From Past with Love
Le cercle des Reviewers Anonymes :
morane : Coucou, ça va ça va et toi ? :D
Merci beaucoup ! Et oui l'entraînement c'est une nouvelle étape pour lui mais aussi dans leur relation ! C'est un truc qui va à la fois simplifier leur relationnel et en même temps le compliquer haha ! Pour le "pouvoir" je ne dis rien du tout ! Sinon je spoile !
Ouh oui tu chauffes un peu, mais je doute que tu trouves ! Y a déjà pas mal d'indices dans le texte un peu partout !
Et non non je te prends pas pour une folle t'inquiète pas, je suis tellement barrée que tu risques pas grand chose !
Maaah t'es trop mignonne toi ! Je mets souvent du temps parce que j'ai d'autres trucs à faire, c'est vrai xD Ça fait du bien que certains comprennent parfois !
Moi je suis contente de t'avoir découverte toi xD je te confirme que tout est réciproque et je te remercie encore pour toutes tes reviews vraiment trop mignonnes !
C'est un honneur si je fais partie de tes auteurs préférées ! :') Ça me va droit au cœur !
Gros gros bisous à toi et bonne fin de semaine ! Merci mille fois !
A bientôt !
Nashdoi : Encore une fois je réponds ici parce que j'ai un petit soucis facebook que je devrais régler dans pas longtemps !
Ouaaaaah mais je suis honorée O_O Je m'incline, merci beaucoup !
Haha c'est marrant vous avez été plusieurs à me dire ça, je suis d'accord avec toi pour l'arc et les flèches, mais c'est un peu à "l'instinct" qu'Harry se dirige vers l'arbalète qui est une arme qu'affectionne tout particulièrement Salazar ! Ce sera un peu expliqué dans ce chapitre :D (Puis j'adore les arbalètes *coeur*)
Merci beaucoup beaucoup !
A bientôt !
Ches': Redécouvrir... Y a besoin après le coup de frais que je lui ai passé xD
Ouaaaaais je sais ! Y a un grand écart d'âge, mais j'essaye de ne pas trop le faire sentir ! En tout cas je suis contente que ça te plaise, malgré tout ça, surtout l'aspect pure romance ! Parce qu'en effet c'en est une ! Ce sera toujours centré sur eux même si y a le contexte d'une guerre etc !
Haha t'inquiète, j'adooooore les clichés ! Je suis une recycleuse de cliché, j'aime bien les rafraîchir, les tordre dans tous les sens, les insérer discrétos (ou pas) xD Jelyel, fan de clichés. Enchantée :D Mais je suis super contente que ça te plaise, vraiment, d'autant plus si c'est pas le genre de lecture que tu affectionnes d'habitude !
Le pousser malencontreusement, je crois ça définit bien l'envie oui ! J'ai dû résister pour pas faire aboutir la romance trop vite ! Souffrance !
J'aime ta solution xD
Mon Dieu, une perspicace, toi je t'aime ! :D Je peux pas répondre à ta première question sans te spoiler (et ce que je viens de dire c'est déjà un spoil !) ! Et idem pour les indices que tu as relevés ! Mais en tout cas tu es sur la bonne voix, jeune padawan, la force te guidera ! T'es l'une des seules à avoir griller le faisceau d'indice, je pensais l'avoir moins bien planqué que ça, mais bon ! Il te manque encore quelques indices, mais ceux-là sont assez durs à dénicher haha !
Tiens ça me dit quelque chose le Dobby/Rusard... Le Harry/Hagrid je suis allée voir par curiosité ! J'irais pas jusqu'à dire que j'ai aimé, mais c'est super bien écrit ! Après les images mentales que ça laisse... Hum hum xD
Je crois qu'on m'a déjà parlé de la Sev/Ginny, faut que j'aille voir ! Harry/Goyle on me l'a évoquée, donc j'irais voir aussi ! Sev/Luna, je veux bien le titre si tu l'as, pleaaaase :D
Harry/Salazar, la baaaase xD J'adore tellement ce couple, y en a tellement peu ! Je suis d'accord avec toi, ça donne des trucs totalement OOC mais alors qu'est-ce que c'est bon de lire du nouveau dans les pairings ! Même si on fait quand même rapidement le tour !
