From past with Love
Gros GROS résumé : Harry est complètement déprimé et se noie dans ses idées noires lors de sa Sixième Année. Lors de l'une de ses balades en solitaire, il découvre une pièce inoccupée du château, dissimulée au regard de tous. Dans cette pièce, un tableau l'obsède, celui d'un homme sorti d'un autre temps. Harry y trouve refuge pendant plusieurs jours, apaisé par l'ambiance de la salle et par son gardien immobile dans le tableau.
Un soir, en colère, il s'y rend de nouveau pour ne pas « exploser » devant ses amis. Son excès de colère le conduit à décharger une quantité considérable de magie qui permet à l'homme du tableau de traverser le temps jusqu'à lui. Et cet homme n'est autre que Salazar Slytherin.
D'abord méfiant, Harry en arrive rapidement à accorder une confiance aveugle au voyageur du temps ! Hermione et Ron se posent des questions sur le soudain regain d'énergie de leur ami, mais ne parviennent à lui arracher aucune information. Salazar découvre l'époque de Harry tout en s'appliquant à le remettre sur pied de manière plus ou moins subtile. Peu à peu Harry adopte une autre manière de considérer son destin et les possibilités que celui lui offre. Plus encore lorsque Salazar lui propose de l'entraîner afin de mettre le maximum de chances de son côté lors de l'inexorable affrontement avec Voldemort auquel Harry devra faire face.
Leur relation, cantonnée aux appartements de Salazar, est une bouffée d'oxygène et d'espoir permanent qui mute peu à peu en autre chose. Néanmoins, cette transformation est freinée par les secrets qui entourent le fondateur malgré ce qu'il lui raconte de son histoire. Capable de choses qu'un sorcier ordinaire ne devrait pouvoir faire, plus vieux et, pourtant, physiquement inchangé depuis trop d'années, à l'origine de runes qui protègent le château et auraient dû le tuer en vidant ses réserves de magie, utilisant des mots d'une autre langue, descendant de Merlin et Viviane et poursuivi par la lignée maudite de Mordred.
En parallèle, Hermione se doute de quelque chose et comprend qu'Harry a effectivement rencontré quelqu'un qui ne fait pas partie des élèves de Poudlard, mais sans soupçonner davantage. Harry entretient également une correspondance suivie avec Remus, parti en mission pour l'ordre, qui devine également qu'il a pu rencontrer quelqu'un. Salazar place Harry sur la piste des horcruxes et devine rapidement que le jeune homme en porte un en lui. Harry lui fait promettre de le lui retirer par tous les moyens.
Le comportement de Salazar est de plus en plus étrange et il s'emporte de manière inopinée sur une absence d'Harry qui avait besoin de recul pour considérer la place de Salazar dans sa vie et ses sentiments à son égard. Tout se complique lors du bal d'Halloween, lorsqu'Harry se fait empoisonner par un elfe de maison appartenant à un Mangemort. Il s'entoure d'une bulle issue d'un sort instinctif appelé l'Egeo Fidem ( « j'exige de la loyauté » en latin ). Il s'agit d'une protection qui ne permettra qu'à la personne en qui il a le plus confiance d'approcher et de lui sauver éventuellement la vie. Une mesure d'urgence inconsciente donc. Hermione et Ron tentent, mais c'est Salazar qui fera son entrée pour tenter de passer à son tour. Le sort le repoussera moins fort que les autres, révélant qu'il est bien la personne en qui Harry a le pus confiance, à qui il confierait sa vie aveuglément malgré les non-dits entre eux.
Salazar le sauve in extremis. L'elfe lui avait donné une dose mortelle de Morte-vivante endiguée par la potion Wiggenweld que Salazar lui fait avaler à temps. Mais il ment sur le remède au poison appelé Albella qui lui a été administré depuis un an afin de l'affaiblir et de rendre l'influence de Voldemort sur lui plus grande. Aucun remède n'est censé exister. La mémoire des élèves est effacée concernant Salazar, à l'exception de celle des profs présents et de Hermione et Ron. Ils comprennent que l'état de déprime avancé d'Harry était dû à cet empoisonnement progressif depuis plusieurs mois. Le fait qu'il ait tenu aussi longtemps à ce rythme est de bon augure quant à une possible rémission totale.
