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Je vous laisse à votre lecture!


Chapitre 35


Après le départ de Drago, Harry était remonté jusqu'au château, plus précisément, vers le pied de la tour d'Astronomie où un attroupement s'était créé. Le jeune homme s'était alors frayé un chemin jusqu'à pouvoir apercevoir le corps sans vie d'Albus Dumbledore.

Cette vision lui fit un peu plus prendre conscience des choses. Depuis qu'il savait pour la mort inéluctable du Directeur, il avait tout fait pour se concentrer sur son ressentiment à son encontre. Il s'était aussi concentré sur sa peur qu'il arrive quelque chose à Drago mais à présent, Drago était en sécurité et sa rancune n'était pas aussi forte que la peine qu'il ressentait.

Harry s'agenouilla à côté du défunt et prit sa main dans la sienne. Il sentit quelque chose dans celle-ci et regarda. Il y vit le médaillon qu'ils avaient eu tant de mal à récupérer un peu plus tôt et, sachant pertinemment que c'était ce que Dumbledore aurait voulu, le jeune homme s'en empara discrètement et le glissa dans sa poche. Il sortit ensuite la baguette qu'il avait reprise à Bellatrix et la déposa sur la poitrine du Directeur.

Il ne sut exactement combien de temps il resta là avant que Ginny n'ose venir poser sa main sur son épaule pour lui dire que le corps devait être emmené. Il suivit la jeune fille sans trop savoir où ils se rendaient. Il passa tout le reste de la soirée dans un état assez secondaire. Parfois, des choses le faisaient réagir puis une fois qu'il avait dit ce qu'il avait à dire, il retombait dans cette apathie.

Avant d'avoir pu rejoindre son lit, il était allé rendre visite aux Weasley à l'infirmerie. Bill avait été mutilé au visage par Greyback et sa famille, ainsi que Fleur, sa fiancée, le veillaient. Il avait dû commencer par raconter ce qu'il avait vu au sommet de la tour ou du moins, ce qu'il pouvait se permettre de raconter. Le plan était de charger Rogue et il s'y était tenu.

Une fois son récit terminé, il s'était remis en retrait. Il se souvenait vaguement d'une dispute entre Molly et Fleur, qui avaient fini par fondre en larmes dans les bras l'une de l'autre.

Puis ça avait été au tour de Tonks et Lupin. Le Gryffondor comprit qu'ils étaient amoureux mais que le Remus se trouvait trop vieux pour elle, sans parler de son petit problème de fourrure. En d'autres circonstances, peut-être qu'Harry aurait encouragé l'ami de son père. Il pensait sincèrement que celui-ci avait tout autant le droit au bonheur qu'un autre mais là, il n'avait pas prononcé un mot, trop éteint pour réagir à des sujets de ce genre.

McGonagall avait ensuite demandé à s'entretenir avec lui. Elle avait voulu savoir où ils étaient partis plus tôt dans la soirée mais Harry avait refusé de répondre. Il n'avait pas respecté l'ordre de Dumbledore de n'en parler qu'à Ron et Hermione en dévoilant ça à Drago mais ça n'était pas pour cela qu'il allait se mettre à bavasser à droite et à gauche.

Le seul avantage qu'ils avaient sur Voldemort était que celui-ci pensait que personne ne savait pas pour ses sept Horcruxes. Plus il y aurait de personnes au courant, plus il y aurait de risques que Voldemort apprenne que son précieux secret ne l'était plus autant.

La nouvelle Directrice à titre temporaire avait été contrariée par ce refus mais l'arrivée des autres professeurs l'avait empêchée d'insister un peu plus. Divers sujets avaient été abordés avant que l'un d'eux ne capte vraiment l'attention du jeune homme.

McGonagall avait envisagé de faire partir les élèves dès le lendemain mais Harry lui avait dit que ça serait injuste. Que lui souhaitait assister à l'enterrement de Dumbledore, qui aurait lieu ici même, et que les autres élèves devaient aussi avoir le choix. Elle n'avait pas mis longtemps à se ranger à son avis et Harry en fut soulagé.

La première chose qu'il fit une fois au calme dans son dortoir fut de sortir le médaillon. Il remarqua tout de suite qu'il ne s'agissait pas de celui vu dans la pensine. Il était plus petit et moins précieux. Curieux, Harry l'ouvrit et y trouva un mot :

Au Seigneur des Ténèbres,

Je sais que je ne serai plus de ce monde bien avant que vous ne lisiez ceci,

Mais je veux que vous sachiez que c'est moi qui ai découvert votre secret.

J'ai volé le véritable Horcruxe et j'ai l'intention de le détruire dès que je le pourrai.

J'affronte la mort dans l'espoir que lorsque vous rencontrerez un adversaire de votre taille,

Vous serez redevenu mortel.

R.A.B.

Beaucoup de questions vinrent à l'esprit de Harry mais le jeune homme s'allongea, dépité. Ainsi, les dernières heures de Dumbledore avaient été gâchées à cause de la potion qu'il avait dû boire pour récupérer cet objet et ça n'était qu'un faux ?

