Chapitre 49 - Un parrain pas comme les autres
Rosie mit quelques temps avant de se remettre des paroles de sa mère. Elle n'avait pas envie de l'écouter, néanmoins, elle avait peur pour son frère. Elle avait déjà perdu Archi, il était hors de question qu'elle perde Alex également.
Quelques jours plus tard, quand elle reçut un hibou de son frère, elle lui répondit en lui indiquant qu'ils ne devraient plus communiquer étant donné la situation. Cela lui avait fait de la peine de lui écrire ces mots mais elle se devait de le protéger.
Le temps passa sans qu'aucun événement majeur apparaisse. Rosie et Sirius suivaient assidûment les conseils de Cassandra Walters et même si le couple ne se voyait pas beaucoup, cette situation les avait néanmoins rapprochés. Le fruit de leurs efforts n'arrivait toujours pas mais ils ne perdaient pas espoir, malgré la guerre tenace. Le nombre de morts s'accumulaient dans les deux camps mais elle sentait que l'Ordre du Phénix s'essoufflait de semaine en semaine. Le Ministère paraissait totalement dépassé et Rosie avait peur que l'institution-même avait déjà été gangrenée par les supporters de Vous-Savez-Qui.
Bien que la situation était de plus en plus dramatique, une bonne nouvelle arriva le matin du 1er jour d'août : Lily avait finalement accouché d'un petit Harry et la mère comme l'enfant étaient en bonne santé. Rosie accueillit la nouvelle avec joie et avait immédiatement répondu au parchemin de James en le félicitant chaleureusement.
La jeune femme avait pris le temps de tricoter à la façon moldue des petits chaussons blancs en laine et elle attendait de pouvoir rencontrer le nouveau-né dès que Sirius serait de retour de sa dernière mission. Son mari, depuis que son meilleur ami lui avait dit qu'il serait le parrain du bébé, n'avait pas arrêté de rentrer avec un nouveau cadeau sous le bras. Rosie les avait tous entreposés dans l'une des chambres. Et les présents n'attendaient que la naissance du petit garçon pour être enfin offerts.
Cette fois encore, Sirius revint de mission avec un énorme ours en peluche dans les bras.
- Mais c'est quoi encore ce gros cadeau, Sirius ? s'écria Rosie en regardant Sirius descendre de sa moto ensorcelée avec le gigantesque jouet. Il semblait avoir voyagé avec l'ours posé devant lui.
- Un ours en peluche ! répondit-il un grand sourire sur les lèvres.
- Oui, j'ai vu, lança-t-elle, désabusée. Mais pourquoi n'as-tu pas ensorcelé l'objet pour le mettre dans ton sac ?
- Car j'ai déchiré mon sac !
- Quoi ? Encore ?
- Oui… heureusement que je n'y avais pas entreposé des choses importantes, juste quelques potions mais après le sort qu'il a reçu, il était irrécupérable.
Rosie soupira d'exaspération mais de soulagement également. Au moins, cette fois, Sirius ne revenait pas blessé. Il entra dans leur cottage en embrassant furtivement sa femme, déposa l'ours géant sur le palier et se dirigea directement dans la salle de bain pour prendre une douche.
Rosie regarda d'un air dubitatif le nounours brun affublé d'un noeud rouge autour du cou et leva les yeux au ciel. Son filleul risquait d'être pourri gâté avec un parrain comme Sirius.
Elle termina la préparation du dîner.
Ce soir-là, ils passèrent une soirée agréable à manger et boire du Xérès tout en se remémorant quelques anecdotes de Poudlard.
- Arrête de me mentir Rosie ! lui lança Sirius d'une voix taquine. Je sais que tu es sortie avec des garçons avant moi !
- N'importe quoi ! répliqua-t-elle d'une voix légèrement irritée, elle ne savait pas pourquoi il voulait remettre ce sujet sur le tapis, il savait bien qu'il avait été son premier petit ami. Je t'ai déjà dit qu'il n'y avait eu que toi !
- Ah bon ? Vraiment ? Pourtant, ce n'est pas ce qu'on m'a dit !
Rosie écarquilla les yeux et réfléchit quelques instants.
- Bah si tu veux parler d'Abel Nott…
- Non, je parle pas de lui… oui je sais que tu l'as embrassé deux-trois fois ! Non, je te parle d'avant !
- Mais je ne suis jamais sortie avec un seul garçon avant toi !
- Et si je te donnais le nom de Flint, ça te rafraîchit la mémoire ?
Rosie rougit légèrement… En effet, elle l'avait oublié celui-là…
- Ahah, s'écria Sirius d'un air entendu. Je savais bien que tu étais sortie avec lui.
- Nous ne sommes pas sortis ensemble, j'ai juste accepté une sortie à Pré-au-Lard avec lui en cinquième année car ma mère m'avait fortement poussée à faire amie-ami avec Chris Flint. Mais il ne s'est rien passé du tout ! Le jeune homme a été très charmant !
