alors que le sorcier se mit à crier, les mains sur le visage. Alors qu'il criait, de la fumée s'échappa de sa bouche. Plus il criait, plus la fumée devenait noire. Tout d'un coup, lors d'un dernier cri agonissant, une fumée noire et épaisse s'échappa de la bouche de l'elfe. Arrivé devant l'archange, elle s'arrêta et un visage s'y forma.

• Bien que tu m'ais battu, tu ne retrouveras pas ton amie, car je lui ai lancé une malédiction que seul un dieu du Mal peut briser… MOUAHAHAH!

• C'est ça ta dernière carte? Parce que je vais te dire une chose : ça tombe bien, car je connais justement un dieu du Mal qui serait prêt à m'aider, puisqu'il me doit une faveur…

• Mais qui es-tu donc?

• Je suis Monobro, l'archange guerrier céleste! Sur ce, adieu face de rat!

Sur ces mots, Monobro battit des ailes et le vent créé dispersa la fumée malsaine du sorcier. Lorsque cette dernière fut complétement disparue, il retourna au sol pour s'occuper de Violine. Une fois atterri, il regarda autour de lui, pour constater que toutes les créatures que le sorcier avait ensorcelées étaient revenues à eux. Alors, avant même qu'ils ne le demandent, Monobro les libéra. Il mit la main sur le front de Violine et se concentra. Alors, peu à peu, les racines retournèrent dans le sol. Lorsque tous furent libres, ils partirent chacun de leur côté, sans s'adresser la parole et en regardant le sol d'un air coupable. Tous sauf une. Une jeune femme vêtue d'une toge rouge, blanche et or s'approcha de Monobro, le regarda, regarda Violine et lui dit :

• Merci, monsieur, de nous avoir libérés… Est-ce que votre amie va bien?

• En fait, elle s'est fait jeter une malédiction par le sorcier…

• Oh… Je vois, et… est-ce que je peux vous aider à faire quoi que ce soit?

• En fait… non. Sauf si vous savez comment invoquer un dieu infernal et que vous avez tout le matériel nécessaire…

• Dans ce cas, je ne peux pas vous aider… Désolé…

• Dans ce cas, il ne me reste plus qu'à trouver la seule personne que je connais qui le peut…

• Où se trouve cette personne?

• Dans le désert du Katcinkzero.

• Le désert est habité?! s'exclama la jeune femme, étonnée.

• Bien sûr! C'est même la demeure du sorcier suprême…

• Le Sorcier suprême? Qu'est-ce que c'est?

• En gros, un sorcier suprême, c'est un sorcier qui n'est ni du côté du Bon, ni du côté du Mal, ni entre les deux… Avant que tu ne poses la question, il œuvre la préservation de l'humanité. C'est-à-dire qu'il défend la terre contre tout ce qui pourrait la menacer, extérieurement et intérieurement…

• Mais… Les sorciers ne sont pas tous méchants?

Monobro la regarda pendant quelques secondes et lui demanda :

• Au fait, pourquoi je te parle? Et qui es-tu?

• Oh, pardon… Je ne me suis pas présentée! Je me nomme Raphaëlle, et je cherche quelqu'un qui pourrait m'aider…

• T'aider à faire quoi?

• En fait, je cherche quelqu'un pour m'apprendre à me protéger…

• À te protéger? De quoi?

• Des forces du Mal… J'aimerai être capable de me défendre et de me battre autant physiquement, avec des armes, que magiquement! J'avais entendu dire que les hommes garou étaient prédisposé à cela, c'est pour cela que j'étais avec eux… Mais on dirait que ce n'est pas tout à fait le cas, vu ce qui vient de se passer!

• Oh, je dirais qu'en général, ils le sont un peu, mais tu aurais de meilleure chance avec les elfes… S'ils acceptent de t'aider, ce dont je doute fort, vu qu'ils sont assez… Euhm… Imbu d'eux même. Mais… pourquoi voudrais-tu te défendre contre les forces du Mal?

• Parce que… Je… J'ai… j'ai lu dans les étoiles qu'ils viendront bientôt envahir la terre et que seuls ceux qui savent se défendre contre eux survivront…

Malgré qu'il se doutait qu'elle venait de lui mentir, l'archange réfléchit un peu, se disant qu'une alliée ne serait pas de trop dans le voyage qu'il devait faire pour se rendre au désert, avant de lui répondre :

• Je veux t'apprendre à te battre, mais tu dois m'aider, à ton tour…

• Comment?

• Tu dois m'aider à me rendre chez le sorcier suprême, avec mon amie inconsciente…

• D'accord, je vais aller chercher mon cheval!

Pendant que Raphaëlle partit chercher son cheval, Monobro en profita pour la sonder, afin de savoir s'il pouvait avoir confiance en elle. Après quelques minutes, il en arriva à la conclusion qu'elle n'avait aucune once de Mal en elle. Par contre, une chose le surprit, c'est qu'elle avait un cœur pur. Un cœur aussi pur que les anges… C'est à ce moment qu'elle décida de revenir avec deux cheval.

• Regarde ce que j'ai trouvé! Il y avait un autre cheval!