Maintenant, il allait devoir faire des recherches sur ce R.A.B. pour savoir qui il était et s'assurer qu'il ait vraiment détruit le véritable médaillon. Comme si sa tâche n'était pas assez ardue, il fallait y ajouter cet imprévu…

Le lendemain matin, la première chose qu'il fit fut de parler à Ron et Hermione du faux médaillon. Comme lui, ils furent contrariés par la charge que ça leur ajoutait sur les épaules. Ils parlèrent ensuite de la quête qui les attendait mais surtout, de la façon dont ils allaient se retrouver.

- Je resterai chez Drago jusqu'à ma majorité, répondit Harry. On pourrait se retrouver au Square dès le jour de mon anniversaire et commencer à réfléchir ensemble pour savoir où commencer.

- Tiens, dit Hermione en lui tendant un petit paquet. J'ai pensé à commander ça, ça nous sera utile pour pouvoir se parler le temps où nous ne pourrons pas être ensemble. On ne peut pas savoir s'il y aura un changement et puis même sans ça, je pense qu'on sera bien plus tranquilles en ayant des nouvelles de toi et inversement.

Harry ouvrit et trouva un miroir. Il n'eut pas besoin d'en demander plus, il devinait aisément que c'était un miroir à double sens. Il se promit que, cette fois, il n'oublierait pas de s'en servir, contrairement à celui que Sirius lui avait confié.

- Par contre, le jour de ton anniversaire, ça n'est pas possible. Bill se marie le lendemain, on ne peut pas manquer ça ! Maman nous tuerait, intervint Ron.

- Franchement vieux, tu sais que j'aime sincèrement ta famille mais si j'ai décidé de ne pas retourner à Privet Drive pour prendre moins de risques, ce n'est pas pour aller au deuxième endroit où il s'attendra à me trouver.

- Mais tu sais bien que ma maison est protégée, il n'a jamais réussi à t'atteindre quand tu y étais.

- A-t-il au moins déjà essayé de le faire ? Aujourd'hui, Dumbledore n'est plus là, Tom peut dire ce qu'il veut, je sais très bien qu'il le craignait. Je pense que c'est cette peur qui a fait qu'il n'a jamais essayé de m'atteindre de manière aussi frontale. A présent, je dois m'attendre à tout. De plus, ce serait mettre un peu plus ta famille en danger.

- Ecoute vieux, un peu de Polynectar ou même des sortilèges pour modifier ton apparence et personne ne saura te reconnaître…

- On en reparlera, promit Harry.

Ron acquiesça, apparemment soulagé de ne pas avoir eu droit à un non catégorique.

- Tiens, j'y pense ! s'exclama soudainement Hermione. Tu as tout mis en place pour rejoindre Malefoy et ne pas aller chez ton oncle et ta tante mais tu as pensé à l'Ordre ?

- Oui, sur le coup, j'ai pensé que vous, vous pourriez les rassurer mais je sais que ça ne suffira pas à Molly ou à Remus alors, j'ai eu une autre idée. Je vais demander à Maugrey de les convaincre que je suis en sécurité…

- Ce qui va te forcer à révéler certaines choses à Fol-œil, l'interrompit Hermione.

Harry se trémoussa un peu, fuyant le regard de ses deux amis. Ce n'était pas vraiment qu'il avait voulu leur faire des cachotteries mais le résultat était là. Il avait eu tellement de sujets d'inquiétudes, tellement de doutes quant au bon déroulement des choses, tellement d'hésitation à désobéir aux souhaits de Dumbledore qu'il avait eu besoin d'un avis supplémentaire.

Le choix de la personne avait été rapide. Qui de mieux que Maugrey pour le conseiller sur sa sécurité ?

Il lui avait alors parlé de la mort orchestrée de Dumbledore, du fait qu'il avait une mission à effectuer et que celle-ci le forcerait à se cacher pendant un temps non déterminé, du rôle de Drago et de Rogue dans toute cette histoire…

Bien sûr, le Professeur de Défense Contre les Forces du Mal avait demandé plus de précisions sur la mission d'Harry. Cependant, il n'avait pas insisté après que le jeune homme lui ait répondu que le secret était un moyen pour que Voldemort ne se doute de rien.

- Vigilance constante Potter, je suis fier de voir que certaines de mes leçons ont porté leurs fruits, avait-il répondu.

Le Survivant avait été heureux de constater que Maugrey ne faisait pas parti des sorciers qui obéissaient aveuglément à Dumbledore. Non, lui, il l'avait écouté patiemment et lui avait donné son avis en prenant simplement en compte la sécurité d'Harry.

Ainsi, Harry avait pu s'assurer que son choix d'aller se cacher chez Malefoy était aussi motivé par soucis de sa sécurité et non pas uniquement par son propre plaisir. Maintenant que Maugrey savait tout ça, le Gryffondor supposait qu'il ne verrait aucun inconvénient à tranquilliser l'Ordre et plus particulièrement Molly et Lupin, sur le fait qu'il ne courrait aucun danger.

Harry savait très bien que la parole de Ron et d'Hermione ne serait pas prise au sérieux. Maugrey, par contre, était le membre le plus respecté de l'Ordre, après Dumbledore. D'autant plus que l'ancien Auror ne prenait jamais la sécurité à la légère.

