Chapitre 46 - Cassandra Walters

Quelques jours après le nouvel an, Rosie reçut un hibou qui ne lui fit aucunement plaisir. Elle avait écrit quelques mois plus tôt à Regulus, le frère de Sirius, après leur discussion de cette fin d'été et n'avait reçu aucune nouvelle de sa part.

Elle avait néanmoins décidé de lui envoyer une carte pour la nouvelle année. Elle savait qu'il ne l'appréciait plus, voire même qu'il la détestait désormais mais il fut un temps où ils s'entendaient bien, il avait même eu des sentiments pour elle. Cela ne coûtait rien de demander de ses nouvelles. Elle lui avait écrit sans penser qu'elle recevrait une réponse. Il l'avait bien ignorée la première fois.

Cependant, en ce dimanche matin, elle reçut la visite d'un hibou noir qui toqua à sa fenêtre avec insistance. Elle lui ouvrit et il se dirigea directement sur sa table à manger alors qu'elle prenait son petit déjeuner. Il tendit la patte pour lui remettre son courrier. Rosie le détacha et lui donna un peu de son jus de fruit qu'il but avec contentement. Il cligna ensuite une fois les yeux et repartit aussi rapidement qu'il était arrivé.

Elle ouvrit le courrier qu'elle avait entre les mains et découvrit une écriture très serrée. Elle comprit vite qu'il venait de Regulus. La lettre était particulièrement désagréable.

"Ne m'écris plus jamais, même pour me souhaiter la nouvelle année. Je ne veux plus rien avoir à faire avec une traîtresse telle que toi. Si nous nous rencontrons à nouveau, sache que je t'ignorerai. Désormais, laisse-moi tranquille, à jamais."

Le mot n'était même pas signé. Elle fut quelque peu décontenancée par la dureté de ses paroles. Elle savait que Regulus la détestait mais elle ne pensait pas qu'il serait aussi dur avec elle. Blessée, elle décida de ranger le courrier dans son tiroir et de ne plus y penser quand elle vit le papier que lui avait remis Christopher dix mois plus tôt. Elle le prit dans sa main. Y était indiqué le nom de la guérisseuse sage-femme. Elle le regarda pensivement et soupira profondément.

Depuis que Lily lui avait révélé qu'elle était enceinte, elle ne pouvait plus faire la sourde oreille. Cela faisait un an et demi qu'elle était mariée à Sirius, ils étaient jeunes et même si son mari soit absent le trois-quart du temps, ils ne rechignaient pas à la tâche quand il était là, bien au contraire. Elle avait fait deux fausses couches et redoutait désormais de retomber enceinte. Et si elle perdait l'enfant à nouveau ? Sa situation n'était pas normale. Il devait bien y avoir une raison.

Que cela lui coûtait-il d'aller consulter cette femme ? Certes, elle pouvait lui dire qu'elle était infertile mais n'était-il pas temps d'en avoir le cœur net ? Peut-être l'aiderait-elle à surmonter ses problèmes ? Christopher lui avait assuré que c'était une très bonne guérisseuse qui avait aidé de nombreuses femmes. Elle hésita encore quelques instants, puis, prenant son courage à deux mains, prit une plume et un parchemin, écrivit une lettre à l'attention de la guérisseuse et demanda à Malcom d'envoyer son courrier. Elle ne savait pas ce que cela donnerait mais elle avait maintenant pris sa décision, elle ne reculerait pas devant la vérité.

Une réponse vint quelques jours plus tard. La guérisseuse, nommée Cassandra Walters, lui proposa de venir prendre le thé chez elle, dans sa demeure dans le Surrey. Rosie accepta l'invitation, non sans une dernière hésitation.