Harry plonge dans un combat de deux semaines, extrêmement éprouvant et douloureux pour son corps et son moral. À son réveil, Salazar décide d'augmenter la fréquence et la complexité des entraînements. Il se montre soudainement sans pitié afin qu'Harry puisse se sevrer des poisons toujours présents en quantité industrielle dans ses veines. L'albella a une volonté propre, suffisamment intégrée dans son organisme et luttera pour ne pas être délogé. Salazar ne laisse donc aucune douceur transparaître pendant plusieurs semaines, le poussant à bout au point de menacer sa santé générale.
Harry finit par craquer complètement et, s'attendant à des explications sur son attitude de Salazar, il est surpris lorsque celui-ci l'embrasse. Désorienté, il le laisse en plan dans leur salle d'entraînement. Mais le fondateur revient rapidement à lui pour s'expliquer et s'excuser, lui indiquant la nécessité d'une telle tyrannie. Il lui confie également que l'entraînement a également pour but de déloger l'horcruxe en lui et explique donc la douleur qu'Harry vit au quotidien.
Le remède que Salazar lui a donné contre l'Albella a altéré l'horcruxe et l'a déraciné assez pour le pousser vers la sortie avec un contrôle suffisant. Contrôle qu'Harry n'obtiendra qu'en apprenant son corps par cœur et en renforçant son mental, sa magie, en reprenant possession de lui-même en d'autres termes. L'horcruxe est donc en voie d'être évacué, et Harry achèvera de s'en débarrasser grâce à l'amour (LOL c bo se ke jdi).
Il comprend également que Salazar se refusera à lui confier la nature du remède qui a été assez puissant pour le purger de l'Albella et de l'horcruxe. Encore un mystère... Harry apprend également la nature des autres horcruxes en se débarrassant du sien (ainsi que l'existence des Reliques de mort) et demande des explications Dumbledore dont il comprend qu'il savait sa nature depuis le début. Salazar décide de se lancer à la poursuite de l'horcruxe logé dans le diadème de Rowena Ravenclaw.
Il remonte donc sur les dernières traces attestées de son existence en Albanie. Salazar choisit d'y aller au plus vite, certain de revenir rapidement. Harry s'inquiète de le voir se mêler à cette guerre, mais est conscient de l'atout qu'il représente. Ils passent la nuit ensemble pour la première fois (wouhou) et, au matin, Salazar n'est plus là. Son absence se prolonge et Harry vit plutôt mal son absence, soutenu pourtant par Ron, Hermione et Ginny !
Harry procède à ses achats de Noël et trouve pour Salazar un colt dont l'histoire est étroitement liée à Merlin et Viviane. Le colt étant abîmé, Harry passe des heures dessus à le réparer. Il loupe le souper du Réveillon et s'isole à la tour d'astronomie pour ne pas broyer du noir quant à l'absence de Salazar. Ron, Hermione et Ginny le rejoignent et lui font part de leurs découvertes : l'Albella n'est pas censée être curable et Harry aurait dû en être affecté à vie.
Une seule femme a pu s'en débarrasser, mais les écrits sont flous sur la manière dont elle a pu réaliser cet exploit. Mais elle aurait reçu une « aide » extérieure. Ginny a creusé la question de l'Horcruxe que la substance a déséquilibré en Harry et le livre qu'elle étudie indique que rien d'autre que leur propriétaire, des enchantements puissants qui maudissent et le venin de Basilic ne peut détruite les horcruxes. Mais le livre contient également un message caché qui révèle qu'une seule autre chose le peut. Mais au lieu d'indiquer précisément quoi, le livre renvoie à ce poème qui est aussi le mot de passe des appartements de Salazar.
Quelqu'un transplane soudain au sommet de la Tour. Coucou Salazar, retrouvailles en grande pompe + découverte du diadème de Ravenclaw ( Serdaigle ) grâce au fantôme de la tour de Ravenclaw. C'est aussi l'occasion de la rencontre entre Ginny et Salazar dont l'entente semble immédiate. Ron, Hermione, Ginny, Salazar et Harry retournent aux appartements Slytherin, préoccupés par le fait de retrouver la coupe d'Hufflepuff, également un horcruxe.
Avec l'aide de Hermione, Harry continue ses recherches pour découvrir la véritable nature de Salazar. À Noël, la jeune femme offre au sorcier un livre qui pourrait bien contenir la réponse. Harry se voit également offrir un œuf de Phénix de la part de Salazar.
Harry apprend le même jour que Tonks est enceinte de Remus et qu'ils l'ont choisi pour être parrain.
