Chapitre quarante
Crevette impromptue
Proposition d'écoute : Ordinary Love de U2
Harry se réveilla dans un lit, seul. Quelques secondes lui suffirent pour reconnaître la chambre de Salazar. Il se redressa en sursaut, craignant qu'il ait rêvé la veille, mais se tempéra, restant un moment à demi-relevé, se traitant de tous les noms. Alors, il se força à prendre le temps de se doucher avant de vérifier le salon où il trouva Salazar en train de siroter un thé, plongé dans ses pensées. De but en blanc, en guise d'accueil, Harry reçut un : « N'avance pas, tu vas marcher sur mon arbre généalogique. »
— Charmant, marmonna le plus jeune.
— Il nous faut un prénom.
— Un prénom ? Pour q… ?
Harry s'interrompit, livide.
— Ah oui… Tu te fais bien vite à l'idée.
— Non, j'ai l'air calme, mais je t'assure que mon esprit est un entrelacs de hurlements, dit-il en pianotant nerveusement sur la table. J'ai une migraine infernale et je n'ai pas fermé l'œil de la nuit, ajouta-t-il en pointant du doigt sa tempe qu'il se mit à tapoter avant de diriger sa main vers la porte et de poursuivre : Je suis allé voir ce bébé qui grandit dans une matrice magique au cœur de nos appartements et je n'arrive toujours pas à me rentrer dans la tête qu'il s'agit du nôtre. Alors j'essaye de le rendre un peu plus réel qu'il ne l'est déjà. En lui trouvant un prénom par exemple.
« Nos appartements ». Harry ignora du mieux qu'il put le flux bouillant qui le traversa à ces mots.
— Tu aurais dû me réveiller si tu n'arrivais pas à dormir.
Salazar se contenta de lui adresser un regard réprobateur et Harry changea de sujet :
— Tu trouves quelque chose ?
— Non, tout sonne faux !
Harry s'avança et s'assit. Salazar lui servit une tasse, par automatisme, les yeux parcourant toujours son arbre généalogique de six pieds de long.
— Salazar, détends-toi, on finira par trouver, lui dit Harry en s'appliquant à beurrer un toast qu'il coinça entre les dents du fondateur. Voilà, mange, arrête tout ça.
— Je ne peux pas me détendre, marmonna-t-il, la tartine entre les dents.
Il la retira, mâchonnant distraitement une bouchée.
— Soit je pense à ça, soit je pense au fait que nous sommes impuissants concernant une attaque de Voldemort ici même ! L'entraînement reprend demain pour toi. Plus intensif sur moins d'heures, tu dois dormir.
Les jours suivants furent semblables à un chaos pur et simple. Comme Salazar l'avait prédit, des parents, nombreux, vinrent récupérer leurs enfants et d'autres, conscients de ce qui allait se jouer, s'installaient à Pré-au-Lard ou à Poudlard même.
Ginny était souvent présente, visiblement heureuse de revoir Salazar dans les parages. Ron parut soulagé et Hermione en pleura presque.
— Mais… Mais depuis quand tu te souviens… ? demanda-t-elle, les yeux brillants.
— Depuis deux semaines.
— Ginny, tu étais au courant, comprit Ron en dévisageant sa sœur.
Celle-ci lui adressa un petit signe d'excuse.
— C'est pas vraiment à propos de ça que je vous ai demandé de venir, leur dit Harry, mal à l'aise, en se frottant la base de la nuque.
Il avait tenu à l'annoncer de lui-même à ses amis tandis que Salazar était pour la énième fois en réunion de crise avec Dumbledore et le corps professoral. Il ne savait pas comment tourner la nouvelle sans que ça ait l'air complètement absurde. « Salazar et moi, on va avoir un bébé. » Non, juste non. « Salazar et moi, on va être parents ». Non plus. « Je vais être Papa ». Non, non, non, non. « J'ai dix-sept ans dans trois mois, je vais être Papa et je flippe complètement » ? Ah.
— Il y a un bébé dans une matrice magique dans une pièce de château. Salazar a découvert que sa condition de sylphe lui permettait de donner la vie de manière un peu détournée. Le bébé est de lui et de… moi.
