From past with love

Le cercle des RA :

Artemis : eh oui, il arrive :D Merci beaucoup, à bientôt !

Note :

Je tiens ma promesse ! Il y a une dizaine de minute, la septième et dernière personne a trouvé le secret de Salazar :D

Alors voici le prochain chapitre, avec la révélation !


Chapitre Trentième
Révélation

Proposition d'écoute : « Eye of the storm »de X Ambassadors


Ils discutèrent toute l'après-midi, jusqu'à ce qu'il soit temps pour Remus de partir et l'heure pour Harry de se préparer pour le bal. Tonks accoucherait au beau milieu du printemps et il serait parrain. Il avait encore du mal à réaliser.

Il descendit dans les appartements. Il eut la surprise d'y trouver Dumbledore et Salazar autour d'un thé.

– Harry, justement, nous parlions de toi.

– Hm… ? interrogea-t-il en s'asseyant près du fondateur.

Celui-ci était tendu.

– Dans quelques jours, une semaine tout au plus, Salazar et moi partirons chercher un horcruxe.

– Je viens avec vous, dit aussitôt Harry.

– Non, claqua la voix de Salazar.

Le directeur se releva.

– Je vais vous laisser en discuter calmement. Merci pour le thé et l'hospitalité.

Dumbledore partit alors que Salazar et Harry se regardaient en chien de faïence.

– Non ? le reprit Harry en lui tournant le dos, fulminant.

– Non, confirma Salazar, employant ce ton qu'il lui avait déjà connu une fois.

Cette fois-là où il s'était agacé de son absence de quelques jours.

– Ne me parle pas comme ça, articula Harry.

– Tu ne comprends pas. Tu ne peux pas prendre ce genre de risques ! Nous serons deux sorciers expérimentés et un troisième, encore apprenti, ne sera qu'une perte inutile.

– Donc c'est ce que je suis ? Un fardeau ?! s'indigna Harry, hors de lui, en se tournant vers Salazar.

– Bien sûr que non !

– Tu débarques au milieu d'une guerre qui ME concerne ! C'est mon nom sur cette prophétie ! Pas le tien. Ne va pas prendre les risques à ma place ! Ne va surtout pas croire que quoi que ce soit t'y autorise !

Salazar éclata de rire, l'air complètement rongé par une folie qui ne teintait habituellement que son sourire et était trahie à l'occasion par son regard.

– Parce que tu penses que j'ai besoin d'une permission ? La prendre seul ne m'empêchera pas de dormir la nuit, crois-moi ! Tout m'y autorise !

Ils se mesurèrent du regard, leurs mains près de leur baguette respective.

– Ta tendance à te précipiter tête la première dans les ennuis, cracha Salazar. Tu t'es à peine méfié de moi et tu crois que je vais te laisser…

– Si tu crois que j'ai également besoin d'une permission, laisse-moi te dire que tu te plantes. Royalement en plus ! J'ai eu raison de ne pas me méfier de toi, non ?!

– Ce n'est pas la question ! rugit le fondateur.

– Oh si, ça l'est ! Et ça t'emmerde que ça le soit !

– Langage !

– Ne me dis pas comment je dois parler ! Je te l'ai déjà dit ! Tu n'as aucun contrôle. Sur aucun élément de ma vie, Salazar ! Et si je dois crever dans cette guerre, je crèverai dans cette guerre, tu ne pourras rien y faire ! hurla-t-il, le visage rouge, bouillant, les yeux pleins de larmes de rage à peine contenues.

Salazar afficha un air choqué, comme si Harry venait de le gifler. Et le jeune homme était à deux doigts de le faire. Il ferma les yeux, se massant les paupières. Il ouvrit la bouche, mais il ne sut comment formuler des excuses sans que Salazar ne revienne non plus sur sa position.

– Je vais me préparer. Bonne soirée. Je crois qu'il sera mieux que je dorme dans le dortoir ce soir. Les autres y seront.

Salazar hocha sèchement la tête, encore sonné, le regard fixe, comme s'il ne le voyait plus vraiment. Harry quitta la pièce, le cœur en miettes et plein à craquer d'une colère sourde.

Il se changea rapidement, enfilant sa tenue de soirée et abandonnant les appartements au plus vite pour rejoindre la Grande Salle. Il y retrouva ses amis, mais même leurs sourires ne parvinrent à lui ôter sa dispute avec le fondateur de la tête. Il dansa un peu, avec Ginny, Hermione. Ron n'avait d'yeux que pour cette dernière, mise en valeur comme jamais dans la robe qu'Harry lui avait offerte la veille, délicate, presque évanescente. Aucun n'avait tari d'éloges dessus et le jeune homme était ravi de la voir si pétillante, enveloppée dans sa jolie tenue.