Dumbledore et Salazar prévoient d'aller récupérer un Horcruxe. L'expédition, jugée dangereuse, doit se faire sans Harry. Mais celui-ci n'est pas de cet avis et s'embrouille encore avec Salazar, trop protecteur, à ce propos ! Ils finissent par trouver un accord : Harry ne les accompagnera pas cette fois-ci, mais c'est la dernière fois qu'il accepte d'être mis à l'écart.
Avant la nouvelle année, Harry finit par découvrir que Salazar est en réalité un sylphe, une créature normalement disparue depuis des siècles. Cela explique le lien qui les unit. Il est son « âme liée » et la distance est néfaste pour eux deux depuis que Salazar l'a guéri à l'aide d'une substance, l'Armonia, que sécrètent les canines des sylphes spécialement pour l'être qu'ils aiment. Le fait qu'Harry apprenne sa véritable nature déclenche la sortie des ailes du fondateur, qui arrive donc à « maturité » au regard de son espèce.
Harry prend la nouvelle relativement bien et comprend que c'est la raison du voyage dans le temps de Salazar. Ce dernier avait accumulé assez de puissance pour le retrouver, sentant que son âme sœur naîtrait bien après lui. Seulement, la protection de Poudlard lui avait dévoré toute son énergie et il avait dû attendre le déferlement d'énergie de Harry sur son tableau/portail pour travers les couloirs du temps et parvenir jusqu'à lui.
Juste après cette découverte, une mystérieuse porte apparaît dans les appartements de Salazar. Ce dernier s'en méfie, mais Harry ne ressent aucun danger. L'œuf éclot, le petit Phénix est appelé Kinnara et est très chelou ( pas très gracieux lol ).
Une nuit, Salazar emmène Harry déterrer un morceau de Hepzibah Smith pour un rituel de nécromancie. C'est l'occasion pour eux d'apaiser enfin les tensions dans leur relation et d'y voir plus clair. Salazar effectue un rituel de nécromancie pour récupérer la coupe d'Helga Poufsouffle… Son départ pour trouver le médaillon est imminent.
Salazar part avec Dumbledore chercher le médaillon qui s'avère être un faux. Dumbledore est en piteux état.
Note : désolée pour mon retard ! Je vous retrouve en bas de chapitre pour des explications que vous lirez si vous en avez envie :D
Chapitre trente-sixième
R. A. B.
Proposition d'écoute : Spanish Sahara de Foals
Harry le rejoignit dans le salon. Albus avait été déplacé dans une chambre apparemment puisqu'il ne restait plus rien de sa présence.
Le jeune homme s'installa plus loin, dans un fauteuil, tandis que Salazar lisait, assis à la table. Ils échangeaient parfois des regards et Harry ne pouvait s'empêcher de sourire, songeant à leur douche et à tout ce qu'il avait encore envie de lui faire. Ses pensées indécentes semblaient être partagées au vu de l'intensité des coups d'œil que Salazar lui lançait, pianotant doucement de ses longs doigts sur la table. Un mouvement qu'Harry fixait avec insistance, hypnotisé.
Une douleur à l'épaule le fit passer une main sur celle-ci, il écarta un pan de son t-shirt et aperçut les vestiges d'une morsure, discrète, mais reconnaissable. L'air de rien, les canines de Salazar étaient vraiment redoutables.
Le jeune homme se racla soudain la gorge.
— Qu'est-ce que tu cherches ? demanda-t-il au fondateur.
— Une trace d'un R. A. B. dans les archives de l'école.
— R. A. B. ?
— Celui qui a dérobé le véritable horcruxe a laissé un message signé R. A. B. Il affirme avoir cherché à le détruire, mais je doute qu'il ait réussi. On ne peut pas parier sur le fait qu'il soit parvenu à ses fins.
Harry se leva et se plaça dans son dos, ses mains sur ses épaules.
— Tu ne pouvais pas me confier toutes les infos en une fois, hein ? Donne-moi une partie, je vais y jeter un œil.
Salazar saisit une pile de dossiers et les lui tendit.
— Reste là, lui dit Salazar alors qu'Harry le contournait pour s'installer à la table.
Il l'attira sur ses genoux et le jeune homme sentit son cœur battre à tout rompre. Il s'obligea à se calmer. Ils venaient de laisser un peu de leur frustration au placard, mais ça ne lui avait pas suffi. C'était le genre de feu qu'on ne pouvait pas éteindre, juste tempérer le temps d'un instant.