Tu as le droit de discourir toute la nuit si t'as envie, moi ça me dérange pas xD
Je terminerai en te disant un GRAND MERCI ! Ta review était plus que trop mignonne et ça m'a fait vraiment plaisir de la recevoir ! C'est trop adorable ! Merci beaucoup !
A bientôt !
Bisous ! :D
Guest : Ooooh joli jeu de mot :D J'aime ! La suite est là tadam ! Merci beaucoup ! A bientôt :)
Note :
Hop, nous voilà arrivés aux chapitres plus récents. A mi-chemin dans le chapitre 14 il y a eu une pause de deux ans dans l'écriture haha ! J'espère que ça ne se sentira pas trop ! Bonne lecture et merci encore pour vos encouragements et d'avoir permis à cette fic de dépasser les 500 reviews !
Rendez-vous en bas !
Chapitre Quatorzième
Lâcheté, faiblesses... Force ?
Proposition d'écoute : « Cities in dust » de The Everlove.
Salazar lui apparut, silhouette obscure, longiligne, foncièrement plus jeune. Sa capuche était rabattue sur ses cheveux et on distinguait à peine son visage. Le vent agitait sa cape derrière lui et le crépuscule masquait peu à peu les arbres de la forêt qui s'étendait non loin. Il était agenouillé sur un rocher donnant sur le flanc de la falaise où ses parents étaient tombés. La tête baissée, il scrutait le vide comme si celui-ci allait brutalement voir surgir quelque chose.
Un bruit se fit entendre et un homme sortit du couvert des arbres, silencieux comme la mort. Il s'approcha de Salazar à pas mesurés et sortit sa baguette, prêt à lui lancer un sortilège létal. Harry vit le visage du fondateur s'éclairer d'un sourire de pur délice et ses yeux se fermèrent comme pour apprécier au mieux la saveur de l'instant. Le jeune sorcier était certain que Salazar avait perçu la présence de l'individu derrière lui. Plus encore, il s'en délectait visiblement.
Félin, Salazar sauta du rocher d'un bond souple alors qu'un sort frappait ce dernier à l'endroit exact où il s'était tenu une demi-seconde plus tôt. Le brun atterrit souplement au sol, une main à terre et les genoux repliés. Il releva la tête, un sourire ennuyé sur les lèvres puis se redressa vivement, évitant un nouveau sort.
– Mira m'avait dit que tu étais un sentimental et que tu reviendrais ici, lança l'autre homme, le regard perçant. Elle dit aussi que nous avons heurté ta fierté. Qu'un Slytherin meure comme ça, quelle déchéance…
Salazar se mouvait plus vite que l'autre qui peinait à l'atteindre. Le jeune sorcier se dissimula derrière un bosquet non loin, faisant perdre à son adversaire ses repères visuels. Il quitta à vive allure sa cachette et se fondit à travers les ombres des arbres, suivant leurs contours irréguliers. Puis, il jaillit à nouveau hors de la forêt au moment où son assaillant le repérait et lui envoyait le maléfice la mort.
– On ne m'avait pas dit que tu étais un idiot, siffla Salazar en s'approchant de lui à pas rapides, effectuant des mouvements si vifs de sa baguette qu'aucun sort n'aurait pu l'atteindre.
L'homme roula sur le côté quand Salazar l'atteignit et le Slytherin dût se plaquer contre l'imposant rocher pour éviter un sort plus vicieux. D'une main, il crocheta une prise solide dans la pierre et se propulsa au sommet. Et lorsqu'il se redressa, faisant face à l'homme abasourdi par son agilité, il tenait fermement l'arbalète dans une de ses mains.
– C'est terminé, dit-il sèchement.
– Une arbalète, vraiment… ? Suicidaires et lâches… Vraiment, les Slytherin sont tombés bien bas, amorça l'homme, perdant de son assurance en toisant le carreau prêt à se ficher dans sa chair à la moindre sollicitation de la détente.
Il leva les mains en signe d'apaisement.
– Lâche ? répéta Salazar comme si le mot lui plaisait tout particulièrement. Si c'est ta définition de survie alors je suis un lâche. Si c'est là le seul moyen de tous vous tuer dans la disgrâce, alors je suis un lâche. Et nous verrons jusqu'où ma lâcheté me mène, rendez-vous de l'autre côté.