Il fit bonne figure, un rire factice s'échappant de ses lèvres tout en sirotant les verres qu'on lui resservait sans arrêt jusqu'à l'écœurement. Le jus de citrouille lui devenait insupportable. L'estomac contracté, il crut devoir s'évader pour tout rendre, tant la dispute semblait imprimée dans ses cellules.

Sur les coups d'une heure du matin, quand il fut certain que personne ne trouverait cela étrange, il se retira. Il commença à se diriger par réflexe vers les appartements de Salazar et s'arrêta en plein couloir, se fustigeant mentalement.

Il sentit soudain une présence derrière lui et il se raidit avant de se tourner pour faucher l'attaquant. Sa jambe percuta celui-ci. Il écarquilla les yeux en découvrant Salazar au sol. Celui-ci lui lança un regard sombre un peu étonné.

Harry lui tendit la main et l'aida à se relever.

– Ton entraînement n'a pas servi à rien, lui dit froidement le fondateur.

Harry hocha la tête, ayant trop peu confiance en sa voix pour parler. Il recula jusqu'au mur où il s'appuya. Le simple fait de l'avoir face à lui et de ne pas pouvoir lui sourire, le dévorer du regard, lui parler normalement ou le toucher était insupportable.

– C'est l'idée de te perdre qui m'est insupportable. Je peux te protéger de tout, Harry, mais pas de toi-même.

Harry releva les yeux sur lui, se rendant compte que ses pensées avaient dû être trop bruyantes. Le regard de Salazar était clairement obscurci et Harry fronça les sourcils.

Le jeune homme secoua la tête.

– Je ne peux pas te laisser avoir ce genre de contrôle sur moi.

La mâchoire de Salazar se contracta et ses yeux changèrent à nouveau, adoptant cette allure féline. Il sembla vouloir dire quelque chose, mais, à la place, il percuta le mur de son poing, laissant une marque impressionnante à l'endroit de l'impact. Harry écarquilla les yeux, le poing de Salazar toujours planté contre le mur, à quelques centimètres de sa tête. Le fondateur laissa son front reposer contre le sien, le visage tordu par une douleur qui n'était absolument pas physique.

– Laisse-moi te protéger, le supplia-t-il.

La cassure dans la voix arracha à Harry une respiration saccadée. Il ferma les yeux, luttant contre lui-même. La colère, toujours présente, s'appliqua à fondre. Et quand il sentit qu'il pourrait parler calmement, il saisit le poing meurtri de Salazar.

– Vilaine plaie, murmura-t-il avec un petit sourire, reprenant mot pour mot ce que Salazar lui avait dit lorsqu'il avait lui-même perdu le contrôle, ce jour où il avait permis à cet homme d'entrer dans sa vie.

Il enveloppa le poing entre ses mains et le porta à sa bouche. Là où la peau n'était pas éclatée, il déposa ses lèvres.

– D'accord pour cette fois, vous irez uniquement tous les deux chercher l'Horcruxe. Mais c'est un non ferme et définitif pour le reste.

D'une main, il caressa la joue de Salazar dont le visage s'était quelque peu détendu.

– Viens ce soir, s'il te plaît, murmura-t-il.

– Salazar…, tenta Harry.

– Viens ce soir… Je t'en supplie.

Harry acquiesça doucement. La main de Salazar se posa sur lui et la seconde d'après il se retrouva dans leur chambre. Les bras du fondateur se refermèrent sur lui et il serra puissamment. Harry ne résista pas, plaquant son oreille contre son torse pour écouter son cœur battre. Vite et fort. Il laissa sa main agripper la chemise du sorcier, ses doigts saisissant l'étoffe à chaque fois un peu plus pour affermir sa prise.

– Je suis désolé, murmura le fondateur contre son visage, caressant sa joue de la pointe de son nez. Je m'efforce de te montrer uniquement ce qu'il y a de meilleur en moi seulement pour te décevoir après. J'aimerais être autrement.

– Je n'aimerais pas que tu sois autrement. Tu ne m'as pas trompé une seule seconde, Salazar. Je dois être moins naïf que tu ne te l'imagines.

L'étreinte se resserra et le baiser qu'ils échangèrent était chargé de douceur et de retenue, loin de la colère qui les avait tous deux agités plus tôt.