Il fit ce qu'il put pour se concentrer sur les initiales des dizaines et dizaines de noms d'élèves qui défilaient sous ses yeux. Ils passèrent la matinée à chercher, arrachant à l'autre un baiser ou une caresse délicate de temps à autre.
— J'ai la dalle, lança soudain Harry en soupirant.
— Langage, souffla Salazar.
Le jeune homme allait se relever quand un nom capta son regard « Black ».
— Un Black, qu'est-ce que… ?
Il parcourut le nom en entier. « Regulus Arcturus Black ». Il saisit le bras de Salazar et le pressa légèrement.
— R. A. B, murmura le fondateur en refermant son propre registre. Un lien avec ton parrain ?
— Son cadet, je crois, souffla Harry en se remémorant leur arbre généalogique. Pourquoi je n'y ai pas pensé plus tôt… ?
Il se leva et entama les cent pas.
— Regulus était plutôt fidèle à la cause de Voldemort, les parents de Sirius ayant beaucoup de sympathie pour ses projets. C'est pour cette raison que Sirius est parti.
— En matière de loyauté, on a vu mieux, argua Salazar en désignant le petit message trouvé dans le faux médaillon.
— Loyauté… Je sais à qui demander ce qui est advenu du médaillon, murmura Harry avec empressement avant d'appeler : Kreattur !
Un elfe hideux apparut dans un crack sonore et s'inclina devant lui.
— Le maître a demandé Kreattur… ? Traître à son sang, infâme sang-mêlé…
Salazar le regarda, surpris.
— Sacré caractère.
Harry leva les yeux au ciel.
— Ça va Kreattur, j'ai compris que le fait que je sois ton maître ne t'enchantait pas. Crois-moi, c'est réciproque.
Si l'elfe n'avait pas su tout de l'Ordre, il l'aurait même libéré dès la mort de Sirius.
— De la vermine, du sang pourri. Pourri ! La mort rongera ce qu'il reste de votre sang souillé.
— Classe, lâcha Salazar en se laissant tomber dans un fauteuil, faisant sourire Harry sous l'utilisation du mot familier.
D'un geste vif, il remonta ses cheveux en chignon désordonné et y coinça sa baguette magique pour maintenir le tout. Puis il attira une pomme simplement en tendant la main vers le panier de fruits. Harry l'observa croquer dedans avant de se concentrer de nouveau sur Kreattur.
— Je veux que tu me parles de ton maître, Regulus, lui dit-il en s'agenouillant à sa hauteur.
Les yeux de l'elfe se remplirent de larmes émues et il s'essuya le nez dans son vêtement crasseux.
— Le maître Regulus était un grand sorcier !
— Je n'en doute pas. Mais ce que je veux savoir, c'est si tu l'as vu avec ceci…, dit-il en attirant le médaillon d'un mouvement de baguette.
L'elfe verdit et un frisson de terreur le saisit.
— Je veux le détruire, Kreattur. Je sais que c'est une copie, dis-moi tout ce que tu sais sur l'original.
Kreattur le toisa, le regard horrifié.
— Je te le promets, je ferai honneur à la mémoire de Regulus…
— Kreattur a tout fait ! Il a tout fait pour essayer de le détruire, comme le Maître Regulus le lui avait demandé, mais… Il n'y est pas parvenu et cette tâche est restée sur la mémoire du grand sorcier qu'était le maître ! Le lac l'a emporté et les créatures maléfiques qui s'y trouvaient ont fait de lui un autre cadavre des eaux sombres !
Il semblait hanté et ses membres s'agitaient de manière désordonnée. Harry hocha la tête, comprenant que Regulus avait dû être affaibli par la potion.
— Il avait bu la potion pour récupérer le médaillon.
— Il n'a pas voulu que Kreattur le fasse, tout comme il n'a pas voulu que Kreattur reste avec le Seigneur Noir lorsqu'il a appris comment était traité Kreattur.
— C'était un homme bien, lui dit Harry avec un sourire. Dis-moi où tu as caché l'original.
— Au manoir Black, évidemment.
— Peux-tu me le ramener, nous le détruirons. Pas maintenant, mais nous le ferons. Tu peux prendre celui-ci en attendant..., murmura Harry.
L'elfe saisit le faux médaillon entre ses doigts noueux et le serra contre son cœur avec une mimique entre le ravissement et la souffrance. Puis il disparut. Harry se redressa et Salazar lui lança un long regard étrange.
Avant qu'il n'ait pu dire quoi que ce soit, Kreattur réapparut, un médaillon autour du cou et l'autre au creux de ses mains. Harry eut un mouvement de recul et Salazar siffla de colère en Fourchelang. Kreattur baissa la tête en entendant la langue ancienne glisser des lèves du fondateur.