Elle transplana dans la petite ville tranquille de Guildford, à une cinquantaine de kilomètres de Londres. Mrs Walters lui avait donné quelques indications pour arriver jusqu'à son petit cottage qui se trouvait à deux kilomètres du centre-ville. Rosie ne connaissait pas bien la ville pour n'y être allée qu'une seule fois mais décida de marcher chez la guérisseuse, malgré la pluie hivernale. Heureusement, elle était une sorcière et ni le froid, ni la pluie ne la perturba.

Elle arriva finalement au 52 Cline Road, qui se situait dans un charmant lotissement, doté de maisons en briques rouges. Elle se retrouva devant une maison similaire aux autres mais Rosie sentit instinctivement qu'elle n'était pas comme les autres. Elle fit tenter la petite cloche sur le portail et la porte d'entrée s'ouvrit sur une femme d'un certain âge qui lui fit un grand sourire.

- Bonjour, lui lança cette dernière. Vous devez être Rosamund Black, n'est-ce pas ?

- Bonjour, oui, c'est moi-même.

- Alors, entrez !

Dès que Rosie franchit le portail, la maison se transforma subitement et elle ne se retrouvait plus dans le lotissement anglais mais dans un petit bois. La verdure était florissante malgré la saison. Surprise, elle avança sur le chemin d'une cinquantaine de mètres qui la guidait vers la maison et découvrit un puits en pierre sur sa droite, puis, une petite cabane en bois qui permettait certainement de ranger les ustensiles de jardin. Elle vit également une serre attenante à la petite maison en pierre. Elle arriva devant Cassandra Walters qui souriait toujours.

- C'est magnifique ! lança Rosie, à peine remise de sa surprise.

- Je vous remercie ! Mon mari est un grand enchanteur ! Il a fait du beau travail.

- En effet. La magie peut être tellement belle, parfois ! s'exclama la jeune femme en voyant des écureuils courir dans le jardin.

- N'est-ce pas ? On a tendance à l'oublier, je pense.

Rosie trouva immédiatement la guérisseuse sympathique. Celle-ci la fit entrer dans son hall d'entrée, lui proposa de retirer sa cape et la guida vers un petit salon qui menait vers une petite véranda qui donnait sur l'arrière de la maison, vers un grand jardin fleuri. Le lieu avait l'air de faire fi des saisons.

- Il va falloir que je discute avec votre mari car moi aussi, j'aimerais une maison telle que celle-ci !

Cassandra Walters eut un petit rire.

- George sera très heureux d'en discuter avec vous ! s'exclama la guérisseuse qui fit apparaître un service à thé avec des biscuits secs. C'est son petit chef d'oeuvre et il adore en parler. Mais tout d'abord, commençons par le commencement. Peut-on se tutoyer ?

Rosie fut un peu décontenancée par la question. La guérisseuse était bien plus âgée qu'elle. Ses cheveux étaient blancs, son visage était ridé mais cela n'enlevait rien à sa beauté naturelle. Ses yeux couleur noisette respirait la sympathie.

- Oui, si vous... si tu le souhaites... hésita-t-elle.

- Appelle-moi Cassandra !

- Et moi, Rosie !

Elles échangèrent un sourire. Cassandra servit Rosie pendant que celle-ci s'installait sur un des fauteuils moelleux face au jardin. Elle prit la tasse que Cassandra lui tendit puis se détendit finalement. Elle avait été quelque peu stressée de venir jusqu'ici mais le lieu était apaisant et invitait à la détente. Les deux femmes restèrent silencieuses pendant quelques minutes, savourant le thé et ce moment paisible.

Finalement, ce fut Rosie qui prit la parole.

- Je te remercie de me recevoir aujourd'hui, je pense que tu dois être occupée.

Cela lui semblait bizarre de la tutoyer mais avec le temps, cela passerait certainement.

- Mais, pas du tout, ma chère. Je suis très heureuse de t'accueillir ici. Tu es une collègue de Christopher Stills, n'est-ce pas ?

- Oui, tout à fait !

- J'aime beaucoup ce jeune homme. Il est le fils d'un de mes grands amis, aujourd'hui, décédé.