Ron se leva et se rassit brutalement, comme rattrapé par la gravité. Hermione couina un « quoi ?! » suraiguë en se cramponnant au bras de Ron. OK… ils l'avaient mieux pris qu'il ne l'avait imaginé. Hermione se releva et se ventila d'une main, l'autre posée sur le cœur.
— Répète un peu ça, mon vieux, souffla Ron.
— Version courte ou longue ? Parce que je ne suis pas certain moi-même d'avoir tout compris.
— Version longue, tant qu'à faire, murmura Hermione.
Harry tenta d'être le plus clair possible, réalisant parfois des choses au moment où il les prononçait. Il pâlit au fur et à mesure puis termina, créant un immense blanc.
— C'est… euh… Félicitations… ? se risqua Hermione.
— Merci, souffla-t-il.
— J'ai du mal à y croire…
— J'en reviens toujours pas, confirma Harry.
— Moi non plus, approuva vivement Ginny, qui semblait pourtant être la plus sereine.
— Du thé ? demanda Harry après s'être raclé la gorge.
Il se leva avant même de recevoir une réponse et fila vers la cuisine. Il y entra et eut la surprise d'y trouver Salazar.
— Je passe en « coup de vent », c'est l'expression consacrée, n'est-ce pas ? lui demanda-t-il en coinçant un gâteau entre ses dents, la tête encore à moitié fichée dans un placard. J'ai fait du thé, je dis bonjour aux autres et… au revoir, puis je file.
Harry sourit en entendant le nombre d'expressions actuelles qu'utilisait désormais le fondateur. Il avait appris vite et s'il lui resterait sans doute toujours son petit accent, son vocabulaire était moins châtié qu'avant.
Ils regagnèrent le salon, alors que Salazar s'agitait en tous sens pour retrouver quelque chose dans la poche de sa robe ; poche qui semblait bien plus profonde qu'elle le laissait deviner puisque son bras y disparaissait tout entier. Les autres les observèrent entrer et Ginny lui sourit tandis qu'Hermione et Ron laissaient leur regard passer du fondateur au jeune homme à ses côtés.
— Salut, Salazar, lança la benjamine des Weasley.
— Ginny, toujours un plaisir. Mademoiselle Granger, Monsieur Weasley, vous allez bien ? Vous me paraissez bien pâles, s'inquiéta Salazar.
— Oh, appelez-nous par nos prénoms. Vous avez fait un gosse avec notre meilleur ami alors…, le reprit Ron.
Salazar mordit dans on gâteau en tournant le regard vers Harry. Il mâchonna distraitement et lâcha un « Je vois… » compatissant. Il attrapa sa cape, un livre qui traînait sur la table et le coinça sous son bras. De sa main libre, il attira Harry à lui et déposa un baiser tendre sur ses lèvres avant de partir à toute vitesse. Le jeune homme resta un instant sonné, droit comme un « i ». Il cligna des yeux et revint à lui pour se tourner vers les autres qui fixaient la porte du salon comme si le fondateur allait en resurgir à tout moment.
— Voilà, l'heureux second père de cet enfant… Par Merlin… mais qu'est-ce qu'on va devenir… ? murmura Harry.
— Harry lève toi, tu vas rester collé à ton oreiller, lui dit Ron en le secouant un peu.
— Fous-moi la paix, la greffe commence à prendre, marmonna le jeune homme en s'enfouissant davantage dans son oreiller. Et puis qu'est-ce que tu fous ici ?
— Salazar m'a demandé de te réveiller, il savait que tu allais tenter la grasse matinée.
— Il a aussi dit que je devais me reposer.
— Oui, mais pas lambiner.
Harry le fusilla du regard.
— C'est ses mots, pas les miens. D'une manière ou d'une autre, il savait que tu me dirais ça.
Ron et Hermione s'étaient définitivement installés dans les appartements pour l'heure, bientôt suivis par Ginny. Ils s'entraînaient tous les jours, ensemble.
Salazar avait vu juste, de plus en plus de réfugiés arrivaient de toute l'Angleterre, des familles parfois venues récupérer leurs enfants en premier lieu et revenues se réfugier ici. Harry avait eu plusieurs réunions avec l'Ordre et Remus s'était chargé de présenter Salazar comme un… eh bien, un descendant de Salazar Slytherin. Éléazar Althéa, Fourchelang, venant de contrées reculées d'Irlande du Nord, ce qui justifiait son étrange accent. L'accueil avait été méfiant, mais l'atout non négligeable qu'il représentait avait fini par faire taire les soupçons… ainsi que sa relation avec Harry Potter. Ils n'avaient rien confirmé, se contentant de rester discrets au maximum.