Harry se fit violence pour approcher l'objet et le saisit. Il serra le poing dessus, le dissimulant à la vue de Salazar qui, hérissé comme un chat, semblait hors de lui de la profanation subie par le bijou.
— Merci, Kreattur, merci de l'avoir gardé à l'abri toutes ces années. Regulus serait très fier de toi, j'en suis sûr.
L'elfe hocha la tête, ému.
— Si le maître a besoin de quoi ce que soit d'autre…
— Pas pour le moment, je te remercie du fond du cœur !
La créature disparut dans un crack sonore.
— Salazar, souffla Harry. Ça y est… nous… nous les avons tous.
Harry se retint à la table, prenant conscience de l'avancée significative qu'ils venaient d'effectuer. Il n'était pas convaincu qu'une telle chose aurait été possible sans pertes phénoménales et un certain nombre de mois si Salazar n'avait pas pu aider. Il préférait ne pas y songer.
— Il manque le serpent.
— Tu as dit que tu avais peut-être une idée.
— Peut-être, dit Salazar, la mine sombre.
Harry sentit que le sujet ne devait pas être creusé davantage vu le regard du fondateur sur son poing où reposait l'horcruxe étrangement palpitant, comme animé de son cœur propre. Le sylphe tendit sa main et Harry le lui remit. Il disparut dans le couloir et Harry prit le chemin de la cuisine, bien décidé à manger. Il n'en revenait pas d'avoir aussi faim. Il n'avait plus l'habitude de se concentrer pendant des heures pour lire.
Il s'installa, sortant quelques plats du frigo, sans doute directement relié aux cuisines. Il fit réchauffer quelques petites choses et attendit le retour du fondateur pour grignoter. Celui-ci ne tarda pas et s'assit sur une chaise, un genou relevé contre son torse.
— Je suis affamé, dit-il en attrapant un morceau de pomme de terre dans l'un des plats.
Harry l'imita et Salazar se leva pour sortir une bouteille de vin de sa réserve. Il en servit deux verres et le jeune homme sirota le sien, se surprenant à apprécier de plus en plus ces alcools que le fondateur savourait comme s'il s'agissait du Saint-Graal.
— Albus pourra être soigné ou du moins temporairement. Je peux endiguer le sort. Pas plus d'un an ou deux. Peut-être pourrais-je trouver autre chose grâce à ce sursis, je l'ignore, lança Salazar en picorant dans le plat placé devant lui.
Harry ferma les yeux comme sous le coup d'une gifle.
— J'imagine que c'est mieux qu'une mort imminente.
— Je ne sais pas. Ce sera une lente agonie.
— Tu lui en as déjà parlé ?
— Oui, je l'ai fait. Il a tous les éléments en main, il prendra sa décision par lui-même. Et tu ne dois pas t'y opposer. Même s'il veut partir avant la guerre. C'est son droit. Il a vu trop de guerres déjà.
— J'ai… J'ai besoin de lui, murmura Harry.
— Tu as besoin de toi-même, tu as tout ce qu'il te faut en toi. Je le sais et tu devrais le savoir, lui asséna Salazar d'un ton ferme. L'entraînement n'était pas juste physique, j'ose espérer que tu as trouvé des ressources en toi. Pas en moi, en toi. Parce qu'il y en a. Il y en a tellement que ça me brûle de te voir les dénigrer. Et je ne croirai jamais en toi si toi-même tu ne le fais pas.
Harry baissa la tête, conscient que le ton dur était nécessaire. Il sourit à son assiette et adressa un signe reconnaissant à Salazar qui leva son verre à son attention. Harry fit de même.
— À toi, Harry.
Harry acquiesça.
— À nous, confirma-t-il avec un rictus amusé avant de boire une gorgée.
Ils passèrent les jours suivants calmement. Albus revint à lui le lendemain et laissa son poste quelques jours à Minerva qui comprit son besoin de se reposer. Aussi quitta-t-il quelque temps l'école.
Les entraînements reprirent, plus durs que jamais. Harry se sentait épuisé et Salazar l'était tout autant. Ils devaient subir le contrecoup de l'intensité des derniers mois. Tir, épée, corps à corps, sortilèges, même du lancer de couteau. Il avait l'impression d'être un maigrichon balancé dans une arène de gladiateur chaque fois qu'il se retrouvait face à Salazar. Mais il avait la satisfaction de le déstabiliser de temps à autre, et de lui porter des coups lorsque celui-ci se déconcentrait. Harry le soupçonnait de le faire volontairement.