Et avant que le sorcier n'ait pu réagir, la flèche meurtrière fut décochée et se ficha droit dans son cœur. Il émit un son entre horreur et stupéfaction et bascula en arrière, mort avant même d'avoir touché le sol. Salazar sauta au bas du rocher et avança sur le cadavre. Prenant appui de son pied sur le torse de son adversaire, il décrocha la flèche dans un bruit atroce. Il l'essuya négligemment sur un coin de sa cape et la réinstalla sur son arme dans une série de cliquetis sonores. Puis il se pencha un peu, ses avant-bras posés sur sa cuisse pour mieux toiser le visage figé par la mort.
– Et Mira se trompe, ce n'est pas ma fierté qui est blessée, c'est ça, cracha-t-il abattant le bout de sa botte sur la plaie au cœur qui suinta un peu.
Le souvenir s'estompa et laissa à nouveau place à la salle d'entraînement. Harry cligna des yeux plusieurs fois et lâcha l'arbalète qui heurta lourdement le sol. Jamais. Jamais il ne l'utiliserait. Si sa main l'avait choisie ça n'avait été pour rien de plus que percevoir ce souvenir. Rien de plus. Une telle charge de magie et d'émotions... Pourquoi captait-il si aisément tout ce qui était lié à Salazar, avait-il provoqué la vision ?
– Quoi qu'en pensent certains d'entre nous, la vengeance, si elle est bien orchestrée, procure un sentiment qui ne connaît aucune équivalence. Il ne dure pas, il est vrai… Mais qu'est-ce qui, dans cet univers, dure pour toujours ? Nous courrons après l'éphémère, chacun de nos plaisirs l'est. Alors pourquoi se priver de celui de voir la vie quitter un homme que l'on a haï de toutes ses forces ? prononça Salazar d'une voix calme en lui tendant une main fine, délicate, capable de tuer sans l'ombre d'une hésitation.
Harry la fixa un moment et remonta son regard jusqu'aux yeux de l'homme. Pour la première fois, il sentait à quel point ce dernier était dangereux. Il l'était parce qu'il abritait des blessures qui avaient fait de lui un être redoutable, doté d'une habilité à fixer ses pensées sur un seul objectif, à tout abattre sur son chemin pour en venir à bout. Chacune de ses brisures le maintenait en vie, alerte, et c'était ce qui le rendait invulnérable.
– Vous commencez à comprendre, souffla Salazar alors qu'Harry attrapait franchement sa main. Quand je vous ai dit que vos blessures n'étaient pas des faiblesses... Elles abritent tout l'amour, toute la douceur que vous aviez pour ceux qui vous sont chers et que vous avez perdu. Elles vous tiennent debout, sur vos deux jambes, pour mener à bien votre vie quand d'autres n'ont plus cette chance. Elles vous rendent puissant, incontrôlable, destructeur. Solide et plein de sollicitude pour ceux qui ne parviennent pas à trouver cette force en eux dans le marécage du chagrin et du manque.
D'une poigne ferme, le fondateur le releva, proche de lui.
– J'ai vu votre force à l'instant où votre regard a croisé le mien, lui murmura-t-il à l'oreille. Je n'y ai vu aucune faiblesse. J'y ai vu une grande peine dans laquelle il vous suffira de puiser en temps voulu. Et ce temps est venu, monsieur Potter. Prenez une autre arme et affrontez-moi ! ordonna-t-il d'une voix ferme en le contournant d'un mouvement souple pour saisir une épée à la lame fine avant de reculer de quelques pas souples.
Harry le regarda faire, les yeux plissés avant de laisser sa main choisir une lame légère qu'il était certain de pouvoir au moins manier. En le voyant faire, Salazar eut un sourire appréciateur.
– Ne pas présumer de ses forces en voilà une qualité. Pas comme lorsque vous avez couru au secours de votre parrain au Ministère vous avez appris de votre erreur.
La remarque lui fit l'effet d'un seau d'eau glacée. Le jeune homme adopta aussitôt une pâleur opaline, figé, presque tremblant. Salazar arborait un air dur qu'il ne lui connaissait pas.
– Ne me parlez pas de…ça, articula difficilement le Gryffindor.