- Charmant ? s'indigna-t-il hilare. Flint était connu pour ne pas vraiment s'intéresser à la gente féminine…
- Tout à fait ! Donc tu vois, je ne suis jamais sortie avec quelqu'un d'autre avant toi, en tout cas, rien de vraiment sérieux…
- Et Rowle ? Ou Travers ? Ou encore Baggs ?
- Baggs ? Jamais de la vie ! Et quand bien même je serais sortie avec l'un d'eux, ç'aurait été seulement pour une journée… une sortie arrangée entre sang-purs… Jamais ces garçons n'ont montré une seule inclinaison pour moi et même s'ils l'étaient, ils ne m'intéressaient pas du tout !
Elle se rapprocha de Sirius qui était installé dans l'un des fauteuils devant la cheminée et buvait son whisky pur feu. Elle s'assit sur ses genoux sans lui demander son avis et le regarda dans les yeux.
- Oui, oui, je sais ce que tu vas me dire, lança Sirius d'un air nonchalant. Tu n'avais d'yeux que pour moi ! Je sais que tu n'as jamais pu résister à mon charme ravageur.
- Idiot !
Elle pouffa de rire et l'embrassa.
Le lendemain, le couple se rendit chez les Potter pour rencontrer le petit Harry et apporter tous ses cadeaux. Malgré leur nombre conséquent et leurs tailles, Rosie avait réussi à tout ensorceler pour les ranger dans un sac qu'elle portait en bandoulière.
Sirius avait bataillé pendant plus d'une heure pour qu'ils aillent chez leurs amis en moto. Rosie ne voulait pas monter sur cet engin infernal. Elle l'avait testé une seule fois et n'avait pas du tout apprécié l'expérience : elle s'était accrochée tant bien que mal à Sirius et avait fermé les yeux pendant tout le trajet. Rosie était loin d'être une aventurière. Mais au plus grand désespoir de la jeune femme, Sirius avait gagné la partie et ce fut d'un air contrarié qu'elle monta derrière lui.
- Ne fais pas cette tête, Rosie ! lança le jeune homme en ajustant son casque. Cette fois, évite de fermer les yeux, tu auras moins peur !
- C'est plus facile à dire qu'à faire, se plaignit-elle d'une voix tremblante.
Elle se lança un sort de chaleur car elle savait que malgré les températures hautes de la saison, il faisait très froid dans les airs.
- En revanche, évite de faire des pirouettes, s'il te plait !
- Je suis toujours très prudent en moto.
Rosie le regarda d'un air inquiet mais ne le contredit pas. Elle s'agrippa à Sirius et ce dernier fit vrombir le moteur. Ce moyen de déplacement semblait loin d'être discret mais le jeune homme avait réussi à le rendre silencieux quand il le souhaitait. Rosie se demandait encore comment il avait pu dégoter une telle moto mais avec Sirius, il ne valait mieux pas poser trop de questions. Ses fréquentations étaient parfois louches et elle n'avait pas besoin de se faire des noeuds à la tête, elle était déjà bien assez stressée pour lui.
Finalement, le voyage ne fut pas aussi rude et terrible que la jeune femme l'avait redouté. Elle ouvrit les yeux pendant tout le trajet et put admirer les nuages et les paysages de la Grande-Bretagne. Ils mirent environ une heure pour arriver à destination.
Sirius put rentrer dans le domaine des Potter sans aucun soucis et atterrit juste devant la porte d'entrée du grand manoir. Malheureusement, quelques mois plus tôt, les parents de James étaient décédés de la dragoncelle. Ils avaient subitement attrapé cette maladie hautement contagieuse et étaient morts en l'espace de quelques semaines. James avait été inconsolable pendant plusieurs mois. Heureusement, l'arrivée de leur bébé avait redonné le sourire au triste maraudeur. Celui-ci les accueillit à bras ouverts quand ils descendirent de la moto. Il prit immédiatement Sirius dans une chaleureuse accolade, puis embrassa Rosie.
- Pas trop fatigué ? lui demanda-t-elle.
- Ça va, répondit James, il avait des cernes sous les yeux mais semblait heureux. Harry ne fait que dormir 90% du temps mais on sait quand il a faim ou quand il a rempli sa couche.
Le jeune homme aux cheveux ébouriffés les guida jusque dans le salon où ils retrouvèrent Lily en train de prendre une tasse de thé. Un couffin avait été posé sur le canapé à côté d'elle.
Elle se leva et les salua affectueusement. Rosie vint s'asseoir à ses côtés pour admirer le nouveau-né. Harry dormait tranquillement sans se douter des regards attendris posés sur lui. La jeune femme le trouva magnifique avec ses traits fins, son nez et sa bouche bien dessinés, sa petite touffe de cheveux brun qui n'était pas sans rappeler ceux de son père et ses petits poings fermés.
- Je peux le prendre ? demanda-t-elle émue.
- Mais bien sûr ! lança Lily.
La rousse le prit délicatement dans ses bras et le déposa dans ceux de Rosie. Celle-ci put encore mieux admirer le visage du bébé.