Entre temps, il dévora une certaine masse de livres sur la mécanique magique, s'y découvrant un intérêt surprenant. Salazar était plus qu'enchanté de lui montrer un peu de pratique de ce que les écrits lui enseignaient. Ils réparèrent quelques objets, en améliorèrent d'autres et Harry parvint même à créer une sphère de laquelle jaillissaient de minuscules poissons lumineux qui voguaient dans la pièce comme dans de l'eau, éclairant comme des petits feux d'artifice les recoins sombres.
Au matin du dix janvier, il se leva, encore nauséeux. Il n'avait pas beaucoup dormi et, lorsqu'il se précipita sur la salle de bain, il eut la surprise d'y trouver un Salazar mal en point face au miroir, pâle comme un linge.
— Mauvais réveil ? lui lança-t-il.
— Terrible, lui dit le plus jeune en s'effondrant contre la cuvette des toilettes, à l'agonie.
Il mangeait peu, l'entraînement le stressant bien trop pour que son appétit, pourtant impressionnant, soit comblé.
Une masse chaude vint se blottir contre lui. Kinnara dormait avec eux depuis quelque temps, ayant trouvé le moyen d'ouvrir les portes par il ne savait quel miracle. Le phénix se frotta contre lui, son bec tiède appuyant contre son bassin.
Harry le caressa d'une main et il émit un gémissement d'agonie face à son état. Salazar éclata d'un rire faible et quitta la salle.
— Je vais voir si je peux trouver un remède, la fatigue est l'ennemie.
— Tu es l'ennemi, Laz, je te jure que je vais mourir d'épuisement.
Il se leva tant bien que mal et prit une douche rapide. Il gagna le salon et s'effondra sur le canapé, l'avant-bras abattu sur ses yeux. Il se rendormit et fut surpris de ne pas avoir été réveillé quand il revint à lui plusieurs heures plus tard. Le jeune homme se releva et erra dans le couloir, à la recherche du fondateur. Il entendit un grand bruit venant du laboratoire suivi d'un juron. Il s'avança, les sourcils froncés. Il se tourna brièvement lorsqu'un coup de tonnerre secoua le château, l'éclair illuminant le long corridor. Le son de la pluie battant les carreaux le détourna un instant du premier bruit qu'il avait entendu.
Soudain la porte s'ouvrit et un torrent de pièces et d'objet se déversa dans le couloir, droit sur lui. Il tomba à la renverse et Salazar en jaillit en même temps, titubant quelques secondes avant de s'écraser lourdement sur lui. Il le notifia à peine, brandissant victorieusement une coupe, sa baguette coincée dans son autre main.
— Ha ! s'exclama-t-il. Trouvée ! La coupe au milieu de ce fatras indescriptible !
Harry loucha dessus et Salazar sembla enfin remarquer qu'il l'écrasait. Le jeune homme se redressa en même temps que lui, suivant le mouvement de son corps. Le fondateur le ramena sur pied avec énergie, lui remettant ses vêtements en place.
— Mes excuses, Harry, lui dit-il rapidement avant de s'enfuir plus loin dans le couloir.
Il disparut un instant dans une pièce et réapparut sans la coupe, l'air mortellement sérieux. Il lui passa devant en direction du salon. Harry comprit immédiatement que quelque n'allait pas. Il le suivit à distance et s'arrêta face à la porte. Il ferma les yeux, prit une profonde inspiration et entra. Salazar était assis sur le canapé, le visage entre les mains. Quand il l'entendit, il releva un peu la tête sur lui, le regard fatigué.
— Approche, lui dit-il en lui faisant signe.
Harry obéit et s'installa à ses côtés. Il se tut, tentant d'afficher une mine impassible sans laisser l'inquiétude transparaître.
— Il ne reste qu'un Horcruxe, et pour celui-ci nous n'aurons pas autant de chance que pour les autres. Nous ne pouvons pas jouer la bataille en comptant sur le fait que tu parviendras à y tuer Nagini et Voldemort. Ce n'est pas jouable, pas sans risques et j'en veux seulement le minimum. Je veux également des informations. Certaines que personne d'autre que moi ne pourra obtenir…
Harry ouvrit la bouche, mais Salazar posa un doigt sur ses lèvres.