– Vous m'en avez parlé, je peux l'évoquer comme je le désire. Si vous me confiez ce qui vous affaiblit, pourquoi ne m'en servirai-je pas ?
Il se sentit trahi d'un seul coup, jugé alors même que le serpent n'avait pas modulé son regard sur lui un seul instant. Le jugeait-il depuis le début ? N'était-ce pas ce qu'il avait voulu entendre de toute manière ? Que tout était de sa faute ?
Une colère sourde l'envahit. Contre lui-même, contre sa naïveté. Comment Salazar aurait pu faire autrement que le juger ? Il devait le trouver pathétique. Il resserra sa prise autour de la garde de son épée et évolua doucement dans la pièce. Salazar suivit son mouvement circulaire, de manière à toujours se trouver face à lui.
– C'est pour me déstabiliser ? grinça-t-il entre ses dents, les yeux clos.
– Non c'est un repère que je vous donne, c'est une stabilité que je vous donne, Monsieur Potter ! Vous êtes en colère ? Servez-vous-en ! Attaquez-moi !
– Parce que vous croyez que c'est contre vous que je suis en colère ?! hurla-t-il soudain.
– Oh non, pas une seconde, lâcha Salazar avec un rire dénué de joie. Je crois que cette colère contre vous est destructrice et n'a pas lieu d'être si elle n'est pas ensuite dirigée vers les bonnes personnes. Qui a jeté le sort qui a tué votre parrain ? A qui cette personne obéissait-elle ? Attaquez-moi !
La peau de sa main qui entourait l'épée chauffait depuis quelques secondes et il n'osait baisser ses yeux dessus. Il sentait simplement sa magie crépiter et se faufiler dans la lame qui la stockait peu à peu. Alors il approcha davantage.
– C'est bien, doucement…, lui indiqua Salazar. Ne vous précipitez pas tête la première sans analyser. Vous savez parfaitement que cela vous mène à de cuisants échecs.
Chaque remarque s'enfonçait comme un poignard dans son cœur et il ferma les yeux dès que la voix du serpent se tût. Les yeux de Salazar étaient comme fous, agrandis par une attente proche de la démence, attentifs au moindre de ses gestes. Il n'avait pas la moindre chance de briser ses défenses, pourtant l'énergie de l'épée circulait doucement dans son bras, lui ordonnant de tenter une percée. Aussi laissa-t-il son bras retomber le long de son corps dès qu'il fut près de Salazar. Celui-ci allait soupirer de dépit mais n'en eut guère le temps. Le jeune homme venait d'achever son geste de défaite en impulsion pour le faucher par le bas. Salazar bondit en arrière et évita le coup de justesse, un sourire ravi aux lèvres.
– C'est bien ! C'est très bien, la tricherie vous sauvera. Il n'y a aucune règle d'honneur quand il s'agit de défendre sa vie ! s'exclama-t-il joyeusement.
Harry attaqua à nouveau, laissant l'épée guider son bras, laissant l'énergie de l'arme et sa propre magie se fondre. Il abattit son épée qui rencontra celle du fondateur dans un bruit qui le fit frissonner.
– Vous le sentez, n'est-ce pas ? La communion entre cette arme qui n'aspire qu'à combattre et votre magie que vos émotions agitent. L'épée vous répond. Elle devient une part de vous-même, une prolongation de votre corps.
Il n'était même pas essoufflé et parait chaque coup avec une aisance remarquable tandis qu'Harry, bien que guidé par l'épée, s'épuisait rapidement. Il ne parvenait pas une seule seconde à mettre en déroute le mage, devinant que sa maîtrise de l'épée ne provenait pas uniquement de l'aspect magique de celle-ci. Il était épéiste et tout dans son attitude, dans la souplesse de son maintien, le hurlait.
Harry prit une profonde inspiration et jeta son épée au loin. Il lança un regard las au fondateur et fit volte-face pour quitter la salle. Mais la voix de Salazar le figea dans sa démarche vive :
– Je ne vais pas vous dire que ce qui est arrivé à votre parrain n'était pas de votre faute, mais je vous dirai ceci cependant : c'était un acte d'amour pur quand vous avez décidé d'aller le secourir, même s'il s'agissait d'un piège. Ne vous blâmez pas pour celle qui a brandi sa baguette contre son propre sang. Ni pour l'homme qui vous a envoyé une vision de laquelle personne n'aurait su discerner le vrai du faux. Votre parrain est mort aimé, après douze années à être oublié en prison. C'est tout ce qui comptait. Son temps était fini, Harry, au fond de vous vous savez que l'heure de sa mort avait sonné, quoi que vous auriez pu tenter de faire.