Salazar ôta le costume du plus jeune d'un mouvement de la main et fit de même avec sa propre tenue. Il ne leur resta que leurs sous-vêtements et le fondateur les guida vers le lit. Pourtant ils en restèrent là, attisant le feu sans jamais chercher à le faire grandir au-delà de tout contrôle. Harry se contenta de laisser ses doigts se balader sur son torse tandis que Salazar caressait ses cheveux. Il n'avait pas besoin de plus. Pas ce soir. Le désir, bien que palpable, n'était pas obsédant comme si la présence seule de Salazar suffisait à le combler.

Le lendemain, il s'entraîna toute la matinée avec Salazar. Il tenait moins le rythme, accablé de fatigue et un peu nauséeux. Le fondateur affichait les mêmes cernes et leur humeur, bien que joviale, était entrecoupée de lourds soupirs épuisés.

Harry s'exila l'après-midi pour commencer à potasser le livre qu'Hermione lui avait offert. Les pages, abîmées par endroit, lui demandaient une grande concentration si bien qu'il n'avança que trop lentement.

Chaque jour passa de la même manière et il en profita pour dormir un peu au dortoir, conscient que Salazar avait besoin de digérer leur récente dispute. Ainsi que lui. Ils devaient chacun s'accommoder de l'une des pires caractéristiques de l'autre.

La veille du trente-et-un, Salazar l'avait invité, arguant un dîner en tête à tête qui servirait plutôt de bilan et de grands discours d'excuses à chacun d'eux. Harry allait refermer le livre quand un mot attira son attention. Il se redressa sur sa chaise et relut la page qui traitait des créatures de l'air.

« De toutes les créatures de l'ancien temps, la plus rare, désormais disparue, est celle dont nous avons longtemps tu le nom parmi les sorciers. En faveur des traditions perdues et par respect pour cette race éteinte, nous le tairons également dans cet ouvrage. Car il n'est rien de plus noble que les enfants de l'air. Il n'est rien de plus noble que ce que les fous et ignorants ont surnommé faetog, démon, fée ou mauvais génies et qui est pourtant tellement plus que tout cela. »

Faetog. Merlin était le fils d'un faetog et d'une humaine. Vivianne était une fée, mais Salazar lui avait affirmé que c'était un nom vulgaire pour ce qu'elle avait été. Il se redressa et se catapulta hors de sa chaise. Il fonça en direction de la bibliothèque et brandit son autorisation d'accès à la réserve devant le nez de Mme Pince qui râla. Néanmoins, elle lui ouvrit tandis qu'il trépignait.

Il fondit sur d'anciens dictionnaires, cherchant les anciens langages français. Il en feuilleta plusieurs, fouillant avidement les pages. Faetog, faetog.

Un dictionnaire d'ancien normand lui confia la définition suivante, succincte : « homme fée ». Il grogna et l'envoya se ranger, dénichant un autre dictionnaire d'ancien normand, plus vieux encore plus fragile. Il tourna fébrilement les pages jusqu'au mot. Il se pencha dessus, tentant de déceler les lettres masquées par l'encre usée.

– S, murmura-t-il, en passant son doigt sur le mot. Y… L… P… H… E.

Il se redressa, sonné. Sylphe. Un sylphe. Il referma le dictionnaire et se faufila plus loin encore dans la réserve dans la section des créatures magiques. Il ouvrit plusieurs livres, mais un seul lui confia de précieuses informations.

« Esprits élémentaires de l'air, ils se situent à mi-chemin entre les anges et les elfes. La frontière entre ces légendes demeure floue, bien que l'existence des sylphes soit avérée et celles des anges non.

Également appelés à tort Faetog (homme-fée), les sylphes sont bien plus anciens que les hommes, parfois estimés comme étant à l'origine du peuple sorcier.

Ce sont des amateurs des sciences. Subtils, fidèles aux sages, et ennemis des sots et des ignorants, ils entretiennent le mythe d'une délicatesse spirituelle unique

Leur vie quotidienne nous est inconnue. Il est difficilement imaginable qu'ils aient les mêmes prérogatives que les humains. Les jeunes sylphes — appelés Ethel — étant moins prudents que leurs aînés, nous avons pu apprendre que, pour passer le temps, ceux-ci sculptent les nuages.

Bienveillants envers les êtres humains, ils inspirent les artistes et les êtres versés dans l'introspection. Néanmoins, leur capacité à se rendre invisible a fait d'eux un peuple retiré du monde, discret et évanescent. Rencontrer un sylphe est un honneur que peu d'hommes peuvent se vanter d'avoir reçu.

Par ailleurs, ils ne supportent guère les grossièretés ni les mauvaises manières, si bien que les plus adeptes du Beau restent à l'écart des hommes. Hormis lorsque leur âme est liée à un simple mortel. C'est là une chose fréquente qui a accéléré leur disparition.