— Laisse-moi finir. Snape est un atout, mais la confiance du Lord en lui s'effrite avec le temps. Les informations ne sont plus aussi fiables et je dois savoir quand il frappera, comment, et si je le peux, je détruirai l'horcruxe.
— C'est un descendant de Mordred ! Voldemort, un mage noir ! Comment espères-tu survivre en l'espionnant, tu ne peux pas juste mettre ta vie en jeu comme ça…
— Calme-toi, calme-toi… Il ne me verra pas, jamais. Snape m'emmènera à son QG. Je franchirai les barrières, je ferai en sorte qu'on ne me détecte pas et je resterai invisible autant de temps qu'il le faudra… Tout est déjà arrangé.
— Je ne veux pas, je n'ai jamais voulu ça pour toi Laz, c'est exactement ce que je craignais. Tu me mets à l'écart et tu prends des risques inconsidérés ! Laisse-le frapper ! Nous aurons le serpent lors de la Bataille, nous ferons en sorte de l'avoir !
Salazar se tut et Harry sut instantanément que quelque chose venait de changer. Il recula, par réflexe. Les yeux du fondateur adoptèrent leur teinte argentée hypnotique, fendus en leur centre. Ses veines se colorèrent.
— Tu n'en sauras rien, Harry. Tu ne te souviendras pas même de moi. Ton cœur, s'il est honnête me ressentira, mais ton esprit…
— Non… non, non, non, murmura le jeune homme en se relevant.
Il recula précipitamment, mais Salazar ferma la porte d'un mouvement de la main. Harry se jeta sur la poignée et la tourna frénétiquement, le souffle angoissé. Son cœur battait contre sa poitrine, le son envahissant ses oreilles. Il se retourna en comprenant que c'était vain et dégaina sa baguette, tremblant. Salazar l'avait observé s'agiter, un air fermé sur le visage. Il s'approcha à pas lents, presque prédateur. Pour la première fois, Harry avait peur de lui. Et il avait raison, il ne fallut qu'un quart de seconde à Salazar pour le désarmer tant ses tremblements l'empêchèrent de réagir.
— Ça ne sert à rien de résister, tu en mourras si aucune barrière n'est apposée dans ton esprit. Le manque conscient finirait par te réduire à la folie. Je suis désolé. Si je ne t'avais pas donné d'Armonia…
— Salazar, n'approche pas, s'il te plaît, le supplia Harry, les larmes aux yeux. Je ne veux pas t'oublier. Même temporairement… Et si tu ne revenais pas, hein… Si tu… Je ne… Je ne peux pas, je ne veux pas !
Il se plaqua contre le mur et inspira une bouffée tremblante avant de sentir toutes ses résistances tomber. Il subissait et il était en colère. Il pencha la tête en arrière, son crâne contre la pierre froide, les yeux clos. Sa mâchoire se contracta et il frappa de son poing contre le mur qu'il sentit s'ouvrir sous le choc.
— Tu n'as pas le droit de me faire ça ! siffla-t-il entre ses dents.
Quand il souleva les paupières, Salazar se tenait tout près. Un élan de panique et de colère envahit le jeune homme et il tenta de lui échapper, mais le fondateur l'emprisonna, saisissant ses mains, bloquant ses jambes des siennes. La puissance qu'il dégageait ne laissait même pas à Harry la moindre chance. Il était pris au piège.
— Salazar, non…, insista-t-il en fermant les yeux, réfléchissant pour trouver une échappatoire.
— Ouvre les yeux, Harry, s'il te plaît.
— Non.
Des larmes lui brûlaient les yeux. Il ferma les paupières plus fort et quelques-unes roulèrent sur ses joues. Une main hésitante, tremblante les récupéra. Des doigts caressèrent sa peau et se figèrent sur son cou. Un front se posa sur le sien et un souffle effleura son visage.
Il détourna la tête, voulant échapper au contact.
— Ne rends pas les choses plus difficiles, le supplia Salazar, la voix rauque.
Harry plissa les lèvres et ses traits se décomposèrent. Ses épaules s'affaissèrent et il crut que son crâne allait exploser. Un trou noir venait de s'ouvrir dans sa poitrine avalant tout ce qu'il était. Il secoua la tête dans un « non » muet, répété comme un leitmotiv. Son « non » n'avait aucune emprise sur le choix de Salazar. Son « non » ne serait pas entendu ni respecté. Peu importe combien il supplierait. Il se sentait impuissant. Parce que Salazar avait décidé et qu'il n'aurait jamais la force de s'opposer à lui.