Son ton avait été doux, dénué de tout jugement et le jeune homme ferma les yeux, accusant le coup en douceur. Il ne pleurerait pas. Pas encore. Il n'y arrivait même plus.
– Non vous ne le ferez pas, murmura Salazar, plus près de lui, répondant à ses pensées. Il est l'heure de se soucier des vivants pour ne pas avoir à les pleurer un jour arrivé trop tôt. Il est temps de redresser la tête, Monsieur Potter. Il est temps de vous battre pour vivre.
Sa voix était basse et elle le fût davantage encore quand il reprit, le timbre pourtant ferme :
– Parce que je sais que, même si ce n'était pas le cas il y a encore quelques mois, vous avez envie de vivre. Vous le sentez pulser en vous et c'est douloureux. C'est ce que la vie est parfois, pour quelques-uns d'entre nous : une plaie ouverte, sanguinolente, infectée. Tant que ça fait mal c'est qu'on est en vie. Tant que certaines personnes arrivent à l'apaiser, on est en vie. Vous pouvez renoncer, Harry, vous pouvez choisir de mourir.
Harry ravala à grande peine ses larmes en levant les yeux au plafond un bref instant. Mon Dieu… Il ne se retourna pas, préférant mille fois fixer un point dans le vide devant lui plutôt que de croiser le regard flamboyant de cet homme qui n'avait sans doute jamais abandonné une seule fois dans sa vie. Très Gryffindor, finalement. Le jeune sorcier soupira, desserra sa cravate avant de passer ses mains sur son visage.
– Parfois… Juste parfois, j'ai des moments de lucidité intense où je sais que mes jours sont comptés, dit-il à mi-voix, redoutant le silence qui régnait entre ses mots. Je ne sais pas, c'est comme si le monde basculait hors de son axe et j'ai l'impression de ne plus penser les choses dans le bon ordre, que rien n'a de sens. Que ma vie… que la vie n'en a pas.
– Le sens ? s'étonna Salazar, les sourcils froncés. Il est évident. Vivre est un sens. Pourquoi s'acharner à en trouver un autre ? Vivre, aimer, transmettre, aider, pleurer, rire, ressentir à outrance.
Un petit silence s'installa avant qu'Harry n'ose poursuivre, comme s'il redoutait une colère subite de la part du mage :
– Et quand on sait que tout ça va nous être arraché peu à peu ?
Un cliquetis se fit entendre et quelques froissements de tissu lui indiquèrent que Salazar avait bougé, sans doute en train de se défaire de son matériel.
– Alors on se bat pour le conserver, dit-il avec un long soupir. Et on profite jusqu'à la dernière bouffée d'air que ce monde voudra bien nous accorder. Pourquoi chercher un sens à la vie quand vous pouvez donner un sens à la vôtre ?
– J'en sais rien. J'ai paumé le mode d'emploi de tout ça, alors que ça devrait être évident. Je veux dire, je ne m'attarde jamais sur ma respiration, mais si je le fais, elle devient plus difficile, ce n'est plus un réflexe mais un effort conscient. Et là c'est tout comme.
Salazar émit un « mmh mmh » concentré à ses paroles et Harry se passa une main sur le visage, invité à poursuivre sans trop savoir mettre des mots sur ce qui s'agitait en lui :
– C'est compliqué à expliquer mais là, tout de suite, c'est comme si j'avais emprunté un chemin au hasard. Et maintenant, je me retrouve sur ce chemin, les mains dans les poches, sans savoir de quel côté je suis arrivé ni celui vers lequel je me dirigeais et j'ai l'impression que devant et derrière moi il n'y a qu'un cul-de-sac.
Un silence attentif suivit ses paroles et Salazar sembla peser ses mots avant de les laisser filer hors de sa bouche :
– Sortez du chemin. Effectuez un pas de côté et changez de perspective. Ne regardez que l'horizon, parce qu'il y en a un, caché derrière des montagnes d'obstacles qui vous empêchent d'espérer.