- Oh...

Rosie ne savait pas que le père de Christopher était mort. Il parlait très peu de sa vie privée.

- Comme je te l'ai expliqué dans mon courrier, commença-t-elle, je travaille en tant que guérisseuse à l'hôpital de Sainte Mangouste. Pour l'instant, je ne suis qu'une apprentie, mais je terminerai mon apprentissage dans six mois. Et... hum... par où commencer...

Rosie se sentait étonnamment émue. Il était rare qu'elle parle de ses doutes sur son infertilité. En réalité, elle n'en avait parlé à personne. Christopher lui avait donné le nom de cette guérisseuse mais jamais ils n'en avaient discuté, le médicomage respectant son silence. Brusquement, les mots se perdirent dans sa gorge nouée. Elle ne perdait jamais ses moyens aussi facilement, alors pourquoi maintenant ? Elle leva les yeux vers Cassandra Walters. Celle-ci l'observait avec bienveillance. Rosie ne put empêcher les larmes de monter à ses yeux. La femme lui faisait ressentir des choses qu'elle avait enfoui tout au fond de son cœur. Pourtant, elle n'avait pas parlé. C'était juste sa sympathie naturelle, ce qu'elle dégageait... tout dans la femme lui montrait qu'elle était là pour l'écouter, pour elle.

- Prends ton temps, lui dit la guérisseuse sage-femme avec un sourire.

Rosie inspira profondément, puis, releva finalement la tête.

- Je suis désolée, ne put-elle s'empêcher de dire, se sentant honteuse. Peut-être vas-tu me trouver ridicule...

- Non, jamais.

- Cela fait un an et demi que je suis mariée avec mon conjoint, continua-t-elle en tentant de maîtriser ses émotions. Et nous tentons d'avoir un enfant depuis tout ce temps. Oh bien sûr, au début, nous laissions juste les choses faire. Nous n'avions pas vraiment conscience de ce que nous voulions réellement. Je suis tombée une première fois enceinte au bout de six mois environ et... j'ai... fait une fausse couche au bout de six semaines.

Rosie essuya les quelques larmes qui avaient coulé.

- Mon mari n'était pas au courant. Seuls ma tante, une amie guérisseuse et Christopher l'ont su. Je ne sais pas pourquoi je ne lui ai pas dit. Mais voilà, il n'est pas souvent présent. Il part fréquemment pour son travail. Je n'ai pas eu le temps, ni n'avais l'envie de lui en parler. Puis, le temps a passé. Je suis retombée à nouveau enceinte, six mois plus tard... Et... une nouvelle fois, cela n'a pas fonctionné. Je me sens un peu stupide car voilà, cela ne fait pas depuis très longtemps que je suis mariée certainement, il faut laisser plus de temps. Néanmoins... cela commence à m'inquiéter...

Rosie s'arrêta de parler et reprit une gorgée de thé.

- Ne te sens surtout pas ridicule, dit la guérisseuse après avoir laissé parler la jeune femme. Ton inquiétude est compréhensible, qui ne le serait pas ? Tu viens de franchir une première étape aujourd'hui : celle de venir m'en parler. C'est une grande étape, la plus dure à surmonter. Merci pour ta confiance. Ici, sache que nous pourrons parler sans aucun jugement. Je ne te donnerai que des conseils. Tu seras libre ensuite de les suivre ou pas, je te laisse juger par toi-même. De plus, je te consulterai une première fois, pour comprendre ton corps car peut-être as-tu quelques problèmes physiques. Mais ne t'inquiète pas ! Souvent, en réponse à un problème physique, nous trouvons facilement une solution. En revanche, si cela est d'ordre psychologique comme cela peut arriver, cela prendra un peu plus de temps car il faudra travailler sur les raisons profondes de tes blocages. Il sera également important que tu en parles à ton mari.

Rosie se crispa. Cassandra qui avait senti sa tension la rassura.