— Ne pars pas, s'il te plaît, ne me laisse pas…, murmura-t-il, la voix brisée.
Il perçut un son étouffé et il crut un instant que la fermeté de Salazar avait faibli. Juste avant d'entendre quelques mots en Fourchelang : « regarde-moi ». Le parler, noble, royal, était irrésistible pour n'importe quel autre parleur. Parce que Salazar possédait le sang de la lignée directe quand Harry ne l'avait hérité que d'un lointain ancêtre à qui on en avait fait don. Salazar avait l'ascendant sur lui de cette manière-là, il ne pouvait qu'obéir. Il ouvrit les yeux et il dut battre des cils plusieurs fois pour adapter sa vue à travers ses larmes qui coulèrent à chaque battement.
Il naviguait entre colère et détresse pure, l'air lui manquant cruellement.
— Je dois le faire, c'est pour toi pour…
— Ne t'avise pas de dire que tu le fais pour moi, je n'ai jamais voulu ça ! Ne t'avise pas de me le dire !
— C'est pour moi également. Et tu ne peux rien y faire.
Un silence s'installa tandis que les yeux du plus jeune étaient fixés dans ceux de Salazar, encore sous l'effet de l'ordre prononcé en Fourchelang. Le regard du fondateur était hagard et pourtant la crispation de ses traits témoignait de sa détermination et de ce qu'elle lui coûtait.
— Je le jure devant tous tes dieux, Salazar, un jour je te blesserai autant que tu l'as fait, cracha Harry en voyant les pupilles se dilater. Je te déteste… Sincèrement, je…
— Non, tu ne me hais pas, c'est pour ça que c'est douloureux, pour cela que ça le sera si je n'endigue pas tes souvenirs. Je suis désolé, murmura-t-il avant qu'Harry perçoive sa présence dans chacune de ses pensées.
Une souffrance sans précédent le saisit, comme si on lui arrachait une partie de lui-même. Il sentit qu'on s'emparait de tous ses souvenirs, qu'on en modifiait d'autres, qu'on en enfermait la totalité derrière une porte immense, fermée à double tour, infranchissable.
Puis il perdit connaissance avec la sensation des lèvres qu'il ne reconnaissait plus sur les siennes. Il avait froid, très froid. Et il pleurait encore.
À suivre...
Blabla de J' :
Je sais, je n'ai pas posté depuis février et j'en suis désolée ! Je vous passe les détails de ma vie privée qui ont fait que je n'ai pas du tout pu être présente dans le coin, mais je suis obligée de me concentrer sur le plus urgent : études, boulot, mes livres parus et à paraître, et d'autres trucs tout aussi importants pour moi xD Et toutes mes excuses, mais je ne pourrais pas répondre aux reviews que j'ai reçues depuis février sur cette histoire et sur les autres :') Je vais me contenter d'un énorme merci général, parce que l'engouement que suscitent mes fics après toutes ces années me touche vraiment ! *cœur cœur*
L'une des choses qui m'ont retenues pendant longtemps de poster, c'est le fait que je ne trouvais jamais assez de temps pour répondre aux reviews et MPs et que ça me fait culpabiliser à mort :') Je les lis absolument tous, mais vous me connaissez : je fais des réponses longues et ça me demande donc beaucoup de temps (même si ça me fait très très plaisir !). EDIT : on m'a fait remarquer que ça donnait l'impression que je rejetais la faute de mes retards sur vous, ce qui n'est absolument pas le cas, évidemment. Je ne me plains pas du tout du nombre de reviews que je reçois, je dis juste que c'est évidemment un investissement en temps que d'y répondre (pour vous donner une idée, je reçois environ une centaine de reviews/MPs par mois, et là-dedans je ne compte pas mon activité sur wattpad et mon activité d'auteure qui génèrent pas mal de messages également). Donc croyez bien que ce n'est pas du tout de la mauvaise volonté...
D'où ma question : préférez-vous que je poste plus régulièrement, quitte à ce que je ne réponde pas toujours aux reviews pour me concentrer davantage sur la correction des chapitres à venir ? Ou préférez-vous que je prenne parfois pas mal de temps pour poster en continuant à bien répondre à toutes les reviews tout en corrigeant en parallèle ?
Si vraiment vous souhaitez me contacter, je suis toujours dispo via ma page fb ! Ou sur mon compte perso dont je vais mettre les liens dans ma bio :)
Je vous embrasse et vous dis à très bientôt !
Jelly