- Il est si mignon, Lily ! ne put-elle s'empêcher de dire.
- N'est-ce pas ? s'écria la mère, un sourire sur les lèvres.
Harry bailla subitement en étirant son petit corps, ce qui fit rire Rosie qui le trouva encore plus attendrissant. Il se rendormit comme si de rien n'était. Elle releva la tête et vit Sirius qui la regardait avec des yeux pétillants. Il s'approcha d'elle et Lily lui laissa sa place pour qu'il s'assoit à côté de sa femme.
- Il est beau, hein ?
- C'est le plus beau des filleuls ! lança Sirius, le regard étincelant.
Rosie sentit que ce dernier avait également envie de le prendre dans ses bras mais n'osait pas. Elle le lui tendit et d'un air incertain, il prit le nourrisson dans ses bras précautionneusement. Il regarda ensuite le bébé intensément, dévisageant chaque trait de son visage comme s'il voulait l'imprimer dans sa rétine.
Rosie l'observa avec un sourire, puis se tourna vers James et Lily. Le couple les regardait d'un air apaisé. Bien qu'ils semblaient tous deux fatigués, ils avaient l'air heureux.
Son coeur se serra. Elle aussi avait envie de découvrir ce bonheur. Elle eut un élan de jalousie qu'elle effaça très vite. Leur moment à eux viendrait bien un jour ou l'autre. Elle ne devait pas envier ce que les autres avaient. Sirius et elle iraient à leur propre rythme, comme Cassandra le lui avait rappelé de nombreuses fois.
- Il a l'air de se sentir bien dans tes bras, Sirius ! lança Lily. Tu ne veux pas venir le garder de temps en temps ?
- Mais quand tu veux ! s'écria le jeune homme.
- Toi, tu sais changer une couche ? répliqua Rosie, en haussant les sourcils.
- Cela ne doit pas être si compliqué…
- Oh je t'arrête tout de suite, dit James d'un air légèrement dégouté. Harry nous a déjà repeint le mur de la chambre avec son jet surpuissant !
- Son jet…?
- James en avait plein sur sa robe ! rajouta Lily.
- Oh…
Sirius n'avait pas pensé à ce type d'inconvénient. Subitement, il chuchota quelques mots à Harry que Rosie ne comprit pas.
- Tu lui demandes de ne pas te faire pipi dessus, c'est ça ? demanda-t-elle en pouffant de rire.
- Je lui demande juste d'attendre que tata Rosie soit là pour le changer quand il sera avec moi !
Rosie secoua la tête d'un air désabusé.
Ensuite, le couple Black sortit tous les cadeaux qu'ils avaient apporté pour Harry. Lily admonesta Sirius en lui disant qu'il avait été fou de faire autant de folie mais ce dernier avait haussé les épaules. Il prit juste l'énorme ours brun et le déposa juste à côté du couffin de Harry. Il lui chuchota encore quelques mots. Avec un sourire, Rosie pensa qu'Harry deviendrait certainement le grand confident de Sirius.
Ils discutèrent pendant encore une heure autour d'un thé. Puis, il fut temps pour Lily de nourrir le bébé. Rosie accompagna la jeune femme dans une pièce à côté, plein de curiosité pour l'allaitement. Quand elles revinrent dans le salon, Remus et Peter étaient arrivés.
Malgré la fatigue des parents, ils restèrent jusqu'au dîner avec les Potter, puis, ils les laissèrent pour rentrer chez eux.
Installés sur leur habituel canapé devant la cheminée qui n'était pas allumée, Rosie restait pensive. Sirius remarqua son air déprimé. Il se rapprocha d'elle et la prit dans ses bras. La jeune femme se blottit contre lui et déposa sa tête sur son épaule. Ils restèrent ainsi silencieux.
Au bout d'un certain temps, elle parla enfin.
- Et si cela ne nous arrivait jamais ? demanda-t-elle.
Sirius réfléchit quelques instants. Il savait de quoi elle voulait parler.
- Ne t'inquiète pas pour ça !
- Mais si, Sirius, je suis sérieuse. Et si jamais nous n'avions pas d'enfants ? insista-t-elle. Cela pourrait arriver.
- Alors, cela serait le destin, répondit-il. Nous ne pourrons rien y faire. Enfin, si, un peu… mais si cela ne fonctionne pas, eh bien, il n'y aura pas mort d'hommes, non ?
- Mais… ?
- Nous sommes là l'un pour l'autre, c'est le principal. Bien sûr que j'aimerais devenir père mais est-ce le plus important ?
Rosie inspira profondément, Sirius avait raison. Mais elle n'était pas encore prête à abandonner l'idée d'être mère.
- Laisse le temps au temps… pour l'instant, il n'y a rien d'alarmant, n'est-ce pas ?
Sirius lui fit un grand sourire et Rosie se détendit.
Non, tant qu'ils resteraient ensemble, ils seraient heureux, avec ou sans enfants.
