Chapitre 45 - Le repas de Noël

Rosie s'affairait dans sa cuisine. Pour la première fois, elle recevait neuf invités chez elle pour le repas de Noël. Elle n'avait pas l'habitude de tant de monde. Parfois, Christopher et Wyrma venaient pour dîner mais seulement lorsque Sirius n'était pas là afin de pouvoir lui tenir compagnie. Ils avaient invité quelques fois Lily, James ainsi que Remus et Peter mais ces réunions étaient rares et Lily l'avait aidée en apportant un plat.

Mais cette fois, Rosie avait voulu faire les choses en grand : elle avait décidé de tout cuisiner seule et pour l'occasion, avait pris un jour de congés afin de se donner tout le temps nécessaire pour ce qu'elle avait à faire. Elle avait prévu de cuire un énorme chapon, qu'elle avait acheté dans un marché moldu. Elle savait que les hommes étaient de gros mangeurs et le volatile de 8 kg ne serait pas de trop.

Pour cet évènement spécial, elle avait décidé d'inviter les Maraudeurs, Christopher, Wyrma avec son mari Shane et son fils de 6 ans Talbott, ainsi qu'Horace, son ancien professeur de potions, qu'elle arrivait enfin à appeler par son prénom.

Sa maison n'était pas assez grande pour accueillir toutes ces personnes mais ils se serraient un peu. En terminant sa décoration de table, Rosie eut un pincement au coeur devant son coté sobre. Elle se rappelait des réceptions qu'organisait sa mère où les décorations de tables étaient grandioses. Bien sûr, ces soirées ne lui manquaient pas car elle n'avait jamais vraiment aimé être une simple poupée qui devait s'habiller et se tenir correctement, ne jamais faire honte à la famille Greengrass ou ne jamais imposer son opinion que sa position d'adolescente et de femme lui conférait. Sa mère faisait toujours en sorte que sa fille ne la déçoive pas et si jamais Rosie faisait un seul faux pas, elle était ensuite sévèrement punie. Non, très clairement, ce genre de mondanités ne lui manquait pas du tout. En revanche, même si elle clamait haut et fort à ses amis et à Sirius que l'argent lui importait peu, vivre aussi simplement avait eu quelques revers. Elle toucha les assiettes blanches, de mauvaise facture qu'elle avait posé sur la table, les simples couverts ou encore les serviettes peu raffinées. Sa table était certes chaleureuse avec sa décoration aux couleurs de Noël mais cela manquait un peu de classe.

Elle soupira et s'admonesta. Il n'y avait qu'elle pour être irritée par ce genre de détails. Personne ne verrait aucune différence. Elle inspira profondément et repartit dans la cuisine pour suivre la cuisson du chapon, le plat principal de la soirée. Il était hors de question de le râter. Si elle avait pu, elle aurait aimé inviter sa tante Griselda, son oncle Otto et sa cousine mais tant que la guerre faisait rage, ils ne pouvaient pas revenir en Grande-Bretagne. Sa famille lui manquait. Elle aimait ses amis mais ce n'était pas pareil. Elle avait l'impression que seul quelqu'un de son sang pourrait comprendre la déprime qui s'installait parfois dans son coeur. Archi plus que tous les autres lui manquait terriblement. En ce soir de réveillon, elle ressentait encore plus son absence. Elle eut soudain l'envie d'écrire quelques mots dans son journal avant que son coeur ne déborde. Ces quelques instants qu'elle s'octroyait chaque jour l'aidaient à garder pied, comme si en mettant des mots sur sa peine et en écrivant sur ce cahier, Archi l'encourageait, la rassurait ou la consolait.

Le moment de désespoir passé, elle continua à s'affairer dans la cuisine. Au bout d'une heure, elle entendit un tintement de clochettes. Elle regarda l'heure, il n'était que 17h et elle ne s'était même pas encore habillée. Qui pouvait venir avec autant d'avance ?

Elle s'approcha de la porte et regarda par une petite fenêtre. C'était Christopher et Wyrma.