Le château ressemblait de plus en plus à un camp de réfugiés et les cours avaient été annulés, remplacés par des choses autrement plus intéressantes : sortilèges renforcés, duels, charmes contre la magie noire. Il régnait dans le château une ambiance curieuse. Un calme relatif qui tombait le soir quand les adultes se réunissaient dans la grande salle, excluant souvent leurs enfants des plans de fuite ou de bataille. Certains se contentaient de préparer leur sortie du pays au calme, espérant ne pas être interceptés en quittant l'enceinte de Poudlard. D'autres étaient déterminés à combattre. Certains élèves, même mineurs, insistèrent pour rester et ne laissèrent que peu de choix à leurs proches. La quasi-totalité des sixièmes et septièmes années restait.
Salazar organisait les protections, renforçant les runes et le bouclier maintenu autour de l'école. Personne ne pouvait y entrer ou en sortir sans autorisation.
Malfoy semblait plus nerveux que jamais et Harry voyait souvent le regard de Snape posé sur lui.
Il croisait à peine Salazar, mais le fondateur prenait le temps, chaque soir, de revenir. Ils s'installaient alors tous près du feu que le temps grisâtre avait permis de rallumer. Hermione, Ron, Ginny, lui et Harry y discutaient, riaient, tentant d'oublier qu'en ce moment même, des sbires de Voldemort essayaient de rentrer.
Chaque journée, souvent rendue maussade par un réveil douteux, se passait comme les autres, entre entraînements et temps auprès du bébé qui s'agitait de plus en plus dans sa matrice. Harry y passait des heures. Juste à l'observer en souriant bêtement sans autre raison que le bonheur d'entendre son cœur battre s'il écoutait avec assez d'attention. Il sentait l'enfant tirer sur toutes ses ressources pour trouver la force de venir au monde. Sur celles de Salazar également. Le fondateur accordait beaucoup de son temps libre à l'enfant. Parfois lorsqu'Harry et lui s'y trouvaient tous les deux, ils échangeaient de longs regards, essayant de trouver dans les yeux de l'autre la confirmation que le bébé était bien réel.
Harry percevait dans ses tripes qu'il viendrait bientôt au monde, et il avait peur. Il était complètement terrorisé et culpabilisé d'offrir un monde pareil à son propre enfant. Il savait que c'était son angoisse qui retenait encore ce petit de naître. Il le sentait. Mais impossible de lâcher prise sur l'idée.
Il avait demandé à Salazar comment ils allaient éviter de faire un gamin tous les mois s'il suffisait que leurs corps et leurs âmes se « rencontrent » pour que ça arrive. Le fondateur lui avait simplement expliqué qu'un enfant sylphe n'arrivait pas par hasard et encore moins de manière régulière. Une naissance était célébrée pendant des mois. C'était rare. Assez pour que cela n'arrive pas avant longtemps tant cela demandait de l'énergie aux parents.
Harry quitta la matrice le soir venu et gagna la cuisine.
— Notre… crevette impromptue va bien, annonça-t-il à Salazar, qui sortait un plat du frigo, visiblement affamé.
— Il faudrait vraiment lui trouver un prénom, lui dit le fondateur pensivement. Tu le sens aussi ?
— Qu'il va bientôt naître ? Oui… Je n'ai jamais été aussi fatigué et j'ai des vertiges toute la journée. Et j'ai faim… Tu ne peux pas imaginer à quel point j'ai faim. Voldemort n'aura qu'à me tuer pendant ma sieste de digestion…
Salazar émit un petit rire et s'attabla, suivi d'Harry.
Ginny débarqua sur ces entrefaites et se laissa tomber sur une chaise.
— Malfoy est vraiment un crétin. Je ne sais pas ce qu'il prépare, mais c'est visible. Vraiment visible. On devrait l'arrêter pendant qu'il en est encore temps. Harry, tu peux me passer l'eau, s'il te plaît.