- Oui, je sais que ce n'est pas un sujet facile à aborder avec ton conjoint mais il est important qu'il soit présent tout au long du processus. Tu n'as pas à garder pour toi seule tes soucis. Vous voulez un enfant tous les deux et il ne se fera pas seul. Garder cela pour soi est beaucoup trop et pour n'importe qui. De plus, malheureusement, cela peut aussi venir de lui. Les hommes ont du mal à accepter ce genre d'informations. Néanmoins, si votre amour est grand, il réussira à surmonter cet obstacle, à force de discussions et d'écoute. Bien sûr, il ne voudra certainement pas venir au début. Mais il le devra, un jour ou l'autre, d'autant plus si nous nous rendons compte que le problème peut venir de lui. Ce n'est qu'une éventualité. Cependant, quoiqu'il se passe, il est important de l'intégrer dans le processus.

Rosie resta pensive pendant quelques instants. Elle n'avait jamais parlé de ses doutes avec Sirius. Comment les prendrait-il ? De plus, accepterait-il de consulter cette guérisseuse ? Elle ne le savait pas. Sirius était trop fier parfois...

- Tu n'as pas à décider maintenant, dit rapidement Cassandra, en voyant son hésitation. Je vais te consulter, je te dirai ensuite ce que j'en pense. Et ensuite, tu pourras partir et revenir quand tu le souhaiteras. Nous ferons cela à ton rythme. Tu peux aussi ne pas en informer ton conjoint maintenant, néanmoins, plus tu tarderas, plus tu auras du mal à lui en parler. Le plus tôt est souvent le mieux.

Rosie lui lança un regard plein d'incertitude. Mais finalement, elle hocha la tête.

- Dans ce cas, si tu le permets, accompagne-moi dans mon cabinet. Je vais t'ausculter.

La jeune femme ne dit rien, hocha la tête et suivit simplement la guérisseuse dans la maison. Cassandra la guida dans une petite salle au fond d'un couloir, où un bureau, trois chaises, un paravent et une table d'auscultation étaient installés.

- Mets-toi en sous-vêtements et allonge-toi sur la table, lui dit-elle.

Rosie suivit ses instructions et s'installa sur la table. Cassandra s'approcha d'elle avec sa baguette et tout comme Christopher presqu'un an plus tôt, elle sonda son corps. Au bout de dix minutes, le visage concentré de la guérisseuse se détendit et elle lui fit un sourire.

- Tu peux te rhabiller.

Après avoir remis ses vêtements, Rosie s'assit en face de Cassandra qui s'était installée à son bureau.

- Alors, déjà, je souhaite te rassurer, tu n'as rien de bien grave ! lui annonça-t-elle un grand sourire sur les lèvres. En tout cas, rien qui ne puisse être réglé.

Le coeur de Rosie s'allégea.

- En revanche, cela pourrait prendre un peu de temps car j'ai vu que tu étais comme déconnectée du bas de ton corps et...

- Christopher me l'avait dit mais je n'ai pas bien compris.

- Ne t'inquiète pas, ce n'est rien de grave, cela arrive à beaucoup de femmes. As-tu des règles plutôt douloureuses ?

- Euh oui, plutôt.

- Alors, je pense qu'avec quelques potions que tu prendras sur plusieurs semaines à des périodes très précises, ce sera réglé en quelques mois. Et tu verras, tu auras moins mal. En gros, nous allons mettre en repos pendant quelques temps ton vagin. Il a besoin de repos, puis, il refonctionnera sans trop de problème. En revanche, il y a autre chose...

- Oui ? demanda Rosie avec attente.

- C'est plus d'ordre psychologique. Je sens que ton corps est stressé et fatigué.

- Avec ce qui se passe en ce moment, j'ai du mal à me détendre... mais qui ne le serait pas ?