En effet, leur vie relativement longue leur permet de vivre parfois plusieurs siècles sans compagnon. L'Anamchara est un mot de leur langue qui est parvenu jusqu'à nous. Il est maladroitement traduit par « âme sœur » par notre peuple. « Cœur lié » serait plus exact. L'idée de fraternité n'est pas absente de ce concept. « Anam » signifie « âme précieuse » et « Chara » est un mot affectueux pouvant grossièrement se traduire par « mon frère/ma sœur » selon la personne à qui il est adressé. Néanmoins, il ne porte en lui aucune notion d'affiliation si ce n'est un puissant lien spirituel qui fait des deux âmes liées, des sœurs. Une fraternité sans lien de sang, soit le lien le plus intense qu'il puisse exister dans l'existence d'un sylphe. Souvent réduit affectueusement à « Chara », la désignation ne s'adresse qu'à celui ou celle qui représente plus qu'une famille aux yeux de cette créature.

Cependant, une vie trop longue sans Anamchara rend le sylphe mélancolique et sujet à ce qu'on appelle « Le Mal Invisible ». Une mélancolie, un alanguissement conséquent, menant à terme à la folie.

Sur le plan physique, les particularités du sylphe sont très définies. Humanoïdes en tout point, ils se voient néanmoins dotés d'un regard hypnotique qu'ils dissimulent la plupart du temps afin de ne pas effrayer les humains. Leurs canines, étonnamment pointues, sont porteuses d'un poison redoutable pour quiconque les attaquerait. À l'inverse, pour l'être aimé, la substance se verrait être un puissant antidote contre toute sorte de poison, y compris les plus néfastes. Profondément pur, tout maléfice sombre est défait par le venin de Sylphe. Il est appelé Armonia dans leur langue de laquelle je ne peux vous indiquer quoi que ce soit d'autre.

Une autre particularité physique réside dans leurs ailes. Revêtant des formes et des couleurs variées selon la personnalité du sylphe en question, ces appendices apparaissent à la seule condition que le compagnon ou la compagne éternel(le) découvre par lui-même ou elle-même la nature du sylphe. Une tradition que les Ethels subissent et qui les prive de mots pour révéler cela eux-mêmes. Il est difficile de contourner cet interdit, mais pas totalement impossible et c'est un véritable jeu de piste que le sylphe doit mettre en œuvre pour révéler sa nature à l'être qui occupe son cœur. Certains sylphes sont morts sans ailes au nom de cette tradition que j'assimilerai à une omerta particulière.

Le sylphe… »

Harry referma le livre, pâle comme un linge. Les mots « Anamchara », « Armonia » flottaient dans son esprit. Salazar était un sylphe. Une fichue espèce disparue ! Il était le dernier sylphe encore en vie, c'était une évidence !

Il saisit le livre et le dissimula sous un pli de sa cape, bien décidé à confronter Salazar. Il ignorait même ce qu'il lui dirait. Il ne savait pas quoi penser. Il ne voulait pas penser.

Il sortit de la bibliothèque en trombe, rangeant en hâte, d'un coup de baguette, les autres livres. Il pâlissait de plus en plus en approchant des appartements, jusqu'à ce qu'il soit obligé de s'arrêter, au bord du malaise. Il entra pourtant et chercha Salazar, se dirigeant vers le salon où la cheminée crépitait. Mais le fondateur n'était pas là. Harry allait s'asseoir pour l'y attendre quand un hurlement de douleur retentit dans les appartements. Il se rua dans le couloir et fondit sur la pièce d'où provenait le bruit, un bureau. Celui de Salazar. Ce dernier était appuyé à une étagère, secoué de tremblements qui lui semblaient impossibles à gérer. Harry se précipita sur lui, mais Salazar le repoussa sèchement, laissant échapper un grognement de souffrance.

– Merde, mais qu'est-ce qui se passe encore ?!

– Tu as… tu as découvert ? ahana le fondateur en rejetant la tête en arrière en proie à une douleur presque palpable.

– Que tu es un putain de sylphe, Salazar ?! Oui ! Oui, j'ai découvert ça ! hurla-t-il, hystérique.

Salazar émit un rire qui se termina sur un son étranglé avant de se transformer en gémissement.

– Langage…, marmonna-t-il, et Harry soupçonnait que c'était davantage pour s'inciter lui-même à ne pas dire de jurons.

– Ne dis rien de plus si ce n'est pas pour m'indiquer comment je peux t'aider ou ce qui se passe !

Salazar ouvrit les yeux et Harry perdit pied. Argentés, fendus au milieu. Inhumains. Le regard du fondateur ne lui avait jamais paru aussi effrayant et fascinant. Il n'arrivait pas à en détacher son propre regard.