– Ces obstacle sont estampillés Voldemort. C'est la guerre, la mort.
Il entendit un soupir derrière lui et les pas souples du fondateur s'arrêtèrent dans son dos, si près qu'il sentit la chaleur de l'homme irradier jusqu'à lui.
– Croyez-vous vraiment que je vais laisser cet homme vous faire le moindre mal maintenant que je suis ici ? Avez-vous si peu confiance en moi ?
– Je ne veux pas qu'on me protège, argua Harry, le ton ferme.
– Je me fiche de ce que vous voulez.
– Non, c'est faux, vous ne vous êtes jamais fichu de ce que je voulais. Mais il vous tuera, Salazar, quoi qu'il en coûte…
– Qu'il essaye donc…, murmura-t-il, la voix dangereusement basse.
Un silence s'installa et Harry passa ses mains sur son visage, épuisé, confus.
– Ne me laissez pas, lâcha-t-il soudain. Jamais.
Un autre silence s'installa et il n'osa toujours pas se retourner. Il sentit simplement deux bras passer autour de lui et une chaleur incroyable se répandre dans son corps. Le fondateur saisit ses mains et les enveloppa des siennes. Il déposa un long baiser sur sa tempe et Harry ferma les yeux pour savourer le contact.
– Jamais, Chara, murmura le serpent avant de relâcher l'étreinte et de quitter la pièce sans un mot de plus.
Harry ouvrit les yeux et fronça les sourcils. « Chara » ? Ce n'était ni du Fourchelang ni aucune langue qu'il connaissait. Juste un mystère de plus… En attendant, il ne savait plus quoi penser de la tournure que prenait sa relation avec Salazar. Il ignorait tout de la manière dont il était possible de s'attacher si vite à quelqu'un.
Harry quitta les appartements de Salazar, incroyablement troublé. Il savait d'avance que le comportement du fondateur ne changerait pas d'un iota, que dès le lendemain il serait à nouveau fortement intenable, complètement impossible à suivre dans ses monologues et plein d'une énergie qu'il puisait il-ne-savait-où.
Il regagna la salle commune et monta directement dans le dortoir, passant à toute vitesse devant Ron et Hermione. Il marmonna une vague excuse et s'enferma derrière les rideaux de son lit à baldaquin. Il plaqua son visage contre l'oreiller et martela à rythme lent son matelas en grommelant. Salazar devait le prendre pour un sale gosse dépressif, faible et incroyablement naïf. Mais à quoi jouait-il ? Son approche, déjà ambiguë à la base, le déboussolait complètement et de plus en plus.
Il sortit de son état misérable en entendant un son à la fenêtre, près de son lit. Il se leva et ouvrit à la petite chouette qui tentait d'entrer. Son regard s'éclaira, reconnaissant l'écriture de Remus sur l'enveloppe. Il se hâta de la décacheter et la parcourut :
« Harry,
J'espère que tu pardonneras mon retard à te répondre. Je n'ai pas souvent l'occasion de rejoindre des villes depuis le début de cette mission, tu comprends aisément pourquoi.
Je m'inquiète pour toi, ta dernière lettre était sombre, terriblement sombre, et je regrette de ne pas savoir comment t'apporter un peu de lumière. Tu t'enquières sans arrêt de mon état, de mon deuil, sans jamais me parler du tien et je peux le respecter. Mais je sais ce qui se cache derrière les mots que tu me refuses. Il est légitime que tu souffres, Harry. Autant qu'il est légitime que je souffre de son départ. Et je sais pourtant que tu penses le contraire, que tu penses que, d'une manière ou d'une autre, je pourrais t'en vouloir concernant sa mort. Et tu ne pourrais être plus éloigné de la vérité. Chaque homme est responsable de son destin et, si j'ai essayé de l'empêcher de se rendre au Ministère, tu sais comme moi que Sirius n'écoutait que lui-même et, en de trop rares occasions, le spectre de la raison. Ne te blâme pas. Je ne te blâme pas. Jamais. Tu es l'une des seules choses qu'il me reste de précieuse en ce monde avec Tonks.