— Sur la base de quelle accusation ? Balades suspectes dans le château ? demanda Salazar avec un sourire en devançant Harry pour la servir.
— Mais ce type est suspect ! En permanence. Et vu le climat de méfiance, ce serait suffisant !
— Vu le climat de méfiance, on n'a pas envie de se retrouver avec tous les Slytherins à dos parce qu'on a arrêté l'un des leurs, contrecarra Harry. Avec les parents en plus…
— Vraiment, cette école est devenue sectaire, lança Salazar. Donne-moi le pain, Harry, s'il te plaît.
Harry le lui fit passer distraitement.
— C'est le moins qu'on puisse dire, des clans se forment, c'est une horreur, murmura Ginny.
— Hm…, approuva Salazar. Harry, fais circuler le poulet, tu seras gentil.
— J'ai pas fini avec ! se récria-t-il.
— Je vois ça, et je n'ai pas envie que tu le termines.
Un silence s'abattit et Ginny lança un regard à la table, l'air morne. Puis elle leva les yeux sur l'horloge. Minuit.
— Vous mangez tout le temps, hein ? dit-elle.
— On se sustente, c'est différent, rétorqua Salazar avec un sourire en subtilisant le plat de poulet.
— Un bébé tire sans arrêt sur mes provisions mentales et physiques, j'aimerais bien t'y voir, lui dit Harry en lui filant une pichenette sur la tête.
— Aouch ! Non merci, je me contenterai d'apprécier de vous voir galérer.
— Trop aimable, lui dit Salazar en se servant une coupe de vin, avant de se caler dans sa chaise avec un long soupir de contentement. J'ai l'impression d'être à table avec Godric, tu es répugnant, ajouta-t-il en voyant Harry enfourner un morceau de pain bien trop épais.
Harry roula des yeux et s'appliqua à mâcher sa bouchée de manière outrageusement exagérée. Ron entra et ses yeux s'illuminèrent en voyant l'encas conséquent des deux autres.
— Vois-tu, Ginevra, pas besoin d'attendre un enfant pour comprendre les bienfaits de la nourriture, dit Salazar en accueillant Ron avec un verre de vin.
Ce dernier le saisit avec un plaisir évident et s'installa.
— Pas moyen de dormir, Hermione laisse la lumière allumer pour lire.
— Il y a dix autres chambres, je pense que tu peux en trouver une autre, lui indiqua Harry.
— Non… je veux pas la laisser seule le soir. Je me dis que s'il y a un problème…
— Dis plutôt qu'elle te sauverait. Ça te rassure de dormir avec elle ? plaisanta Ginny.
— Dis ça à Harry, grogna Ron. Il a juste un fondateur dans son lit.
Harry arrêta sa fourchette à mi-chemin entre l'assiette et sa bouche pour fusiller son meilleur ami du regard.
— Et moi, j'ai le Survivant dans mon lit, je suppose que c'est plutôt rassurant. Tu veux que je te le prête, Ronald ? proposa Salazar en élevant son verre à son intention. Il bouge beaucoup, bave un peu, et il lui arrive même de ronfler.
Harry lui fila un coup de coude dans les côtes et grommela.
— Ça ira, je me contenterai d'une Miss je-sais-tout, lança Ron, hilare.
— Se contenter ? Ce n'est pas très gentil, ça, Ronald, intervint Hermione depuis l'encadrement de la porte.
Salazar ricana avant de prendre une gorgée de vin, ayant certainement remarqué la jeune fille depuis belle lurette. Contrairement à Ron, qui rougit jusqu'à la pointe de ses oreilles.
— Tu as fini ton livre ? dit-il d'une petite voix.
— Oui. Oh du poulet, super, dit-elle en avançant pour s'asseoir près d'Harry.
— Attention, Harry est très possessif vis-à-vis du poulet, la prévint Ginny et Salazar éclata de rire.
L'encas se poursuivit dans un calme apaisant. Au bout d'un moment, Ron reprit la parole, tourné vers sa sœur :
— Papa et Maman arrivent demain, avec Bill et Fleur. Les jumeaux viendront aussi. Charlie est… eh bien, Papa et Maman ne lui ont rien dit, alors je pense qu'ils espèrent juste qu'il restera en dehors.
Ginny hocha la tête, soudain plus sérieuse.