- En effet... la guerre a un impact négatif sur beaucoup de femmes. Parfois, le corps, se sentant en insécurité, refuse de fonctionner correctement. Vois ceci comme une forme de protection. Il te protège car inconsciemment, tu as peur.

Rosie réfléchit à ses paroles. Elle ne dormait plus correctement depuis des mois, surtout quand Sirius n'était pas présent, c'est-à-dire la plupart du temps.

- Je m'inquiète beaucoup pour mon mari, avoua-t-elle. Il fait des choses... dangereuses.

Cassandra ne commenta pas mais hocha simplement la tête.

- Ne t'inquiète pas ! Nous allons travailler sur ton stress ! Il y a beaucoup de pratiques intéressantes comme la méditation ou le yoga, des méthodes moldues mais qui ont largement prouvé leurs bénéfices. Tu verras, l'effet ne sera pas immédiat mais à force de patience et d'entrainement, tu arriveras à t'apaiser. Et qui sait ? Peut-être qu'un enfant pointera le bout de son nez prochainement ?

La guérisseuse lui fit un sourire bienveillant. Rosie se sentit soulagée et inspira profondément. Alors, rien n'était finalement perdu ! Elle avait eu raison de rencontrer Cassandra. Maintenant, il ne restait plus qu'à en parler avec Sirius car elle avait décidé de ne plus rien lui cacher.

- Merci, Cassandra, lui dit Rosie, en souriant.


Bonjour à tous !

J'espère que vous avez aimé ce chapitre, désolée s'il était un peu trop déprimant, un peu trop réel ou pas assez "magique" mais voilà, j'avais aussi envie de parler du désir d'enfant et de l'infertilité dans cette histoire.

C'est un sujet qui me tient particulièrement à coeur car à travers Rosie, c'est un bout de moi que je vous ai partagé. Rosie n'a que vingt ans et il est beaucoup moins probable pour une femme aussi jeune d'avoir des difficultés pour avoir un enfant mais cela arrive quand même. En tout cas, c'est quelque chose de difficile à vivre et cela à tous les âges. Les raisons ne sont parfois pas si clairement définies. On peut souffrir d'endométriose, de polypes, de tumeurs bénignes ou pas... Nos vies actives et stressantes, sous pilule, ont malheureusement des effets néfastes sur nos corps de femmes (quand je parle de la pilule, je ne dis pas qu'il faut l'arrêter, c'est un très bon moyen de contraception mais voilà... il faut savoir que cela peut avoir des petits revers pour certaines femmes). La plupart du temps, tout va bien mais pas tout le temps. Et puis, parfois, cela va au-delà : tout fonctionne correctement mais on peut se retrouver à ne pas pouvoir enfanter sans aucune raison. Le corps peut rester une grande énigme même pour les plus éminents médecins (et j'en connais un rayon à ce sujet...)

Bref, ce que je souhaitais dire à travers ce chapitre, c'est que la prévention est toujours la meilleure arme. N'ayez pas peur d'aller voir un gynécologue pour vérifier que tout se passe bien (on a parfois un peu peur du gynéco... surtout quand on est jeune, c'est normal). Sachez aussi que si vous vous retrouvez vous-même dans cette situation, vous n'êtes pas seule. Des centaines de milliers de femmes vivent chaque jour ce désespoir. Et pour vous aider, il existe des groupes Facebook, des Instagram, des associations. Bref, des gens qui seront prêts à vous aider et à vous conseiller. Pour ma part, l'écriture est très libérateur mais j'en parle aussi beaucoup à un cercle d'amis intimes qui arrivent à me soutenir au quotidien. Et je suis aussi bien suivie médicalement ;), sans compter un chéri qui m'aime ^^. C'est important d'être bien entourée dans ce genre de moment car il est très difficile d'affronter cela seule.

Sur ces derniers mots, je vous souhaite une très bonne journée ! Malgré ces tristes moments, il y a toujours une lueur d'espoir, rien n'est jamais perdu, ne l'oubliez pas !

MinnieMey