Je ne peux pas plus m'attarder et mon parchemin est déjà bien rempli. Prends chaque mot pour ce qu'il est, ne voit pas au-delà. Prends soin de toi et pardonne-moi de ne pas être à tes côtés. Ensembles nous aurions peut-être pu mieux avancer. Mais la vie en a voulu autrement et je ne doute pas que tu trouveras la force de te relever.
Affectueusement,
Remus.»
Il relâcha la lettre, souriant un peu, le regard humide. Il chassa cela de quelques battements de cils et écrivit sa réponse avant de la donner à la petite chouette. Il ne craignit pas une seconde de confier à Remus avoir fait une rencontre importante. Il avait une absolue confiance dans le fait qu'il ne dirait rien à personne. Et il avait besoin de le rassurer, de lui montrer qu'il allait mieux et que lui aussi, Remus Lupin, loup-garou de son état, avait le droit d'aller mieux.
Il prit une douche et se recoucha sans prêter attention aux autres qui montaient peu à peu se coucher. Il installa son casque sur sa tête et le brancha à son walkman. Hermione était parvenue à trouver un sort pour que les objets moldus marchent ici, protégés des ondes magiques. L'appareil se rechargeait même au contact de la magie et Harry l'en avait bénie pendant de longues semaines. Il lança son CD, les bras croisés derrière la tête, mais ne parvint pas à trouver le sommeil. Il savait… Par Merlin il savait ce que cela signifiait ! Il allait encore atterrir dans les appartements du serpent sans vraiment comprendre ce qu'il foutait là-bas !
Il étouffa un cri de rage en se débarrassant de sa couverture. Il enfila rapidement un t-shirt trop large et partit pieds nus dans les couloirs, son casque toujours sur les oreilles et sa cape d'invisibilité bien en place. Il coinça également la carte du Maraudeur qu'il ne prit même pas la peine de vérifier. Le trajet lui parut incroyablement court et il se sentit stupide au moment où il se retrouva planté devant l'arcade. Il était à peu près certain qu'au moment où il passerait, Salazar serait au courant de sa présence. Il ne savait même pas si le fondateur avait envie de le voir. Il avait peur de le déranger pour d'obscures raisons. Il prit une grande inspiration et, après avoir murmuré le mot de passe, franchit le mur.
L'antichambre lui apparut toujours aussi chaleureuse et son regard se verrouilla sur le tableau. Il était d'une splendeur incroyable mais semblait moins vivant. Il accéda à la bibliothèque de laquelle il tira le livre qui enclenchait le mécanisme d'ouverture. Il se retrouva dans l'immense couloir et prit aussitôt le chemin du salon, dans l'espoir d'y trouver le fondateur encore éveillé, occupé à dévorer quelques livres qu'il lui avait ramené.
A sa grande déception, il n'y avait personne, peut-être dormait-il pour une fois ? Il s'en voudrait de le réveiller. Aussi, Harry s'installa dans un fauteuil, les jambes ramenées contre son torse et la tête basculée contre le dossier. Il augmenta le son de sa musique et se laissa bercer.
A suivre…
Blabla de J' :
Fiiiiouuu, premier entraînement avorté (ou pas, dans un sens ils ont débloqué un truc chez Harry), on passe aux chapitres plus récents ! Une autre facette de Salazar est révélée haha… Bah oui ça reste un Slytherin et il n'hésitera aucunement à faire mal si nécessaire. La vengeance, il aime ça, tuer ne le dérange pas outre mesure, et il va pas spécialement prendre Harry avec des pincettes. Ouais je sais, c'est encore moins clair qu'avant xD
Je suis désolée pour mon retard, j'étais occupée sur autre chose, mais je vais essayer de me remettre à un rythme plus régulier !
Question : est-ce qu'il y a un pairing (sur lequel je n'ai pas encore écrit) sur lequel vous voudriez que je fasse un truc ? xD HP ou hors HP, je vous dirais si je connais le fandom haha !
Je vous dis à la prochaine et merci d'avoir lu !
Bisouuuuus !
Lots of love,
Jelyel !
PS : La personne du (sur)nom de Ches' qui m'a laissée une adorable review a-t-elle un compte ? Parce que j'ai l'impression que c'est une review anonyme laissée en anonyme par accident xD Auquel cas j'y ai, du coup, répondu dans les RAR au début du chapitre ! :D