- On est venus pour te donner un coup de main ! lança son amie d'un air joyeux en voulant prendre Rosie dans ses bras mais celle-ci recula d'un pas.

- Euh, je crois que je dois vous poser les questions de bases car si je ne le fais pas, Sirius risque de me passer un savon.

Les deux guérisseurs échangèrent un regard mais haussèrent les épaules. Rosie leur lança un sourire de dépit.

- Wyrma, que t'ai-je cuisiné pour la première fois ? demanda la jeune femme.

Celle-ci eut un regard étincelant.

- Des biscuits au beurre complètement brûlés, répondit-elle, un sourire sur les lèvres.

- Christopher, reprit Rosie sans faire attention au regard narquois de son amie, qu'ai-je mangé le jour où on est allé dans une sandwicherie moldue ?

Il réfléchit quelques instants en fronçant les sourcils. C'était une question difficile.

- Tu aimes les sandwich au poulet curry, donc, j'imagine que c'est ça mais franchement, ta question est un peu trop précise. Demande-moi plutôt si tu as un grain de beauté sur le haut de ta hanche droite et je te répondrai oui !

- Quoi ? s'exclamèrent les deux femmes en se tournant vers le jeune homme.

Rosie devint rouge pivoine. Christopher l'avait déjà auscultée en tant que guérisseur et pas qu'une seule fois. Mais qu'il se rappelle d'une chose aussi intime et qu'il se permette de le dire haut et fort... Heureusement, Sirius n'était pas encore arrivé... il aurait certainement fait une crise cardiaque... ou peut-être aurait-il demandé Christopher en duel ? C'était fort probable. Son mari pouvait avoir des accès de jalousie parfois...

- Bon, je n'ai pas envie de savoir comment tu sais ça, Chris ! lança Wyrma en déposant sa cape sur le porte-manteau. Ce sont vos histoires, hein ?

- Non mais il n'y a pas d'histoires, s'écria Rosie, indignée et encore plus rouge. Arrête de rire comme ça, toi et dis-lui.

Christopher pouffait de rire mais arrêta de tourmenter son amie pour raconter à Wyrma comment il connaissait ce petit détail. Son amie sourit en secouant la tête. Puis, ils se dirigèrent dans la cuisine. Rosie leur donna à chacun une mission.

- Rhoo arrête de faire cette tête, Rosie, lui lança le guérisseur en lui lançant un petit morceau de carotte sur la tête, c'était juste une blague.

- Oui mais une blague de mauvais goût, s'exclama la jeune femme, toujours irritée. Tu as intérêt à te tenir ce soir et surtout ne pas dire ce genre de choses devant Sirius !

- Arg, tu ne devrais pas le tenter, Rosie ! la réprimanda Wyrma.

Rosie lança un regard noir à Christopher, celui-ci haussait juste les épaules l'air de rien. Elle tenta de lui faire comprendre les conséquences si par malheur il ne se tenait pas correctement mais il esquiva ses yeux comme si de rien n'était.

Au bout d'une heure, elle décida d'aller se laver et se changer. Elle laissa ses deux amis terminer ce qu'ils avaient à faire. Pendant qu'elle mettait des bijoux, elle entendit des voix et reconnut celle de Sirius. Il semblait rire avec Christopher, puis, elle l'entendit monter l'escalier quatre par quatre et arriva dans leur chambre. Elle se détourna de son miroir et se précipita dans ses bras mais il la repoussa vivement.

- Je dois prendre une douche absolument, ça fait quatre jours que je ne me suis pas lavé ! lui lança-t-il. Tu n'aimerais pas que je gâche ta belle robe, n'est-ce pas ?

En effet, Rosie vit que sa tenue était pleine de crasse et put sentir à un mètre une odeur désagréable. Elle hocha la tête et le laissa se préparer. Elle finissait de se coiffer quand Sirius sortit enfin après une douche éclair, une serviette autour de la taille, les cheveux mouillés. Elle ne savait pas comment il faisait mais il était toujours très rapide. Il lui fit un grand sourire en ouvrant ses bras. Rosie ne put s'empêcher d'admirer sa belle musculature tout en avançant vers lui pour le prendre enfin dans une étreinte bien méritée.