Le jeune homme expliqua donc ce qu'il avait fait à ses deux meilleurs amis et fut félicité par Hermione.

- Tu as tellement changé ces derniers mois. Tu avais trop tendance à foncer tête baissée mais maintenant, tu réfléchis, tu demandes conseil à des gens plus avisés, comme Maugrey… Non, vraiment Harry, je suis admirative.

Le jeune homme rougit légèrement et bafouilla quelques remerciements avant de quitter la Salle Commune dans l'espoir de trouver Alastor Maugrey. Ça ne fut pas difficile, il trouva celui-ci dans son bureau, en train de faire ses malles.

- Vous partez ? demanda Harry.

- Oui, j'avais accepté à la demande de Dumbledore pour vous protéger et de vous enseigner ce que je pouvais. Dumbledore n'est plus là et vous m'avez confié ne pas revenir l'année prochaine, donc, j'estime que ma présence ici n'est plus nécessaire. D'autant plus que ce poste est réputé pour être maudit. Je ne voudrais pas tenter le sort en signant un contrat d'une année supplémentaire et prendre le risque de mourir avant la prochaine rentrée.

Harry ne savait pas s'il devait rire ou non de la façon dont Maugrey venait de présenter les choses, il se contenta alors d'un hochement de tête.

- Vous vouliez quelque chose en particulier ?

- Oui, en fait, je voulais vous demander un service. Comme vous le savez, je ne retournerai pas à Privet Drive comme tout le monde le croit et je ne peux pas en discuter avec Molly ou Lupin parce que je sais qu'ils tenteraient de m'en empêcher. Ceci dit, je ne veux pas non plus qu'ils passent les prochaines semaines à me chercher ou à mourir d'inquiétude…

- Tu voudrais que je leur affirme que tu es en sécurité, comprit le professeur.

- Oui, vous, ils vous feront confiance, si je me contente de les rassurer par le biais de Ron ou d'Hermione, ça ne les aidera pas.

- Etant donné que je suis d'accord avec toi sur le fait que tu seras plus en sécurité dans une maison sous Fidelitas, je ne vois aucun problème à garantir aux autres que tu as pris les bonnes décisions, accepta-t-il.

- Je vous remercie Professeur.

L'ancien Auror acquiesça sans rien ajouter et Harry pensa à quelque chose d'autre.

- Je me demandais aussi, concernant le Square Grimmaurd. Comme cette maison m'appartient, j'avais l'intention d'y retourner à ma majorité et me servir de cet endroit pour m'y cacher. Drago m'a dit que je pourrais annuler toutes les anciennes protections et faire un nouveau sortilège de Fidelitas. Vous en pensez quoi ?

- Je pense qu'il a eu une bonne idée. Ce sortilège est le plus sûr que je connaisse pour peu que l'on choisisse bien son gardien. Cependant, les protections actuelles qu'il y a sur la maison des Black sont bien trop complexes pour que vous puissiez les abattre, même si vous en êtes le propriétaire.

Harry grimaça. S'ils ne pouvaient pas s'établir là-bas, où le pourraient-ils ?

- Donnons-nous rendez-vous au Square le jour de vos dix-sept ans. J'abattrai moi-même les protections à ce moment-là et je lancerai le nouveau sortilège sur la personne que vous aurez choisie, finit par annoncer Maugrey.

Harry se sentit très reconnaissant envers lui. Il le sortait d'une impasse. Le jeune homme n'avait pas vraiment connu Maugrey avant cette année, mais il avait découvert une personne sur qui il pouvait compter.

- Selon vous, qui ferait le meilleur gardien ?

- Tu peux avoir une confiance infinie en certains individus mais malgré tout, la seule personne où tu peux être assuré qu'elle ne te trahira jamais, c'est toi-même. Si tu es attrapé, il sera de toute façon trop tard.

Harry écarquilla les yeux de stupeur. Il n'avait jamais pensé que se mettre soi-même gardien était possible.

- Mais alors, pourquoi mes parents n'ont pas choisi d'être leur propre gardien ?

- Ils avaient une confiance aveugle en leurs amis et si la confiance est une bonne chose, l'aveuglement est tout l'inverse.

Le jeune homme ne trouva rien à répondre à cela. Aussi, il se contenta de remercier une nouvelle fois le professeur et quitta la pièce.

Comme directement après le décès du Directeur, il passa ses derniers jours à Poudlard en retrait, dans un état presque apathique. Il assista à l'enterrement de Dumbledore et pour la première fois de sa vie, il fut heureux de quitter l'école. Dans le train, il sentit l'impatience le gagner, non pas à cause de ce qui l'attendait mais grâce à la perspective de retrouver Drago d'ici quelques heures.


Voilà pour ce chapitre 35.

J'espère qu'il vous a plu !

Pour le 36, nous serons du pdv de Drago et comme il s'agit du dernier de la première partie, je suppose que je peux vous dire sans trop vous spoiler que ce sera l'arrivée d'Harry chez lui.

Gros bisous et à vendredi prochain !