– Tu sais la réponse, murmura-t-il avant de serrer la mâchoire et de hurler en tentant de se redresser.

Il posa ses deux mains au sol et Harry constata avec horreur que quelque chose bougeait dans son dos.

– Putain, putain, putain, dit-il en se débarrassant du t-shirt de Salazar d'un mouvement féroce qui le déchira net.

– En temps normal, j'aurais adoré te voir déchirer sauvagement ma chemise, se permit-il de répondre avant de grogner de douleur à nouveau.

Harry émit un rire nerveux un peu fou et passa des doigts légers sur les mouvements angoissants sous la peau du fondateur, comme si quelques choses avaient pris vie en lui, affleurant contre l'épiderme tendu. Quelque chose qui désirait plus que tout sortir, au niveau de ses omoplates. Harry comprit.

– Tes ailes… Tes… Oh Merlin, des ailes… C'est pas possible…

Salazar trouva encore la force de rire et se tordit de douleur la seconde d'après. Un grondement sauvage, sourd lui échappa, roulant hors de sa gorge comme du tonnerre contenu. Il tâtonna pour saisir un poignard dans sa botte et le tendit à Harry.

– Désolé, murmura-t-il.

– Quoi…? demanda le plus jeune sans comprendre, son regard passant du dos de Salazar à l'arme.

Le fondateur lui lança un regard éloquent, essoufflé.

– Oh non, non, non, pas de ça… Pas de…

Salazar saisit sa main et lui plaqua le poignard dedans.

– Je l'aurais bien fait moi-même, mais tu comprends bien que c'est physiquement impossible. Même si je suis habile.

– Physiquement impossible, ouais, ouais. Et habile pour m'emmerder surtout ! Je te le ferai payer, articula Harry. Laz, je te jure que je te le ferai payer.

Il empoigna plus solidement le poignard et plaça ses doigts sur la peau mouvante du dos. Il ferma les yeux, prit une grande inspiration. Mais avant qu'il ait pu faire le moindre geste, Salazar se contorsionna en proie à une douleur qui ne lui laissa même pas le plaisir de l'exprimer. Harry se jeta sur lui et l'immobilisa, ceignant sa taille et maintenant le couteau dans son dos.

D'un geste vif, il entailla la peau profondément en deux endroits, puis il fut éjecté par le fondateur ivre de douleur. Celui-ci tenta de se relever, s'appuyant sur son bureau. Il émit un souffle saccadé et un silence se fit, attentif. Il ferma les yeux et soudain, dans son dos, un tourbillon de plumes jaillit. Deux ailes. Blanches, éblouissantes, pourtant tâchées d'un sang frais. Immenses. Harry resta au sol, hébété. Salazar eut un sourire épuisé et s'appuya plus fermement contre le meuble, prêt à s'écrouler.

– Plus jamais. Plus jamais tu me refais un coup pareil, murmura Harry alors qu'il se relevait tout doucement.

Il s'avança vers le fondateur et le contourna, observant les appendices aux plumes éclatantes. Comme celles d'un ange. Elles frémirent et se rétractèrent soudain, rentrant dans la peau. Harry suivit leurs trajets sous la peau, jusqu'à la chute de rein. Toujours visibles juste selon leur tracé en relief discret, donnant au dos une allure plus qu'étrange. Les entailles qu'Harry lui avait faites étaient entourées de dessins singuliers, comme le tatouage de mots dans une langue qu'il ne connaissait pas. Elles ne saignaient plus et se refermèrent sous son regard ahuri.

Il se prit la tête entre les mains et passa ses doigts sur son visage, peinant à retrouver pied.

– Il est l'heure de dîner, non ? dit Salazar en se tournant vers lui.

– C'est toi que je vais cuisiner Salazar, tu as intérêt à tout me raconter, dit Harry d'une voix blanche en le suivant du regard alors qu'il sortait de la pièce, un peu chancelant, comme si rien ne s'était produit.

A suivre…


Blabla de J' :

Ouh lala la première dispute de couple :D

Et voilà, vous avez une bonne partie des réponses ! On rentre dans la moitié chelou de la fic ! Enfin du « chelou » à la J' donc j'espère que vous continuerez à adhérer. Et on rentre également dans la moitié qui contient les scènes que j'ai le plus aimé écrire :D

Question du jour (je suis dans ma période histoire, navrée) : quel personnage historique auriez-vous voulu être ou connaître ? :D

En attendant le prochain chap (une ou deux semaine, ça dépendra), je vous retrouve sur ma page ou mon blog ou ailleurs si le cœur vous en dit :D

Lots of love,

J'