— Au moins un qui ne risquera rien, murmura-t-elle. Quand rentre-t-il de son expédition ?
— Dans trois mois.
— Ce sera fini d'ici là…
Ron acquiesça et lança un regard encourageant à sa cadette.
— Ron, Ginny, ça ira, leur dit Harry avec un sourire. Nous sommes nombreux. Nous pouvons survivre à ça.
Harry dissuada Salazar d'ouvrir la bouche pour le contredire de quelque manière que ce soit en lui écrasant le pied sous la table. Salazar était optimiste quand il lui était permis de l'être, mais son réalisme était également à toute épreuve. Il avait confié ses doutes à Harry, ses calculs sur leurs chances. Complexes, avec des variantes. Il avait piégé quelques endroits du château désormais fermés jusqu'à la bataille. Aussi savaient-ils tous deux qu'ils avaient leurs chances, mais qu'elle dépendrait surtout de leur rapidité à en finir avec Voldemort. Ce qui était fortement lié à l'énergie que leur coûterait la fin de croissance du bébé… et sa venue au monde.
— Harry, demain tu entraîneras un petit groupe de quatrième année qui est resté. En intensif, au moins un patronus non corporel. Si les détraqueurs arrivent, il faut qu'ils soient les premiers repoussés, lui indiqua le fondateur après un petit silence.
Harry hocha la tête. Chacun des sixièmes et septièmes années enseignait à des petits groupes d'élèves afin de préparer au mieux la bataille et surtout leur survie. Le jeune homme avait été très demandé en raison de l'existence de l'AD et du succès de l'entraînement des quelques élèves qui en avaient fait partie. Entre deux de ses propres entraînements, il accompagnait les plus jeunes en priant pour que cela leur sauve la vie.
— Je vais me coucher, si je dois être en forme demain, j'ai besoin d'au moins cinq heures de sommeil, annonça-t-il.
— Je te suis ! s'empressa d'ajouter Salazar en rangeant leurs couverts d'un mouvement de baguette.
Il rattrapa Harry au pas de course, une main passée autour de sa taille pour l'inviter à passer la porte.
— Dormez bien, lança Ron d'un ton équivoque.
— Toi aussi, lui répondit Salazar sur le même ton avec un sourcillement suggestif.
Ron rougit et le couple quitta la pièce pour s'enfermer dans sa chambre. Harry retira son tee-shirt et se laissa tomber sur le lit en soupirant, le nez contre le matelas. Il sentit un corps chaud au-dessus du sien et émit un rire étouffé par la couverture.
— Va-t'en. Si tu me sors tous les jours l'excuse du « et si c'était la dernière fois », je risque de mourir d'épuisement.
Les lèvres de Salazar caressèrent sa joue, sa mâchoire puis le creux de son cou. Il frémit.
— Ton sensuel retrait de tee-shirt était un message subliminal trop évident, tu n'avais qu'à le garder où l'enlever là où mes yeux ne pourraient pas te voir.
— C'était pas volontaire.
Juste un peu… Un tout petit peu.
— Peu importe. Et tu sais que je n'aime pas beaucoup les menteurs.
Harry soupira, faussement exaspéré et se retourna. Les cheveux de Salazar lui tombèrent sur la figure et il sourit en les soulevant hors de sa vue. Le fondateur le surplombait, le dévorant du regard sans ciller. Le cœur du jeune homme fit une embardée. Comme chaque fois qu'il se retrouvait dans la même pièce que le sylphe. Ce qui était problématique. Incontrôlable et fortement nuisible à ses desseins de dormir pour une fois.
Il se releva un peu sur ses coudes, assez pour atteindre les lèvres du fondateur et l'embrasser avec fougue. Ce n'était pas ce soir qu'il dormirait.
A suivre...
Blabla de J' :
Et voilà, je n'ai pu poster qu'aujourd'hui, désolée :D
Question du jour : pour ceux qui n'aiment pas le mpreg, est-ce que la conception d'un enfant comme décrite dans cette fic vous dérange aussi, ou ça va ? :D J'ai pas voulu mettre mpreg dans les warnings, parce que, concrètement, y a pas de grossesse, juste une matrice, mais... je suis curieuse ! Et pour ceux qui adorent le mpreg, pas trop déçus ?
A très bientôt,
Votre dévouée Jelly