Elle remarqua alors l'air surpris de Monobro et lui demanda ce qui n'allait pas. Il se reprit et lui dit qu'il réfléchissait à quelque chose et elle lui demanda à quoi il pensait et il lui répondit qu'il pensait à un moyen de transporter Violine. Raphaëlle lui dit que la meilleure idée, selon elle, était de l'installer devant lui, sur le cheval. C'est ce que fit l'archange. Mais pour être sûr que Violine ne tombe pas, il l'attacha avec deux lanières de cuir, sur la selle. Alors, ils allaient commencer leur chevauchée, Raphaëlle regarda Monobro et lui dit :

• Euh… monsieur…?

• Oui?

• Euh… Comment je peux vous appeler?

Ne voulant pas trop lui en révéler, l'archange réutilisa le nom du lépreux.

• Tu peux m'appeler Ozvalde.

• D'accord… Alors enchanté de faire ta connaissance, Ozvalde!

• Pareillement, Raphaëlle!

Ils partirent donc en direction opposée de la destination de base de Monobro. Ils chevauchèrent toute la journée, en prenant quelques pauses, une fois de temps en temps, afin de manger et afin de permettre aux chevaux de relaxer un peu. Lorsque le soir arriva, ils stoppèrent afin de faire un campement pour la nuit. Après avoir soupé, Monobro se leva et regarda Raphaëlle. Elle le regarda à son tour et tout à coup, Monobro lui dit :

• Lève-toi, que je te donne une petite leçon de combat.

À peine eut-il terminé sa phrase que Raphaëlle était déjà debout prête pour sa leçon. Pour sa première leçon, Monobro prit deux solides bâtons qui trainaient sur le sol. Il se pencha pour les prendre et à peine relevée, il en lança un à Raphaëlle pour tester ses réflexes. Croyant que le bâton allait la frapper en pleine face et retomber par terre, Monobro fut surpris, lorsque la jeune femme se pencha par en arrière, tellement bas que ses cheveux touchèrent le sol. Le bâton passa à quelques centimètres d'elle sans la toucher et lorsqu'il arriva à la même hauteur que sa main, elle le saisit, se releva d'un geste vif et le relança à Monobro, tout cela en à peine cinq secondes. Le bâton ne toucha même pas Monobro, qui n'était même plus devant Raphaëlle. Surprise, elle le chercha des yeux, lorsque tout à coup, elle sentit quelqu'un approcher derrière elle. Elle se retourna vivement en lançant sa jambe par en arrière dans un mouvement circulaire. Elle fut stoppée dans son élan à moitié chemin et le guerrier céleste, qui lui tenait la jambe lui dit :

• C'est un mouvement bien exécuté, mais pas mal prévisible…

Piquée par cette réplique, elle lui envoya son autre pied en pleine figure, en tournant sur elle-même, mais en ne touchant pas le sol. Elle n'atteint pas l'archange, puisque ce dernier avait anticipé le mouvement et s'était baissé, mais il fut obligé de lâcher la jambe de Raphaëlle. Au lieu de l'attaquer pour voir comment elle se défendrait, il la regarda terminer son mouvement. Un mouvement parfaitement exécuté, sans le moindre défaut. Elle termina le mouvement en se mettant en position défensive. Monobro la regarda en hochant de la tête et dit :

• Tu n'as pas l'air de quelqu'un sans défense… Pourquoi veux-tu que quelqu'un te montre comment te battre? Tu as l'air d'en être très capable...

• Je sais me battre à mains nues, mais par contre, je n'ai jamais touché aux armes… Si jamais quelqu'un m'attaquait avec une hallebarde ou une lance, je ne serais même pas en mesure de me défendre…

• Ah d'accord, je vois… dit Monobro, tout en retournant à l'endroit où il avait laissé les bâtons. Où as-tu appris à te battre?

• En fait, c'est dans une église…

• J'ignorais que l'église enseignait aux gens comment se battre…

• Il n'y en a qu'une… C'est l'église qui est proche des Mégalithes… Là-bas on nous entraînait à nous battre, à mains nues, avec des armes et avec la magie.

• Si on y enseignait à se battre avec des armes et avec la magie, pourquoi ne sais-tu pas comment te battre avec ces compétences? demanda Monobro, en donnant un des deux bâtons à la jeune femme.

• Parce que je suis parti à la fin de mon enseignement… Parce que le Mal s'était infiltré dans l'église…

• Ah, d'accord. Revenons-en à la leçon… Pour les prochains soirs, je vais te montrer comment te défendre, après comment attaquer et pour finir, comment tuer les créatures du Mal… Ça te va?

• Oui, c'est parfait!

Ainsi commença l'entrainement de Raphaëlle. Une fois qu'elle fut terminée, ils se couchèrent et dormirent. Le lendemain matin, ils repartirent au lever du soleil, et la journée se déroula comme la précédente, ils chevauchaient de jour et le soir Monobro continua l'entrainement de Raphaëlle. Pendant dix jours, leur voyage se déroula ainsi, sauf qu'après cinq jours, l'archange commença à enseigner l'attaque à Raphaëlle.