Rosie remarqua une nouvelle cicatrice sur son épaule gauche.

- Qu'est-ce que c'est que ça encore ? lui demanda-t-elle d'un air agacé.

Depuis qu'il avait commencé son travail pour l'Ordre du Phénix, Sirius revenait toujours avec une ou deux nouvelles marques sur le corps. Au début, son mari esquivait toutes les questions qu'elle lui posait. Maintenant, il lui racontait parfois ce qui lui arrivait sans pour autant rentrer dans les détails.

- Oh ça, un sortilège de découpe que j'ai reçu dans le dos, j'ai pas mal saigné ! répondit-il d'un air nonchalant. Et je n'avais pas un bon médicomage avec moi. Mais maintenant, j'en ai un, tu vas bien me concocter une petite potion pour faire disparaître cette marque ?

- Mais Sirius ! Tu sais bien que je ne peux pas tout soigner ! Parfois, certains sorts ne peuvent pas cicatriser correctement, surtout si un guérisseur ne s'en occupe pas rapidement. Il faut que vous vous améliorez dans les sorts de guérison, tous autant que vous êtes !

Il se dégagea d'elle en esquivant ses reproches et se dirigea vers l'armoire pour se trouver une tenue. Rosie regarda son dos et vit que le sortilège de découpe avait fait bien plus de dégâts qu'elle ne pensait. Elle soupira longuement.

- Ne mets pas encore ta chemise ! lui lança-t-elle, irritée, en se dirigeant vers son atelier de potions. Je vais trouver une pommade.

Elle fouilla dans son étagère à potion et trouva ce qu'elle voulait.

- Heureusement, il m'en reste encore ! lui dit-elle en revenant dans la chambre. Mais il va falloir que j'en refasse. Allonge-toi sur le lit !

- J'aime quand tu me donnes des ordres, rétorqua-t-il avec un sourire en coin, en suivant les instructions de sa femme.

- Idiot !

Mais Rosie ne put s'empêcher de sourire également.

Dès qu'ils furent prêts, ils descendirent dans le salon. Il n'y avait plus rien à faire et ils s'installèrent tous sur le canapé, un verre à la main. Une demi-heure plus tard, le mari de Wyrma et son fils arrivèrent ainsi que Remus. Rosie écarquilla les yeux quand elle vit ce dernier. Ses vêtements étaient encore en plus mauvais état que d'habitude et il semblait extrêmement fatigué. Il rougit quand il vit son regard intense. Rosie décida de détourner les yeux, elle l'avait certainement froissé à le regarder ainsi. Elle savait que Remus avait des problèmes de santé, c'était ce que Sirius lui avait dit. Mais Rosie trouvait qu'il semblait plus que malade. Elle se demanda si elle ne devait pas discuter un peu avec lui pour comprendre sa maladie. Peut-être pourrait-elle l'aider ?

Sirius accueillit son ami dans une accolade chaleureuse et lui proposa un verre de whisky pur feu, ce qu'il accepta immédiatement. A la lueur du feu, Remus semblait allait un peu mieux, ses traits s'étant détendus et Rosie décida de ne pas lui parler immédiatement.

Les Potter arrivèrent ensuite en compagnie de Peter. Rosie sauta littéralement dans les bras de sa meilleure amie. Elles n'avaient pas pu discuter longtemps lorsqu'elles s'étaient vues à la soirée d'Halloween et depuis, n'avaient pas réussi à trouver un moment pour elles deux.

Lily l'emmena directement dans la cuisine. Même si Rosie avait demandé à ce que personne ne cuisine quoique ce soit, son amie avait préparé des biscuits à la cannelle.

- Merci, lui dit Rosie en l'embrassant sur la joue.

La jeune femme aux cheveux auburn semblait soucieuse. En effet, elle avait quelques cernes sous les yeux.

- Que t'arrive-t-il ? lui demanda immédiatement Rosie. Tu m'as l'air bien fatigué ! C'est le travail ?

- Non, pas du tout... enfin, si... je suis fatiguée.

Elle lui fit un grand sourire qui illumina subitement son visage. Et Rosie comprit immédiatement. Son coeur fit un soubresaut dans sa poitrine. Elle s'approcha d'elle et lui chuchota :

- Tu es enceinte, n'est-ce pas ? lui demanda-t-elle dans un souffle.

- Oui, lui répondit Lily avec un sourire sur les lèvres.

Rosie la prit dans ses bras.

- Mes félicitations !

- C'est peut-être un peu trop tôt pour le dire...

- Tu es à combien de semaines ?

- Six semaines, je ne sais pas vraiment en fait.

- Tu veux que je t'ausculte ?

- Je ne veux pas te déranger...

- Viens dans mon cabinet dans trois jours quand je serai revenue de congés.

- Merci, Rosie !

- Et James, il est au courant ?

- Non, pas encore, pour l'instant, je ne préfère pas lui dire... il peut se passer tellement de choses...

Rosie la comprit immédiatement. Elle n'avait jamais parlé de sa première fausse couche à Sirius. Pour la deuxième, elle lui avait dit mais cela avait été un moment très difficile à surmonter. La joie de Sirius, puis sa déception. Sa tristesse était déjà grande et devoir affronter celle de son mari était difficile à supporter. Néanmoins, elle s'était sentie moins seule et finalement, avait préféré que Sirius soit au courant.

- Tu devrais le lui dire, lui dit-elle subitement. James doit savoir. Même si tu n'es pas sûre, si cela ne fonctionne pas, il sera là pour t'épauler. Tu auras besoin de lui.

- Merci, Rosie, lui répondit Lily avec un sourire. Je sais que pour vous... c'est compliqué... je ne savais pas vraiment comment te le dire...

- N'importe quoi ! lui lança Rosie. Tu peux tout me dire, tu sais bien !

Elle reprit Lily dans ses bras pour lui démontrer que jamais elle ne lui en voudrait. Bien sûr, elle avait eu un léger pincement au coeur quand Lily lui avait annoncé sa grossesse mais elle avait vite balayé cette mauvaise pensée. Elle était heureuse pour son amie.

Elles rejoignirent ensuite le reste des invités. Horace arriva finalement avec presque une heure de retard. Il s'excusa en arrivant avec un magnum de Xerès dernier cru et fut vite pardonné. Puis, ils s'installèrent autour de la table. Tous firent honneur aux plats que Rosie avait cuisiné. Ils la félicitèrent sur son chapon. D'ailleurs, ils en reprirent une seconde fois.

Le professeur Slughorn fut le plus volubile de tous les convives. Il leur raconta toutes les anecdotes les plus embarrassantes sur ses élèves ou même ses collègues. L'enseignant adorait être le centre de l'attention et il n'hésita pas à balancer quelques secrets comme la relation du concierge avec la bibliothécaire ("J'en étais sûr !" s'était exclamé Sirius devant le haussement de sourcil de Rosie. Depuis quand Sirius aimait-il les ragots ?). L'enseignant se justifia en disant qu'ils n'étaient plus élèves à Poudlard et pouvait bien leur confirmer quelques rumeurs.

Rosie et Sirius étaient assis l'un en face de l'autre, chacun à un bout de la table et se lançaient des regards langoureux dès qu'ils le pouvaient. lls n'avaient qu'une seule envie, se blottir dans les bras l'un de l'autre. Mais l'attente était tout aussi délicieuse et ils riaient des histoires de chacun tout en échangeant des sourires complices.

Vint finalement le point culminant de la soirée : l'échange des cadeaux. Minuit était passé et tous se levèrent de table pour s'embrasser. Horace apprécia l'édition limitée de "L'art du potionniste" de Benedicte Turner, signée par l'auteur, offerte par Rosie. Lily et James commentèrent avec animation le tableau d'art contemporain que le couple Black leur offrirent. A défaut de l'aimer, le cadeau faisait parler. Remus accepta avec chaleur l'écharpe que la jeune femme lui avait confectionné. Peter fut ravi de recevoir une bouteille de Xerès. Christopher prit dans ses bras Rosie quand il découvrit le kit d'herbes séchées qu'elle lui avait préparé. En effet, elle avait cultivé toutes ces plantes dans sa serre et les avaient soigneusement faits sécher. Sirius ne put s'empêcher de lancer un regard torve au guérisseur. Rosie offrit un nouveau chapeau à Wyrma, un livre sur l'alchimie à son mari et un kit de cirage pour balai à Talbott qui avait reçu de ses parents un nouveau balai.

Elle garda en dernier le cadeau qu'elle avait prévu pour Sirius. Celui-ci aussi attendait que tout le monde offrent ses cadeaux avant de lui donner le sien. Ils s'assirent dans un coin. Il lui tendit un cadeau enveloppé dans du papier avec un grand sourire. Rosie le regarda pendant un moment se demandant ce que son mari avait bien pu lui acheter. Elle déchira le papier et découvrit une petite boite en velours. Elle lança un regard curieux à Sirius. Rien que l'écrin avait l'air de très bonne qualité. Elle sut immédiatement que le cadeau avait dû coûter cher. Elle ouvrit la boîte et fut immédiatement émerveillée par ce qu'elle y trouva : une broche en argent gobelin représentant une tête de Sinistros.

- Mais Sirius, tu n'aurais pas dû ! ne put-elle s'empêcher de s'écrier. Cela a dû coûter cher et nous n'en avons pas les moyens.

L'agent gobelin était cher et rare.

- Pas du tout ! répliqua-t-il avec un sourire. Je l'ai bien négocié, ne t'inquiète pas !

- Comment ça, négocier ? Qu'as-tu encore fait ?

- Rien de répréhensible, la rassura-t-il. Tu l'aimes au moins ?

- Elle est magnifique ! dit-elle avec un grand sourire sur les lèvres.

L'argent brillait tellement que lorsqu'elle l'approcha de son visage, il l'illumina. Sirius lui prit la broche des mains et vint l'accrocher sur sa robe noire.

- Voilà ! Comme ça, tu pourras penser à moi à chaque fois que tu le verras sur ton chemisier !

Elle sourit et l'embrassa en le remerciant. Soudain, le cadeau qu'elle lui avait prévu faisait un peu pâle figure à côté du sien et elle hésita à le lui donner. Sirius vit son indécision mais lui prit quand même le gros paquet des mains.

- C'est pour moi ? lui demanda-t-il en le secouant un peu.

Question rhétorique.

Elle soupira et regarda son mari ouvrir son paquet. Elle avait tricoté de ses propres mains et sans magie un pull rouge. Elle y voyait tellement d'imperfections quand il le déplia qu'elle en eut honte. Pourquoi s'était-elle lancée dans le tricot ? Non, son cadeau était vraiment ridicule. Pourtant, Sirius lui fit un grand sourire. Il enleva immédiatement son propre pull et mit celui de sa femme. Elle rougit encore plus car une manche semblait un peu plus longue que l'autre. Elle décida de réajuster le pull sur lui histoire de rendre inaperçues ses erreurs.

- Il est magnifique ! s'écria-t-il avec sincérité. Ses yeux pétillaient.

- Tu peux dire qu'il est horrible, cela ne me vexera pas, répliqua-t-elle d'un air penaud.

- N'importe quoi ! Je chérirai toujours tout ce que tu feras de tes mains ! Et je n'échangerai ce pull pour rien au monde !

- Arrête un peu avec tes discours grandiloquents !

- Je suis sincère !

Et il la prit dans ses bras en lui chuchotant un remerciement. Ils retournèrent vers leurs convives.

Chacun profita de la soirée dans la bonne humeur, malgré les regards fatigués, les éclats moins lumineux dans leurs yeux ou même les rires parfois un peu forcés. La guerre était à leur porte mais ils chérissaient ces rares instants de bonheur.